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Interviews

Disponibles :
F.M. New Popular Music - Juin 2008
Streotypical Working Class - Fevrier 2008
Babyshambles - Septembre 2007
Googooblown (Le Bonhomme) - Mars 2007
Lofofora - Février 2007
Subsonic - Novembre 2006
Wilderness - Octobre 2006
Mesh - Septembre 2006
Kaligaré - Juin 2006
Prikosnovenie - Le Label World- Féérique
Troy Von Balthazar - Mars 2006
Liva - Mars 2006
Watine - Février 2006
Mathieu Persan - Février 2006
Jérôme Minière - février 2006
Eve Cournoyer - Février 2006
Clap Your Hands Say Yeah - Déc. 2005
The Rakes - Novembre 2005
The Gris Gris - Novembre 2005
Rhésus - Octobre 2005
Piano Magic - Octobre 2005
Morning Star - Juillet 2005
Thomas Dybdahl - Juin 2005
Les Archives des interviews

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F.M. New Popular Music - Juin 2008
NEW
POPULAR

F.M.
Découverte avec A dream or Two et sa drole de pop acoustique, F.M. pourrait bien devenir la révélation de l'année pour nombre de magazines et programmes radios en France, et peut-etre meme au delà des frontieres. Si ses compositions ne manquent pas d'originalité et de cachet, c'est dans ses reprises que F.M. surprend le plus, prenant totalement à contrepied les versions originales, les retravaillant, totalement, pour se les approprier. Rencontre avec un orphevres de la pop dans son atelier parisien.

FM c’est François Maurin, c’est ça ? FM est il un projet 100% solo ?
Oui c'est ca. Solitude à 100% garantie.

Quelle formation musicale pour aboutir a ce Dream or Two ?
J'ai appris seul le piano et la guitare. Home studiste de la première heure , je me suis passionné pour les synthés et l'enregistrement . Arrivé à la fac, je me suis lancé dans des études de musicologie.

A dream or two, le titre de l’album a été choisi comment ?
C'est le titre d'une des chansons. Cet album c'est mon grand reve à moi mais c'est aussi nécessairement un produit commercial. Je trouvais drole d'en parler comme ca, comme d'une chose à vendre parmis tant d'autre. Un reve ou deux, peu importe quoi...en fait bien sur ca dépend du point de vue

New Popular Music me rappelle le New Stereophonic Sound Spectacular de Hoover… As-tu l’impression d’avoir apporté quelque chose de neuf à la Pop francaise ? à la pop en général ?
Ca évoque chez moi le "New Power Generation" de Prince dont je suis fan.Une sorte de sous-titre mégalo complètement idiot.
Du coup je trouvais rigolo aujourd'hui l'idée du dandy sorti d'un autre temps et qui revendique un renouveau musical, et populaire par dessus le marché (pour un dandy ca la fout mal)
Mais derrière la blague, il y a forcément un questionnement un peu plus sérieux sur l'idée même du nouveau en pop.
Pour répondre directement à ta question, je pense que c'est l' écriture particulière que j'ai développée pour cette formation qui est inédite.
Il y a donc quelque chose de neuf mais pas dans le sens de révolutionnaire, dans le sens de différent, de "frais".
Le but du jeu dans la pop music que j'aime, c'est de rester dans le domaine du commun, du familier, de l'évident, tout en recherchant l'exclusivité d'un propos inédit. Pas forcément simple...

F.M. est-il aujourd’hui exporté hors des frontieres francaises (ou francophones) ?
Ca commence mais très doucement. La difficulté c'est que la France n'est pas habituée à l'exportation de sa musique...alors c'est pas facile. Mais Il faut que ca se fasse absolument.

Comment avez-vous choisi ces titres repris à Cure, Stranglers ou Blondie ?
J'ai choisi ces trois reprises parmis beaucoup d'autres en fait. Question de variété de rythme, de tonalité ou de style d'écriture. Celles là apportaient une diversité à l'album que d'autres peut etre plus intéressantes en soit n'auraient pas pu apporter. J'ai pensé cohérence globale du disque avant tout.

Est-ce plus difficile à interpréter quand ils n’ont pas été écrit pour etre acoustique ?
Non pas du tout car la sonorité n'affecte pas beaucoup la composition dans ces chansons ci. C'est pas de la techno quoi. De toutes facons, le but dans mes reprises n'est pas de restituer l'original mais de l'éclairer autrement, d'apporter un point de vue. Je change les harmonies, je déplace des éléments, j'enlève des paroles... C'est de la recomposition quelquepart. On fait ce qu'on veut pour faire passer ce qu'on veut de la chanson, j'adore.

Envisages-tu d’autres orchestrations à l’avenir ? un grand orchestre peut-etre ?
L'idée de cette formation Cor, Trio à cordes et Guitare/Voix était juste un cadre pour le premier album. Ca donnait une couleur et ca permettait un jeu.
Mais j'ai mille idées d'orchestration diverses, de mixage et d'univers différents qu'il me tarde de réaliser...
On m'a fait la proposition de travailler sur un orchestre, mais ca n'a pas forcément beaucoup plus de sens pour moi...je ne sais pas trop encore...on verra...

 

Un nouvel album est il déjà en projet ? D’autres reprises pourraient etre envisagées ?
Je songe sérieusement au prochain album effectivement mais je ne sais absolument pas si il y aura des reprises dessus.

 

Discographie :
F.M. - A dream or Two (lire aussi)


Mike S.


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Streotypical Working Class - Fevrier 2008

STEREOTYPICAL
WORKING
CLASS

De retour aux affaires (la classe) deux ans apres leur dernier album, Sans Repères, les SWC nous livrent un album acoustique !!! Surprenant apres avoir entendu la fureur de leur concert... en compagnie des autres de la scene métal française tels que AqME, Lofo, Mass Hysteria ou Enhancer...
Mais pour autant, le groupe pense ne pas être arrivé là par hasard... C'était" ...Une volonté de mettre sur disque ce que nous avions déja fait en concert et en show case "...
Rencontre avec les Ster(Heros)typical Working Class...

Ce nouvel album est enregistré en acoustique ! Une volonté d’élargir votre public ou votre gamme ?
Une volonté de mettre sur disque ce que nous avions déja fait en concert et en show case, donc plutôt de montrer une autre facette du groupe qui pour nous semble dans la continuité du reste....

Vous avez voulu aussi voir (entendre) comment donnaient vos morceaux en version acoustique ?
On en avait une petite idée par les quelques showcase que nous avions donnés mais c'est vrai qu'en studio on se rend mieux compte du rendu et on as bien aimé enregister en acoustique ca demande d'autre exigneces qu'en électrique

Dans quelles conditions avez vous enregistré cet album ?
Sur Lyon et sur Valence avec Fabien Salzi qui est aussi notre manager donc l'ambiance était bien détendu comme on se connait bien

N’est-ce pas plus difficile de s’entendre chanter en Français, quand on le fait en acoustique (j’avoue, j’ai beaucoup de mal sur Silence par exemple…)
C'est vrai que ca accentue certain côtés "mélo" par rapport à l'électrique... Mais après... on n'a pas de problême avec ça ! On assume !

Formés en 1999, bientôt 10 ans ! Quels remarques pouvez vous faire sur la scene Rock et Métal en France depuis vos débuts ?
L'impression que ca donne c'est que la vague metal bien présente en 2000 s'est bien calmé et qu'actuellement on tend plus vers le "rock à mêche"... Aprés niveau concert, ça devient de plus en plus difficile... Je pense que les groupes tournaient plus facilement il y a 10 ans maintenant les salles genre MJC qui dépendent principalement des subventions culturelles des villes ont de moins en moins de budget et les "petites" salles entre 100 et 200 personnes ont de plus en mal à exister et du coup les groupes en pâtissent aussi directement !

A quoi vont ressembler vos concerts en 2008 ? En première partie de Vincent Delerm ? ;-)
Non trop Heavy plutôt Frederic Francois ça c'est "in" ! ;-)
En fait on va faire des concerts acoustiques et des concerts électriques car on reste un groupe électrique à la base !

Apres avoir enregistré cet album acoustique, vous pensez pouvoir retourner dans votre style, comme si de rien n’était ? ou vous allez garder à l’esprit ce coté épuré pour enregistrer un nouvel album ? Ou au contraire, utiliser un grand orchestre à corde, comme l’ont fait nombre de groupes ces dernières années, avec plus ou moins de réussite
En fait on a continué de composer en électrique en paralléle et de bosser notre set. Notre prochain album electrique est quasiment prêt ! Et donc la suite sera du SWC bien Rock n'Roll !

Quels sont les disques ou les groupes qui vous impressionnent en ce moment ?
Jimmy eat World "Chase this Light" même si c'est pas leur meilleur album, c'est un super groupe
Foo Fighter "Echoes patience and grace"
Et aussi Oceansize, Tool, Franky Vincent, Camille

Plus d'infos : www.stereotypicalworkingclass.com

Mike S.


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Babyshambles - Septembre 2007

BABY BABY
BABYSHAMBLES

Shotter's Nation, un nouvel album, pour le collectif emmené par l'ex libertines, Pete Doherty. 12 "brand new" titres produit par Stephen Street. Le guitare a changé de mains, mais le son des Babyshambles reste ! Rencontre avec quatre anglais tres en vogue...

BABYSHAMBLES

Peter Doherty – Voix et guitare

Mick Whitnell – Guitares

Drew McConnell – Basse

Adam Ficek – Batterie

LE TRAVAIL AVEC STEPHEN STREET

Pete Doherty : Travailler avec Stephen Street, ça a bien marché, je pense. On s’est rencontrés peu de temps avant le début de l’enregistrement, je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : “ On compte sur toi pour nous faire un album parce qu’on a un sacré nombre de chansons mais on n’est pas surs d’être capables de les enregistrer et de les sortir correctement et dans les temps“. Alors il m’a regardé dans les yeux et m’a dit “On peut le faire, mais il y a quelques règles de base à respecter“. La première semaine on était maladroits, un peu d’hésitation et beaucoup de bordel, ça a mal commencé, et puis les règles de base ont été posées et le tout est allé mieux après.

Adam Ficek : C’était super. Il est tellement réservé, un mec normal quoi. C’était rafraîchissant de travailler avec quelqu’un comme ça. Et il a de très bonnes idées. Il n’y a pas de superflu ou de conneries chez lui. Il est du genre “On va faire ça là, on va finir ici et je veux que tu fasses ça“. J’ai pensé que ça ne marcherait pas à cause de la nature un peu rebelle de certains d’entre nous, et en effet il y a eu des problèmes. On est rentré dans le mur plusieurs fois, mais finalement on l’a fait. Je crois qu’on a tous beaucoup appris de notre collaboration avec Steve, on a appris que si tu travailles avec quelqu’un en lui faisant confiance, voici le résultat et il parle de lui-même, je pense.

Mick Whitnell : Je ne pense pas que qui que ce soit d’autre aurait pu enregistrer cet album. Pete était dans le studio plus que toutes les fois auparavant, à ce que je sache. Pete et Steve sont totalement opposés dans leurs personnalités, mais ils se sont très bien entendus. Avec moi aussi -je pense — c’est un vrai casse couilles, mais il sait ce qu’il fait, ça c’est certain.

L’ALBUM

Pete Doherty : J’allais dire qu’il sonne super bien, mais je ne sais pas si c’est assez. Les voix sont beaucoup plus claires, beaucoup plus directes. Je n’ai pas envie de dire des choses qui pourraient casser d’autres albums que j’ai faits. Je ne sais pas si c’est moi et mes particularités, mais j’ai toujours eu l’impression de ne pas être capable de faire un album, de me poser et l’écouter, l’apprécier, juste comme ça. Mais cette fois si, je crois que c’est ce qu’on a fait, tu sais, juste un super album, fait pour être écouté et apprécié, et je l’écoute et je l’apprécie.

Drew McConnell : Le son du groupe à change, ou disons, évolué vers une progression naturelle, les rôles se sont donc échangés. L’élément classique de l’écriture des chansons est venu de Mick, tandis que les cotés sauvages sont venus de Peter.

LES TITRES SUR LE NET

Drew McConnell Comment je me sens par rapport au fait qu’on a mis nos propres chansons sur le net? N’est-ce pas ce qu'on est censés faire? Tu enregistres une chanson, une démo, une nouvelle chanson et t’en est fier et tu te dis que ce sont les entrailles de quelque chose de vraiment bien. Si ce n’était pas pour les gens, les gosses en ligne-- gosses, je veux dire, les gens, quel que soit leur âge, sur le net-- qui m’envoient des messages, me posent des questions sur la progression des accords, m’interrogeant sur les paroles… Ça nous rappelle, ça me rappelle, que les gens nous conçoivent toujours comme un groupe avec une pertinence musicale, et pas juste comme, genre, un numéro de cirque.

Adam Ficek : Je crois que c’est bien de faire ça. Parce que quand les gens viennent voir le groupe, ils connaissent pas mal de chansons. On était en tournée deux semaine à peine après avoir mis les titres en ligne. C’est surprenant combien de personnes connaissaient les chansons, seulement après deux semaines. On a fait au moins cinq ou six de ces titres en tournée et au lieu d’avoir des visages vides d’expression qui nous regardent, les gens connaissaient les chansons.

Drew McConnell : Les gens écoutent la version rough d’un concert ou un enregistrement dégueu fait dans la cave de Mick. La version de Stephen Street, ça va être un enregistrement différent, une âme différente. Ça va être la même chanson, mais je ne crois pas que le fait de l’avoir déjà entendue va empêcher les gens d’acheter l’album.

PETE

Mick Whitnell : Bon, je ne sais pas si Pete vous en a parlé, mais il y a eu un moment, il y a environ un an, quand on était un peu en déclin et ça faisait un moment que je n’étais plus dans le groupe, je lui ai dit - je ne sais pas s’il voudrait que je vous dise ça – bref je lui ai dit “Si tu continues a ce rythme-là, tu vas être mort, mec” et j’ai ajouté “pourquoi on n'arrête pas ces conneries et on se remet à faire ce pour quoi on a été mis sur terre, faire de bons morceaux?” Parce que je ne voulais pas qu’on ne se souvienne de Pete qu’en tant que mec de Kate Moss ou qu’en tant que Andrew Ridgely du punk où je ne sais pas quoi d’autre. Je veux juste qu’on se souvienne de lui comme d’un musicien brillant. Je ne crois pas qu’il a encore fait tout ce dont il est capable. Tout le monde est là à parler des Libertines, mais il a vingt-huit ans et c’est un excellent musicien alors je lui ai dit de se reprendre en main.

LES BABYSHAMBLES

Adam Ficek : La plus grosse différence est que le guitariste à changé. Mick a pris la place de Patrick. Mick traînait toujours dans le coin avec les groupes, il était technicien avec Pat. Il y a eu une discorde, Peter et Pat ne s’entendaient plus alors ils ont décidé d’arrêter.
Je crois que c’était ça le changement principal, ça a vraiment influé sur la musique parce que Mick est un guitariste beaucoup plus reggae et est beaucoup plus influencé par des sons sixties. Dans sa prestation, tu peux entendre une approche vraiment différente de ce que Pat aurait fait. Je crois aussi que d’avoir une stabilité avec notre management nous a permis d’être signés et de sortir ce disque et maintenant vous avez affaire à un groupe plus organisé, enfin, légèrement plus organisé qu’il ne l’était avant.

Drew McConnell : Quand je parle à des amis de la famille ou d’amis, des gens qui n’ont jamais entendu parler de nous, et qu’ils me demandent ce que je fais dans la vie, je réponds : “Je suis dans un groupe, Babyshambles.” “Ah , vraiment, c’est comment?” “Bah, c’est un peu comme les Sex Pistols qui joueraient des chansons des Beatles”. On est un groupe punk mais avec une approche du genre qui est plus traditionnellement British dans l’écriture des chansons.

PAR RAPPORT A « DOWN IN ALBION »

Pete Doherty : Le truc avec Down in Albion est que je pense que ça commence très bien et après il se transforme en quelque chose de totalement différent, parce qu’il a été enregistre à plein de moments différents avec des gens qui venaient et partaient. Pour Down in Albion tout partait dans toutes les directions et mes mains étaient dans un sale état et ma voix explosée. Pendant six mois, je ne pouvais même plus parler pour enfin tenter d’enregistrer quelques prises de voix décentes. Mais cette fois j’ai réellement pu chanter et on s’est maîtrisé tous ensemble…

www.babyshambles.net/

TRACK LIST - Shotter's Nation - 2007
01. Carry On Up The Morning
02. Delivery
03. You Talk
04. Unbilotitled
05. Side of the Road
06. Crumb Begging
07. Unstookietitled
08. French Dog Blues
09. There She Goes
10. Baddies Boogie
11. Deft Left Hand
12. The Lost art Of Murder
Mike S.


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Googooblown (Le Bonhomme) - Mars 2007

(Le Bonhomme)
de chemin des
Googgooblown

- Un nom mystérieux, enfantin aux entournures, mais qui cache une musique subtile et élaborée, dans un registre qui n'en demande pas tant habituellement. En effet les GGBLB offrent un Rock dense et tendu, porté par les aigües de 2 violons et les basses d'un violoncelle et nous content leurs histoires surréalistes. Tels des menestrels du XXIème Siècle !

Nous connaissons vos enregistrements depuis des années. Voici enfin le CD et la signature sur une major. En quelques mots, que s'est passé pour que cela prenne autant de temps ?
On a commencé à enregistrer l'album en autoprod' avec Ivan Herceg et lorsque nous l'avons terminé au bout de plus d'un an (parce qu'on faisait ça surtout pendant les vacances scolaires), on a assez rapidement signé un contrat d'artiste avec Trema qui nous a permi de retourner en studio avec Ian Caple (Tindersticks, Tricky, Bashung...). Trema a été racheté par Universal
puis on s'est baladé chez Barclay pour enfin terminer chez AZ. A chaque fois c'est un peu comme si tu repartais de zéro alors que l'album est prêt depuis un moment...

Vous vous êtes battus pour garder ce Nom dans son intégralité. Pourquoi ?
On ne nous a embetté qu'une semaine chez AZ, chez Trema même pas... et on ne peut pas dire qu'on se soit particulièrement battu. Le groupe existait depuis plus de dix ans sous ce nom, c'était son identité ; on a donc gardé GOO GOO BLOWN (le bonhomme).

Les titres se sont traduit en partie en francais ? Une concession ?
C'est arrivé avant l'enregistrement. Je pense que ça a toujours été l'objectif du groupe à un moment ou à un autre, de pouvoir utiliser les deux langues. Car attention on n'a pas renié l'anglais. Mais par crainte peut-être de faire des textes en français de mauvaise qualité, on s'est longtemps caché dans les sonorités de la culture anglo-saxonne. Aujourd'hui on assume (sourire)

Goo Goo Blown devient une activité à plein temps pour les membres du groupe ?
Je crois qu'il est de plus en plus difficile pour un artiste de vivre de sa musique. Alors à sept, tu peux imaginer. Pourtant dans le même temps effectivement cela prend un temps fou. Surtout lorsque comme moi, tu n'aimes pas trop délégué. Ou disons plutôt
que si tu veux que les choses avances, tu dois les faire toi-même.

Vous êtes combien dans le groupe en réalité ?
Nous sommes sept. 2 guitares, basse, batterie, 2 violons, 1 violoncelle. ça a toujours été plus ou moins le cas depuis ces cinq dernières années sauf pour l'enregistrement où nous n'étions que six, en transition de guitariste. Mathias est arrivé dans la foulée.

A quand le site internet ?
On a eu pas mal de problème, là dessus aussi (sourire), mais au moment où je te parle le www.googooblown.com est sur le point d'être terminé donc...

 

Expliquez Devilish FantaZiäh le titre de l'album ?
C'est en fait le titre original de la chanson "Fantaisie démoncale" qui depuis est donc passée au français. L'idée est de toujours rester un peu mystérieux dans l'univers de ggb, de jouer sur les contraires. Un peu comme le mot "Goo" qui décrit une matière visqueuse. Ce qui est amusant, et on l'a découvert après coup, c'est que par extension cela signifie "mielleux", "à l'eau de rose" et dans le même temps "sperme" soit en gros les extrêmes. Et j'aime cette idée du tout et son contraire.
L'idée du masque, du jeu des apparences...

Subaquachaotik warriors, quel est le thème de cette chanson ?
C'est l'idée d'une machine de guerre totalement dévoué à une entité inconnu appelé iL. Une armée sous marine, qui avance comme un bulldozer et détruit tout sur son passage de manière systématique et effrayante, au point qu'elle traumatise l'un de ses propres soldats qui est le narateur de cette chanson. Qui raconte ce qu'il fait et au combien il ne le supporte pas.
Mais il n'a pas le choix...

Qui a conçu le livret de l'album ?
Une partie de l'équipe de No Brain qui font pas mal de clip, avec de l'animation ils ont notamment bossé sur un superbe clip d'Emilie Simon, "Flowers".Ca n'a pas forcément été évident pour eux car nous avions des idées très précises, surtout de ce que nous ne voulions pas mais le résultat est vraiment très chouette. On les en remercie d'ailleurs.

Ian Caple, le producteur, une opportunité, une suggestion ? il a travaillé avec Tricky, JJ72, Alain Bashung, Tindersticks. Vous vous sentiez proche de l'une de ses productions ?
En fait Trema nous a dit: avec qui voulez vous enregistrer ?
C'est une question que nous ne nous étions jamais posée... Alors on a fait le tour de nos préférés, et puis Mathias, parce qu'on
é tait déjà ami avec lui, a évoqué Ian pour son travail sur le "Fantaisie Militaire" de Bashung. Et en regardant de plus près
on s'est rendu compte qu'il était un peu partout dans nos discothèques qu'il savait faire aussi bien des guitares abrasives, que des cordes et une sensibilité proche de la notre.
On ne s'est pas trompé, cet homme est une crème et nous avons vraiment aimé travailler avec lui, j'espère que l'expérience se renouvellera.

Que s'est passé depuis la sortie de l'album ? La tournée semble tarder là encore ?
C'est assez compliqué en fait, tous ces retards de sortie nous ont pas mal découragé. Les projets parallèles se sont multiplés
afin de ne pas perdre l'énergie créative de chacun. Michel et Eric ont créé Revok un groupe de post-hardcore avec
d'anciens membres de Gameness; Michel et Ombeline ont Zeta Reticulli, un groupe de funk psyché ainsi que les Fragments de la Nuit, ensemble néo-classique à partir duquel ils réalisent des musiques de film et documentaire ;
Mathias a aussi ses projets Melocotone et dernièrement Corde Sensible... On est finalement très seul et les choses arrivent très progressivement...
D'autant plus que le rock indé en major n'est pas vraiment une priorité par rapport à une chanteuse de variété...

Quels sont les projets pour l'année 2007 ? (enregistrement, festival, collaborations, émission télé, clips ?)
On est jamais à l'abri de surprises (sourire)...

Devilish FantaZiäh
- 1er album - (Lez'Art Music/AZ)
Plus d'infos et d'écoute :
- Chronique de l'album
-
Myspace.com/googooblown
- www.googooblown.com

 

Mike S.


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Lofofora - Février 2007

Voici deux ans que LOFOFORA nous a proposé son dernier album baptisé "Les choses qui nous dérangent". Une tournée et une pause de 8 mois plus tard, les porte-étendards du Metal francais sortent de leur retraite le temps d'un concert (à la Cité de Rennes, le 9 février 2007, sur invitation express des Tagada Jones).
Une heure de concert, en forme de Best of pendant lequel le groupe reprend petit à petit ses marques, et montre combien il va falloir compter une fois encore avec eux à partir de la renrée de septembre 2007, date à laquelle Reuno nous annonce le successeur au précédent missile lofoforien.
Nous vous proposons d'écouter une interview brut de décoffrage, à l'image d'un groupe qui n'a jamais laissé s'arrondir les angles...

Téléchargez l'interview en MP3

Téléchargez l'intégrale de l'émission

Mike S.


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Subsonic - Novembre 2006

SUBSONIC
Sombres Héros

ROCK SOUS INFLUENCES MYTHIQUES
Subsonic forge son rock depuis quelques années sur les planches de Bretagne et d'ailleurs. En 2006, le groupe y défend son nouvel album, dont il est particulierement fier. "Dark City", ce second album du groupe additionnent des influences cinématographiques et musicales tres "noires".
L'avenir du Rock en France passera-t-il par Subsonic ? C'est bien possible !
Rencontre avec Subsonic...

> > Dark City : une référence au Film du meme nom ?
Exactement, nous voulions que l'album "Dark city" soit aussi glauque que le climat qui ressort du film : "Une ville sombre, des murs sales, des âmes seules.

> > Quelles sont vos sources d'inspiration pour vos textes ?
La rupture sociale, les utopies politiques que l'on nous vend.

> > Pensez-vous qu'il y ait dans le rock français, un avant et un après Noir Désir ?
Noirdez restera toujours l'icone du rock français mais depuis que Cantat a mangé son chapeau ,chacun veut sa part du gateau.

> > Une reprise de Gainsbourg ! Pourquoi Gainsbourg (et non les Stooges, Noir Dez ou même Offspring) ?
Gainsbourg est un artiste incontournable, ses melodies , ses textes nous ont marqués.
Nous avons eut envie de relever le défi, c'est une sorte d' hommage que l'autoprod rend a la celebrité.
Reprendre du Noirdez, ça n'aurait eu aucun interet,sauf si nous avions été d'un univers musical different.
Et puis, il y a déjà la compile des remix qui est excellente. Pour les Stooges ,et Offspring, ça n'aurait pas été coherant avec l'album.

> > Et pourquoi Requiem pour un con ? Une BO de film. C'est une chose qui vous tente ? Le texte de "Requiem pour un con" collait parfaitement avec l'univers de "Dark city".
Par ailleurs, Subsonic a deja figuré sur la B.O. du film de Pascale Breton, "Illumination" au coté de Miossec.
Et les "Black hills" sont sur la Bande Son du reportage de Marc Simmonet, "Les Huaoranis, peuple de la foret), une Production MC4,France 5 et Planete.

> > Une Video en ligne dite « Video Paris Premiere ». Qu'est ce donc ? C'est Hot ! On dirait un concert de Punish Yourself ;-)
Pour Paris-derniere, c'est simple comme un coup de fil : "Bonjour, je suis la secretaire de Béatrice Ardisson, votre version de "Requiem pour un con" passera dans l'emission) .
La surprise que l'on a eu de voir que les images collaient sur la musique, comme des collants sur les jambes des filles.
Que du bonheur ,(gainsbarre a du bien se marrer de la haut).

> > Et vos concerts justement ? Ca ressemble à quoi ?
Vous êtes originaire de Rennes. Une ville plus ouverte que les autres au Rock et à la musique en général ?

Tous les concerts de Subsonic sont joués comme si c'etait le dernier , on prend tous les risques et c'est tres exitant.
Va sur le site www.subsonic-music.com, ça te donnera un aperçu du groupe en live !
Quant à Rennes, y a toujours eu cette image de ville branchée, mais le rock n'est plus en odeur de sainteté, les DJ's sont dans les bars et la guitare en accoustique...

Subsonic – Dark City
Style : Rock
Label : Rebel Music/Musea

www.subsonic-music.com

Mike S.


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Wilderness - Octobre 2006

Born to be
WILDERNESS

Baltimore, patrie de John Waters et… désormais de Wilderness, 4 américains qui font du (post ?) (post ?) punk, totalement habités par leur musique. Oubliée la musique passablement formaté d'Interpol ! Wilderness nous propose de vivre une expérience unique, un trip prolongé et en partie improvisé. Interview franchement ésotérique du quatuor avant un concert parisien.

Ma première question est au sujet de Baltimore. Etes-vous chanceux de venir de là, loin de l'agitation New-Yorkaise et de la lutte qui doit exister entre tant de groupes ?
James (Chant) Oui il y avait de place pour être nous-même.
Brian (Guitare) Nous nous sommes mis ensemble en 1995, il y a peut-être une petite différence d'incarnation par rapport à ce que nous sommes désormais. Nous avons continué à rester amis en faisant de la musique ensemble. Nous avons commencé le groupe vraiment en 2001 en travaillé sur le corps des chansons. Et, nous n'avons pas arrêté depuis. Nous avons fait le premier album au moment où nous sommes allés dans un bon studio et nous avions mis en chantier nos titres les plus pertinents et les plus récents. Ce qui donne les 10 ou 12 chansons de notre premier album.

Le nom du groupe est wilderness. (NDLR : WILDERNESS : partie inculte-laissé à l'état sauvage. ) Quelle est l'idée derrière ?
James : Tu vois ce que Wilderness veut dire… je vais te dire pourquoi nous l'avons choisi. Je suppose que nous l'avons choisi parce que cela regroupe chaque chose en 1 mot. Que ce soit loin d'ici, au centre du désert, au centre de Paris ou de New York. Ou sur une autoroute, en Allemagne ou a à Los Angeles, dans une épicerie dans le bus. Wilderness, c'est un état d'esprit que nous portons tout le temps en nous, à partir de nos yeux décrivant ce que nous faisons, comment nous régissons, ce que nous avons vu. Pour nous, Wilderness n'a pas de début et pas de fin.

Je trouve que votre voix ressemble à John Lydon de PIL. C'est naturel pour vous de chanter comme ça ?
Oui c'est ma voix naturelle, ma cadence naturelle. Le reste de comparaisons et des similitudes vient de ce que je suis et de comment je chante. Je n'ai jamais contrôlé ou déterminé le fait de chanter comme John Lydon. J'ai aimé les Sex Pistols quand j'étais petit. Mais je n'ai aucun disque de PIL même si je reconnais volontiers que c'est un grand groupe. Mais Je n'ai pas attendu après eux pour me modeler moi même. Je ne vois pas pourquoi tu me compares à John Lydon si ce n'est car c'est un gars sauvage comme moi. J'ai grandi en écoutant de la musique dance et reggae donc pour moi, mes cordes vocales ont mûri auprès de vieux chanteurs de vieux rythme de danse et si influence il y a c'est plus de côté là qu'il faut les chercher que vers John Lydon ou qui que ce soit. Lydon est un grand chanteur et je ne vais certainement pas revenir là-dessus ou voulu l'imiter de mon propre choix. Je pense que tout le monde a besoin d'une référence pour commencer une conversation sur quelque chose. Ma vocalité vient de la musique, qu'elle que soit la musique qu'ils font, la voix vient de là, la cadence. Ils font la musique et je suis.

C'est comme un instrument. Je peux dire ça ?
Oui je suppose.

Wilderness a de la chance car ta voix est très expressive et rend plus dramatique la musique…
Oui. Quand je joue sur scène et que j'entends la voix venir. Je deviens inspiré la plupart du temps. La voix sort de la tête dans l'attente que je la suive et lui rende justice.

Il y a souvent peu de mots dans les chansons, tu as envie d'être direct et user la plus pertinente métaphore ?
Les mots sont toujours inspirés par la musique. Que dire d'autres.

Pour moi votre musique est du post post-punk. Plus radicale, plus stylisée, plus abstraite. Qu'en pensez-vous ?
Brian : Je pense que nos chansons sont plus radicales et plus modernes. Je pense que c'est notre musique personnelle. Nous avons grandi en écoutant certains types de musique et là c'est juste la musique de nos vies. Il n'y a pas de prétention ou de prédétermination. Il y a juste que je peux donner à la musique et c'est juste des personnes. Et cela tombe dans des catégories et nous nous tombons dans celle-là. On pourrait être un groupe plus intéressant encore si l'on avait choisi une autre route. Pour revenir au post-punk, si tu casses le sens de ces mots, nous avons grandi individuellement plus influencé par le punk que par n'importe quel autre type de musique. Nous venons d'une partie démographique qui a crée, initié la musique punk. C'est une sorte de filiation qui continue. Et cette musique-là continue, encore plus proche de notre art. Nous vivons aujourd'hui un age d'influences illimitées, ouverts à tellement de facettes musicales. Les gars de 18 ans écoutent des groupes de 78. Peut-être nous nous échappons de ça ou nous nous en rapprochons. Je ne pense pas que cela soit injuste d'être cité comme "post-punk". Peut-être est-ce juste du punk, je ne sais pas ?

Denis Z.


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Mesh - Septembre 2006

MESH

Avant l’automne dernier, je n’avais jamais entendu la musique de Mesh. Pourtant, le nom circule dans le milieu électro depuis plusieurs années. Mark, Neil et Richard sont des stars dans la Terre Promise de la musique "Dark". Avance rapide à Mai 2006: me voici complètement accro au nouvel album We Collide dès la deuxième écoute… Rencontre avec Mark, chanteur et songwriter du groupe, qui nous ouvre les portes du monde de Mesh…

Peux-tu nous présenter le groupe ?
Mark: Nous sommes Mesh et nous venons de Bristol, en Angleterre: Mark Hockings, Neil Taylor et Richard Silverthorn. Nous faisons tout nous-même en ce qui concerne notre musique, et nos différents rôles au sein de la formation s’entrecoupent… Mais pour simplifier :
Mark :Chanteur/Producteur/Songwriter
Neil :Programmeur/tout ce qui est aspect visuel/Photographie/Business
Rich :Programmeur/Producteur/Songwriter
C’est super simplifié mais je pense que ça représente bien notre manière de fonctionner.

Comment décrirais-tu votre musique ?
Mark: La chose première, c’est que nous essayons d’écrire de bonnes chansons. Nous sommes enracinés dans la musique électronique, et nous amenons cet aspect dans notre musique, mais nous utilisons également des guitares. Notre musique est pleine d’énergie et d’émotion.

Qui a été l’inspiration derrière la formation du groupe ? Quel genre de musique écoutais tu à ce moment-là ?
Mark: J’écoutais Yazoo (Vince Clarke / Alison Moyet) et OMD. Et Depeche Mode. C’était cette combinaison d’électronique, d’émotion, d’atmosphère qui m’a donné l’envie d’acheter un clavier et un micro. C’était un peu comme cette attitude déterminée qui avait inspiré les générations rock’n’roll et punk, ce "Oui, moi aussi Je PEUX le faire si je veux".

Vous avez eu pas mal de problèmes de labels, que s’est-il passé ? Et peux-tu nous parler de votre label à vous, Tolerance Records ?
Mark: A l’origine, nous avions mis en place Tolerance Records pour pouvoir sortir notre CD. […] Puis nous avons signé avec le label suédois Memento Materia. Nous avons sorti 2 albums sur MM, puis nous avons été signés par le label allemand Home Records qui est affilié à Sony. Nous sommes encore avec eux (ils ont changé leur nom) et 'We Collide' est notre second album sur leur label. Les deux dernières années ont été difficiles de ce point de vue, et les choses ont été repoussées, la seule raison étant les magouilles du business… Cela a été extrêmement frustrant mais c’est maintenant terminé.

Vous vivez toujours à Bristol? Avez-vous été tentés de déménager ailleurs, Londres ou même l’Allemagne ?
Mark: Oui nous vivons toujours à Bristol. Nous n’avons aucunement besoin de nous installer ailleurs, mais il est vrai que du point de vue business, parfois nous regrettons de ne pas habiter en Allemagne à cause du temps que nous passons là-bas! Mais nos racines sont à Bristol; nous sommes des créatures de confort, et nous sommes parfaitement confortables à Bristol.

En parlant de l’Allemagne… Comment expliquez-vous que vous ayez plus de succès là-bas plutôt qu’ici en Grande Bretagne ?
Mark: C’est d’abord parce que notre label est allemand. Et puis la Grande-Bretagne peut parfois se comporter de manière bizarre en ce qui concerne la musique. C’est un pays qui encourage l’innovation, ce qui est bien pour les nouveaux styles et la nouvelle musique, mais si tu ne te coules pas dans le moule alors tu n’as que très peu d’opportunités. Heureusement, il y a l’Internet et ça compense ! Il y a peu de place pour un groupe comme nous dans le marché musical traditionnel en Grande Bretagne. L’Allemagne offre aux groupes alternatifs une ouverture sur un marché plus large.

Certains musiciens détestent tourner et jouer live. Quelle est votre attitude vis-à-vis des tournées ? Est-ce que les concerts sont importants pour Mesh ?
Mark: C’est un aspect crucial de notre carrière, mais je dirais que c’est une lame à double tranchant. Avant que la tournée en elle-même ne commence, nous nous affolons rien que d’y penser: l’organisation requise est phénoménale. Et puis, les tournées bouleversent nos vies personnelles: nous avons des femmes, des familles, et ce n’est pas drôles pour eux de vous voir partir comme ça pour de longues périodes. Mais nous sommes de très bons amis, et notre équipe est géniale… Alors une fois que c’est parti, il n’y a rien de meilleur au monde. C’est l’expérience la plus étrange qui soit, mais également une expérience tellement satisfaisante… C’est difficile à expliquer à des gens qui ne l’ont jamais vécu.

Etes-vous concernés par votre image ?
Mark: Pas vraiment, non. Nous essayons de rester nous-mêmes, que ce soit dans notre aspect vestimentaire en dehors du groupe ou au sein du groupe. Nous avons un public très “Dark”, mais nous n’avons pas du tout le look de cette scène. Je crois que cela montre bien que les gens nous voient tels que nous sommes au-delà des apparences. Mais en même temps, oui, nous faisons attention, il ne faut pas trop pousser…

Comment voyez-vous l’évolution de votre musique, depuis vos débuts à We Collide ?
Mark: Nos morceaux sont de plus en plus solides, et nos capacités de production se sont affinées. Chaque album est meilleur que le précédent et je suis persuadé que nous allons continuer sur cette voie parce que nous sommes tellement impliqués dans la production. 'We Collide' est notre meilleur album à ce jour, mais le prochain sera encore meilleur. Nous avons constamment évolué parce que nous apprenons tous les jours, en studio, sur scène…

Votre popularité vous a-t-elle changé ?
Nous n’y faisons pas vraiment attention, bien que, évidemment, c’est ce qui nous permet de pouvoir sortir nos albums. Nous en sommes moins conscient en fait maintenant, comparé à nos débuts: 50 personnes à la Bristol Bridge Inn en 1994 c’était terrifiant! Les 8000 personnes devant lesquelles nous avons joué récemment à un festival… C’était juste encore une super journée de travail pour nous !

Certains disent que vous représentez la “face romantique” de la musique électronique…
Mark: Nous injectons beaucoup d’émotions dans notre musique, et nous essayons d’être le plus honnêtes possible. Nous recevons tellement de courrier de fans, des lettres, des emails émouvants de gens qui nous expliquent combien notre musique les a aidés à traverser des moments difficiles de leur vie, ou a été “la bande originale” d’événements qui ont changé leur vie. Je pense que c’est pour cela que nous avons beaucoup de fans dans milieu gothique, parce que notre musique touche la sensibilité d’une scène qui a ses racines dans la franchise émotionnelle et une certaine idée du romantisme.

Qu’est ce qui t’inspire quand tu écris ?
Mark: Je n’ai toujours pas cerné ce qui provoque ce besoin que j’ai d’écrire. L’inspiration pour 'We Collide' vient de choses qui sont arrivées à des membres de ma famille, mes amis, ou des choses que j’ai vues aux infos et qui m’ont particulièrement bouleversé. J’ai passé le cap de la période pendant laquelle j'étais mon principal sujet. J’ai beaucoup fait cela dans le passé. Mais je ne pense pas que ce soit très important parce ce que ce qui compte c’est que les gens trouvent dans mon écriture quelque chose qui les émeuvent, qui leur apporte quelque chose.

Sur le nouvel album, vous avez collaboré avec Gareth Jones (Depeche Mode, Futurehead, Embrace). A-t-il influencé votre son ?
Mark: Gareth a mixé une bonne moitié de l’album et a donné aux morceaux une profondeur et une clarté qui manquaient sur les originaux. Mais à cause de son arrivée tardive dans l’enregistrement de l’album, il n’a pas vraiment influencé le son en lui-même. Il n’était vraiment dans un rôle de producteur. C’est un type plein de talent qui est vraiment au fait de ce qui se fait, et nous aimerions qu’il vienne travailler avec nous à nouveau, et que cette fois-ci il soit impliqué dès les premières étapes de l’enregistrement. Son enthousiasme et sa fraîcheur son incroyablement communicatifs.

Certaines personnes pensent que vous avez le potentiel pour passer de l’alternatif à un marché plus accessible au grand public, plus commercial. As-tu un problème avec cela ?
Mark: Pas le moins du monde. Le succès ne nous fait pas peur. Nous avons assez d’expérience et de substance pour aller de l’avant avec confiance, sans trahir qui nous sommes. Et j’espère que ce moment sera bientôt là. Avoir du succès, ça permet de pouvoir continuer de travailler, de sortir des albums. Si nous y arrivons, ce sera une preuve de notre détermination sans égale _ ou de notre bêtise.

Quels sont vos plans pour le futur ?
Mark: Nous allons continuer à promouvoir We Collide en Europe et nous allons enfin avoir notre premier contrat de distribution en Grande Bretagne. Nous espérons que les ouvertures que nous avons établies aux Etats-Unis vont enfin porter leurs fruits cette année. En ce qui concerne le futur immédiat, nous continuons à tourner car rien ne peut remplacer la scène; c’est le meilleur moyen de révéler notre musique au monde. Nous avons également commencé à travailler sur le prochain album pour éviter le retard ridicule qui a précédé la sortie de We Collide. Mais je pense sincèrement que c’est cet album qui va sceller le future de Mesh.

Photo: Cuty
Merci à Mark pour avoir répondu si rapidement à ces questions malgré les contraintes de temps !
Cet entretien a été réalisé à l’origine pour un reportage dans Alternative Magazine, numéro 1, Juin/Juillet 2006. Plus d’infos sur www.alternativemag.co.uk

Le nouvel album We Collide disponible sur Königskinder/SPV
www.mesh.co.uk

English Version

Fabienne T.


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Kaligaré - Juin 2006

KALIGARE
ROCK
KOSMIQUE


La réalité qui nous entoure n’est pas reluisante et chaque réveil matinal est dur pour les idéalistes... C'est tres certainement ce qui pousse le groupe Kaligare à quitter sa ville de Pau pour s'envoler le temps d'une chanson, un album, un concert, dans l'immensité inconnue de notre univers.
Rencontre avec Franck Basly, chanteur et guitariste du groupe, qui lève ici le voile sur une musique emprunte
de grands espaces intergalactiques et mystérieux.

Souvent, la musique qui vient du Sud de la France est plutôt chaude et dansante. Pas celle de Kaligaré. Vous vous révoltez contre les idées préconçues ?
Je pense en effet que si nous étions un groupe du Nord, nous aurions composé de la chanson traditionnelle béarnaise… Non, c’est pour plaisanter évidemment. Il est très difficile d’évoquer le déterminisme dans l’art. Nos penchants artistiques auraient-ils été les mêmes si l’on était nés à l’autre bout du monde, une autre époque ? La musique « cold » nous parle plus qu’une autre, et j’étends ce terme à la musique en général. Pour nous, les plus beaux morceaux sont des morceaux mélancoliques, voire tristes. Ca dépend certainement du feeling, du vécu, de la sensibilité. Peu importe d’où les gens viennent en fait. Dans notre propre éducation musicale, il y a d’abord cette recherche d’émotion, qui nous a paru plus forte dans l’ombre que dans la lumière. Même si l’on a pas écouté que ça, c’est vrai que la cold-wave nous a touché, d’autant plus que ni l’époque ni notre environnement y étaient propices... Je m’explique. C’est sûr que notre région n’est pas trop branchée sur ce genre de musique, encore que… Ce serait oublier Bordeaux. Mais globalement, dans notre entourage, on faisait un peu tâche à l’heure de la fusion, du hard rock de la dance ou du rap. En plus, on n’était pas de cette génération à la base, et ce style n’était vraiment plus à la mode. Alors oui, écouter la trilogie des Cure à 15 ans au début des 90’s, c’est être à contre-courant. Il y a une grande affinité entre nous et cette musique, mais il n’est pas dit que nous aurions été tant influencés que ça en plein dans la tourmente, début 1980 ! Il doit aussi y avoir une part de révolte, mais elle ne doit pas cacher l’essentiel, qui est d’écouter et de faire la musique qui nous correspond le plus. On gardera toujours je pense cet esprit de créer en dehors du moule, c’est un gage d’avant-garde et d’intégrité.

La rencontre des membres du groupe. Elle s'est faite sur les bancs du lycée ?
On aimerait bien dire que non, car tout le monde dit oui, mais c’est la vérité. Disons, l’origine du groupe, à savoir JB Salles et moi-même, avons décidé de monter ce groupe sur les bancs du Lycée, sans avoir encore touché l’instrument ! C’est assez bizarre de regarder derrière soi et voir tout le chemin parcouru. Ca paraît tellement loin. On a tout construit par nous même. Alors ça nous a parfois ralenti, puisqu’on s’est occupé de tous les à-côtés, même ce qui ne touche pas à l’artistique, mais ça nous a fait mûrir dans l’ombre. Désormais, je pense qu’on pourrait faire face à de nombreuses situations sans exploser. Les racines ont bien pris. Le groupe a aussi et surtout évolué avec l’arrivée de Frédéric (Baleix-Vignau) à la guitare en 2001. C’est un tournant dans le sens où il a donné plus de corps à notre musique, avec ses guitares tantôt atmosphériques tantôt distordues, et a apporté une certaine expérience. Il a beaucoup tourné dans les années 90 avec Peter Plane, et lorsque nous lui avons proposé d’intégrer Kaligaré, il a tout de suite adhéré au projet. Je pense qu’il a senti que les bases étaient fortes et qu’on était de la même veine. Depuis, il y a eu 3 albums. Et ce n’est pas fini !

Kaligaré. Pourquoi avoir choisi ce nom ?
A l’heure de choisir un nom de groupe, en vitesse en raison d’un 1er concert dégoté sur le tard, on voulait éviter l’anglais, trop commun à notre goût, et le français, pour éviter la franchouillardise. Alors on a piqué un verbe à un dico de latin, on a remplacé le « c » par un « k », et le tour était joué. C’est en rapport avec l’ombre, la brume. Et puis la sonorité latine nous convient bien avec le recul, car elle dégage un aspect « carré » qui correspond aussi à notre musique. Bon, de toute façon c’est trop tard pour en changer, et l’avantage est qu’on ne trouve pas de concurrence sur ce nom !

Les textes abordent les themes du Ciel et de l'Espace. Une passion pour la science (et Hubert Reeves ?) ou plutôt pour une certaine forme de littérature ? (Des auteurs préférés ?)
Aucunement une référence à la science, juste une fascination pour l’inexplicable. Essayer de comprendre la notion d’infini nous est impossible, comme analyser l’émotion provoquée par la musique. C’est aussi une ode à l’humilité. Notre planète, qui paraît immense et pleine d’enjeux, est en fait ridiculement petite et fragile. On se bassine nous même avec le fric, le pouvoir et la renommée mais on passe souvent à côté de l’essentiel. La réalité qui nous entoure n’est pas reluisante et chaque réveil matinal est dur pour les idéalistes. Alors on se dit qu’on ferait mieux de voir ailleurs si on y est. Et on y est dans l’espace. Cette démarche est métaphorique évidemment, il y a toujours cette notion de décollage lorsqu’on regarde au fond de soi. Religieux et non croyants regardent instinctivement au ciel pour essayer de comprendre et espérer. C’est une approche romantique. La thématique de l’espace est une convergence du rationnel et de l’irrationnel, un langage à la fois poétique et scientifique. Et puis notre musique prépare le terrain à ce genre de voyage. Nous avons fait un disque électrique et enlevé pour le côté rapide et sans détour que doit nécessiter un voyage dans l’espace tout en gardant le sentiment au cœur du sujet. Les textes semblent de plus en plus en accord avec notre musique, ce qui donne encore plus de corps à ce genre d’album-concept. Pour revenir à votre seconde question, on n’est ni des grands adeptes de littérature ni des incultes. La lecture ne nous influence pas tant que ça dans la création en fait. Pour ma part j’ai bien accroché sur « La possibilité d’une île » de Houellebecq mais les autres n’aiment pas trop le personnage. Faut dire qu’il est insupportable !

C'est un point commun que vous partagez avec Alpha Jet, un autre groupe qui a la tête dans les étoiles. Vous vous trouvez des points communs avec quels groupes ? Quelles scènes ? Quels genres musicaux ?
Musicalement, il y a pas mal de groupes que l’on découvre via « myspace », et qui se rapprochent de notre style, mais très peu sont connus en fait. Humainement, on a apprécié de partager des moments sympas avec les Kill The Thrill, Sleeppers ou encore Romain Humeau, dont on aime beaucoup ce qu’ils font bien que pas mal de choses les opposent de notre musique. Samedi, on a eu la chance de discuter avec Dominique A et de prolonger la soirée avec son groupe (on l’a fait jouer à Pau), ça a très bien collé aussi. Et pour rebondir sur ça, Dominique A nous expliquait qu’il se sentait plus proche du son anglo-saxon que de Bénabar ou des Têtes Raides, alors que beaucoup l’assimilent à de la chanson française à l’état pur. Il y a plusieurs manières de voir la musique en France, la nôtre est bien plus attentive de ce qu’il se passe à l’étranger, car ce pays ne nous a que trop rarement habitué à être innovant. On suit de près le renouveau du rock et il ne vient pas d’ici. Dans cette vague anglaise et nord-américaine, on pourrait isoler Interpol, Bloc Party, Radiohead, Arcade Fire voire Muse qui correspondent davantage à notre courant. Mais on écoute souvent Franz Ferdinand ou les Strokes, y’a pas de problème. On va pas cracher dans la soupe. On s’est battu contre des moulins à vent pendant des années, maintenant qu’une certaine résurrection de la musique rock a lieu sous nos yeux, on en profite.


Avez-vous quelques rêves insensés pour la suite de votre vie ? Le premier concert sur la Lune ? Une rencontre avec un personnage éminent ? Ecrire une chanson qui rentrera dans l'inconscient collectif ?...
Pour le premier concert sur la lune, c’est question budget que ça coince. Sinon, ce serait ça oui. Bon, faut rameuter du monde aussi. Rencontrer un personnage connu, pas forcément. Ecrire une chanson qui entre dans l’inconscient collectif, pourquoi pas. Je sais qu’on va pas se fourvoyer pour ça, qu’on tournera pas les talons à la musique qu’on aime composer et jouer, alors… Des rêves on en a tous, mais un rêve insensé… C’est hyper dur à trouver puisque tout est possible ! Tout je vous dit !

Discographie :
2006 - Galaxy Club
2003 - Vitae
2001 - Oblique Horizon
Partitions :
Contamination : A tribute to David Bowie (2006)
Sylvain Chauveau : Down to The Bone - Tribute to Depeche Mode. (2005)
Strange as angel : A tribute to The Cure (2004)

 

 




Pour en savoir plus : www.kaligare.com


Mike S.


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Prikosnovenie - Le Label World- Féérique
Prikosnovenie

Le Label World- Féérique - The Fairy World Label

Prikosnovenie (caresse en russe...) est née de la mouvance alternative ‘new-wave’ en pleine croissance à l’époque... Quelque part du côté de Nantes au début des années 90. Depuis, ils sont quatre, passionnés, à s'investir dans la promotion d'artistes du monde entier, réunis par une passion commune, une musique aux voix enchanteuses et aux ambiances ethniques. Voix féminines, Musiques féériques, médiévales, néo-classique, world-tribal, transe-electronica contribuent, tour à tour à une grande variété des genres au sein d'un courant unique issu des années 80, la Cold wave...
Rencontre avec Fred, co-Fondateur du label et ingénieur du son maison....

 

Qu’est ce qui a suscité l’envie de créer un label proposant uniquement des disques de musiques d’artistes aux voies féeriques ?
Cela c’est fait petit à petit, les rencontres, la vie nous ont mené vers ce chemin. Nos premières productions étaient plutôt révoltées, poétiques ou mélancoliques. La tristesse, s’est transformé en la magie et la révolte en originalité. D’où, le choix de voix enivrantes, de musiques douces et singulières en provenance de monde entier.

Prikosnovénie est en quelque sorte un pays imaginaire où l’on retrouve tous les artistes et leurs personnages fantasmagoriques ?
Parfaitement, c’est un monde imaginaire accueillant, plus nous serons de fous dans ce monde, plus il deviendra vrai.

Comment découvrez vous les artistes que vous signez sur votre label ? Quelle règles vous donnez vous dans vos choix ? Les artistes vous envoient ils directement leur démo, CD ?
Nous sommes connus à travers le monde entier, puis recevons beaucoup de CD. Il n’a plus qu’à choisir.

Quelle forme de liens créez vous avec le groupe ? (signature, licence, distribution, management …)
9 fois sur dix, nous faisons des licences, c’est à dire que le groupe est producteur de ses enregistrements. De temps en temps, nous produisons les enregistrements. Notre rôle est d’accompagner le groupe et de lui faire partager 15 ans d’expérience. Nous aidons les groupes à se professionaliser.

Quel est l’accueil du public en France ? Etes vous ouverts d’ores et deja à d’autres marchés ? ou est-ce seulement une façon de développer une forme musicale encore trop peu connue en France ?
Il ne faut pas se leurrer, l’accueil dépend du markéting que nous faisons, nous avons peu de moyen donc nous gagnerions à être connus. Nous avons tout de même un réseau de 5000 fans et plus de10000 visites par mois sur notre site. C’est plutôt bien.
Nous travaillons beaucoup sur l’export depuis longtemps, nous sommes présents sur tous les continents du monde du Japon au Canada en passant par l’Australie et la Roumanie !

Si vous aviez entendu Dead Can Dance il y a 20 ans, les auriez vous intégré à votre label ?
Drôle de question. Je pense que oui. C’est le premier groupe que j’ai écouté avec The Cure et Cocteau Twins.

Etiez vous déjà conscient à la création de votre label qu’il existait en Russie, en Grèce, en Italie, en Amérique du Sud, des artistes qui pouvaient trouver un esprit musical commun ?
Non, ,c’est cela que j’appelle la magie ! La musique n’a pas de frontières.

Quels sont les trois derniers groupes que vous avez accueilli sur votre label ?
Misstrip :
du rock trip-hop d’Angers entre Portishead, Massive Attack et Archive. Ils ont un sens des mélodies incroyable.
Maple Bee : rock-folk d’une songwriter anglaise avec une voix et des experimentations electroniques à la Emilie Simon.
Karin Höghielm : une chanteuse suédoise qui s’inspire du folklore scandinave. (lire la chronique) - MP3

Quels sont votre trois découvertes dont vous etes le plus fier, le plus émerveillé ?
Orange Blossom : nous avons produit leur premier album. MP3
Louisa John-Krol : c’est une artiste incroyable qui a un talent de composition et une voix … angélique. (lire la chronique) MP3
Les love sessions, ce sont des rencontres d’artistes que nous avons initiées pour créer des chansons en studio… le résultat est superbe. MP3

Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui à continuer dans cette démarche ? Les émissions en prime time de découverte d’artistes n’ont elles pas déjà gagné la partie et lobotomiser le public français ?
C’est un raccourci. En France, la télé n’est plus le média culturel numero un, il y a internet, les concerts. Nous vivons dans un pays d’une richesse culturelle incroyable. Je ne crois pas que notre label ait pu naître dans un autre pays. Les gens curieux peuvent encore faire plein de découvertes. Notre rôle est d’inviter les gens à venir en voyage dans notre doux pays
En fait nous sommes une agence de voyage.

Pour en savoir plus :
www.prikosnovenie.com
L'Auditorium du label : Il vous permettra d'écouter quelques titres de chaque artistes, d'en télécharger en MP3. Et vous pourrez ensuite les commander en ligne


Les images ont été empruntées au site de Prikosnovenie, dont les illustrations sont le travail de Sabine Adelaide

Mike S.


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Troy Von Balthazar - Mars 2006

TROY VON BALTHAZAR
On The Road

En vacances de Chokebore, Tory Balthazar a réalisé sur la route son premier album solo. Une œuvre Ô combien personnelle, enregistrée lo-Fi, qui nous fait découvrir un chanteur plus touchant que jamais

Ton album a été enregistré dans différents endroits : Hawaii, Los Angeles, la France, L'Allemagne. Pourquoi tu avais besoin d'être sur la route pour rendre possible cet album ?
Parce qu'en fait, je bouge sans cesse, je n'ai pas d'endroit à moi. Je suis comme un fantôme. Je n'ai que quelques sacs et je vis comme ça depuis des années maintenant. Donc pour faire l'album, j'étais obligé de le réaliser dans plusieurs endroits car je bouge tout le temps.

Donc c'est un peu devenu un journal de voyage ?
Exactement, chaque morceau a été enregistré sous différentes cultures et par différentes atmosphères.

Sur ton site internet, tu parles justement des conditions d'enregistrement. Est-ce que tu veux désormais que l'auditeur ressente dans ta musique toutes des différentes atmosphères ?
Je ne sais pas, je ne pense jamais à l'auditeur (rires). Je ne pense qu'à moi essayant de faire les choses qui me font me sentir bien. J'espère que les gens aiment ma musique, mais au fond, je ne sais ce que les gens aiment ou ce qu'ils ressentent.

Dans tes commentaires, tu parles beaucoup d'isolation (sur tes commentaires en France, tu dis "dans un total silence, jour et nuit"). C'est nécessaire cette isolation pour faire ta musique ?
Totalement. Quand j'ai enregistré, j'étais tout seul dans le studio avec tous mes micros, mon matériel et mes instruments. C'était important d'être totalement seul. Parce que pour moi quand, je suis seul et que tout est calme, un nouveau world s'ouvre à moi. D'autres n'ont besoin pas besoin de ce silence, cela les rend mal à l'aise. Mais pour moi c'est tout le contraire et je vois et je ressens clairement les choses.

Tu te crées comme ça ton monde intérieur ?
Oui mais cela ne marche que si je suis seul…

C'est pas facile ?
(rires) en fait, cela va plus vite si je suis seul…Il me suffit de 10 minutes seul pour commencer à avoir des mots ou de la musique dans ma tête.

Tu joues de tous les instruments sur ton album. Tu veux avoir un total contrôle sur ta musique ?
Je ne dirais pas ça…Cela n'a pas à voir avec le contrôle. J'ai les sons dans ma tête et je suis donc le seuls à les avoir. C'est pour moi naturel. Je sais par exemple que je n'arriverai pas à jouer la batterie comme je devrais par rapport à ce que j'ai entendu. Mais j'essaie (sourire). Parfois je réussis parfois non !

Mais tu utilises assez souvent une boîte à rythme sur ton album…
Bien sûr. En fait c'est un petit clavier que mon grand père m'a donné quand j'avais 7 ans. J'ai toujours joué dessus, j'ai appris le piano dessus et je continue de l'utiliser sur scène. J'en ai trouvé un similaire dans un magasin donc maintenant j'en ai deux. (sourires).

J'ai dis que tu jouais de tous les instruments mais il y a deux titres où tu chantes avec Adeline Fargier…
Je l'ai rencontrée en France, il y a des années et je savais qu'elle jouait de la musique. C'est une très bonne guitariste et elle a vraiment une jolie voix. Et un jour, nous étions assis l'un en face de l'autre et j'ai commencé à jouer et elle a chanté et cela sonnait vraiment bien. J'ai dit parfait et elle est venue chanter Dogs sur l'album. Juste une après-midi.

Ton album a été enregistré lo-fi. C'était plus facile ainsi, tu pouvais voyager léger ?
Et parce que je préfère le son lo-fi. Si j'avais un million de dollars pour l'album, j'aurais utilisé les micros de la même manière. J'adore le lofi c'est ce que je préfère.

Mais même de cette manière tu as réussi à être noisy. Par exemple Rainbow pourrait presque être un titre de Chokebore. Tu n'as plus besoin des autres Chokebore pour faire du rock ?
Non ils me manquent…Je ne sais pas, on peut mettre de l'énergie dans le lo-fi et c'est ce que j'ai essayé de faire dans quelques chansons. Mais mes amis de Chokebore me manquent car ce sont des gens bien…

Cet album est-il plus personnel que ceux que tu as fait avec Chokebore ?
Oui car j'ai joué de tous les instruments et chaque partie, chaque seconde c'est juste moi. C'est très personnel. Dans Chokebore, je n'ai jamais pu entendre ma voix. Mais quand j'arrêtais de chanter, je pouvais entendre la musique et c'était cool. C'est comme un journal intime dont tu en fais un livre. C'est très dur à lire pour toi car c'est trop personne.l Pas à faire car faire une chanson est le meilleur sentiment que tu peux avoir. Tout comme jouer de la musique en public. C'est pourquoi je le fais.

Tes chansons sont courtes. Tu voulais aller direct à l'essentiel ?
Oui Peut-être. Je les ai écrites ainsi car avec Chokebore, les chansons sont très longues. C'est un peu contre ça ; c'était bien de changer.

Parle nous de ton titre avec Frigo ?
Oh je les ai rencontrés il y a quelques années à Paris. J'aime que d'autres jouent ma musique ou jouer avec d'autres musiciens. C'est intéressant et c'est amusant. C'est différent chaque fois, tu entends les idées d'un autre.

Je pense que tu as une relation privilégiée avec la France. Je me trompe ?
Non, c'est absolument vrai. Tous mes amis sont là, tu sais. C'est mon endroit favori pour jouer ..Mais tu sais j'ai joué à Montréal la semaine dernière et c'était vraiment bien. En Allemagne aussi c'est bien mais ma destination favorite reste le France.

Parfois Hawaii te manque ?
Oui parfois j'ai le mal du pays. Parce que le calme me manque. Mais je sais que c'est toujours là. Cela ne change jamais, ce n'est pas un endroit très progressif. Mais j'y retourne chaque année pour voir ma famille et le staff.

Et le futur ?
Je ne sais pas, je conduirais peut-être un bus l'année prochaine (sourire) Je ne sais pas de quoi est fait le futur. J'ai envie de faire plus de musique comme cet album. J'ai envi de progresser. J'ai envi d'écrire de la musique pour d'autre artistes. Et j'aimerais faire une musique de film. J'aimerais vraiment. J'ai envie de rester à la maison, de jouer du piano et d'envoyer des CDs dans le monde entier. Et moi je resterai chez moi à jouer de la musique toute la journée. Ce serait le paradis.

Sur ton album, il y a une chanson traditionnelle Old Black Joe. C'est un souvenir d'enfance ?
Exactement, quand j'étais un enfant, ma mère avait l'habitude de me chanter cette chanson avant de dormir. Chaque nuit. Et je me suis dit que si je faisais un album avec la liberté de choisir, je mettrais Old black Joe. Après toutes ces années, j'ai enfin eu cette chance.

www.troyvonbalthazar.net

Denis Z.


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Liva - Mars 2006

LIVA
ENTRE PARADIS
ET WALHALLA

Parmi les découvertes faite lors de notre dossier/reportage sur le Québec en février dernier, il y eu Liva ! Ce groupe avait eu la prétention, pour l’enregistrement de leur tout premier album d’écrire un nouveau Requiem. Reprenant la tradition ancestral des plus grands compositeurs classiques, le groupe avait décidé pour la première foi, il me semble, de moderniser la musique, et d’allier chants lyriques et latins, et sons métal-gothic-indus. Un résultat surprenant et même passionnant, qui nous value l’envie de connaître un peu plus ces québécois.
Par la magie du net, voici donc les réponses à notre curiosité bien placée. Pier Carlo, guitare, voix death et baryton, et compositeur du groupe

Comment vous est venue l'idée de chanter en latin ?
Rép : (Pier Carlo) : Lors de mes études musicales, j’ai fais du chant choral où j’ai eu à chanter dans plusieurs langues dont le latin et c’est ainsi qu’est née l’idée. De plus j’ai des origines italiennes et je me sentais donc proche de cette langue.

Vous indiquez sur votre site internet, époque après époque, ceux qui ont mis en musique le Requiem. Aviez vous l'ambition de marquer une nouvelle ère, après l'ère contemporaine de Ligeti ?
Rép : Non, nous n’avons pas cette prétention, nous avons fait cette page sur notre site internet pour informer les gens car les mêmes questions revenaient toujours. Nous marquons l’histoire de la musique à notre façon et ce, en faisant un Requiem metal, c’est une première mondiale.

Le travail avec un orchestre classique suppose une musique écrite avec des partitions, des notes. C'est le cas ?
Avez-vous une formation classique à la base ?

Rép : Effectivement cela nécessitait des partitions que nous même avons écrites et sans problème car trois d’entre nous avons une formation classique. Sébastien a un diplôme d’études collégiales en percussions, Pier Carlo un Baccalauréat en guitare classique et Catherine Elvira une Maîtrise en chant classique.

Vous avez ouvert pour Nightwish. Vous vous sentez particulièrement proches de tels artistes ? Ce sont vos influences principales ?
Rép : Le seul lien qui nous unis c’est qu’il y a une chanteuse de formation classique au micro. Le producteur du spectacle à l’époque a sûrement dû voir la même chose. Sinon, Nightwish n’est absolument pas une influence et non plus au niveau compositionnel. Il y a un membre de LIVA qui aime bien Nightwish mais ce n’est pas une influence dans notre style musical. Nous avons joué avec Therion et c’était déjà plus près stylistiquement. Mais encore une fois ce n’est pas une influence, c’est plutôt un hasard puisque nous avons découvert ces groupes après la composition de notre premier album.

Votre album va sortir en Europe 3 ans après sa sortie québécoise. Vous allez peut-être assurer sa promotion (comme c'est le cas avec cette interview). Ca ne vous gêne pas de parler d'un projet aussi vieux dans le temps ? Vous êtes peut-être déjà sur d'autres chansons, un autre album au Québec ?
Rép : Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas signé avec une compagnie de disque (Major) qui lorsque l’album sort, le sort partout sur la planète. Nous sommes indépendants et procédons de façon artisanale. Toutes les opportunités de promotion sont bonnes. Tout est développement, pendant que nous préparons la sortie du prochain album ici, effectivement, l’Europe commencera à connaître notre Requiem. Bien sûr notre objectif serait d’entrer dans le réseau européen afin nous produire sur une base régulière.

Comment le public québécois ou même canadien perçoit votre musique ?
Rép : Nous sommes très appréciés et un peu incompris aussi. Nous avons gagné le respect de tous de spectacles en spectacles mais à cause de notre stylistique, les gens de l’industrie de la musique et le public sont bien agacés de ne pas pouvoir nous accoler d’étiquette. On est perçu comme un groupe européen ou qui devrait aller travailler en Europe.

Quels sont vos projets après un tel départ ? Ecrire un opéra moderne ? une symphonie ?
Rép : Le groupe aime bien évoluer dans les formes longues mais pas proprement dit par la forme symphonique ou l’opéra. On gardera toujours un espace pour des projets spéciaux qui sont des extensions au groupe. Tel que nous l’avons fait en donnant en concert une version pour orchestre de chambre du Requiem en 2002.

Pensez-vous faire des spectacles en France ?
Rép : Nous y travaillons, mais pour l’instant tout commence par la sortie de l’album Requiem en France via Acropole Records prévu pour mars/avril 2006.

A quoi ressemble un spectacle de Liva ? Des vidéos ? Des lumières ?
Rép : A une expérience haute en couleurs de par notre présence de scène et la qualité de nos chansons, nous captons l’attention du public jusqu’à la dernière seconde. Pour l’instant nous prenons les lumières des salles où nous jouons, mais il n’y a pas de projection n’y quoique ce soit d’autre. Nous avons différentes idées pour remplir l’espace, mais on a toujours le problème du budget qui revient.

www.livaband.com

LIVA - REQUIEM

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Photos : Louise Girard, Denis Chartier empruntées sur le site de Liva (www.livaband.com)

 


Mike S.


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Watine - Février 2006
Watine
Nouvelle
Vénus de
la chanson !

C'est la tête pleine de rêves que Catherine Watine s'invite en mars dans les bacs de tous les bons disquaires. Son premier album, baptisé "Dermaphrodite" mêle la chanson, la pop, le jazz dans la lignée de grandes dames, faisant un lien inattendu entre Rickie Lee Jones, Dee Dee Bridgewater et Bjork.
Cet événement nécessitait donc une rencontre dans nos pages, afin d'en apprendre un peu plus que ce que
v
eulent bien nous révêler les dix

chansons qui composent son album et l'autoportrait qui lui sert de couverture.

a

D'autres choisissent de se faire un prénom avant de se faire un nom, Tu as choisi l'inverse. Par pudeur ? Que se cache-t'il derriere cette dénomination Watine ?
Watine est mon nom de famille, tout simplement. Comme il a une consonance féminine, et anglo-saxonne, cela ne me semblait pas nécessaire de prendre un pseudo. Je m’aperçois aujourd’hui que c’est dans certains cas, difficile à assumer car je ne peux pas me cacher, mais c’est en tous les cas, plus simple.

Tu cites volontiers Suzanne Vega, Rickie Lee Jones, Kate Bush... Ce sont des disques de chevet ou vraiment des inspirations pour ta musique ? Ta musique n'est elle pas un peu plus moderne, bien plus proche d'Emilie Simon que l'on cite aussi dans ta bio ?
Ce n’est pas moi qui les cite… ce sont parmi les noms qui reviennent les plus fréquemment aux sensations d’écoute extérieure, mais il est vrai que je les ai dans ma discothèque au même titre que des Madeleine Peyroux (j’adore sa reprise de “Between the bars” d’Eliott Smith !), Stina Nordenstam, Fiona Apple, Tori Amos, qui ont toutes des parcours très affirmés - et si tu remontes beaucoup plus loin, Janis Ian que j’adore, et dont tous les titres ont été des tubes quasiment !.
Maintenant, si on me demande d’ou vient mon inspiration, je pense plus largement au courant Trip-hop avec en tête Portishead même si j’ai quand même un bazar très hétéroclite qui va du classique intimiste, symphonique, au jazz en passant par la pop, le folk, les percus de la world et cette découverte passionnée de l’electro qui a commencé avec les Kruder et Dorfmeister, puis les Massive Attack, mais qui s’est affinée à l’écoute de l’ electro touffue, soyeuse, enfantine et feutrée des Boards of Canada et de tous ceux qui ont creusé le sillon après eux.. En fait je ne pense pas être enfermée dans une mouvance particulière car ma base classique est trop forte, mais on peut dire que la technologie actuelle m’a permis de faire la fusion qui m’était chère entre cette base d’écriture au piano d’où sortent tous mes titres, une culture folk et pop anglo-saxonne qui n’obéit pas à la règle absolue des couplets-refrains, et ce formidable champ d’investigation qu’est l’electro avec la possiblité supplémentaire de sampler mon environnement sonore quotidien.
Tu sais, je suis très instinctive.Lorsque je me mets au piano, je laisse mes doigts chercher des melodies avec des arpèges, des modes souvent mineurs, et des notes répétitives à l’aigu,. J’ai l’impression d’être l’instrument d’une vibration intérieure et je laisse faire, bien que l’on devine souvent Bach derrière mes compos ! J’écris les textes en meme temps que je compose jusqu’à trouver l’endroit exact où les mots vont se poser, quitte à re-developper la mélodie, pour lui laisser plus d’espace..Avec la main gauche, j’esquisse les lignes de basse et j’essaie de trouver également les ponts et les développements au piano. Ensuite, avec Bernard becker, qui a co-réalisé l’album, je cherche les paysages, les couleurs, les sons qui vont amplifier la resonance - principalement des arrangements de cordes (Bernard les écrit admirablement !) qui pour moi sont aussi très importants.
Ensuite, je vais chercher tous les murmures electro et les chuchotements qui se balancent de chaque côté du mix. Quand tu parles d’Emilie Simon, je peux comprendre la relation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Markus Dravs s’est intéressé à mon travail, (programmations aditionnelles et mix). C’est lui qui a mixé les albums d’Emilie !
Et si tu veux savoir ce que j’ai en chevet, il y a toujours Elliott Smith, Radiohead, Divine Comedy, et depuis 2 ans, Syd Matters que j’adore !

Le son reste assez feutré et jazzy sur l'ensemble de l'album. Cela signifie-t-il qu'on te verra se produire plutot dans des clubs de jazz que dans des salles de concert ?
Le son de l’album n’est pas toujours le son du live, surtout dans mon cas où il y a sur l’album, beaucoup de broderies electro et des voix harmonisées que je ne reprendrais pas sur scène. Il est feutré car c’est la nature meme de mes chansons, mais je ne crois pas qu’il soit jazzy pour autant (1 seul titre “Not a pretence” a un refrain jazzy). Je le définis plutôt comme “pop-folk dream electro”, mais cela n’existe pas dans la définition des formats actuels, et dans les bacs l’album sera classé en rock indé. Nous travaillons sur plusieurs formules actuellement, une pour les show-case avec clavier et basse/violoncelle, une pour les plus grandes scènes.
La formation est multi-instrumentiste ;
Bernard au clavier,Dominic en guitare/violon, Mederic en batterie/basse/violoncelle, Nicolas, l’ingé son pour les sequences electro, et moi-même au chant, avec quelques titres piano/voix.
En fait, je regarde beaucoup les programmations des salles sur le net et ce n’est pas évident de trouver la bonne place. Je te dirais simplement que quand je vois des Cat power, Feist, Keren Ann, je m’y vois aussi… Les scenes alternatives !.

A part un petit refrain en francais, tes textes sont surtout en anglais, c'est dû aux inspirations citées, par difficulté d'écrire en francais ou pour te tourner vers un public international tout en gardant ton accent français ?
Rien n’a été calculé ! Bizarrement, je n’ai pas de difficulté à écrire en francais, au contraire .. j’ai même fait partie des sessions d’Astaffort de Cabrel, comme auteur et je vais aussi de temps en temps sur les scenes slam). Le français pour moi est la langue de la littérature, de la poésie, et l’anglais est la langue de la musique, car les mots sont souvent formés d’une seule syllabe, avec des accents toniques qui renforcent les effets mélodiques. On n’y peut rien, c’est comme cela ! et quand on ne compose pas de variété française, .. il faut avoir un immense talent d’auteur en français pour épouser la musique (Fauque par exemple !) ou alors prendre des chemins de traverse comme Rodolphe Burger.
Plus prosaiquement, j’ai fait écouter à un ami éditeur, des chansons piano-voix (en live sur mon piano) écrites en français et en anglais. Sa reaction a été immediate : fais ton album en anglais, tu as un univers particulier avec cette écriture !
L’accent ! évidemment pour les français, j’ai un accent français ! C ‘est mieux que d’avoir essayé de bidouiller.. ceci étant, j’avais demandé à Markus Dravs qui habite en Angleterre et qui a donc reçu tous les titres pour les mixer, de faire une écoute attentive pour me dire en retour si les paroles étaient OK et si l’on comprenait bien. Il a fait écouter à des amis musiciens de Liverpool, qui ont dit de ne toucher à rien, car l’accent était “charming”. ils ont ajouté que cet accent était indéfinissable, pas français, plutôt scandinave !
Maintenant qu’il existe, c’est vrai que j’espère trouver une résonnance dans les pays anglophones, amis ce sera sans doute par un canal indé !

© Jeannie Lucas

Quels sujets abordes-tu dans tes textes ?
La relation à l’autre, soit dans le face-à-face avec des parcours de vie qui se brisent ou que l’on rêve (Milkshake, need I go on, Anymore, Like those films, I adore), soit vis-à-vis de l’humanité avec le désir d’harmonie, l’affirmation de notre libre-arbitre, et l’amour bien évidemment (Afraid, Sing c’est la vie, Follow my vision, Not a pretence). Sur fond de spleen.
Sur mon site, j’ai fait des petits commentaires sur chaque chanson.

Dermaphrodite, que veux-tu faire passer dans ce néologisme, au delà de la simple traduction que tu indiques "l'amour à fleur de peau" ?
Ta question me fait penser à un vernissage dans une galerie de peinture. L’artiste est là, à la demande du galeriste, et entend les gens parler de sa peinture.. l’artiste ne s'est pas posé de question, il a simplement fait jaillir une création de son imaginaire, conscient ou inconscient et c’est le regard et le commentaire des autres qui lui en apprend… j’ai un jour peint un portrait que j’ai appelé instinctivement l‘hermaphrodite, car il me faisait penser au héros du film d’Almodovar : Tout sur ma mère ! Lorsque j’ai fait mes premières maquettes, j’ai choisi ce portrait comme visuel. Et le mot Dermaphrodite m’est venu spontanément. J’ai trouvé que cela pourrait faire un joli nom d’album. J’ai ensuite changé le visuel, mais le nom est resté. Depuis, il intrigue… Une chronique web (ADA, le découvreur!) commence par : Que nous ne ferions pas pour la peau " disait Dominique A, la peau, ce doux réceptacle de nos peurs ou désirs mêmes les plus intimes. Cette frontière naturelle expressive quand elle se voit confronter à une émotion neuve, a fort à faire avec Dermaphrodite. Elle comprend autant ce concept qu'elle voudrait le voir danser comme une ombre personnelle, loin des lumières. Mais la peau aime le toucher, aime les caresses et préfère le partage à la désertion. Il était dés lors temps de vous parler de cette émotion forte….
J’attends maintenant le premier qui écrira : Dermaphrodite's child (la référence est un peu ancienne, mais le jeu de mot était trop facile!)

Tu cites le cinéma d'Almodovar. Ta musique est tres ambiant, atmosphérique ou intimiste. La musique de Film est un domaine qui t'attire ? plutot dramatique que comédie sentimentale, je présume ? ;-)
Je rêve d’écrire de la musique de films, émotionnelle, intimiste, ou orchestrale, qu’elle touche au coeur (c’est le désir de tous !)… Oui, j’en rêve !

Quand on lit ta bio, on lit que "la dame n'a pas 20 ans". Pourquoi soudainement te lancer dans la musique ? Et pourquoi la "pop" plutot que la musique "classique" dont tu es originaire (de formation) ?
Les choses arrivent quand elles doivent arriver ! Rien ne sert de forcer le sort et cela a au moins le mérite d’être une démarche authentique ! J’ai toujours fait de la musique. J’avais 3 ans sur mon premier tabouret de piano,j’ai participé à quelques concours, les tabourets se sont succédés… çà c’est pour la composition. J’ai monté un studio en 1986 et j’ai produit plusieurs artistes dont Waterbed que j’ai fait signer en licence chez East West il y a 4 ans. En parallèle à l’album Dermaphrodite, j’ai également produit l’album Random Moods (electro-rock) avec la participation de producers underground étrangers assez influents (Riton, Gus Gus, Fila Brazillia, Aaron Carl, Fred Pace du groupe Rinocérose…) Cet album est classé 5 étoiles en Angleterre et en Allemagne.
Alors, sans parler de soudaineté, on va dire que j’ai fini par livrer mon travail plus personnel, poussée par beaucoup d’ amis dans la profession
Je l’ai fait sérieusement, avec passion et beaucoup de travail, et j’espère réellement ne plus avoir à me poser de question sur cette nouvelle légitimité. Un deuxième album est en route !

© Jeannie Lucas

Tu sembles t'occuper de tout dans cette nouvelle aventure : écriture, interprétation, arrangement, artwork, promotion... Tu aimes travailler sur tous les fronts ?
Le mot anglo-saxon songwriter “écrivaine de chansons” résume déjà bien tes trois premiers mots. Quand on écrit ses chansons, on a en general la majorité des arrangements qui sonnent dans la tête. Ensuite, il faut trouver une bonne équipe, ce qui fut le cas pour cet album que j’ai produit et realisé avec Bernard Becker (un ami de 10 ans) et Markus Dravs - j’avais décidé d’avoir des vrais musiciens en studio pour les basse, guitare, cordes, drums (même si elles sont souvent dans le fond du mix), alors il faut assurer aussi financièrement. Donc, pour l’artwork, quand il s’est agi de preparer le visuel de l’album et le site, j’ai pioché dans mes cartons personnels, pour éviter un budget de créa. Tu retrouves souvent des graphistes parmi les musiciens. Moi c’est plutôt la peinture, les collages. Voilà l’histoire !
J’ai aussi invité une artiste-peintre, Jeannie Lucas, à exécuter une oeuvre pour le livret de l’album. Cela représente une robe, mais tu verras, c’st un choc visuel de féminité ! J’aime croiser les univers..
Maintenant, la promo. Cà c’est une longue histoire, j’ai payé pour voir, quand je démarchais pour mes artistes ! Quand tu fais de la musique indé, de surcroît en anglais, toutes les portes restent fermées, même si derrière ces portes, chacun individuellement te dit qu’il aime ta musique !!
Heureusement, j’avais un distributeur qui croyait en cet album (Warm – qui m’avait signé l’album random Moods en licence). Je n’avais pas d’autre choix que de prendre plusieurs casquettes, et le pied la route avec une bonne boussole pour ne pas me détourner de l’objectif !
J’avais fait la promesse à Bernard becker que notre travail ne resterait pas dans les tiroirs, alors, comme un brave petit soldat, j’ai d’abord listé (merci le net) tous les webzines et webradios à qui j’ai envoyé des samplers (La magic box par exemple !). “A decouvrir absolument” fut le premier à croire en moi et continue à me faire une promotion énorme, y compris me programmer sur une prochaine scène.. J’ai ensuite rencontré Dominique Marie qui m’assure maintenant la promo presse-radio, et j’ai également une promo terrain pour des show-case en France.
J’en profite pour souligner (non, ce n’est pas démago) l’extraordinaire maillage que représente ces terrains du web et les radios associatives, pour faire circuler le nom, et donner une reconnaissance artistique. Dans mon cas, c’est énorme, et j’ai pu rebondir sur les play-list, les chroniques déjà parues, et les promesses de diffusion, pour renforcer mes relations avec la distribution.
J’ai ensuite dû m’attaquer à la fabrication des albums. … et enfin l’album qui sort le 17 mars. Première étape menée à peu près correctement. Dire que j’ai tout aimé faire, non, mais je n’avais pas d’autre choix !
Et maintenant, il y a les repets, les scenes promo et la scène tout court !

Quel est ton voeu pour 2006 ?
Tourner avec mes musiciens, et trouver un public. Me refaire une petite santé financière pour reprendre les séances de studio pour le 2ème album qui est déjà bien avancé. Et essayer de m’approcher au mieux d’une ligne d’équilibre dans ma vie, bien chahutée en ce moment !

les tableaux et les sculptures de robes sont l'oeuvre de l'artiste Jeannie Lucas, qui a participé au livret de l'album
Merci à La Magic Box,
Watine

Plus d'infos : www.watineprod.com

 

Mike S.


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Mathieu Persan - Février 2006
MATHIEU
PERSAN

à patte de velours
En toute discrétion, Mathieu Persan, jeune compositeur francilien multiplie ses apparitions sur des compilations. La derniere en date : le tres médiatisé CQFD, qui a vu apparaitre Syd Matters et Rhésus. Entre l'envoi des questions et la réponse de Mathieu, le Verdict était tombé, Mathieu Persan ne sera pas le Lauréat 2006 (Rock&Roll). Pour autant, le concours ne s'arrete pas au gagnant. Les 19 autres ont un moment les projecteurs posés sur eux. Alors, ça fait quelle impression ?
Et au delà de ce concours, où en est Mathieu Persan depuis sa venue dans l'émission Magic Box au printemps 2005 ?

Nous t'avions découvert sur une compilation du label Record Maker (Air), et puis pas de signature derriere. Quelle a été ton impression ?
Sur le coup, c'est vrai que j'ai été un peu déçu. Cela dit c'était quand meme une excellente exeprience. Moi qui n'avait connu que le 4 pistes dans ma chambre, c'était la premiere fois que j'enregistrais dans un vrai studio. En plus, celui de AIR avec une densité de synthé au metre carré impressionnante !
La décéption est vite passée. Il ne faut pas trop en vouloir d'un coup. Je n'avais qu'une vingtaine de chansons enregistrées de maniere artisanale pour un style de musique qui requiert pas mal de moyens (pas beaucoup d'elctronique et beaucoup d'instruments acoustiques).
Du coup, j'ai pris la décision de faire un album, le mieux possible. J'ai empunté des sous a la banque et j'ai acheté le materiel necessaire. Je me suis lancé sans connaitre grand chose a l'enregsotrement ni au mixage et j'ai tout appris comme ca. Je croyaias a l'époque que présenter un disque "clé en main" a un label avit plus de chance d'aboutir. J'en suis un peu revenu depuis...

Tu te retrouves parmi les 20 artistes sélectionnés pour le CQFD 2006 (sur 7000 candidats). Etait-ce une surprise pour toi ? Comment l'as-tu appris ?
Une petite surprise oui mais surtout dans le fait de me retrouver dans une compilation ou les groupes de rock dominent. Ce n'est pas trop mon style et j'ai eu un peu l'impression d'être "a part" sur cette compilation. Je crois que pour être selctionné sur cette compilation, il faut essayer de faire parler de soit avant de postuler. J'avais déja envoyé des morceaux qui n'avaient pas été retenus. Je pense que JD beauvallet focalise son attention sur des artistes qui ont déja fait la démarche de se produire sur scène et de faire connaitre leur musique. Du coup, je trouve cette notion de "concours" un peu absurde...
Sinon j'ai appris la nouvelle par mail, comme tous les autres je crois.

 

Imaginons que tu perdes (et tu as statistiquement 19 chances sur 20...), est-ce que ce n'est pas déjà une belle opportunité d'etre sur une compil
tirée à 90.000 exemplaires ?

A l'heure qu'il est j'ai déja perdu ;-). Mais effectivement, je pense que le simple de fait de figurer sur une copilation comme ca aide un peu pour la suite. Pour l'instant, je n'ai pas eu de retombées mais au moins ma musique a été exposée et j'espere avoir touché des gens par ce biais la. Apres, le temps
nous en dira plus...

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