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Nixon - 16 mai 2005 - 2005-05-17 21:29:58

Qu'on le veuille ou non, Olivier Delacroix a laissé son emprunte dans le Rock français. Avec 4 albums sortis sous le signe des Black Maria, de Poison vert à Cent nuits, Delac' a laissé des Traces...
Trop souvent critiqué pour la proximité de son art avec celui d’un certain Bertrand Cantat, Olivier s’est
finalement décidé à abandonner ce maudit rock pour une pop plus introspectives. C’est sous le pseudo Nixon qu’il choisit de sortir un premier album, mystérieusement intitulé Nos verticales. La Magic Box était donc heureuse de rencontrer Nixon, pour avoir enfin des réponses sur la fin des Black Maria et bien évidemment sur les débuts de Nixon…

 

Pourquoi avoir mis fin aux Black Maria et vous relancer dans un projet musical malgré tout ?
Nixon : Mettre fin à Black… euh, on va dire que Black Maria s’est autodétruit. D’abord, y’a une phase qui a été le départ des frères Guillotin, bassiste et guitariste, qui influencaient énormément la musique de Black Maria depuis le début. Ce départ a été assez douloureux. Je pense que cela aurait dû déjà s’arreter là. Je pense que le 4e album de Black Maria n’était pas nécessaire. Il a été mené par souci d’orgueil, rien de plus. Montrer aux deux autres qu’on était capable de continuer sans eux. Mais cela n’a pas été d’un résultat super efficace. En réécoutant les albums, on sent une nette différence entre les 3 premiers et le 4e album.
Et j’avais envie depuis longtemps… J’en avais un peu marre de sauter dans tous les coins de la scène, de ce côté sauvage. J’étais fatigué de Black Maria. Un groupe ça paraît tout beau vu de l’extérieur. Je vais pas te refaire la légende du Rock n’Roll mais dès qu’il y a de l’argent et des femmes au milieu, cela devient un peu plus compliqué. Y’avait pas beaucoup d’argent dans BM, mais ca générait des fonds tout de même entre les éditions, les concerts, ajouté donc aux gonzesses, et c’était pas génial. Cela s’est donc terminé par une implosion, comme un vieux couple qui se sépare… Mal, car on se revoit pas les uns les autres, à part le batteur des BM, Christophe Moulet, qui est maintenant le bassiste de Nixon. Et qui est en l’occurrence comme mon frère, on veille l’un sur l’autre depuis presque 15 ans qu’on joue ensemble.

Alors pourquoi l’avoir baptisé Nixon et non par ton propre nom Olivier Delacroix ?
Nixon : Peut-être par Pudeur. Ou peut-être parce que, en ce moment, on est dans une vague de chanson française, où on a Mathieu Boogaerts, Benjamen Biolay que j’adore ainsi que d’autres que j’aime moins, et qui empruntent leur nom de famille pour signer leur album. J’avais déjà enregistré un album solo sous le nom de Delac, un album de chanson. Donc j’ai cherché autre chose. Et je craignais un peu le rapprochement Olivier Delacroix, Black Maria. Je crois que c’est toi justement qui a chroniqué le CD en expliquant qu’à l’époque la société journalistique avait très vite et très vivement critiqué Black Maria comme des purs copieurs de Noir Désir… Alors qu’il n’en avait été vraiment jamais question, Bertrand Cantat et moi, on était amis, on écoutait les mêmes groupes, le Gun Club, Nick Cave, Sonic Youth à fond… Je pense qu’on était nettement moins bon que Noir Désir. Les choses l’ont prouvé ensuite. Noir Désir a été plus cohérent politiquement et artistiquement parlant que nous. Alors j’ai mal compris la critique. Et on en a beaucoup souffert de ce déferlement de violence vis à vis de nous… Donc du coup, je suis resté…. On va pas dire traumatisé, car je suis quelqu’un d’extrêmement solide et depuis 10 ans j’ai un certain recul sur tout ce milieu Rock et journalistique qui fait des chroniques dans Best, Rock & Folk, Les Inrockuptibles et qui n’a pas bougé depuis. Ca me fait sourire parce que je suis un homme maintenant. J’ai d’autres centres d’attraction… Et la musique est vraiment pour moi aujourd’hui encore plus nourrissante car elle est l’expression de mon art et de mes goûts. Et c’est tellement bon de jouer, tourner… . Apres, évidemment, les choses s’améliorent si tu vends 100.000 albums et que tu fais plus que ça Mais en ai-je vraiment envie aujourd’hui ? J’ai deux enfants, une femme que j’aime éperdument, je sais même pas si j’ai envie de partir sur la route, refaire le tour des MJC et des salades thon-maïs. J’ai moins de fantasme la-dessus…
Alors pourquoi Nixon ? Je ne voulais pas obligatoirement qu’il y ait un rapprochement avec Black Maria. Et puis, mes petits copains m’appelait Nixon quand j’avais 10 ans, parce que j’écoutais de la musique américaine à fond, que mon père était tout aussi fan de musique. Ca allait du rock au disco. Alors je me suis dit que j’allais m’appeler Nixon. Et je regrette pas, car que je trouve que ça sonne bien NIXON ! Et puis ca garde du mystère… Est-ce un groupe ?

Tu citais les critiques et le rapprochement avec Noir Desir. Que penses-tu de groupes comme Luke ou Eiffel qui font du Noir Désir, et personne ne dit rien contre cette évidence ?
Nixon : Ce que je pense, c’est très précis. Yarrol Poupaud (Ndr : F.F.F. / Mud), qui a produit mon album à un œil beaucoup plus attendri vis à vis de ces gens-là, disant que ce sont des gens issus de la génération Noir Desir. Ils ont donc cette excuse. Mais alors moi, j’excuse absolument pas. Je trouve meme carrément honteux l’album de Luke, de A à Z. Moins Eiffel, même si je trouve qu’il repompe à mort Bertrand Cantat. Mais je le dit sans mépris. Alors que je serait bien placé en en ayant pris autant dans la gueule à l’époque, et que nous on faisait du rock n’roll !
Mais aujourd’hui encore, un fanzine de Mont-de-Marsant écrivait que Nixon copiais Noir Desir. Mais si t’es un pale repompeur, tu joue pas avec les Fleshtones, les Dogs, les Lords of the New Church, les Thugs, les Noir Desir eux-mêmes, t’es pas chez Radical Prod… On peut pas tromper tous ces gens-là. Et même sur scène aujourd’hui, c’est toujours puissant, peut-être même plus. A l’époque de BM, on avait du talent, mais on gâchait tout dans la drogue, et on a laissé passé pas mal de trains, et on a pas vendu autant d’albums… Aujourd’hui je me drogue plus. Du coup, les choses sont beaucoup plus cohérentes. Le capitalisme à mort, le libéralisme, gaver les gens avec des produits tout fait comme l’album de Luke, c’est pas pour moi… D’ailleurs, le premier album de Luke, c’est du Miossec, le second c’est du Noir Desir… Il mérite une bonne claque dans la gueule ;-)

Nos verticales est donc le premier album de Nixon. Pourquoi ce titre ?
Nixon : Ce sont des chutes, évidemment. Comme c’est le premier album, j’ai voulu y mettre toutes les choses que j’ai vécues depuis la fin de Black Maria. Et il s’en est passé pas mal pour moi. J’ai vécu des moments difficiles. Je pourrais être mort aujourd’hui. J’ai perdu mon père dans des conditions très violente, j’ai perdu un fils, et en même temps, ça fait 10 ans que je suis avec une femme dont je suis éperdument amoureux. Nos verticales, ce sont ces chutes un peu incontrôlables, dont j’ai voulu parler. L’occasion de mettre toutes aspirations que j’ai eu depuis ces huit dernières années. Sans que cet album soit un album noir. Je le trouve plein d’espoir. J’ai lu un truc à ce propos : « on retrouve dans les textes d’Olivier Delacroix les femmes qui le sauvent du gouffre, de la came, de la mort… ». Ca m’a bouleversé. Mais c’est exactement ça ! Une autre drogue finalement.

Tu composes, tu écris ?
Nixon : Je compose avec Daniel Cutayarque depuis mon premier album solo Delac. On compose d’abord ensemble, et puis j’écris les textes dessus. Mais je suis plus à l’aise dans le premier exercice. Car l’écriture m’épuise. Elle épuise aussi ma femme, car généralement je le fais dans mon temps libre. J’aime pas écrire quand je travaille. Car je boose aussi pour nourrir mes 3 autres bouches à la maison. Alors j’écris l’été ou quand je pars à l’étranger. Je voyage pas mal. Mais j’ai peur. Toujours. L’album n’est pas encore sorti que je penses déjà au prochain. Est-ce que j’aurai l’inspiration, est-ce que je vais pas tourner en rond… En ce moment, y’a quelqu’un de tres fort (le seul depuis Noir Desir) qui retombe pas dans les mêmes choses à chaque fois, c’est Benjamin Bioley. Alors que Miossec, c’est toujours le meme univers. Et moi, je suis plus proche de Miossec malheureusement… Mais c’est sans doute parce qu’ils lisent beaucoup, moi je suis assez faignant pour ca…

Pas de reprises cette fois ?
Nixon : On avait 20 chansons pour l’album. Avec Yarrol, on en a gardé 12. Avec cette formation, on a jamais fait de reprise en fait. Mais si je devais le faire, ce serait pour la scene. Et ce serait du Smashing Pumpkins, le titre Zero. (et d'entonner... ) " My reflection, dirty mirror, There's no connection to myself…"
J’adore. C’est un groupe qui m’a super influencé avec Nick Cave, Jeffrey Lee Pierce ou Bertrand… Ses mélodies, son univers, cela m’a vraiment fasciné. Billy Corgan.
C’est vrai qu’on faisait des reprises à l’époque, de toutes nos influences, de Johnny Thunder à Violent Femmes… On faisait du Rock n Roll ! Pur jus ! C’est pour ça que j’ai eu du mal avec ces gens qui ont le pouvoir de leur plume sans bouger leur cul…
Pas de reprise de Black Maria, non ;-) Peut-etre qu’à un moment, on y réfléchira, si ca prenait un tournant tres positif de faire un titre . Dans ce cas, ca serait Poison Vert.


Les Questions - Tous des Stars

Comment avez vous démarché vos maisons de disques ?
Nixon : Au tout début, pour Black Maria, on avait une manageuse, qui démarchait les maisons de disque. Et on tournait beaucoup. Et puis, on a fait une date en Belgique, à Bruxelles. C’est Crammed Disques qui nous a fait venir avec Dominic Sonic qui était déjà chez eux. Et puis, la chose s’est faite assez simplement. En distribution Dancetaria, le gros indépendant de l’époque en France.
Pour Nixon, on a fait le tour des maisons avec une premiere préprod… Y’avaient trois ou quatre maison, plus ou moins intéressées, dont Naïve, Wagram, Up Music, mais pour signer ça met des mois. Et puis, un soir en Normandie, j’ai vu groupe qui s’appelle qui avait signé avec un label anglais. J’ai demandé des infos au manager de Bo. J’ai envoyé le Skeud à Duncan, le boss du label Spozzle. On s’est vu à Paris. Et ca s’est fait tres vite. C’est amusant, car avec Black Maria on a signé avec des belges. Avec Nixon, on signe avec des anglais. Les francais ne nous aiment pas ;-)

Black Maria ouvre des portes encore ?
Nixon : (Rire) On se rend compte aujourd’hui que le groupe a laissé des traces, que des gens ont été marqués par notre musique. Là, on commence à être joué sur Europe 2. Ce n’est pas annodin.
Je suis tres content de ça. Mais c’est déjà pas évident de s’en sortir, donc il faut compter aussi un peu la-dessus.

Un conseil pour les nouveaux groupes qui cherchent à se faire signer ?
Nixon : Travailler. C’est la chose à faire. C’est ce qu’on a pas arreté de faire avec BM. Et aujourd’hui encore, deux répetitions par semaine, plus des seances d’ecriture, de relecture….

Discographie :

Album solo :
Nixon - Nos verticales (Spozzle / codaex)
Delac - éponyme

Albums de Black Maria
Black Maria
Poison vert
Les traces
Cents nuits

Visitez le site du label :
www.spozzle.com


Mike S.


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