J’avais noté cette date depuis un
bon mois dans mon agenda. eManuel Bémer, Le eManuel Bémer,
auteur d’un album
drôle et décalé en ce début d’année
2007, allait être de passage aux antipodes (toute proportion gardée)
de sa Lorraine natale pour jouer à St Jouan des Guérêt,
(Sant Yowan an Havreg, en Gallo) petit ville de 2000 habitants, collée à St
Malo.

Je vous épargnerait le show case au Centre commercial de St Malo, qui
a, semble-t-il, traumatisé eManuel Bémer, et me concentrerai sur
le concert en lui-même.
Pas plus de 10 personnes pour assister à ce concert. On peut pas dire,
comme à Paris, qu’il y avait concurrence avec d’autres événements,
car c’était, comme bien souvent, en région malouinne, l’unique
attraction culturelle de la soirée. Non, on était seulement jeudi,
et eManuel n’a pas encore un tube dans sa valise pour déplacer les
foules. Y a pas à dire, on a toujours besoin d’un prtit tube sur
soi
en
pareilles circonstances !
Qu’importe, il n’y a ce soir que la crème des crèmes
! un public amateur de belle découverte !
Et ce sera le cas ce soir. Pendant une petite heure, eManuel Bémer, seul
sur la petite scène, va nous entraîner dans son univers occipital,
nous faisant d’abord découvrir les titres qui compose son premier
album (L’Occiput). Et commençant par le début,
c’est
avec Ne te méfie pas de mes Mots qu’il débute son
set, histoire
de planter le décors, composé de sa voix instrumentée, de
quelques pédales samplers, d’une guitare. Tres vite rejoint par
sa flute traversière, l’homme orchestre (non, il n’y a ni
pigeon, ni lapin, car il ne s’agit pas ici de Rémi Brika…),
nous montre, quand on a pas les moyens d’avoir des musiciens, comment s’en
passer… (Ca me rappelle quelqu'un d'autre... mais ce n'est pas le sujet).
Pour
autant,
l’exercice
semble
aisé.
Des
rateaux à la
pelle et Le Clown compléteront les présentations de ce premier
album, en version live, ponctués de francs applaudissements. Zimbabwe,
le titre incontournable de l’album et du show, finira par convaincre le
public, par des rires non retenus, sur des sujets pourtant tres sérieux
(immigration, ADN, fonctionnaires véreux, politiciens démagogues…).

En seconde partie de show, eManuel empruntera les mots et les notes des
autres, ceux du siecle dernier, ceux qui ont fait les lettres de noblesse
de la chanson
française et de la folk canadienne. A commencer par une reprise franco-anglaise
de Jackie (Brel), qu’eManuel adapte à son timbre de voix et ses
instruments, y apportant les mots anglais (traduction de Mort Shuman nous dit
il. Il révise aussi une chanson de Ferré, Ton style et pour compliquer
le jeu (Le « C’est de qui celle-ci ? »), une dernière
de Léonard Cohen. De quoi nous donner aussi quelques éléments
sur ce qui fait vibrer eManuel Béner…

Il terminera son concert avec un inédit, Elle est
belle la vie. A son
prochain concert, insistez un peu, il a confié à la Magic Box qu’il
avait plus de 200 chansons dans sa guitare, de quoi vous accompagner jusqu'au
bout de la nuit…
Voilà, je pense ne rien avoir oublié de ce concert à la
fois simple et original. Pas besoin de 50 musiciens parfois pour impressionner
un public et lui apporter l’émotion qu’il est venu chercher.
eManuel Bémer nous en a fait la preuve par un ce soir-même !

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