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Frigo - Mars 2004 - 2004-03-12 14:19:27

FRIGO
-
PREMIERE
BANDE
Début 2003, Frigo est au Festival des Inaperçus.
Avril 2003 : Lors de leur concert à la Guinguette Pirate, ils sont définitivement repérés par le label Dernière Bande.
Octobre 2003 : Sortie de leur EP "Téléportation"
Décembre 2003 : Frigo est classé n°1 du classement national de la Magicbox ;)
Vu comme ça, cela ne ressemble qu'à quelques dates sur une bio mais en 1 an, le trio breton a carrément changé de statut et la sortie de leur album à la rentrée 2004 est attendu comme un évènement majeur de l'année.
Rien que ça. Rock teinté d'expérimentations électros sur CD, relecture plus noise sur scène, ce groupe a un talent réconciliateur. Cela valait bien une deuxième interview…

 

La dernière fois que l'on s'est vu vous étiez autoproduits. Maintenant vous êtes signés sur Dernière Bande. Comment s'est faite la rencontre ?
Max (Chant, Guitare, Claviers) : Tu y étais justement c'était à la Guinguette Pirate (NDLR : à Paris en avril 2003). Il y a des gens de Dernière Bande qui travaillent dans le milieu associatif, Wart, une asso de Morlaix qui nous avait vu au Festival Panorama (avec M83, Amon Tobin…). Ils se sont donc déplacés à la Guinguette.
Brendan (Batterie): Suite à ça, ils nous ont proposé de travailler avec eux. Et c'est ainsi que l'on a enregistré "Téléportation".

A la base, étiez-vous fans de Kat Onoma ou de Rodolphe Burger ?
Max : Sincèrement, je ne connaissais pas tant que ça Kat Onoma. Plus Rodolphe Burger, par rapport à la tournée qu'il avait fait sur les Vieilles Charrues, Panorama…On appréciait son côté un peu free dans tous ses divers projets. Quelque part Frigo, Rodolphe Burger, c'est un peu le même contexte : trio avec la même manière d'utiliser les machines. On a bien compris son côté un peu expérimental, un peu rock, un peu électro de sa musique.

En terme d'image, Dernière Bande a une image un peu intello. Vous êtes contents d'y être associé ?
Brendan : Je ne savais pas que cela avait cette image…

En fait c'est moi qui le voit comme ça…
Max : Oui je vois ce que tu veux dire, cela a une image un peu classe. Sur le côté intello, je ne sais pas trop quoi te dire : nous n'avons jamais baigné dans le post-rock intello…
Brendan : Nous avons plus l'image d'un label familial, petite communauté…
Yannick (Basse, clavier) : Cela reste à taille humaine…
Max : C'est ni le petit label qui fonctionne difficilement avec ses petits moyens, c'est ni la major quand tu te pointes dans leur bureau tu ne sais pas à qui tu as à faire. Là, le contexte nous plaisait bien. C'était la bonne dimension.

Sur Téléportation, il y a des morceaux qui étaient déjà sur "XYZ",votre EP précédent, mais réenregistrés. Pourquoi ? parce que vous n'étiez pas contents des premières versions ?
Brendan : Je pense qu'on les a réenregistrés plutôt parce que XYZ avaient été autoproduits et autodistribués. Les gens de l'Ouest de la France, où nous avions beaucoup tourné, le connaissaient. Cela nous emmerdait de ne pas pouvoir faire découvrir ces morceaux qui nous plaisaient au reste de la France, cette fois grâce à une bonne distribution. Et cela nous a permis de les réenregistrer non pas parce qu'il y avait des erreurs mais pour donner une version nouvelle pour ceux qui avaient déjà XYZ.
Max : Par respect. On aurait pu les reprendre tel quel mais nous voulions que ceux qui avaient suivi l'histoire Frigo s'y retrouve avec de nouvelles versions de morceaux connus d'eux.

Vous sortez un EP et non un album. Pourquoi ?
Yannick : Un label ne prend plus le risque de sortir un album directement. Ils sortent un EP pour installer un nom, prendre la température. Frigo n'était connu que dans l'Ouest. Nous ne tournions pas beaucoup en dehors de la Bretagne.
Max : Il voulait aussi travailler à l'anglaise où cela se fait beaucoup de sortir un premier EP. Ce n'est pas du tout idiot comme démarche de lancer un premier Ep, un peu partout et revenir ensuite avec un album.

Et le fait que ce soit limité à 2000 exemplaires, c'est aussi pour tâter le terrain ?
Max : Il voulait qu'il y ait une courte vie là-dessus, histoire de lancer la machine. 2000 exemplaires numérotés, bouclés ensuite on n'en represse plus et on enquille sur un album.

Ah bon, je croyais que vous en pressiez 2000 pour voir et que vous represseriez si cela marchait ?
Tous: ah non 2000, c'est tout !

Cela s'appelle "Téléportation". Pourquoi ?
Max : Parce que géographiquement, nous sommes tous éloignés : Brendan à Brest, Yannick à Quimper et moi à Rennes. Pour composer, ce n'est pas évident. Nous nous sommes souvent dits, si la téléportation existait, ce serait tellement plus facile. Mais cela collait aussi au nouveau contexte, quittant le monde l'autoproduction pour une nouvelle aventure.

Votre album sortira à la rentrée 2004. Comment allez-vous le travailler ?
Brendan : Nous irons en studio en février avec des maquettes déjà bossées avant. Nous nous servirons du studio pour expérimenter deux, trois idées.
Max : Après cela nous n'empêche pas de faire comme nous avons fait pour Téléportation : arriver avec bases bien définies mais avec les moyens du studio, prendre d'autres éléments. C'est aussi bien de ne pas vouloir reproduire exactement ce que cela donne en live. Nous aimons bien expérimenter sur l'électronique et tripper sur les voix. Et en live amener la chose plus sur un côté rock.
Brendan : le côté Punk !!
Max : Oui que cela soit plus rentre-dedans. Sur le CD, Nous essayons de garder une image un peu plus en retrait, pas trop dévoiler les choses au niveau image et au niveau musique. Nous essayons de travailler sur la retenue, sur les contrastes, les passages calmes, les passages plus distordus. Mais en live, Nous aimons bien aller à l'encontre du public et donner tout ce que l'on a.

Effectivement, on le ressent. Mais en live, par exemple, il y a un morceau qui s'appelle "Mantronic" avec un côté très électro où tu pousses les effets sur la voix au maximum. Mais en même temps, visuellement, c'est vraiment un morceau de concert.
Max : Nous allons le garder pour l'album…
Yannick: c'est sûr, nous savons déjà qu'il va être dur à rendre sur album.
Max : Il n'y aura pas la même dynamique que le live. Mais nous allons essayer d'en faire une bonne version. Sur scène, cela restera plus punk. Mais les deux facettes sont intéressantes : tu écoutes le CD chez toi et quand tu viens en concert, tu as une version un peu plus pêchu.

Vous avez pris votre projet musical à bras le corps, tout seul pendant des années. Vous avez obtenu beaucoup de choses grâce à votre volonté. Maintenant, vous êtes forcément pris en main par d'autres personne. C'est reposant ? En même temps, est-ce que cela ne fait pas peur aussi ?
Yannick : Justement, nous pensions que cela allait être plus reposant. Mais il faut toujours suivre les choses. De toute façon, un groupe ne peut pas déléguer. Nous avons tellement été habitué de s'autoproduire de A à Z : du Cd à se produire sur scène en passant par tout le reste. Nous nous sommes toujours dits : avoir un manager cela nous libèrera un peu puis avoir un label etc, etc…
Max : En fait nos taches se "téléportent" justement. Avant, nous gérions les concerts, nous gérions les radios…Maintenant, nous avons d'autres préoccupations, plus sur un travail strictement musical, mais cela donne du boulot. Mais en même temps, c'est reposant

A visiter : www.frigo-music.com/

Propos recueillis par Denis Z.

 

Denis Z.


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