mer 10 oct 2007
Réseaux numériques éducatifs
10 10 2007
La thèse de Gérard Puimatto "Les réseaux numériques éducatifs, régulateurs, acteurs et vecteurs de l'évolution des pratiques et de l'organisation des établissements et de l'institution scolaire" paru en 2006 vaut le détour. Pourquoi ? Voici quelques extraits qui devrait faire réfléchir. Un certain nombre d'aspects pourrait s'adapter au monde la formation continue. Quelques extraits de ce pavé de 700 pages que je n'ai pas terminé de lire.
Mais, au-delà, la référence au réseau sera aussi sollicitée comme étant elle-même un acteur d’une réorganisation en réseau de la fonction scolaire, permettant aussi, de façon complémentaire, de promouvoir une communication horizontale entre les acteurs, supposée s’ajouter aux flux hiérarchiques. Cette orientation se matérialise notamment au travers des objets que le réseau transporte, communique et rend accessible : documents, informations et systèmes d’information, etc. La notion d’acteur est ici multiple, dans une acception proche de la théorie de l’acteur-réseau : tout élément, humain ou non, qui contribue à courber l’espace autour de lui, à établir des dépendances et des structurations, pourra être analysé dans ses effets et dans l’interaction qu’il développe avec les éléments qui l’entourent, dans les évolutions qui le rendent acteur de l’organisation en cours.
(...)
Les cadres d’usage sont donc notamment définis autour de trois déterminants différents : l’usager, son contexte d’usage (interne ou externe à l’établissement), sa situation de travail sur un poste individuel ou collectif. Cette très grande variété des cadres d’usage induit une forte difficulté à trouver une réponse adaptée, mais aussi une forte tendance à la diversité en matière de réticularité instituée. En réponse à cette diversité irréductible, voire croissante, la dimension purement institutionnelle (institutionnalisée) renforce sa structuration. (...)
Jean-Louis Dérouet souligne à ce propos le rapprochement entre sociologie de l’éducation et sciences politiques, vers une conception nouvelle du management public associant à l’établissement et son responsable (représentant de l’Etat) la montée en puissance des collectivités territoriales et d’un droit des usagers, autour des notions de référentiel et de gouvernance « en même temps qu’un usage de la notion de réseau qui gagnerait à être mieux contrôlé ».
(...)
La dynamique française de décentralisation crée une nécessité spécifique de régulation entre les acteurs institutionnels, sans pour autant que les régulations sociétales ne soient totalement absentes. S’installant autour de l’individu acteur et de son action, ces processus de régulation visent à des arbitrages négociés et non figés entre les acteurs institutionnels (éducation nationale et collectivité) et sociaux, mais visent également à faciliter la mobilisation des acteurs, notamment dans des logiques de projet.
(...)
La notion de réseau de gouvernance est utilisée par Yves Dutercq et Jean-Louis Dérouet pour décrire les nouveaux modes de management scolaire issus de la décentralisation. Cette approche apparaît complémentaire de schémas de description des modes de l’action publique comme un vaste faisceau de partenariats, coopérations, négociations, régulations, visant à codifier ou recomposer des règles légitimes. Ces différentes modalités de mise en relation touchent une large variété d’acteurs, parmi lesquels les acteurs scolaires proprement dits, l’Etat et ses services, les collectivités, mais aussi les acteurs privés, notamment dans le cadre de partenariats spécifiques. Le réseau, en tant que schéma d’organisation, est donc devenu un mode de gestion de la complexité managériale, dans des logiques de liens entre les différents acteurs de la vie publique.
(...)
Voici le résumé de la thèse : Cette thèse décrit comment divers réseaux, regroupés plus ou moins artificiellement sous le terme générique de réseau numérique éducatif, se sont développés dans le système scolaire français de 1987 à 2005. Son premier objet est de montrer comment les contributions de la télématique, des réseaux locaux, d'Internet, des Intranet et des espaces numériques se sont ajoutées les unes aux autres pour former un ensemble stratifié. Le second est d'examiner comment ces réseaux se sont installés comme une composante du développement d'une communication scolaire médiatisée. Ce processus est appréhendé sous les éclairages de la technique, des usages et de l'organisation, selon des niveaux de développement qui se déplacent progressivement de l'individu et de l'établissement vers d'autres échelles : l'académie, le territoire, la collectivité, le système éducatif. La démarche de recherche s'inspire de la théorie de l'acteur-réseau appliquée dans une perspective visant à examiner les modalités d'innovations sociotechniques. La globalité de l'approche « du » réseau considéré comme un processus d'innovation conduit à cerner son cadre fonctionnel dans sa construction et son évolution. Les modalités de réalisation de l'alliage sociotechnique montrent la diversité et l'importance des enjeux et des acteurs. Les processus itératif de controverses et d'alignements stratégiques qui les animent révèlent de quelle manière le réseau numérique éducatif devient un facteur d'unité technique, éducative et stratégique. Les travaux conduits mettent en évidence cinq tendances lourdes : l'organisation progressive d'une architecture globale d'information, l'affirmation de l'importance d'une démarche stratégique, des dynamiques d'usage qui passent au second, une logique d'industrialisation et une extension progressive du domaine scolaire vers le domicile. Leur caractère concomitant est déterminant dans un processus général de globalisation et de banalisation des fonctions communicationnelles scolaires.
Mais, au-delà, la référence au réseau sera aussi sollicitée comme étant elle-même un acteur d’une réorganisation en réseau de la fonction scolaire, permettant aussi, de façon complémentaire, de promouvoir une communication horizontale entre les acteurs, supposée s’ajouter aux flux hiérarchiques. Cette orientation se matérialise notamment au travers des objets que le réseau transporte, communique et rend accessible : documents, informations et systèmes d’information, etc. La notion d’acteur est ici multiple, dans une acception proche de la théorie de l’acteur-réseau : tout élément, humain ou non, qui contribue à courber l’espace autour de lui, à établir des dépendances et des structurations, pourra être analysé dans ses effets et dans l’interaction qu’il développe avec les éléments qui l’entourent, dans les évolutions qui le rendent acteur de l’organisation en cours.
(...)
Les cadres d’usage sont donc notamment définis autour de trois déterminants différents : l’usager, son contexte d’usage (interne ou externe à l’établissement), sa situation de travail sur un poste individuel ou collectif. Cette très grande variété des cadres d’usage induit une forte difficulté à trouver une réponse adaptée, mais aussi une forte tendance à la diversité en matière de réticularité instituée. En réponse à cette diversité irréductible, voire croissante, la dimension purement institutionnelle (institutionnalisée) renforce sa structuration. (...)
Jean-Louis Dérouet souligne à ce propos le rapprochement entre sociologie de l’éducation et sciences politiques, vers une conception nouvelle du management public associant à l’établissement et son responsable (représentant de l’Etat) la montée en puissance des collectivités territoriales et d’un droit des usagers, autour des notions de référentiel et de gouvernance « en même temps qu’un usage de la notion de réseau qui gagnerait à être mieux contrôlé ».
(...)
La dynamique française de décentralisation crée une nécessité spécifique de régulation entre les acteurs institutionnels, sans pour autant que les régulations sociétales ne soient totalement absentes. S’installant autour de l’individu acteur et de son action, ces processus de régulation visent à des arbitrages négociés et non figés entre les acteurs institutionnels (éducation nationale et collectivité) et sociaux, mais visent également à faciliter la mobilisation des acteurs, notamment dans des logiques de projet.
(...)
La notion de réseau de gouvernance est utilisée par Yves Dutercq et Jean-Louis Dérouet pour décrire les nouveaux modes de management scolaire issus de la décentralisation. Cette approche apparaît complémentaire de schémas de description des modes de l’action publique comme un vaste faisceau de partenariats, coopérations, négociations, régulations, visant à codifier ou recomposer des règles légitimes. Ces différentes modalités de mise en relation touchent une large variété d’acteurs, parmi lesquels les acteurs scolaires proprement dits, l’Etat et ses services, les collectivités, mais aussi les acteurs privés, notamment dans le cadre de partenariats spécifiques. Le réseau, en tant que schéma d’organisation, est donc devenu un mode de gestion de la complexité managériale, dans des logiques de liens entre les différents acteurs de la vie publique.
(...)
Voici le résumé de la thèse : Cette thèse décrit comment divers réseaux, regroupés plus ou moins artificiellement sous le terme générique de réseau numérique éducatif, se sont développés dans le système scolaire français de 1987 à 2005. Son premier objet est de montrer comment les contributions de la télématique, des réseaux locaux, d'Internet, des Intranet et des espaces numériques se sont ajoutées les unes aux autres pour former un ensemble stratifié. Le second est d'examiner comment ces réseaux se sont installés comme une composante du développement d'une communication scolaire médiatisée. Ce processus est appréhendé sous les éclairages de la technique, des usages et de l'organisation, selon des niveaux de développement qui se déplacent progressivement de l'individu et de l'établissement vers d'autres échelles : l'académie, le territoire, la collectivité, le système éducatif. La démarche de recherche s'inspire de la théorie de l'acteur-réseau appliquée dans une perspective visant à examiner les modalités d'innovations sociotechniques. La globalité de l'approche « du » réseau considéré comme un processus d'innovation conduit à cerner son cadre fonctionnel dans sa construction et son évolution. Les modalités de réalisation de l'alliage sociotechnique montrent la diversité et l'importance des enjeux et des acteurs. Les processus itératif de controverses et d'alignements stratégiques qui les animent révèlent de quelle manière le réseau numérique éducatif devient un facteur d'unité technique, éducative et stratégique. Les travaux conduits mettent en évidence cinq tendances lourdes : l'organisation progressive d'une architecture globale d'information, l'affirmation de l'importance d'une démarche stratégique, des dynamiques d'usage qui passent au second, une logique d'industrialisation et une extension progressive du domaine scolaire vers le domicile. Leur caractère concomitant est déterminant dans un processus général de globalisation et de banalisation des fonctions communicationnelles scolaires.
![[T]](http://static.technorati.com/pix/icn-talkbubble.gif)