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Chroniques CD Etranger



Grimes - Halfaxa
2011 – 15 titres – 51’55

Style : Gloubi boulga electro cold wave/new age/ world
Label : LO recordings / la baleine

Note : 3/10

Certains disques devraient s’écouter sans connaître leur label d'origine et sans lire la bio fournie avec. Dans le cas de Grimes, la différence entre ces infos périphériques et la musique que l’on écoute est vertigineuse. Et ce constat ne se fait pas au crédit de l’artiste. Loin de là. Reprenons les choses au début. Claire Boucher, jeune Canadienne de 23 ans officiant sous le nom de Grimes et signée sur le très sélect label Lo Recordings (The Chap quand même !). Sur la bio, on peut lire les noms de Kate Bush, Fleetwood Mac, Julee Cruise, Prince, Cocteau Twins, The Smiths et My Bloody Valentine. Au jeu du name dropping, avouez que Grimes fait fort ! Et donc presque frileusement, on met le CD et on écoute. Et là, c’est le choc. Loin du plaisir d’avance escompté, Halfaxa ressemble à un gloubi-boulga pseudo new age, worldisant et vaguement cold wave. On ne veut même pas parler de Cocteau Twins ou sinon dans une version remix, extended et tout le toutim c’est à dire répétitive à souhait. Mais plus souvent, le disque donne plutôt envie d’exhumer le nom de la plus fadasse Enya. Tout est ici filtré dans un monde de paradis artificiel rapidement plombant.
Claire Boucher chante dans plusieurs langues et sa présence en circonvolutions vocales rappelle Le Mystère des Voix Bulgares parfois dans une improbable version dance (Sagrad…en même temps, le morceau le moins ennuyeux de l’album) ou une Kate Bush version souffreteuse. Cela voudrait être enchanteur et c’est juste pénible. Dans le genre recyclons, recyclons, Devon fait entrer le Cure de Seventeen seconds dans une pub Ushuaia Nature et Swan song reprend à son compte la rythmique de Blue Monday de New Order pour un résultat efficace mais largement connoté. En fin d’album, Grimes essaye de déconstruire l’univers new age qu’elle s’est efforcée elle-même de créer. La musique se fait plus tribale ou plus bruitiste nous sortant de la torpeur gluante dans laquelle le disque nous avait plongés : on se prendrait presque à apprécier le tranchant My Sister says the saddest things si la voix ne nous ramenait à ce territoire d’évanescence diaphane toujours aussi agaçant. De toute façon, c’est trop tard, la messe est dite.
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Denis Z.
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