Dominique A + Chapelier
Fou en concert Le 24 octobre 2009.
L’Antipode
Rennes (35)
La soirée s’est ouverte sur Chapelier
Fou, jeune artiste
qui remet au goût du jour le violon, sur une musique électronique.
Un set exclusivement instrumental, dont les premiers morceaux flirtent
avec un easy-listening de bon aloi. Assez planant et bien ficelé.
Sont-ce les nappes de violon – ce supplément d’âme à cordes
- toujours est-il que l’on songe à Andrew Bird, la
fantaisie en moins peut-être. Mais on pardonne volontiers cette rigidité :
l’artiste au chapeau est seul sur scène au milieu de ses
machines, absorbé par ce canevas de boucles répétitives,
samples et rythmes programmés. Un moindre mal.
Il y a néanmoins une créativité certaine chez ce Chapelier Fou.
Au fil du set, les sons électro se radicalisent
avec quelques césures lorgnant du côté de Kraftwerk.
Boîte à rythme, guitare, synthé et même joystick
(!), le jeune homme jongle admirablement avec ses instruments. Le dernier
titre sera assez dancefloor… Idéal pour conclure le set.
Un Chapelier (pas si) Fou (que cela), assurément un artiste à suivre.
Après cette première partie, nouvelle configuration sur
scène. Batterie, guitares et claviers confirment que Dominique
A ne refera pas une Route du Rock bis : cet été, l’artiste
avait courageusement joué en solo, faute d’un groupe suffisamment
préparé.
Lorsqu’il débarque sur scène, Dominique A impressionne
toujours autant. Un bloc de tension rentrée d’où émerge
une gestuelle entre violence et caresses. Les symptômes ? Des claquements
de doigts nerveux et un bras droit qui, lorsqu’il ne tient pas le manche
de la guitare, s’évertue à tanguer et dessine dans l’air
d’improbables figures. Assez hypnotique en tout cas.
Accompagné de trois musiciens, l’artiste commence par
nous livrer Le sens, superbe chanson ouvrant La Musique, son dernier
album ce soir très à l’honneur
au côté de son jumeau La Matière. Les singles
pleuvent (Revenir au monde, Hasta, Immortels, etc.) mais à l’horizon
cependant, pas un titre de L’Horizon justement. Occulté l’avant
dernier album. Il faut bien faire des choix.
Est-ce le fait que la soirée affiche complet, ou l’aura magnétique
du personnage, toujours est-il qu’il fait chaud. Très chaud. « On
se croirait à Manosque. Bienvenue au sauna » ironise l’artiste,
coutumier des petites phrases éclairs qui font mouche. Et des explications
dans le texte : « Nanortalik, au Groënland signifie « Là où vivent
les ours polaires ». Comme ça c’est dit. » Merci pour
l’info.
Question titres, il y a évidemment les incontournables. Parmi eux on
s’étonne encore de la magie intacte du classique Commerce de l’eau.
Moment fort, puissant et aérien, le morceau colle toujours la chair
de poule, sublimé par les grosses gouttes de sueur perlant du crâne
nu du chanteur.
Si ses textes intimistes cultivent une certaine noirceur, Dominique A aime
beaucoup plaisanter, désamorçant par la même occasion le
trop plein d’émotions. « On continue dans la série
baloche » précède une heureuse surprise. Des accords chaloupés
résonnent. Un temps de réaction et le public ouvre des yeux
grands comme des billes : le rarissime Twenty-two bar refait surface
! Assez populaire depuis 1995, le single – jugé mal écrit par son auteur
- a toujours été soigneusement évincé des playlists.
Une entorse qui n’est pas sans déplaire à l’assistance,
visiblement ravie. Comme quoi…
«
Dans la série mes plus grands succès, la carte maîtresse » annonce Le courage des oiseaux.
Une version techno-rock, définitive, dont l’esprit
reste assez proche du morceau original de 1991. Le temps file parfois à une
de ces vitesses…
Loin d’être une soirée Best of, le concert a aussi proposé du
neuf, de l’inédit avec notamment Gisor et Manset,
deux titres pour deux noms d’artistes. Si Manset n’est plus à présenter,
l’obscur Gisor – alias Dominique Petit ( ?) – se voit sortir
de l’anonymat à titre posthume : l’une de ses chansons,
loin d’être un chef-d’œuvre dixit Dominique A,
aurait beaucoup marqué notre artiste dans sa jeunesse. Au point d’en
faire une chanson, c’est dire…
Le set se termine au bout de deux bonnes heures de concert. Petit clin d’œil
de fin, avant de partir Dominique asperge les premiers rangs avec une bouteille
d’eau. « Ça fait longtemps que je l’ai pas fait. Quoi,
je me fais plaisir. » Et nous avec, forcément.
------------------------------- Playlist
Le Sens -
Les garçons perdus -
Revenir au monde -
Qui es-tu ? -
Hasta (que el cuerpo aguante) -
Le métier de faussaire -
Immortels -
La musique -
Le commerce de l’eau -
Sous la neige -
Le bruit blanc de l’été -
En secret -
Bel animal -
Je suis parti -
La fin d’un monde -
Manset -
Nanortalik -
L’entretemps
----------------
J’aimerais voir -
Le 22 bar -
Le courage des oiseaux
----------------
Dans l’air -
Pour la peau
Remarque : à cette playlist « officielle » s’ajoutent
trois titres non mentionnés mais interprétés ce
soir là à l’Antipode : Valparaiso, Gisor et Hotel
Congress.
Fredo Viola en concert Le 1 octobre 2009
L’Ubu
Rennes (35)
Aller voir Fredo
Viola en concert pour la première fois interroge,
forcément. Limite appréhension. Rien de plus légitime,
la question : comment va-t-il faire pour présenter ses enchevêtrements
vocaux, si caractéristiques à sa musique ?
Son album The
Turn est en effet un modèle d’architecture sonore
dont les voix entrelacées – la clef de voûte de l’édifice
- tiennent l’auditeur d’un bout à l’autre. Et
s’il compte sur l’écho de la salle pour relayer sa
voix, autant le dire c’est mal barré. Va-t-il alors opter
pour la sacro-sainte pédale d’effet – omniprésente
chez tous les zicos en ce moment – qui démultiplierait son
timbre à l’infini ?
Première surprise, Fredo débarque avec pas moins de quatre
musiciens : trois membres du groupe de Manchester, I Am Your Autopilot et
le frenchy Scalde,
originaire de Lyon. Un batteur, un bassiste et deux guitaristes multi-instrumentistes.
Pas de synthé à première vue, tiens, tiens.
Deuxième surprise, dès l’introduction de Moon After
Berceuse,
pas de machines à photocopier la voix. Ce sont bien deux être
humains qui vocaliseront auprès de Fredo Viola. Un superbe écrin
de Scalde et de Ben Evans, le guitariste d’I am Your
Autopilot. Bref,
trois timbres quasi-identiques pour un résultat bluffant d’harmonie.
Quant à la section rythmique, elle apporte indéniablement le
petit plus acoustique.
Durant le concert, l’auteur de The Turn s’étonnera
même de cette alchimie parfaite : « Nous nous sommes encore fait
la remarque aujourd’hui. Vous savez, nous ne nous connaissons seulement
que depuis six mois. Et pourtant, on a l’impression d’être
ensemble depuis cinq ans. C’est fou, non ? » Oui, c’est
assez fou.
Un Fredo Viola en forme donc, petit chapeau sur la tête, veste laissant
apparaître un tee-shirt arty du plus bel effet : une sorte de Mickey
tête de mort. Derrière lui se projettent des images en forme de
rosaces. Du spleen, des morceaux atmosphériques mais aussi du moins
sérieux. Car l’artiste sait plaisanter, n’hésitant
pas à faire circuler régulièrement un petit spray pour
la voix chez ses musiciens. Dans l’assistance, une courageuse se portera
d’ailleurs volontaire pour une pulvérisation effectuée
par le sieur Viola himself. Décalé.
Flûte traversière, cloche, violon indien, synthé de poche
ou accordéon. Les instruments et accessoires jouent aux chaises musicales,
bien souvent sortis du tablier de l’étonnant Scalde. Red States,
Death of a Son ou encore la poignante The Sad Song, écrite après
la mort de son
père, l’ambiance des titres de Fredo Viola reste fidèle à un
album lumineux. Plus étonnant, une fidèle reprise de Pétula
Clark, Downtown. Au final, une excellente soirée surprise. A revivre
sans modération.
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Playlist :
Moon After Berceuse - Revolutionary Son - Red States - The Turn - Little
Guy - The Original Man -
All In Our Hands - Death of a Son - Puss - Robinson Crusoe - Umbrellas
- The Sad Song
******************
Adventure Song - Our Lips Are Sealed - Downtown
(+ une chanson dont je n’ai pu retrouver le titre, elle devrait
figurer sur le prochain album)
Mintzkov + The Bishops
en concert 20 octobre 2009
Le Nouveau Casino
Paris 11e (75)
Le Nouveau Casino proposait ce soir
un concert sans véritable tête d’affiche, mais au contraire,
avec deux groupes, The Bishops et Mintzkov, en pleine ascension, tous
deux prêts à montrer
ce dont ils étaient capables à un public parisien toujours
avide de découvertes et de belles surprises !
Près de deux cents personnes étaient
donc venus assister à ce rendez-vous... dont une belle partie était
invitée au vu du nombre de listes noires de noms à l'entrée…
Malgré cela, le
public n'avait rien de blasé, au contraire, il est vite entré dans le
concert, mettant du même coup une bien belle ambiance sur les
compo’ de The Bishops !
C’est
en effet eux, bien qu'un peu plus médiatisés,
qui ont ouvert le feu ce soir. Le trio composé de Mike et Pete
Bishop,
deux freres jumeaux et de Chris McConville, présente dès
le début
du concert une énergie débordante ! Influencé par
le Rock anglais des années 50 et 60, le groupe propose des titres
aux mélodies et aux refrains entêtants, des compositions aux
arrangements simple, voir simpliste, mais efficace ! La bonne humeur
qu’il
s’en dégage est tres vite communicative. A tel point qu’un
petit groupe d’une dizaine de personnes se forme tres vite sur le
devant de la scene, vivant au rythme des titres et reprenant en cœur
les chorus et même les couplets de certains titres ! Higher Now,
In the Night, City lights ou encore If you leave today mettent
définitivement
le public sur orbite !
Bien que personnellement pas vraiment convaincu par les compositions
juvéniles
du trio, je dois bien avouer que The Bishops savent mettre l’ambiance,
choisir gestes et mimiques, et attiser le feu tout au long du concert… Une
belle démonstration d’un jeune groupe qui compte pourtant
déjà plus de 500 concerts à son actif à travers
le monde ! Reste à apprendre quelques mots de français
pour encore mieux échanger avec un public qui ne demande que
cela !
Travail difficile derrière, pour les Mintzkov,
d’enchainer
un concert aussi débordant d’énergie ! Mais ce serait
compter sans le charisme de son chanteur ! Formé sur la base d’un
quintette, le groupe propose un son bien plus dense que les Bishops.
Guitares multiples, claviers envoutants, chœurs enchanteurs… Souvent
rapproché de ses compatriotes dEus, originaire d’Anvers
aussi, les Mintzkov évoquent tant et tant la musique des
précurseurs
du Rock Belge, aussi bien par le timbre de voix similaire à celui
de Tom Barman, que par le processus de composition, faisant des
chansons, plus que de simples chansons : ce sont de véritables
pieces musicales, riches d’atmosphères variées, de
sonorités
multiples, d’idées nouvelles, d’arrangements excellents.
Et ce qu’il y a de plus fort, c’est que le groupe parviennent
à restituer sur scene tout ce qui avait fait la magie de leur musique
sur
disque, des nappes de guitares envoutantes aux lignes de basse percutantes.
One Equals A Lot, 360°, Ruby Red, Let's Talk Things Over, tout l'album
y passe, en force, en toute puissance. A l'inverse des Bishops, pas de
gestuelles de guitare heros, et pas de mouvement de foules... Non, juste
la musique. Et le résultat est tout simplement parfait ! Le public ne
s'y est pas trompé, et applaudit avec enthousiasme.
Deux découvertes donc ce soir. Et un concert vraiment excellent
! Juste envie de recommencer. Et en attendant, passage par la boutique
du groupe, pour découvrir sur disque les titres entendu ce soir, du premier
album, au temps où
le groupe
se baptisait
encore Mintzkov Luna !
Felipecha en concert 22 octobre 2009
Le Nouveau Casino
Paris 11e (75)
Félipecha Duo composé de Felipe et Charlotte : un nom
facile à trouver tout en donnant un avant goût poétique.
Chacun participe aux textes et à la mélodie, chante et
fait les choeurs. Ce soir c’est la dernière date de leur tournée
qui a pour support leur album De fil en aiguille sorti
il y a un an (chez Athome). Ils sont accompagnés de leurs
fidèles
amis musiciens.
Le rythme est pop folk, mais ce que j’apprécie ce sont les
textes ciselés à la perfection, le choix des mots, les
thèmes abordés.
Ils commencent donc à nous égrener les titres de cet album
avec Café du matin tout à fait dans l’esprit
d’un début de concert pour faire monter le rythme. On continue
sur J’aime dormir et oui nous sommes encore un
peu dans une ambiance ensommeillée. La voix de Charlotte est
sublime, fidèle aux enregistrements.
Ils enchaînent avec une reprise de Noir Désir, Le
vent nous portera, sur un rythme qui leur est propre,
cette version est parfaite, envoûtante.
Retour à leur album avec Quelque part, le public
est sollicité pour le refrain : « et ici est ailleurs » on
se sent transportés.
Suit La victoire de Samocrathe, juste en guitare - voix
pour laisser passer toute l’émotion du texte.
Puis De fil en aiguille, titre de l’album
mais qui n’est pas une de leur composition.
Et peut-être prochain single si les internautes le choisissent,
si vous voulez participer, n’hésitez pas : (Myspace)
Nous avons le plaisir d’écouter de longues plages musicales
mettant en avant le talent des musiciens présents ce soir.
Vient la plébiscitée Juanitita malgré le
texte en espagnol le public la connaît à fond, un rythme
plus entraînant qui fait bouger le public.
Nous arrivons au premier rappel avec Je pars, a priori
un titre qu’ils jouent peu et donc quelques loupés à la
guitare. Puis un grand final sur leur titre diffusé en radio Un
petit peu d’air et hop c’est terminé la
lumière
est rallumée, une fin un peu rapide surtout pour une dernière
date.
J’ai bien aimé ce concert mais j’étais déjà fan
de l’album et j’ai donc été un peu déçue
de retrouver une play-list très similaire, je ne suis pas montée
d’un cran dans l’émotion de les voir sur Scène
même si Felipe a de toute évidence un physique de tombeur
! Il n’y a pas eu de surprise c’était fidèle
au disque. Une ambiance bon enfant tout de même avec les montées
inopinées sur scène de leurs familles et amis pour danser
et les soutenir de leur présence.
Alors je vais attendre avec impatience la sortie de leur prochain album.
Concert d'Albin de la
Simone + Tante Hortense Lieu : La
Java - Paris (75)
Style : Chanson
Date : 3 septembre 2009
Cette soirée se déroule à La Java dans le quartier
de Belleville, une petite salle parisienne très agréable
avec ses trompe l’œil des vues typiques de Paris, ses lumières
rouges, une petite ambiance années 30, son bar et ses tables pour être
installés confortablement en attendant le concert.
Oui car nous avons attendu ce soir, début du concert 21h50...
En
première partie : Tante Hortense,
le groupe composé de cinq personnes s’installe
sur cette toute petite scène. Un chanteur avec un petit look baba
cool bien soigné entame le premier titre Bus 531 tiré du
nouvel album sorti en mai (Plus cher), puis enchaine
avec La liste.
La choriste M JO qui va sortir son album solo nous régale
tout du long de divers instruments venus d’on ne sais où ,
"Home maid" certainement.
Le style ressemble à de la poésie musicale, selon les titres
on a la sensation qu’il déclame ses textes, dans un rythme
lent et un peu déprimant.
Il faudra attendre le dernier titre pour retrouver le style du
début et voir les artistes danser sur la scène.
Fin de première partie, on nous annonce 20 minutes d’attente...
C’est donc à 23 heures qu’Albin de la Simone s’avance
seul sur scène avec son clavier pour Non Merci.
Son public l’a attendu sagement assis au sol et lui fait une
ovation. Il dégage tout de suite une formidable énergie
on le sent content d’être là ce soir, il fait son
show.
Les musiciens le rejoignent pour continuer le spectacle avec Ce
pull.
La soirée est émaillée
de problèmes de sono,
un détail pour ce public vraiment attentif.
Albin nous joue de la guitare avec une petite cuillère…
Il nous raconte une histoire arrivée aux Etats-Unis, une rencontre avec
2 sœurs Rose et Barbara Barnes qui se lancent dans la musique et vont
le rejoindre sur scène pour faire les chœurs sur Catastrophe.
Puis apparaissent des 2 cotés, des marionnettes type Muppet show avec
leur animatrice, un moment agréable et décalé qui cadre
exactement au style d’Albin.
Il nous fait une reprise de Vertige de l’amour de Bashung sur un rythme très lent, on (re)découvre les paroles formidables.
Puis enchaîne tous ses titres - C’est moi qu’elle
aime, De
bonne humeur - dans une ambiance sereine, complice et pleine d’humour
grâce à ses mimiques.
Malheureusement il est déjà minuit et je suis obligée
de reprendre contact avec les réalités techniques malgré mon
envie de continuer à profiter de cette ambiance sympathique, mon carrosse
m’attend sous la forme d’une rame de métro bruyante, mais
je ne doute pas que la fin de ce concert était encore plus agréable.
Concert de Watine + Televox
La Scène Bastille
Paris (75)
12/06/2009
Ce soir, à la Scène, petite salle située dans la rue des Thaillandier, Catherine
WATINE présente
son nouvel - et second - album, sorti le 30 janvier dernier : B-side
Life,
des textes ciselés
en anglais sur des musiques hypnotiques.
Sur scène, Watine propose une prestation très féminine,
agrémentée d'un joli bouquet de roses en avant-scène.
Le décor est planté en un clin d'oeil !
Pour l'accompagner, Watine s'entoure ce soir de quatre musiciens qui vont s'échanger
à tour de rôle, tous les instruments, du piano à la trompette,
en passant par la batterie... Une belle diversité musicale,
et des talents évidents. Watine est vraiment bien entourée ce
soir !
Et parfois, lorsqu'elle se retrouve seule sur scène, elle s'accompagne
au piano, et interprête des tittres plus épurés,
et plus touchants aussi, tels que Face to face, sur un rythme léger.
Comme sur l'album, l'artiste parvient à envouter une bonne partie du public
venu ce soir !
Comme pour rappeler sa discographie (trop courte encore), elle interprète également
des titres de son précédent
album Dermaphrodite,
un peu plus électro peut-etre parfois.
On passe un vrai moment agréable à écouter cette musique
assez inclassable et mélancolique.
Elle nous a annoncé en fin de set, une date à la Maroquinerie
le 28 septembre prochain, n’hésitez donc pas à aller la
découvrir.
TELEVOX lui succède sur scène,
et soudain le charme se rompt ;-) Un groupe de trois jeunes musiciens au look
un peu boys-band qui veut faire du rock. Une belle musicalité, il faut
le reconnaitre, mais l’ambiance n’est jamais vraiment montée
ce soir, apres la prestation de Watine et Cascadeur, plus tôt dans la soirée,
leur prestation paraît
un peu trop lisse pour des Rockers, des vrais !
Ils sont pourtant le 11 juillet à Manchester (ville d'attraction musiciale
s'il en est, où le groupe semble s'être installé) pour débuter
qui sait une carriere internationale. D'autant qu'ils ont déjà été repéré par
une marque de Soda proposant une sélection des meilleurs groupes sans signature...!
Découvrez Foreign Land sur leur myspace !
Au final, le concert quoi que varié, s'adressait peut-etre à des
publics différents ! Mais c'est une autre façon de parvenir à remplir
les salles ces derniers temps !
Et si c'est ce qu'il faut faire pour réussir à maintenir une
programmation riche et variée, alors c'est ok, on reviendra ! Myspace.com/televoxmusic
Concert des Fatals Picards + Asyl
L’Omnibus
Saint
Malo (35) Le
25/06/2009
C’est une façon assez sympa de finir
la saison des concerts à l’Omnibus ce soir ! En effet, la
salle malouinne propose un concert gratuit, sur invitation, à l’initiative
de Virgin17, la petite chaine « musicale ». Depuis
le 15 juin, la chaine a pris la route avec ses caméras dans
le camion, et 36 artistes dans les malles, pour proposer des concerts
gratuits
dans 18 villes de France, à raison de deux artistes par soirée !
Et ce
soir, donc, le Tour s’arrête à Saint Malo
!
Plus de 500 personnes ont réussi à obtenir leur
précieux sésame et s’agglutinent devant la scène.
Il faut dire aussi qu’ils n’ont pas accès aux
gradins ce soir ;-) Mais au moins, chacun pourra peut-être se
voir à la
télé lors de la retransmission du concert à la rentrée, à partir
de septembre…Rendez-vous pris !
Deux groupes pour faire le show ce soir : les Fatals
Picards et, suite
au désistement de Housse de Racket, ayant préféré le
soleil de Toulouse, Asyl les
remplace au pied levé. Merci ! Pour des raisons techniques,
nous a-t-on dit, ce sont Fatals Picards
qui montent les premiers sur scene ! A cet instant, Asyl doit a avoir
un petit pincement et regrette d’avoir
accepté l’invitation…Mais bon, c'est le jeu mon pauvre
Mathieu !
Le concert des Fatals Picards débute par le titre Française
des Jeux, un titre extrait de Pamplemousse mécanique,
leur précédent
album. Concert promo oblige, Le sens de la gravité,
leur album de 2009 va prendre une place beaucoup importante. On y retrouve
au cours
de la soirée, Le combat ordinaire, un hommage à peine
dissimulé à Zebda,
et à suivre, C'est l'histoire d'une meuf - leur dernier
hit qui en met une bonne aux enfoirés et à leur charité bien ordonnée),
Boum, Seul et célibataire 2. Et ce n’est pas fini, Canal
Saint Martin suit le déroulé du concert, quoi que sur un
ton plus grave. On ne peut pas rire de tout !
Entre chaque titre, Paul, le chanteur, cheveux attachés, barbe
de plusieurs jours, ceinturon à tête de mort, explique, raconte les chansons
et maintient
la pression parmi le public déjà chauffé à blanc
! On se dit que le bonhomme
connaît bien
son affaire, et qu’il sait ce qu’il a à dire ou faire
pour mettre le public en effervescence ! Si vous y ajouter les textes à mourir
de rire de leur répertoire, vous êtes assuré de passer
une soirée inoubliable, en compagnie des picards les plus célèbres
de l'Ouest ! Et ce, malgré le
départ
regrettable d’Ivan Callot, en 2007, qui apportait la réplique
en toute circonstance, lors des concerts, et donnait ainsi encore plus
d’interactivité sur scène. Snif !
Pour en revenir à notre concert de ce soir, Mon père était
tellement de gauche débarque dans sa version 2009, plus acoustique,
et remet un peu les larmes aux yeux, avec ce titre qui oscille entre
humour communiste et
nostalgie socialiste (ou l'inverse). C’est d’ailleurs une
grande force du groupe que de nous faire passer du rire aux larmes, juste
en
passant
du couplet au refrain d’un même titre. J’en veux pour
preuve, un titre absent ce soir, La
sécurité de l'emploi (à voir sur youtube avec
Ivan, justement), qui racontait sur le ton de l’humour,
le non moins triste quotidien des Profs de collège de nos jours.
Toujours bondissant, toujours de bonne humeur, le groupe conduit son
set jusqu’à son terme, entre Punk, Rock, Reggae, Chanson,
sans jamais nous laisser un moment dans l’ennuie. Là, on se dit
qu'ils sont vraiment fort !
Et puis arrive l’heure du rappel, et
Les Fatals Picards, fiers de leur belle 22e place au concours
eurovision 2007 – 3e
en partant de la fin précise
Paul – nous interprètent L’Amour à la
Française.
Un vrai moment d’Anthologie, à bien y penser, et dans 20
ans, on s’en souviendra encore, je suis prêt à prendre
les paris ! Et puis, pour finir, le tube de leur précédent
album, Bernard Lavilliers, clôt un concert terriblement captivant
!
Je ne devrais d’ailleurs pas dire « clôt»,
mais il faut bien avouer, qu’apres cela, le temps de changer les
instruments sur scène, le public déserte quelque peu la
salle. Asyl monte donc sur scène, face à 200 spectateurs,
au maximum.
Dur challenge donc pour les Rochelais que de parvenir à conserver
pendant leur set le public encore présent. Et d'ailleurs, le
groupe ne démérite pas un instant. Mathieu, le chanteur donne tout ce
qu'il a. Costume noir, chemise noir, Asyl nous montre leur coté sombre,
à l'image du titre qui ouvre leur nouvel album, et qu'on retrouve en
fin de set ce soir. Car, pour ouvrir leur set, le groupe préfère un titre
de Petits Cauchemars Entre Amis, à savoir Je Sais-Tout De Vous,
gros son de basse, grosse riffs de guitare ! Impressionnant ! Même si
le chant en français d'Asyl n'est pas toujours évident. Intérieur/Extérieur donne cette même impression.
Ce n'est qu'avec leur nouveau single, Les
Dieux sont des rois, qu'on sent que le groupe a trouvé un truc,
un petit mélange entre le son 60's et une voix vive et arrogante,
du genre BB
Brunes, un cran au dessus. Apres ce titre, le groupe enchaine
sur le meilleur morceau du groupe de ce nouvel album, et sans doute
le
plus
audacieux (avec Ne plus
y penser), un titre qui donne d'ailleurs son nom à l'album, Brûle,
brûle, brûle et qui n'hesite pas la référence à Baudelaire
(La
Fontaine de sang).
Mais malgré tout, rien n'y fait, saigne, saigne, saigne, l'hémoragie
du public n'en finit pas, et en fin de concert, pour leur seul titre
en anglais, 1975, et son flot de décibels, il n'y a malheureusement
plus assez de public pour encourager les malheureux, La piscine est
vide à pleurer. Le groupe n'aura même pas l'occasion de faire le rappel, James
Dean, prévu sur la setlist.
A premiere vue, Asyl n'est pas parvenu à convaincre. Espérons
qu'il n'en sera pas de même à Bercy, pour leur prochaine date en premiere
partie
d'Indochine ! Mais je suis sûr que non ! Le public indochinois
devrait être plus réceptif au style d'Asyl ! La déconvenue
de ce soir était,
à mon
sens,
totalement
injustifié. Le groupe a fait entendre de tres grand moments, créant des
ambiances crépusculaires saisissantes (Dans la ville).
Faut juste s'habituer à la voix de son chanteur... Et manquait peut-etre
des titres comme Ne
plus y penser, moins rentre dedans, et plus adapté à la soirée, mais
Daniel Darc n'était pas là cette fois !
Concert de Piers Faccini La Maroquinerie
Paris (75) 25 Mai 2009
Piers Faccini n'ayant pas fait la derniere date de Delerm à la Cigale en mars dernier, il fallait bien que l'on trouve une date
à Paris pour voir enfin sur scène, les merveilleuses ballades qui composent Two
grains of sand, son dernier album.
En première partie ce soir, GNUT, composition
italienne avec Claudio DOMESTICO au chant et à la guitare
accompagné par
un violoniste, qui nous régale de ballades, un beau timbre de
voix. Il tente de présenter ses titres en français assisté de
son acolyte, et crée une petite complicité avec le public.
Il termine sa prestation sur un rythme plus soutenu. Un moment agréable
qui prépare bien la prestation suivante.
Plus d'infos : Myspace
Il
laisse donc place à Piers FACCINI qui
commence directement a cappella .et nous scotche d’entrée,
avec son allure simple et sa barbe de trois jours, on dirait le grande
frère de notre
première partie, une vraie continuité de style sauf qu’il
chante en anglais au lieu de l’italien ! et qu’il s’exprime
librement en français entre les chansons.
Puis viennent le rejoindre
trois musicien(nes)s : batterie, violoncelle et une guitariste-voix .
Nous aurons droits à de longs passages au violoncelle pour apprécier
cette artiste loin du cliché musique classique.
Ou alors il dégainera son harmonica et fera monter le rythme crescendo.
Les
chansons s’enchaînent.
Les jeux de lumière sont excellents et créent une ambiance
intime et particulière à chaque titre : la forêt
prend feu, on voit des visages, très construit et original.
En fin de concert, premier
rappel seul à la guitare pour un blues du Mississipi
de Skip JAMES.
Deuxième rappel avec un guest au clavier Yan GAGA (?)
Puis un slow à deux voix, seul bémol de la soirée,
j’ai
peu apprécié les diverses interventions de la personne au chœur
sa voix se mariant difficilement.
Enfin un final plein de joie, de rythme et
de bonne humeur tous les protagonistes reviennent sur scène avec des
percussions.
Un concert très agréable qui dégage la sérénité,
la bonne humeur, l’intimité, je suis ressortie apaisée.
----------------
Pas de photographe coté Magic Box ce soir là, mais quelques photos ont
été prises par le site Photosconcerts...
Calvin
Russell + Orvil Brody 4 juin 2009
L’Omnibus
Saint Malo (35)
Les amateurs
de Blues et de bonnes guitares avaient rendez-vous ce soir à Saint
Malo, dans l’Antre de l’Omnibus, pour assister au concert
d’une véritable légende vivante, Monsieur Calvin
Russell !
Le Texan d’origine Comanche a fêté ses 60 ans l’an
passé et n’en finit pas de terminer son Tour du monde débuté en
2008 à la sortie de Inrepentant, son dernier album studio en date.
La tournée ne devrait d’ailleurs pas s’arrêter
puisque déjà, on annonce un autre album à sortir,
Dawg Eat Dawg, en aout prochain…
Pour ouvrir la soirée, une personnalité locale, Orvil
Brody,
chapeau de paille vissé sur la tête, t-shirt affublé d’un « Miami
Beach » des plus kitch ! (et ça rime…)
Avec une poignée d’albums résolument
country, le chanteur et son groupe ont su créer autour d’eux
un véritable
petit buzz, les faisant jouer en terrain conquis à chacune de leurs
dates bretonnes. Et si ce buzz a pu se faire, c’est qu'Orvil Brody sait mettre l’ambiance à chacune de ses prestations ! Pour
débuter ce soir, il choisit le titre Dallas, un titre qui oscille
entre country et folk. All right !
Le reste du set se veut Rock, Folk, Country, Rockabilly… Le groupe
ne tient pas en place. Le guitariste fait vibrer sa Gibson de mille résonances
country folk, pendant que la contrebasse, tenue ce soir, par Tof,
un habitué des
concerts malouins et un véritable phénomène, nous
envoute de ses cordes graves ! Tres vite, la salle est chauffée à blanc
! Et ce n’est pas des titres plus country blues, tels que I don’t
know, qui vont faire retomber la température ! Il faut dire
que ce soir, on a affaire à un public de fervents fans de grands
espaces et des musiques dignes du Dixie Flag, cheveux
longs, blousons de cuir et aigle dans le dos, la moto n'est pas loin sur
le parking…
Pour autant, l’arrivée de Calvin
Russsell semble nous montrer
combien la Country et le Blues ne ressemble pas à l’idée
folklorique que l’Europe se fait tout autour !
D’une élégance sans égal, Calvin Russell monte
sur scène, vêtu d’une chemise blanche et d’un
long veston noir, cravate noire, chapeau noir et lunettes noires ! Un petit
bouc vient dissimuler une partie de son visage trop bien buriné pour
son âge !
Apres une premier intro en guise de présentation des 4 musiciens,
Calvin entre dans le vif du sujet sur un air de révolution (Like
a revolution), avant de prendre de l’avance sur le calendrier,
en nous balançant Halloween, un titre qui prend une signification
particulière,
quand on sait que Calvin est justement né une nuit d’Halloween,
c’était
en 1948…
Fixée sur le pied du micro, une série
de médiators
attendant patiemment leur tour. Les guitares aussi, nombreuses, s’enchainent
avec Calvin et trois autres de ses musiciens. Adeptes de la Silverston,
Calvin Russell et son equipent utiliseront cette belle guitare, spécialement
utilisée
pour les Slides et les résonances. Pour les spécialistes
de guitares, et ils sont nombreux, et pour revenir à Halloween,
le groupe utilise aussi une guitare Baritone, donnant, en plus de la basse,
un son bien plus grave.
Pendant ce long concert, Calvin Russel alterne anciens titres, des classiques
(Crossroad,
Soldier, Shadow of Doubt), et titres nouveaux, qui composeront justement
le prochain album Dawg Eat Dawg. Like a Revolution, Rolling
wheel, 5M2, Dawg Eat Dawg viennent donc nous faire découvrir ce petit nouveau,
qui viendra s’ajouter à la déjà longue listes
des albums sortis par l’artiste depuis près de 30 ans.
Et,
tradition du Blues oblige, Calvin Russell ne peut s’empêcher
de reprendre quelques classiques – pas forcément du Blues – pour
les adapter à son répertoire. Il nous surprend avec une version
tres rock, du titre déjà tres éprouvé, de Sonny
Curtis, I fought the law, repris par le Clash en 77 ou par Green Day en
2000. Mais qui mieux que ce repris de justice pourrait mieux interpréter
ce titre….
Pour finir d’enthousiasmer la foule de
pres de 850 spectateurs (et oui !), Calvin Russell sortira la
grande artillerie en rappel : le blues de Soldier, Ain’t
Leaving Our Love et Shadow of Doubt. On connaissait déjà sa
version des Stones, Play with fire… On découvre ce
soir, en rappel, sa vision de Gimme Shelter. Juste avant de ranger
les guitares dans leurs étuis de velours, Mister Russell nous fait
entendre un dernier titre de son prochain album, Too old to grow up
now,
sorte de clin
d’œil, embrassant d'un coup l’ensemble de sa longue vie
de délinquant.
Voilà donc le concert de Blues le plus Rock auquel j’ai pu
assister ! Calvin Russell était précédé par
une grande réputation, qu’il n’aurait pas fait mentir
! Un sacré grand bonhomme pour un énorme moment de concert
! Une des derniere légende du Blues blanc depuis la mort de Johnny
Cash !
Concert de Grand
Corps Malade+ Ka Jazz 28 mai 2009
L'Omnibus
St Malo (35)
Malgré un
prix exorbitant, en ces temps de crise, plus de 600 personnes étaient
au rendez-vous pour venir entendre les mots slamés de Grand Corps
Malade. Pour ouvrir le bal des mots, Ka Jazz. Récent vainqueur
du Tremplin Jeunes Charrues, les Ka Jazz se retrouveront en juillet sur
une des scènes du Festival de Carhaix. En attendant, ils s’échauffent
et chauffent la salle de l’Omnibus ce soir.
Ka Jazz nous font découvrir
leur musique métissée, qu’on dit Hip Hop, mais qui
est largement influencée par la Chanson Française et les
rythmes chaud de la Soul noir américaine. Le trio propose une
musique sobre, minimaliste, autour d’une guitare, la plus part
du temps, et d’un Beat Box vivant, le Human Box, Chris, qui en
a étonné plus d’un ce soir. La musique de Ka Jazz est en réalité, dominée de bout en bout, par la
voix chaude de Zina. Sa voix Soul est d’une clarté étonnante,
et d’une grande puissance. Et sa bonne humeur et son rythme ont
envouté la salle pendant près d’une heure. Ses chansons,
des histoires, très personnelles, ont fait rire et pleurer. Tout
comme ses intermèdes entre chaque titre, pour détendre
l’atmosphère, faire retomber le stress aussi, autour de
sa couleur café et de ses amours malheureux. Si ses influences
révélée par Myspace affichent aussi bien Gainsbourg,
I Am ou Nina Simone, pour ma part, c’est l’esprit de Nougaro
qui a longtemps trotté dans ma tête en écoutant danser
les rythmes et les mots de Ka Jazz ! A voir et à entendre de toute
urgence.
Apres cela, changement de décors. Du minimaliste
trio, on passe au quatuor Jazz de Grand Corps
Malade. Car, si l’artiste est surtout
connu pour ses slams a cappella, c’est bien en compagnie de musiciens
virtuose qu’il s’affiche ce soir. On y compte un piano à queue
au son jazzy, un guitare andalouse, une basse terriblement groovy et
un percussionniste épatant. Avec cet atiraille, Grand Corps Malade
va nous inviter dans milles univers, mille ambiances, mille couleurs,
parfois chaudes, parfois douce, parfois carrément sombre.
Le concert débute d’ailleurs sur l’opposition
Vert/Gris de cet Enfant de la Ville, qui nous montre que le Slam
peut parfois déborder
sur la Chanson Française… Comme sur beaucoup de ses titres
traitant de la banlieue, GCM nous réconcilie avec le bruit, les
odeurs, la foule, le désordre. Passée cette introduction
haut en couleurs, le concert se poursuit dans la pénombre de J’écris à l’Oral
et le Slam totalement a cappella de Pères et Mères,
dans lequel Fabien jongle avec les mots et les rimes. Un moment fort
de l’album
et du concert. Après cela, Fabien revient sur ses premiers instants
de slameur. A l’époque - y a pas plus de 5 ans… -
il parlait déjà de sa banlieue et la ville qui l’a
vu grandir et slamer devant ses potes, avant de remplir des salles comme
ce soir. On le sent, donc, Saint Denis, ce n’est pas qu’une
chanson comme une autre, un slam parmi d’autres Slam ! Non, c’est
Saint Denis, sa chanson fétiche, sa chanson porte-bonheur,
son atout maître, son sésame, son rossignol. Et malgré le
temps qui passe, elle reste et demeure Saint Denis, pour tout
le monde. Il sera presque de même pour Midi 20 et Les
voyages en train, point
de départ du grand voyage de Grand Corps Malade. Entre
chaque titre, pas cabot, Fabien nous présente et représente
ses musiciens, les invite à entrer dans le jeu, met leur talent
en lumière, montrant combien, ils sont important pour créer
les ambiances multiples de la soirée. Ils s’amusent aussi, à tour
de rôle, sur un même titre, à recherche le meilleur
duo, voix /instrument ;le piano, quoi qu’il arrive l’emporte.
L’enthousiasme est total !
Entre deux chansons sérieuses (L’éducation
nationale, Le Blues de l’instituteur), Fabien nous fait retrouver
le sourire (L’Appartement, Underground…). Très
fort ! Trois titres encore pour un dernier rappel (dont Ma tête,
Mon cœur…),
et c’est déjà le Terminus.
Qu’importe, on est le quai à attendre le prochain train
de ses petites et grandes histoires, remplies de poésie de première
classe ! Grand Corps Malade, ce n’est pas toujours des balades,
c’est même parfois un truc de malade ! Alors, si tu veux
entendre Père-rimer avec Mérimée, si tu veux voir
danser des mots et des maux sur des notes cheminotes d’un piano
piano ou sur les cordes douces d’une guitare andalouse, rendez-vous
au prochain arrêt !
Concert de Mathieu
Boogaerts + Chat 20 mai 2009
L'Antipode
Rennes (35)
Ce n'est la premiere fois que j'assiste à un
concert de Mathieu Boogaerts, mais je dois bien avouer que cela faisait
bien 6 ou même 7 ans que je ne l'avais pas vu, et m'attendant à un
petit concert minimaliste, dans lequel Mathieu s'amuserait à faire
danser les mots sur ses mélodies enfantines, je me trompais terriblement
!
Pour débuter la soirée, d'ailleurs, déjà, les
chansons de Chat ne m'ont pas laissé de
marbre. J'avais pu entendre son premier album, et lire ici et là,
sa formation de musicienne classique et sa découverte tres récente
de l'Art Mineur, pour lequel elle s'était vite entichée.
Pour autant, sur scene, il n'y a pas que la jolie voix
de Charlène,
les mélodies
riches et originales d'un clavier costumisé, et les rimes
de quelques histoires douce amer. Non, son album malicieusement baptisé Folie
Douce, révèle la vrai nature de Chat. On découvre
d'abord un trio. Le fait d'être en 1ere partie, oblige d'ailleurs
le groupe à se placer sur une même ligne, batterie à gauche
et basse à droite. Mais ceci n'est pas si anodin, puisque le bassiste
et le batteur vont jouer au chat et la souri, tout
au long de ce concert. Et puis, les titres tels que Alice, Folie
douce ou
L'insouciance seraient
simplement de bonnes chansons, si les musiciens ne venaient, n plus, y
mettre leur propre grain de folie et leur joie de vivre.
On découvre d'ailleurs
un batteur, Joseph Chédid, qui ne tient pas en place,
et qui s'éclate aussi bien derriere ses fûts que derrriere
une guitare électrique. Son costume rouge et sa cravate
fine noire, additionné du jeu de guitare malicieux et psychédéliques
confirment si cela était nécessaire un air de famille évident
avec -M-.
Pour rallonger le concert, Chat nous propose deux reprises,
choisies aux antipodes, une de Jane Birkin (Jane B)
et une autre de Patrick Watson, songwriter talentueux découvert
il y a à peine deux ans et dont on attend déjà prochainement
un nouvel album. Ses versions de l'une et l'autre sont touchantes
et intimistes, s'accordant une petite récréation
en cours de concert.
Au final, Chat, pres d'une heure durant, nous a enchanté ! A revoir
une prochaine fois en tête d'affiche.
Apres cet apéritif de roi, c'est à un
repas gargantuesque que Boogaerts nous
a invité !
Difficile de parler encore de concert, après avoir vu ce véritable
spectacle !
En effet, totalement atypique, Mathieu nous a depuis longtemps habitué à quelque
chose de totalement anti-conformiste. Pourtant, il nous surprend
encore ce soir, en mettant en scène son spectacle. Ainsi, la scène
ressemble à un Champs de Mars à 5 heure du mat'. Tout
a été vidé de
la scène, pas un ampli, pas un fil qui traine. Ah si un seul fil, et
il descend du plafond et rejoint une batterie montée sur roulette
!
Mathieu est accompagné ce soir de trois musiciens. Un batteur
donc, un bassiste et un clavier qui, nous le verront, ferront aussi
office de
choriste, bruiteurs et troubadours.
Mise en scene disais-je ? Cela commence par la mise en place de la batterie
sur la droite de la scène. Mathieu à gauche d'abord seul
devant son micro, sera vite rejoint par ses deux comparses, qui portent
- comme
Mathieu sur la couv de l'album - des costumes assortis : vestes noires
sur torses nus, pentalons rouge, bleu, jaune et orange et chaussures
noires. Les chaussures ont aussi leur importance dans ce concert !!!
Mais je vous laisse un peu de surprise en allant le voir...
Passé les présentations et la description du décors,
entrons dans le vif du sujet. Mathieu débute son concert, comme
sur son dernier album (I love you), avec le titre Come
to me. Et comme
sur l'album, la batterie domine le champ, tout juste débordé par
les bons mots de Mathieu. Pas moins de 6 titres du nouvel album vont
d'ailleurs se suivre, tant le concert de ce soir se distingue du reste
du répertoire de Boogaerts. Malgré tout, Boogaerts
parvient à inserrée
des versions révisitées d'ancien titres, tel que Ondulé,
un des plus anciens titres de Mathieu. On y retrouvera aussi Belle
et bien
là,
de la même époque. Mais l'accent est véritablement
mis sur le nouveau.
En cours de concert (de spectacle ?), Mathieu modifie les lieux, et déplace
aux quatre coins de la scene, cette drôle de batt'mobile. Il en
profite pour placer son bassiste coté jardin et son clavier coté cour ...
A chaque fois, le groupe en profite pour nous faire des petits entractes, à travers
des reprises totalement improbables. Cela va de Twist à St Tropez (Johnny) à C'est
lundi (Gene Vincent).
Le public est à la fois médusé et amusé,
jusqu'à devinir ilare bien des fois. Les musiciens ont bien du
mal eux-même, à conserver leur sérieux ou le fil du concert. Pendant
ce temps, ici et là,
on repassera par les albums précédents, Appelez les
pompiers enchainé avec Comment
tu t'appelles, extraits respectivement de Michel et
de J'en
ai marre d'être
deux.
A chaque moment du concert, on se dit que Mathieu a un veritable talent,
un style hors du commun, tout juste comparable au travail, on y revient,
de -M-. Ce n'est d'ailleurs pas anodin, puisque, rappelons-le,
les deux Mathieu étaient unis dans les années 80 sous le même
patronyme, TAM TAM.
Je vais en terminer là de cette revue de concert, qui n'aura jamais été aussi
longue, et qui pourrait durer encore. Il fallait au moins cela
pour rapporter ce qui a été vue
ce soir ! Mais, le mieux encore, c'est d'aller vous rendre compte par
vous même, pendant la tournée. Vous risquez d'être,
comme moi, agréablement surpris, par ce génie bien trop
sous-estimé de la chanson française.
Concert de Jean-Louis
Murat 1er mai 2009
Festival Mythos - 13eme édition
Le Festival des Arts de la parole
Cabaret botanique
Rennes (35)
Vers 22 h, Murat débarque comme s'il
venait de se réveiller. Sobre, chemise noir col mao, l'Auvergnat
au look hirsurte attrape une guitare acoustique. Accords et désaccords,
il réajuste la tonalité de l'instrument et entamme aussi
sec...
Sa voix - magnifique, quoique mésestimée - va s'enrouler sur une
complainte sans éclaircies qui se prolongera toute la soirée. Soit
1 h 20 de Murat pur jus, torturé, j'men-foutiste, bougon et désinvolte
Les morceaux s'enchaînent, ponctués de rares "merci" lachés
comme ça.
Moyenne d'âge du public: la bonne quarantaine, voire plus si non-affinités.
Car on a la nette impression que beaucoup ne connaissent pas le bonhomme, encore
moins sa musique. De quoi défriser une bonne partie de la salle, ce public
de touristes égarés en pays muratien (climat rugueux, âpre
assurément, on vous avait pas prévenu ?).
Beaucoup en feront les frais, essayant désespéremment de se raccrocher à quelques
chose de plus confortable. D'autres boiront du petit lait, amer bien sûr.
Le répertoire - revisité à la guitare électrique
(un son tour à tour crade ou caressant), l'indispensable harmonica et
quelques effets - fait la part belle à Tristan. Le tout soupoudré à la
chaux de quelques titres de Taormina, Le Moujik et sa femme, Dolorès,
Lilith, Cheyenn Autumn...
Un peu plus d'une heure de ce concert et soudain, c'est l'(heureux) drame. A
gauche de cette scène vénéneuse, trois-quatre personnes
décrochent. Elles se lèvent, semblant s'en aller. Murat s'arrête
de jouer. Silence. On retient son souffle. Fureur contenue, l'Auvergat lance
un regard qui en dit long sur ces ombres mouvantes. Il hésite et reprend,
un peu désarçonné... " Où j'en étais
déjà ? ". Le morceaux se termine sans aucune conviction, sur
un mode accéléré. Le ton est décalé. A quoi
bon, après tout. L'interprétation baclée produit même
un effet comique. La salle se marre. Le temps de l'incident, Murat redevient "fréquentable".
Un "Mesdames, Messieurs, Bonsoir" et Murat quitte la scène avec
embrassades à l'adresse du public.
Deux minutes plus tard, il revient car "il parait que je dois vous chanter
une autre chanson", retirant son bouson - pas très pratique pour
enfiler sa guitare - et plaisante 10 minutes, masquant son agacement sur " ces
conversations dans la salle" et évoquant pêle-mêle la
grippe mexicaine, Roselyne Bachelot et le Tamiflu... Un ultime titre, "Les
jours du jaguar", bruyant, vénéneux et petits signes amicaux
au public, Murat se casse... Tchao. On reste sur sa fin.
Concert de Peter
Von Poehl + Fredo Viola
9 mars 2009 La Cigale
Paris (75)
En première partie: Fredo
Viola s’installe
entouré de trois musiciens, c’est la première « grande
salle à Paris » ce soir, et le premier album The
turn de cet anglais qui vit au Etats-Unis et arrive tardivement
sur scène après une première carrière dans
la réalisation.
Je découvre une voix envoûtante, une musique Zen et apaisante,
un mélange de ballades et de pop, des sonorités variées
et innovantes provenant de nombreux instruments ou de son ordinateur. Par
moment on croirait des vocalises, des chants religieux, le tout
couplé à une musique moderne ou quasi a cappella, incomparable donc.
Il termine sa prestation sur une reprise de Petula Clark, Downtown,
excellente et qui envoute à la salle.
Je suis sous le charme comme l’ensemble du public, on aimerait qu’il
reste plus longtemps sur cette scène mais malgré l’enthousiasme
et la chaleur de la salle nous n’aurons pas plus ;-( Une première partie d’excellente qualité et
un artiste à part
entière à découvrir.
www.fredoviola.com
Il laisse donc place à Peter Von Poehl,
qu’un public très
nombreux est venu écouter ce soir.
Il s’avance seul sur scène avec sa guitare pour nous interpréter
une nouvelle chanson. Il fait ses introductions dans son français
hésitant, nous le comprenons parfaitement et cela ajoute à son
charme mais on le sent contrarié de ne pas maîtriser totalement
la langue. La maîtrise c’est un peu l’ambiance du concert,
on ressent le perfectionniste de l’artiste.
Le public est déjà conquis dès ce premier titre.
Cinq musiciens viennent le rejoindre sur scène : basses, batteur,
clavier et la demoiselle au violoncelle. Il va changer de guitare quasiment à chaque
titre, on sent que pour lui la musicalité est importante, il écoute,
d’ailleurs, particulièrement la batterie.
Les jeux de lumière sont excellents et créent une ambiance
feutrée.
S’enchainent les titres : Forgotten garden, Near
the end of the world, May
Day, le titre de l’album
en deux mots qui se traduit pas jour de mai et non l’appel au secours
qui vient du français m’aider !
Il parle et explique entre les titres leur origine, leur sens dans son
français charmant.
Une bonne énergie se dégage de la scène. Tout est
sous contrôle, cela pourrait paraitre lisse mais on sent qu’il
y a de l’émotion intériorisée, elle ne
traverse pas la scène qui est organisée de façon
un peu fermée sur elle-même.
On enchaine avec Wombara un lieu quelque part en Australie,
puis Mexico et son dernier single, Parliament.
Il répète plusieurs fois que l’on ne parle pas de
choses sinistres ce soir, pour contrebalancer ses textes ?
Premier rappel, arrivée sur scène de Marie Modiano,
pour un duo. Les deux voix se marient très bien, et se répondent
sur l’ambivalence du masculin-féminin de chacun.
A nouveau seul sur scène, il se lâche et fait chanter le
public, qui le suit avec plaisir et enthousiasme ! Un public qui se lève
spontanément pour le remercier. Tout le monde reprend le refrain
de "An eye for an eye, a tooth for a tooth".
Au fil des rappels un nouveau duo avec Marie Modiano, seul sur
scène
avec son harmonica ou rejoint par ses musiciens pour un final plein de
joie et de bonne humeur Une soirée parfaite !
Concert de Vincent Delerm + Abin de la Simone
Le 9 mars 2009
La Cigale - Paris (75)
La voix de Vincent Delerm s’élève pour annoncer la Première
partie : ce soir nous avons « le cul bordé de nouilles » !
ce sera son ami Albin de La Simone qui aura l’honneur de chauffer la
salle. En avant-scène assis entre ses deux guitaristes, son clavier
sur les genoux démarre le show avec « de bonne humeur » puis « Adrienne » son
duo avec Vanessa Paradis il fait participer le public pour remplacer les chœurs
absents ce soir ! Puis s’enchaînent quelques titres de son troisième
album BUNGALOW : « j’avais chaud », « catastrophe », « j’aime
lire ».
De belles chansons à textes pleines de sens et de contresens, de la
musique BIO comme il dit lorsqu’il perd le rythme et les paroles perturbé par
la reconnaissance du public qui applaudi et connait ses textes. Sur son dernier
titre « je mange mes amis » il trouve son rythme et se lève
pour quelques pas de danse. Un bon intermède pour un artiste pas vraiment
débutant puisque le lendemain il tiendra l’affiche de l’Alhambra,
et qui a réussi le contrat de mettre l’ambiance et sors sous les
applaudissements nourris d’un public conquis.
Puis place à une salle de cinéma, thème cher à Vincent
Delerm…Le lion de la MGM rugit, le rideau blanc de l’écran
de cinéma s’ouvre, arrivent les musiciens devancés par
leur double en carton pâte noir&blanc enlaçant une star mythique
du cinéma hollywoodien pour la première chanson « tous
les acteurs s’appellent Térence ».
Vincent Delerm chemise noire, jean noir et baskets blanches, comme toujours,
d’ailleurs il le dit « merci d’être là deux
ans plus tard toujours à la Cigale pour voir le même chanteur
habillé de la même façon, sauf que le monde a un peu changé entre-temps » et
hop une petite critique bien a lui du monde politique actuel.
Il passe à la tribune pour décrire l’arrivée d’un
couple dans une salle de cinéma et toute la difficulté du choix
de la place…toujours le bon choix des mots, la narration des petits moments
de vie tournés en dérision, incisif mais si pertinent.
Nous continuons avec « le Monologue shakespearien » extrait de
son premier album avec en fond sur l’écran de cinéma la
mise en image du texte.
Un petit passage sur Jacques TATI et oui culture cinématographique oblige
et c’est l’écran de publicité des années 70
et le passage dans la salle du vendeur avec son panier en osier, et oui une
vrai salle de cinéma.
On enchaîne avec une reprise de Souchon, un duo virtuel avec l’auteur,
que l’on s’attend à tout moment à voir apparaître
sur la scène mais non. Alain Souchon qui lit une lettre de François
Truffaut bien sur !
Puis nous avons le droit de choisir notre version de « Tes parents » et
Paris choisi la fraîcheur d’un nouveau texte tout aussi réussi
et percutant.
Que de souvenirs, beaucoup de chansons du premier album nous avons droit à « la
vipère du Gabon », « l’heure du thé », « Deauville
sans Trintignant », « Chatenay Malabry », « Fanny Ardant
et moi »... Tout cela accompagné de décors des années
70 qui changent à chaque morceau.
Quelques titres de ces autres albums « quatrième de couverture », « sous
les avalanches », « natation synchronisé », Fanny
Ardant lit un texte en voix off pour lancer « A Naples il y a peu d’endroit
pour s’asseoir », « les filles de 1973 » dont on attend
l’adaptation en 2009 elles ont 36 ans et plus 30…et oui le temps
passe si vite comme dans ce concert chaleureux, un grand moment de convivialité et
de partage avec le public, dans la nostalgie des années 70 sous les
lampions comme dans un bal populaire.
Ces nouveaux titres sont également égrenés « un
temps pour tout », « North Avenue » « Martin part » un
petit spot lumineux indique au public le moment où chanter et oui pas
de chœur féminin ce soir Vincent est accompagné de ces deux
musiciens avec qui il partage une grande complicité.
On le sent vraiment à l’aise et il prend du plaisir à être
sur cette scène ce soir et c’est communicatif.
Il remonte à la tribune pour nous raconter la sortie du cinéma
de ce couple arrivé au début, et défile le générique
de fin sur l’écran. Le message se veut clair : c’est la
fin du spectacle ! Mais ce public parisien ne veut pas le voir partir et rompre
ce moment de charme et de bonheur partagé. Beaucoup de rappels. Il nous
annonce donc la reprise d’un chanteur présent dans la salle « souffrir
par toi n’est pas souffrir » pour moi la boucle est bouclée
et oui la première fois que j’ai vu Vincent Delerm il était
en première partie de Julien Clerc au Bataclan en juin 2002 ! Et la
prochaine certainement en tête d’affiche au Bataclan en juillet
tellement j’ai aimé ma soirée.
En résumé, un grand spectacle qui ne se limite pas à un
récital mais des surprises et de l’innovation à tout moment
dans les décors, le choix des instruments, le renouveau des textes…Pas
de guest ce soir mais c’est aussi bien le talent de Vincent Delerm est à son
apogée et n’a pas besoin d’artifices. Albin de la Simone
est toutefois revenu au piano accompagner son ami lors des rappels.
Concert de La Grande Sophie + Claire Denamur
28 février 2009 L’Omnibus
Saint Malo (35)
Une Première partie fraîche et pleine d’émotion
avec Claire Denamur, qui présente
son premier album, sorti à peine 5 jours plutôt. Avec de beaux textes bien
ciselés, Claire est
accompagnée à la
guitariste par Vincent Martinez. Une jeune blonde toute mignonne et frêle...
dès le premier titre
on sent son trac et son émotion d’être sur scène
ce soir, devant plus de 700 personnes, avec sa chanson « le prince
charmant » qui
se transforme en crapaud !
Puis elle rentre dans son concert et fait participer
activement
le public, allant même jusqu’à le faire monter sur scène
pour l’accompagner « aux grelots » et enchaîne les
titres in the mood for l’amour, je me sens nue… Elle
aura même droit à un rappel du public. C'est déjà presque une
consécration, et en tout cas, une reconnaissance : un talent naissant à suivre
!
Puis place à La Grande Sophie.
Après sa tournée Toute seule comme une grande,
nous retrouvons Sophie entourée de trois musiciens pour présenter
son nouvel album Des vagues et des ruisseaux, composé des
titres rodés lors de la précédente tournée et réorchestrés.
Tee-shirt rouge et jupe courte noire, collant résille, ce soir, on a
droit à un look Féminin-Rock de Sophie (la French cousine de
PJ Harvey…).
Elle nous distille alors la quasi-totalité des titres de ce nouvel
opus. On commence par Pardonner, comme sur l’album, puis
s’enchaînent Les
pouvoirs de la tentation, et Celui qui me suivait dans la rue… Avec
une version scène plus vivante qui contrebalance des textes intimistes
sur les relations amoureuses, la perte des illusions et le temps qui passe
: Tu n’as pas cherché, Quand
le mois d’avril. Thèmes que l’on retrouve dans la sélection
de titres extraits de ses albums précédents : On savait, La
suite, le milieu, la fin et cette poursuite de l’homme idéal
et de l’amour perdu : Les roses rouges, Martin.
Un choix de titres qui n’oublie aucun album et que confirme son titre
Je ne changerai jamais.
La reprise de Barbara, Dis quand reviendras-tu?, déjà présente
sur la précédent tournée et sur l’album, sonne un
peu comme l’appel à cet homme qu’elle attend. Une version
peut-être
un peu trop pop qui délaisse l’émotion de la pureté du
texte.
On note en tout cas, une présence sur scène et une osmose avec
son public toujours frappante. On retrouve son petit passage à la corde à sauter.
On chante et on danse avec elle. On vit le concert, on vibre au son de la batterie
avec Danser sur le dico et Dans le show business.
Pourquoi veut-elle être « quelqu’un d’autre », titre
du premier single extrait de l’album, elle est parfaite seule avec son
perroquet ou en complicité avec ses musiciens.
Lors du rappel on retrouve cette histoire d’amour avec Des vagues
et des ruisseaux, elle a perdu l’homme de sa vie ! Mais enchaîne
sur une reprise et nous emmène Flying to the moon (Sinatra ?)
pour relancer le rythme et nous dit au revoir avec La valse des
adieux, oui au revoir et non adieu un peu d’optimisme et de légèreté serait
de mise dans cette tonalité un peu nostalgique... On cherche la lueur
d’espoir
pour cette femme dynamique et bien vivante !
A mon goût un certain manque
de renouvellement par rapport à la précédente tournée,
pas de nouveaux titres, les mêmes lampes en entrée de scène,
on a juste rajouté les musiciens, cela crée de la continuité mais
pas d’effet de surprise. Mais tout le monde n’ayant pas eu l’occasion
de la voir lors de la précédente tournée, c'est une nouvelle
occasion de découvrir l'univers de La Grande Sophie en live.
Une soirée plutôt chargée et terriblement éclectique
s’est déroulée vendredi soir à Rennes. 3 groupes se
sont succédés sur la scène de l’Antipode.
En ouverture, c’est Ruby Throat qui monte sur la scene. Katie
Jane Garsidese produit en formation réduite, avec son guitariste, Chris Whittingham.
Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, KJG est une folle furieuse ! Mais
quand il s’agit de musique, ce sont les mots Audacieux, Avant-gardiste,
quasi-révolutionnaire qui peuvent vous venir à l’esprit, à l’écoute
d’un des innombrables projets, que Katie Jane a pu réalisé ces
20 dernieres années…
Le dernier en date, donc, Ruby Throat est un projet musical, à la fois
intimiste et torturée. La guitare électrique de Chris accompagne,
tant bien que mal, mais fidèlement, Katie dans ses délires lyriques.
Difficile d’expliquer avec des mots, l’état dans lequel se
trouve la chanteuse, à chaque moment du concert. Vêtue de sa robe
blanche disloquée fétiche – soit c’est toujours la
même, soit elle en a acheté un stock – aux formes échancrées
dans le dos, ne laissant deviner sans trop d’imagination les parties intimes
de son anatomie, Katie Jane conduit son concert, assise, debout, couchée
sur un petit fauteuil bas. Debout, elle semble perdre son équilibre, à chaque
instant, mais se rattrape à chaque fois. Plutôt théâtral
dans la manière, la chanteuse nous livre pourtant un spectacle extrême,
proposant des interprétations d’une grande intensité, d’une
profondeur abyssale. Les titres de son nouvel album, The Ventriloquist, sont
hypnotiques. Et même parfois émouvant. Un sentiment qu’on
ne connaissait pas jusqu’alors dans ses spectacles (Dear Daniel).
A la sortie de son set, on reste un moment sous le choc, surtout que Ruby Thorat
choisit de terminer son concert avec John 3.16, un titre psychédélique
de 16 minutes sur l’album et d’au moins autant en concert. Le passage
dans l’obscurité permet d’ailleurs de prolonger un moment
le concert, dans une sorte de méditation.
L’attente, par contre, n’est pas longue, car déjà,
un second groupe arrive sur scène, faisant passer de deux à trois
ses occupants. En décallage total avec la musique de Ruby Throat, Nola’s
Noise, un groupe rennais, composé de Nola au micro, PluK à la guitare
et Uppercut, le bien nommé, spécialiste du rythme sous toutes ses
formes. Niveau répertoire, le groupe propose un Rock métissé,
aux rythmes hispaniques tres marquées. Une sorte de mélange entre
PJ Harvey et Vaya Con Dios. La voix de Nola est chaude. Toute vétue de
noir, pied nus, elle marque de sa présence chaque centimètre carré de
la scène. Ses textes sont pleins d’humour, situé souvent
au dessous de la ceinture, ce qui tranche quelque peu avec le style plus pincé de
la demoiselle. Plutôt drôle en tout cas. Sur la distance, malgré tout,
les rythmes se répètent, l’effet de surprise disparaît
forcément. Il reste alors l’humour, la bonne humeur et la voix de
Nola. Ce qui est déjà pas si mal !
Pour finir la soirée, Minuit s’approchant à grand pas, Hugh
Coltman et ses musiciens envahissent la scène, avec une multitude d’instruments
et leur sourire. Grand gaillard mal rasé, Hugh Coltman s’exprime
en français, avec un fort accent anglais. Il prévient d’entrée,
il a tendance à parler trop entre les morceaux. Mais ce n’est pas
un défaut, au contraire, c’est un plaisir de connaître l’histoire
des chansons, surtout quand on maitrise pas bien la langue de Shakespeare…
Quoi qu’il en soit, la soirée avec Mr Coltman fut des plus agréable.
Un joli mélange de folk et de pop, une grande richesse dans l’instrumentation
et une voix étonnante. A tel point, qu’en fermant les yeux, on avait
l’impression que Jeff Buckley était ressuscité d’entre
les morts et qu’il avait victorieusement combattu ses vieux démons
pour offrir une musique sans nuages, sans dépression aucune à l’horizon,
que de la bonne humeur, du rythme, mais toujours une voix angélique, haut
perchée. A certains moments, sa voix se confond avec le son d’une
scie musicale. Prodigieux.
Le répertoire, tiré principalement de l’album Stories from
the safe house, offre au groupe un joli mélange des genres, nous livrant
quelques moments d’exception aux frontières de la Soul music, avant
de repartir dans une Pop illuminée de mille feux. Il y a de la vie dans
la musique d’Hugh Coltman, c’est indéniable. Et, à la
vue de ce qui s’est fait ce soir, il serait impossible de penser que l’artiste
restera longtemps confiné aux petites salles de concert.
Vous l’aurez donc compris. La soirée fut riche. La soirée
fut variée. De quoi remplir la tête de souvenirs pour quelques temps.
Seul petit bémol. C’est la seconde fois que l’on a l’occasion
de voir Katie Jane Garside sur Rennes en 2 ans. Et c’est la seconde fois
qu’elle est cantonnée à la position de 1ere partie, et qui
plus est, d’un artiste d’un registre totalement différent.
Little Bob, la derniere fois… Disons le carrément, ça gâche
un peu l’atmosphère générale de la soirée.
C’est assez destabilisant ! Alors s’il vous plait, la prochaine fois,
trouvez-lui un compagnon de route dans son style. Ca doit pas manquer à ce
point, si ? A moins que ce soit le prix à payer, pour l’Avant-gardiste
qu’elle est…
Concert de Da Silva + Sarah Zeppilli 30
octobre 2008 L’Omnibus
Saint
Malo (35)
Pour cette nouvelle soirée de concert à l’Omnibus à St
Malo, deux artistes à textes et à voix. Pour commencer la soirée,
Sarah Zeppilli, « des chansons pop un peu folk, des mélodies élégantes
et une voix douce… », nous dit-on en accroche pour ne pas arriver
trop tard ce soir au concert. De fait, les qualificatifs sont là et
la prestation de Sarah lui correspond parfaitement, le mélange de mélancolie,
de douceur et ce petit côté malicieux définit encore parfaitement
le personnage. Pourtant, il faut bien avouer ce soir, que derrière la
douceur se cache un peu l’ennui, derrière les chansons pop, une
ambiance un peu mielleuse. La voix n’est pas toujours bien posée,
mais, par contre, on a déjà vu pire, et le faire de jouer sur
scène, juste accompagné d’un guitariste, fait ressortir
les petits défauts, bien plus que s’ils étaient cachés
derrière 4 ou 5 instruments entrelacés. Je dois donc bien avouer,
que ce soir, ne connaissant pas le répertoire de Sarah Zeppilli, je
me suis un petit peu ennuyé, et n’ai pas réussi à trouver
sa magie des mots, le petit déclic qui vous fait passer de la découverte à la
surprise. On en restera à l’indifférence.
Avant la montée de Da Silva sur scène, les techniciens s’affairent
sur la scène. Ils installent deux grands rideaux noirs, qui cachent
de fait les deux tiers de la scène avec une ouverture sur son milieu.
Résultat : lorsque Da Silva, guitare en bandoulière, et son musicien,
violon à l’épaule s’installent sur la scène,
c’est derrière ces deux voiles noirs qu’ils se collent,
se dissimulant plus ou moins, et projetant leurs ombres sur le voile noir.
Deux
chansons, pendant lesquels les deux musiciens opèrent un jeu d’ombres
chinoises, nous obligeant à nous concentrer sur les mots, les sons,
plutôt que sur le bonhomme. Et il faut dire qu’il y a de quoi se
focaliser sur le son. La musique de Manu Da Silva sur scène n’a
rien à voir avec ses enregistrements studio. Le son est plus ample,
les chansons s’étirent, les instruments prennent leurs aises,
la voix se met en retrait, attend son tour, se fait discrète parfois,
avant de revenir à la charge.
Il m’est d’ailleurs arrivé quelque chose d’étonnant
pendant ce concert. Parfois, quand vous êtes hypnotisé par une
musique, vous quittez la salle, et partez dans vos pensées, dans votre
imagination, vous vous sentez bercé, porté par les notes, les
mots, les émotions. Et puis soudain, vous ne savez pas pourquoi, vous
revenez à la réalité, la chanson s’est souvent terminée,
parfois, même, c’est le concert qui s’est terminé.
Ici, ce soir, j’ai eu cette sensation, j’étais effectivement
hypnotisé par un titre, je ne sais plus lequel d’ailleurs, et
puis soudain, je suis ressorti de mon état second, pour me prendre de
plein fouet une vague sonique, des nappes électriques, au point de me
demander soudain où j’étais, quand, comment j’étais
arrivé là, qui pouvait bien balancer ce putain de son sur scène
? Mogwai ? Non, petit à petit, je reprends mes esprits, je vois un violon
déchainé, un petit bonhomme avec une énorme guitare, des
stroboscopes, et je crois reconnaître, Tant Que Tu Es Loin, un petit
titre de 2 minutes, au rythme légèrement chaloupé sur
le second album de Da Silva, qui se transforme ici en monument de Post Rock épileptique
de 12 bonnes minutes. Le clavier, en font de scène, discret jusque là,
joue de l’écho dans la voix de Manu, qui déraille, qui
déraille vraiment. Véritablement envoutant ! Terriblement impressionnant.
Les prestations précédentes, surtout en festival, ne m’avaient
jamais fait autant d’effet. La suite du concert alterne entre ambiances électriques
et atmosphères acoustiques et dépressives…
Da Silva, souvent comparé à Miossec ou à Louise
Attaque, nous montre ce soir le chemin parcouru vers une affirmation
de son style ! Apres ce concert, une seule envie, y retourner et donner l’envie
d’en
faire autant à vous tous !
Concert de Pigalle + Le Pied de la pompe
16/10/2008
L’Omnibus – Saint Malo (35)
Apres 10 ans de séparation, François Hadji-Lazzaro
a ressuscité le groupe Pigalle. Résultat : un nouvel album,
un DVD et une tournée dans toute la France. En juillet déjà,
Pigalle était de passage en Bretagne, à Bobital, pour ce
qui sera sans doute le dernier Festival des Terre-Neuvas… N’ayant
pu assister à l’ensemble du concert, La Magic Box se devait
de revenir assister à leur spectacle dans son entièreté !!!
Pour ouvrir le bal, Le Pied de la pompe.
Deux membres du groupe malouin L’Dawa,
déjà présents dans cette formation réduite en juillet, à Bobital.
Depuis, leur premier album est sorti dans les bacs dans toute la France, et
le groupe se ballade dans toutes les petites salles de la Bretagne jusqu’à l’Alsace….
Mais ils n’en oublient jamais leur fief, dans lequel, ils reviennent
toujours avec un grand plaisir, et à voir l’ambiance de ce soir,
le plaisir est partagé. Au programme de ce soir, Erwan et Gérôme nous
concoctent leur recette habituelle, du Rock, de la Folk, un brin de sonorité celte, à travers
les titres déjà habituels extraits de On fait ce qu’on
peut, leur album, à l’exception peut-etre de Mimi,
la punkette du 3e age oubliée ce soir, et puis, il me semble par contre,
des petits inédits, glissés ici et là dans la programmation
(Les
ponts, Changer d’air).
En quelques mois, malgré les vacances,
on sent que le duo s’est parfaitement bien habitué à la
formule réduite, utilisant avec une dextérité grandissante,
leur pied sur les claviers, sur les pédales de batterie, Gérôme
donnant parfois l’impression d’un homme orchestre, chantant et
passant aisément de la guitare à la batterie. Erwan, quant à lui,
nous balance des riffs de guitares dignes de The Edge, au meilleur
de sa forme…
Apres un final plus instrumental, où le groupe nous refait la démonstration
de leurs talents indégnable, faisant évoluer le rythme crescendo,
le calme revient, et la scène se libère tranquillement pour laisser
la place vide et accueillir une multitude d’instruments, posés
autour d’un portique, tel des trophées sur un autel ! Une
sorte de rituel pour cette bande des 5 de Pigalle.
Une fois l’installation sonore réalisée, le mobile musicale
posée, il ne reste plus qu’à François Hadji-Lazoro
et ses 4 potes à donner le la, et démarrer le show
!
Le public est chauffé à bloc – Merci au Pied de la pompe – et Pigalle débute
le marathon musical avec Marie
La Rouquine, un titre
de 1990, extrait de l’album Regards affligés,
qui aura les honneur du groupe ce soir, puisque le groupe y puisera aussi, Sophie
de Nantes, Le Chaland,
Eterne Salaud, Les lettres de l’Autoroute, et bien sûr Dans
la salle du Bar Tabac… Mais ne commençons pas par la fin… car
le concert a pris son temps pour parvenir jusqu’au bout de la nuit. Le
groupe revisite donc son répertoire, n’hésitant pas à revenir
allégrement jusqu’en 1986, avec Elle glisse, Il boit du café ou
encore leur titre éponyme Pigalle, une reprise d’un vieux titre
du patrimoine françois, et pourtant, identifiant d’un coup d’un
seul, ce groupe, éternellement inclassable.
Pas moins de 26 chansons ce soir, le groupe ne cache pas sa joie de revenir
sur scène. Mieux, il s’est permis, avec leur nouvel album,
Neuf et occasions, de revenir sur les anciens titres, en les revisitant,
les modifiant
au gré des instruments que François a depuis appris à maitriser.
Ainsi, une vielle à roue, un luth oriental (le oud), une clarinette,un
accordéon, un violon, un banjo, une cornemuse, une guitare, un ukulélé ou
encore une flute traversiaire. Faut dire que le gars n’impressionne
pas que par sa carrure de Garçon boucher. Notre François
joue d’une
vingtaine d’instrument, qu’il a appris quasiment en autodidacte, à travers
la demi-douzaine de groupes qu’il a monté…
De fait, le groupe nous impressionne et nous surprend par ses
nouvelles versions, qui mettent parfois de côté les instruments
modernes et électrique
pour des instruments traditionnels (un luth arabe sur Brève rencontre)
et puis aussi, par les nouvelles compositions, qui semble appartenir déjà à la
longue liste du répertoire du groupe. A titre personnel, j’a été agréablement
surpris de retrouver ce vieux titre, L’éboueur, sorti du fin
fond de ma mémoire, et n’ayant pas perdu de sa fougue.
Pour le final, trois titres, Dors petit bled, Les vieux à la poubelle,
un titre emprunté au répertoire du 2e meilleur groupe du monde,
Les Garçons Bouchers (dixit FHL), et toujours tellement réaliste
en 2008, et puis bien sûr, Dans la salle du Bar Tabac de la rue des martyres,
LE tube de Pigalle, célèbre pour son air d’orgue de Barbarie,
remplacé par la vielle à route pour l’occasion, avant que
le groupe reviennnent pour un second rappelle, et une version à 5, au
ukulélé, de la même chanson. Une version, qui emballera
définitivement le public, ravi d’avoir assisté à ce
retour fracassant. Pas moins de 600 personnes avaient franchis les porte de
l’Omnibus ce soir pour venir faire à la fête à Pigalle
!!
Un concert qui laissera des traces dans la mémoire de chacun ici
ce soir !
----------------- Pigalle - Neuf et Occasion - 2008
Le Pied de la pompe -
On fait ce qu'on peut - 2008
Concert de Rage Against The Machine + Saul Williams
Palais Omnisport de Bercy
Paris (75)
Mercredi 6 juin 2008
Une ambiance de folie hier à Bercy
! Les parisiens avaient rendez-vous ce soir au POPB pour assister au
retour tant attendu sur scene de Rage Against The Machine, plus d'un
an apres
l'annonce de la reformation des californiens
! Zach, Tom, Tim et Brad, réunis donc pour le meilleur des Rage !
Je passe trés rapidement sur la première
partie, Saul Williams,
qui aura été anecdotique
pour la majorité de la salle ; à peine distinguait-on de la fosse
un type bigarée avec une sorte d'iroquois à couleurs métallique...
Il faut dire qu' il faisait ce qu'il pouvait mais les gens
se réservait
vraiment pour la suite et donc c'était antinomique
de le voir autant s'agiter sur un truc dansant en face d'une sale désespérement
immobile....
On en profite donc pour aller faire un tour au bar avant la fin du monde (un
concert de RATM
au milieu de la fosse de Bercy se rapproche assez de ça).
La première partie s'achève vers 21h et là première
fausse note, une attente trop longue avant le début du concert(21h45).
Les lumières s'éteignent finalement et retentit alors....l'internationale
en russe (chantés par des coeurs féminins) in extenso (à faire
palir la fête de l'huma ce truc là!) : au moins on est prévénu
au cas où on n'aurait pas remarqué l'étoile rouge énorme
style Che Guevara (j'ai surtout remarqué pour ma part le prix éhonté des
T-shirt 30 euros ! Les gars ! faut pas déconner, ça ne sera
porte que dans le XVI ce truc là!).
Ca démarre trés fort peut être par un titre de Renegade j'avoue
que je ne sais pas ou plus ; suivent Bombtrack et People
of the sun ! Une chose est sûr à la cinquième chanson
(Bullet in your head), tout le monde dans la fosse était mort,
alors que le concert allait être long !
Une petite parenthèse
pour dire ici que les gradins n'était pas en reste et qu'on sentait
les gens déchainés
de ne pas avoir pu avoir de place en fosse (la faute à avoir misé sur
un site de vente à distance qui n'a pas assuré une cahouète,
j'ai nommé la F----.com).
A ce sujet d'aillerus il y a eu m'a-t-on rapporté une mini émeute
du coté droit où des spectateurs ont sauté la barrière
pour aller en fosse massivement ! Les vigiles ne parvenaient à en arrêter
que un sur cinq environ donc ça valait la peine de le tenter le
coup (trés
fuck you i won't do what you're telling me dans l'esprit....), là où ça
s'est compliqué c'est que certains de ceux qui avaient sauté voulaient
remonter dans les gradins et que le même vigile qui leur avaint
interdit la fosse leur interdisait les gradins....; En revanche les gens étaient
trés cool entre eux, :ils te tapaient gentiment en somme.
De la part
du groupe en revanche, il faut y revenir, car on est là pour parler du concert,
ah non ?, En fait, le concert s'est voulu un peu trop carré ! Pas
un mot au public, fuck fuck fuck, trés
in it for the money en somme. De mauvaises langues auraient dit que le Zach
n'avaient plus la forme de sa prime jeunesse, et qu'il avaient du mal à suivre
le rythme de ses trois comparse. Alors, de là, en plus, aller parler au public
! Faut pas déconner ! Le cachet n'etaient que de 50.000 euros ce soir. On en
donne juste qu'il faut pour ce qu'on est paysé !!! Travailler moins et gagner
autant...
D'ailleurs, c'est déjà le rappel, avec l'énorme Freedom et
le méga énormeKilling in the name of ! Cloture
du show vers 23h15, pres d'1h30 plus tard tout de même... Pas bête finalement
de réduire le tempo !!! Allez, c'etait tout de meme un grand moment ce RATM
Live 2008. Et pour ceux qui ont raté cela, attendez 2009, le DVD arrive....
Time is money ;-)
Concert
: Le Pied d’la Pompe L’Omnibus – St Malo (35)
Le 22/05/2008
L’Omnibus propose depuis quelques temps des Apéro-concert un jeudi
par mois à 19h00. Hier soir, pour l’apéro donc, c’est
Le Pied de la pompe, groupe malouin qui s’occupait de la musique ! Pas encore très connu, et pour cause, le groupe n’a pas encore vraiment
sorti d’album nationalement, mais déjà très apprécié par
les fans d’L’Dawa, dont deux des membres se retrouve dans ce projet
parallèle.
Le Pied de la Pompe, c’est donc Gérome, chanteur chauve et guitariste émérite
d’L’Dawa, que l’on retrouve sur scène ici, avec sa guitare
et ses pédales de percussion. C’est aussi Erwann, bassiste d’L’Dawa,
lui aussi, qui ajoute à son jeu, un clavier à pied, sur lequel
il joue comme sur un piano.
Le Pied de la Pompe, c’est donc un duo, tendance chanson rock.
Ce soir, le groupe s’introduit d’un long titre bien rock, quasi instrumental,
aux accents celtes. Très loin de la démo que j’ai pu entendre
depuis quelques jours. Puis, le groupe nous fait découvrir son univers
composé de petites histoires et de grosses affaires de notre temps, de
petits bobos et de gros malheur, de petits boulots et de gros salaires. Il y
a dans ces ballades folk rock un esprit frais, rempli d’optimisme, malgré ce
constat pas très brillant, d’une société où chacun
cherche à fuir quelque chose ou quelqu’un, où les gens galèrent
au quotidien attendant, rempli d’illusion, une éclaircie qui lambine.
La voix de Gérôme est puissante, grave, assez proche de celle de
Gaitan Roussel ou de Christian Olivier, pour vous situer la chose.
Et pendant deux heures donc, ce soir, devant 50 personnes au moins, Le pied d’la
Pompe tient la cadence, sans faiblir, juste une petite pause bière-cigarette,
et ça repart ! Pas de chichi, pas de Tralala, le Pied d’la Pompe
a assuré le spectacle ! A seulement deux sur scène, ils nous donnent
l’impression d’être beaucoup plus parfois : les guitares et
les basses changent au gré des besoins et des ambiances, les pieds de
Gerome s’agitent sans cesse autour de ses 7 pédales de percussion,
ceux d’Erwann ne sont pas non plus à la traine sur le petit clavier
posé au sol. J’en connais qui doivent avoir de sacrés abdos à force
de jouer ainsi…
Ce soir, Le Pied d'la Pompe nous a offert un concert excellent, bien plus que
le show case auquel on pouvait s’attendre dans le cadre des concerts gratuits
de l’Omnibus. Mais Gratuit ne veut pas dire au rabais !!! Pour notre plus
grand plaisir !
A vous maintenant de suivre l’aventure et découvrir Le Pied d’la
pompe lors de leur prochaine tournée ou chez votre disquaire, lorsque
devrait en sortir en juillet le premier album On fait c’qu’on peut
!.
Quelques dates à venir : Myspace.com/lepieddelapompe
07 juin 2008 - Dafy Reims, Champagne-Ardenne
13 juin 2008 - La Caze Bamboo Les Sables d’Olonnes, Pays de la Loire
14 juin 2008 - Le Remblais (plein air) Les Sables d’Olonne, Pays de la
Loire
21 juin 2008 - Tournée Emirats Arabes Unis (L’Dawa) Abu Dabi
22 juin 2008 - Tournée Emirats Arabes Unis (L’Dawa) Abu Dabi
23 juin 2008 - Tournée Emirats Arabes Unis (L’Dawa) Abu Dabi
24 juin 2008 - Tournée Emirats Arabes Unis (L’Dawa) Abu Dabi
27 juin 2008 - L’Dawa festival "la citadelle en bordée" Dunkerque,
Nord-Pas-de-Calais
28 juin 2008 - L’Dawa festival Les Arts Zimutés Tourlaville, Basse-Normandie
Concert d'Alain Bashung + Fred
Le Lieu Unique, 16/05/2008
Nantes (44)
Chapeau noir vissé sur la tête, lunette noir itou, et une
gestuelle identique au Nosfératu de Murnau... Bigre ! Sauf que,
pas de doute, Alain est bien vivant !
Quelques semaines après la sortie de son tout nouvel
album Bleu Petrole, - sur lequel il a convié Gaëtan Roussel,
Gérard Manset, Joseph d’Anvers et Arman Meliès à l’écriture
- voici déjà Bashung sur la route pour tester ses nouvelles
merveilles sur les scènes de France et de Navarre ! Enfin surtout
de France ! Et en l’occurrence, ce soir, dans l’ancienne
capital du Duché de Bretagne !
En première partie, Fred, auteur d’un second album (Mes
graines),
assure seul le spectacle avec sa guitare et ses effets de boucle. L'esprit
du blues, quoi. On le dit musicalement proche de Tété ou de Ben
Harper … On le dit… Accueil poli du public (pas simple de précéder
Bashung) pour un set cependant fort honnête. A noter quand même
la réaction unanime de la salle pour une remarquable reprise de Noir
Désir, A l'envers à l'endroit.
Entrent d’abord ses 4 musiciens (Guitare, Batterie/percus, Contrebasse/basse,
Violoncelle). Puis, la vedette arrive, démarche nonchalante. Visage
blafard esquissant un léger sourire. Sous la lumière crue du
projecteur, tout de noir vêtu, élégant (chapeau vissé sur
la tête, lunettes noires), Alain Bashung s'installe sur un tabouret qu'il
ne quittera pas durant une demi-douzaine de chansons. D’entrée,
seul, il entame à la guitare un tour de force : le très long "Comme
un légo" – 9 minutes au compteur - résonne dans l’ancienne
fabrique entrepôt de LU… Silence dans la salle, le temps se suspend.
On écoute.
Premiers accords, donc et voix hésitante. Petit à petit, les
musiciens embraillent le pas et étoffent d’un lumineux écrin
le désespoir de la chanson fleuve... Au fil (du rasoir) des minutes,
la voix de Bashung va prendre ses marques, une assurance et du coffre. De l'ampleur
bienvenue car on le craignait diminué, au vu de ses récentes
apparitions à la télé. Il n'en laissera rien paraître…
Le concert n'a ainsi rien à envier à ceux de l'excellente Tournée
des Grands Espaces, la précédente.
Au répertoire, le petit dernier Bleu Pétrole se taille
la part du lion. Et les titres du grand classique Fantaisie militaire ou
de l’audacieux Chaterton complètent le podium. Cependant,
aucun morceau du chef-d’oeuvre "L'imprudence". Foin d’expérimentations,
donc, le ton se veut simple et direct. En un mot : rock. A noter que le son
et les arrangements – hou lala - sont de toute beauté, tant ses
musiciens font preuve d'une grande maîtrise (il est vrai qu'en exigent
professionnel, Alain a toujours su bien s'entourer). Et ses textes sombres,
assez ironiques - on ne sait par quel prodige – collent la banane au
public… ça ne s’explique pas, ça se vit.
Moment bien rock, les décibels sont lâchées sur Hier à Sousse.
Le premier titre où la voix du gaillard se déracine enfin. Coté gestuelle,
on pense indéniablement au vampire de Murnau... Captivant, quasi-hypnotique
avec ses bras raides, tout comme ses doigt qui balayent l'air ou se fixent
dans l'espace.
Au « popularimètre », La nuit je mens mettra l'aiguille
dans le rouge. Idem pour Osez Joséphine, le fantastique Madame rêve ou encore Vertige
de l'amour, indémodable. On s’étonne
même de la quantité et la qualité des tubes (souvent improbables
avouons-le, commercialement parlant). Tout ce que l’artiste a su cultiver
en toute humilité, années après années, défile
dans les oreilles… Impressionnant.
Comme à son habitude, pas très bavard le Alain. Mais qui s'en
plaindrait ? Ses classiques se confondent avec ses nouveaux morceaux, de quoi
combler tout un chacun dans la salle. Bashung, main sur le cœur, laisse
filtrer de temps à autre son émotion. Tout du long, le public
manifestera son affection profonde et sincère pour le bonhomme: "Merci!", "Alain,
on t'aime". Et c’est vrai qu’on l’aime, terriblement…
Dernier rappel, à nouveau seul sur scène Bashung livre
le crépusculaire Angora (aux paroles à ce propos assez
troublantes : " Le souffle coupé, la gorge irritée,
je m'époumonais sans broncher"). Il conclura sur une reprise
des Moody blues. Magique, on vous dit..Alors vivement Bobital ! Même
s'il y a de fortes chances que cela soit un peu moins intime que Le Lieu
Unique...
Playlist :
Comme un légo - Je t'ai manqué - Hier à Sousse – Volontaire
- Mes prisons - Samuel Hall - Vénus - La nuit je mens - Trapèze
- Je tuerai la pianiste - J'envisage - Légère éclaircie
- A perte de vue - Happe – Résidents - Osez Joséphine -
Fantaisie militaire
###
- Madame rêve – Elvire - Vertige de l'amour - Malaxe
###
- Angora - Night in white satin
Concert de Daniel
Darc + Philip + Berry St Malo (35) – L’Omnibus Jeudi 2 mai 2008
4 soirées pour fêter comme il se doit 5 ans de concerts à St
Malo dans la salle de l’Omnibus, qui a vu passer en quelques années
seulement les plus belles formations, tous styles confondus. Aubert,
Higelin, Riké, Manu Dibango, Matmatah, Arthur H, Joey Starr, Mass
Hysteria, Miossec, Sinclair, Dionysos, Cock robin, Femi Kuti, Wampas,
Dominique A, Enhancer, Mickey 3D, Watcha, Katerine, Luke, Kyo, Bashung,
Stomy Bugsy, Rachid Taha, Superbus, No One is innocent, Sinsemilia, Pierpoljack,
Tarmac… ont tous foulé un à un les planches de cette
salle malouine. Pour certains, plusieurs fois même !
Pour fêter cet anniversaire, 4 soirées donc, et 4 styles différents.
Apres une première soirée en compagnie des papys du Ska, les
Skatalites, présents il y a 5 ans pour quasiment essuyer les plâtres,
les malouins avaient rendez-vous avec un papa de la New Wave, moitié du
mémorable Taxi Girl (avec Mirwais), je veux parler de Daniel
Darc !
En ouverture, deux invités pour le prix d’un ! Philip, auteur
de chansons sobres et touchantes. Idem pour Berry, le charme en plus et un
titre, le Bonheur, déjà sur toutes les lèvres.
Puis, c’est au tour de Daniel Darc de monter sur scène pour entamer
un concert, qui ressemble à un marathon laborieux, tant l’artiste
semble à la peine, noyé par les litres de bière et autres
substances interdites, avalées tout au long de la journée en
attendant ce moment de confrontation avec le public malouin.
Haute surveillance ouvre le set. On découvre alors un chanteur accompagné de
5 musiciens, dont un trio de jeunots (membres du groupe Asyl pour ceux qui
connaissent). La main sur le cœur, Les remords, La pluie qui tombe suivent
sur le même ton, et la même dépression ambiante. Silhouette
voutée, Daniel Darc, montre un air de prêcheur désespéré.
[ Je me suis souvent demandé pendant le concert quelle vie il a bien
pu vivre, de quoi est-il rescapé et surtout comment fait-il pour tenir
debout... A ce propos merci le pied de micro, qu'il a d'ailleurs pété ("c'est
de la camelote ce truc, ça tient pas"). On a vraiment le sentiment
d'être face à un rescapé.].
Avare de mots, entre deux morceaux, il lance un merci d'une voie timide. L’homme
souffle ses mots et l’on jurerait voir un vieux Gainsbourg sur la scène,
même gestuelle, même voix nasillarde, presque susurrée (la
démarche « Fontainienne » en plus). Le comble de cette ressemblance
est atteint sur le talk-over de l’envoutante mélodie Un an et
un jour,.. Magique.
De tant à autre, le dark Daniel chante en anglais et gratifie (ou plombe,
c’est selon) le public de quelques délires verbaux, loin, très
loin dans des stratosphères que lui-seul semble connaître… au
risque de décontenancer ses musiciens. Le Rythme de la batterie s’accélère
? Sacrilège ! L’homme à tête de choux rave, en pleine
crise musico-mystique, n’hésite pas rabattre le caquet du jeune
batteur impatient (« arrête... arrête!...... ARRÊTE! »).
Ca désarçonne, forcément. Il y a du danger, tout le monde
est sur le fil… Mais n’est-ce pas le rock’n roll, après
tout ?
Pourtant, Darc ne s’empêche pas lui-même à quelques
débordements. Bel exemple, J'irai au Paradis, où l’esprit
Rock qui reprend le dessus, dans sa forme la plus brut : la nature revenant
au galop, il tombe la chemise, dévoile ses tatouages impressionnants,
c’est simple, ses bras sont quasiment tous bleus… Un petit passage
nostalgique dans la carrière de Daniel Darc, version solo, avec ce très
bon titre Nijinski, qui vous prend aux tripes et vous fait remonter les images
blanches, épurées, aseptisées du clip, il y a 20 ans déjà !
Petite pause, le temps d’aller chercher du "jus de pomme qui mousse" -
et oui, car auparavant, le gars fonctionnait qu'aux petites bouteilles d'eau – mais
l’homme tarde à revenir. Parait-il, à ce moment là,
il ne voulait pas retourner sur scene… De quoi donner des frayeurs dans
le staff en backstage…Mais il revient donc et ajoute La vie est mortelle à la
liste de ses chansons. Tellement approprié au personnage !
On croyait avoir tout vu pour ce soir. Erreur. La suite, c’est le passage
dans la quatrieme dimension, de La seule fille sur terre à Jamais,
jamais,
on découvre un Daniel Darc sanglotant et livrant quelques larmes, écrasées
avec une infinie pudeur. Pas des larmes de crocodile, sûr mais un moment à la
fois déconcertant et magnifique. Le chanteur va-t-il craquer et quitter
la scène ? Il prolonge cet instant quasi religieux, avec Il y a des
moments mémorable où il chante à genoux au coté de
son guitariste, tête contre tête. Le geste tendre de l’unique
musicien sur scène alors semble dire « accroche toi, tiens bon
Daniel, on est tous, on t’aime tu vois ». A cet instant, le public
ne sait plus trop, s’il est spectateur ou voyeur. Troublant mais assurément
l’un des nombreux frissons du concert.
Un second rappel débute avec LE tube tant attendu, Cherchez le garçon,
bien rock - ça déménage et ça réveille le
public. A noter qu'il terminera sur My Funny Valentine de Chet Baker,
un titre pas prévu au concert. Et cette fois, Darc a eu du mal a partir…
On l’aura compris, un moment de rare émotion. De quoi donner une
dernière impression à conserver de cette soirée déjà inoubliable
! A coté, Miossec, c'est Walt Disney...
Photos : Erwan
Discographie non exhaustive
: 2004 - Creve Coeur
1994 - Nijinski
1987 - Sous influence divine
1984 - Chercher le garçon
Concert de La Phaze + Users St Malo (35) – L’Omnibus Samedi 3 mai 2008
4e et dernière soirée anniversaire de l’Omnibus. Pour fêter ce 5e anniversaire en grande pompe, l’Omnibus faisait revenir La Phaze un an et demi apres leur précédent passage. 150 à 200 personnes avaient répondus frileusement à l’appel !
Cette frilosité, pourtant, a eu vite fait de disparaître. Les Users, en 1er partie ont livré une prestation impeccable. Un batteur fou, deux DJ pour une voix chaude, virulente et une omniprésence de part et d’autre de la scene de l’Omnibus. Tendance Hip Hop, le groupe apporte une vision tres ouvert de leur style, lorgnant aussi bien sur le travail de Public Enemy que de Tricky. Le groupe revendique pendant le concert quelques prises de position politique. 1 an presque jour pour jour après les élections présidentielles, il revient sur ses impressions au soir du 7 mai 2007, porté par un bilan déjà très controversés dans les média comme dans la rue. Une dizaine de titre plus tard, les quelques dizaines de spectateurs venus les soutenir sont bien réchauffés, et prêt à prendre quelques degrés supplémentaires, avec une petite bière en attendant le gros coup de chaud de La Phaze !
Petit changement de line up pour La Phaze qui nous offre un spectacle en trio, avec, chose nouvelle, une batterie ! Aux baguettes, Guillaume Rousé, un ex-Superbus. Arnaud, toujours à la guitare. Et bien sûr, l’âme du groupe, Damny au micro et au clavier. Quelques samples en fond, mais plus de DJ sur cette nouvelle tournée, à l’instar du tout nouvel album, Miracle.
Deux jours avant la sortie du dit nouvel album, La Phaze entend bien nous le présenter en avant première et dans sa grande majorité !
Champs des bombes, hymne noir, vision post-apocalyptique, moratoire anti-guerres. On voit d’entrer de set que le groupe a conservé sa verve. D’ailleurs, le groupe le prouve tout au long du concert, en alternant anciens (RAS, Inside my brain, Nouveau Defi, Rude Boy) et nouveaux titres. Sur les titres de , les thèmes y sont très actuels : Peine de vie aborde le droit à l’Euthanasie, Climax prolonge la Colère noire du groupe sur notre planète en danger, A table mêle habillement toutes les catégories de population, mis en opposition par nos gouvernants dans cette belle politique du Diviser pour mieux régner ! Une sorte de Salut à toi du 21e siècle qui prend une toute nouvelle dimension !
Tout au long du concert, le rythme est puissant, le son est gros. Damny passe de son micro au synthé, dans un vas-et-vient speed et délirant. Arnaud et sa guitare traverse la scène de part en part, pour le plus grand plaisir des fans. Un spectacle de furieux !
A tel point que le concert semble très court, alors que déjà 12 titres sont passés quand le groupe quitte la scène ! Et après 12 titres à fond la caisse, le groupe nous livre en début de rappel un titre, très calme, presque a capella, La Langue, qui nous livre une vision humaniste de la France et de sa diversité populaire. Un brin de poésie dans ce brasier frénétique, dans cette fournaise sonique. Roof on fire rebranche en douceur les ampli, mais la relâche est de courte durée, puisqu’on s’en reprend une bonne dose avec Colère noire, un titre sorti en 2007, sur la terrible pollution de l’Erika. Le groupe enchaine habillement sur La Cause, un nouveau titre encore, qui reprend le combat (on est juste des messagers de notre temps…) sonique et verbal. La voix de Keny Arkana, guest de l’album sur ce titre, apparaît grâce à la magie des magneto. L’effet n’en est pas moins efficace sur ce titre, sans doute le plus hip hop du set et du nouvel album. Le concert s’achève sur le bien nommé Assaut Final. Manque à l’appel, le titre éponyme de l’album, Miracle, qui ouvre pourtant tout en puissance le nouvel album, et qu’on aurait bien vu intégré, lui aussi, dans ce set phénoménal !
Un joli cadeau d’Omniversaire en tout cas, que ce concert de La Phaze ! Vraiment impressionnant !
Discographie :
La Phaze — septembre 1999
Pungle Roads - septembre 2002
Fin de Cycle - juin 2005
Miracle - avril 2008 www.laphaze.com / Myspace