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Interviews

Exsonvaldes - En éclaireur - interview 2014
Interview de The Penelope - Juillet 2013
Angil - Mars 2011
In The Club - Septembre 2009
Ain Soph Aur - Aout 2009 - VO
Ain Soph Aur - Aout 2009 - VF
JNEB - Interview - Fevrier 2009
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Morning Star - Juillet 2005
Thomas Dybdahl - Juin 2005
Les Archives des interviews

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EXSONVALDES
part en éclaireur avec Lights


En 2001, on découvrait le 4 titres « Son/Silence », la 1ere démo d'Exsonvaldes, suivi rapidement d’une autre en 2002 (Someday if I want to). Depuis, le groupe a commencé à sortir des albums long format, signés ou en autoproduction, bénéficiant d'une reconnaissance médiatique certaine. Le dernier album sorti en 2013 s'appelle Lights et est à nouveau autoproduit, mais le groupe continue à étendre sa toile musicale avec, notamment, de belles vidéos, à voir ou à revoir.
Rencontre virtuelle avec l
es parisiens.

Votre dernier album « Lights », sorti en 2013, est à nouveau Autoproduit, je crois ? Un choix ?
On a pensé que c'était le meilleur choix à faire parmi les choix qui s'offraient à nous. Je veux dire par là qu'on n'a pas eu de proposition financière suffisamment intéressante de la part d'un label pour faire le disque comme on le voulait. Dans les conditions actuelles on s'est donc dit qu'on avait pas besoin de label, qu'on avait suffisamment d’expérience pour faire ça nous-mêmes. Ce "nous-mêmes", c'est le groupe, notre manager Alex, et notre réalisateur artistique (Alex aussi). Vraiment seuls, je pense qu'on n'aurait pas osé. Mais là on est très contents d'avoir fait ça.

Qu’en est il en terme de distribution ? Et quel a été son accueil auprès du public ? en terme de ventes ? en terme de concerts ?
L'accueil du public a été super. On était assez curieux de voir comment le disque allait être reçu, en particulier les titres en français. Et globalement ça a été super. Je crois que "L'Aérotrain" est notre titre qui est le plus passé à la radio.
Au niveau des ventes je n'ai pas les chiffres mais je ne crois pas que ce soit un carton ;-) Ca n'a jamais été le truc principal pour nous.
Niveau concert ça marche très très bien en Espagne, un peu moins en France - on aurait aimé en faire plus.

On a vu régulièrement des dates annoncées en Espagne sur votre site (www.exsonvaldes.net)? Le public espagnol aime particulièrement votre musique ? Parlez nous de ces concerts de Frenchy en Espagne ?
Oui c'est assez incroyable ce qui se passe pour nous la bas. Dans chaque ville ou on va, il y a du monde. Et de plus en plus ! On a déjà pas mal de gros festivals prévus pour cette été. Par contre je serais bien incapable de t'expliquer pourquoi !

Apres « Days » (excellent !), « Seahorses » et « L’Aerotrain », c’est le single « Action » qui est devenu un Clip. Quelle importance accordez-vous à l’image ? Cela fait partie intégrante de votre démarche musicale ?
Oui c'est important, et on y a particulièrement fait attention sur ce disque. Il y a tellement de clips partout que si ce n'est pas pour proposer quelque-chose d'un peu différent, ça n'a pas d'intérêt. Donc à chaque fois on essaye de trouver un truc inédit. Je suis particulièrement content de celui de "L'Aérotrain". Ca a été un long boulot !

Quel bilan feriez-vous de ces 12 premières années d’Exsonvaldes ? Vous travaillez déjà sur un nouvel album ? C’est quoi votre rêve pour les 12 prochaines années ?
Franchement si on nous avait dit au début qu'on existerait toujours 12 ans après.... ;-) On commence à penser à un prochain EP ou LP, mais surtout on espère faire un maximum de concerts cette année... et les suivantes !

Vous sentez vous proche de groupes français actuels comme M83, Phoenix, Pony Pony Run Run, La Femme ?
Oui bien sur. Plus de certains que d'autres, mais globalement j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de trucs supers en ce moment. En français ou en anglais. j'ai l'impression qu'après une 10aine d'années avec d'un côté les groupes en français et de l'autre les groupes en anglais, maintenant les choses sont plus détendues, tout se mélange, c'est bien !

zzzzzz

Liens :
www.exsonvaldes.net

Archives LaMagicBox :
Chroniques discographie Exsonvaldes :

-
2001 - Son/silence
- 2002 -
Someday If I want to
- 2004 - Time we spent together
- 2009 - Near the edge of something beautiful
- 2013 - Lights
Reportages :
- Exsonvaldes - La Scene - Paris - 2004
- Exsonvaldes - La Cartonnerie de Reims - 5 février 2010
Interview :
- Interview 2003 :
interview lors de leur passage dans l'émission LaMagicBox sur IDFM 98 le 18 novembre 2003.


A lire aussi sur La Magicbox :


Exsonvaldes - Lights
Exsonvaldes - Near the edge of something beautiful
Exsonvaldes - Time we spent together
Exson Valdes + Exnova + Dress for Success
Exsonvaldes - 18/11/2002
Exsonvaldes - Someday If I want to
Exsonvaldes - Son/silence
Mike S.


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THE
PENELOPES


Tatsuhiko Watanabe, guitariste, chanteur et Chigusa Miyata, bassiste, forment depuis plus d'une décennie le groupe The Penelopes. Souvent considéré comme des dinosaures d'un ancien temps par ses compatriotes, Tatsuhiko Watanabe et son groupe maintiennent le cap, coute que coute, et propose chaque année, sans faillir, de nouveaux titres qui viennent s'ajouter à leur discographie déjà bien longue. Leur musique, d'inspiration pop, période 80's, sait aussi utiliser les ingrédients de leur culture japonaise, pour donner naissance à une musique hybride, unique en son genre.
En 2013, le groupe n'echappe par à la regle et sort un CD 7 titres, baptisé Sweet Amazer. L'occasion de leur poser quelques questions sur eux, leur musique, leur pays.

The Penelopes ont donc sorti un nouvel album, Sweet Amazer. Peux-tu nous parler un peu de ces sept nouveaux morceaux ?
Sweet Amazer – C’est une chanson pop très simple qui décrit l’euphorie que l’on ressent quand on tombe amoureux. Contrairement à ce que je fais d’habitude quand j’écris des morceaux, j’ai construit celui-ci sans démo acoustique. Le résultat est le premier jet de mon travail dans un nouvel environnement d’enregistrement (Logic Studio).
Heartache Close – C’est de la pop aux accents Mowtown ; c’est moi qui fait le tour de (la ville de) Takarazuka. J’aime bien Heartache Avenue par The Maisonettes (1982) et ça m’a vraiment inspiré à écrire un morceau dont le titre commençais par le mot « Heartache » (chagrin, peine de cœur). La ville d’où je viens, Takarazuka, a beaucoup d’impasses, de culs-de-sacs, qui me font penser à notre état mental : l’anxiété qui a suivi les accidents à l’usine nucléaire de Fukushima. Au début, il s’agissait d’une chanson au cœur brisé, mais au cours de la composition, elle est sortie de la chaîne de production habituelle et s’est engagée dans l’impasse…
Cloudcastle – Une autre chanson qui n’a pas eu de démo acoustique. Je l’avais mise de côté pendant une longue période, mais soudain, j’ai eu l’idée de cet arrangement à la Beach Boys.
Larkspur – Inspiré des trucs de Burt Bacharach à la fin des années 60. This Guy's In Love par B.J. Thomas demeure, pour moi, un des morceaux pop les plus parfaits. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai l’impression que j’ai entendu ce morceau tout au long de ma vie.
And She Does (Does Me Good) - Talking Heads ont une chanson intitule And She Was... Au début, je voulais l’interpréter comme si Bryan Ferry (mon frère aîné écoutait souvent des disques de Roxy Music quand j’étais ado) chantait Waiting For the Man de the Velvet Underground, mais en fait, ça s’est plus rapproché de mon morceau préféré Rocket From A Bottle de XTC.
The Disappointed (XTC) – J’espère que cette version ne sera pas considérée comme une insulte envers le meilleur morceau de leur album Nonsuch.
Hanyu No Yado (Home Sweet Home) – J’ai choisi cette vieille chanson parce que je voulais mettre un morceau japonais sur l’album et aussi parce qu’en fait, ce n’est pas une chanson japonaise à l’origine. Elle a été composée pour l’opéra Clari, Maid of Milan, une pièce qui parle d’une personne italienne, avec des paroles écrites par un Américain et une musique composée par un Anglais! Tout comme l’intéressant voyage autour du monde effectué par ce morceau et comme ce qui est exprimé par les paroles, je voulais que le morceau soit un mélange de choses différentes : des rythmes et percussions festifs traditionnels japonais mixés avec des synthétiseurs qui symbolisent la technologie, ou encore chanter en japonais sur un fond de flûte chinoise.

 

Cet album représente-t-il une évolution dans votre musique après dix années d’enregistrement?
Pour la composition, l’écriture des paroles et la construction d’un morceau, je pense que j’ai appris graduellement à me concentrer sur ce que je voulais exprimer. Maintenant, je sens que je peux m’exprimer plus facilement qu’il y a dix ans. Pour les arrangements, je dois dire que le développement du matériel d’enregistrement a été faramineux. Il y a vingt ans, quand j’enregistrais le premier album, je n’aurais jamais osé rêver avoir un environnement d’enregistrement comme j’ai maintenant.

Tu es un vrai fan du groupe anglais XTC. Tu as repris The Disappointed. C’est une version différente de l’originale, plus acoustique, correspondant à ton univers. Est-ce que ce morceau a une signification particulière pour toi ?
De tous leurs albums, Nonsuch est le meilleur travail produit par le groupe sous la forme d’un trio. Et The Disappointed en est le meilleur morceau (avec Wrapped In Grey), alors reprendre cette chanson, c’était un peu comme si j’essayais d’atteindre le sommet le plus haut d’une montagne exceptionnellement haute. Je voulais éviter que ça sonne comme une simple copie, je ne voulais pas insulter le meilleur groupe pop des années 80; je voulais plutôt produire un genre de lettre de remerciement, quelque chose qui dirait: « Merci beaucoup d’être venu à mon secours quand j’étais plus jeune ! »

As-tu des projets pour la période 2013-2014 (des concerts au Japon, dans d’autres pays ?). As-tu déjà enregistré ta musique live ?
En ce moment, j’enregistre beaucoup de morceaux pour deux projets : l’un est une collaboration avec des artistes féminines et l’autre est le nouvel album de The Penelopes. Le premier sortira l’année prochaine et l’album de The Penelopes certainement en 2015. En ce qui concerne les concerts, il n’y a pas de projet en ce moment, mais peut-être en 2015. J’ai des mini-disques qui contiennent les versions live de nos morceaux, quelque part dans mes placards. J’aimerais les sortir un jour.

Pourrais-tu nous parler de ce qu’il se passe avec la musique pop au Japon ? Est-ce que The Penelopes sont membres d’un mouvement, d’une scène musicale?
Pour ce qui est de la scène pop grand public, il y a beaucoup de groupes adolescents comme AKB48 et les trucs J-Rock (la pop-rock japonaise type). Et il y a aussi une scène indie-pop dans laquelle il y a pas mal d’artistes et de fans qui font partie de ce petit cercle d’initiés mais malheureusement ils ne m’inspirent pas des masses… Où est la pop vraiment sérieuse, consciencieuse ? La situation semble ne pas avoir changé en dix ans. En ce qui concerne The Penelopes, eh bien nous ne sommes pas vraiment jeunes, nous n’avons pas signé avec une grosse maison de disque, nous ne rentrons dans aucune catégorie marketing… Nous voulons seulement créer notre propre genre de pop, une pop chaleureuse, consciencieuse, ce qui veut dire que seuls les vrais amateurs de musique viennent nous écouter sans crainte. Peut-être sommes-nous considérés comme étant d’étranges fossiles, émergeant des ruines de la bonne vieille école de pop à guitare, qui miraculeusement respirent encore. Bien entendu, je rejette cette étiquette « de vieille école » qu’on me colle, mais je n’y peux pas grand-chose.

Est-ce que les récents incidents écologiques au Japon ont eu une influence sur tes chansons?
Moi, je crois que la situation écologique se dégrade de plus en plus, ici. L’usine nucléaire de Fukushima Daiichi libère encore des substances radioactives et contamine notre sol et bien entendu notre planète. Mais le gouvernement et les bureaucrates essayent de nous leurrer en nous disant que « l’énergie nucléaire est bon marché et sûre » ou que « l’exposition aux substances radioactives de Fukushima n’est que minimale, bien inférieure à celle de Tchernobyl ». Malheureusement une telle propagande marche bien. Le gros problème semble être que la plupart des gens n’ont pas ou ne désirent pas utiliser leurs capacités de réflexion, de libre arbitre. Notre dernier single, Honeymoon Is Over, parlait d’un homme qui connaissait la vérité sur les usines nucléaires et qui avait essayé et échoué de prévenir les autres. Il y a des individus qui travaillent dur et essayent de changer la situation, mais c’est vraiment difficile de faire cela dans un pays dans lequel le contrôle exercé par les bureaucrates et le monde du business est tellement fort…

Plus infos : ici

Traduction : Fabienne T.


A lire aussi sur La Magicbox :


The Penelopes - Sweet Amazer
Penelopes - Inner light
The Penelopes - Janvier 2004 - VF
The Penelopes - Eternal Spring
Mike S.


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ANGIL

Mickael Mottet alias Angil est un artiste qui se ré-invente en permanence, en lançant de nouveaux projets ou en changeant de formule. Retour sur ce côté Work in Progress du songwriter stéphanois

Tu es le roi de la collaboration et du projet musical réalisé à plusieurs. Est-ce parce que tu as longtemps été un musicien solitaire que tu apprécies aujourd'hui d'avoir de la compagnie ?
Je ne l’avais jamais formulé comme ça, parce que ces expériences collectives viennent naturellement ; mais tu as raison, il y a sûrement un lien. Peut-être le syndrome du fils unique ?

Angil and The Hiddentracks s'est acoquiné avec BR OAD WAY pour former The John Venture. Avec Deschannel, cela a donné naissance à Jerri. Le principal apport de ces disques collectifs a-t-il été de t'ouvrir sur d'autres musiques et d'aller sur des terrains sur lesquels que tu ne serais pas allés tout seul ?
Oui. C’est une expédition en forêt, ces groupes : en avançant seul sur ces territoires j’aurais peut-être eu peur de me perdre, alors qu’à plusieurs ça devient une aventure, quelque chose de ludique. Jouer ensemble a inhibé nos angoisses individuelles. Avec le recul (aussi court soit-il), je m’entends utiliser la voix différemment dans chacun de ces groupes, comme si j’essayais un costume différent ; pourtant chaque projet a nourri les autres, en ouvrant son champ des possibles. C’est à la fois des vases communicants et un jeu de rôle inconscient.

Pour The And, la démarche a été un peu différente : c'est bien Angil and the Hiddentracks, sans autre groupe, mais invitant une multitude de chanteurs et chanteuses différentes. C'est encore une autre façon de travailler ?
Nous nous sommes laissés guider par le désir et le plaisir ; ces artistes amis ont tous accepté de chanter sur un même album, alors on en a profité, une bonne fois pour toutes. Je suis du genre à capitaliser le moins possible les idées : on aurait pu égrainer ces apparitions vocales dans différents disques, mais au final elles constituent « l’ADN » de The And.
Cet album, c’est aussi un postulat sur l’enregistrement comme moment festif, jouissif, et comme artefact de la ‘réalité’ du groupe, censée être le live (déjà fluctuant chez nous : on s’amuse à évoluer entre deux concerts). Autrement dit : « puisqu’on se réunit pour figer des moments que nous espérons beaux, autant le faire avec tous les gens que l’on admire, quitte à ne pas pouvoir le ‘reproduire’ à l’identique sur scène. C’est même le moment ou jamais. »

J'ai l'impression que tu aimes travailler sous contrainte : c'était le cas pour le projet The John Venture, ça l'était encore pour ton album Oulipo Saliva s'inspirant d'un défi que Georges Pérec s'était lui même lancé pour son livre "La Disparition" ? Tu trouves que le créateur que tu es a trop de liberté pour que tu décides d'en laisser un peu aux autres ?
L’idée de contrainte est souvent présente, oui, ne serait-ce que par le choix de la langue. Bien que ce soit ma matière de travail quotidienne (en tant que traducteur, prof et musicien), l’anglais n’est pas ma langue maternelle. J’aime et respecte cette langue, et j’essaie de l’utiliser au mieux ; sinon je me sentirais usurpateur. L’anglais n’est pas du tout un prétexte chez moi, c’est de plus en plus un masque linguistique qui me permet de dire ce qui ne sortirait pas en français. Donc je m’efforce de l’écrire et le chanter correctement, ce qui est en soi très contraignant : l’anglais est bourré d’accents toniques.
Par ailleurs, je suis d’accord avec toi, la contrainte est la meilleure manière possible de fuir la crainte de la page blanche.

Et le prochain album ? Encore une nouvelle trouvaille ?
Plutôt une rupture. The And était le « moment ou jamais » du groupe tel qu’il existait à l’époque, comme je disais plus haut. Il y a une formule sur les enregistrements studio que j’aime beaucoup : « assemblés à partir d’éléments d’événements réels, ils composent un événement idéal ». C’est d’Evan Eisenberg, qui en parle en tant qu’illusion du groupe en train de jouer live, mais au fond son expression marche très bien au sens figuré aussi : c’est ce qu’on avait de mieux à proposer avec cette incarnation des Hiddentracks (je dis ça humblement, le curseur de ‘l’idéal’ est subjectif)…
Aujourd’hui, le groupe commence un nouveau cycle. Flavien, qui jouait du clavier et du métallophone, est maintenant à la batterie. On a composé tous les nouveaux morceaux ensemble, et maintenant on les construit progressivement avec le reste des Hiddentracks. Les chansons tiennent déjà vraiment debout, on est très fiers de pouvoir les montrer avant de les enregistrer, ce qui leur donne une vie inverse par rapport au processus habituel, mais plus logique, en fait.

Récemment, vient de sortir Songs we wrote (#1) de Del, un autre de tes projets : les chansons ont été écrites en 2003 pour donc voir le jour discographiquement parlant en 2011. Comment on se replonge dans des titres vieux de 7 ans ? En étant surpris de ce que l'on a fait à l'époque ? En étant forcement déçu ? Ou amusé ? Ou séduit ?
On ne s’est pas réellement replongé dans ces chansons. Le seul élément nouveau est le mastering (excellent) de l’ami Gilles Deles, alias Lunt. On n’a rien retouché dans le contenu de l’époque, on a même dû tailler dans certains arrangements déjà enregistrés mais irrécupérables en l’état. C’est pour cela que le titre de l’album est suivi d’un « #1 » (et c’est sans doute ce qui a dérouté les deux chroniqueurs qui ont eu la dent dure) : on espère, un jour, replonger dans le magnétophone 8 pistes qui contient l’album et trier, rejouer, ajouter des arrangements. C’était quand même très fort, symboliquement, de voir enfin cet album exister. La plupart des retours ont été élogieux (JD Beauvallet, c’est aussi un sacré symbole pour nous), maintenant le disque a sa petite vie chez les ‘ membres bienfaiteurs’ de We are Unique! Records, c’est très bien comme ça. Il n’existe plus seulement pour nous.

Concert Angil


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A lire aussi sur La Magicbox :


Angil and the Hiddentracks - The And
Angil and the Hiddentracks - Oulipo saliva
The John Venture
Angil - Teaser for : matter
Denis Z.


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In the move of ITC
Paris, France, In The Club s'apprête à partir en campagne de séduction, leur premier album, Seduce Destroy, dans leur valise. Un seul point de mire, le monde ! La musique d'In the Club a ce petit quelque chose qui lui confère immédiatement le label tant apprécié de par le monde, de "French Touch" !
Rencontre avec un groupe qui pourrait très rejoindre Air, Justice et Daft Punk, dans le carré tres select des groupes à envergure internationnale....

 

Seduce’n Destroy le titre de ce premier album, c’est une façon d’annoncer la couleur ? ou y a-t-il autre chose derrière ce titre dévastateur ?
On trouvait que ça sonnait bien et que ça colle au visuel ; on a entendu plusieurs interprétations différentes, ça laisse de la place à l'imagination alors on en dira pas plus...!


Daft Punk, Phoenix, Justice, que vous citez en référence ont la particularité de jouer sur les scènes du monde entier. Ce qui est rare encore pour un groupe français. C’est une ambition que vous affichez vous aussi clairement ?

Bien sûr! Comme beaucoup de groupes français qui chantent en anglais, on considère que notre musique ne s'adresse pas uniquement au public hexagonal et on a hâte de jouer à l'étranger...


Jouer au Japon ou à New York devant 10.000 personnes, ça vous fait très envie ou très peur ?
Très envie, forcément plus que de jouer devant 17 personnes à St-Denis en Caux.


Est-ce qu’il vous semble plus facile ou plus difficile de faire vivre un concert avec votre musique plutôt qu’avec du rock plus « classique » ? Comment abordez-vous la scène ? Y a-t-il une mise en scène particulière, ou comme Justice, vous préférer rester cachés derrière vos claviers, platines, samplers dans une pénombre presque totale ?

Ca nous semble assez facile de les faire vivre sur scène, car même s'ils sont structurés comme des chansons, nos morceaux sont dansants, groove, ils donnent envie de taper du pied! Pour l'instant il n'y a pas de mise en scène particulière, on reste un groupe de rock qui se cachent derrière des instruments..


Ce premier album vous a-t-il paru difficile à écrire ? le « processus créatif » est-il long et laborieux, ou les mélodies, les rythmes, les arrangements étaient-ils depuis longtemps dans votre tête attendant patiemment ce moment ?
On a voulu se constituer un répertoire assez important qu'on a ensuite écrémé pour ne garder que le meilleur... L'écriture de l'album n'a pas été particulièrement difficile, la composition des morceaux s'est fait assez naturellement en fait; on a beaucoup répété, on a fait une pré-prod;à quelques exceptions près, 95 % des morceaux étaient déjà écrits en arrivant en studio. Néanmoins le processus de création du disque a été assez long, dans le sens où il y a s'est écoulé un certain laps de temps entre la phase de composition, les sessions d'enregistrements, le mixage, le mastering...


Tore Johansson (Franz Ferdinand, The Cardigans…) et Greg Calbi (MGMT, Interpol…) ont participé à la phase finale de l’album (Mix et mastering).Une façon de donner une étiquette justement internationale à votre travail ou
une évidence pour vous de faire passer vos bandes dans les mains expertes de spécialistes du son avant la commercialisation ?

C'est surtout qu'on a eu l'opportunité et les moyens de le faire avec eux, c'est une chance et on en est conscient... On voulait donner une couleur particulière au disque et on aimait beaucoup le son qu'avait fait Tore Johansson pour Franz Ferdinand, les Cardigans ou encore Tahiti 80.


« She’s a Man » est le premier single extrait de l’album. Qu’a-t-il pour vous de particulier ?
C'est avec ce morceau qu'on a commencé à avoir de la visibilité : il a été publié sur 2 compilations éditées par les Inrocks : d'abord dans sa version originale pour la sélection CQFD, puis sur une compil d'été dans une version remixée, qui a ensuite été utilisée pour une campagne de pub tv... C'était assez logique pour nous qu'il soit le premier single de l'album!

In the Club - Seduce Destroy (Discograph)

Pour en savoir plus : Myspace

Mike S.


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AIN SOPH AUR

Modern Poets
Philippe and Antoine, the two members of French band Ain Soph Aur, can be in turn philosophical, poetic, serious and a touch cynical. They nevertheless always remain intriguing enough for us to try and understand what is happening in these musical heads of theirs. They offer us a glimpse into their world and talk to us about the French music scene and their fight to remain true to their roots and values.

The genesis of the band goes back a long time, there have been several members, several successive incarnations … Could you give us a shortened version of the band’s bio?
Philippe : Well it’s not easy to summarize 25 years of a musical life just like that in a few words ... I started a punk band when I was 16. We were shit, no gear, etc. Then around the age of 18, I started another one, but this time with real musicians, who would go on later and start loads of other bands. That’s when I met Antoine, I joined his band Francis Massacre, while still carrying on with my other band, Requiem… Of course, Requiem split up, people kept nicking all my bandmates! Then by the end of 1990, it was Renaissance, and found the whole «family» again. We played a gig with the Smegs and then by the end of the night, it turned into a big improv session with everyone mixed up! It must have been in 1993 that Ain Soph Aur was born, I already knew who had been our bass player in Requiem. The rest of the band were all mates, but the band split up following a massive row. One year later we reformed as a trio, and Antoine joined in 1999 as a drummer, then guitarist. Because life’s what it is, our guitarist/keyboardist Gilles left, then Giovanni a few months later. We started as a five member band to end up as a duo in the end! All of us were really having a hard time in those days and it was far from being all happy-clappy!
Antoine : As for me, I started when I was 14, at secondary school in Montpellier, it was more New Wave and hip young people. When I arrived in Paris at 17, I met the drummer in Requiem, with whom I started a band that lasted four months and a gig. Then we started again from scratch and started Francis Massacre. We hired Philippe about a year later so I could concentrate on guitars, and because we loved his voice. He wasn’t far, he was a member of Requiem. I also played a lot of drums for the funk/hardcore combo Boombasstick. Then I also played the guitar in other outfits, F.E.W. (kind of experimental power-trio), Renaissance (with Phil and Gilles) which was more of a lyrico-post-punk type of thing, some more aborted experiments, General Dub, a dub-core collective, in which I played the role of guitarist, lighting engineer, driver, chaperone, old punk, etc. (laughs). I embarked onto the Ain Soph Aur ship in 99, first as a drummer and then as a guitarist.

How did you two meet? And how does your collaboration work? What do you think makes things work for you two, and is it that you complement each other somehow?
Philippe : My drummer at the time introduced me to him. I went to get him at the Gare de Lyon [train station in Paris] and it was love at first sight! And sometimes, it’s pure hatred! So we’re real friends, and then we love the same type of music, we have more or less the same taste. Why it’s working? I don’t know… Hope it lasts!
Antoine : It works because that’s what chemistry is! Sometimes symbiosis, sometimes we’re torn apart. That’s music! We have known each other for so long! We’re the last ones of the band to still be playing with each other, we hang onto each other, we went through so much, musically and humanly.

You have been part of the French «alternative scene», playing in different bands, since the 80s. How was it at the time you started (punk and post punk) and how has this French/Parisian «scene» evolved?
P: Well, at the beginning there were no computers, no CDs, demos were on audio tapes, the songs were still more important than the actual quality of the recording. We photocopied our flyers (or if you can call them that), no colour! There was so many drugs and they were causing so much damage… Nobody talked about «goth», it was just «sad punk», post-punk, or even batcave. People were more interested in music and its culture, in going to gigs, in the bands, rather than go and show off your new clothes on the dancefloor. But seen from the inside, too many cliques, scene politics, just perfect for rows to emerge! At the time, in France, «alternative» was a general trend – in music as well – but not a particular type of music, like cold-wave or industrial. And as always, I think we’ve had to pay the price for it: your attitude is “too punk”, your music “not goth enough”, you haven’t got any political message, etc. So actually no, nothing’s changed! What’s changed though is getting your stuff out there, because of the Internet. If you’re a punter nowadays, it’s quite different: more gigs, people mix more easily, there aren’t as many fights… But tickets are more expensive, as well as the drinks! But just do NOT shout your appreciation at the end of a song, if you’re happy because you love the song and the band. Because then, people would stare at you as if you had just gone mad. You get about two or three smiling faces… And then it’s hilarious to see the «bobos» («bobos» in France are «the middle-class liberals») wearing their Pistols or Ramones t-shirts getting their little bit of rough; or the ones that go to the toilets to put on their make up and do their mohicans - that’s when you understand why they had turned up at the venue with a bloody rucksack!
A: We’ve never been part of any Alternative scene. No scene politics for us, only our feelings! There have been good things, less good things, but generally, «alternative» has swallowed everything up! We’re always too this for some, not enough that for others… I’m laughing about it today, and this difference, this is what makes me proud, but bloody hell, it’s hard. I have to pay tribute to all the people who’ve crossed our path all these years, the ones whose passion and energy have founded labels and fanzines, launched radio shows, managed venues … today, you have the networks on the web, etc. And it hasn’t changed, it’s always been fuelled by passion and energy, never money. If there were more money in our little world, there would be even more crap music and bitchiness. We would just need enough funds for the artistes and activists to be able to function without sacrificing everything for eventually end up with nothing. Remain independent, and therefore to remain free? Indeed, but that means being on your own and pretty much skint. It’s a question of ethics, of philosophy and lifestyle.


Could you describe your world in 2009? Is the French alternative scene anything near healthy? Do you think there is something special that defines this French scene compared to the ones in the UK, Germany, the US, Scandinavia, who are often mixing together? The French scene seems to have remained in its own little corner.
Antoine : Healthy? But there ISN’T any French scene, because it’s still difficult to gather up all the different regions that are trying to survive each in their own little corner. Of course there are some talented people who remain involved… And contrary to Philippe, I do think there are still some good bands, but they manage to get drowned in the shapeless miasma of the «French rock» scene. If you use the expression in a generic sense, the «French scene» is lonely, crippled by what some people refer to as its elitism and arrogance.

French bands ? mainstream or not ? are not good exports. The only ones I’ve seen around our way are Treponem Pal, Undercover Sluts – not sure the latter are a very good reference [don’t really like them either, says Philippe]. Oh, and Punish Yourself who I think have played here once or twice. Even bands whose lyrics are in English do not cross the Channel, and I do not think they would travel to Germany either. What’s happening? Inferiority complex? Or superiority complex? Lack of contacts or chronic lack of ambition?
Philippe : For us, for sure, lack of contacts. Far from me to be thinking we’re superior! And inferiority complex, no way! We have very good relations with the US and GB, and Spain and Italy. Now, it’s true that you need to go and look for them. But more and more French bands are getting booked for festivals in Belgium and Germany!
Antoine : The English have always considered that French rock was shit. It must be their age old imperialism that finds itself applied to their music! They’ve invented everything, you understand… So we can just go and fuck off! (laughs) But thankfully there are some good bands! Les Thugs remain an exception, their luck was to have been spotted by a US label (Sub Pop), it does help to get exported! Then they sung in English, which helps as well. Undercover Sluts play in the US a lot but they have something quite commercial and not very original. Otherwise, I know a few who do cross the borders, but they fall victim to the usual pattern: no logistical means, very difficult technical conditions, and then eventually, very very little money left for the band and the staff. But hey, «Travel broadens the mind», as they say, and therefore it’s good for you, and you have to survive, whatever!

The myth of the struggling musician is still valid. Is it still so difficult to be able to produce non mainstream music that is not formatted for the charts?
Philippe : We never formatted our music for the charts! Now, is our music interesting? Of course it is! Does it interest other people? I don’t have the answer to this one …
Antoine : Would I be doing what I’m doing if I were a bloated, rich musician without any principles?

What are your visual and literary influences?
Philippe : I haven’t got that many, actually, at least not for what I do with Ain Soph Aur. I avoid listening to music or reading when I write … But I do love the (19th century poets) «poètes maudits», of course. And I’m interested and intrigued by (Japanese writer) Mishima, Dali’s paintings, the gothic period, the 13th century, Roman churches … The French landscape, but most importantly the landscape of my life …
Antoine : Everything is an influence. All the things that I’ve tasted these past 40 years … The list is as eclectic as it is long (laughs). From Romanticism to the industrial era, from the philosophies of Antiquity to contemporary atheism. From melancholy to anger …

Your lyrics are quite poetic. Is there a hierarchy between the lyrics and the music?
Philippe : I don’t think so, I would like the lyrics to be completely indissociable part of the music, and I so would like people to understand them! I would love to do some spoken word - we do this on some of the tracks… or I wish people could read them as part of a published collection.
Antoine : If you are talking about songwriting, there are no rules, but it often starts as an improvisation/jam session, and then we build around it, or not!

Your lyrics are quite dark and reveal some wounds and a volatile sensitivity. Is music a kind of therapy for you?
Philippe : For sure, as far as I am concerned, it is … but it doesn’t always work … Repeating over and over again the same pain and suffering, all the stories that haven’t really healed properly … it doesn’t really help me to forget! I must be some kind of sado-masochist (laughs). But sometimes, it comes as a relief. It’s happened that I’ve been unable to sing some tracks while in rehearsal, I was so into the story, living through it again, it was unbearable, and it really didn’t bring me any kind of relief.
Antoine : Yes, it is the same for me. Sometimes, when we play our songs, it really hurts me, especially when we reach a certain level of chemistry between my notes and Philippe’s lyrics, they merge together and reach a very deep meaning, because they are a reflection of our lives and we spend so much time together! (smiles)

Your music carries quite a lot of references to occultism. Are you practicing?
Philippe : I love the occult, I’ve been practicing, I’ve been involved. I still do practice, but on my own, now. I try not to refer to it all the time, I use my knowledge to help myself, to enlighten things. To elevate the soul.
Antoine : Ae Panti Nam

What are you trying to pass to/provoke in your audience?
P: No particular message, only emotion and sincerity, at least I’m trying, I hope it shows in the venue when we play, that you can feel it. I’d love the audience to find themselves in our music and to express an emotion they have themselves felt one day.
Antoine : People are free to stop for a while or not, but when they stop to spend some time with us, I feel a little less lonely. Otherwise, it’s the audience who pass me … some drinks!


I think you know the members of Killing Joke, don’t you? Have you been to their reunion gigs and if you did what’s your impression?
Philippe : I’ll try and be short! They’re great, even their staff are nice. When we met them, it was really good, of course it depends on the circumstances … We’ve had end of evening intimate chats with Jaz, quick hugs, in-depth discussions about projects that never materialise, staying backstage together until the early hours of the morning … They are real people, full of humanity. I will never forget the day when I met Jaz and became a friend of his. But it would be too long to tell!
Antoine : Jaz Coleman comforted me in what I didn’t want to admit: that we were born in the wrong country to be doing what we’re doing. I am a bit sad because I haven’t seen them for more than two years now. Jaz’s shamanism and Geordie’s phlegm have really had a big impact on their music, but also in my heart. I think I would have loved to have met Ferguson, Atkins and Youth. Let’s spare a thought for (late KJ bassist) Raven, by the way.

How do you see the new bands who are emerging now, if there are any? Would there be one you’d recommend?
Philippe : When They recommend us then I’ll talk about them!! Ah ah ah ! I personally like Sandie Trash, it’s original and they’re really cool, otherwise … They just all do copy and paste from other bands for most of them, I don’t really find that very original, it’s often some kind of Sub-something else, hoping that the kids in the audience don’t really know The Chaméléons, Prunes, Joy or The Cure (laughs). But the more they mimic someone else, the more the audience love them! That’s bloody ridiculous.
Antoine : Yes, but, there are still some good ones… Go and have a look at our My Space page! (laughs)

You have recently played some gigs in which you’ve been doing cover versions. How do you choose the tracks you’re covering at those gigs?
Philippe : We choose the ones Antoine can actually play! Otherwise, we would have done some more! (laugh). I really like to do the opposite of what people expect, so we do blues, folk, flamenco and put a little bit of «dark» varnish on it, I find that very interesting and I’ve been wanting to do this for quite a while. It’s true that we don’t choose any old song. It can be because of the singer or the band, because of the beauty of the song, or of a precise memory attached to that song, it’s a good opportunity to do something really enjoyable, to play the harmonica … Actually the songs are not all sad!
Antoine : The older you get, the closer you get to the camp fire kind of stuff… (laughs). I think our age has lead us towards new ways of doing things. I had never done that before, play so many covers in one go! Acoustic music is still something quite new for me, I’ve learned music on my own, often with the sound at full volume, the punk way! Even though I have always appreciated a few folk artists… I got my first folk guitar last year, and it’s already broken! It’s been tough for her as well!

You seem to be mixing with an artistic scene that welcomes musicians, writers, directors … Is the cross pollination of media very important for you?
Philippe : Yes, I love artists ... On stage, we have at some point mixed music and sculpture, painting, video and performance. We still stay somewhere within a certain «rock» culture, these people are passionate, eccentric, even a bit mad! These people have a real human way of doing things, they are really involved.
Antoine : Same for me. I like surprises and emotions, I like finding some new waves, some new gestures, new feelings, putting stuff together and letting things happen. We are linked to people who are like us, who remain alive until Death comes…

Could you talk about your collaboration with (director) Franck Stella? Are you working on a film?
Philippe : Actually this has been cancelled. We had started shooting but for reasons outside our control, the shooting has been postponed. It’s actually a video… We’d like something quite cold, with beautiful images, something that illustrates the meaning of the song but we don’t want something like hip music videos… It’s not easy but all the ideas are here!

So, what does the future hold for Ain Soph Aur then? A new album, some new projects?
Philippe : Yes, a new album out on the Manic Depression label. It should be called Des Pierres Blanches, there is also the video/short film, some new gigs, loads of new tracks, maybe an extra member, a new life …
Antoine : Pas mieux! (rires)

More Info:
http://ainsophaur.free.fr
Myspace.com/ainsophaurmusic

Interview : FabienneT

Version française

Fabienne T.


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AIN SOPH AUR

des poètes modernes
Tour à tour philosophes, poétiques, sérieux, un brin cyniques mais toujours intrigants, Philippe et Antoine, membres du groupe français Ain Soph Aur, nous offrent un portrait vrai et touchant de deux hommes touchés par la passion musicale prêts à lutter pour conserver leurs valeurs et leurs idéaux…

L’histoire du groupe remonte à loin, implique pas mal de gens et de groupes… Pouvez-vous nous faire une bio accélérée de l’histoire du groupe/des deux membres et de leur histoire de musiciens?
Philippe : Et bien ... C'est dur de résumer 25 ans de vie musicale en quelques mots ! J'ai commencé à faire un groupe à 16 ans, c'était « punk ». On était nuls ! Pas de matos, etc. ... Puis ensuite, vers 18 ans, un autre, là, plein de « zikos » qui allaient par la suite monter d'autres groupes. C'est là que j'ai rencontré Antoine, parallèlement je l'ai rejoint dans Francis Massacre, tout en continuant mon autre groupe Requiem qui a splitté : normal ! On venait me piquer tous mes musiciens ! Puis fin 90 Renaissance, et j'ai retrouvé toute la « famille », alors concert en commun avec les Smegs et là, nous avons joué une totale impro avec nos deux groupes mélangés à la fin du concert ! Ça devait être en 1993; nous nous connaissions déjà très bien avant, car Giovanni était mon ancien bassiste dans Requiem, c'est comme ça qu'Ain Soph Aur est né. Le reste de la troupe était tous des potes, puis le groupe c'est séparé suite à une grosse engueulade, pour recommencer un an plus tard sous la forme d'un trio. Ensuite, Antoine a intégré Ain Soph Aur en 99 comme batteur, puis guitariste. La vie faisant, Gilles notre guitariste claviériste est parti, ainsi que Giovanni, alors bassiste, quelques mois plus tard. Nous avons donc commencé à cinq pour finir à deux ! Il faut dire que c'était vraiment dur pour nous tous à ce moment là, et ça ne respirait pas la joie de vivre.
Antoine : De mon côté j’ai commencé vers 14 ans, au lycée à Montpellier, plutôt new-wave et jeunes gens modernes. Quand je suis arrivé en région parisienne, vers 17 ans, j’ai rencontré le batteur de Requiem, avec qui j’ai monté un premier combo pendant quatre mois et un concert. Puis, repartant de zéro, nous avons tous les deux fondé Francis Massacre. On a embauché Philippe un an après pour me permettre de mieux bosser les guitares, et parce qu’on aimait sa voix et sa présence. Et il était pas loin, il était dans Requiem. J’ai aussi beaucoup joué de la batterie dans Boombasstick, groupe plutôt à cheval entre le funk et le hardcore. Puis d’autres groupes encore comme guitariste, F.E.W. (plutôt power-trio expérimental), Renaissance (avec Phil et Gilles) dans un registre lyrico-post-punk, diverses expériences plus ou moins avortées, le collectif General Dub à tendance dub-core, où j’étais guitariste, éclairagiste, chauffeur, chaperon, vieux punk, etc. (rires). J’ai embarqué sur la nef Ain Soph Aur en 99, batteur d’abord, puis j’ai ressorti la guitare et je me suis mis à la MAO plus sérieusement.

Comment vous êtes-vous rencontrés (Phil et Antoine) et comment se passe votre collaboration? Pourquoi pensez-vous que ça marche entre vous deux? Y a-t-il une complémentarité d’hommes/de musiciens?
Philippe : C'est mon batteur à l'époque qui me l'a présenté, je me souviens aller le chercher à la gare de Lyon, puis ce fut l'amour! Et puis presque la haine des fois ! (rires) Donc déjà premièrement de vrais amis, et puis beaucoup de goûts communs musicalement, et pourquoi ça marche, j'en sais rien ! Pourvu que ça dure !
Antoine : Ça marche parce que c’est comme ça, l’alchimie, la symbiose, parfois la déchirure… La musique, quoi. On se connaît maintenant depuis si longtemps. On est les deux derniers de notre bande à jouer ensemble, on s’accroche l’un à l’autre, on a traversé tellement d’épreuves musicales et aussi humaines… On est tous les deux sur la même feuille morte qui vole au gré des tempêtes et des acalmies.

Vous avez, sous différentes incarnations, fait partie de la scène alternative depuis les années 80 (voir première question). Comment était-ce à cette époque (punk et post punk) de vos débuts et comment cette scène française (Parisienne? Nationale?) a-t-elle évoluée au fil du temps?
Philippe : Et bien déjà,pas d'ordinateur, pas de CD, que des maquettes sur bande audio, les chansons prévalaient encore des fois sur la qualité de l'enregistrement, c'était des tracts à la photocopieuse et pas des « flyers » en couleur, la came circulait et allait continuer ses ravages, on parlait pas de goth , c'était punk triste, post-punk,voire batcave, il me semble que les gens s'intéressaient plus à la culture musicale, aux concerts ,même des petits groupes, plutôt que d'aller exposer ses nouvelles fringues sur le dance-floor. Mais sinon, vu de l'intérieur, pas super bien quand même, beaucoup trop de clans, et de relations et de monopoles, trop de politique et c'est parfait pour les clivages! Je te passe justement le coté « toi t'es pas alternatif »... En France à l'époque, alternatif c'est un « mouvement », une musique aussi mais pas un courant musical cold-wave ou indus, et c'est toujours pareil je pense qu' on en fait les frais quelque fois, on paie les pots cassés, trop « punk » dans l'attitude, pas assez « goth » dans la musique, et pas de message politique, etc. Donc, non, rien n'a vraiment changé ! Sauf pour la diffusion et l'information avec Internet. Maintenant, en tant que spectateur, c'est différent, plus de concerts, plus de mélanges, moins de bastons. Mais les places sont beaucoup plus chères ! Et les consos aussi ! Et puis selon le public, ne gueule surtout pas fort à la fin des morceaux si tu es content et que tu apprécie le groupe, parce que là on te regarde comme une bête curieuse ! À part deux-trois visages qui sourient,et puis c'est assez drôle de voir des bobos avec un tee-shirt des Pistols ou des Ramones s'encanailler, ou d'autres aller se métamorphoser dans les chiottes, ressortant soudainement avec du maquillage et une crête ! ( Là, tu comprends pourquoi ce foutu sac a dos !)
Antoine : On n’a jamais fait partie de la scène « alternative » : pas de politique chez nous, rien que nos émotions. Il y a eu des bons trucs, des moins bons, mais globalement, l’alterno a bouffé le gâteau : quid des batcaves, gothiques, after-punk, trash, indus etc.? Nada ! Et nous toujours trop ceci pour les uns, ou pas assez cela pour les autres ! (rires) J’en rigole aujourd’hui, cette différence, c’est ma fierté, mais putain c’est dur ! Et je dois saluer tous les gens qu’on a croisé au fil des ans, qui avec leurs envies et leur énergies ont créé des labels, des fanzines, des studios, des radios, des salles, puis aujourd’hui des réseaux web. Et ça n’a pas changé, c’est toujours l’envie et l’énergie qui sont moteurs, pas le blé. Si il y avait vraiment plus de blé dans l’univers où nous évoluons, il y aurait encore plus de daube et de mauvais esprit. Il en faudrait juste assez pour permettre aux artistes et aux activistes de perdurer suffisamment sans tout sacrifier avec rien à l’arrivée ! Rester autonomes donc libres ? Oui ! Mais ça veut dire seuls et fauchés. C’est aussi une question d’éthique, de philosophie, de choix de vie.

Peignez-nous un portrait de l’univers dans lequel vous évoluez dans en 2008/9: la scène alternative Française est-elle saine? Y a-t-il une spécificité française comparée à l’axe GB/US/Allemagne/Scandinavie à travers lequel il y a des échanges constants? Les Français projettent une figure un peu solitaire…
Antoine : Saine ? Mais il n’y a pas de scène française, puisqu’il est toujours difficile de rassembler les régions qui essayent déjà de survivre de leur côté. Des gens doués, concernés, oui, bien sur, il y en a. Et je trouve, à la différence de Philippe, qu’il y a toujours de très bons groupes, mais noyés dans la masse informe du « rock » français. En admettant le terme comme générique, la scène française est solitaire, plombée par son avant-gardisme pour certains et sa suffisance pour les autres.

Les groupes français ne s’exportent pas, mainstream ou non. Les seuls que j’ai vus à Londres sont Treponem Pal (il y a trois semaines!) et Undercover Slut (et je ne suis pas sûre que ce soit un cadeau).[P: J'aime pas trop le dernier non plus ! lol] J’ai oublié Punish Yourself qui je crois ont joué en GB une ou deux fois. Même les groupes qui chantent exclusivement en anglais ne traversent pas la Manche, et je ne pense pas qu’ils aillent non plus en Allemagne, la mecque de la musique alternative de tous les genres… Que se passe-t-il? Complexe d’infériorité ? De supériorité? Manque de contacts? Manque chronique d’ambition?
Philippe : Pour nous, manque de contacts, je pense ! Infériorité, certainement pas. Supériorité, loin de moi cette pensée ! Et puis nous avons d'excellentes relations et échanges avec les USA, et l'Angleterre, la preuve ! L’Espagne et l'Italie aussi. Maintenant, c'est vrai qu'il faut parfois allez les chercher. Mais tu vois de plus en plus de groupe français sur les festivals en Allemagne et Belgique.
Antoine : Les Anglais ont toujours considéré que, comme le dit un copain, le rock français, c’était comme le vin anglais, de la merde ! (rires)
Ça doit être leur vieux complexe impérial qui s’est appliqué aussi à la musique. Tu comprends, ils ont tout inventé, alors on peut bien rester dehors à crever ! (rires)
Heureusement, il y a quand même de bonnes personnes… Les Thugs restent la seule exception, mais leur chance a été de se faire repérer par Sub Pop, label US, ça aide pour l’exportation. Et puis ils chantaient en anglais, ça aide aussi. Les Undercover Sluts tournent pas mal aux States, mais ils ont un truc plus commercial et pas très novateur. Sinon, j’en connais qui passent les frontières, mais c’est le schéma habituel : peu de moyens logistiques, conditions techniques difficiles, et peu de blé au final pour les artistes et leur staff. Mais bon, les voyages forment la jeunesse, donc le caractère, et il en faut pour survivre là-dedans.

Le mythe du musicien qui en bave reste toujours d’actualité: est-ce toujours aussi/plus difficile de faire de la musique intéressante qui n’est pas manufacturée pour les charts?
Philippe : Non, on ne l'a jamais calibrée pour les charts ! Donc… Maintenant notre musique est-elle intéressante ? Certainement ! Intéresse-t-elle les autres, ça ...?
Antoine : Est-ce que je ferais ce que je fais si j’étais repu, friqué et donc sans aucun scrupule ?

Quelles sont vos influences, visuelles, littéraires, etc.?
Philippe : Pas tellement en fait, pas vraiment pour ce que je fais avec Ain Soph Aur, j'évite même d'écouter de la musique ou de lire ou relire quand j'écris pour ne pas être influencé, sinon j'aime beaucoup les poètes maudits bien sûr ! Et Mishima m'a beaucoup intéressé et perturbé. Visuellement, la peinture de Dali , la période gothique, le 13eme siècle, les églises romanes également, en fait les paysages de nos contrées, mais c'est le paysage de ma vie qui m'influence en fait.
Antoine : Tout est influence. Au-delà de tout ce à quoi j’ai goûté artistiquement depuis ces 40 dernières années, et la liste est aussi éclectique que longue (rires) ! Du romantisme à l’industriel, de l’Antiquité philosophe à l’athéisme contemporain, de la mélancolie à la colère…

Vos paroles sont plutôt poétiques: y a-t-il une hiérarchie d’importance entre les paroles et la musique?
Philippe : Je ne pense pas, je voudrais presque des fois quelles soient indissociables de la musique, et je voudrais tellement qu'on les comprenne ! Pourtant j'aimerais pouvoir réciter mes textes, ou qu'on puisse les lire dans un recueil, mais en fait je crois que ça correspond exactement à ce que nous faisons sur certains morceaux d'Ain Soph Aur.
Antoine : Si tu parles de composition, il n’y a pas de règles, mais c’est souvent sur une impro que tout démarre. Puis, on construit ou pas ! (rires)

La noirceur de vos paroles révèlent des blessures et une sensibilité à fleur de peau, et dirais-je plus profonde que cela, parfois jusqu’ à l’os … La musique est-elle un défouloir, une forme de thérapie?
Philippe : Oui c'est certain pour moi, mais ça marche pas toujours, te re-balancer à chaque répétition, à chaque concert les mêmes souffrances ou histoires mal cicatrisées, ça n'aide pas vraiment pour oublier! Je dois être maso! (rires) Mais des fois, ça soulage ... Il m'est arrivé de ne pas pouvoir chanter certaines fois en répète certains morceaux tellement j'étais dans le moment, dans l'actualité du morceau, c'était insupportable, et ça ne me soulageait pas vraiment.
Antoine : Oui, c’est pareil pour moi. Nos chansons quand on les joue me foutent parfois la gueule en l’air, quand arrive l’alchimie entre mes ondes musicales et les textes de Philippe, qui ont des incidences réciproques et communes assez profondes, puisqu’elles sont le reflet de nos vies, et qu’on passe beaucoup de temps ensemble ! (sourire)

J’ai trouvé de nombreuses références à l’occulte. Quelle est votre expérience dans ce domaine?
Philippe : J'aime l'occulte, j'ai fréquenté, cotoyé. Je pratique encore mais en « solitaire », j'essaie de ne plus y faire référence systématiquement, je distille mes « connaissances » quelquefois pour aider ou éclairer ... Il faut élever notre âme.
Antoine : Ae Panti Nam

Qu’essayez vous de faire passer chez votre public?
Philippe : En tout cas aucun message particulier, juste l'émotion et la sincérité passent je pense, mais je ne sais même pas si j'essaie, j'espère que c'est « palpable » à chaque fois dans la salle, je voudrais juste qu'ils s'y retrouvent en espérant exprimer ce qu'ils ont certainement ressenti un jour.
Antoine : Je ne fais que passer, je crache. Libre à ceux qui passent de s’arrêter un moment ou pas. Mais quand ils s’arrêtent avec nous, je me sens un peu moins seul.
Sinon, c’est plutôt le public qui me fait passer… des verres ! (rires)

Killing Joke sont des connaissances, je crois… Êtes-vous allés aux derniers concerts de réunion et qu’en avez-vous pensé? Vous les avez rencontrés je crois, comment se sont passées ces rencontres?
Philippe : Je ferai court ! Super à part leur sondier ! Même leur staff est sympathique ! Et pour ce qui est des rencontres, toujours bien, après, tout dépend des circonstances, de la fin de soirée en tête à tête avec Jaz, à l'accolade et aux bisous en vitesse, aux discussions sur des projets qui n'aboutissent pas, aux squats dans les loges jusqu'à pas d'heure ... Des personnes à part entière, humaines. En tout cas, je n'oublierais jamais le jour ou j'ai sympathisé avec Jaz; mais là ... ce serait trop long à raconter !
Antoine : Jaz Coleman m’a confirmé ce que je ne voulais pas admettre : on n’est pas nés dans le bon pays pour faire ce qu’on fait… Je suis un peu triste parce que je ne les ai pas vus depuis deux ans. Le chamanisme de Jaz et le flegme de Geordie font pour beaucoup dans leur musique, mais aussi dans mon cœur. J’aurais beaucoup aimé je pense rencontrer Ferguson, Atkins et Youth. Une pensée pour Raven (bassiste de Killing Joke et Ministry entre autres, décédé en Octobre 2007) au passage…

Comment voyez-vous les nouveaux groupes qui émergent autour de vous en ce moment (s’il y en a!)? En avez-vous à nous recommander?
Philippe : Quand ils nous recommanderons je parlerais d'eux ! ah ah ah ! Moi j'aime bien Sandie Trash, c'est original et ils sont top, sinon franchement… Du copier-coller pour la majeure partie d'entre eux, je ne trouve pas ça original, c'est souvent du « sous ceci » ou du « sous cela », avec l'espérance que les mecs dans le public ne connaissent pas trop les Chaméléons , Prunes, Joy ou Cure ! (rires) et en plus, plus c'est singé, plus le public aime ! Je trouve ça ridicule.
Antoine : Oui oui, il y en a quand même, passez voir notre page My Space ! (rires)

Vous avez récemment joué des concerts de covers: parlez-nous en un peu, comment choisissez-vous les morceaux et la manière dont vous les jouez?
Philippe : En fait, c'est ceux qu'Antoine arrive à jouer! Sinon on aurait fait d'autres reprises! (rires) J'aime bien prendre à contre-pied les personnes, alors faire du blues, du folk, du flamenco, etc. de façon un peu « dark » , je trouvais ça intéressant et j'en avais vraiment envie depuis longtemps. Il est vrai qu’elles restent ciblées, parfois. Mais c'est souvent le choix du groupe ou du chanteur, de la « beauté » de la chanson, ou d'un souvenir qui décide, c'est aussi l'occase de se faire un petit plaisir, puis de jouer de l'harmonica, et puis elles ne sont pas toutes tristes d'ailleurs !
Antoine : Plus on vieillit, plus on se rapproche du feu de camp. (rires)
Je pense que l’âge nous y a naturellement amené vers des chemins nouveaux, comme d’autres amis autour de nous. Je n’avais jamais fait ça avant, de jouer autant de reprises en une seule fois ! Et l’acoustique est encore un domaine neuf pour moi, j’ai appris tout seul, souvent avec les amplis à fond, punk, quoi ! Même si j’ai toujours apprécié certains artistes folks! J’ai eu ma première gratte folk il y a un an seulement, et elle est déjà cassée. Ça été dur pour elle aussi ! (rires)

Vous semblez être très liés à une certaine scène artistique mêlant musiciens, écrivains, metteurs en scène… Le pluri disciplinaire, c’est important pour vous?
Philippe : Oui, j'aime les artistes ... et nous avons déjà mélangé sur scène à une époque sculpture, peinture, vidéo et happening. Ça reste quand même très « rock culture », ce sont souvent des passionnés, un peu originaux, voire déjantés ! Avec une approche « humaine » et une réelle implication.
Antoine : Pareil ! Et j’aime les surprises et les émotions, trouver de nouvelles ondes, de nouveaux gestes, de nouveaux sentiments, assembler des trucs avec d’autres et laisser s’ouvrir les portes. On est lié aux gens comme nous, vivants, en attendant la mort.

Parlez-nous de votre collaboration avec Franck Stella… Vous travaillez sur un film? Pouvez-vous nous en parler?
Philippe : C'est pas compliqué, c'est annulé avec lui ! En fait nous avons déjà commencé les premiers « shoot » mais pour des raisons indépendantes de notre volonté, le tournage est reporté. Ceci dit, nous voudrions quelque chose de froid, avec une beauté dans l'image, et qui illustre le sens de la chanson (puisque c'est un clip en fait) mais nous ne voudrions pas que ça fasse clip de groupe à la mode, alors c'est pas évident ! Mais les idées sont toutes là.

Le futur d’Ainsophaur: nouvel album? D’autres projets?
Philippe : Oui , bientôt sur Manic Depression. Il devrait s'appeler Des Pierres Blanches, il y a donc le clip/court-métrage, j'espère de nouveaux concerts, plein de nouveaux morceaux en préparation, peut-être un nouveau membre, une nouvelle vie…
Antoine : Pas mieux ! (rires)

Plus d’info :
http://ainsophaur.free.fr
Myspace.com/ainsophaurmusic

Interview : FabienneT

English version

Fabienne T.


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JNEB
SA VIE
SANS ROSE

On le dit plutot artiste que musicien, tant ce touche à tout tente de brouiller les pistes, effacer les frontieres de la culture, pas sérieux un seul instant. JNEB, apres avoir réalisé un moyen métrage, écrit un roman, repasse à la musique à la fin de l'année 2008. Ex-membre du groupe Guerka, Jneb oeuvre en solo aujourd'hui, avec Tout n'est pas rose, un album concept, qui raconte les déboires amoureux d'un homme infidèle.
Rencontre avec Pierre Houssain, alias JNEB, histoire d'en savoir un peu plus sur ce drôle d'individu !

 

Tout n’est pas Rose m’a fait te découvrir ! Je ne suis peut-être pas le seul… Alors, peut-être pourrais-tu nous faire un résumé des épisodes précédents ? JNEB en quelques lignes, c’est qui, c’est quoi ?
Alors JNEB c'est moi ou tout du moins le pseudo sous lequel je me cache afin de perpétrer mes crimes créatifs. J'ai créé un groupe en 1994 qui a tenu jusqu'en 2002 après avoir sorti un album en autoprod. Puis pour diverses raisons j'ai décidé de mener mes projets seul. J'ai alors sorti l’année dernière un projet multimédia qui consistait à relater une fiction sur trois supports à savoir un film, un roman et une BO musicale, chaque support étant complémentaires des autres tout en pouvant rester indépendant… Un projet que j'ai mis 4 ans à boucler. J’ai écrit le roman ; composé la BO, travaillé avec 12 musiciens avant et pendant l’enregistrement en studio ; écrit, réalisé, tourné et monté la vidéo ; fait des films d’animation en 2D… Puis à peine un an après la finalisation de ce projet (qui prône le port du préservatif et qui est en téléchargement libre en trois langues sur mon sit www.jneb.fr) j'ai sorti "Tout n'est pas Rose", un projet disons plus simple et de moins longue haleine !

Tout n’est pas Rose est un album concept. Peux-tu nous parler de ce drole de Road Movie musical où l’on croise une multitude d’invités ?
Road movie musical est le terme adéquat en effet! L'idée était de proposer un album qui décline une fiction de bout en bout du CD. C'est l'histoire de Pierre, un homme attiré plus que de raison par la gente féminine, que sa petite amie Rose quitte, lassée de cet état de fait. Pierre tombe alors dans l'héroïne et pour décrocher (de la drogue dure et de son héroïne amoureuse), il entreprend un voyage, périple au cours duquel il va rencontrer autant de femmes que de pays foulés. Tout ce qu'il va vivre n'est pas rose et toutes les filles qu'il va croiser ne sont pas Rose, d'où le titre de l'album. Il est à noter que chaque titre peut s'apprécier indépendamment des autres et raconte une histoire de manière intrinsèque.

Cette vie sans Rose part d’une expérience personnelle ?
Oui et non, il y a des choses empruntées à ma réalité personnelle (qui n'a pas souffert d'une rupture amoureuse?) mais la fiction reste somme toute ce qui domine.

Tous ces musiciens invités sont des amis ?
La plupart oui. Je connais depuis plus de 10 ans les membres de Marcel, de la Ruda. Marchmaninov est un talentueux garçon que j'ai rencontré il y a maintenant 5 ans par le biais d'un de mes meilleurs amis. Sinon j'ai fait la connaissance de certains lors de ce projet car j'avais envie de travailler avec ces personnes, je les ai donc sollicitées tout simplement... je pense à Cécile des Sûpremes Dindes ou encore à Max et Djay de Skip the use... En résumé ceux qui n'étaient pas mes amis avant le sont devenus..

L’album n’a pas un style bien défini. Pas envie de t’enfermer ?
Tout à fait, en tous cas pour JNEB. Pour "Tout n'est pas Rose", le fait que le héros voyage m'a fortement guidé dans la composition ! En effet il fallait autant que faire se peut mettre en adéquation narration/style musical/lieu géographique où se déroule l'histoire... D'où cette hétéroclité indéniable... et puis je suis féru de musique en général, tous les styles m'animent même si bien évidemment certains m'émeuvent plus que d'autres!
Sinon, avec des amis on a monté le JNEB BAND ... Formation minimaliste : prog électro, guitare/chant, guitare, trombone et trompette. Morceaux courts, énergiques, chantés en Français. On ne reprend aucun des morceaux des deux albums déjà réalisés par JNEB. Là je "m'enferme" un peu plus car pour la scène je veux de l'énergie pure du début à la fin du set donc une certaine unité stylistique se dégage dirons-nous...

Un esprit de fête tout de même, un peu de Ska domine tout de même l’ensemble. Tu penses avoir été marqué par quelques groupes dans le passé pour en arriver à Tout n’est pas Rose ?
Oui sûrement... mais si je peux me permettre je ne trouve pas que ce soit ska... tout au moins dans l'appréciation technique du terme. En effet seul un titre comprend des grattes à contre temps.. Je pense que c'est la présence des cuivres qui te font penser au côté festif. Mais pour répondre à ta question, oui plein de groupes m'ont influencé, sans doute la Mano Negra, Grimskunk, Zabriskie Point et puis dans le cadre ska-festif La Ruda, Les Caméléons, Mad Caddies, Voodoo Glow Skulls pour ne citer que les plus connus...

L’album sort avec le concours de Skolopard Prod. Une raison particuliere, le hasard ?
Je suis un crétin comme eux (rires)!! Eh bien non on partage les mêmes goûts musicaux quoique les miens soient meilleurs que les leurs (rires)! Allez pour être sérieux, j'écoute les prods des Skalos depuis leur création, c'est un label composé de passionnés qui ne font pas ça pour l'argent et comme qui se ressemble s'assemble, c'est donc le label que j'ai contacté en priorité.

Un nouvel album est deja annoncé en enregistrement en avril. Quelques éléments à nous dévoiler dessus ? Un titre ? De nouveaux invités, des skalopards peut-etre ?
Oui avec JNEB BAND. L'enregistrement débute en avril mais je ne sais pas quand il verra le jour... ce sera un douze/ quatorze titres (à voir) et j'ai invité des chanteurs de groupes que j'affectionne tout particulièrement mais je ne vais pas casser la surprise!! Il y aura sans doute une reprise des Bérus et des Charlots.... Eh ouais!! Rires
C'est le talentueux Chester qui s'occupera de la pochette, quant au titre je cherche je cherche!!!

2008 - Tout n'est pas Rose (Skalopard Prod / Mosaic)

Plus d'infos : www.jneb.fr


A lire aussi sur La Magicbox :


Mascarade - J'aime pas Mascarade
Mike S.


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DAISYBOX
IN A BOX
20 Bands in a Box... Dont Daisybox, que l'on suit, ici, dans la Magic Box et sur les ondes, depuis le début, depuis le premier Daisy. Et aujourd'hui, en 2009, le groupe continue sa route, Polyester, leur denier album, en poche. Rencontre avec un groupe qui en a vu passer depuis 10 ans, mais qui répond toujours présent !

 

Vous êtes toujours en tournée ? En dehors de la France aussi ? Comment cela se passe-t-il ?
Pour l'instant, nous travaillons sur le clip de Dentelle, le deuxième simple tiré de l'album. La tournée a commencé à l'automne, et devrait reprendre au printemps 2009, jusqu'à l'été. C'est très grisant de retrouver la scène et de pouvoir s'essayer aux nouveaux morceaux en live.


Le dernier album est sorti sur un plus petit label. Cela a-t-il changé quelque chose ou pouvez vous vous passer d'un major aujourd'hui ?
Non, ça n'a pas vraiment changé quoi que ce soit, car en fait nous avons toujours été sur un petit label (les deux premiers albums sont sortis chez Lez'Art Music). Donc artistiquement nous avons toujours eu la même liberté. Et ce qui compte, ce n'est pas tellement les moyens mais plutôt la motivation des personnes qui travaillent l'album.


Vous êtes redevenus trio. Cela va-t-il en rester là ?
Tout comme il n'est sans doute pas facile d'effacer du jour au lendemain 10 ans d'une relation de couple, il n'a pas été facile de faire abstraction de ces années passées à quatre, à tourner, à enregistrer, à cohabiter, à affronter les succès et des échecs ensemble. Donc lorsque notre guitariste Léonard a décidé de quitter le groupe, il a fallu faire un choix, arrêter ou rebondir. Mais pour nous, ces morceaux méritaient d'exister, donc nous avons malgré tout décidé de poursuivre, du coup seulement à trois; car reprendre un membre à part entière n'était pas facile à envisager. Cependant sur scène, Mathias (le nouveau guitariste) nous accompagne et il a amené énormément au groupe. C'est un excellent musicien, frais, beau et fougueux...


Le fanclub est-il toujours aussi actif ?
Oui, heureusement que les "fans" sont là. C'est sans doute cliché de dire cela (ceci dit, il y a toujours un fond de vérité dans les clichés, non ?), mais nous devons énormément à toutes ces personnes qui nous soutiennent.


Vous offrez un titre à la compil de Noel. Le dessert. Il peut faire penser à un repas de Noël avec des bagarres d'enfants autour du dessert et des jouets… Ca tombe bien pour la compil, mais à l'origine, cette chanson vous a été inspirée par quoi ? Je crois savoir que vous avez commencé par le Dessert dans l'écriture de Polyester…
En fait c'est peut-être la chanson la plus auto-biographique de Daisybox. L'histoire de quelqu'un qui se fait toujours avoir parcequ'il n'ose pas dire non...


Quelle est votre actualité pour 2009 ? Déjà un nouvel album en projet ?
Nous ne savons pas encore avec quoi nous allons faire rimer le neuf de 2009...

A lire aussi :
Daisybox - Polyester (2009)
Daisybox - Organic(2002)
Daisyirable DAISYBOX - Interview (2002)
Daisy Box / Also Starring - Reportage Concert - Paris - La Maroquinerie - 12/12/02

 

Mike S.


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APPLE JELLY
French Touch
ou FrogRock ?

Apple Jelly revient avec un nouvel album, au titre énigmatique, Na Na Na Club. De quoi nous interroger sur le parcours étonnant d'un groupe hors du commun. Les rois de l'electro, la French Touch comme on dit, n'a qu'à bien se tenir ! Apple Jelly est dans la place et faire tourner les boules à facettes !

Considérez vous qu’Apple Jelly appartienne à une scène, un mouvement particulier en France ?
BEnn. : je ne sais pas, c'est difficile à dire. On ne fait pas parti de la scène rock actuelle au sens strict, bien que nos lives possèdent une énergie résolument rock. Comme on nous pose souvent la question du style ou de la scène à laquelle on appartient, avec Viktor on a opté pour le "Frogrock" qui vient de la contraction de froggies (les frenchies en anglais) et de rock. En effet, à l'instar du Krautrock, (rock choucroute) nous pratiquons une musique à consonance anglo-saxonne mais avec une véritable spécificité française.


Nanana Club, le titre de votre nouvel album fait référence à quoi ?
BEnn. : Avant l'écriture de l'album, nous nous sommes rendus en Argentine, à Santa Rosa. Nous avons rencontré une jeune réfugiée roumaine qui nous a présenté à son "protecteur" Antonio Na Huevo. Grâce à lui, après quelques jours, il nous a introduit auprès des membres du Na Na Na Club de Santa Rosa. C'est une sorte de confrérie composée de gens de tout âge, toutes religions, toutes nationalités qui ont en commun leur intérêt pour la culture et l' éducation. Bien que d'apparence bordélique, l'ensemble est bien hiérarchisé et les discussions très constructives. Comme la culture et l'éducation sont pour nous des valeurs importantes qui garantissent la liberté et l'indépendance de l'individu, nous avons décidé de faire connaître ce club en nommant notre album "Na Na Na Club".


Quelle importance ou quel rôle donnez vous aux mots dans vos compositions ?

BEnn. : Pour nous, la musique est plus importante que les mots car plus universelle. Il n'empêche que nous ne négligeons pas pour autant les textes, car bien que nous ne revendiquons rien, nous aimons faire part aux auditeurs de nos idées. Pour "Na Na Na Club", comme pour "Home" notre précédent album, nous proposons notre critique de la société de consommation en utilisant tout le bestiaire des séries Z comme les zombies par exemple qui symbolisent le consommateur.
ViKtor : Le chant est considéré comme un instrument dans la musique. Il a la place d'une guitare lead dans le rock. BEnn. est notre Jimmy Page à nous (rire)

Zombie Zombie est assez proche de vous esthétiquement, thématiquement, un peu aussi musicalement, … Un hasard ?
BEnn. : oui, complètement car nous ne les connaissons pas. Par contre, nous nous sommes rués sur leur album lorsqu'il est sorti car effectivement, ce que nous pouvions en lire dans la presse ressemblait beaucoup à ce que nous faisons. Pour ne rien gâcher, leur album est vraiment très bon, alors c'est plutôt une fierté que de se retrouver souvent comparés à eux.

La couv’ du nouvel album est assez délire, presque du Pink Floyd… La part de l’esthétique a de l’importance dans votre musique ?
BEnn. : primordiale d'un point de vue artistique. Je dis ça car d'un point de vue marketing nous sommes plutôt des chèvres dans le domaine. J'admire le travail qu'a pu faire So Me pour Ed Banger ou à l'époque Peter Saville pour la Factory. Nous sommes encore loin de ces artistes qui équilibrent parfaitement la communication et l'artistique, mais nous y travaillons.


Le cinéma prend aussi une grand part dans votre travail. Une envie particulière d’illustrer votre musique ou l’inverse ?
BEnn. : notre grand rêve serait d'écrire la B.O. d'un film. Pour le moment, nous composons en fonction des images. Pour "Na Na Na Club", nous nous sommes gavés de films de genre et nous n'avons fait qu'interpréter les images. Pour "Home", les références étaient extraites des films de science fiction des années 70. C'est pour cela que nos chansons sont très différentes. Nous construisons nos albums comme l'on constitue sa DVDthèque, c'est à dire thématique mais variée.
ViKtor : Mais il faut dire aussi que les B.O. nous inspire peu. On préfère se les créer dans notre tête grâce aux images.

Vous êtes sollicités pour faire justement de la musique de film ? ou autre ?
BEnn. : nous avons prêté quelques morceaux pour des courts métrages, mais pour le moment, nous n'avons pas encore reçu de vraies propositions du côté du cinéma, et c'est bien dommage.

A quoi va ressembler la tournée Nanana Club ? Un jeu de scène particulier ? des décors ?
BEnn. : en live, les morceaux sont plus physiques. Nous aimons quand les concerts sentent le vestiaire. Notre approche est très hippie dans le sens où nous voyons les concerts comme des performances et des moments de communion entre le public et la scène. D'ailleurs, nous essayons toujours de casser cette frontière.
ViKtor : Sur scène, nous avons des personnages très marqués. C'est un besoin pour s'exprimer et pour que la lecture du live soit cohérente avec nos idées. Mais nous n'avons pas de mise en scène en particulier. Chaque "bonhomme" vit et c'est ce qui crée le mouvement tout le long du match (rire).

PS : BEnn., tu as oublié de dire un truc non ?
BEnn. : ah oui, merci j'allais oublier. Surtout : " FOUTEZ-MOI LE BORDEL !!!"

Apple Jelly - Na na na Club - 2008 (MVS/Anticraft)
Apple Jelly - Home - 2003 (Un Dimanche)

Plus d'infos : www.apple-jelly.com

 

Mike S.


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NEW
POPULAR

F.M.
Découverte avec A dream or Two et sa drole de pop acoustique, F.M. pourrait bien devenir la révélation de l'année pour nombre de magazines et programmes radios en France, et peut-etre meme au delà des frontieres. Si ses compositions ne manquent pas d'originalité et de cachet, c'est dans ses reprises que F.M. surprend le plus, prenant totalement à contrepied les versions originales, les retravaillant, totalement, pour se les approprier. Rencontre avec un orphevres de la pop dans son atelier parisien.

FM c’est François Maurin, c’est ça ? FM est il un projet 100% solo ?
Oui c'est ca. Solitude à 100% garantie.

Quelle formation musicale pour aboutir a ce Dream or Two ?
J'ai appris seul le piano et la guitare. Home studiste de la première heure , je me suis passionné pour les synthés et l'enregistrement . Arrivé à la fac, je me suis lancé dans des études de musicologie.

A dream or two, le titre de l’album a été choisi comment ?
C'est le titre d'une des chansons. Cet album c'est mon grand reve à moi mais c'est aussi nécessairement un produit commercial. Je trouvais drole d'en parler comme ca, comme d'une chose à vendre parmis tant d'autre. Un reve ou deux, peu importe quoi...en fait bien sur ca dépend du point de vue

New Popular Music me rappelle le New Stereophonic Sound Spectacular de Hoover… As-tu l’impression d’avoir apporté quelque chose de neuf à la Pop francaise ? à la pop en général ?
Ca évoque chez moi le "New Power Generation" de Prince dont je suis fan.Une sorte de sous-titre mégalo complètement idiot.
Du coup je trouvais rigolo aujourd'hui l'idée du dandy sorti d'un autre temps et qui revendique un renouveau musical, et populaire par dessus le marché (pour un dandy ca la fout mal)
Mais derrière la blague, il y a forcément un questionnement un peu plus sérieux sur l'idée même du nouveau en pop.
Pour répondre directement à ta question, je pense que c'est l' écriture particulière que j'ai développée pour cette formation qui est inédite.
Il y a donc quelque chose de neuf mais pas dans le sens de révolutionnaire, dans le sens de différent, de "frais".
Le but du jeu dans la pop music que j'aime, c'est de rester dans le domaine du commun, du familier, de l'évident, tout en recherchant l'exclusivité d'un propos inédit. Pas forcément simple...

F.M. est-il aujourd’hui exporté hors des frontieres francaises (ou francophones) ?
Ca commence mais très doucement. La difficulté c'est que la France n'est pas habituée à l'exportation de sa musique...alors c'est pas facile. Mais Il faut que ca se fasse absolument.

Comment avez-vous choisi ces titres repris à Cure, Stranglers ou Blondie ?
J'ai choisi ces trois reprises parmis beaucoup d'autres en fait. Question de variété de rythme, de tonalité ou de style d'écriture. Celles là apportaient une diversité à l'album que d'autres peut etre plus intéressantes en soit n'auraient pas pu apporter. J'ai pensé cohérence globale du disque avant tout.

Est-ce plus difficile à interpréter quand ils n’ont pas été écrit pour etre acoustique ?
Non pas du tout car la sonorité n'affecte pas beaucoup la composition dans ces chansons ci. C'est pas de la techno quoi. De toutes facons, le but dans mes reprises n'est pas de restituer l'original mais de l'éclairer autrement, d'apporter un point de vue. Je change les harmonies, je déplace des éléments, j'enlève des paroles... C'est de la recomposition quelquepart. On fait ce qu'on veut pour faire passer ce qu'on veut de la chanson, j'adore.

Envisages-tu d’autres orchestrations à l’avenir ? un grand orchestre peut-etre ?
L'idée de cette formation Cor, Trio à cordes et Guitare/Voix était juste un cadre pour le premier album. Ca donnait une couleur et ca permettait un jeu.
Mais j'ai mille idées d'orchestration diverses, de mixage et d'univers différents qu'il me tarde de réaliser...
On m'a fait la proposition de travailler sur un orchestre, mais ca n'a pas forcément beaucoup plus de sens pour moi...je ne sais pas trop encore...on verra...

 

Un nouvel album est il déjà en projet ? D’autres reprises pourraient etre envisagées ?
Je songe sérieusement au prochain album effectivement mais je ne sais absolument pas si il y aura des reprises dessus.

 

Discographie :
F.M. - A dream or Two (lire aussi)


Mike S.


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STEREOTYPICAL
WORKING
CLASS

De retour aux affaires (la classe) deux ans apres leur dernier album, Sans Repères, les SWC nous livrent un album acoustique !!! Surprenant apres avoir entendu la fureur de leur concert... en compagnie des autres de la scene métal française tels que AqME, Lofo, Mass Hysteria ou Enhancer...
Mais pour autant, le groupe pense ne pas être arrivé là par hasard... C'était" ...Une volonté de mettre sur disque ce que nous avions déja fait en concert et en show case "...
Rencontre avec les Ster(Heros)typical Working Class...

Ce nouvel album est enregistré en acoustique ! Une volonté d’élargir votre public ou votre gamme ?
Une volonté de mettre sur disque ce que nous avions déja fait en concert et en show case, donc plutôt de montrer une autre facette du groupe qui pour nous semble dans la continuité du reste....

Vous avez voulu aussi voir (entendre) comment donnaient vos morceaux en version acoustique ?
On en avait une petite idée par les quelques showcase que nous avions donnés mais c'est vrai qu'en studio on se rend mieux compte du rendu et on as bien aimé enregister en acoustique ca demande d'autre exigneces qu'en électrique

Dans quelles conditions avez vous enregistré cet album ?
Sur Lyon et sur Valence avec Fabien Salzi qui est aussi notre manager donc l'ambiance était bien détendu comme on se connait bien

N’est-ce pas plus difficile de s’entendre chanter en Français, quand on le fait en acoustique (j’avoue, j’ai beaucoup de mal sur Silence par exemple…)
C'est vrai que ca accentue certain côtés "mélo" par rapport à l'électrique... Mais après... on n'a pas de problême avec ça ! On assume !

Formés en 1999, bientôt 10 ans ! Quels remarques pouvez vous faire sur la scene Rock et Métal en France depuis vos débuts ?
L'impression que ca donne c'est que la vague metal bien présente en 2000 s'est bien calmé et qu'actuellement on tend plus vers le "rock à mêche"... Aprés niveau concert, ça devient de plus en plus difficile... Je pense que les groupes tournaient plus facilement il y a 10 ans maintenant les salles genre MJC qui dépendent principalement des subventions culturelles des villes ont de moins en moins de budget et les "petites" salles entre 100 et 200 personnes ont de plus en mal à exister et du coup les groupes en pâtissent aussi directement !

A quoi vont ressembler vos concerts en 2008 ? En première partie de Vincent Delerm ? ;-)
Non trop Heavy plutôt Frederic Francois ça c'est "in" ! ;-)
En fait on va faire des concerts acoustiques et des concerts électriques car on reste un groupe électrique à la base !

Apres avoir enregistré cet album acoustique, vous pensez pouvoir retourner dans votre style, comme si de rien n’était ? ou vous allez garder à l’esprit ce coté épuré pour enregistrer un nouvel album ? Ou au contraire, utiliser un grand orchestre à corde, comme l’ont fait nombre de groupes ces dernières années, avec plus ou moins de réussite
En fait on a continué de composer en électrique en paralléle et de bosser notre set. Notre prochain album electrique est quasiment prêt ! Et donc la suite sera du SWC bien Rock n'Roll !

Quels sont les disques ou les groupes qui vous impressionnent en ce moment ?
Jimmy eat World "Chase this Light" même si c'est pas leur meilleur album, c'est un super groupe
Foo Fighter "Echoes patience and grace"
Et aussi Oceansize, Tool, Franky Vincent, Camille

Plus d'infos : www.stereotypicalworkingclass.com

Mike S.


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BABY BABY
BABYSHAMBLES

Shotter's Nation, un nouvel album, pour le collectif emmené par l'ex libertines, Pete Doherty. 12 "brand new" titres produit par Stephen Street. Le guitare a changé de mains, mais le son des Babyshambles reste ! Rencontre avec quatre anglais tres en vogue...

BABYSHAMBLES

Peter Doherty – Voix et guitare

Mick Whitnell – Guitares

Drew McConnell – Basse

Adam Ficek – Batterie

LE TRAVAIL AVEC STEPHEN STREET

Pete Doherty : Travailler avec Stephen Street, ça a bien marché, je pense. On s’est rencontrés peu de temps avant le début de l’enregistrement, je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : “ On compte sur toi pour nous faire un album parce qu’on a un sacré nombre de chansons mais on n’est pas surs d’être capables de les enregistrer et de les sortir correctement et dans les temps“. Alors il m’a regardé dans les yeux et m’a dit “On peut le faire, mais il y a quelques règles de base à respecter“. La première semaine on était maladroits, un peu d’hésitation et beaucoup de bordel, ça a mal commencé, et puis les règles de base ont été posées et le tout est allé mieux après.

Adam Ficek : C’était super. Il est tellement réservé, un mec normal quoi. C’était rafraîchissant de travailler avec quelqu’un comme ça. Et il a de très bonnes idées. Il n’y a pas de superflu ou de conneries chez lui. Il est du genre “On va faire ça là, on va finir ici et je veux que tu fasses ça“. J’ai pensé que ça ne marcherait pas à cause de la nature un peu rebelle de certains d’entre nous, et en effet il y a eu des problèmes. On est rentré dans le mur plusieurs fois, mais finalement on l’a fait. Je crois qu’on a tous beaucoup appris de notre collaboration avec Steve, on a appris que si tu travailles avec quelqu’un en lui faisant confiance, voici le résultat et il parle de lui-même, je pense.

Mick Whitnell : Je ne pense pas que qui que ce soit d’autre aurait pu enregistrer cet album. Pete était dans le studio plus que toutes les fois auparavant, à ce que je sache. Pete et Steve sont totalement opposés dans leurs personnalités, mais ils se sont très bien entendus. Avec moi aussi -je pense — c’est un vrai casse couilles, mais il sait ce qu’il fait, ça c’est certain.

L’ALBUM

Pete Doherty : J’allais dire qu’il sonne super bien, mais je ne sais pas si c’est assez. Les voix sont beaucoup plus claires, beaucoup plus directes. Je n’ai pas envie de dire des choses qui pourraient casser d’autres albums que j’ai faits. Je ne sais pas si c’est moi et mes particularités, mais j’ai toujours eu l’impression de ne pas être capable de faire un album, de me poser et l’écouter, l’apprécier, juste comme ça. Mais cette fois si, je crois que c’est ce qu’on a fait, tu sais, juste un super album, fait pour être écouté et apprécié, et je l’écoute et je l’apprécie.

Drew McConnell : Le son du groupe à change, ou disons, évolué vers une progression naturelle, les rôles se sont donc échangés. L’élément classique de l’écriture des chansons est venu de Mick, tandis que les cotés sauvages sont venus de Peter.

LES TITRES SUR LE NET

Drew McConnell Comment je me sens par rapport au fait qu’on a mis nos propres chansons sur le net? N’est-ce pas ce qu'on est censés faire? Tu enregistres une chanson, une démo, une nouvelle chanson et t’en est fier et tu te dis que ce sont les entrailles de quelque chose de vraiment bien. Si ce n’était pas pour les gens, les gosses en ligne-- gosses, je veux dire, les gens, quel que soit leur âge, sur le net-- qui m’envoient des messages, me posent des questions sur la progression des accords, m’interrogeant sur les paroles… Ça nous rappelle, ça me rappelle, que les gens nous conçoivent toujours comme un groupe avec une pertinence musicale, et pas juste comme, genre, un numéro de cirque.

Adam Ficek : Je crois que c’est bien de faire ça. Parce que quand les gens viennent voir le groupe, ils connaissent pas mal de chansons. On était en tournée deux semaine à peine après avoir mis les titres en ligne. C’est surprenant combien de personnes connaissaient les chansons, seulement après deux semaines. On a fait au moins cinq ou six de ces titres en tournée et au lieu d’avoir des visages vides d’expression qui nous regardent, les gens connaissaient les chansons.

Drew McConnell : Les gens écoutent la version rough d’un concert ou un enregistrement dégueu fait dans la cave de Mick. La version de Stephen Street, ça va être un enregistrement différent, une âme différente. Ça va être la même chanson, mais je ne crois pas que le fait de l’avoir déjà entendue va empêcher les gens d’acheter l’album.

PETE

Mick Whitnell : Bon, je ne sais pas si Pete vous en a parlé, mais il y a eu un moment, il y a environ un an, quand on était un peu en déclin et ça faisait un moment que je n’étais plus dans le groupe, je lui ai dit - je ne sais pas s’il voudrait que je vous dise ça – bref je lui ai dit “Si tu continues a ce rythme-là, tu vas être mort, mec” et j’ai ajouté “pourquoi on n'arrête pas ces conneries et on se remet à faire ce pour quoi on a été mis sur terre, faire de bons morceaux?” Parce que je ne voulais pas qu’on ne se souvienne de Pete qu’en tant que mec de Kate Moss ou qu’en tant que Andrew Ridgely du punk où je ne sais pas quoi d’autre. Je veux juste qu’on se souvienne de lui comme d’un musicien brillant. Je ne crois pas qu’il a encore fait tout ce dont il est capable. Tout le monde est là à parler des Libertines, mais il a vingt-huit ans et c’est un excellent musicien alors je lui ai dit de se reprendre en main.

LES BABYSHAMBLES

Adam Ficek : La plus grosse différence est que le guitariste à changé. Mick a pris la place de Patrick. Mick traînait toujours dans le coin avec les groupes, il était technicien avec Pat. Il y a eu une discorde, Peter et Pat ne s’entendaient plus alors ils ont décidé d’arrêter.
Je crois que c’était ça le changement principal, ça a vraiment influé sur la musique parce que Mick est un guitariste beaucoup plus reggae et est beaucoup plus influencé par des sons sixties. Dans sa prestation, tu peux entendre une approche vraiment différente de ce que Pat aurait fait. Je crois aussi que d’avoir une stabilité avec notre management nous a permis d’être signés et de sortir ce disque et maintenant vous avez affaire à un groupe plus organisé, enfin, légèrement plus organisé qu’il ne l’était avant.

Drew McConnell : Quand je parle à des amis de la famille ou d’amis, des gens qui n’ont jamais entendu parler de nous, et qu’ils me demandent ce que je fais dans la vie, je réponds : “Je suis dans un groupe, Babyshambles.” “Ah , vraiment, c’est comment?” “Bah, c’est un peu comme les Sex Pistols qui joueraient des chansons des Beatles”. On est un groupe punk mais avec une approche du genre qui est plus traditionnellement British dans l’écriture des chansons.

PAR RAPPORT A « DOWN IN ALBION »

Pete Doherty : Le truc avec Down in Albion est que je pense que ça commence très bien et après il se transforme en quelque chose de totalement différent, parce qu’il a été enregistre à plein de moments différents avec des gens qui venaient et partaient. Pour Down in Albion tout partait dans toutes les directions et mes mains étaient dans un sale état et ma voix explosée. Pendant six mois, je ne pouvais même plus parler pour enfin tenter d’enregistrer quelques prises de voix décentes. Mais cette fois j’ai réellement pu chanter et on s’est maîtrisé tous ensemble…

www.babyshambles.net/

TRACK LIST - Shotter's Nation - 2007
01. Carry On Up The Morning
02. Delivery
03. You Talk
04. Unbilotitled
05. Side of the Road
06. Crumb Begging
07. Unstookietitled
08. French Dog Blues
09. There She Goes
10. Baddies Boogie
11. Deft Left Hand
12. The Lost art Of Murder
Mike S.


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(Le Bonhomme)
de chemin des
Googgooblown

- Un nom mystérieux, enfantin aux entournures, mais qui cache une musique subtile et élaborée, dans un registre qui n'en demande pas tant habituellement. En effet les GGBLB offrent un Rock dense et tendu, porté par les aigües de 2 violons et les basses d'un violoncelle et nous content leurs histoires surréalistes. Tels des menestrels du XXIème Siècle !

Nous connaissons vos enregistrements depuis des années. Voici enfin le CD et la signature sur une major. En quelques mots, que s'est passé pour que cela prenne autant de temps ?
On a commencé à enregistrer l'album en autoprod' avec Ivan Herceg et lorsque nous l'avons terminé au bout de plus d'un an (parce qu'on faisait ça surtout pendant les vacances scolaires), on a assez rapidement signé un contrat d'artiste avec Trema qui nous a permi de retourner en studio avec Ian Caple (Tindersticks, Tricky, Bashung...). Trema a été racheté par Universal
puis on s'est baladé chez Barclay pour enfin terminer chez AZ. A chaque fois c'est un peu comme si tu repartais de zéro alors que l'album est prêt depuis un moment...

Vous vous êtes battus pour garder ce Nom dans son intégralité. Pourquoi ?
On ne nous a embetté qu'une semaine chez AZ, chez Trema même pas... et on ne peut pas dire qu'on se soit particulièrement battu. Le groupe existait depuis plus de dix ans sous ce nom, c'était son identité ; on a donc gardé GOO GOO BLOWN (le bonhomme).

Les titres se sont traduit en partie en francais ? Une concession ?
C'est arrivé avant l'enregistrement. Je pense que ça a toujours été l'objectif du groupe à un moment ou à un autre, de pouvoir utiliser les deux langues. Car attention on n'a pas renié l'anglais. Mais par crainte peut-être de faire des textes en français de mauvaise qualité, on s'est longtemps caché dans les sonorités de la culture anglo-saxonne. Aujourd'hui on assume (sourire)

Goo Goo Blown devient une activité à plein temps pour les membres du groupe ?
Je crois qu'il est de plus en plus difficile pour un artiste de vivre de sa musique. Alors à sept, tu peux imaginer. Pourtant dans le même temps effectivement cela prend un temps fou. Surtout lorsque comme moi, tu n'aimes pas trop délégué. Ou disons plutôt
que si tu veux que les choses avances, tu dois les faire toi-même.

Vous êtes combien dans le groupe en réalité ?
Nous sommes sept. 2 guitares, basse, batterie, 2 violons, 1 violoncelle. ça a toujours été plus ou moins le cas depuis ces cinq dernières années sauf pour l'enregistrement où nous n'étions que six, en transition de guitariste. Mathias est arrivé dans la foulée.

A quand le site internet ?
On a eu pas mal de problème, là dessus aussi (sourire), mais au moment où je te parle le www.googooblown.com est sur le point d'être terminé donc...

 

Expliquez Devilish FantaZiäh le titre de l'album ?
C'est en fait le titre original de la chanson "Fantaisie démoncale" qui depuis est donc passée au français. L'idée est de toujours rester un peu mystérieux dans l'univers de ggb, de jouer sur les contraires. Un peu comme le mot "Goo" qui décrit une matière visqueuse. Ce qui est amusant, et on l'a découvert après coup, c'est que par extension cela signifie "mielleux", "à l'eau de rose" et dans le même temps "sperme" soit en gros les extrêmes. Et j'aime cette idée du tout et son contraire.
L'idée du masque, du jeu des apparences...

Subaquachaotik warriors, quel est le thème de cette chanson ?
C'est l'idée d'une machine de guerre totalement dévoué à une entité inconnu appelé iL. Une armée sous marine, qui avance comme un bulldozer et détruit tout sur son passage de manière systématique et effrayante, au point qu'elle traumatise l'un de ses propres soldats qui est le narateur de cette chanson. Qui raconte ce qu'il fait et au combien il ne le supporte pas.
Mais il n'a pas le choix...

Qui a conçu le livret de l'album ?
Une partie de l'équipe de No Brain qui font pas mal de clip, avec de l'animation ils ont notamment bossé sur un superbe clip d'Emilie Simon, "Flowers".Ca n'a pas forcément été évident pour eux car nous avions des idées très précises, surtout de ce que nous ne voulions pas mais le résultat est vraiment très chouette. On les en remercie d'ailleurs.

Ian Caple, le producteur, une opportunité, une suggestion ? il a travaillé avec Tricky, JJ72, Alain Bashung, Tindersticks. Vous vous sentiez proche de l'une de ses productions ?
En fait Trema nous a dit: avec qui voulez vous enregistrer ?
C'est une question que nous ne nous étions jamais posée... Alors on a fait le tour de nos préférés, et puis Mathias, parce qu'on
é tait déjà ami avec lui, a évoqué Ian pour son travail sur le "Fantaisie Militaire" de Bashung. Et en regardant de plus près
on s'est rendu compte qu'il était un peu partout dans nos discothèques qu'il savait faire aussi bien des guitares abrasives, que des cordes et une sensibilité proche de la notre.
On ne s'est pas trompé, cet homme est une crème et nous avons vraiment aimé travailler avec lui, j'espère que l'expérience se renouvellera.

Que s'est passé depuis la sortie de l'album ? La tournée semble tarder là encore ?
C'est assez compliqué en fait, tous ces retards de sortie nous ont pas mal découragé. Les projets parallèles se sont multiplés
afin de ne pas perdre l'énergie créative de chacun. Michel et Eric ont créé Revok un groupe de post-hardcore avec
d'anciens membres de Gameness; Michel et Ombeline ont Zeta Reticulli, un groupe de funk psyché ainsi que les Fragments de la Nuit, ensemble néo-classique à partir duquel ils réalisent des musiques de film et documentaire ;
Mathias a aussi ses projets Melocotone et dernièrement Corde Sensible... On est finalement très seul et les choses arrivent très progressivement...
D'autant plus que le rock indé en major n'est pas vraiment une priorité par rapport à une chanteuse de variété...

Quels sont les projets pour l'année 2007 ? (enregistrement, festival, collaborations, émission télé, clips ?)
On est jamais à l'abri de surprises (sourire)...

Devilish FantaZiäh
- 1er album - (Lez'Art Music/AZ)
Plus d'infos et d'écoute :
- Chronique de l'album
-
Myspace.com/googooblown
- www.googooblown.com

 

Mike S.


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Voici deux ans que LOFOFORA nous a proposé son dernier album baptisé "Les choses qui nous dérangent". Une tournée et une pause de 8 mois plus tard, les porte-étendards du Metal francais sortent de leur retraite le temps d'un concert (à la Cité de Rennes, le 9 février 2007, sur invitation express des Tagada Jones).
Une heure de concert, en forme de Best of pendant lequel le groupe reprend petit à petit ses marques, et montre combien il va falloir compter une fois encore avec eux à partir de la renrée de septembre 2007, date à laquelle Reuno nous annonce le successeur au précédent missile lofoforien.
Nous vous proposons d'écouter une interview brut de décoffrage, à l'image d'un groupe qui n'a jamais laissé s'arrondir les angles...

Téléchargez l'interview en MP3

Téléchargez l'intégrale de l'émission

Mike S.


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SUBSONIC
Sombres Héros

ROCK SOUS INFLUENCES MYTHIQUES
Subsonic forge son rock depuis quelques années sur les planches de Bretagne et d'ailleurs. En 2006, le groupe y défend son nouvel album, dont il est particulierement fier. "Dark City", ce second album du groupe additionnent des influences cinématographiques et musicales tres "noires".
L'avenir du Rock en France passera-t-il par Subsonic ? C'est bien possible !
Rencontre avec Subsonic...

> > Dark City : une référence au Film du meme nom ?
Exactement, nous voulions que l'album "Dark city" soit aussi glauque que le climat qui ressort du film : "Une ville sombre, des murs sales, des âmes seules.

> > Quelles sont vos sources d'inspiration pour vos textes ?
La rupture sociale, les utopies politiques que l'on nous vend.

> > Pensez-vous qu'il y ait dans le rock français, un avant et un après Noir Désir ?
Noirdez restera toujours l'icone du rock français mais depuis que Cantat a mangé son chapeau ,chacun veut sa part du gateau.

> > Une reprise de Gainsbourg ! Pourquoi Gainsbourg (et non les Stooges, Noir Dez ou même Offspring) ?
Gainsbourg est un artiste incontournable, ses melodies , ses textes nous ont marqués.
Nous avons eut envie de relever le défi, c'est une sorte d' hommage que l'autoprod rend a la celebrité.
Reprendre du Noirdez, ça n'aurait eu aucun interet,sauf si nous avions été d'un univers musical different.
Et puis, il y a déjà la compile des remix qui est excellente. Pour les Stooges ,et Offspring, ça n'aurait pas été coherant avec l'album.

> > Et pourquoi Requiem pour un con ? Une BO de film. C'est une chose qui vous tente ? Le texte de "Requiem pour un con" collait parfaitement avec l'univers de "Dark city".
Par ailleurs, Subsonic a deja figuré sur la B.O. du film de Pascale Breton, "Illumination" au coté de Miossec.
Et les "Black hills" sont sur la Bande Son du reportage de Marc Simmonet, "Les Huaoranis, peuple de la foret), une Production MC4,France 5 et Planete.

> > Une Video en ligne dite « Video Paris Premiere ». Qu'est ce donc ? C'est Hot ! On dirait un concert de Punish Yourself ;-)
Pour Paris-derniere, c'est simple comme un coup de fil : "Bonjour, je suis la secretaire de Béatrice Ardisson, votre version de "Requiem pour un con" passera dans l'emission) .
La surprise que l'on a eu de voir que les images collaient sur la musique, comme des collants sur les jambes des filles.
Que du bonheur ,(gainsbarre a du bien se marrer de la haut).

> > Et vos concerts justement ? Ca ressemble à quoi ?
Vous êtes originaire de Rennes. Une ville plus ouverte que les autres au Rock et à la musique en général ?

Tous les concerts de Subsonic sont joués comme si c'etait le dernier , on prend tous les risques et c'est tres exitant.
Va sur le site www.subsonic-music.com, ça te donnera un aperçu du groupe en live !
Quant à Rennes, y a toujours eu cette image de ville branchée, mais le rock n'est plus en odeur de sainteté, les DJ's sont dans les bars et la guitare en accoustique...

Subsonic – Dark City
Style : Rock
Label : Rebel Music/Musea

www.subsonic-music.com

Mike S.


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Born to be
WILDERNESS

Baltimore, patrie de John Waters et… désormais de Wilderness, 4 américains qui font du (post ?) (post ?) punk, totalement habités par leur musique. Oubliée la musique passablement formaté d'Interpol ! Wilderness nous propose de vivre une expérience unique, un trip prolongé et en partie improvisé. Interview franchement ésotérique du quatuor avant un concert parisien.

Ma première question est au sujet de Baltimore. Etes-vous chanceux de venir de là, loin de l'agitation New-Yorkaise et de la lutte qui doit exister entre tant de groupes ?
James (Chant) Oui il y avait de place pour être nous-même.
Brian (Guitare) Nous nous sommes mis ensemble en 1995, il y a peut-être une petite différence d'incarnation par rapport à ce que nous sommes désormais. Nous avons continué à rester amis en faisant de la musique ensemble. Nous avons commencé le groupe vraiment en 2001 en travaillé sur le corps des chansons. Et, nous n'avons pas arrêté depuis. Nous avons fait le premier album au moment où nous sommes allés dans un bon studio et nous avions mis en chantier nos titres les plus pertinents et les plus récents. Ce qui donne les 10 ou 12 chansons de notre premier album.

Le nom du groupe est wilderness. (NDLR : WILDERNESS : partie inculte-laissé à l'état sauvage. ) Quelle est l'idée derrière ?
James : Tu vois ce que Wilderness veut dire… je vais te dire pourquoi nous l'avons choisi. Je suppose que nous l'avons choisi parce que cela regroupe chaque chose en 1 mot. Que ce soit loin d'ici, au centre du désert, au centre de Paris ou de New York. Ou sur une autoroute, en Allemagne ou a à Los Angeles, dans une épicerie dans le bus. Wilderness, c'est un état d'esprit que nous portons tout le temps en nous, à partir de nos yeux décrivant ce que nous faisons, comment nous régissons, ce que nous avons vu. Pour nous, Wilderness n'a pas de début et pas de fin.

Je trouve que votre voix ressemble à John Lydon de PIL. C'est naturel pour vous de chanter comme ça ?
Oui c'est ma voix naturelle, ma cadence naturelle. Le reste de comparaisons et des similitudes vient de ce que je suis et de comment je chante. Je n'ai jamais contrôlé ou déterminé le fait de chanter comme John Lydon. J'ai aimé les Sex Pistols quand j'étais petit. Mais je n'ai aucun disque de PIL même si je reconnais volontiers que c'est un grand groupe. Mais Je n'ai pas attendu après eux pour me modeler moi même. Je ne vois pas pourquoi tu me compares à John Lydon si ce n'est car c'est un gars sauvage comme moi. J'ai grandi en écoutant de la musique dance et reggae donc pour moi, mes cordes vocales ont mûri auprès de vieux chanteurs de vieux rythme de danse et si influence il y a c'est plus de côté là qu'il faut les chercher que vers John Lydon ou qui que ce soit. Lydon est un grand chanteur et je ne vais certainement pas revenir là-dessus ou voulu l'imiter de mon propre choix. Je pense que tout le monde a besoin d'une référence pour commencer une conversation sur quelque chose. Ma vocalité vient de la musique, qu'elle que soit la musique qu'ils font, la voix vient de là, la cadence. Ils font la musique et je suis.

C'est comme un instrument. Je peux dire ça ?
Oui je suppose.

Wilderness a de la chance car ta voix est très expressive et rend plus dramatique la musique…
Oui. Quand je joue sur scène et que j'entends la voix venir. Je deviens inspiré la plupart du temps. La voix sort de la tête dans l'attente que je la suive et lui rende justice.

Il y a souvent peu de mots dans les chansons, tu as envie d'être direct et user la plus pertinente métaphore ?
Les mots sont toujours inspirés par la musique. Que dire d'autres.

Pour moi votre musique est du post post-punk. Plus radicale, plus stylisée, plus abstraite. Qu'en pensez-vous ?
Brian : Je pense que nos chansons sont plus radicales et plus modernes. Je pense que c'est notre musique personnelle. Nous avons grandi en écoutant certains types de musique et là c'est juste la musique de nos vies. Il n'y a pas de prétention ou de prédétermination. Il y a juste que je peux donner à la musique et c'est juste des personnes. Et cela tombe dans des catégories et nous nous tombons dans celle-là. On pourrait être un groupe plus intéressant encore si l'on avait choisi une autre route. Pour revenir au post-punk, si tu casses le sens de ces mots, nous avons grandi individuellement plus influencé par le punk que par n'importe quel autre type de musique. Nous venons d'une partie démographique qui a crée, initié la musique punk. C'est une sorte de filiation qui continue. Et cette musique-là continue, encore plus proche de notre art. Nous vivons aujourd'hui un age d'influences illimitées, ouverts à tellement de facettes musicales. Les gars de 18 ans écoutent des groupes de 78. Peut-être nous nous échappons de ça ou nous nous en rapprochons. Je ne pense pas que cela soit injuste d'être cité comme "post-punk". Peut-être est-ce juste du punk, je ne sais pas ?

Denis Z.


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MESH

Avant l’automne dernier, je n’avais jamais entendu la musique de Mesh. Pourtant, le nom circule dans le milieu électro depuis plusieurs années. Mark, Neil et Richard sont des stars dans la Terre Promise de la musique "Dark". Avance rapide à Mai 2006: me voici complètement accro au nouvel album We Collide dès la deuxième écoute… Rencontre avec Mark, chanteur et songwriter du groupe, qui nous ouvre les portes du monde de Mesh…

Peux-tu nous présenter le groupe ?
Mark: Nous sommes Mesh et nous venons de Bristol, en Angleterre: Mark Hockings, Neil Taylor et Richard Silverthorn. Nous faisons tout nous-même en ce qui concerne notre musique, et nos différents rôles au sein de la formation s’entrecoupent… Mais pour simplifier :
Mark :Chanteur/Producteur/Songwriter
Neil :Programmeur/tout ce qui est aspect visuel/Photographie/Business
Rich :Programmeur/Producteur/Songwriter
C’est super simplifié mais je pense que ça représente bien notre manière de fonctionner.

Comment décrirais-tu votre musique ?
Mark: La chose première, c’est que nous essayons d’écrire de bonnes chansons. Nous sommes enracinés dans la musique électronique, et nous amenons cet aspect dans notre musique, mais nous utilisons également des guitares. Notre musique est pleine d’énergie et d’émotion.

Qui a été l’inspiration derrière la formation du groupe ? Quel genre de musique écoutais tu à ce moment-là ?
Mark: J’écoutais Yazoo (Vince Clarke / Alison Moyet) et OMD. Et Depeche Mode. C’était cette combinaison d’électronique, d’émotion, d’atmosphère qui m’a donné l’envie d’acheter un clavier et un micro. C’était un peu comme cette attitude déterminée qui avait inspiré les générations rock’n’roll et punk, ce "Oui, moi aussi Je PEUX le faire si je veux".

Vous avez eu pas mal de problèmes de labels, que s’est-il passé ? Et peux-tu nous parler de votre label à vous, Tolerance Records ?
Mark: A l’origine, nous avions mis en place Tolerance Records pour pouvoir sortir notre CD. […] Puis nous avons signé avec le label suédois Memento Materia. Nous avons sorti 2 albums sur MM, puis nous avons été signés par le label allemand Home Records qui est affilié à Sony. Nous sommes encore avec eux (ils ont changé leur nom) et 'We Collide' est notre second album sur leur label. Les deux dernières années ont été difficiles de ce point de vue, et les choses ont été repoussées, la seule raison étant les magouilles du business… Cela a été extrêmement frustrant mais c’est maintenant terminé.

Vous vivez toujours à Bristol? Avez-vous été tentés de déménager ailleurs, Londres ou même l’Allemagne ?
Mark: Oui nous vivons toujours à Bristol. Nous n’avons aucunement besoin de nous installer ailleurs, mais il est vrai que du point de vue business, parfois nous regrettons de ne pas habiter en Allemagne à cause du temps que nous passons là-bas! Mais nos racines sont à Bristol; nous sommes des créatures de confort, et nous sommes parfaitement confortables à Bristol.

En parlant de l’Allemagne… Comment expliquez-vous que vous ayez plus de succès là-bas plutôt qu’ici en Grande Bretagne ?
Mark: C’est d’abord parce que notre label est allemand. Et puis la Grande-Bretagne peut parfois se comporter de manière bizarre en ce qui concerne la musique. C’est un pays qui encourage l’innovation, ce qui est bien pour les nouveaux styles et la nouvelle musique, mais si tu ne te coules pas dans le moule alors tu n’as que très peu d’opportunités. Heureusement, il y a l’Internet et ça compense ! Il y a peu de place pour un groupe comme nous dans le marché musical traditionnel en Grande Bretagne. L’Allemagne offre aux groupes alternatifs une ouverture sur un marché plus large.

Certains musiciens détestent tourner et jouer live. Quelle est votre attitude vis-à-vis des tournées ? Est-ce que les concerts sont importants pour Mesh ?
Mark: C’est un aspect crucial de notre carrière, mais je dirais que c’est une lame à double tranchant. Avant que la tournée en elle-même ne commence, nous nous affolons rien que d’y penser: l’organisation requise est phénoménale. Et puis, les tournées bouleversent nos vies personnelles: nous avons des femmes, des familles, et ce n’est pas drôles pour eux de vous voir partir comme ça pour de longues périodes. Mais nous sommes de très bons amis, et notre équipe est géniale… Alors une fois que c’est parti, il n’y a rien de meilleur au monde. C’est l’expérience la plus étrange qui soit, mais également une expérience tellement satisfaisante… C’est difficile à expliquer à des gens qui ne l’ont jamais vécu.

Etes-vous concernés par votre image ?
Mark: Pas vraiment, non. Nous essayons de rester nous-mêmes, que ce soit dans notre aspect vestimentaire en dehors du groupe ou au sein du groupe. Nous avons un public très “Dark”, mais nous n’avons pas du tout le look de cette scène. Je crois que cela montre bien que les gens nous voient tels que nous sommes au-delà des apparences. Mais en même temps, oui, nous faisons attention, il ne faut pas trop pousser…

Comment voyez-vous l’évolution de votre musique, depuis vos débuts à We Collide ?
Mark: Nos morceaux sont de plus en plus solides, et nos capacités de production se sont affinées. Chaque album est meilleur que le précédent et je suis persuadé que nous allons continuer sur cette voie parce que nous sommes tellement impliqués dans la production. 'We Collide' est notre meilleur album à ce jour, mais le prochain sera encore meilleur. Nous avons constamment évolué parce que nous apprenons tous les jours, en studio, sur scène…

Votre popularité vous a-t-elle changé ?
Nous n’y faisons pas vraiment attention, bien que, évidemment, c’est ce qui nous permet de pouvoir sortir nos albums. Nous en sommes moins conscient en fait maintenant, comparé à nos débuts: 50 personnes à la Bristol Bridge Inn en 1994 c’était terrifiant! Les 8000 personnes devant lesquelles nous avons joué récemment à un festival… C’était juste encore une super journée de travail pour nous !

Certains disent que vous représentez la “face romantique” de la musique électronique…
Mark: Nous injectons beaucoup d’émotions dans notre musique, et nous essayons d’être le plus honnêtes possible. Nous recevons tellement de courrier de fans, des lettres, des emails émouvants de gens qui nous expliquent combien notre musique les a aidés à traverser des moments difficiles de leur vie, ou a été “la bande originale” d’événements qui ont changé leur vie. Je pense que c’est pour cela que nous avons beaucoup de fans dans milieu gothique, parce que notre musique touche la sensibilité d’une scène qui a ses racines dans la franchise émotionnelle et une certaine idée du romantisme.

Qu’est ce qui t’inspire quand tu écris ?
Mark: Je n’ai toujours pas cerné ce qui provoque ce besoin que j’ai d’écrire. L’inspiration pour 'We Collide' vient de choses qui sont arrivées à des membres de ma famille, mes amis, ou des choses que j’ai vues aux infos et qui m’ont particulièrement bouleversé. J’ai passé le cap de la période pendant laquelle j'étais mon principal sujet. J’ai beaucoup fait cela dans le passé. Mais je ne pense pas que ce soit très important parce ce que ce qui compte c’est que les gens trouvent dans mon écriture quelque chose qui les émeuvent, qui leur apporte quelque chose.

Sur le nouvel album, vous avez collaboré avec Gareth Jones (Depeche Mode, Futurehead, Embrace). A-t-il influencé votre son ?
Mark: Gareth a mixé une bonne moitié de l’album et a donné aux morceaux une profondeur et une clarté qui manquaient sur les originaux. Mais à cause de son arrivée tardive dans l’enregistrement de l’album, il n’a pas vraiment influencé le son en lui-même. Il n’était vraiment dans un rôle de producteur. C’est un type plein de talent qui est vraiment au fait de ce qui se fait, et nous aimerions qu’il vienne travailler avec nous à nouveau, et que cette fois-ci il soit impliqué dès les premières étapes de l’enregistrement. Son enthousiasme et sa fraîcheur son incroyablement communicatifs.

Certaines personnes pensent que vous avez le potentiel pour passer de l’alternatif à un marché plus accessible au grand public, plus commercial. As-tu un problème avec cela ?
Mark: Pas le moins du monde. Le succès ne nous fait pas peur. Nous avons assez d’expérience et de substance pour aller de l’avant avec confiance, sans trahir qui nous sommes. Et j’espère que ce moment sera bientôt là. Avoir du succès, ça permet de pouvoir continuer de travailler, de sortir des albums. Si nous y arrivons, ce sera une preuve de notre détermination sans égale _ ou de notre bêtise.

Quels sont vos plans pour le futur ?
Mark: Nous allons continuer à promouvoir We Collide en Europe et nous allons enfin avoir notre premier contrat de distribution en Grande Bretagne. Nous espérons que les ouvertures que nous avons établies aux Etats-Unis vont enfin porter leurs fruits cette année. En ce qui concerne le futur immédiat, nous continuons à tourner car rien ne peut remplacer la scène; c’est le meilleur moyen de révéler notre musique au monde. Nous avons également commencé à travailler sur le prochain album pour éviter le retard ridicule qui a précédé la sortie de We Collide. Mais je pense sincèrement que c’est cet album qui va sceller le future de Mesh.

Photo: Cuty
Merci à Mark pour avoir répondu si rapidement à ces questions malgré les contraintes de temps !
Cet entretien a été réalisé à l’origine pour un reportage dans Alternative Magazine, numéro 1, Juin/Juillet 2006. Plus d’infos sur www.alternativemag.co.uk

Le nouvel album We Collide disponible sur Königskinder/SPV
www.mesh.co.uk

English Version

Fabienne T.


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KALIGARE
ROCK
KOSMIQUE


La réalité qui nous entoure n’est pas reluisante et chaque réveil matinal est dur pour les idéalistes... C'est tres certainement ce qui pousse le groupe Kaligare à quitter sa ville de Pau pour s'envoler le temps d'une chanson, un album, un concert, dans l'immensité inconnue de notre univers.
Rencontre avec Franck Basly, chanteur et guitariste du groupe, qui lève ici le voile sur une musique emprunte
de grands espaces intergalactiques et mystérieux.

Souvent, la musique qui vient du Sud de la France est plutôt chaude et dansante. Pas celle de Kaligaré. Vous vous révoltez contre les idées préconçues ?
Je pense en effet que si nous étions un groupe du Nord, nous aurions composé de la chanson traditionnelle béarnaise… Non, c’est pour plaisanter évidemment. Il est très difficile d’évoquer le déterminisme dans l’art. Nos penchants artistiques auraient-ils été les mêmes si l’on était nés à l’autre bout du monde, une autre époque ? La musique « cold » nous parle plus qu’une autre, et j’étends ce terme à la musique en général. Pour nous, les plus beaux morceaux sont des morceaux mélancoliques, voire tristes. Ca dépend certainement du feeling, du vécu, de la sensibilité. Peu importe d’où les gens viennent en fait. Dans notre propre éducation musicale, il y a d’abord cette recherche d’émotion, qui nous a paru plus forte dans l’ombre que dans la lumière. Même si l’on a pas écouté que ça, c’est vrai que la cold-wave nous a touché, d’autant plus que ni l’époque ni notre environnement y étaient propices... Je m’explique. C’est sûr que notre région n’est pas trop branchée sur ce genre de musique, encore que… Ce serait oublier Bordeaux. Mais globalement, dans notre entourage, on faisait un peu tâche à l’heure de la fusion, du hard rock de la dance ou du rap. En plus, on n’était pas de cette génération à la base, et ce style n’était vraiment plus à la mode. Alors oui, écouter la trilogie des Cure à 15 ans au début des 90’s, c’est être à contre-courant. Il y a une grande affinité entre nous et cette musique, mais il n’est pas dit que nous aurions été tant influencés que ça en plein dans la tourmente, début 1980 ! Il doit aussi y avoir une part de révolte, mais elle ne doit pas cacher l’essentiel, qui est d’écouter et de faire la musique qui nous correspond le plus. On gardera toujours je pense cet esprit de créer en dehors du moule, c’est un gage d’avant-garde et d’intégrité.

La rencontre des membres du groupe. Elle s'est faite sur les bancs du lycée ?
On aimerait bien dire que non, car tout le monde dit oui, mais c’est la vérité. Disons, l’origine du groupe, à savoir JB Salles et moi-même, avons décidé de monter ce groupe sur les bancs du Lycée, sans avoir encore touché l’instrument ! C’est assez bizarre de regarder derrière soi et voir tout le chemin parcouru. Ca paraît tellement loin. On a tout construit par nous même. Alors ça nous a parfois ralenti, puisqu’on s’est occupé de tous les à-côtés, même ce qui ne touche pas à l’artistique, mais ça nous a fait mûrir dans l’ombre. Désormais, je pense qu’on pourrait faire face à de nombreuses situations sans exploser. Les racines ont bien pris. Le groupe a aussi et surtout évolué avec l’arrivée de Frédéric (Baleix-Vignau) à la guitare en 2001. C’est un tournant dans le sens où il a donné plus de corps à notre musique, avec ses guitares tantôt atmosphériques tantôt distordues, et a apporté une certaine expérience. Il a beaucoup tourné dans les années 90 avec Peter Plane, et lorsque nous lui avons proposé d’intégrer Kaligaré, il a tout de suite adhéré au projet. Je pense qu’il a senti que les bases étaient fortes et qu’on était de la même veine. Depuis, il y a eu 3 albums. Et ce n’est pas fini !

Kaligaré. Pourquoi avoir choisi ce nom ?
A l’heure de choisir un nom de groupe, en vitesse en raison d’un 1er concert dégoté sur le tard, on voulait éviter l’anglais, trop commun à notre goût, et le français, pour éviter la franchouillardise. Alors on a piqué un verbe à un dico de latin, on a remplacé le « c » par un « k », et le tour était joué. C’est en rapport avec l’ombre, la brume. Et puis la sonorité latine nous convient bien avec le recul, car elle dégage un aspect « carré » qui correspond aussi à notre musique. Bon, de toute façon c’est trop tard pour en changer, et l’avantage est qu’on ne trouve pas de concurrence sur ce nom !

Les textes abordent les themes du Ciel et de l'Espace. Une passion pour la science (et Hubert Reeves ?) ou plutôt pour une certaine forme de littérature ? (Des auteurs préférés ?)
Aucunement une référence à la science, juste une fascination pour l’inexplicable. Essayer de comprendre la notion d’infini nous est impossible, comme analyser l’émotion provoquée par la musique. C’est aussi une ode à l’humilité. Notre planète, qui paraît immense et pleine d’enjeux, est en fait ridiculement petite et fragile. On se bassine nous même avec le fric, le pouvoir et la renommée mais on passe souvent à côté de l’essentiel. La réalité qui nous entoure n’est pas reluisante et chaque réveil matinal est dur pour les idéalistes. Alors on se dit qu’on ferait mieux de voir ailleurs si on y est. Et on y est dans l’espace. Cette démarche est métaphorique évidemment, il y a toujours cette notion de décollage lorsqu’on regarde au fond de soi. Religieux et non croyants regardent instinctivement au ciel pour essayer de comprendre et espérer. C’est une approche romantique. La thématique de l’espace est une convergence du rationnel et de l’irrationnel, un langage à la fois poétique et scientifique. Et puis notre musique prépare le terrain à ce genre de voyage. Nous avons fait un disque électrique et enlevé pour le côté rapide et sans détour que doit nécessiter un voyage dans l’espace tout en gardant le sentiment au cœur du sujet. Les textes semblent de plus en plus en accord avec notre musique, ce qui donne encore plus de corps à ce genre d’album-concept. Pour revenir à votre seconde question, on n’est ni des grands adeptes de littérature ni des incultes. La lecture ne nous influence pas tant que ça dans la création en fait. Pour ma part j’ai bien accroché sur « La possibilité d’une île » de Houellebecq mais les autres n’aiment pas trop le personnage. Faut dire qu’il est insupportable !

C'est un point commun que vous partagez avec Alpha Jet, un autre groupe qui a la tête dans les étoiles. Vous vous trouvez des points communs avec quels groupes ? Quelles scènes ? Quels genres musicaux ?
Musicalement, il y a pas mal de groupes que l’on découvre via « myspace », et qui se rapprochent de notre style, mais très peu sont connus en fait. Humainement, on a apprécié de partager des moments sympas avec les Kill The Thrill, Sleeppers ou encore Romain Humeau, dont on aime beaucoup ce qu’ils font bien que pas mal de choses les opposent de notre musique. Samedi, on a eu la chance de discuter avec Dominique A et de prolonger la soirée avec son groupe (on l’a fait jouer à Pau), ça a très bien collé aussi. Et pour rebondir sur ça, Dominique A nous expliquait qu’il se sentait plus proche du son anglo-saxon que de Bénabar ou des Têtes Raides, alors que beaucoup l’assimilent à de la chanson française à l’état pur. Il y a plusieurs manières de voir la musique en France, la nôtre est bien plus attentive de ce qu’il se passe à l’étranger, car ce pays ne nous a que trop rarement habitué à être innovant. On suit de près le renouveau du rock et il ne vient pas d’ici. Dans cette vague anglaise et nord-américaine, on pourrait isoler Interpol, Bloc Party, Radiohead, Arcade Fire voire Muse qui correspondent davantage à notre courant. Mais on écoute souvent Franz Ferdinand ou les Strokes, y’a pas de problème. On va pas cracher dans la soupe. On s’est battu contre des moulins à vent pendant des années, maintenant qu’une certaine résurrection de la musique rock a lieu sous nos yeux, on en profite.


Avez-vous quelques rêves insensés pour la suite de votre vie ? Le premier concert sur la Lune ? Une rencontre avec un personnage éminent ? Ecrire une chanson qui rentrera dans l'inconscient collectif ?...
Pour le premier concert sur la lune, c’est question budget que ça coince. Sinon, ce serait ça oui. Bon, faut rameuter du monde aussi. Rencontrer un personnage connu, pas forcément. Ecrire une chanson qui entre dans l’inconscient collectif, pourquoi pas. Je sais qu’on va pas se fourvoyer pour ça, qu’on tournera pas les talons à la musique qu’on aime composer et jouer, alors… Des rêves on en a tous, mais un rêve insensé… C’est hyper dur à trouver puisque tout est possible ! Tout je vous dit !

Discographie :
2006 - Galaxy Club
2003 - Vitae
2001 - Oblique Horizon
Partitions :
Contamination : A tribute to David Bowie (2006)
Sylvain Chauveau : Down to The Bone - Tribute to Depeche Mode. (2005)
Strange as angel : A tribute to The Cure (2004)

 

 




Pour en savoir plus : www.kaligare.com


Mike S.


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Prikosnovenie

Le Label World- Féérique - The Fairy World Label

Prikosnovenie (caresse en russe...) est née de la mouvance alternative ‘new-wave’ en pleine croissance à l’époque... Quelque part du côté de Nantes au début des années 90. Depuis, ils sont quatre, passionnés, à s'investir dans la promotion d'artistes du monde entier, réunis par une passion commune, une musique aux voix enchanteuses et aux ambiances ethniques. Voix féminines, Musiques féériques, médiévales, néo-classique, world-tribal, transe-electronica contribuent, tour à tour à une grande variété des genres au sein d'un courant unique issu des années 80, la Cold wave...
Rencontre avec Fred, co-Fondateur du label et ingénieur du son maison....

 

Qu’est ce qui a suscité l’envie de créer un label proposant uniquement des disques de musiques d’artistes aux voies féeriques ?
Cela c’est fait petit à petit, les rencontres, la vie nous ont mené vers ce chemin. Nos premières productions étaient plutôt révoltées, poétiques ou mélancoliques. La tristesse, s’est transformé en la magie et la révolte en originalité. D’où, le choix de voix enivrantes, de musiques douces et singulières en provenance de monde entier.

Prikosnovénie est en quelque sorte un pays imaginaire où l’on retrouve tous les artistes et leurs personnages fantasmagoriques ?
Parfaitement, c’est un monde imaginaire accueillant, plus nous serons de fous dans ce monde, plus il deviendra vrai.

Comment découvrez vous les artistes que vous signez sur votre label ? Quelle règles vous donnez vous dans vos choix ? Les artistes vous envoient ils directement leur démo, CD ?
Nous sommes connus à travers le monde entier, puis recevons beaucoup de CD. Il n’a plus qu’à choisir.

Quelle forme de liens créez vous avec le groupe ? (signature, licence, distribution, management …)
9 fois sur dix, nous faisons des licences, c’est à dire que le groupe est producteur de ses enregistrements. De temps en temps, nous produisons les enregistrements. Notre rôle est d’accompagner le groupe et de lui faire partager 15 ans d’expérience. Nous aidons les groupes à se professionaliser.

Quel est l’accueil du public en France ? Etes vous ouverts d’ores et deja à d’autres marchés ? ou est-ce seulement une façon de développer une forme musicale encore trop peu connue en France ?
Il ne faut pas se leurrer, l’accueil dépend du markéting que nous faisons, nous avons peu de moyen donc nous gagnerions à être connus. Nous avons tout de même un réseau de 5000 fans et plus de10000 visites par mois sur notre site. C’est plutôt bien.
Nous travaillons beaucoup sur l’export depuis longtemps, nous sommes présents sur tous les continents du monde du Japon au Canada en passant par l’Australie et la Roumanie !

Si vous aviez entendu Dead Can Dance il y a 20 ans, les auriez vous intégré à votre label ?
Drôle de question. Je pense que oui. C’est le premier groupe que j’ai écouté avec The Cure et Cocteau Twins.

Etiez vous déjà conscient à la création de votre label qu’il existait en Russie, en Grèce, en Italie, en Amérique du Sud, des artistes qui pouvaient trouver un esprit musical commun ?
Non, ,c’est cela que j’appelle la magie ! La musique n’a pas de frontières.

Quels sont les trois derniers groupes que vous avez accueilli sur votre label ?
Misstrip :
du rock trip-hop d’Angers entre Portishead, Massive Attack et Archive. Ils ont un sens des mélodies incroyable.
Maple Bee : rock-folk d’une songwriter anglaise avec une voix et des experimentations electroniques à la Emilie Simon.
Karin Höghielm : une chanteuse suédoise qui s’inspire du folklore scandinave. (lire la chronique) - MP3

Quels sont votre trois découvertes dont vous etes le plus fier, le plus émerveillé ?
Orange Blossom : nous avons produit leur premier album. MP3
Louisa John-Krol : c’est une artiste incroyable qui a un talent de composition et une voix … angélique. (lire la chronique) MP3
Les love sessions, ce sont des rencontres d’artistes que nous avons initiées pour créer des chansons en studio… le résultat est superbe. MP3

Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui à continuer dans cette démarche ? Les émissions en prime time de découverte d’artistes n’ont elles pas déjà gagné la partie et lobotomiser le public français ?
C’est un raccourci. En France, la télé n’est plus le média culturel numero un, il y a internet, les concerts. Nous vivons dans un pays d’une richesse culturelle incroyable. Je ne crois pas que notre label ait pu naître dans un autre pays. Les gens curieux peuvent encore faire plein de découvertes. Notre rôle est d’inviter les gens à venir en voyage dans notre doux pays
En fait nous sommes une agence de voyage.

Pour en savoir plus :
www.prikosnovenie.com
L'Auditorium du label : Il vous permettra d'écouter quelques titres de chaque artistes, d'en télécharger en MP3. Et vous pourrez ensuite les commander en ligne


Les images ont été empruntées au site de Prikosnovenie, dont les illustrations sont le travail de Sabine Adelaide

Mike S.


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TROY VON BALTHAZAR
On The Road

En vacances de Chokebore, Troy von Balthazar a réalisé sur la route son premier album solo. Une œuvre Ô combien personnelle, enregistrée lo-Fi, qui nous fait découvrir un chanteur plus touchant que jamais

Ton album a été enregistré dans différents endroits : Hawaii, Los Angeles, la France, L'Allemagne. Pourquoi tu avais besoin d'être sur la route pour rendre possible cet album ?
Parce qu'en fait, je bouge sans cesse, je n'ai pas d'endroit à moi. Je suis comme un fantôme. Je n'ai que quelques sacs et je vis comme ça depuis des années maintenant. Donc pour faire l'album, j'étais obligé de le réaliser dans plusieurs endroits car je bouge tout le temps.

Donc c'est un peu devenu un journal de voyage ?
Exactement, chaque morceau a été enregistré sous différentes cultures et par différentes atmosphères.

Sur ton site internet, tu parles justement des conditions d'enregistrement. Est-ce que tu veux désormais que l'auditeur ressente dans ta musique toutes ces différentes atmosphères ?
Je ne sais pas, je ne pense jamais à l'auditeur (rires). Je ne pense qu'à moi essayant de faire les choses qui me font me sentir bien. J'espère que les gens aiment ma musique, mais au fond, je ne sais ce que les gens aiment ou ce qu'ils ressentent.

Dans tes commentaires, tu parles beaucoup d'isolation (sur tes commentaires en France, tu dis "dans un total silence, jour et nuit"). C'est nécessaire cette isolation pour faire ta musique ?
Totalement. Quand j'ai enregistré, j'étais tout seul dans le studio avec tous mes micros, mon matériel et mes instruments. C'était important d'être totalement seul. Parce que pour moi quand, je suis seul et que tout est calme, un nouveau monde s'ouvre à moi. D'autres n'ont pas besoin de ce silence, cela les rend mal à l'aise. Mais pour moi c'est tout le contraire et je vois et je ressens clairement les choses.

Tu te crées comme ça ton monde intérieur ?
Oui mais cela ne marche que si je suis seul…

C'est pas facile ?
(rires) en fait, cela va plus vite si je suis seul…Il me suffit de 10 minutes seul pour commencer à avoir des mots ou de la musique dans ma tête.

Tu joues de tous les instruments sur ton album. Tu veux avoir un total contrôle sur ta musique ?
Je ne dirais pas ça…Cela n'a pas à voir avec le contrôle. J'ai les sons dans ma tête et je suis donc le seuls à les avoir. C'est pour moi naturel. Je sais par exemple que je n'arriverai pas à jouer la batterie comme je devrais par rapport à ce que j'ai entendu. Mais j'essaie (sourire). Parfois je réussis, parfois non !

Mais tu utilises assez souvent une boîte à rythme sur ton album…
Bien sûr. En fait c'est un petit clavier que mon grand père m'a donné quand j'avais 7 ans. J'ai toujours joué dessus, j'ai appris le piano dessus et je continue de l'utiliser sur scène. J'en ai trouvé un similaire dans un magasin donc maintenant j'en ai deux. (sourires).

J'ai dit que tu jouais de tous les instruments mais il y a deux titres où tu chantes avec Adeline Fargier…
Je l'ai rencontrée en France, il y a des années et je savais qu'elle jouait de la musique. C'est une très bonne guitariste et elle a vraiment une jolie voix. Et un jour, nous étions assis l'un en face de l'autre et j'ai commencé à jouer et elle a chanté et cela sonnait vraiment bien. J'ai dit ""parfait" et elle est venue chanter Dogs sur l'album. Juste une après-midi.

Ton album a été enregistré lo-fi. C'était plus facile ainsi, tu pouvais voyager léger ?
Et parce que je préfère le son lo-fi. Si j'avais un million de dollars pour l'album, j'aurais utilisé les micros de la même manière. J'adore le lofi c'est ce que je préfère.

Mais même de cette manière tu as réussi à être noisy. Par exemple Rainbow pourrait presque être un titre de Chokebore. Tu n'as plus besoin des autres Chokebore pour faire du rock ?
Non ils me manquent…Je ne sais pas, on peut mettre de l'énergie dans le lo-fi et c'est ce que j'ai essayé de faire dans quelques chansons. Mais mes amis de Chokebore me manquent car ce sont des gens bien…

Cet album est-il plus personnel que ceux que tu as fait avec Chokebore ?
Oui car j'ai joué de tous les instruments et chaque partie, chaque seconde c'est juste moi. C'est très personnel. Dans Chokebore, je n'ai jamais pu entendre ma voix. Mais quand j'arrêtais de chanter, je pouvais entendre la musique et c'était cool. C'est comme un journal intime dont tu en fais un livre. C'est très dur à lire pour toi car c'est trop personnel. Pas à faire car faire une chanson est le meilleur sentiment que tu peux avoir. Tout comme jouer de la musique en public. C'est pourquoi je le fais.

Tes chansons sont courtes. Tu voulais aller direct à l'essentiel ?
Oui Peut-être. Je les ai écrites ainsi car avec Chokebore, les chansons sont très longues. C'est un peu contre ça ; c'était bien de changer.

Parle nous de ton titre avec Frigo ?
Oh je les ai rencontrés il y a quelques années à Paris. J'aime que d'autres jouent ma musique ou jouer avec d'autres musiciens. C'est intéressant et c'est amusant. C'est différent chaque fois, tu entends les idées d'un autre.

Je pense que tu as une relation privilégiée avec la France. Je me trompe ?
Non, c'est absolument vrai. Tous mes amis sont là, tu sais. C'est mon endroit favori pour jouer ..Mais tu sais j'ai joué à Montréal la semaine dernière et c'était vraiment bien. En Allemagne aussi c'est bien mais ma destination favorite reste le France.

Parfois Hawaii te manque ?
Oui parfois j'ai le mal du pays. Parce que le calme me manque. Mais je sais que c'est toujours là. Cela ne change jamais, ce n'est pas un endroit très progressif. Mais j'y retourne chaque année pour voir ma famille et le staff.

Et le futur ?
Je ne sais pas, je conduirais peut-être un bus l'année prochaine (sourire) Je ne sais pas de quoi est fait le futur. J'ai envie de faire plus de musique comme cet album. J'ai envie de progresser. J'ai envie d'écrire de la musique pour d'autre artistes. Et j'aimerais faire une musique de film. J'aimerais vraiment. J'ai envie de rester à la maison, de jouer du piano et d'envoyer des CDs dans le monde entier. Et moi je resterai chez moi à jouer de la musique toute la journée. Ce serait le paradis.

Sur ton album, il y a une chanson traditionnelle Old Black Joe. C'est un souvenir d'enfance ?
Exactement, quand j'étais un enfant, ma mère avait l'habitude de me chanter cette chanson avant de dormir. Chaque nuit. Et je me suis dit que si je faisais un album avec la liberté de choisir, je mettrais Old black Joe. Après toutes ces années, j'ai enfin eu cette chance.

www.troyvonbalthazar.net

Denis Z.


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LIVA
ENTRE PARADIS
ET WALHALLA

Parmi les découvertes faite lors de notre dossier/reportage sur le Québec en février dernier, il y eu Liva ! Ce groupe avait eu la prétention, pour l’enregistrement de leur tout premier album d’écrire un nouveau Requiem. Reprenant la tradition ancestral des plus grands compositeurs classiques, le groupe avait décidé pour la première foi, il me semble, de moderniser la musique, et d’allier chants lyriques et latins, et sons métal-gothic-indus. Un résultat surprenant et même passionnant, qui nous value l’envie de connaître un peu plus ces québécois.
Par la magie du net, voici donc les réponses à notre curiosité bien placée. Pier Carlo, guitare, voix death et baryton, et compositeur du groupe

Comment vous est venue l'idée de chanter en latin ?
Rép : (Pier Carlo) : Lors de mes études musicales, j’ai fais du chant choral où j’ai eu à chanter dans plusieurs langues dont le latin et c’est ainsi qu’est née l’idée. De plus j’ai des origines italiennes et je me sentais donc proche de cette langue.

Vous indiquez sur votre site internet, époque après époque, ceux qui ont mis en musique le Requiem. Aviez vous l'ambition de marquer une nouvelle ère, après l'ère contemporaine de Ligeti ?
Rép : Non, nous n’avons pas cette prétention, nous avons fait cette page sur notre site internet pour informer les gens car les mêmes questions revenaient toujours. Nous marquons l’histoire de la musique à notre façon et ce, en faisant un Requiem metal, c’est une première mondiale.

Le travail avec un orchestre classique suppose une musique écrite avec des partitions, des notes. C'est le cas ?
Avez-vous une formation classique à la base ?

Rép : Effectivement cela nécessitait des partitions que nous même avons écrites et sans problème car trois d’entre nous avons une formation classique. Sébastien a un diplôme d’études collégiales en percussions, Pier Carlo un Baccalauréat en guitare classique et Catherine Elvira une Maîtrise en chant classique.

Vous avez ouvert pour Nightwish. Vous vous sentez particulièrement proches de tels artistes ? Ce sont vos influences principales ?
Rép : Le seul lien qui nous unis c’est qu’il y a une chanteuse de formation classique au micro. Le producteur du spectacle à l’époque a sûrement dû voir la même chose. Sinon, Nightwish n’est absolument pas une influence et non plus au niveau compositionnel. Il y a un membre de LIVA qui aime bien Nightwish mais ce n’est pas une influence dans notre style musical. Nous avons joué avec Therion et c’était déjà plus près stylistiquement. Mais encore une fois ce n’est pas une influence, c’est plutôt un hasard puisque nous avons découvert ces groupes après la composition de notre premier album.

Votre album va sortir en Europe 3 ans après sa sortie québécoise. Vous allez peut-être assurer sa promotion (comme c'est le cas avec cette interview). Ca ne vous gêne pas de parler d'un projet aussi vieux dans le temps ? Vous êtes peut-être déjà sur d'autres chansons, un autre album au Québec ?
Rép : Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas signé avec une compagnie de disque (Major) qui lorsque l’album sort, le sort partout sur la planète. Nous sommes indépendants et procédons de façon artisanale. Toutes les opportunités de promotion sont bonnes. Tout est développement, pendant que nous préparons la sortie du prochain album ici, effectivement, l’Europe commencera à connaître notre Requiem. Bien sûr notre objectif serait d’entrer dans le réseau européen afin nous produire sur une base régulière.

Comment le public québécois ou même canadien perçoit votre musique ?
Rép : Nous sommes très appréciés et un peu incompris aussi. Nous avons gagné le respect de tous de spectacles en spectacles mais à cause de notre stylistique, les gens de l’industrie de la musique et le public sont bien agacés de ne pas pouvoir nous accoler d’étiquette. On est perçu comme un groupe européen ou qui devrait aller travailler en Europe.

Quels sont vos projets après un tel départ ? Ecrire un opéra moderne ? une symphonie ?
Rép : Le groupe aime bien évoluer dans les formes longues mais pas proprement dit par la forme symphonique ou l’opéra. On gardera toujours un espace pour des projets spéciaux qui sont des extensions au groupe. Tel que nous l’avons fait en donnant en concert une version pour orchestre de chambre du Requiem en 2002.

Pensez-vous faire des spectacles en France ?
Rép : Nous y travaillons, mais pour l’instant tout commence par la sortie de l’album Requiem en France via Acropole Records prévu pour mars/avril 2006.

A quoi ressemble un spectacle de Liva ? Des vidéos ? Des lumières ?
Rép : A une expérience haute en couleurs de par notre présence de scène et la qualité de nos chansons, nous captons l’attention du public jusqu’à la dernière seconde. Pour l’instant nous prenons les lumières des salles où nous jouons, mais il n’y a pas de projection n’y quoique ce soit d’autre. Nous avons différentes idées pour remplir l’espace, mais on a toujours le problème du budget qui revient.

www.livaband.com

LIVA - REQUIEM

ECOUTEZ

VOIR

Photos : Louise Girard, Denis Chartier empruntées sur le site de Liva (www.livaband.com)

 


Mike S.


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Watine
Nouvelle
Vénus de
la chanson !

C'est la tête pleine de rêves que Catherine Watine s'invite en mars dans les bacs de tous les bons disquaires. Son premier album, baptisé "Dermaphrodite" mêle la chanson, la pop, le jazz dans la lignée de grandes dames, faisant un lien inattendu entre Rickie Lee Jones, Dee Dee Bridgewater et Bjork.
Cet événement nécessitait donc une rencontre dans nos pages, afin d'en apprendre un peu plus que ce que
v
eulent bien nous révêler les dix

chansons qui composent son album et l'autoportrait qui lui sert de couverture.

a

D'autres choisissent de se faire un prénom avant de se faire un nom, Tu as choisi l'inverse. Par pudeur ? Que se cache-t'il derriere cette dénomination Watine ?
Watine est mon nom de famille, tout simplement. Comme il a une consonance féminine, et anglo-saxonne, cela ne me semblait pas nécessaire de prendre un pseudo. Je m’aperçois aujourd’hui que c’est dans certains cas, difficile à assumer car je ne peux pas me cacher, mais c’est en tous les cas, plus simple.

Tu cites volontiers Suzanne Vega, Rickie Lee Jones, Kate Bush... Ce sont des disques de chevet ou vraiment des inspirations pour ta musique ? Ta musique n'est elle pas un peu plus moderne, bien plus proche d'Emilie Simon que l'on cite aussi dans ta bio ?
Ce n’est pas moi qui les cite… ce sont parmi les noms qui reviennent les plus fréquemment aux sensations d’écoute extérieure, mais il est vrai que je les ai dans ma discothèque au même titre que des Madeleine Peyroux (j’adore sa reprise de “Between the bars” d’Eliott Smith !), Stina Nordenstam, Fiona Apple, Tori Amos, qui ont toutes des parcours très affirmés - et si tu remontes beaucoup plus loin, Janis Ian que j’adore, et dont tous les titres ont été des tubes quasiment !.
Maintenant, si on me demande d’ou vient mon inspiration, je pense plus largement au courant Trip-hop avec en tête Portishead même si j’ai quand même un bazar très hétéroclite qui va du classique intimiste, symphonique, au jazz en passant par la pop, le folk, les percus de la world et cette découverte passionnée de l’electro qui a commencé avec les Kruder et Dorfmeister, puis les Massive Attack, mais qui s’est affinée à l’écoute de l’ electro touffue, soyeuse, enfantine et feutrée des Boards of Canada et de tous ceux qui ont creusé le sillon après eux.. En fait je ne pense pas être enfermée dans une mouvance particulière car ma base classique est trop forte, mais on peut dire que la technologie actuelle m’a permis de faire la fusion qui m’était chère entre cette base d’écriture au piano d’où sortent tous mes titres, une culture folk et pop anglo-saxonne qui n’obéit pas à la règle absolue des couplets-refrains, et ce formidable champ d’investigation qu’est l’electro avec la possiblité supplémentaire de sampler mon environnement sonore quotidien.
Tu sais, je suis très instinctive.Lorsque je me mets au piano, je laisse mes doigts chercher des melodies avec des arpèges, des modes souvent mineurs, et des notes répétitives à l’aigu,. J’ai l’impression d’être l’instrument d’une vibration intérieure et je laisse faire, bien que l’on devine souvent Bach derrière mes compos ! J’écris les textes en meme temps que je compose jusqu’à trouver l’endroit exact où les mots vont se poser, quitte à re-developper la mélodie, pour lui laisser plus d’espace..Avec la main gauche, j’esquisse les lignes de basse et j’essaie de trouver également les ponts et les développements au piano. Ensuite, avec Bernard becker, qui a co-réalisé l’album, je cherche les paysages, les couleurs, les sons qui vont amplifier la resonance - principalement des arrangements de cordes (Bernard les écrit admirablement !) qui pour moi sont aussi très importants.
Ensuite, je vais chercher tous les murmures electro et les chuchotements qui se balancent de chaque côté du mix. Quand tu parles d’Emilie Simon, je peux comprendre la relation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Markus Dravs s’est intéressé à mon travail, (programmations aditionnelles et mix). C’est lui qui a mixé les albums d’Emilie !
Et si tu veux savoir ce que j’ai en chevet, il y a toujours Elliott Smith, Radiohead, Divine Comedy, et depuis 2 ans, Syd Matters que j’adore !

Le son reste assez feutré et jazzy sur l'ensemble de l'album. Cela signifie-t-il qu'on te verra se produire plutot dans des clubs de jazz que dans des salles de concert ?
Le son de l’album n’est pas toujours le son du live, surtout dans mon cas où il y a sur l’album, beaucoup de broderies electro et des voix harmonisées que je ne reprendrais pas sur scène. Il est feutré car c’est la nature meme de mes chansons, mais je ne crois pas qu’il soit jazzy pour autant (1 seul titre “Not a pretence” a un refrain jazzy). Je le définis plutôt comme “pop-folk dream electro”, mais cela n’existe pas dans la définition des formats actuels, et dans les bacs l’album sera classé en rock indé. Nous travaillons sur plusieurs formules actuellement, une pour les show-case avec clavier et basse/violoncelle, une pour les plus grandes scènes.
La formation est multi-instrumentiste ;
Bernard au clavier,Dominic en guitare/violon, Mederic en batterie/basse/violoncelle, Nicolas, l’ingé son pour les sequences electro, et moi-même au chant, avec quelques titres piano/voix.
En fait, je regarde beaucoup les programmations des salles sur le net et ce n’est pas évident de trouver la bonne place. Je te dirais simplement que quand je vois des Cat power, Feist, Keren Ann, je m’y vois aussi… Les scenes alternatives !.

A part un petit refrain en francais, tes textes sont surtout en anglais, c'est dû aux inspirations citées, par difficulté d'écrire en francais ou pour te tourner vers un public international tout en gardant ton accent français ?
Rien n’a été calculé ! Bizarrement, je n’ai pas de difficulté à écrire en francais, au contraire .. j’ai même fait partie des sessions d’Astaffort de Cabrel, comme auteur et je vais aussi de temps en temps sur les scenes slam). Le français pour moi est la langue de la littérature, de la poésie, et l’anglais est la langue de la musique, car les mots sont souvent formés d’une seule syllabe, avec des accents toniques qui renforcent les effets mélodiques. On n’y peut rien, c’est comme cela ! et quand on ne compose pas de variété française, .. il faut avoir un immense talent d’auteur en français pour épouser la musique (Fauque par exemple !) ou alors prendre des chemins de traverse comme Rodolphe Burger.
Plus prosaiquement, j’ai fait écouter à un ami éditeur, des chansons piano-voix (en live sur mon piano) écrites en français et en anglais. Sa reaction a été immediate : fais ton album en anglais, tu as un univers particulier avec cette écriture !
L’accent ! évidemment pour les français, j’ai un accent français ! C ‘est mieux que d’avoir essayé de bidouiller.. ceci étant, j’avais demandé à Markus Dravs qui habite en Angleterre et qui a donc reçu tous les titres pour les mixer, de faire une écoute attentive pour me dire en retour si les paroles étaient OK et si l’on comprenait bien. Il a fait écouter à des amis musiciens de Liverpool, qui ont dit de ne toucher à rien, car l’accent était “charming”. ils ont ajouté que cet accent était indéfinissable, pas français, plutôt scandinave !
Maintenant qu’il existe, c’est vrai que j’espère trouver une résonnance dans les pays anglophones, amis ce sera sans doute par un canal indé !

© Jeannie Lucas

Quels sujets abordes-tu dans tes textes ?
La relation à l’autre, soit dans le face-à-face avec des parcours de vie qui se brisent ou que l’on rêve (Milkshake, need I go on, Anymore, Like those films, I adore), soit vis-à-vis de l’humanité avec le désir d’harmonie, l’affirmation de notre libre-arbitre, et l’amour bien évidemment (Afraid, Sing c’est la vie, Follow my vision, Not a pretence). Sur fond de spleen.
Sur mon site, j’ai fait des petits commentaires sur chaque chanson.

Dermaphrodite, que veux-tu faire passer dans ce néologisme, au delà de la simple traduction que tu indiques "l'amour à fleur de peau" ?
Ta question me fait penser à un vernissage dans une galerie de peinture. L’artiste est là, à la demande du galeriste, et entend les gens parler de sa peinture.. l’artiste ne s'est pas posé de question, il a simplement fait jaillir une création de son imaginaire, conscient ou inconscient et c’est le regard et le commentaire des autres qui lui en apprend… j’ai un jour peint un portrait que j’ai appelé instinctivement l‘hermaphrodite, car il me faisait penser au héros du film d’Almodovar : Tout sur ma mère ! Lorsque j’ai fait mes premières maquettes, j’ai choisi ce portrait comme visuel. Et le mot Dermaphrodite m’est venu spontanément. J’ai trouvé que cela pourrait faire un joli nom d’album. J’ai ensuite changé le visuel, mais le nom est resté. Depuis, il intrigue… Une chronique web (ADA, le découvreur!) commence par : Que nous ne ferions pas pour la peau " disait Dominique A, la peau, ce doux réceptacle de nos peurs ou désirs mêmes les plus intimes. Cette frontière naturelle expressive quand elle se voit confronter à une émotion neuve, a fort à faire avec Dermaphrodite. Elle comprend autant ce concept qu'elle voudrait le voir danser comme une ombre personnelle, loin des lumières. Mais la peau aime le toucher, aime les caresses et préfère le partage à la désertion. Il était dés lors temps de vous parler de cette émotion forte….
J’attends maintenant le premier qui écrira : Dermaphrodite's child (la référence est un peu ancienne, mais le jeu de mot était trop facile!)

Tu cites le cinéma d'Almodovar. Ta musique est tres ambiant, atmosphérique ou intimiste. La musique de Film est un domaine qui t'attire ? plutot dramatique que comédie sentimentale, je présume ? ;-)
Je rêve d’écrire de la musique de films, émotionnelle, intimiste, ou orchestrale, qu’elle touche au coeur (c’est le désir de tous !)… Oui, j’en rêve !

Quand on lit ta bio, on lit que "la dame n'a pas 20 ans". Pourquoi soudainement te lancer dans la musique ? Et pourquoi la "pop" plutot que la musique "classique" dont tu es originaire (de formation) ?
Les choses arrivent quand elles doivent arriver ! Rien ne sert de forcer le sort et cela a au moins le mérite d’être une démarche authentique ! J’ai toujours fait de la musique. J’avais 3 ans sur mon premier tabouret de piano,j’ai participé à quelques concours, les tabourets se sont succédés… çà c’est pour la composition. J’ai monté un studio en 1986 et j’ai produit plusieurs artistes dont Waterbed que j’ai fait signer en licence chez East West il y a 4 ans. En parallèle à l’album Dermaphrodite, j’ai également produit l’album Random Moods (electro-rock) avec la participation de producers underground étrangers assez influents (Riton, Gus Gus, Fila Brazillia, Aaron Carl, Fred Pace du groupe Rinocérose…) Cet album est classé 5 étoiles en Angleterre et en Allemagne.
Alors, sans parler de soudaineté, on va dire que j’ai fini par livrer mon travail plus personnel, poussée par beaucoup d’ amis dans la profession
Je l’ai fait sérieusement, avec passion et beaucoup de travail, et j’espère réellement ne plus avoir à me poser de question sur cette nouvelle légitimité. Un deuxième album est en route !

© Jeannie Lucas

Tu sembles t'occuper de tout dans cette nouvelle aventure : écriture, interprétation, arrangement, artwork, promotion... Tu aimes travailler sur tous les fronts ?
Le mot anglo-saxon songwriter “écrivaine de chansons” résume déjà bien tes trois premiers mots. Quand on écrit ses chansons, on a en general la majorité des arrangements qui sonnent dans la tête. Ensuite, il faut trouver une bonne équipe, ce qui fut le cas pour cet album que j’ai produit et realisé avec Bernard Becker (un ami de 10 ans) et Markus Dravs - j’avais décidé d’avoir des vrais musiciens en studio pour les basse, guitare, cordes, drums (même si elles sont souvent dans le fond du mix), alors il faut assurer aussi financièrement. Donc, pour l’artwork, quand il s’est agi de preparer le visuel de l’album et le site, j’ai pioché dans mes cartons personnels, pour éviter un budget de créa. Tu retrouves souvent des graphistes parmi les musiciens. Moi c’est plutôt la peinture, les collages. Voilà l’histoire !
J’ai aussi invité une artiste-peintre, Jeannie Lucas, à exécuter une oeuvre pour le livret de l’album. Cela représente une robe, mais tu verras, c’st un choc visuel de féminité ! J’aime croiser les univers..
Maintenant, la promo. Cà c’est une longue histoire, j’ai payé pour voir, quand je démarchais pour mes artistes ! Quand tu fais de la musique indé, de surcroît en anglais, toutes les portes restent fermées, même si derrière ces portes, chacun individuellement te dit qu’il aime ta musique !!
Heureusement, j’avais un distributeur qui croyait en cet album (Warm – qui m’avait signé l’album random Moods en licence). Je n’avais pas d’autre choix que de prendre plusieurs casquettes, et le pied la route avec une bonne boussole pour ne pas me détourner de l’objectif !
J’avais fait la promesse à Bernard becker que notre travail ne resterait pas dans les tiroirs, alors, comme un brave petit soldat, j’ai d’abord listé (merci le net) tous les webzines et webradios à qui j’ai envoyé des samplers (La magic box par exemple !). “A decouvrir absolument” fut le premier à croire en moi et continue à me faire une promotion énorme, y compris me programmer sur une prochaine scène.. J’ai ensuite rencontré Dominique Marie qui m’assure maintenant la promo presse-radio, et j’ai également une promo terrain pour des show-case en France.
J’en profite pour souligner (non, ce n’est pas démago) l’extraordinaire maillage que représente ces terrains du web et les radios associatives, pour faire circuler le nom, et donner une reconnaissance artistique. Dans mon cas, c’est énorme, et j’ai pu rebondir sur les play-list, les chroniques déjà parues, et les promesses de diffusion, pour renforcer mes relations avec la distribution.
J’ai ensuite dû m’attaquer à la fabrication des albums. … et enfin l’album qui sort le 17 mars. Première étape menée à peu près correctement. Dire que j’ai tout aimé faire, non, mais je n’avais pas d’autre choix !
Et maintenant, il y a les repets, les scenes promo et la scène tout court !

Quel est ton voeu pour 2006 ?
Tourner avec mes musiciens, et trouver un public. Me refaire une petite santé financière pour reprendre les séances de studio pour le 2ème album qui est déjà bien avancé. Et essayer de m’approcher au mieux d’une ligne d’équilibre dans ma vie, bien chahutée en ce moment !

les tableaux et les sculptures de robes sont l'oeuvre de l'artiste Jeannie Lucas, qui a participé au livret de l'album
Merci à La Magic Box,
Watine

Plus d'infos : www.watineprod.com

 

Mike S.


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MATHIEU
PERSAN

à patte de velours
En toute discrétion, Mathieu Persan, jeune compositeur francilien multiplie ses apparitions sur des compilations. La derniere en date : le tres médiatisé CQFD, qui a vu apparaitre Syd Matters et Rhésus. Entre l'envoi des questions et la réponse de Mathieu, le Verdict était tombé, Mathieu Persan ne sera pas le Lauréat 2006 (Rock&Roll). Pour autant, le concours ne s'arrete pas au gagnant. Les 19 autres ont un moment les projecteurs posés sur eux. Alors, ça fait quelle impression ?
Et au delà de ce concours, où en est Mathieu Persan depuis sa venue dans l'émission Magic Box au printemps 2005 ?

Nous t'avions découvert sur une compilation du label Record Maker (Air), et puis pas de signature derriere. Quelle a été ton impression ?
Sur le coup, c'est vrai que j'ai été un peu déçu. Cela dit c'était quand meme une excellente exeprience. Moi qui n'avait connu que le 4 pistes dans ma chambre, c'était la premiere fois que j'enregistrais dans un vrai studio. En plus, celui de AIR avec une densité de synthé au metre carré impressionnante !
La décéption est vite passée. Il ne faut pas trop en vouloir d'un coup. Je n'avais qu'une vingtaine de chansons enregistrées de maniere artisanale pour un style de musique qui requiert pas mal de moyens (pas beaucoup d'elctronique et beaucoup d'instruments acoustiques).
Du coup, j'ai pris la décision de faire un album, le mieux possible. J'ai empunté des sous a la banque et j'ai acheté le materiel necessaire. Je me suis lancé sans connaitre grand chose a l'enregsotrement ni au mixage et j'ai tout appris comme ca. Je croyaias a l'époque que présenter un disque "clé en main" a un label avit plus de chance d'aboutir. J'en suis un peu revenu depuis...

Tu te retrouves parmi les 20 artistes sélectionnés pour le CQFD 2006 (sur 7000 candidats). Etait-ce une surprise pour toi ? Comment l'as-tu appris ?
Une petite surprise oui mais surtout dans le fait de me retrouver dans une compilation ou les groupes de rock dominent. Ce n'est pas trop mon style et j'ai eu un peu l'impression d'être "a part" sur cette compilation. Je crois que pour être selctionné sur cette compilation, il faut essayer de faire parler de soit avant de postuler. J'avais déja envoyé des morceaux qui n'avaient pas été retenus. Je pense que JD beauvallet focalise son attention sur des artistes qui ont déja fait la démarche de se produire sur scène et de faire connaitre leur musique. Du coup, je trouve cette notion de "concours" un peu absurde...
Sinon j'ai appris la nouvelle par mail, comme tous les autres je crois.

 

Imaginons que tu perdes (et tu as statistiquement 19 chances sur 20...), est-ce que ce n'est pas déjà une belle opportunité d'etre sur une compil
tirée à 90.000 exemplaires ?

A l'heure qu'il est j'ai déja perdu ;-). Mais effectivement, je pense que le simple de fait de figurer sur une copilation comme ca aide un peu pour la suite. Pour l'instant, je n'ai pas eu de retombées mais au moins ma musique a été exposée et j'espere avoir touché des gens par ce biais la. Apres, le temps
nous en dira plus...

Les derniers gagnants du CQFD étaient Syd Matters (2003), Spleen (2004), Rhésus en (2005). Trouves-tu le CQFD un bon allié pour la suite de ta carriere ?
Quand on voit le résultat sur Syd Matters, c'est sûr que ca doit être un tres bon allié. cela dit, je pense que quelqu'un comme lui aurait réussi a se faire connaitre même sans CQFD.

Mais ca lui a permis de faire une tournée tres vite et de signer chez V2. Mais bon, il faut relativiser aussi. Si ses albumsétaient mauvais, il n'aurait pas réussi. Ca aide mais ce n'est pas tout.

Ton premier album est autoproduit. Travailles-tu sur la promo de ce CD ou as-tu déjà élaboré un second CD ?
J'ai déja passé beaucoup de temps a essayer de faire connaitre mon premier album. A l'heure actuelle j'ai signé avec un éditeur qui s'occupe de trouver une distribution et un label. Ce n'est pas chose facile... Mais l'essentiel est que ca me décharge de ce poids et me permet de me concentrer sur la musique. Vu le temps que j'ai passé a faire connaitre le premier album, a répéter pour les concerts etc, en plus de mon travail, je n'avais pas le temps d'enregistrer de nouveaux morceaux. Par ailleurs c'est difficile de passer a autre chose alors que le disque n'est pas sorti dans les bacs. Ca a comme un gout d'inachevé et quand je vois le temps et l'énergie que j'ai passé, ca décourage un peu.
Mais j'ai réussi a m'y remettre. J'enregistre de nouvelles chansons avec l'experience technique acquise grace au premier disque et à la scène. Je crois beaucoup en une sorte d'autoproduction : faire une partie du travail à la maison est pour moi indispensable. A dire vrai, je ne sais pas coment font les gens qui font tout en studio. En ce qui me concerne je compose tout en enregistrant. En puis, quand on réalise l'importance de la technique dans le rendu final d'une chanson, on se dit qu'on ne peut pas déléguer ça à quelqu'un d'autre. Du coup j'envisage, si tout se passe bien, de ne reprendre en studio que les élément que je ne peux pas faire tout seul. Une vraie batterie par exemple. Et puis travailler le mixage avec du materiel de studio aussi. Enbref, contiunuer a garder la main sur tous les aspects des chansons tout en ayant des moyens un peu plus conséquents.

www.mathieupersan.com

Ecoutez

 


Mike S.


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DESTINATION QUEBEC


OU LES TRIBULATIONS
D'UN FRANCAIS A MONTREAL

C'est l'aventure que vit depuis 6 ans un orléannais, Jérôme Minière, parti découvrir le Nouveau Monde. Membre de l'équipage Lithium, il a quitté le navire avant qu'il coule pour conter ses chansons à un label québecois (La Tribu).
Tres rapidement, il trouve un écho à son travail dans son pays d'adoption et remporte (mérite...) plusieurs Prix locaux (Félix Album Électronique 2002 et Félix Auteur-Compositeur de l’Année au Gala de l’ADISQ 2003. En 2004, Minière sort Chez Herri Kopter toujours teinté d'electro. L’album se classera parmi les meilleures sorties de l’année au Québec ! A tel point que l'on retrouve aussi le bonhomme parmi les artistes de Québec Emergent 2003, une compilation annuelle qui fait la promo des artistes locaux à découvrir !). Un CD-DVD vient de sortir au Québec reprenant en spectacle son dernier album (Prix Miroir de la chanson d’expression française). Autant d'éléments qui nous pousse à nous interroger sur ce mystérieux francais à Montréal !

Alors que chaque année nous apporte son lot d'artistes quebecois sur les radios francaises, tu as choisi de faire le voyage inverse. Pourquoi ?
Par amour !

Peux-tu nous parler de ce Herri Kopter ?

Hé bien, c'est un type qui a les deux yeux du même côté, comme les raies je crois. Il a une grande entreprise internationale qui mise sur l'ultime dématérialisation de l'économie : l'imagination. Sa compagnie offre ainsi tout et n'importe quoi, en tout temps, gratuitement, grâce à ce vecteur incroyable. Et moi je suis un simple employé, qui a sorti un produit disque.

Trouves-tu le public québecois plus ouvert à ta musique ?
Oui, en fait depuis 6 ans environs, c'est à dire depuis que je suis sur un label québécois, j'ai beaucoup de mal à me faire entendre en France, beaucoup par manque de temps passé là-bas et aussi par manque de moyens. Revenir en france, c'est un peu revenir dans une jungle qui n'a pas besoin de moi du tout.

As-tu gardé une oreille sur les artistes qui partageaient ton label en france, Lithium au début de ta carriere (Mendelson, Experience, Dominique A...) ?

On s'est un peu éloigné, c'est de Françoiz (Breut) que je suis resté le plus proche, j'aime écrire des chansons pour elle. Avec Experience,on se suit par e-mails interposés, et puis pour ce qui de Dominque (A), c'est marrant parce qu'on se retrouve à nouveau sur le même Label en France ! (Olympic)

Sur quel(s) projet(s) travailles-tu actuellement ? Un nouvel album ?
Je suis en train de réaliser (direction artistique, arrangements, suivi du mixage) l'album de quelqu'un d'autre que moi-même pour la première fois, c'est très exitant. C'est pour Michel Faubert que je travaille, un artiste que je respecte énormément, qui fait le lien entre la musique traditionnelle québécoise, les héritages du passé et la vie contemporaine dans les villes, ainsi que l'avant -garde. Sinon, au québec, on vient de sortir un cd-dvd live (Herri Kopter au Grand Théâtre) . Et puis j'écris de nouvelles chansons pour un album que je voudrais enregistrer l'automne prochain.

Prévois-tu quelques concerts prochainement de notre coté de l'Atlantique ?

Il se peut que je vienne en mars... Ça reste à confirmer!!!

La Magic Box a découvert quelques artistes quebecois que l'on n'a pas encore eu le plaisir d'entendre en France (Alexis O'Hara, Monsieur Mono, Eve Cournoyer...) . As-tu de ton côté quelque artiste à nous vanter ? A nous déconseiller ? ;-)
Malajube est un groupe très en vogue ici. Il y a Patrick Watson qui est un artiste incroyable et qui devrait "exploser" cette année. Un autre gars dont je suis impatient d'entendre le premier album se nomme Damien Robitaille. Sinon j'aime bien Pierre Lapointe dans un genre un peu plus populaire, et puis le groupe de mon guitariste (There is a... Creature) vaut vraiment le détour, des mp3 sont téléchargeables sur leur site (thereisacreature.com)... Ceux que je n'aime pas je n'en parlerai pas !

Quelle est la derniere info sur la France qui t'a fait réagir ? (rire, bondir, pleurer...) Et sur le Quebec ?
Pour la france je suis ça de loin... Disons que les gros clash en banlieue sont le truc majeur qui m'a fait réagir récemment.

Questions rapides :
Quelle est ta saison favorite au Québec ?
L'été
Quelle est ta région préférée ?
Le charlevoix
Ta ville préférée ?
MONTRÉAL
Ton plat préféré ?
Le pâté chinois (un plat très québécois comme son nom l'indique)

Qu'est ce qui te manque de la France qui te donne parfois envie de revenir ?
Les petits villages, les chemins, les paysages, les amis, les vieilles choses ...

Discographie :
1996 - Monde pour n'iimporte qui (Lithium/Labels)
1998 - La nuit éclaire le jour qui suit (Lithium/Labels)
2001 - Jérôme Minière présente Herri Kopter (La Tribu/Chronowax)
2003 - Le petit cosmonaute (La Tribu/Chronowax)
2005 - Jérôme Minière chez Herri KOPTER (La Tribu/Olympic/Wagram)
Ecoutez
2005 - Herri Kopter au Grand Théatre (CD/DVD sorti au Québec uniquement - La Tribu)

Pour en savoir plus :

www.herrikopter.com

 

Mike S.


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DESTINATION QUEBEC

EVE COURNOYER
Navigant entre chanson et rock, Eve Cournoyer vient de sortir au Québec un second album studio. Toujours inconnue en France,
elle rêve pourtant d'un jour où elle traversera "la flaque pour aller nous chanter la pomme...". Du rêve à la réalité, il n'y a qu'un pas, celui de la découverte. Ce sera chose faite une fois que vous aurez lu cette "entrevue" passionnante. Il ne vous restera alors, qu'à insister aupres de votre disquaire afin qu'il fasse traverser "la flaque" à ses disques, avant qu'enfin, vous puissiez la voir et l'entendre, en direct live dans votre salle de spectacle préférée....



On dit toujours qu’au Québec tout le monde chante en famille.

Au Québec, tout le monde chante en famille à Noel, pas vous ? Sinon, c’est selon, c’est un mythe...Même que parfois la famille ne comprends pas (au début) pourquoi tu décides de faire ce métier à 25 ans quand tu as fait des études et que tu pourrais gagner ta vie de façon plus confortable en étant avocate ou dentiste. Mais si c’était facile tout le monde le ferait !

Comment en êtes vous arrivée à faire votre métier ?
Avec une guitare, un crayon, un micro, une enregistreuse et des heures de bidouillage technique sur des machines qui peinturent l’univers sonore qui sort des enceintes de ma chambre. Le reste c’est du théâtre, des contacts, des rencontres, de la persévérance, de la solitude, du rock’n roll, des groupes à monter à perdre à refaire, des erreurs, des essais, de la chance, l’encouragement des gens qui aiment ce que tu fais et qui te demande; c’est quand tu joues ? Pis, ton disque, y é tu sortie ? J’aime ça ce que tu fais, lâche pas !!!

D’ailleurs, vous l’exercez à 100 % ? Vous avez d’autres activités professionnelles ? artistiques ?
Je le fais le plus que je peux; j’écris, je compose, j’enregistre, j’arrange, je fais des spectacles ( une cinquantaine avec un groupe, et une autre cinquantaine en duo guitares en première partie de Richard Desjardins pour sa tournée Kanasuta en 2004 – malheureusement pas en Europe – on peut pas tout avoir en même temps !)
Le reste du temps qui me reste; je marche beaucoup ( je ferai factrice à ma retraite), je fais de la raquette l’hiver, du vélo et du canot l’été et je nourris, je veille, je console, je love, j’éduque, je fais les courses et parfois des voyages. Ma fille a 11 ans, ça passe vite, j’en profite.
.

Vos influences musicales sont elles exclusivement francophones (Quebec France…) ou avez-vous été influencé par des artistes anglosaxons (Canadiens, américain, européens…) ?
Je préfère inspiration à influence. Ce qui m’inspire c’est ce que je ressens quand j’écoute de la musique. Il faut que mes chansons passent une énergie, une vibe, à la personne qui l’écoute. Les song writers qui me le font sont autant anglophones que francophones comme entre autre les Bob Dylan, Thomas Fersen, Francoise Hardy, Richard Desjardins, Jacques Brel, Neil Young, Johnny Cash, Rickie Lee Jones, Marianne Faithfull, P J Harvey … et les groupes comme Les Rita Mitsouko, Echo and The Bunnymen, Siouxsie and The Banshees, The Pretenders, tout le rock des années 50-60-70 ou presque. J’aime aussi la musique classique; Bach, Satie, Mozart, Chopin et tout ce que je ne connais pas de nom et sur lequel je peux faire des siestes l’après-midi.

Parfois chanson, parfois rock, parfois plus pop. Vous ne voulez pas vous enfermer sous une seule étiquette ?
En commencant mon aventure créative à la mi-vingtaine, venant de donner naissance à ma fille, m’enfermer dans quoi que ce soit était hors de question au contraire, rester en contact avec mon esprit sauvage, primitif, naturel est la flamme que j’essaie de protéger. `` Keep On Rocking In The Free World `` comme chante Neil Young.

Des textes souvent tristes ou désabusés. C’est comme cela que vous voyez la vie ?
Si vous n’avez entendu que tristesse et désillusion dans mes chansons, il faut les réécouter pour y entendre l’autre côté; la joie, l’espoir, l’Amour. Les paroles ne sont pas dans la pochette, c’est ma contribution écologique, vous pouvez les lire sur mon site internet www.ecournoyer.ca.
J’ai lu ça quelque part récemment et j’aime ça; L’optimisme est la position de ceux à qui il manque des données sur le réel.

Le titre de votre deuxième album, L’écho, est aussi une des chansons de l’album. Elle est différente du reste de l’album, plus sombre encore, plus longue, plus expérimentale. Est-ce une direction vers laquelle vous aimeriez vous orienter ?
L’écho qui selon le dictionnaire veut dire ; répétition d’un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle; lieu où se produit ce phénomène.
D’abord cette chanson, je l’ai écrite au retour d’un voyage en canot sur le lac au sorcier; un lac en forme de ventre de femme, entouré de falaise abrupte, rempli d’une eau profonde et noire. Y ramer est toute une expérience car les courants y sont forts et imprévisibles d’où son nom.
J’amène toujours mes pistes maison en studio. Les musiciens jouent alors par-dessus mon travail. Lors de l’enregistrement du drum, le batteur extraordinaire, Alain Bergé a dépassé le 2 minutes 30 secondes original de la chanson et on a tous suivi en sorte de jam qui collait bien au propos de la chanson; la nature qui se déchaîne ! J’ai collé une trame sonore que j’avais écrite pour une pièce de théâtre, des indiennes qui hurlent, Fred Fortin y est allé avec une basse disto qui me fait penser à un gros paquebot en colère et Guy Kaye, le guitariste, a laissé aller ses effets de la rage. Y faut bien s’éclater des fois ! Du jour au lendemain, la chanson a doublé de durée et un jam musical sur une de mes pièces, j’en rêvais depuis longtemps moi qui travaille souvent toute seule. Ça fait plaisir comme un voyage en canot sur le lac au sorcier.

Comme le dit votre dernière chanson, C’pas facile d’être ! Est-ce pas facile d’être artiste « indépendant » au Québec ?
C’pas facile d’être … est une de mes premières chansons. Avant je disais, c’pas facile d’être toute seule. J’ai enlevé le toute seule et changé des paroles cet été pour sortir de ma petite personne parce que c’est pas facile d’être chauffeur d’autobus, mère au foyer, président de compagnie, porte parole, hommes femmes ou enfants … n’importe qui quoi… terrien, terrienne, animaux, plantes ou poissons. C’pas facile d’être soi-même pour vrai dans le monde que l’on fait. Et d’être artiste indépendant c’est ce qu’il y a de plus important face à soi-même le reste c’est de la politique, chacun son optique.

Comment imagines-tu ton avenir ?
Je ne pense jamais à l’avenir, je trouve qu’il arrive bien assez vite ! Albert Einstein – quel poète !
Je prépare mes spectacles que je donnerai à partir du printemps et un jour je traverserai la flaque pour aller vous chanter la pomme. C’est beau de rêver !

Parmi la scène québécoise actuelle, quels artistes trouvez vous particulièrement intéressants ?
Y a tellement de groupes qui jouent à Montréal et ils sont tous à leur manière intéressant. Il y a bien sûr les artistes de la compagnie de disque C4 avec qui je travaille pour l’Écho tel que Fred Fortin;
Je ne ferai pas mon palmares mais vous invite fortement à visiter le site internet de notre disquaire du plateau Mont-Royal, Les anges vagabonds
Ceux qui réussissent à sortir une galette s’y retrouvent. J’ai des coups de cœur mais je les garde pour moi, mes secrets bien gardés; quand ils sortiront, vous allez en entendre parler.

En dehors bien évidemment du Québec ?
J’ai eu la chance de partager la scène cet automne lors des Coups de Cœur Francophones avec Anaïs et Les suprêmes Dindes et ils sont écœurants ( ce qui veux dire extraordinaires par chez nous ) !!

Discographie :
2005 - Eve Cournoyer - L'écho (C4/DEP)
2003 - Sabots-de-Vénus - 2 guitares
2002 - Sabots-de-Vénus

Pour en savoir plus :
Destination Québec, le nouvel Eldorado du Rock...
www.supremesdindes.com
www.fersen.free.fr
www.ecournoyer.ca
www.fredfortin.qc.ca
www.c4productions.qc.ca
www.dep.ca
www.angesvagabonds.com.

Mike S.


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TAPE DANS
TES MAINS
ET DIS YEAH !

Un bien drôle de nom pour ce nouvel OVNI du Rock ! CLAP YOUR HANDS SAY YEAH ! Mais, après les nombreux Black Rebel Motocycle Club, Godspeed You Black Emperor et autres Yeah Yeah Yeahs, et leurs abréviations systématiques, rien ne nous impressionnent plus. Ce qui étonne, c'est plutôt cette nouvelle lame de fond qui pousse les CYHSY vers le haut de l'affiche, à peine leur premier album sorti aux USA... Chose nouvelle tout de même, avec les CYHSY, on sort de cette longue série de groupes qui redécouvraent le Rock n'Roll comme si c'était le nouveau Graal...
Pour les Clap, c'est la Pop qui se marie à la Folk. Un mariage agréable qui est venu au hasard des enregistrements... Rencontre avec l'un des deux jumeaux de la bande, Lee Sargent...


Depuis quelques années la tendance est au Rock’n Roll, qu’est ce qui vous a orienté vers un style différent ?

CYHSY : Je ne sais pas si c’était une décision commune ou simplement de Alec…En fait je ne sais pas vraiment, je considère que notre musique est toujours Rock’n Roll. Alec a écrit toutes les chansons sur une assez longue période, il n’y a pas vraiment eu de décision commune d’évoluer vers un style différent. C'est notre style, rien de plus...

Quand j’écoute ce que vous faites, je pense aux groupes de Manchester des années 80 comme Happy Monday ou James, vous connaissez ces groupes ?
Happy Monday, ça me dit quelque chose mais ce n'est pas une influence. Quand on met en place la musique, chacun s’occupe de son truc et comme chacun écoute beaucoup de choses différentes, notre musique est évidemment influencée par plein d’autres groupes mais on pourrait pas dire qu’il y en a un en particulier.

Comment ça se passe quand vous composez une chanson ?
Souvent tout part d’Alec : soit il a toutes les parties, soit juste les paroles, des accords de guitare, ou un autre point de départ et puis après on construit le reste. Tous les quatre, on arrive a apporter notre touche et à influencer le morceau car on joue tous d’une façon assez spécifique.

Il y a une sorte d’effervescence autour de votre groupe, (si, c’est vrai !), on a l’impression que vous êtes le groupe sorti de nulle part que tout le monde a envie d’entendre, comment vous expliquez ça ? J’ai lu quelque part qu’ Internet jouait un rôle dans tout ça.

Oui c’est très probable, à partir du moment où on a commencé à jouer devant du monde et qu’on est devenu un peu connu, on nous a fait de la pub dans des blogs et quand notre disque est sorti aux USA, des gens ont diffusé notre musique sur Internet. Je pense que ça a eu un effet très bénéfique sur notre succès et que la manière dont la musique est diffusée sur Internet peut profiter a beaucoup de gens.

Il y a donc des fans qui partagent votre musique sur Internet, même avant que votre disque ne soit officiellement sorti en Europe, vous en pensez quoi ?
Qu’est ce qu’on pense des gens qui téléchargent de la musique sur Internet c’est ça ? Je crois que ce n’est pas un problème, particulièrement en ce qui nous concerne. Vous savez, on a commencé à enregistrer ce disque sans vraiment avoir de grandes ambitions et à l’heure actuelle ça déjà dépassé nos attentes. A la base on voulait juste faire une démo. Je crois qu’il y a des gens qui aiment bien avoir l’album en main, physiquement, et c’est comme ça qu’on devrait écouter de la musique. S'il y a des gens que ça n’intéresse pas et qui se satisfont de télécharger de la musique, alors c’est comme ça et puis c’est tout.

Pour beaucoup de groupes les Transmusicales de Rennes ont été un tremplin pour leur notoriété en France : je pense à Nirvana, Ben Harper, Portishead, Beck, Massive Attack, The Chemical Brothers…Comment est-ce que vous abordez ce festival ? Est ce que vous attendez quelque chose de particulier ou est ce que c’est juste un bœuf de plus ?
Grande réflexion... Quelque chose entre les deux. Personnellement je ne me rendais pas compte de l’ampleur du festival avant d’arriver, ce matin (rires). Les journalistes nous disent que ça pourrait être un tournant mais on le prend surtout comme l’opportunité de faire un show de plus et on est très emballé !!

Est ce que vous jouez des reprises sur scène ?
Oui on joue une reprise de Bob Dylan qui s’appelle « Love Minus Zero No Limit » et une autre de Neil Young qui s’appelle « Helpless ». On pourrait très bien faire des concerts sans introduire de reprises mais ce sont des chansons qu’on aime jouer alors on essaye de les intégrer. En tout cas elles ne sont pas là pour faire du remplissage si c’est ce que des gens peuvent penser....

On connaissait déjà les « Hot Hot Heat » et les « Yeah Yeah Yeahs », est ce que votre nom (Clap Your Hands Say Yeah) c’est une manière de sortir de la masse ?
Oh, l’histoire qu’il y a derrière notre nom n’est pas très intéressant. Notre groupe s’est formé en janvier 2004 et après quelques mois on a commencé à faire des concerts et on avait besoin d’un nom. On était en voiture aux alentours de Brooklyn ou je vivais à l’époque et cette phrase nous est apparue en chemin écrite sur un mur blanc. Et voilà, ça collait bien.

Comment est ce que vous vous êtes rencontrés ?
On se connaissait déjà depuis assez longtemps par le biais de diverses fréquentations avant de former le groupe. Alec avait un paquet de chansons, il voulait monter un groupe. On a juste essayé ensemble et puis ça a marché.

Clap Your Hands Say Yeah - éponyme
(Wichita/V2)
(Sortie officielle : 17 janvier 2006)
http://clapyourhandssayyeah.com

Interview réalisée par Mike S. à l'occasion de leur passage aux Transmusicales de Rennes, le 10 décembre 2006.
Traduction : Michaël H.

 

Mike S.


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Skinny as
THE
RAKES
4 musiciens originaires de Londres. Ils ont sorti en 2005 un premier album intitulé Capture/Release, sur le label V2 et ont tourné cette année en compagnie de Bloc Party, groupe signé sur le même label. Quelques singles déjà très remarqué Strasbourg, 22 Grand Job…
En 2006, le groupe assurera la première partie de Franz Ferdinand à travers la moitié de l’Europe. L’occasion de confirmation une notoriété grandissante.
Lors de leur passsage à Rennes en novembre dernier, "première" rencontre…

Comment vous êtes vous rencontrés ?
On a travaillé ensemble, on discutait beaucoup ensemble de groupes, de musique, on avait a peu près les mêmes goûts musicaux. Deux d’entre nous on été à l’école ensemble. En fait le vrai point de départ c’est qu’on est potes, qu’on trainait ensemble et comme à Londres beaucoup de gens ont un groupe, on s’est dit tiens si on répétait ensemble, on pourrait se trouver des filles et boire de la bière ! (rires)

Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
On aime jouer. On écoute tous pleins de choses différentes, on a tous joué dans des groupes avant. Quand on s’est mis ensemble on s’est pas dit : « On veut sonner comme tel ou tel groupe ». C’est important de bien jouer d’un instrument mais ce qui est surtout important pour nous c’est que la première fois qu on a répété, on jouait un morceau et on avait envie de recommencer tout de suite, l’important c’est qu’il y avait une énergie qui se dégageait de nous quatre.

Quelle est la petite histoire derrière votre nom de groupe The Rakes ?
Mathieu : Ca vient d’une expression anglaise « Skinny as a rake » , littéralement Maigre comme un râteau (en français on dirait « maigre comme un clou… »). Nous sommes nous-mêmes quatre gars très maigres….
Jamie : … T’as qu’à nous voir sur scène, des râteaux cachés derrière leur guitare… C’était une blague au départ…
Mathieu : Oui, une blague entre nous. Et finalement, oui, ça nous allait parfaitement. Et ça fait un peu Gentleman…
Jamie : En fait c’est comme ça qu on s’appelait déjà entre nous avant qu’on commence à répéter. C’est un mot qui était utilisé au 18e siècle pour désigner un homme de mauvaise vie, une sorte d’aristocrate qui tourne mal, qui se maquille, boit beaucoup, et fréquente toute sorte de femmes.

Vous avez un son proche de Bloc Party. C’est pas de chance d’être arrivé en même temps, non ?
Ils ont commencé juste avant nous pour dire la vérité, on s’est formé 8 mois après eux. On les connaissait déjà avant, on était du même coin, on a eu le même producteur… Une série de coïncidences en fait. Quand ils ont commencé à sortir un single et à tourner, ça nous a motivé, on s’est dit « ces gars là y arrive alors on peut sans doute y arriver aussi ». C’est vrai que ce son est assez populaire, on est tombé dedans et on s’est laissé porté.

Votre chanson préférée dur ce premier album (chacun) ? Pourquoi ?
J’aime bien « Binary Love ». D’habitude j’aime bien quand ça bouge mais là c’est plus relax, plus ambiance. De toute façon je pense que le 2e album va s’énerver un peu plus. C’est une chanson inspirée. Y a pas mal d’émotion.
Jamie : Moi je dirai « Strasbourg », c’est la première de l’album, la première qu’ on a enregistré.

De quoi parle la chanson Strasbourg ?
Mathiew : Ca parle d’un jeune couple, un homme et une femme. Ils vivent en Allemagne de l’Est au début des années 80. Ils se sentent oppressé par l’atmosphère de délation et de méfiance au sein de leur famille, de leur immeuble, dans la rue. On sait pas vraiment qui travaille pour qui etc…Ils veulent s’éloigner de tout ça. Le gars est plutôt pessimiste et sa copine plutôt optimiste mais tous les deux entreprennent de s’enfuir. Le dernier couplet est un peu plus actuel, ca parle des récents évènements qu’on peut voir à la télé sur l’Irak.
Jamie : Strasbourg c’est leur destination. On nous a souvent reproché l’ambiguité, on a l’impression que Strasbourg c’est en Allemagne de l’Ouest quand on écoute la chanson. C’est quelque chose dont on se rend compte, nous on fait la différence. Mais c’est vrai que c’est très proche et que pour se rendre à Starsbourg il leur fallait passer par l’Allemagne de l’ouest.


Interview : Mike S.
Traduction : Michaël H.
Photos : 1/2 : V2 et 3 : Mike S.

 


Mike S.


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THE GRIS GRIS

Greg Ashley, bouille joufflue, élevé semble-t-il au lait entier, n'a pas vraiment la gueule de l'emploi et semble à mille lieu du rock psychédélique et anachronique de son groupe, The Gris Gris. En tout cas, on ne s'attendait pas à ça, à l'écoute de For the season un album-monstre comme on n'en fait plus depuis le milieu des années70. Le malin peut sans doute revêtir des allures angéliques pour séduire et frapper encore plus fort. Tiens, je vais avoir besoin d'un gris gris moi aussi…

Tu as fait cet album au Texas dans un bled perdu Aurait-il sonné différent ailleurs ?
Toute l'idée à propos de ce choix est parti du fait que nous avions une certaine somme d'argent pour enregistrer cet album. C'était une avance pour le studio. Comme j'avais une partie de l'équipement, j'ai décidé de l'enregistrer moi-même en prenant mon temps. Ce n'est pas exactement de la Haute Fidélité mais c'est exactement là où nous voulions aller. L'idée a été donc de prendre cet argent et de prendre des congés, en vivant dans une ferme 3 mois. C'était une chance de s'éloigner de la ville et de ses distractions. Avoir du bon temps. Il n'y avait personne des miles à la ronde ; nous pouvions donc jouer au milieu de la nuit si nous le voulions à fort volume. Des genres de trucs que nous n'aurions pu faire dans une ville. Parce que cela fait chier pas mal de gens. Non, nous n'aurions pas pu faire le même disque à San Francisco. Et puis nous n'avons pas d'endroit pour répéter. On en avait un mais on l'a perdu quand, nous sommes partis en tournée. Nous avions besoin d'un endroit pour pouvoir se concentrer sur notre musique.

For the season est-il fait d'improvisations ?
Certains morceaux sont faits ainsi. Cela dépend des chansons : pour certains, guitare-basse-batterie et orgue sont joués tous ensemble et moi, je viens chanter dessus après. Après nous écoutons et nous voyons s'il y a encore autre chose à faire dessus. Oui plus ou moins c'est enregistré dans une pièce live. Mais c'est un peu comme ça que font les groupes, non ?

Quel est le sens du nom de l'album ? Y a-t-il une idée politique derrière ?
(rires). On peut voir ça comme ainsi. Il y a pas mal de chansons qui sont en quelque sorte influencées par ça. Plus ou moins, cela veut dire "le monde est devenu naze". Mais pas vraiment en fait. Il y a une chanson sur le moment où l'on devient mature. Pour moi et pour les gens avec qui j'ai grandi, nous avons vu que les choses ne tournaient pas aussi bien que nous aurions pu l'espérer. For the season c'est un peu sur l'idée où il y a des saisons dans sa vie ou quelque chose comme ça.

Ta musique sonne très années 60. Tu es d'accord avec ça ?
Oui. Il y a beaucoup des disques m'ont marqué alors que je grandissais. Nous venons de là, c'est sûr. J'aime beaucoup la manière dont sonnent ces disques et qui s'opposent aux albums actuels avec des reverbs, des effets de production et des trucs dans le genre.

Et quel genre de disques influence ta musique ?
Quand j'ai commencé, quand j'étais encore un enfant, j'aimais beaucoup la musique des années 50. Mon père écoutait ça ou de la musique classique. Mes parents étaient assez vieux comme parent et n'avaient aucun disque des années 60. Donc, j'ai grandi là-dedans et j'ai découvert le punk avec The Mummies et d'autres groupes. J'avais des groupes alors et nous jouions du rock 50's mais punkisé. Et puis cela a été la découverte de truc psyché un des premiers a été The Electric Prunes, 13th floor elevators avec leurs sons bizarres et cools. Cela m'a totalement fait vibrer. Cela m'a inspiré.

N'es tu pas parfois jaloux de vivre aujourd'hui au lieu de la fin des années 60 ? Une époque où le marketing n'existait pas et le music business était moins fort…
Je ne sais pas…Je suis définitivement heureux de vivre maintenant par rapport à cette époque…

Mais pour la musique ?
Je pense que cela dépend de ce que tu fais. Il y a effectivement de la musique pourrie, un pouvoir qui gave le public avec les radios et d'autres médias. Mais il y a aussi moyen d'être libre de faire des morceaux comme The Electric Prunes parfois 1 ou 2 morceaux seulement sur un album car il y a producteur qui contrôle tout. Là où nous sommes ce n'est pas une major du tout. Mon album a été plutôt bon marché à faire car je l'ai enregistré. Donc c'est plutôt, " fais ce que tu veux". Mais peut-être pour des groupes comme The Rolling Stones ou les Beatles…Même si je pense qu'ils ont dû faire l'album qu'il voulait.

Ton album est psychédélique. Quelle est ta définition du psychédélisme ?
Certaines personnes disent que c'est une musique cool à entendre en prenant des drogues… Je ne sais pas. Peut-être que toutes les musiques sont meilleures sous effet de drogue…Cela peut être tout type de musique si on utilise certains sons bizarres ou des trucs non entendus auparavant. Comme passer un doigt sur le rebord d'un verre. Utiliser des objets ou des instruments de manière non conventionnelle. As-tu entendu Os Mutantes par exemple ?

Tout le monde, même ton label, parle de toi comme un shaman, comme un mix entre Brian Jones ou Jim Morrison. Es tu agacés par cette comparaison ?
Oh je pense que c'est une blague. Je crois que c'est un truc du mec qui a écrit la bio pour l'album. Je ne sais pas pourquoi. Je n'aime pas croire en Dieu ou d'autres conneries comme ça.

C'est une erreur totale à ton sujet en fait ?
Oui mais je trouve ça plutôt drôle.

Regrettes-tu d'avoir appelé ton groupe The Gris Gris ?
Non, non. Il y a un album de Doctor John qui s'appelle Gris Gris. C'est son premier et j'aime beaucoup cet album. Je trouve que cela sonne cool.


Aide traduction : Pierre Lostanlen
Denis Z.


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RHESUS

Cela fait 4 ans que nous suivons Rhésus, un groupe qui grandit et progresse à chaque étape franchi. Sad Disco leur premier album brille par sa maturité et sa maîtrise. Rhésus ou la talent innée pour la mélodie accrocheuse.

Le précédent EP avait été enregistré à la maison. Là changement d'ambiance, vous êtes partis en studio en Belgique…
Simon : Oui on a bossé avec 2 personnes : Denis Moulin qui a enregistré toutes les prises et Jo Franken qui a mixé l'album.
Aurélien : Franken peut avoir la casquette de producteur mais nous, on l'a pris seulement comme mixeur car on avait une idée super précise de ce que l'on voulait. On ne voulait pas de quelqu'un qui nous dise "là il faut raccourcir le morceau d'une minute" ou "là il faut rajouter un gros synthé sur le refrain".

Déterminés et surs de vous ?
En fait nous n'avions pas trop de temps pour enregistrer et mixer. 14 jours de prise et 12 jours de mix. Cela fait un jour par morceau. C'est bien si tu sais ce que tu veux. Tu n'as pas droit à l'erreur ou à l'hésitation.

Jo Franken a travaillé notamment avec Zita Swoon pour le dernier album. C'est vous qui l'avez choisi ?
Simon : C'est la maison de disque (ndlr : PIAS) qui nous l'a proposé. En fait au début, nous avions fait une liste de producteurs mais c'était un peu trop haut par rapport à ce qu'on pouvait avoir ou en tout cas, nous n'aurions pas eu assez de temps. Pias nous a donc proposé une solution intelligente dans la mesure où Denis et Jo ne sont pas des gens qui ont fait des trucs énormes et donc qui coûtent très chers mais qui ont en même temps beaucoup de qualité.

Est-ce que dans ce cas précis, vous avez pu vous permettre des choses auxquels vous n'aviez pas accès précédemment ?
Laura : par rapport aux arrangements, oui.
Aurélien : Au moment même de composer, on a conçu nos arrangements dans cet esprit sachant que nous irions dans un bon studio. Pour une fois, ce ne sera pas de la bouillie, ce sera super bien réparti dans l'espace. Oui, nous nous sommes permis des trucs plus ambitieux grâce à un studio de meilleure qualité.
Simon : Et puis, c'est ce que nous voulions tout simplement. Et puis aussi, il ne faut pas oublié que nous sommes un trio. Or nous n'avons pas envie de nous limiter qu'à notre seul et unique instrument.
Aurélien : Exactement, nous ne voulons pas sonner comme un trio. Nous ne sommes pas Power trio du tout. Quand tu écoutes, tu ne peux pas dire que nous sommes un trio.

Le fait de déléguer a-t-il permis d'apporter des trucs auquel vous n'aviez pas pensé à la base ?
Laura : Oui tout à fait.
Aurélien : De temps en temps, ils donnaient des idées sur des couleurs de son à rajouter auxquels nous n'aurions pas pensé. Mine de rien, les 2 premiers EPs ont été enregistrés dans notre local de répétition sur un petit ordinateur. On ne pouvait pas trop se rendre compte. Ils nous ont donc proposé des choses ; après on prenait où on ne prenait pas.

Avec cet album, vous passez dans une catégorie supérieure. On vous attend un peu. Vous avez une bonne maison de disque, vous avez gagné le CQFD des Inrocks et le FAIR. Avez-vous le sentiment de devoir devenir plus professionnel ou de faire plus gaffe à ce que vous faisiez ?
Aurélien : Je pense que nous étions dans cette optique depuis le début. Je pense que nous nous sommes toujours auto-critiqués, auto-imposés une hygiène de travail…
Simon, nous n'avons jamais été des branleurs en fait. Nous sommes d'un naturel sérieux. Donc c'était un plaisir de devoir être encore plus professionnel, ce n'était pas une obligation.

Cet album est plus pop. Est-ce totalement une volonté de votre part ou est-ce encore car au vue de l'argent engagé sur vous, il fallait être plus "grand public" ?
Simon : En tout cas, avant de le faire, nous ne nous sommes pas dits "il faut que ce soit comme ça ou comme ça".
Aurélien : Je pense que c'est venu comme ça, naturellement. De la manière dont cela a été composé, au calme dans un local. En même temps, il y avait un sentiment de lassitude par rapport à ce que nous avions exploré avant et un peu usé en concert. .C'est- à- dire les artifices du power trio normal. Le riff de guitare, la batterie bien lourde, les petits arpèges avec la basse…Nous voulions passer à autre chose à plus de "songwriting". Même si cela fait super prétentieux de dire ça comme ça. Nous arrivons avec des chansons et après on voit qu'est que nous faisons.
Simon : Et de se découvrir aussi des choses que nous ne pensions pas pouvoir jouer. Ou des idées d'arrangements. Comme le piano par exemple.

En même temps, il y a sur Sad disco, un morceau bien rock qui s'appelle You and me ? Celui-là était obligatoire ?
Aurélien : Nous ne sommes pas dits ça. Le morceau est arrivé, c'est tout.
Simon : paradoxalement, c'est un des plus violents que nous ayons fait. Sur l'album, il y a des choses très calmes et d'autres très violentes, il y a vraiment une palette assez large en fait.

Le précédent EP s'appelait Meanwhile at the party. Celui-là Sad Disco. Vous restez dans la même lignée : la nuit, la fête ?
Laura : Ce n'est absolument pas fait exprès.
Simon : En plus pour Meanwhile, On a d'abord eu la pochette et ensuite nous avons cherché un titre qui irait avec.
Aurélien : Là c'est anecdotique. En fait c'était un titre provisoire de morceau qui avait un peu un beat disco. Et finalement, on a gardé le titre pour le morceau puis carrément le titre de l'album. Et depuis tout le monde nous pose la question.

Sad Disco c'est antinomique. Alors, vous êtes plus Sad ou plus Disco ?
Laura : C'est un peu l'interaction des deux en fait.
Simon : Les textes sont plutôt mélancoliques pas du tout festifs en tout cas. En même temps, la rythmique est continue, entraînante, presque dansante. Mais une fois de plus, ce n'est pas spécialement voulu. Avec un autre titre, l'album aurait sonné de la même manière.

Interview 2002
Interview 2004
Discographie :
2002 : Coma (EP) (Un Dimanche / Musicast)
2004 : Meanwhile (at) the party (EP) (Pias)
2005 : Sad Disco (Pias)


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Rhésus - Sad Disco
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Denis Z.


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PIANO MAGIC
London Blues

Glen Johnson n'est pas britannique pour rien avec son humour pince sans rire et sa distinction naturelle. Et une rencontre dans un espace plus qu'exiguë devient vite un moment aussi privilégié qu'une longue discussion dans un salon de thé. De Britannique, il en a aussi le background musical de Cure à Depeche Mode en passant par Dead Can Dance. Et sans doute aussi les obsessions proche d'Un Oscar Wilde et de Will Self…Rencontre avec Glen et en guest tous les Piano Magic.

Une des chansons de l'album s'appelle I must leave London. Où vivez-vous maintenant ?
Glen : Malheureusement nous vivons tous à Londres. J'aurais souhaité ne pas y être. Je suis prêt pour une retraite paisible, à la campagne. Juste quelques chiens, les arbres ma petite amie. Le calme.
Alasdair (basse) : Des bébés ?
Glen : Non pas de bébés. Ils ne sont pas synonymes de calme de bruits. Oui je suis prêt à partir, cela fait 10 ans que je suis à Londres. Cela m'a progressivement fatigué au point qu'il n' y a plus rien à en tirer.

Est-ce que cela veut dire que tu es un peu maso. Ou peut-être, faut-il être d' une humeur sombre pour écrire des chansons ?
Oui c'est sûr il faut être maso pour vivre dans le centre de Londres. Un peu de toi doit l'être car tout sonne faux. Pour moi en tout cas, car je suis de toute façon extrêmement sensible aux choses. C'est comme à Paris cet après-midi, deux heures dans les embouteillages. Aucune voiture ne respecte les autres du tout, personnes ne suit aucune règle et la Police se fout de ça. C'est comme à Londres même si le trafic est encore pire à Paris. C'est l'attitude : "je t'emmerde, je fais ce que je veux".

I must leave London est la chanson la plus intimiste de l'album. C'est un titre folk. Parce que c'est la plus personnelle ?
Je serai tenté de te dire oui mais le reste du groupe ne partage le même sentiment. Tout le monde est généralement heureux à Londres.

Parlons de la pochette de l'album…
(A Cédric, claviers et modèle sur la photo) Dors-tu, rêves-tu es-tu malade ou mort ?

Cédric : Non je ne suis pas mort. Je dois dormir, Je ne suis pas malade. Je suis bien dans mon lit. C'est ouvert à l'interprétation.
Glen : Certains pensent même que tu te masturbes.
Cédric, non ce n'est pas le cas…
Glen : Pour moi tu es plutôt malade. C'est inspiré par un tableau d'un artiste américain, avec un garçon très malade au lit qui regarde le plafond. Nous aimions cette image et en avons fait une photo en rajoutant les Bois sur la tête pour l'embellir

Les paroles de Disaffected sont très noires. Pour toi la vie semble douloureuse au point de vouloir être désensibilisé, "désaffecté" pour moins ressentir les choses…
Il y a de l'optimisme dans la chanson. Je suis arrivé à un point où je suis désaffecté. Il y a de l'espoir si tu règles ta montre sur le rythme de ton cœur et pas sur celui du travail. Le travail est surfait, c'est ce qui te tuera. Je ne veux plus travailler d'ailleurs… Oui je suis désaffecté de tout, c'est un fait.

Mais c'est Angèle qui chante la chanson…
Elle n'est pas du genre "désaffectée"…Elle est plutôt heureuse.
Jérôme (batterie) : je crois qu'il y avait la volonté de faire un contraste entre la voix douce de Angèle et le texte sombre. Cela rend plus forte la chanson.
Glenn : je trouve que la chanson est plutôt lumineuse. Certaines des paroles sont assez sombres. Mais d'une certaine manière c'est une chanson optimiste. En fait cela projette comment tu vas pouvoir aller de l'avant. Tu peux rester là à pleurer sur ton sort ou changer et passer à autre chose. C'est une chanson sur le changement intégral.

Il y a deux chansons qui parlent de fantômes. Est-ce un bon moyen pour être désaffecté ? Avez-vous une théorie sur les fantômes ?
Oh la Théorie c'est qu'ils sont vivants et nous sommes tous morts. Et j'y crois, nous sommes tous morts. Les fantômes essayent de nous en convaincre d'une manière ou d'un autre en apparaissant à la Télé par exemple : Hey les gars , vous êtes tous morts !"

Ta théorie me fait penser à un livre de Will Self, "ainsi vivent les morts"…
Glen : Oui où tous les gens vont à Hockney quand ils meurent…
Alaisdair : ah oui on en a parlé.
Glen : Oui je l'ai lu. Jérôme vit là…C'est exactement comme dans le livre, des rues vides et des gens qui déambulent comme s'ils étaient morts. Ils ressemblent à des fantômes.

La chanson your ghost est chanté par John Grant des Czars. Pourquoi ?
Parce que nous n'avons pas pu l'en empêché. Il a couru dans le studio ; s'est enfermé dans la pièce et a chanté la chanson.

Et vous êtes contents du résultat ? Pour moi, c'est une des chansons les plus chaleureuses de l'album, presque un titre de crooner…
Mais John est un crooner. Il sait exactement où il veut aller. Je la chante sur scène mais je n'ai pas dans ma voix la passion requise, la profondeur. Il est en train de devenir une des grandes voix américaines actuelles, il a un côté intemporel.

Ce titre me fait penser à Brendan Perry de Dead Can Dance.
Oui nous sommes des fans de Dead Can Dance et il y a un peu de ce groupe dans la plupart de tout ce que nous faisons. Certainement.

Vous changez en permanence de label. C'est par choix personnel ?
Glenn : Je crois que nous changeons tout, tout le temps. Je trouve qu'il n'y a rien de plus ennuyeux qu'un groupe où rien ne change. Toujours faire le même album, être sur le même label. Nous aimons laisser les choses filer et donc changer de label. Et puis nous n'avons jamais trouvé de structure qui nous a pleinement supporté, particulièrement financièrement. Parce que nous avons des goûts coûteux.

Votre musique est toujours marquée par la new wave/ cold wave des années 80. C'est une malédiction d'être tributaire à vie de la musique que l'on écoutait quand on est ados ?
Cédric : Mais nous l'écoutons toujours. Je crois qu'en France, beaucoup de gens ont écouté la cold wave, la musique Goth mais ont arrêté à un moment, quand ils ont grandi. Nous ce n'est pas notre cas.
Glenn : J'écoute toujours New Order, Depeche Mode encore aujourd'hui. Car rien actuellement ne m'excite vraiment. Ce qui n'est pas le cas de la musique électronique du début des années 80 ou le rock à guitare de la moitié de cette même décennie.

Votre musique sonne tellement anglaise alors qu'il y a 3 français dans le groupe. Pourquoi Parce que tu es le leader et que tu es charismatique ?
non je ne suis pas charismatique (rires général).
Cédric : Tu sais nous vivons à Londres depuis 10 ans. Et même avant nous écoutions la même musique que les autres membres du groupe, soit tous les styles de musique à l'exception de la musique française.
Glenn ; Qu'importe où tu étais quand tu étais jeunes, tu as probablement écouté Soft Cell, Depeche Mode, Human League ou les Smiths. Mais comme Cédric disait, il y a des gens qui continuent d'écouter ça. Ils ont grandi mais nous, on a gardé ça.
Franck : la chose drôle, c'est que j'ai découvert la musique traditionnelle française à Londres dans un endroit près de London Bridge.

Je trouve que votre dernier album est plus classique dans son côté new wave. Parce que désormais tu consacres tes expérimentations pour Textile Ranch ?
Il y a une dualité. Nous sommes influencés par les années 80 mais Je pense toujours que notre musique est contemporaine. Ce que nous faisons est contemporain. Je ne pense pas que nous sommes une sorte de groupe karaoké comme The Editors ou d'autres trucs dans le genre. Nous sommes inspirés par les années 80 mais nous ne voulons pas être Culture Club. Cette idée même nous répugne. Nous essayons d'amener nos influences dans le 21e siècle. Si possible.


Photo : Martin Andersen
Aide traduction : Pierre Lostanlen
Denis Z.


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MORNING STAR
Entre chien et Loup

Jesse Vernon a un physique à la Tim Robbins, grand dadais lunaire. Avec lui économie de mots, humour en creux. Mais Jesse, non content d'avoir formé avec Jim Barr un studio, de faire partie avec lui The Invisible Pair of Hand, entretient depuis quelques années son projet à lui, son jardin secret : Morning Star. Le nouvel album s'appelle The Opposite is true et continue de distiller sa petite musique de jour.

Pourquoi avoir choisi Benoit Rault de Ben Symphonic Orchestra et Fabrice Laureau connu comme mixeur pour Yann Tiersen pour réaliser ton album ?
En fait je connais Benoît car il est chez Microbe (NDLR : le Label de Morning Star) comme moi. Le son de son album était très bon alors que celui du mien était plutôt mauvais. Et Microbe me suggéra de faire appel à Ben pour mon album. J'en étais très heureux car il fait une musique assez similaire à la mienne avec des instruments acoustiques et de l'orchestration. C'est un bon enregistreur et il sait jouer de plusieurs instruments. Cela a été un bon partenariat. Avec Fabrice c'est un peu la même chose, nous voulions quelque chose de simple, sans beaucoup d'effets, nous ne voulions pas sonner moderne ou sonner de manière particulière mais juste avoir la bonne balance entre les instruments. Il a été très bon pour ça, je pense.

Sans eux, l'album aurait -il eu la même couleur ?
Non pas vraiment car cette couleur comme tu dis n'est pas faîte pour emmener beaucoup d'ajout. Ce qui est bien avec ces deux gars, c'est qu'ils font un son clair sans apporter rien de vraiment nouveau à la mélodie de départ. Et ça c'est justement ça une chose brillante à apporter. Cela apporte juste de la clarté aux idées. Avec quelqu'un d'autres cela aurait sonné différemment avec une saveur plus forte. Cela aurait pu bien sonner ou mal sonner. J'aime beaucoup John Parrish il a apporté sans doute une saveur plus relevée : il a fait un des titres et il a joué de la batterie sur un autre. Et on peut sentir vraiment son empreinte sur ses titres.

Tu as fondé avec Jim Barr, un studio appelé J&J Studio. Quel boulot préfères-tu entre producteur et chanteur ?
Mon boulot favori est juste d'être un musicien pas un chanteur…Des fois, Jim m'invite pour des sessions, je joue de la guitare ou je prends un violon _je ne suis pas très bon au violon. Mais c'est que je préfère. Quand tu deviens producteur, tu as des maux de crane car tu as des responsabilités. Et en ce qui concerne chanter, je suis déçu car je n'ai pas la voix de personnes que je connais. C'est donc la chose la plus difficile.

Quelle est la chanson que tu préfères sur ton album ?
Il y a différente chose. J'aime l'orchestration de Black Swan, même si je pense que je ne suis pas le meilleur chanteur pour ça. Breaking through the wave est ma chanson favorite. Elle est un peu triste, je n'aime pas trop l'écouter. Mais c'est une bonne chanson. Invisible man est celle que je préfère jouer en concert car elle est plus fun. Great day, ma maman aime celle-là. Et donc je dois le dire, j'aime ce titre car ma mère l'aime. Parce que c'est une chanson joyeuse aussi.

Moi ma préférée c'est Cuckoo pour les ambiances, l'atmosphère…
C'est la chanson la plus cool. Ce que je peux dire sur celle-là c'est que c'est une folksong dans la tradition anglaise. Et je voulais que cette folk sonne cool. Parce que la folk apparaît souvent comme quelque chose de pas sympa pour ceux qui aiment le rock. C'était mon idée au sujet de cette chanson. Et je pense cela fonctionne sur l'album. Cela sonne un peu sombre mais en même temps lumineux. Oui, je suis très content de ce titre.

Microbe, ton label, c'est comme une famille ?
Oui c'est la cas. C'est comme des vacances quand je viens en France de voir les gens de Microbe et de rester avec Stéphane (NDLR : Ichai, le boss de Microbe). C'est quelque chose de brillant car je fais de la musique en prenant du bon temps et sans avoir l'impression de bosser. C'est pour ça que j'aime être un microbe. Comme une famille. Mais Papa ne travaille pas assez.

Pourquoi avoir choisi ce nom au début Morning star ?
Pour l'ambiance…J'aimais cette idée d'une musique pour le matin d'avant le soleil. Il y a encore la nuit mais presque plus, ; c'est après la nuit et bientôt ce sera le jour. (en français)

Peux-tu nous parler de The Dukes ?
C'est le projet de Tammy Payne qui chante et joue aussi de la batterie. Elle a écrit des mélodies. Elle a fait beaucoup de choses. Jim Barr est à la production et ils m'ont invité à jouer quelques parties de guitare, comme nous en avons parlé. Je suis donc venu et cela s'est fait très rapidement. Puis ils m'ont demandé de chanter et là aussi cela s'est fait très rapidement. Je pense vraiment que c'est un bon projet. Il y a de très belles mélodies, vraiment cool. Elle a une voix incroyable. Je ne sais pas quand cela va sortir, c'est supposé sortir sur un important label. Mais les choses se passent doucement, le projet a commencé il y a deux ans et c'est terminé il y a 6 mois. Elle en enregistre déjà un autre et je ne sais ce que le premier va devenir. Je pense que les Français adoreraient the Dukes.

Quel est le sujet principal de tes chansons ? Varie-il d'un album à l'autre ?
Tu écris toujours à propos de toi-même. Le sujet est toujours toi. Tout ce que les gens font est comme un autoportrait même quand ils racontent des histoires sur d'autres choses. Ils ne font que se décrire. D'ailleurs c'est mon problème, j'aimerais être un songwriter qui écrit plus d' histoires mais je suis sans cesse rattraper par des chansons d'amour. IL y a donc surtout des chansons sur l'Amour dans mes albums. Peut-être on en peut pas sortir de ça, c'est le sujet principal pour les poètes.

Le titre de ton album a-t-il un sens politique ou philosophique ?
"Oui" est la réponse certaine. Mais je ne sais pas si ce sera une longue réponse. Chaque fois que je me penche sur ma philosophie, je me rends compte à quel point elle est fausse. Il y a toujours un autre côté à chaque chose. C'est comme ce que nous disions sur le Temps entre la nuit et jour. Ce n'est pas le jour, ce n'est la nuit. Donc quand tu dis quelque chose, tu peux dire que l'opposé est vrai. Je cherche l'espace entre la vérité et les mensonges. C'est quelque chose comme ça. Ma philosophie.


Propos recueillis par Mike S. et Denis Z.
Photos : Mike S.
Denis Z.


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Thomas Dybdahl

Nous avions découvert Thomas Dybdahl l’été dernier et ce fut le coup de foudre pour ce jeune songwriter norvégien . Il est de retour à Paris pour présenter son deuxième album et c’est avec un plaisir non dissimulé, que nous l’avons rencontré avant son concert à la Boule noire .

Deux albums sortis en France, le dernier s'appelle stray dogs qu'est-ce-que cela signifie exactement ?
Eh bien , cela parle des gens sans attaches, sans racines, qui vont de place en place. Cet album est inspiré par une fille qui s’appelle Cécilia que j’ai rencontrée. Elle ne s’arrête jamais, ne se pose jamais, elle est irrésistible, les gens comme ça me fascinent car ils n’appartiennent à personne. Je suis complètement fasciné car je ne suis pas comme ça, j’ai besoin de me sentir en sécurité, quand je trouve une place pour vivre, j’aime me poser. C’est juste l’opposé.

Qu‘est ce que cela vous fait d'être comparé à Jeff Buckley ? C'est votre background?
En ce qui concerne Jeff Buckley, je n'avais rien entendu jusqu’à ce que j'enregistre mon premier album. Après , les gens m'ont dit que cela ressemblait mais en fait j'ai beaucoup écouté Tim Buckley, son père en fait. Alors, j'ai acheté le Grace, la première fois, je l'ai détesté. Il y avait quelque chose d'immédiat, mais cela ressemblait à du rock college avec des guitares nulles ...Et puis au bout d‘un mois d'écoute, j'ai aimé totalement l'album, maintenant, c'est l'un de mes préférés , je ne peux pas vivre sans. Chaque fois, j'ai l'impression de me défendre, quand les gens me demandent comment est ce possible , alors je dis maintenant que oui le deuxième album est influencé par Jeff Buckley et le premier par Tim.

Est-ce-qu'il existe une tradition de songwriter en Norvège ?
Oui bien sur, mais ce n'est pas mon univers. Mon background c’est surtout Springsteen, Neil Young, Dylan, Tom Petty, the Band, les formidables songwriters américains. Je ne suis pas influencé par ce qui se fait chez moi car ma musique sonnerait complètement différemment.

Tu as fait déjà plein de choses : trois albums, réalisé un dvd, tu es membre d'un autre groupe. Tu fais tout et tout seul. Quel est ton secret ?
Le secret…une année tu sais c'est long, on a l'impression que le temps passe vite mais en un an tu peux faire beaucoup de choses. Quand tu es chanceux comme moi, la musique est la seule chose que je fais, je n'ai pas de job quotidien, je dépense mon temps et mon énergie comme je le veux. Pour moi, le secret, c'est se poser et être inspiré, trouver de nouvelles choses, chercher de nouvelles musiques, de nouveaux films, écouter des choses qui te font dire " merde, c'est ça que j'aurai du faire". Je veux faire ce genre de trucs. Bien sur, tu es responsable pour ne pas faire la même chose, parce que la raison pour laquelle tu aimes quelque chose c'est que cela sonne différemment. En fait, la plus grande inspiration me vient des autres artistes.

Vous avez joué en février. On dit que vous avez volé la vedette à The Legends, c'était magique pour vous ?
Oui c'était magique, on n'avait vraiment pas prévu çela, spécialement aussi de la part de l'autre groupe. C'était un moment spécial, je ne sais pas il y avait quelque chose dans l'air comme une connection, une attention. Les gens ont commencé à partir quand on a fini de jouer, on s'est dit "merde on est juste la première partie !" C’était inhabituel car en principe les gens viennent pour voir le groupe principal et ne font pas attention à la première partie. Donc pour nous c'était formidable, fantastique. Alors franchement pour le concert de ce soir, je n'attend rien, ce n'est pas possible que cela se reproduise, ça n'arrive qu'une fois ces choses là.

Le public français est-il différent du public Norvégien?
Oui c'est très différent. En Norvège, j'ai un certain succès. Il n'y a rien qui plane dans l'air, je suis exposé un peu partout c'est un petit pays. J'adore venir ici et jouer pour les gens pour la première fois car vous avez une réponse honnête. Soit ils aiment, soit ils n'aiment pas et ils ne vont pas le cacher. En Norvège, les gens ou certains viennent au concert parce que c‘est l'endroit ou il faut venir, du moment, on a toujours un certain groupe qui ne s'intéresse pas du tout à la musique, pas à notre show. Ici c'est neuf, personne ne connaît, ils n'ont pas d'à prioris sur notre musique ..

Vous allez jouer au festival Art rock à St Brieuc, notamment avec Nosfell, est ce que vous connaissez les artistes français ?
Non, je connais très mal, ce que je n'ai jamais mentionné sur mes influences pour mon album c'est Serge Gainsbourg. Il est tout simplement génial , si provocant, je l'ai écouté beaucoup, j'adore. Je ne sais pas ce qu'il chante,car les paroles ne sont pas traduites mais juste le son est génial.Il y a aussi quelques années, j'ai écouté la bande-son de tout peut arriver, un film américain , avec des chansons françaises notamment Assédic, ou Coralie Clément (La samba de mon cœur qui bat). Je suis tombé amoureux de la chanson, direct : elle est fantastique, Coralie est tellement sensuelle quand elle chante ..Si elle écoute je voudrais bien lui dire que j'aimerai beaucoup travailler avec elle.

Que vous manque-t-il, vous êtes jeune, probablement confortable et connu ? Que peut-on vous souhaiter de plus?
Je voudrais avoir plus de public en France, on travaille à ça. J'espère que cela va marcher, cela fait plusieurs fois que l'on vient et chaque fois c'est génial. Spécialement la dernière fois, on a mangé dans un super restaurant, donc on voudrait revenir pour bien manger et jouer devant des gens formidables. Et puis que les gens achètent l'album et ne le téléchargent pas trop.

www.glitterhouse.com

Le site de Dybdahl
Nadege L.


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- Laudanum / Matthieu Malon - Juin 2002
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- The Cranes- 09 novembre 2001
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Mike S.


 
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