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Daisybox - Nov. 2002 - 2002-12-05 14:09:47

Daisyirable DAISYBOX
Malgré un changement de nom imposé, Daisybox gravit les marches vers un succès inéluctable. Etape décisive, leur nouvel album "Organique", un album tranchant comme le diamant et abrasif comme la soude.
Découvrez le groupe depuis longtemps adoubé par Indochine, un quatuor hautement daisyrable !

Pour commencer, vous avez dû changer de nom. Est-ce que vous en voulez à Disney ?
Sam (batterie): (rires). La question est bien tournée pour une fois. (à Léo) Est-ce que tu en veux à Disney ?
Léo (guitares) : Non on en veut pas à Disney.
Sam : moi, je suis content de ce nom Daisybox car c'est un nom qui nous appartient. D'autant plus, qu'on l'écrit en un seul mot : ainsi cela ne représente plus qu'une seule chose, le groupe de rock français.

En 2001, vous avez signé avec Tréma. La rencontre s'est-elle faite facilement ?
Sam : Elle s'est faîte naturellement, je dirais. Axel de chez Tréma, qui nous a découvert, est quelqu'un avec qui l'on s'entend très bien. Le courant est tout de suite passé. On avait le choix à l'époque et nous sommes allés naturellement vers lui.
Léo : c'est un coup de coeur réciproque. Lui par rapport à notre musique et nous par rapport à son côté humain.

Pour cet album, vous avez eu des moyens importants comme celui d'aller en Angleterre ou la présence de Daniel Prestley à la production. N'était-ce pas pour vous une pression supplémentaire pour vous ?
Sam : non je dirais plus que c'est une grande liberté qu'une pression quelconque. Parce que financièrement, nous étions nettement moins limités, nous nous sentions plus libres artistiquement. Avec Daniel, cela s'est très bien passé humainement aussi. C'est pour ça que l'on a choisi en plus de son boulot.
Léo : Non aucune pression, plutôt l'inverse. Dan a fait office de moteur pour nous. C'était une vraie rencontre.

Mais dans ces conditions avec un producteur émérite, avez-vous toujours eu votre mot à dire ?
Léo : Non pas du tout. C'était un vrai travail entre lui et nous. Il nous a aiguillés sur des pistes que l'on n' avait pas pensées explorer. Et nous, on lui a fait part de ce qu'on voulait assez précisément. C'était vraiment un échange constant.

Sur votre bio, il est dit que "vous voulez écrire la chanson pop absolue, la mélodie parfaite". Comment composez-vous alors ?
Sam : Olivier, le chanteur-guitariste, arrive généralement avec une idée de mélodie et les accords qui vont avec. Il a un couplet, un refrain tout au plus. Il nous montre ça en studio et là, nous étoffons en répétant ensemble longtemps. On peut garder ou jeter au final.

Tous les morceaux de l'album vous avez dû longtemps les jouer sur scène d'abord ?
Sam : Il y a pas mal de nouveaux morceaux que l'on a à peine étrennés sur scène. "Pause", "pile ou face" par exemple sont des morceaux récents alors que "45 minutes" est bien plus vieux.
Léo : On a repris des chansons qui se trouvaient sur "Indessa", le premier autoproduit. Nous ne voulions pas nous débarrasser de ces morceaux-là, ils faisaient partie de notre histoire. Nous voulions toute les reprendre, même si elles ont forcément changé : le son n'a plus rien à voir, certaines sont presque méconnaissables. Elles représentent la moitié de l'album.
Sam : Je pense que nous voulions définitivement les poser sur un vrai album car elles le méritaient. Maintenant, c'est fait, nous pouvons passer à autre chose.

Il y a une chanson différente, c'est "Ultra non". C'est toi Sam qui l'a écrite.
Sam : Oui

Pourquoi une seule ? C'est un accident...
Léo : Ultra non (rires)
Sam : je ne sais pas s'il y en aura d'autres. Je ne pense pas que l'on fera comme Sonic Youth où chaque fois Lee Ranaldo place toujours une ou deux chansons. J'écris d'autres chansons comme Léo d'ailleurs. Il se trouve que celle-ci collait bien et que l'on a réussi à incorporer à l'esprit et à l'univers de Daisybox. Elle méritait sa place mais ce n'est pas une règle.

"Ultra non" a par ailleurs une production différente, plus épurée et moins technologique ?
Sam : La chanson demandait ça. On ne s'est pas posé plus de question.

Je voulais parler des textes. Après une première impression où je me suis dit qu'ils étaient un peu zarbis, j'ai essayé d'en dégager différents champs lexicaux. Beaucoup de chansons défiaient l'apesanteur ("La lune", "45 minutes", Hélicoptère", comme un ange"). C'est voulu ?
Léo : C'est difficile de parler à la place d'Olivier car c'est lui qui écrit les textes. Je pense qu'il veut créer un univers où chacun peut trouver ce qu'il veut trouver. Il faut beaucoup lire entre les lignes. C'est très lié à la chute, l'espace, le sexe aussi...
Sam : L'amour...Ce que je peux dire par contre, c'est qu' Olivier_ et je ne dis pas ça parce que c'est mon frère_ est pour moi un des meilleurs songwriters français. Je suis fan.

Au final, on parle aussi beaucoup d'eau avec "Etanche" ; dans "Mon héroïne", "elle nage". Sinon, il y a aussi l'idée de mouvement ou d'absence de mouvement avec "Pause", "immobile".
Sam : Olivier serait content d'être là. Il y a effectivement tous ses thèmes.
Léo : C'est très esthétique en fait. Dans le choix de ses mots, dans la façon de faire ses textes. Et Cela renvoie forcément à un univers flottant.

Là, vous allez jouer avec Indochine. Ce n'est pas la première fois. Est-ce que vous devez à ce groupe d'être là où vous en êtes là aujourd'hui ?
Sam : Indiscutablement, oui. Quand nous avons commencé à tourner avec eux, nous avons joué dans de grandes salles, devant 2-3000 personnes tous les soirs. Cela nous a permis de nous lancer mais aussi de prendre de l'assurance et d'évoluer en tant que groupe sur scène.

Comment c'était faite la rencontre à la base ? Vous aviez envoyé un CD ?
Sam : Pas du tout. Nicolas a débarqué à un concert sur une péniche et il a tout de suite aimé.

Que pensez-vous du dernier album d' Indochine ?
Sam : Il paraît qu'il marche bien (sourire). Ce n'est pas complètement la même musique. On ne fait pas la même chose. On se retrouve sans doute dans les gens qui nous ont marqué. Nicolas dit volontiers qu'il écoute aujourd'hui les Smashing, Placebo, Nine inch Nails, un groupe que on aime beaucoup. Il y a sans doute des références communes même s'il est d'une génération précédente.

Il existe déjà beaucoup de sites de fans de Daisybox et ce, même avant la sortie d'Organique. Arrivez-vous à l'expliquer ?
Léo : Nous nous sommes aperçus avec plaisir que nous touchions pas mal de gens. Indochine nous a permis de jouer devant plus de gens que le seul public des péniches. Et là, il a commencé à se constituer un noyau de gens qui aimait ce qu'on faisait Cela nous a fait plaisir mais aussi surpris. Et ces "fans" ont commencé à faire des sites, des forums de discussions organisés autour de notre musique. Cela nous touche particulièrement, c'est impressionnant.

L'album est sorti depuis Septembre. Vous avez déjà des échos sur comment il a été perçu ?
Léo et Sam : Oui ça se passe bien.
Sam : En tout cas, au niveau de ce que l'on a vu matériellement, c'est-à-dire le public dans les concerts, des chroniques, cela se passe bien
Léo : Au niveau des ventes, on ne sait pas. C'est un dossier classé "top secret au F.B.I. (rires)

N'êtes-vous pas étonnés de vous voir passer dans "les Fous du roi" de Stéphane Bern sur France Inter ou dans "les mots de minuit" sur France 2 ?
Sam : Nous n'avons pas fait de musique pour passer dans "les mots de minuit" ; mais nous imaginions que notre musique plairait au gens. Qu'un jour ou l'autre, cela marcherait sans être pour autant de gros prétentieux arrivistes. Mais nous avions confiance en notre musique. Ceci dit cela reste toujours un plaisir de passer dans telle ou telle émission.

Cela veut aussi dire que votre musique est populaire car elle touche au-delà d'un public exclusivement rock ?
Léo : On l'espère. Il y a plein de gens qui considèrent mal l'adjectif "populaire". Je trouve ça hypocrite. Nous, on serait très contents que notre musique devienne populaire et qu'il n'y a pas juste 300 personnes sensibles à ce que l'on peut faire. Ce n'est pas négatif d'être populaire.

Vous venez d'avoir le FAIR. Concrètement, cela vous fait plaisir au vue des gens qui ont été honorés par le passé ?
Sam : Cela nous fait plaisir. Puisque Dionysos, Miossec, Noir Désir ou Louise Attaque y sont passés. Après, cela nous apporte un soutien financier, des conseils et surtout un suivi à long terme. C'est ce qui est admirable de la part des gens du FAIR. Par exemple, Dionysos est encore très suivi encore qu'ils n'en ont plus besoin.

Votre actu, il y a un clip de prévu et quoi d'autres ?
Sam : Il y a une dizaine de dates prévues avec Indochine. Ce sera suivi d'une tournée pour nous avec encore quelques dates. On jouera en tête d'affiche à la Maroquinerie le 12 décembre. Cela conclura la tournée 2002.

www.daisybox.com

Discographie :
2002 - Organic (Trema)
1999 - Indessa (autoprod)
1997 - Daisy - la boutique (introuvable)
1996 - Daisy - daisy (introuvable)
+ Compilation Fair 2003...

Denis Z.


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