Voilà des années que Theo Hakola ne
nous avait pas donné l’occasion de le voir sur scène. Avec la
sortie d’un nouvel album, baptisé Drunk Women and Sexual Water,
une nouvelle tournée a enfin vu le jour. Elle passait ce samedi
par Rennes et l’incontournable salle, l’Ubu.
En ouverture, nous sommes invités à découvrir Imber
Imber. Un chanteur esseulé accompagné de sa seule contrebasse.
Une scène bien vide, qui va malgré tout se remplir peu à peu
de la chaleur des cordes de son instrument et de l’humeur des textes
de son auteur.

Imbert Imbert, c’est un peu la rencontre de Da
Silva et de Renaud, chansonnier à la fois naïf, dépressif, révolté,
amoureux. Ses chansons sont autant de tranches de vie, qui nous rappellent
un peu la nôtre parfois, celle de son voisin, son ami, le clochard à la
sortie du centre commercial. Alors, on s’amuse, on rigole franchement,
et puis parfois, on a un petit pincement de cœur. Sur cette scène
si vide, on en profite pour décrypter le personnage, et sa dégaine
de punk en fin de jeunesse, cet anar’ du XXIe siècle. Et on
revient aux mots. On repasse à l’ambiance, aux jeux de scène.
Le spectacle est long. Trop ? Un peu, car c’est pas facile de tenir
un public en haleine avec une seule contrebasse et quelques mots bien
sentis soient ils !
Mais c’est bien là le seul reproche que l’on pourra
faire à cet olibrius.

Du coup, le choc est violent quand nous arrivent Theo Hakola et ses 4
musiciens. Gros décalage entre le fanfaron de la première partie, et
le dandy scandinave de la seconde. Musicalement, aussi, c’est le
choc des cultures, entre la chanson franchouillarde, et le rock sudiste
de Monsieur Hakola.
Une batterie, une basse, une guitare et un violon accompagnent ce soir,
celui qui avait décidé en 1993 de continuer son chemin sans
ses Passion Fodder des débuts. Depuis, les albums se compte sur
les doigts d’une main. Ce n’est pas que l’homme soit
fainéant, bien au contraire. Mais en touche à tout, il revient
de façon de plus en plus espacée sur sa carrière
musicale.

Le set que Theo nous propose ce soir nous rappelle combien sa
carriere a été riche et passionnante. Il « ouvre
le feu » avec
Shoot me et Cherries, deux titres extraits de son précédent
album studio, Overflow, en 1997. Tout cela n’est pas pour nous
rajeunir… Mais
tout nous revient, cette musique chaleureuse et lumineuse, véritablement
hypnotique.
L’enchainement se fait sur Defeat et He said She said,
deux nouveaux titres, qui nous indique que Theo Hakola n’a
pas changé en
10 ans d’absence. Ses musiques et ses textes sont toujours aussi
riches, ses rythmes chaloupés, les ambiances hypnogènes… 25
années de carrieres vont ensuite se dérouler sous nos yeux,
avec une sorte de point de jonction autour de Hunger Burns, un
vieux titre de 1988, repris sur Drunk Women... en 2007.
Pendant le concert, le public plutôt discret, finit par entrer dans
la danse et par demander à corps et à cri, ce bon vieux titre
de 1993, qui avait finalement initié la carriere solo de Theo. Chere
Maman (je suis mort à Paris)… Au terme de quelques tergiversations,
et apres And Bleed that river dry, autre vieux titre des Passion
Fodder,
Theo se lance dans une récitation incertaine du titre, que le public
semble connaître mieux que lui… Scandale ;-)
Le groupe finira son set avec Heart hunters, un 3e et dernier titre de
Passion Fodder, vieux de plus de 20 ans (Fat Tueday – 1986).
Il n’y avait pas grosse affluence ce soir dans l’enceinte
de l’Ubu. Juste les fans étaient venus, et à la sortie,
ils semblaient rassasiés de cette nouvelle « herbe de
la passion » qui
leur avait manqué depuis quelques années déjà…
Maintenant, on en redemande !

Setlist : Shoot me, Cherries, Defeat, He said She said, Priere profane, Ô Tendre
jeunesse, Hunger burns, Liberate me from New Year’s Eve, Goddamn
Song, From little wolf to hair of the dog, Struggle for love, Ballad
of a thin man, And Bleed that river dry, (Chere Maman… ),
Heart hunters.
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