Concert à l’Omnibus
SAINT MALO (35) Le 24 Novembre 2011
Les concerts s’enchainent en ce moment dans la région, pour notre plus grand plaisir. Et, à chaque fois, les salles sont pleines à craquer pour venir entendre les artistes reprendre en live leurs enregistrements studio… C’est encore le cas avec AaRON ce soir sur la scène malouine, avec 900 personnes qui ont répondu présent à l’invitation. On nous annonce ce soir une version « unplugged » des chansons de AaRON, dont on n’attendait pourtant pas de riffs de guitares enragées… Mais bon, va-t-on savoir ce que peut bien nous concocter ce groupe surtout connu pour sa chanson qui a illustré le film Je vais bien ne t’en fais pas. Un scénario d’après le roman d’Olivier Adam, malouin de cœur, peut-être dans la salle ce soir ?
Pour ouvrir la soirée, Nadeah, une grande furie australienne, qui rappelle un peu Beverly Joe Scott, terriblement extravagante et une voix à tomber par terre. Son répertoire, personnel, a quelque chose d’un One woman show. Dans un français approximatif, elle accompagne ses chansons d’explications sur un ton humoristique, du genre, « avant j’étais alcoolique, aujourd’hui, ça va mieux, je suis bipolaire… » ou traduisant un refrain pour permettre au public de l’accompagner sur la chanson Pinot noir and Poetry for Breakfast… Tout un programme !
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Nadeah est loin de laisser indifférent le public amassé contre la barrière. Drôle, Talentueuse et un certain charme, qualités auxquelles s’ajoute ce petit coté déjanté qu’on pourrait trouver emprunté à Janis Joplin. Entourée de deux musiciens ce soir, son set, dit-elle, est habituellement composé, en plus, d’une batterie et de cuivres, de quoi donner l’envie de revoir la chanteuse une autre fois. En attendant, un premier album est disponible, Venus gets even (Cinq7/Wagram).
Le calme après la tempête ? Passé l’ouragan Nadeah, on rapprête la scène pour le duo AaRON, entouré ce soir de 3 autres musiciens. L’attente est interminable, l’ambiance électrique, le public s’impatiente, trop pressé de voir enfin le groupe en chair et en os, après avoir écouté les disques en boucle pendant des mois, sans doute… On sent les fans bouillonnants !
Le groupe arrive sur scène sous une montagne d’applaudissements et immédiatement débute son concert dans une lumière bleu qui enveloppe toute la scène et nous fait entrer dans le « Neverland » d’AaRON. Inner Streets et Rise, deux titres du second album, font office d’introduction au concert avant que le groupe fasse les présentations et salue le public. S’ensuit, un premier passage de la guitare au clavier pour Olivier (il y en aura plusieurs pendant le concert), avec le titre Angel Dust, suivi immédiatement par Blow, et déjà un constat : le concert est loin d’être aussi acoustique qu’on pouvait l’imaginer. Les claviers et les guitares électriques partagent l’espace sonore avec une soundbox… Le son est ample. La voix de Simon, quant à elle, demeure l’atout majeur du groupe, totalement envoutante ! Les premiers rangs sont sous le charme, et le public, plus agé, dans les gradins n’en est pas moins envouté !
Autour d’Olivier et Simon, trois musiciens, un batteur, un bassiste, et une guitariste qui alternera avec Olivier claviers et guitare. Le duo se retrouve à deux reprises seul sur scène pour faire deux titres véritablement unplugged. L’un deux, Endless song, ils le rappellent au public, est le premier titre qu’ils ont composé ensemble, c’était en 2004… C’est aussi le dernier titre que le groupe joue ce soir sur la scène malouine après un premier rappel de 3 titres. Dans ce rappel, le public l’attend avec impatience, U-turn (Lily) est interprété de façon différente de l’album, les rythmes électroniques martèlent un rythme lent et lourd et rende l’atmosphere de la chanson plus pesante, voire oppressante. Là, on est à mille lieu du unplugged annoncé, et c’est tant mieux ! Le son, le temps de ce titre, n’est pas tres loin de rappeler celui de Massive Attack l’an passé, à quelques kilomètres, au fort de St Père.
Autant Nadeah était omniprésente entre les titres, en contact continuel avec le public, autant AaRON se veut plus distant, plus timide aussi, avec pour seule extravagance, la photo finish du concert, avec le public malouin en fond, que le groupe diffusera immédiatement sur son site internet. Une initiative tres sympa !
… Voilà, qui se termine, une soirée aux antipodes, autant géographique que musicale, avec de belles surprises et des moments à garder dans un coin de sa mémoire pendant longtemps.
Concert à la salle Beaufils
SAINT LÔ (50) Le 12 Novembre 2011
Une fois n’est pas coutume, la Magic Box fait une virée en Normandie, pour y découvrir un festival (Les Rendez vous sonores) qui accueillaient aux quatre coins de la ville des artistes aussi différents que Piers Faccini, Applause, Lavilliers ou encore Brigitte. C’est pour ce dernier groupe que nous avions fait le déplacement.
Soirée en deux parties ici, le temps que les nouveaux fans de Lulu Gainsbourg vident les lieux, et nous étions déjà en train de prendre leur place dans cette petite salle de sport aménagée pour l’occasion. Pas de première partie, le timing semblant assez serré…
Et déjà, tout est prêt sur scène pour accueillir les filles entourées de leur « garçons » musiciens. Deux chèvres, désormais fidèles, plantées de part et d’autre de la scène donnent une première impression de ce que va être cette soirée : tout sauf sérieuse !
C’est camouflées dans de grandes soutanes scintillantes à capuche que Sylvie et Aurélie apparaissent et débutent leur set avec un premier titre Apres minuit extrait de l’album Et vous, tu m'aimes, sorti en début de cette folle année pour ces deux Brigitte. Passé l’intro, le duo retire leurs soutanes pour laisser apparaitre leur grande robes fendues et dos nu aux couleurs argentées, qu’auraient tres bien pu porter Dalida ou les Clodettes… D’autres inédits suivront pendant la soirée (The Bay, Suzanne, Encore un verre).
Bien entendu, c’est l’album qui reste au cœur du set, avec des titres quasiment incontournables, tous plus amusants les uns que les autres, et terriblement dansant : Cœur de Chewing Gum, Battez-vous, Oh La La. A peine un album, mais déjà un déluge de classiques ! M’est d’avis qu’il va etre difficile de renouveler ce tour de force dans un second album ! Mais nous n’en sommes pas là, et les Brigitte multiplient, bien qu’assez discretes entre les titres en début de set, les jeux de scenes, les participations du public, les chorégraphies…
Révélée par une reprise, celle de NTM, Ma benz, le duo ne l’oublie pas, pour le plaisir du public, et y ajoute une seconde reprise, déjà entendu sur la scene de Taratata à la Fete de la Musique. Je veux parler de I want your Sex tube incroyable de Georges Michael dans les années 80, et totalement adapté à l’Univers malicieux des Brigitte. C’est d’ailleurs avec ce titre que le concert va devenir vraiment TERRIBLE !!! Suivi de prêt par LE single Oh La La et le titre le plus étonnant de l’album, Jesus Sex Symbol, pour ses inspirations Gospel, ses deux changements de rythmes et ses trois refrains différents. On pourrait presqu’imaginer que le groupe en termine là, apres tout de même 16 titres à teneur garantie 100 % anti-stress.
Mais le public est insatiable et en redemande ! Alors les Brigitte leur servent Encore un verre avant de faire une troisieme reprise, déjà entendue là encore dans leur set, mais tellement décalé ! C’est en effet, la chanson du Film Rocky III, Eye of The Tiger, qui est choisi par le groupe, pour clore le concert.
Mais là, encore, c’était sans compter sur le public, qui, lui, ne voulait pas terminer sur cette reprise, et qui va faire un raffut d’enfer pour déloger les filles et les faire revenir en compagnie des musiciens sur le devant de la scene, pour faire un dernier titre pour la route, comme on dit, et ce sera Oh la la, à nouveau, mais dans une version acoustique des plus réussie.
Fin de soirée, pas tout à fait, car pour les plus assidus, les Brigitte viendront faire une séance de dédicace au stand T-shirt. De quoi ravir les aficionados !
Concert à l’Omnibus
Saint Malo (35) Le 5 Novembre 2011
Petite balade sur internet avant de venir pour découvrir qui assurera la première partie de Julien Doré, et on découvre un combo pop rock au nom évocateur de Waterllillies. A ne pas confondre – ce que j’ai fait bien sur… - avec la petite perle pop suisse Water Lily ou les anglo-saxon Waterlillies… Sur Myspace, le groupe met en avant son single, Stella… Erreur ! Il ne reflète que peu l’esprit du groupe, une musique pop, aérienne, mélodieuse… Quoi qu’il en soit, en quelques chansons, on découvre un groupe au répertoire déjà bien fourni de chansons aux mélodies entêtantes. Leur référence, contrairement au single, sont d’inspiration anglaise, période 90’s.
Le groupe, et son chanteur charismatique, cheveux en bataille et barbe, ont une présence réelle sur scène. Nécessaire ce soir, puisqu’étant en première partie de Julien Doré, le groupe a l’honneur et l’avantage de bénéficier d’une large audience. C’est en effet, pres de 1000 personnes qui sont venues assister au spectacle. Et, n’en étant pas à la premiere de cette tournée, le groupe semble déjà habitué à une telle scene, enchainant ses titres avec aisance, et n’hesitant pas quelques mots d’humour entre chaque chanson.
Chemise à paillette, col largement échancré, pantaloon slim et cheveux de plus en plus long, c’est dans sa plus scintillante tenue de (nouvelle) star que Julien Doré monte sur les planches. C’est aussi dans une obscurité quasi-totale qu’il entame son concert, sur les notes de Baie des anges, nouveau single, extrait de l’album Bichon. Un album mais surtout un virage brusque dans sa micro-discographie. En effet, ce premier titre tranche catégoriquement avec le précédent opus, plus orienté sur l’humour et la fête. Ce second disque ressemble plus à une gueule de bois ! Et c’est donc dans cette ambiance sombre et dépressive que Julien Doré entame son set : Tempête finie, je reprends sincère successif apparemment, Ta paranoïa critique irrité aux non-dits et à l'oubli à Sacacomie… On est alors tres loin du troublion qui a enchanté M6 et titillé l’audimat en 2007. Et on pense alors aux ambiances douces-amères de Benjamin Biolay.
Tour à tour, titre après titre, la scène prend des couleurs, plus ou moins pales, plus ou moins vives. Je ne m’étais jamais trop intéressé à la carrière de Julien Doré, si ce n’est le fait qu’il avait su s’entourer de personnalités appréciables comme Arman Melies, Dominique A, Philippe Katerine. C’est d’ailleurs bien à ce dernier que l’on pense, au fur et à mesure qu’avance le concert, à son humour grinçant, ses mélodies brillantes, ses orchestrations riches…
Serions-nous donc en présence d’une bonne surprise ce soir encore à l’Omnibus ? Fort possible. D’ailleurs, le public est ravi et reprend en cœur plusieurs titres. Bien entendu, c’est sur Les limites que le public est au taquet ! il connait les paroles par cœur et ne se prive pas de le faire savoir à Julien, qui en profite et encourage le public sur d’autres titres, comme Winipeg ou Forever ( Kiss me forever, Écrit au lipstick, Kiss me forever, Au rouge métallique), le tout premier single de son 2d album.
Dans cette nouvelle tournée, le chanteur a retiré le single qui l’avait pourtant fait connaitre, sa reprise plus que surprenante de Moi Lolita, d’Alizée… Preuve sans doute que Julien Doré a tourné la page des effets de manche fracassants et des frasques remarquées. Pas d’autres reprises non plus, pas de titres extraits de son groupe Dig Up Elvis, mais un duo tout de même avec le chanteur des Waterllillies, pour un titre en anglais, et dont les paroles ont été notées au sol, pour éviter les petits trous de mémoires… ;-) Le groupe dans son intégralité rejoint le duo en cours de chanson, pour un final festif. Et la fête, Julien Doré va la prolonger avec deux rappels, n’hésitant pas une petite excursion dans le public, dans les gradins, jusqu’à escalader la rambarde pour redescendre et retraverser la foule… En final, Julien Doré se retrouve seul sur scene, ses musiciens venant faire les choristes sur ces mêmes gradins. Une bien belle interactivité.
C’est presqu’avec tristesse qu’on termine alors ce concert, fort en émotions. Mais pour les plus patients, la soirée ne s’est pas arrêtée là, puisque le chanteur s’est fendu d’une séance de dédicace et photos avec les fans encore présents. Ses musiciens et les Waterllillies dans son sillage.
Tout à fait personnellement, il ne m’aura manqué à ce concert qu’une chose. Une petite prestation d’Arman Melies, guitariste (et 3 fois paroliers sur son dernier album) de Julien Doré mais aussi chanteur et auteur de plusieurs albums d’exception. Mais, confidences faites à la sortie de la scène, Arman nous a annoncé l’arrivée prochaine de deux albums courant 2012, un sous son nom, et un autre instrumental (Basquiat’s Black Kingdom)… Alors patience ! La tournée devrait suivre aussi !
SOIREE PUB ROCK Dr FEELGOOD, NINE BELOW ZERO, EDDIE & THE HOT RODS, CLASSIC & TROUBLE
Concert à l’Omnibus
Saint Malo (35) Le 14 octobre 2011
En lieu et place du concert des furieux de STUPEFLIP, il y a tout juste une semaine, voilà que d’autres furieux envahissent la scène de l’Omnibus… Cette fois, les OVNI sont en provenance d’Angleterre et vont sillonner toute la France dans les semaines à venir. Ce soir, c’est leur troisième date, et les choses commencent à se mettre en place. L’esprit punk de ce plateau nous fait dire que cela sera toujours un peu à l’arrache, même en fin de tournée…
Mais imaginez une scène, sur laquelle, vont défiler une vingtaine de musiciens, tous inspirés par l’esprit Roots du Rock n’Roll, l’énergie du Punk et l’âme du Blues. Chaque groupe, ce soir, nous fait revivre une belle partie de son répertoire : parmi les 18 albums de Eddie & The HR, sortis entre 1976 et 2010, dont l’histoire ne retiendra que Do anything You wanna do et les chemins croisés des Ramones, Police, Sex Pistols… ou parmi les 34 albums du , dont aucun membre d’origine – 1971 - n’était présent, le dernier Lee Brilleaux ayant déclaré forfait en 1994 pour cause de décès… ou encore Nine Below Zero qui, après ses deux dinosaures de route, fait figure de jeune premier, avec ses - seulement - 14 albums et à peine 30 années d’existence…
Il y avait donc de quoi tenir le public en halène, des heures et des heures durant ! Ajoutez à cela d’ailleurs, en début de soirée, le petit poucet, Classic & Trouble, deux albums au compteur, un line up français mais déjà quelques belles compositions Blues Rock ! Le trio n’a d’ailleurs pas démérité, malgré un public encore parsemé à 20h30.
A partir de 21h, les choses se mettent doucement en place, plus de 400 personnes envahissent fausse et gradins, certains de vivre 4 bonnes heures de Blues Rock Revival… Ainsi, les groupe vont se succéder, laissant une grande part à leur propre répertoire, digne d’un best of à chaque changement de plateau. Mais pour maintenir l’attention et rendre hommage à la longue Histoire du Rock n’Roll, les groupes multiplient les reprises, l’un revisitant G.L.O.R.I.A. de Van Morrisson et immortalisé par Patti Smith et U2, l’autre s’attelant à Route 66, le classique des classic US (chanté par Nat King Cole et repris par Them, The Rolling Stones ou Depeche Mode entre autre), un autre encore reprend Wooly Bully (de Sam the Sham et repris en France, sous la traduction Roulez Bourrés par Au bonheur des dames…)… C’est ainsi que les ombres et les fantômes bienveillants de Bo Didley, Johnny Cash, Marvin Gay, Clash et autre Sex Pistols vont planer pendant toute la soirée, entre les notes blues et les riffs rock.
L’ambiance va être vraiment à la bonne humeur tout au long de ce concert. Mais vous l’aurez sans doute remarqué, aucune précision n’est donnée dans ce compte rendu. Il faut dire que la soirée a été à cette image, UN SON A L’UNISSON… A tel point qu’il serait vain de s’amuser à les décrire dans le détail, à vous dire qui a chanté quoi, qui a été le meilleur, le plus frais parmi les pappys du Blues, ou encore le plus heureux de faire cette énième tournée (ce qui avait été loin de là lors de la tournée évenement de Berry, Lewis, Richard) … On admettra tout de meme que, dans l’ensemble, Eddie and The Hot Rods a été le plus spectaculaire, le plus énergique de la soirée, rappelant parfois les concerts de The Stranglers ou de Iggy Pop, son chanteur n’hésitant pas à bondir d’un bout à l’autre de la scene, faire voler son pied de micro, et tout ça, avec un poigné plâtré… De même, le Dr Feelgood a montré une certain efficacité, une grande expérience de la scene, avec un set parfaitement maitrisé. Plus posé, les Nine Below Zero se sont efforcés à maintenir l’atmosphere Blues dans la plus pure tradition, grace notamment à son harmoniste d’exception, Mark Feltham.
Celui-ci sera d’ailleurs l’invité des Dr Feelgood, pendant un titre, avant de revenir en toute fin de soirée, sur le dernier titre des Feelgood, avec l’ensemble des musiciens de la soirée.
Si vous avez manqué cette soirée, vous pouvez vous en mordre les doigts, car, pour rattraper pareilles occasions de revoir 3 figures emblématiques du Pub Rock, il va falloir courir après la tournée, qui est déjà loin… ou alors, attendre un hypothétique autre plateau, qui réunirait alors The Stranglers, Little Bob et The Inmates, par exemple ??
Apres le concert de Calvin Russel, ou encore celui de Little Bob à l’Omnibus, cette Pub Rock Session a tenu toutes ses promesses, en nous replongeant dans une ambiance vintage des plus appréciable ! Voilà de quoi, en tout cas, classer cette soirée, dans la rubrique bon souvenir de notre mémoire, juste à coté de celles passées à voir les Stranglers ou encore le spectacle de Chuck Berry - Little Richard - Jerry Lee Lewis…
A conseiller à tous ceux qui pourrait voir passer ce plateau près de chez eux !
Concert à l’Omnibus
Saint Malo (35) Le 7 octobre 2011
Entre entre Punk, Rap et Varietoche milieuse, les Stupeflip ont envahi la scène de l’Omnibus la semaine derniere…. 3 jours durant, Julien Barthélémy alias King Ju /Pop Hip, Stéphane Bellenger alias Cadillac et Jean-Paul Michel alias MC Salò et deux autres musiciens masqués ont préparé, paufiné leur spectacle à la fois sonore et visuel.
Et plus de 700 personnes ont répondu présent à cette invitation… La fête pouvait alors débuter, dans une esprit de folie incomparable.
Pour débuter la soirée, ce sont les membres du groupe ARABANE qui ont été chargés de chauffer le public. Débarqué de Clermont-Ferrand pas plus d’une heure avant le début du concert, c’est un peu à l’arrache qu’ils ont donné un aperçu de leur musique folk rock largement inspiré de Urge Overkill et des bandes son des films de Quentin Tarantino ou des guitares, « modernes » à l’époque, des Shadows. Formation de base, quatuor, 2 guitares, basse, batterie, le groupe ne se formalise que peu des micro et des voix, s’en servant plus pour déverser une émotion ou une énergie que pour faire passer des messages. Les titres sont des plus loufoques (Bela Lugosi is not dead, Maçon le jour Dalida la nuit…) et sont finalement pour la plupart des instrumentaux. Si on cantonne le groupe à un registre Folk Rock, on passe totalement à coté de cet esprit Punk qui les anime tout au long de leur concert… Rien n’est vraiment calé, tout se fait sans véritable réflexion ! Le groupe a finalement tout de l’Anarchie, chère aux Sex Pistols… Conscients que le public n’est pas venu spécialement pour les voir, ils parviennent malgré tout à en mettre une bonne partie en mouvement, faisant bouger les positions de gauche à droite et décoller définitivement la soirée !
Apres une petite heure de Rodeo Surf Rock, changement de décors et d’atmosphère, puisque la Menuiserie , organe central du CROU, débarque au grand complet, dans une pénombre quasi-totale, sur des musiques quasi religieuses. L’ère du Stup va être au centre des discussions pendant plus d’1h30 !
Pour les néophytes, il faut dire que STUPEFLIP est un groupe atypique, qui releve plus de théatre que de la musique, et plus de la plaisanterie que de la religion… Ambiance gothique mais pas trop, la musique de Stupeflip, enrichie en 2011 du dernier album , The Hypnoflip Invasion se veut spectaculaire, toujours à mi-chemin entre le Rock et le Rap. Costumes glauques, burlesques et grotesques, paroles absurdes et décalées, jeux de lumiere en clair obscur, riffs électriques, tout est présent pour plonger les spectateurs dans l’Univers du CROU, en lui faisant quasiment perdre la notion du lieu et du temps. A tel point qu’au moment, où King Ju a annoncé que c’était le moment du dernier morceau, j’étais incapable d’imaginer que 90 mn s’étaient écoulées !
Commençant dans la pénombre, par une entrée mystique des protagonistes, portant une cape noir à capuche, le concert débute sur des titres extraits du 3e album, avec un titre explicite Stupeflip vite, raccourci de la déjà longue histoire du Stup, et de ses relations electrique avec l’Industrie du disque. Sont passé aussi en revue, Le spleen des petits, titre au combien attachant et en décallage total avec le Règne de l’Absurde… et Gaëlle, un titre phare de l’album, véritable hommage à la pop des année TOP 50… Comme c’est déjà le cas sur les albums, Stupeflip confirme son détachement des genres et des étiquettes, pour naviguer dans des eaux tumultueuses, toutes voiles déployées aux quatre vents, sans objectif précis, si ce n’est s’amuser, se faire plaisir et surprendre, sans doute aussi un peu. Et personne, ici, ce soir, ne pourrait dire qu’il est resté totalement insensible à la folie décapante des stupéfiants membres de la menuiserie. Souvent cachés derrieres leur déguisement, le groupe se dévoilera un peu pendant le concert, concervant juste quelques moustaches et autres postiches.
En fin de course, le groupe revisite son titre emblématique, J’fume pu d’shit, dans une version punk, bien loin de la version pop qui les a fait connaitre. Vraiment excellent ! Et d’ailleurs, c’est à peu ce qu’on pourrait dire de l’ensemble de ce concert et de cette soirée.
Lords Of Altamont est un groupe originaire de Los Angeles. Les morceaux présentés sont du bon vieux rock crasseux. Nous avons eu devant nous des tatoués, jouant vite et fort. Ce rock garage n’est pas sans nous rappeler les Black Rebel Motorcycle Club. Une vraie débauche d’énergie et ça fait du bien.
Ils sont 4 sur scène et une danseuse. D’ailleurs, elle ne fait que danser et devient vite très énervante. En effet, les arguments qu’elle met en avant attire vraiment trop l’attention et on ne voit plus que ça.
Les morceaux joués ce soir : Split, Gonna Get Ther, Get In The Car, Live Fast, Soul For Sale, Save Me, Action, 495, Ain’t It Fun, Mystery Plane, Turn Me Down, Going Nowhere, FFTS.
L’essentiel est extrait de leur dernier album : Midnight To 666.
Nous avons eu droit à une excellente première partie, ce qui est de bonne augure pour la suite. Après une telle prestation, il ne faut pas décevoir.
Et les No One seront bien à la hauteur !
NO ONE IS INNOCENT
No One Is Innocent est de retour au Hublot après déjà plusieurs passages par ce haut lieu incontournable de la scène rock nancéenne.
Les morceaux de No One prennent à nouveau toute leur ampleur avec une cette nouvelle montée récente de l’extrémisme, les guerres omniprésentes… Tous les titres, même ceux datant d’une quinzaine d’années, sont plus que jamais d’actualité. Le set commence par “Us Festival” et ça part très fort ! Sarko en prend pour son grade avec le morceau « Amour de la Haine ». La montée de l’extrémisme et l’ombre du 21 avril est superbement relaté dans le titre « Où étions nous ? » joué en acoustique.
Les classiques que tout le monde attend ont été joués : « Révolution.com », « Nomenklatura », « La Peau », « Chile »…
Ce fut également l’occasion de présenter le nouvel album « Drugstore » sorti en février dernier.
Le titre « Drugs » extrait du dernier CD permet de terminer en apothéose. Les filles ont d’ailleurs terminé sur scène à l’invitation du groupe. Kemar aura pris son petit plaisir en chantant dans le public et se sera laissé porter par la foule à la fin du set.
Les morceaux joués : Us Festival, Mêmes Idées, Révolution.com, Nomenklatura, Amour De La Haine, Johnny Rotten, Automatic, Où Etions Nous, La Peau, Chile, Hurt, Henry, Qui Je Suis, La Peur, Le Monde Entier, Toxic, Liar et Drugs.
Concert de Jay Jay Johanson + The Last Morning Soundtrack + Evening Hymns
Festival Top of the folk - Saint-Jacques (35) Le 28 mai 2011
Samedi 28 mai 2011, au théâtre de l’Air Libre à Saint-Jacques (35), le festival Top of the folk, 5e édition, touche à sa fin.
Mélancolique, ouaté, c’est un canevas mélodique tout en finesse qui nous est proposé par The Last Morning Soundtrack, première bande-son de la soirée en l’occurrence. Beau et fragile comme une flamme de bougie, de celle qui laisse présager la magie d'un feu de camp nocturne. Si parfois les compositions semblent par trop linéaires, elles n’en demeurent pas moins d’excellente facture. La guitare et la voix de Sylvain Texier, frêle auteur-compositeur-interprète rennais, font souvent mouche. Introspection et nostalgie, des thèmes majeurs renforcés par Juliette au violoncelle, instrument qui apporte un supplément de coffre aux ballades, une épaisseur boisée bienvenue.
Glockenspiel, clavier, grosse caisse (joliment moumoutée pour l'occasion) et l'incontournable technique de l'oversampling complètent l'habillage musical du groupe dont le récent premier album A distance. A lack bénéficie déjà d'un buzz des plus flatteurs. Anecdote ou superstition, après le rappel le distrait Sylvain a dû emprunter un ustensile bien utile aux guitaristes: « Un médiator qui aurait appartenu à Jean-Louis Aubert… ça vaut ce que ça vaut. » De quoi disserter au vu du résultat sonore, et je dois avouer que je m'interroge encore : objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
Puis, c'est au tour d'Evening Hymns, groupe venus de Toronto, de gérer la suite du programme. A peine plus nombreux que le précédent combo : trois musiciens (Jonas Bonnetta, clé de voûte du groupe, épaulé ici par Sylvie Smith à la basse et Tim Bruton en seconde guitare). D’entrée de jeu, le trio instaure un climat particulièrement planant, positivement roots et... mystique dirons-nous. Et là, on passe à la vitesse supérieure. Sous ses faux-airs de Low, ce lointain cousin américain, les lumineux Evening Hymns montrent un talent évident à marier les harmonies vocales, masculines et féminines.
L'hypnotique « Spirit Guides », seul album du groupe au dernières nouvelles, sert de fil conducteur tandis que quelques inédits, écrits sur les routes de cette tournée européenne qui s'achève, ponctuent le set de pépites folk.
S’il confie avoir découvert et goûté la galette de sarrasin locale (« well, amazing lunch...»), Jonas Bonnetta s'y connaît en ce qui concerne la recette du songwriting de qualité. Il y a un souffle dans cette musique où l'on imagine volontiers les grands espaces de forêts canadiennes, des paysages sauvages, âpres et chamaniques. Des clichés ? Peu importe, on est réellement transporté par ce barbu chapeauté qui terminera seul la fin du set.
Une voix solide, un charisme certain, quelques « jokes » bien senties, Jonas Bonnetta a su se mettre le public dans sa poche (remplie d'air des montagnes). Bref, un artiste habité.
Cheveux mi-longs attachés, barbe bien avancée, Jay-Jay Johanson, filiforme, entre en scène accompagné de son fidèle pianiste et arrangeur de sons Erik Janson. Ambiance jazzy, crépusculaire, dès les premières mesures du titre The girl I love is gone, on mesure les changements apportés au morceau original gravé sur son premier album Whiskey paru en 1997. « Il y a deux ans au New Morning, nous avons eu l’occasion de jouer sous une forme plus acoustique. Cette expérience fut si emballante que nous avons souhaité poursuivre dans cette direction en remaniant des titres existants et en créant du coup de nouveaux », expliquera le Suédois après le concert à un petit groupe d’aficionados restés aux abords de la scène.
Un retour aux sources en somme, très proche de l’esprit « crooner » où le timbre du Suédois - reconnaissable entre mille - fait toujours merveille. Devant un auditoire captivé et silencieux (si l’on excepte l’exaspérant cliquetis d’un appareil photo qui n’a su s’arrêter de toute la soirée), Jay-Jay Johanson et son comparse s’amusent à revisiter leur propre répertoire, ne gardant que l’essence même des morceaux : la mélancolie, et ce, d'une délicatesse remarquable.
Ce voyage musical pioche dans chacun des huit albums de l’artiste, de Whiskey donc à l’excellent petit dernier Spellbound (2011). Souvent réduits à leur plus simple expression (piano/voix), les morceaux gagnent en intensité, en charge émotionnelle. Bouleversant même par instants, de quoi faire rougir les yeux de plus d’un(e) dans le public. Quelques surprises aussi, comme cette étonnante version d’On the Radio dont le coté electronica – sur l'album Antenna (2002) - est entièrement gommé, au profit d’un rythme plus lent, révélant l'aspect mélodique du titre.
Jay-Jay chante des chansons tristes avec une infinie douceur. Et une humilité confondante : régulièrement, il quitte son tabouret pour gagner l’ombre de la scène. Sourire aux lèvres, verre à la main, il devient un spectateur (presque) anonyme, attentif aux notes de piano d’Erik Janson resté dans la lumière. Sa propension à s’effacer ira même jusqu’à orienter quelques projecteurs en direction de la salle, histoire de mieux voir ce public qui l’écoute religieusement : « C’est étrange de chanter devant un public que l’on ne voit pas, est-il possible d’éclairer un peu plus la salle ? Ha... C'est mieux... Vous savez, j’ai toujours eu un rapport particulier avec le public français. Vous êtes les premiers à s’être vraiment intéressés à ma musique, à m’avoir suivi au fil des ans. Je vous suis si reconnaissant. Sans vous, je n’en serais probablement pas là ».
Standing ovation. Il l’a promis. Une dizaine de dates en France sont déjà programmées pour novembre prochain, dont quelques-unes en Bretagne. Et là, il s'agira d'une formation plus étoffée, avec l'ajout d'une batterie notamment. Et l'on se dit qu'on a été de sacrés veinards de vivre ce concert intimiste. Une soirée « en édition limitée », aussi rare que précieuse.
Set List Jay-Jay Johanson The girl i love is gone – Far away – Wonder wonders – She does not live here anymore – Only for you – Monologue – So tell the girls that I’m back to town – Suicide is paintless – Escape – Time will show me – Driftwood – Dilemma – It hurts me so – On the other side – Tomorrow – On the radio – Liar – Believe in us – I’m older now- She’s mine but I’m not hers – Milan Madrid Chicago Paris
Merci à toute l'équipe du festival Top of the Folk et à Erwan de Universal Music.
Concert à l’Omnibus
Saint Malo (35) Le 26 mars 2011
Soirée Slam prévu à l’Omnibus avec la venue d’Abd Al Malik… Apres le passage remarqué de Grand Corps Malade sur ces mêmes planches il y a un an, (et tout juste une semaine plutôt à quelques brassés de là à Dinard… ), voilà donc Abd Al Malik à St Malo, pour confronter les nouveaux titres de son troisième album au format live…
En ouverture, pourtant, c’est de la variété française que l’on nous sert, avec St André, chanteur corse, auteur d’un premier album sorti en 2007 dans l’indifférence général, d’un nouvel album à venir en juin prochain… A l’époque, certains n’hésitaient pas à le comparer à J.L. Murat… Ce soir, avec ses nouveaux titres, c’est plutôt à Raphaël que l’on pense, cette voix nasillarde, haut perchée, ces textes naïfs – pour ne pas dire niais - et une belle gueule digne de la Star’ ac… Rien d’extraordinaire à retenir de ces 30 minutes de concert à peine, si ce n’est pourtant une réaction tres positive du public ce soir enclin à reprendre les refrains fleur bleue du répertoire de Saint André, ( Le Roi des infidèles d’abord, puis sur Bleu de toi, repris en cœur en mini rappel en acoustique.
Bien loin pourtant du son que nous promet Château Rouge, le nouvel album chaud et coloré d’Abd Al Malik. Heureusement, il faut à peine 10 minutes aux techniciens pour mettre en place les instruments d’AAM. Bel exploit, car la scène contiendra ce soir une dizaine de musiciens et choristes…
Guitariste, batteur, bassiste, clavier, sampleur, deux choristes, c’est une grande équipée qui envahit la scène, l’un après l’autre, et c’est Régis, alias Abd Al Malik, qui arrivent enfin sur scène, sous un tonnerre d’applaudissement. Un peu plus de 400 personnes se sont déplacés ce soir pour faire autant de bruit que les 900 que peut contenir la salle dans ses temps les plus forts. Et commence alors le set qui comprendra 16 titres, issus des 3 albums de son jeune répertoire.
Jeune répertoire, pourtant, ses trois albums ont chaque fois fait mouche, remportant au moins une victoire de la musique à chaque sortie dans la catégorie Musique Urbaine.
C’est donc des extraits de victoires entremêlées qui composent le show de ce soir, à commencer par Centre Ville, Miss American, Le meilleur des mondes, SyndiKaliste… tous extraits du dernier album, Château rouge, et à peine entrecoupés par quelques classiques comme 12 septembre 2011 ou Les autres.
Déjà, à cet instant, une évidence, le son est bon, le son est rock, le son est puissant et les textes efficaces. Et dans le public, on est immédiatement conquis. Bizarrement, le seul couaque de la soirée sera au moment où le chanteur sent le public malouin chaud, disant qu’il a entendu dire que les Malouins sont tres rock (sans doute La Route du Rock n’y est pas pour rien…) et qu’il annonce un titre encore plus Rock et là, c’est le flop avec un titre des plus pop de son dernier album (peut-être était-ce Rock the planet…)… Qu’importe, le public ne s’arrête pas à cela et se laisse rythmé par les danses déchainées d’Abd Al Malik, véritablement Derviche Tourneur du Slam sous amphétamines.
A peine une douzaine de titre, et même douze précisément, la première partie du set se termine sur Dynamo. Le temps a paru très court, mais déjà une heure de concert s’est écoulé, comme une seconde. Preuve que le moment passé était carrément captivant.
En rappel, 4 titres, dont Gibraltar, qui nous avait fait découvrir ce « jeune » poète trentenaire en 2006, à la recherche de racines et de sens, le titre prend ce soir une autre dimension, celle d’un hymne à la communion des cultures, suivi de son dernier « tube » en date, Ma jolie, autre hymne, celui-ci à la tolérance, et contre la violence faite contre les femmes. Tous ses thèmes, toutes ses idées, tous ses mots sont parfois entendus comme des lieux communs, comme des évidences mais ils expriment à chaque fois des situations et des malaises autour des faits de sociétés qui se perpétuent à travers le temps, des tabous impossibles à briser, des pratiques inadmissibles, impossible à enrayer. Alors si Abd Al Malik parvient avec ces quelques rimes à faire réfléchir ne serait qu’un instant et à faire baisser même d’un cran l’agressivité qui nous entoure, c’est toujours bon à prendre.
Fin de concert, avec L’Alchimiste , mais pas fin de rencontre, car, pour ceux qui sont restés un peu à l’issus du concert, le chanteur est apparu dans le hall, vieux jogging gris et blouson noir, pour remercier le public et se prêter à une séance de dédicace et de photos souvenir. Un bain de foule assez émouvant et plutôt rare pour être apprécié.
Concert au Divan du Monde
Paris (75) Le 24 mars 2011
Retour sur scène pour Félipecha, première date de leur tournée afin de faire découvrir leur nouvel album Les lignes de fuite. J’étais présente pour la dernière date de leur précédente tournée en octobre 2009 et je concluais ma chronique sur mon attente de leur nouvel album que je vais donc découvrir ce soir ne l’ayant pas encore écouté !
Félipecha est un duo composé de Philippe et Charlotte : Charlotte est à la voix et aux textes et Philippe s’occupe de la mélodie, mais chacun participe à tout, le duo est vraiment complémentaire. Ils sont accompagnés de trois musiciens, parmi lesquels le réalisateur de l’album. Une partie du public est d’ailleurs présent ce soir pour ces musiciens qu’ils encouragent.
Ils commencent donc à nous égrener les titres de cet album avec « Rien », « l’exil » puis « De la lune au soleil ». Charlotte est tout de noir vêtue une petite tunique stricte, peu flatteuse, à coté d’un Philippe qui déploie tout son charme à la Vincent Pérez !
Ils alternent avec les morceaux de leur ancien album De fil en aiguille : « Matin du café », « Un petit peu d’air », « intra muros », « qu’en restera-t-il ? » plus connus du public présent et les nouveaux sur la vie de couple « London shopping », « ce que je sais », « a pile ou face » qui reprend le thème du fil et que j’ai vraiment apprécié, « La tour Eiffel est un tipi » une idée de Philippe sur la vision des indiens s’ils débarquaient à Paris.
Nous arrivons au rappel, Charlotte nous interprète le titre « L’hiver » seule sur scène. Le public insiste pour une ultime chanson.
J’ai découvert, ce soir, de nouveaux titres beaucoup plus rythmés que le précédent album, avec beaucoup de guitare, à mon goût et j’ai bien aimé. Des textes toujours poétiques. J’ai trouvé le duo plus à l’aise sur scène que lors du précédent concert, l’ambiance était chaleureuse et dynamique. La salle du Divan est peut-être plus adaptée à leur musique que le Nouveau Casino… Ma surprise a été d’entendre autant de titres de l’ancien album cela m’a charmé car je l’adore mais l’objectif de promotion du nouvel album n’est je pense par forcément atteint. Je vais écouter chez moi ce nouvel album afin de découvrir plus en profondeur ces beaux textes ciselés qui font leur signature et je vous invite à en faire autant. Ou allez les voir sur scène notamment en première partie de certain dates de concert d’Ayo à Rennes et Brest en Mai, de Gaétan Roussel ou encore An Pierlé.
MATHIEU BOOGAERTS
+ THE HIDDEN WORDS
Festival des Embellies L'Ubu
Rennes (35) Le 16 mars 2011
En ouverture de cette soirée de Festival des Embellies, Alden Penner et son projet The Hidden Words dans une version tres épurée. A la base, The Hidden Words prenait la forme d’un groupe, formé à Montréal, Alden était alors entouré de 5 autres musiciens, dont Jamie Thomson, avec qui il avait formé The Unicorns, entre 2000 et 2004. . Ce nouveau projet a quelque chose de totalement mystique, inspiré par la poésie des "Paroles cachées" de Bahá'u'lláh (religion Bahá’íe, née à la fin du XIXème siècle, dont la particularité était de chercher à rassembler toutes les religions dans le but d'unifier l'humanité). Comme quoi, le mouvement Flower Power avait déjà un siècle de retard… Quoi qu’il en soit, la musique d’Alden Penner, ce soir, en seulement quelque note, accompagné d’une obscurité lunaire, nous enveloppe et nous force à l’extase, la sérénité et la contemplation. Un silence religieux pour écouter les paroles mystérieuses et les notes hypnotiques de ce bénédictin des temps modernes. Mille symboliques autour de L’Homme, de Dieu, du Monde et de l’Univers qui nous entoure, Alden Penner nous explique entre chaque titre, son processus créatif, le contexte d’écriture de tel ou tel titre, en anglais majoritairement, mais parfois aussi en français. « Son of Spirit, My claim on thee is great, it cannot be forgotten…». Qu’on le veuille ou non, The Hidden Words impacte notre esprit ce soir, difficile de faire obstacle, quand bien même on le voudrait. L’envoutement est total, même les notes de sa guitare, aux sonorités de Cora africaine, valent toutes les séances de Taïchi.
Poursuivre avec l’inclassable Mathieu Boogaerts relève, ce soir, du tour de force. Apres cette séance de spiritisme musical, le show, quoi que plus minimaliste qu’à son habitude (et c’est déjà peu dire), a quelque chose d’une fête foraine ou d’un bal du 14 juillet.
Ou, et ce fut le cas, d’un Two Men Show… Mathieu Boogaerts, après son passage l’an passé à l’Antipode de Rennes, retrouve la scène de l’Ubu qu’il n’avait pas foulé depuis 1996, date de sortie de son premier album, Super. La taille minuscule de la scène oblige Mathieu ce soir à revoir son show, initialement construit autour d’une batterie mobile, qui avait participé à l’impression d’un des plus originaux concerts qui me fut donné de voir en 2009-2010. Ce soir donc, Mathieu est accompagné de son bassiste-bruitiste Zaf Zapha, avec qui va s’opérer un jeu, un spectacle à deux voix, un dialogue incongru et drôle.
Le concert ne fait pas partie d’une tournée, Mathieu nous indique qu’il n’a pas fait de concert depuis un moment, occupé à d’autres activités, dont il ne nous dira rien, malgré les demandes du public amusé. Toujours axé autour du dernier album I Love You, le spectacle navigue pourtant d’un album à l’autre, sans préférence, presqu’au gré de l’humeur du duo, qui n’a pas de playlist à ses pieds, donnant ainsi l’impression d’une sorte d’improvisation. Les titres parfois s’entremêlent, le duo reprenant des paroles d’une chansons sur la mélodie d’une autres, ou s’amusant à revisiter un titre d’une façon nouvelles, imaginant une version plus Motown avec des chœurs Gospel.
Pas un moment de sérieux dans ce concert ce soir, et on en oublierait presque The Hidden Words du début de soirée, si Mathieu ne s’offrait pas un moment de lucidité autour des textes de ses chansons, et de cette impression mélancolique qui plane presque malgré lui sur chaque titre, proposant une variation sur le thème de l’amour sur quasiment tous ses titres. Vegas, en point d’orgue, pour dire au public : « vous devez vous dire que j’ai eu une vie déprimante ». Pourtant, en réalité, ses mélodies et ses arrangements ayant toujours un air enjoué, festif, que nous en oublions le côté dramatique qui transparait dans nombre de ses chansons.
Ce qui est sûr, c’est que ce soir, il n’y avait pas de chichi, Mathieu Boogaerts, T-shirt rouge, jeans et baskets blanches, nous a offert un bon moment de convivialité, de bonne humeur, tranchant totalement avec sa premiere partie, nous offrant ainsi deux soirées en une, deux atmosphères pour le prix d’une. Et surtout, une double séance de détente.
Une fois encore, une tres bonne soirée donc qui justifiait largement les 60 km et les quelques litres d’or noir qui me séparait de chez moi.
Concert à l’Hôtel St Michel
Dinard (35) Le 13 mars 2011
Ambiance bizarre ce soir. Voilà plusieurs semaines que Dav Hans se produit sur Dinard à l’occasion de la sortie de son premier album Pollution Mentale. Pourtant, le lieu a quelque chose d’insolite, puisqu’il s’agit d’un hôtel tout d’abord, mais surtout, je croyais que cet hôtel avait été fermé pour rénovation… A l’entrée d’ailleurs, l’ambiance est assez froide, murs jaunis et néons blafards, on se croirait presque dans la salle d’attente d’un vieux commissariat de quartier, en attente d’un ravalement depuis 20 ans…
Pourtant, passé l’impression première, la salle à manger / salle de spectacle, mitoyenne à l’entrée, propose une ambiance plus chaude, lumières tamisées, scène décorée par la projection de la photo de l’album Pollution Mentale, pour lequel, nous sommes justement venus ce soir. Ambiance familiale, les spectateurs semblent tous se connaitre, les musiciens sont déjà là et discutent au milieu de la salle.
Second choc de la soirée, c’est à peine si je reconnais le chanteur en photo sur les affiches (casquette sur la tête, guitare en bandoulière, et l’air un peu frêle et énervé, façon grunge des années 90’s…). Mais, en vrai, ce soir, le filiforme chanteur s’est offert une paire de biceps et une carrure de rugbyman. De plus, c’est dans une version semi acoustique qu’il présente son album, accompagné d’un guitariste (électrique) et d’une claviériste. Lui-même porte une guitare acoustique et dès les premieres note de Pollution mentale, titre éponyme de l’album, il descend de scène, et se promène de long en large, entre le public, offrant ainsi une certaine interactivité avec le public, leur laissant ici et là, terminer les phrases de ses chansons, facilement entêtantes.
Au programme du concert de ce soir, des chansons extraites de ce nouvel album, et puis d’autres, nouvelles ou anciennes, car l’artistes n’est pas né de la derniere averse. Musicien d’autres artistes depuis des années (dont Jacques Higelin), il a eu le temps de se faire un répertoire assez important pour tenir en haleine un public pendant 90 minutes.
A cet instant, je me rend compte, que je ne vous ai pas encore dit quoi que ce soit sur le son de Dav Hans… Si l’album se veut résolument Rock, énervé, le show acoustique se recentre plus sur les textes et leur sens, cet esprit un peu reggae, doucement révolté, autour des inégalités qui nous entourent, des impératifs économiques qui gouvernent le monde, oubliant l’individu, oubliant les problèmes et les petits bobos des gens d’en bas. Il est donc questions de politique et de Nicolas Sarkozy - un peu beaucoup, il ne mérite pas tant d’honneur – (Sarkozy va, Marianne, Mai 68 inachevé), de chômage, de restructuration de l’ANPE mais toujours de chômage (C comme chômage, les saisonniers), et un peu d’amour, avec le single French kiss qui a fait l’objet d’un clip maison, avec 0 centimes de budget et une bonne dose d’humour.
Parfois, en écoutant Dav Hans, on a l’impression d’entendre Jean-Louis Aubert, période Bleu Blanc Vert, à d’autre moment, c’est le fantôme regretté Mano Solo qui vient hanter la petites salle dinardaise.
Quoi que jouant ensemble depuis peu, le trio fonctionne plutôt pas mal, les textes sont parfois un peu directs, abruptes, immédiats voir spontanés ou même improvisés, comme le ferait un chansonnier. On est loin des textes à double fond des orfèvres de la chanson rock française. Mais le résultat est efficace, plein de candeur et de sincérité.
L’artiste va continuer à se produire avec ses deux musiciens à Dinard dans ce même hôtel St Michel, jusqu’à l’été, laissant autant d’occasions que possible de découvrir ses chansons dignes de la grande époque des Frères Misères. Et puis, point d’orgue de ses apparitions scénique, il proposera un concert, grand format, avec des cuivres en plus, et sur la grande scène de l’Omnibus, le 16 avril prochain (2011) en compagnie du groupe festif Maracu’jah.
RICHARD GOTAINER
+ VANOU L'Omnibus
St Malo (35) Le 28 janvier 2011
Curieux, oui, j’étais très curieux d’aller voir ce saltimbanque des années 80’s nous pousser la chansonnette ce soir à Saint Malo. Si la musique n’est pas Rock, l’esprit est bien totalement Rock n’Roll. Richard Gotainer, c’est le poil à gratter de la chanson française depuis au moins 30 ans, bien avant les Billy Ze Kick, les Fatals Picards, les Wriggles, Marcel et son Orchestre et autre Didier Super.
De même, pour ouvrir la soirée, l’Omnibus a invité Vanou, un drôle de groupe malouin, emmené par une chanteuse, Jeanne, un peu intimidée à froid, mais qui, dans le feu de l’action, s’est révélée bien plus délurée. Sorte de Titi parisienne, assistée de son violon, et d’un trio guitare, basse, batterie, elle propose un rock parfois musclé, teinté d’espieglerie, de sonorités tziganes, et d’un esprit « nouvelle chanson française ». Même si tout cela semble encore un peu amateur, peu délicat et fantaisiste, le show de Vanou parviendra à mettre le public de l’Omnibus de bonne humeur, fin prêt alors, pour assister au concert de Monsieur Gotainer.
Difficile à 63 ans de ne pas l’appeler Monsieur Gotainer, tant le bonhomme nous semble appartenir à la catégorie des grands hommes de la Chanson française, même s’il ne s’est jamais pris pour un Brel ou un Gainsbourg, loin s’en faut !
Pourtant, avec 35 années de longues et heureuse carrière, Richard Gotainer a semé dans son sillage des bijoux d’anthologie, que chacun connait et chantonne, tant sous la douche que dans les fêtes familiales. Qui n’a pas dansé le Sampa dans une soirée d’anniversaire, de mariage ou de communion, au moins une fois dans sa vie ou chanté les mains pleines de shampoing… Pire encore, qui n’a pas repris dans sa tête, les mille et unes ritournelles que les publicités télé parviennent à vous incruster de façon indélébile dans votre cortex et dont Richard Gotainer était coupable (J’me sens tout raplapla, beuvez V. On est tous pour D… Dans B… y a des fruits… Il est 4 heures, C’est l’heure du B….… ).
Eh, bien, cette star immense, aux casquettes multiples (conteur, chanteur, acteur, jingeleur (…) publicitaire…), avait rendez-vous avec le public de St Malo, ce vendredi soir de janvier, dans son salon, comme à la maison… Pour cela, pas de chichi, mais un effort incroyable pour reconstituer un décor digne des années 60’s / 70’s avec des tapisseries psychédéliques et un tableau du Cerf de Canach en canevas en fond de scène, un petit fauteuil, des abat-jours feutrés, sans parler des magnifiques chemises de Richard… et pour couronner le tout, et se sentir vraiment chez lui, Richard Gotainer nous annonce qu’il a prévu un programme particulier dans sa tournée, à savoir, ne chanter que les titres qu’il aime… Tres vite, il nous rassure et nous promet un déluge de tubes… Les trois papys ne seront pas oubliés, pas plus que le Youki… mais il promet de nous faire visiter des parties de son répertoires moins connus mais tout aussi entêtant…
Démarre alors un marathon de salon, avec pas moins de 24 chansons, tirées des albums sortis entre 1977 et 2008… L’occasion de revenir sur un des ses premiers titres tels que Polochon Blues, dans une version subtile, entre respect et sourire ou d’aller découvrir des titres de son tout dernier album, Espèce de Bonobo, bien moins médiatisé et pourtant tout aussi décapant que ceux qui ont fait son succès. On y découvre alors le festif et fleuri Quéquette Blues et un drôle de petit Bonobo. Entre les deux, toutes les perles et bijoux du répertoire (ou presque) vont y passer, et même une sélection de ses plus grands succès publicitaires. De quoi nous faire sourire, rire et pleurer de rire jusqu’au lendemain…
Richard Gotainer alterne aussi les titres drôles et vifs, et d’autres plus bluesy, et grinçant. Difficile parfois de redevenir sérieux après une Ballade de l’Obsédé ou un Mambo du Decalco… mais l’exercice ne semble pas insurmontable à Richard, qui donne vraiment l’impression d’être à son aise. De même, avec ses lunettes rondes, ses favoris et sa petite barbiche, son allure svelte et ses chemises colorées, on a bien du mal à imaginer que 30 ans se sont écoulés depuis la grande époque de Maman Flashe Et Papa Flippe… Le temps ne semble pas avoir de prise ni sur le chanteur ni sur son répertoire !
Il est passé minuit lors qu’on ressort de l’Omnibus, tous les visages des spectateurs sont remplis de gaîté. Pas un pour dire « oui, bof, c’était pas mal…. ». Non, 100% des pres de 600 personnes du public semble ravi par cette soirée, à marquer d’une pierre blanche.
C’est dans une salle quasiment remplie que Curry & Coco s'est produit à L’Autre Canal.
Devant un public pas encore bien chaud, l’énergie dégagée par le duo a su attirer l’attention de la salle, et l’ambiance s’est installée petit à petit.
Originaire du Nord de la France, Curry & Coco est composé de Sylvain au clavier et au chant, et de Thomas, à la batterie.
Dans une ambiance brumeuse, avec peu de lumière, et durant presque 40 minutes, les 2 comparses réalisent une belle performance.
Le style est un mélange d’électro, de rock, de dance.
Ils nous ont présenté leur album « We Are Beauty », sorti chez Peermusic en 2010 avec les morceaux suivants : Who's Next ?, Top Of The Pop, Sex Is Fashion, Meteors, Dancing Like A Monkey, Jeannie, Yummy Mummy, Ultrasonic, Party Ashes, Boys From The North.
Une reprise de Cindy Lauper – Girls Just Wanna Have Fun – est venue agrémenter le tout.
Les titres sont rythmés et mélodiques, et cela n’est pas sans nous rappeler la disco des années 70 et la new wave de Joy Division.
Fondé en 2006, le groupe est mis en avant depuis 2008 par les Inrockuptibles. Ils ont été lauréats du concours CQFD et des morceaux figurent sur les compilations du magazine.
Nous avons également pu les voir dans des quelques émissions musicales : "Louise Contre Attaque" sur France 4, La Musicale de Canal+...
Ce fut un set plein d’énergie et une très bonne prestation. Nous invitons vivement le public à aller les voir lors de leur tournée.
Les dates peuvent être consultées sur leur page Myspace.
BRIGITTE
FONTAINE
+ MARC GAUVIN L'Omnibus
St Malo (35) Le 26 mai 2010
On nous l’avait promis pour le dernier concert de Jean-Louis
Murat à l’Omnibus,
mais ce fut finalement Fannytastic qui ouvrit le bal ce soir là. Ce
n’était donc que partie remise que de voir Marc Gauvin sur la
scène malouine. Et ce fut donc pour assurer le guest de Brigitte
Fontaine !
Pour ceux qui ne le connaissaient pas, Marc Gauvin est en fin de tournée
pour assurer la promotion de son 5e album, baptisé… N°5
sorti il y a déjà pres de deux ans. Pour ceux qui le connaissent,
ils savent qu’il enregistre depuis toujours ses albums dans l’antre
du Trip Hop à Bristol en compagnie de Jim Barr, bassiste de Portishead.
Sur scène, pas de Jim par contre, mais un Eric, patronyme Nédélec,
multinstrumentiste de talent. Duo donc, pour des ballades entre folk et easy
listening, l’introduction de ce concert se fait en douceur, en toute
simplicité, avec de belles ballades et de jolis textes, plein d’élégance,
de raffinement. Sorte de grand calme avant la tornade Brigitte Fontaine !
Le set a été bien sûr assez court, et Marc Gauvin a survolé son
répertoire, revenant par exemple sur ses doucereux Tam Tam de l’Amour,
mais explorant dans la mesure du possible, plus largement son dernier album.
Un petit clin d’œil en intro et conclusion, une chanson mise en
scène dans notre bonne ville de St Malo, quoi de mieux, alors même
que Murat, pour boucler la boucle, n’avait pas daigné interpréter
Polly Jean, chanson qui plante son décors dans les mêmes lieux
;-)
Apres un long intermède – on a même cru que Brigitte était
en train de nous faire un caprice de diva – Madame Fontaine entre sur
scene à la suite de ses musiciens. D’un pas lent et théatral,
elle est applaudie par le public, peu nombreux ce soir, mais très
enthousiaste. Il faut dire pourtant que la dame est déjà venue
il y a deux ans, mais que ceux qui l’avaient vu, avaient toutes les
raisons de revenir tant le spectacle avait été d’une
grande qualité.
Et Brigitte Fontaine ne nous a pas fait
mentir nous offrant un nouveau spectacle, toujours aussi libre, extravagant
et déluré. Fantasque, Brigitte
a l’art et la manière d’entrer et sortir de ses personnages,
chaque chanson étant comme un nouveau jeu d’acteur, qu’elle
investit à la perfection, et chaque intermède est une nouvelle
occasion de retrouver la Brigitte Fontaine mondaine, médiatique, celle
que l’on définit souvent par les adjectifs « originale », « fantasque », « excentrique » pour
ceux que l’on peut le plus facilement citer… C’est toujours étonnant
de voir ces changements de facettes, digne d’une grande schizophrène
;-)
Pour entrer dans le détail, Brigitte a mis de côté ses
grands tubes, ne conservant en fait que les Nougats, transformés en
Loukoums entre deux couplets. Elle a préféré laisser
plus de place à des titres moins médiatisés mais tout
aussi attachants, tels que Patriarcat, Symphonie pastorale, Conne ou encore
le très ancien, Comme à la radio, qui nous plonge pres de 40
années en arrière dans son répertoire… Genre Humain
sorti en 1995 fait aussi partie du spectacle. De quoi vous donner le tournis
dans ces allers-retours incessants ;-) Pour revenir dans le présent,
Entre Guillemets, Prohibition, Harem font partie du voyage.
Entre deux séries de titres, Brigitte laisse la place sur scène à son
compagnon, Areski Belkacem, qui nous enchante de ses rythmes orientaux le
temps de trois titres dont le Magicien Magicienne, déjà entendu
la derniere fois, tout comme le tres humoristique Vent d’automne, en
duo avec Brigitte, restée en Backstage.
Un seul rappel, Soufi, extrait encore de son dernier album Prohibition, mettra
fin à son concert, dans une ambiance survoltée, qui nous donne
peine à croire qu’il n’y avait que 350 personnes ce soir
! Et donc, pas de Kekeland, de Zazous ou de Baby Boom Boom… ce soir,
que du simple, du rafraichissant, de l’inepuisable Brigitte Fontaine,
pour notre plus grand plaisir. Un vent de folie apréciable !
En première partie ce soir le groupe Hey
Hey My My, leur deuxième album vient de sortir, A
sudden change of mood, ils nous en livrent un échantillon
mais reprennent également des titres du premier. J’ai
beaucoup apprécié le premier titre puis j’ai décroché progressivement,
les rythmes n’étant pas assez variés, ni innovants,
malgré un beau jeu d’éclairages. Ils passent à la
Maroquinerie le 5 mai.
Voilà enfin la star de la soirée Gaëtan
Roussel ! jusqu’ici
surtout connu comme chanteur, parolier et compositeur au sein du groupe Louise
Attaque puis Tarmac ; plus récemment pour ses
participations aux albums de Vanessa Paradis et Alain Bashung (entre
autres). Il se lance seul en tête d’affiche avec son album Ginger sorti en mars.
Il impose sa carrure sur le devant de la scène entouré de cinq
musiciens et deux choristes. Il débute le concert avec un titre qui
bouge Clap hands et le public ne ménage pas
ses applaudissements, l’ambiance est déjà là. Il
déroule l’un
après l’autre les titres de son album : inside/outside,
si l’on comptait les étoiles , dis-moi que tu m’aimes…
Les morceaux jouent entre français et anglais, sur des thèmes
comme le sentiment amoureux et la place de l’homme dans le monde d’aujourd’hui.
Des paroles qui parlent à tous et que l’on retient et reprend
en chœur. Les rythmes et les sonorités sont très variées
et innovantes.
La scène est décorée d’écrans de dimensions
variées qui diffusent un éclairage plus ou moins intime selon
les titres et participent à renforcer l’ambiance générale
des titres.
L’interprétation de Help myself, single actuellement
diffusé sur les ondes marque l’apogée de l’ambiance,
le public chante, bouge et participe activement à ce concert.
Avec Trouble s’avance Gordon Gano (ancien leader des
Violent femmes groupe country-punk et référence de Gaëtan
Roussel) pour une interprétation inoubliable et hypnotique de ce titre.
Nous arrivons au premier rappel, Gaétan Roussel enchaine avec
Mon nom, puis une reprise des Talking Heads.
Pour le deuxième rappel, le guitariste nous envoute avec un solo.
Le public réclamant encore et toujours plus, nous avons droit à une
deuxième version de Help myself un vrai déchainement
de sonorités, c’est l’extase dans la salle qui en veut plus.
Il est juste 22 heures, une heure de concert bien remplie mais c’est
un peu court. Gaétan nous annonce qu’il n’a plus de morceaux à chanter …et
oui je trouve effectivement l’album un peu court et donc le concert,
qui le reproduit à l’identique, également ! les lumières
se rallument malgré l’enthousiasme de ce public de quadra envoutés.
J’ai trouvé Gaétan Roussel un peu introverti, timide peu
conforme à mes souvenirs des concerts de Louise Attaque.
Malgré ces bémols, j’ai passé un moment passionnel
et je retournerai voir Gaétan Roussel dès le 31 mai sur cette
même scène !
L’Orange Bleue
Vitry le François (51) Le 27 mars 2010
C’est une nouvelle fois dans une salle surchauffée
que Luke est venu se produire. Depuis déjà une bonne dizaine d’années,
le groupe
parcourt les salles et enchaîne les festivals.
La formation menée par Thomas Boulard est donc venue présenter
son nouvel album intitulé D’autre Part. Il s’agit
du 5ème opus après La vie presque sorti
en 2001, La tête en arrière en 2004, Les
enfants de Saturne en 2007, et le live Où en est la
nuit sorti en 2008.
Le set débute par 2 titres du nouvel album : Fini
de Rire et Les
Amants de Valence. Ce soir, quasiment tous les nouveaux morceaux seront
joués
: Pense à moi , La complainte du gardien de prison, Monsieur
tout le monde, Si je m’écoutais, Le
robot, Faustine, Dans l’ombre et Manhattan.
Bien évidemment les classiques ne seront pas oubliés,
histoire de ne décevoir personne. Nous aurons droit aux tubes
incendiaires tels que La sentinelle et Soledad. Et bien entendu à La
terre ferme, Le reste du monde, Stella, La
Transparente, Zoe, Je suis Cuba.
Tout s’enchaînera pendant presque 2 heures, avec très peu
de temps mort !
Luke est revenu avec sa flamme et son énergie, et
les spectateurs venus nombreux ce soir ont passé une bien belle soirée.
A noter la très bonne première partie assurée par Cho
Yang, groupe de rock noisy, qui n’est pas sans nous rappeler des formations
comme Interpol, Radiohead, Sonic Youth, Wovenhand…
Ils entrelacent une variété de rythmes. Tantôt mélodiques,
mélancoliques ou encore endiablés, les timbres et textures sonores
provoquent fièvre et émotion. Un quatuor dynamique et vigoureux à découvrir
absolument s’il passe près de chez vous.
Une belle entrée en matière, ce samedi soir à L’Olympic
avec The Patriotic Sundays. Certes, le groupe nantais joue chez lui et bénéficie
du soutien bienveillant du public. Il n’empêche : la formation
menée par Eric Pasquereau possède une classe mélodique
certaine. Intéressant.
Paroles en anglais, mélodies pop assez riches où l’électrique
tutoie l’acoustique, en trois petits quarts d’heure, The Patriotic
Sundays aura démontré l’étendue de son talent.
Groupe à suivre
assurément.
Autre bonne idée, celle d’avoir Josiah Wolf – l’un
des membres de Why ?, tête d’affiche de la soirée – en
(deuxième) première partie. Caché derrière ses
fûts de batterie, le grand frère de Yoni Wolf a dévoilé quelques
extraits (à la guitare acoustique) de son premier album, le tout juste
sorti Jet Lag. Un petit cadeau folk, d’humeur mélancolique, adressé à un
public un poil bavard où le musicien se livre avec une sincérité désarmante.
Exit le batteur remuant de Why ? Josiah Wolf laisse place à un set intimiste,
dépouillé, à la croisée d’un blues aérien
et d’un pur folksong. Touchant.
Que dire de la prestation de Why ? Figure du label Anticon, le trio californien
n’a pas déçu, tant la qualité de ses albums est
exemplaire. Et il faut bien s’y faire : dépouillées ou
complexes, les compos studios de Yoni Wolf, Josiah Wolf et Doug Mcdiarmid passent
sans difficulté le cap de la scène. En live, le son de Why ?
confirme néanmoins l’orientation musicale du groupe depuis une
paire d’album, Alopecia et surtout Eskimo Snow, à savoir des schémas
pop. Gardant toutefois l’esprit du hip-hop des débuts. Et le cocktail
est étonnant.
A l’Olympic, Why ? a donc joué la carte du gros son, parfois un
peu brouillon, mais bien épaulé par les excellent musiciens de
Fog (le guitariste Andrew Broder en tête et le bassiste Mark
Erickson).
Aussi à l’aise dans le phrasé rap (Good Friday, Twenty
Eight) que dans le chant pop, Yoni Wolf s’est libéré des
habituels xylophones et tambours pour occuper la scène, maracas en main
et gestuelle à mi-chemin du rappeur et du chanteur pop.
Côté répertoire, les extraits d’Alopecia se taillent
la part du lion. Après les rappels, un excellent dernier morceau : le
rare 21 Century Pop Song (issu du projet Hymie’s Basement conçu
avec Andrew Broder), conclu ce set de manière impeccable, bien rock.
Alors, question : Yeah! ou Yo! ? Les deux mon capitaine…
La Setlist
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These Few Presidents -
January Twenty Something -
Gnashville -
Against me -
These hands -
The Vowells, pt 2 -
Good Friday -
Rubber Traits -
Fatalist Palmistry -
A Sky for Shoeing Horses Under - Twenty Eight -
This Blackest Purse -
The Hollows
Rappel : Sanddollars -
21 Century Pop Song
Catherine MAJOR est une québécoise de 29 ans,
avec une reconnaissance couronnée de nombreux prix, elle vient de sortir
en France son album Rose sang (sorti il y a 2 ans déjà au
Canada).
Elle s’installe sur scène derrière son piano dans une petite
tunique blanche à paillettes recouvrant un micro short en jean, c’est
une mignonne petite blonde qui ne fait pas son âge. Elle est accompagnée
de trois musiciens au clavier (François Richard), à la batterie
(Benjamin Vigneault) et à la
contrebasse (Mathieu Désy). Cette salle de l’Européen est
très agréable,
l’intimisme
d’une petite salle acoustique bien organisée au niveau de la visibilité,
au niveau du confort permet de savourer le spectacle, au milieu d’un
public de québécois venu soutenir leur compatriote dont Luc
Plamondon.
Ce qui me surprend dans sa première interprétation c’est
justement son peu d’accent québécois. Elle a une voix agréable
dans la douceur parfois plus limite lorsqu’elle part trop haut dans les
aigus. Elle enchaine les titres qui valent plus pour les textes que par la
musique qui est assez répétitive.
Elle a un petit coté show très canadien, elle fixe le photographe
juste au 1er rang. Elle se lève derrière son piano pour bouger
mais on aurait envie qu’elle sorte vraiment de derrière l’instrument
pour se mettre au milieu de la scène et laisser libre cours aux mouvements
de son corps afin qu’elle se lâche complètement.
Pour moi le meilleur moment du concert est son interprétation hommage à Mano
Solo de son titre Les gitans, j’adhère complètement à son
interprétation vocale.
Elle continue à enchainer les titres de son album, mais on voit sur
son visage la fatigue s’installer, elle reste assise et ne bouge plus,
jusqu’au rappel.
Elle interprète un titre écrit par son compagnon,
Ourse un
moment d’émotion retraçant sa grossesse et la naissance
de sa fille il y a « déjà » sept mois, elle remerciera
d’ailleurs son homme de gérer l’intendance afin de lui permettre
d’effectuer cette tournée de promo en France.
Ce fut un concert agréable, c’est une chanteuse qui a de l’avenir
mais dont le potentiel n’est pas encore à son maximum. Il y a
de l’originalité dans les textes et de la musicalité dans
les paroles mais l’écriture reste assez simple et manque encore
un peu de maturité.
La venue de Jean-Louis Murat à St Malo était
une belle surprise dans la programmation de l’Omnibus cette saison. Au
risque d’en être
un peu trop intimiste. Pourtant, le public était au rendez-vous. Ce
n’était pas la foule des grands soirs, comme on a pu le vivre
encore une semaine auparavant avec Diam’s, mais toute proportion
gardée,
Murat conserve un public fidèle à ses chansons douce-mélancoliques.
En ouverture de soirée, il était prévu Marc Gauvin, et
c’est Fannytastic qui l’a finalement remplacé, le précisant
en ouverture de son set : « je ne suis pas Marc Gauvin », mettant
le public de bonne humeur de suite.
Pour ceux qui connaissent, comme moi, Fannytastic,
ils auront été surpris
par le répertoire de ce soir. En effet, sorte de Jad Wio au féminin,
la filoute s’est transformée en Tori Amos ce soir, Toute
seule avec son piano et ses chansons d’amour. Destabilisant, même
si mon voisin m’indiquait pendant le concert que ce registre convenait
parfaitement à une
premiere partie de Murat. Toute seule donc (mais sans le titre du même
nom, pourtant excellent), elle va nous conduire dans un nouveau répertoire,
tres éloigné du très explicite Plusieurs,
premier album schizophrène de Fanny et dont elle ne gardera que la chanson éponyme
dans son set. Un virage à 180° qui ne m’aura pas vraiment
convaincu, perdant d’un coup l’âme de cette musique au combien
personnelle jusqu’alors. Pour ceux qui ont apprécié, il existe un mini
album, sans doute plus intimiste, Fannytastic quatuor, sorti en 2009 chez
Anticraft.
Pain béni pour Jean-Louis Murat du coup, qui peut débuter
son concert sur du velours. Accompagné de trois musiciens, un vieux
compagnon de route au clavier, Denis, un batteur et un bassiste. Lui-même
s’accompagne
d’une guitare. Cheveux au vent, rasé de près et même
pas imbibé de quelques supstance que ce soit, il débute son set
sur Ginette Ramade, un titre de son dernier album, Le cours ordinaire
des choses.
Une façon de nous faire entrer dans son univers, rempli de grands espaces,
de hautes montagnes, de jolies bergères et de drames pleins d’effroi.
Jeans et chaussure de ville, chemise allongée froissée, Jean-Louis
Murat ne mise pas tout sur l’apparat… Pire, il ne mise pas vraiment
non plus sur son interprétation. Non, il donne l’impression de
laisser vivre les chansons, telles qu’elles sont avec leur mots choisis
et leur mélodies pas toujours évidentes en version live. En effet,
c’est dans une certaine nonchalance, pour ne pas dire absence, que Murat
déverse ses chansons, à moitié absent diront les médisants,
absorbé, diront les autres.
Reste qu’effectivement, son nouvel album est riche, entêtant, et
le concert coule alors de source, passant en revue l’ensemble de dernier
opus, simplement en en changeant l’ordre, Mesange bleue, Taïga,
16h00 Qu’est-ce
que tu fais, Falling in Love… Seuls deux titres sont oubliés
sur les 11, La Tige d’or et Comme un cowboy à l'âme fresh,
enregistré comme
une blague par Murat lors de ses sessions à Nashville, mais qu’il
n’assume du coup pas tout à fait ;-)
De fait, la place est restreinte pour les anciens titres… Il y aura bien Mousse noire emprunté à l’album Tristan, L’examen
de Minuit, poème de Baudelaire, musique de Ferré, que l’on
pouvait trouver sur Charles et Léo. Et puis encore, Caillou et Taormina extraits
de son album éponyme. Se mettre aux anges (Ah, un titre de Lilith, tout de même…)
viendra déjà finir la première partie de ce concert, qui
sans virer sur les chapeaux de roue, laisse le public véritablement
aux anges, même si on sent toujours cette impression de distance entre
Murat et le public. Il n’ouvrira d’ailleurs la bouche entre chaque
titre que pour dire bonjour et au revoir, et aussi pour demander si l’équipe
de France de rugby a battu l’Angleterre… Les Clermontois sont démasqués…
Le rappel commence et termine sur des sonorités tres électriques
et tres puissantes, avec Comme un incendie et M Maudit, des titres
qui laisseront court à quelques notes d’improvisations et quelques effets de
larsen, juste pour dire que le show de Murat n’a rien de statique !
Comme à son habitude, par contre, Murat nous offre des inédits,
dont les titres à sortir prochainement, Quelle encre tire de ma bouche
ces invincibles vérités ? et Saurais-tu par cœur,
que l’on
retrouvera sur la BO du prochain telefilm de la nancéenne Laetitia Masson, Petite fille.
Avant d’en finir avec ce reportage, une derniere critique, l’album
qui proposait pas mal d’arrangements vocaux, à grand renfort de
chœurs chaleureux, ne retrouve pas sa traduction sur scène. C’est
bien dommage, les titres s’en trouve trop démunis, presque décharnés.
Jean-Louis, si tu m’entends…
Une soirée en demi-teinte donc ce soir à St Malo, qui n’aurait
même pas eu droit au titre Polly Jean, qui aurait pourtant sans
doute
définitivement emporté [le public de] St Malo…
Très attendue ce soir à St Malo, Diam's a fait se lever les
plus téméraires de ses fans, puisque les premiers spectateurs sont arrivés
à 4 heures du mat' pour pouvoir etre devant labarrière à scander le nom de
celle par qui le scandale est arrivé avec S.O.S. son dernier album. On attendait
donc la nouvelle Diam's et son foulard sur la tête.
On attendait aussi ses nouvelles chansons, veritables confessions intimes avec
son public. On attendait beaucoup et on a tout eu.
A commencer en premiere partie par Irma, jeune chanteuse d'origine
camerounaise, à la voix enchantresse. 30 minutes de douceur à peine perturbée
par le mimétisme frappant avec la musique de Ayo... A noter au milieu de ses
premieres compositions telles que End of the story ou Letter to the Lord, une
reprise des Jacksons 5, A,B,C, 1,2,3.
Passée cette courte entrée en matiere, c'est dans une obscurité presque totale
que Diam's apparait sur scène de dos et
en duo avec elle, comme sur l'intro de son dernier album, SOS.
En ce qui me concerne, et contrairement à l'ensemble des fans du premier rang,
pour moi, c'etait la premiere fois que je voyais Diam's sur scène, pas vraiment
ma tasse de thé à vrai dire, et j'ai été agréablement surpris. Quelques rares
mievreries, quelque passages un peu r'n'b; digne de sa copine Vitaa.
Mais passés ces
détails
n'ayant au final que peu d'importance, Diam's, c'est aussi un fleuve
de mots débités à la
kalachnikov, des idées pleines de bon sens, des mots qui l'égratigne
et vous écorche. Un livre ouvert sur son coeur. C'est vraiment l'impression
que nous donne Diam's pendant cette soirée, revenant à plusieurs
reprises sur son passage à vide, son internement, ses doutes, ses peurs
et finalement son retour sur scène, et le public, toujours présent,
un public United Colors of Benetton, un public de jeunes et de moins jeunes,
de riches et de moins riches. Un concert de Diam's c'est une véritable
trève sociale, comme il y en a peu... Elle reviendra d'ailleurs abondament
sur l'actualité, les élections régionales, la montée du racisme et du Front National,
celui qui veut arrver au pouvoir et celui qui y est déjà,
finissant son speach sur un morceau de son titre Marine, et du refrain
détourné
des Bérurruer noirs, scandant "J'emmerde le Front National".
Je ne suis pas connaisseur du répertoire de Diam's, mais j'ai tout
de même reconnu d'entrée, l'intro du dernier album, suivi rapidement
des deux singles I am Somebody, Enfants du désert et Coeur
de bombe, à peine
séparés par Discours et Ma France à moi.
Etonnant d'ailleurs, d'habitude, on garde les singles pour la fin, mais Diam's,
elle fait pas comme les autres, elle commence par ce qui la dérange,
le succès, la
reconnaissance, et elle préfère mettre l'accent sur ce qui lui
paraît plus important... C'est ainsi qu'elle terminera son show, outre
La Boulette, avec Big Up, SOS et l'émouvant Si c'était
le dernier.
Diam's, la nouvelle Diam's, ne manquera pas à cette occasion, de citer
la fondation qu'elle a créé, le Big Up Project, à qui
elle reverse tous ses royalties du dernier album pour aider les enfants d'Afrique.
Miltitante, Diam's balance quelques skuds, le temps de ce court Marine ou
de L'honneur d'un peuple. Elle pense aussi aux plus jeunes, nombreux ce
soir,
et tous les musiciens et choristes en profitent pour se déguiser en
personnages de dessins animés, d'Obelix à Peter Pan, de Dora à Cendrillon.
Diam's, quand à elle, arbore la tenue d'un ours blanc, autre martyre
de notre société en décomposition.
En dehors des mots, des textes, des rythmes, des musiques, il y a l'ambiance,
les lumières, la bonne humeur ce soir, pour accompagner le concert...
Les ingrédients complets pour une bonne soirée quasi familiale,
même
quand on est pas totalement fan de la musique distillée ce soir, ou
même quand la technique se mêle de la partie en provaquant une coupure de son
pendant
d'interminable minutes. Cela méritait bien une Standing ovation provoquant
des remerciements à n'en
plus finir... Une soirée mémorable !