Vous avez dit Serious Games ?

Suite au colloque sur la place de la recherche sur le secteur du Serious Games à Toulouse à l’Université Mirail de toulouse le vendredi 23 octobre dernier, je livre ici quelques réflexions à mon retour.

Dans une posture de formateur, les avantages d’un Serious Game pour l’apprenant sont :

  • l’immersion (c’est vivant)
  • l’identification (je suis mon propre héros)
  • l’attractivité (les TIC deviennent de plus en plus un réflexe)
  • la mobilité (je joue où je veux, où je peux…)
  • la rejouablilité (en solo, à l’abri du jugement)

Est-ce que le Serious Games est vraiment innovant ? Depuis 1950-60 les SG ont émergé dans les laboratoires de recherche. En 1972 PONG marque l’industrie du monde vidéo-ludique, donc ces jeunes cadres sont aujourd’hui en poste. Fin des années 90 on voit apparaitre les premières applications dédiées à la santé… De plus la culture vidéo-ludique se répand, l’âge d’entrée pour jouer à son premier jeu recule… L’ouverture de ces marchés et leur potentiel fait prendre conscience de l’enjeu actuel de ce type d’applications. Ce n’est donc pas une nouveauté technologique…

Ce qui est nouveau, c’est que le produit impose la transversalité des corps de métiers très différents : recherche, ingénierie de formation, gamedesign, créatifs… Je penses que le complexe franco-français est d’aborder la recherche en chambre, de manière monodisciplinaire, en négligeant les apports possibles des acteurs professionnels de terrain. La recherche universitaire néglige les créatifs, les ingénieurs de la formation négligent les « entertaineurs », ceux dont le métier est dédié à divertir les gens…etc…

Sur la route nous avons oublié les utilisateurs finaux : ceux qui ne suivront une formation professionnelle qu’à la condition qu’elle soit ludique, ceux qui veulent être reconnus pour leurs compétences à juste titre et dont la voix doit être valorisée et entendue. Il ne s’agit pas de dispenser un cours et des connaissances, mais d’enrichir les savoirs, animer des communautés, et valoriser les individus.

Enfin, quand je suis tombé sur cet article de Libé que je cite plus bas, je n’ai pu m’empêcher de penser aux répercussions psychologiques d’un jeu avec son versant positif que je prône souvent, et l’existence de son revers…

« Les drones de l’armée américaine qui font pleuvoir les missiles au Pakistan et en Afghanistan sont pilotés à 20 000 km de distance, depuis la base de Creech, dans l’Etat du Nevada. Le journaliste du site The Daily Beast raconte sa visite dans la playroom de la base, où une douzaine de «combattants virtuels», avachis sur leurs fauteuils, commandent ces machines à tuer à l’aide d’un joystick. «Je fais du mal aux gens», reconnaît d’un air penaud un guerrier vidéo. »…

Voir aussi la vidéo dans l’article de Gizmodo intitulé Les nouveaux prédateurs se pilotent au joystick.

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