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Chroniques CD / France
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| Bertrand Louis – Le centre commercial (ou l’histoire d’un crimin |
| Sleep Talker - Cornerlife crisis |
| Charlotte Gainsbourg - IRM |
| Gâtechien - 4 |
| B R OAD WAY – Gang Plank |
| Kipling - Lives and Walls |
| Belle du Berry et David Lewis – Quizz |
| Damny - Damny |
| Frànçois and The Atlas Mountain – Plaine inondable |
| Anabel’s poppy day – Far from home |
| Chapelier fou - Scandale EP |
| The Limes |
| Fairguson - Tales from The 47 willows |
| Frigo - world is science fiction |
| Clarika - Moi en mieux |
| Starboard silent side - because our friendship was meant to sail |
| Antrabata - Dark & bright |
| Mano Solo - Rentrer au port |
| Renan Luce – Le clan des Miros |
| Aqme - En l'honneur de Jupiter |
| Emilie Simon - The Big Machine |
| This Immortal Coil - the dark age of love |
| Eiffel – A tout moment |
| The Lost Communists - The 12 last night of a pastor jugged guilty |
| Oai Star - Manifesta |
| Pony Pony Run Run – You need Pony pony run run |
| Benjamin Biolay - La superbe |
| JP Nataf - Clair |
| Playground - Nightology |
| Da Silva - La tendresse des fous |
| Laudanum - decades |
| Ladylike Dragons – Heart Burst |
| Loren Lopez - Blue Candy |
| Kumisolo - my love for you is a cheap pop song |
| Boulbar – Requiem pour un champion… |
| La Blanche - Imbécile heureux |
| Les Tambours du Bronx – MMIX |
| Bikini Machine - The Full album |
| Kracooqas - Couleurs et visions décalées |
| Kim - Mary Lee Doo |
| Mass Hystéria – Failles |
| Didier Super - La merde des autres |
| Jean-Louis Murat – Le cours ordinaire des choses |
| Les Malpolis - This machine kills fingers |
| Soma - Soma EP |
| Chicros - radio transmission |
| Reza - Moonless |
| Tapetto traci - Neurula |
| Coming soon - Ghost train tragedy |
| Silvain Vanot – Bethesda |
| Nao – Picture This if you will… |
| Spraggy - Sunshine Country |
| La Corda – Progress No Progress |
| Tue Loup + Rom Liteau + Thomas Belhom - Le Gout du Bonbon |
| Emmanuel Tugny - So |
| Cheap Star - speaking like an elephant |
| Heartbreak Hotel - Snake eyes |
| Yeti Lane - Yeti Lane |
| Object - a place to hide |
| Lemoine - Alligators |
| Louisville - a silent effort in the night |
| Psycho Lemon - Squeeze an orange |
| The Delano Orchestra - Will Anyone Else Leave Me |
| Omasphère – Prélude |
| Izia - Eponyme |
| A moi – seduction is dead |
| Charlie - éponyme |
| Chamots - avale |
| Fedaden - broader |
| Amélie – dina dinah |
| La Pompe Moderne - greatest hits |
| Gablé - I'm Ok |
| Norscq - Gelatinosa Substancia |
| Christine Ott – solitude nomade |
| Pamela Hute - turtles tales from overseas |
| Downtown Cuckoo - Eponyme |
| My Name Is Nobody & The Desert Foxes - The Mentor |
| Tante Hortense - Plus cher |
| Sex & Dollars – Eponyme |
| LPB Club – Sous les jupes des filles |
| Exsonvaldes - Near the edge of something beautiful |
| Stolen sweethearts - art wishes |
| Eddy La Gooyatsh - Chaud |
| Tournee Generale - Tournee Generale |
| Padam - Bonheur Bordel |
| Alexis HK - Les Affranchis |
| Julien Baer - Le LA |
| Chapelier fou - darling, darling, darling EP |
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Bertrand Louis – Le centre commercial (ou l’histoire d’un criminel)
2010 – 10 titres – 32’20
Style : Chanson / pop
Label : MVS / Anticraft
Note : 7/10
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Une chose est sûre : Bertrand Louis ne passera pas sur TF1. Non pas que les chansons du Français ne puissent pas séduire le plus grand nombre (encore que le niveau devenu abyssal exclut toute chanson juste audible) mais un titre comme 20h00, satire cruelle de "l’info spectacle" - justement mise sur un piédestal par TF1- lui fermera définitivement les portes de la chaîne privée. Tant pis...ou plutôt tant mieux. Depuis son premier album, Bertrand Louis a toujours été fasciné par le monde de la pub et la société de consommation, c’en est presque devenu sa marque de fabrique, celui de dénoncer la vacuité des images créées médiatiquement. Tout Le centre commercial tourne autour de cette problématique. Il y a du Houellebecq, celui d’ « Extension du domaine la lutte », dans cet univers décrit. D’ailleurs Bertrand Louis reprend l’auteur misanthrope sur Hypermarché novembre, sorte de Léo ferré perdu dans le monde tragi-comique d’Ennio Morricone. Au bout du voyage, il y a une fin encore plus terrible suggérée par le sous-titre l’Histoire d’un meurtrier. |
Du centre commercial aux meurtres de masse, il n’y a qu’un pas, comme le suggère d’ailleurs le morceau-titre à la mélodie entêtante. L’ambiance est sombre et les meilleurs morceaux entretiennent des climats troubles et en même temps séducteurs, comme dans des films de Série Noire ( Scène de crime, Fin septembre début octobre). Bertrand Louis apporte toujours un soin à ses textes mais aussi à sa musique, utilisant un piano préparée, drapant sa musique d’étoffes légères électroniques et trouvant en Geoffrey Burton (musicien pour Arno) le guitariste acide idéal pour déverser son fiel. A l’instar de Marc Gauvin, il est aussi ouvert sur des rythmiques venues d’ailleurs : un soupçon de tango (une musique de fièvre et de sang) sur les yeux secs, un petit côté rock’n roll à la Soft Cell sur la putain du publicitaire. Bertrand Louis est cynique appelant son morceau le plus faible car le plus bateau le degré zéro de mon écriture. Le travers n’hypothèque ses chances de nous séduire. On n’est pas à l’abri d’un succès clame-t-il ? Peut-être…Sans TF1 mais avec nous, la majorité silencieuse. Myspace |
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Denis Z.
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Sleep Talker – Cornerlife crisis
2010 – 10 titres – 38’10
Style : Rock
Label : Dead Bees
Note : 8,5/10
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A l’heure du deuxième album, on n’évoquera plus ici le passé de Sebastien comme leader de Call me Loretta. Le nom de Sleep Talker se suffit à lui même et ralliera dans son sillage tous les amateurs d’Indie Rock tendance Us, tendance 90’s. La filiation avec Smashing Pumpkins, Pavement ou Sonic Youth est évidente. Sur Blue or grapefruit, le spleen est Curiste et le titre débarrassé du superflu se révèle même beau. Cornerlife crisis est le prolongement direct du premier album éponyme des Toulousains, plus instrumental sans doute, la partie chantée se réduisant à la portion congrue : un titre, un seul portant le nom de l’album, à la mélodie fuyante et à la furie mesurée. |
Pour les neufs titres, pas de voix donc mais pas de manque non plus. Le plaisir d’écoute est presque paradoxal : des mélodies marquantes avec des airs chatouilleux mais des morceaux à la structure plus complexe que celles du single qu’ils pourrait prétendre être ; des titres où ils se passent beaucoup de choses tout en étant court, le sentiment de mouvement alors que le groupe n’a pas peur de la répétition et d’asséner ses coups ; des parties de guitare de cristal au milieu d’une énergie brute de décoffrage ( spitshakes galore). Sleep Talker est un groupe qui joue sur un double terrain, celui de la réflexion et celui de l’intuition. A suivre les yeux fermés. myspace
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Denis Z.
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Charlotte Gainsbourg - IRM
2010 – 13 titres – 41’49
Style : Pop Folk World Trip Hop...
Label : Because
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Note : 9/10 |
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Charlotte Gainsbourg ? Vaguement, on se souvenait qu’elle avait « chanté » avec son père dans les années 80, puis dans les Resto’ du cœur dans les années 90’s, et fait quelques apparitions dans les années 2000 dans des BOF ou des albums d’autres (Madonna, Daho…). 5 :55, en 2006, dévoilait alors une chanteuse au bon gout, emprunt d’un esthétisme rare. L’album était assez sombre, lancinant et bénéficia d’un succès d’estime et surtout une belle reconnaissance par la critique.
Avec IRM, titre aussi court que le précédent, mais au combien évocateur, Charlotte Gainsbourg y apporte un peu plus d’elle, n’hesitant pas à aborder ses problèmes de santé qui ont dû, comme à chacun, la faire sérieusement « flipper ». Pourtant, l’album propose une série de titres d’une grande musicalité, bénéficiant chacun d’arrangements soigneux et de rythmes variés. On y retrouve ainsi des titres très pop, avec, en particulier, le duo enregistré avec Beck, et dont on entend surtout la voix de Beck, Heaven can wait. Pas la peine de traduire pour savoir ce qu’a voulu faire passer la chanteuse à travers cette ballade. Le chat du café des artistes propose un contrepied avec un rythme et des arrangements trip hop digne de Portishead, et un refrain simple, voir simpliste, mais efficace et là encore connoté autour du thème de la mort. Un grand moment de l’album et sans doute un titre qui va faire des ravages.
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Elle propose encore Me and Jane Doe ou Trick Jong, des titres teinté de folk, des rythme presque world, dont Beck a souvent eu le secret au début de sa carrière. Et quelques bonnes guitares en plus… Excellent !
Charlotte Gainsbourg revient enfin sur quelques ballades plus posées, plus proche de son précédent opus.
L’album, vous l’avez peut-être compris, a été écrit à 90% par Beck, et entièrement produit par ce dernier. La couverture, elle ne pourrait que vous interpeler, tant le visage de Charlotte est mis en valeur, noir&blanc, faisant terriblement penser à sa maman. C’est un certain Jean-Baptiste Mondino qui a participé aux séances photos. Cela doit être agréable de pouvoir s’entourer ainsi des meilleurs… ça va faire des jaloux !
En tout cas, toute cette petite alchimie est réussie, l’apprentie chanteuse est devenue maitresse en la matière en l’espace de deux albums !
Et cet IRM est un des meilleurs albums que j’ai pu écouter ces derniers temps. Un plaisir renouvelé écoute après écoute !
Site officel / Clip d’Heaven can wait |
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Mike S.
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Gâtechien - 4
2010 – 12 titres – 31'
Style : Noise rock
Label : Pyromane records / Discograph
Note : 8,5/10
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Que de chemin parcouru ! Parti comme une blague de potache avec un nom un peu plouc qui sent bon le terroir, Gâtechien est désormais un groupe incontournable qui s'internationalise. Le duo, partant d'un projet minimaliste (une basse et une batterie et un credo simple : ne pas se prendre la tête), a finalement construit ce qu'on est obligé d'appeler une oeuvre. Quatre albums pas moins et une évolution permanente avec une montée vers plus d'ambition et de qualité et un style qui s'affine tout en restant brut de decoffrage. Après un Trois produit par Michel Toledo, notre Steve Albini à nous, 4 frappe encore plus fort : l'album est produit par Ted Niceley (Fugazi, Girls against boys, Noir Désir...) et mixé par Eli Janney, le second bassiste de Girls against Boys, celui qui a toujours empêché de tourner parfaitement rond le groupe américain (et donnant toute leur valeur et leur son spécifique). A bien y réfléchir, la rencontre était évidente, des francs-tireurs n'ayant pas peur d'avoir leur propre son et ayant ce même amour pour la noise heurtée et retors. Les Américains se sont donc déplacés à la Nef, le fief des Gâtechien, dans leur cher Angoulême et ensembles, ils ont donné un nouveau souffle à leur musique incendiaire.
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Là encore, Gâtechien évolue, n'ayant plus peur notamment de se confronter à des moments calmes ( C'est la vie), faisant ressortir toute la finesse du jeu de batterie (notamment son jeu de cymbales) de Florian et la toujours haute technicité de Laurent à la basse (qui nous donne toujours l'impression qu'une guitare se cache quelque part). L'ensemble est plus mélodique qu'à l'accoutumée tout en gardant son côté groovy et barré ( Bonjour Mademoiselle) et sa puissance de feu tordue. Au chant, Laurent affiche par moments, une sensibilité presque féminine qu'on ne lui connaissait pas (à la Kurt Cobain sur Cliché, à la Mick Jagger tendance Miss you sur Ménage à trois). Le reste du temps, c'est une vrai folie qui décoiffe car ne croyez pas que les deux Gâtechien ont mis de l'eau dans leur vin ou qu'ils sont devenus "respectables", ça attaque grave en bon disciple de Fugazi, Shellac et Jesus Lizard. Chaque nom de chanson reprend une expression française utilisée comme tel dans la langue anglaise : deux franchouillards revendiquant leur identité dans une filiation anglo-saxonne. C'est bel et bien ça. Gâtechien de vie !!! Myspace
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Denis Z.
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B R OAD WAY – Gang Plank
2009 – 7 titres – 41’
Style : Post-pop/electronica hip hop cinématique
Label : 6 am / Discograph
Note : 9,5/10
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L’année 2009 terminée, on passe tout naturellement à la suivante mais avant, comme pour un solde de tout compte, il fallait parler de B R OAD WAY et de son Gang Plank. Je me devais de le faire, cet album m’ayant accompagné depuis sa sortie en septembre et faisant du groupe Stéphanois mon favori 2009. Ni plus ni moins. Un choix tout personnel pour un groupe qui semble pouvoir faire tomber avec beaucoup de finesse toutes les cloisons y compris celle qui sépare un groupe « underground » d’un artiste grand public. Le majestueux Mider weather mu par une ferveur et une puissance qui prend aux tripes, pourrait ouvrir BR OAD WAY le chemin du succès. Si tant est qu’un cinéaste choisisse d’en faire l’hymne de son film. Pour le reste, le quatuor poursuit sa route, entamé par 6 am et par le suivant Enter the Automaton : celle d’une pop moderne qui n’a pas peur de se confronter aux samples et aux machines, à la liberté du jazz et aux pulsations du hip hop tendance Anticon. Musique cinématique qui voit entrer dans son univers le quatuor Pli, leur Kronos Quartet à eux, pour un supplément de chair et de sang. Au-delà de cette collaboration et de ses cordes savamment frottées ou piquées (Nobody says anything anymore), c’est bel et bien une autre collaboration plus ancienne, celle
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avec Angil qui a donné le projet The John Venture, qui semble avoir marqué durablement BR OAD WAY. Le groupe en ressort peut-être plus pop ou en tout cas décidant de faire plus intervenir le chant. La voix de leader Fabb nous fait prendre de la hauteur et vient donner beaucoup d’émotion même à des moments parfois torturés ( Cunning tricky stunts ou comment une ligne de chant de comédie musicale survole un champ de barbelés). Que dire alors quand la musique se met aux diapasons : Double-deckers est un instant de pure magie, de lévitation béate et de calme retrouvé. BR OAD WAY joue avec vos émotions, répétant mieux un motif, installant une atmosphère pour mieux trouver la mélodie et l’arrangement qui sera vous toucher en plein cœur ( Gang Plank et Origimac étant les meilleurs exemples de ces titres à émotion variable). Formidable disque qui prend encore plus de sens et de force sur scène, avec notamment les interventions visuelles de VJ Raise. BR OAD WAY est un groupe à écouter, à voir, à aimer et à partage de toute urgence. Avec eux, on déplie le tapis rouge et on allume les projecteurs, le talent arrive… Myspace
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Denis Z.
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Kipling - Lives and Walls
2009 – 11 titres – 52‘
Style : Rock
Label : M&O Music
Note : 7/10
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Originaire de Lyon, Kipling propose un premier album baptisé Lives and Walls. Nombre de chroniqueurs les rapprochent déjà de Muse, de par la voix et le lyrisme de leur composition, et ce ne sont pas des compositions telles que Ghost qui contredirons ces analyses. Certains précisent tout de même que Kipling ne joue pas dans la même cour que les anglais. En effet, le registre de Kipling est un brin plus musclé, à tel point qu’on les rangerait plutôt dans le rayon Metal plutôt que celui du Rock. Et en effet, Kipling offre des riffs de guitares surpuissantes, des jeux de batterie à double pedales dignes de Metallica (dans leur premiere vie, j’entend…) ou de Manowar. Mais, n’y cherchons malgré tout aucun lien, tant Kipling y a déjà trouvé son propre son, son propre style, un sorte de Rock Metal orchestral, parfois ambiant, à mi-chemin entre les territoires de Thrice, NIN, Linkin Park ou Perfect Circle. dans lequel le groupe se plait à introduire des solos de guitares (Lives and Walls), de belles envolées vocales, ou encore de beaux espaces sombres et hypnotique (Dust of crowds, Interlude)
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Kipling offre ainsi quelques belles pièces qui mêlent les ambiances sobres et les énergies vives ( Ghost, Black Eyed Doll), ceci n’étant pas sans conséquence sur la durée des titres, qui ont une terrible tendance à s’étendre sur 5, 6 ou 7 minutes. Kipling voit grand, il n’y a aucun doute là-dessus !
On peut alors se plaire à imaginer que l’année 2010 pourrait être l’année qui a découvert Kipling, et que le groupe parviendra à imposer, et son nom, et son style dans un paysage français, trop souvent aseptisé, qui déjà laisser passer presque sous silence JMPZ, SPOR ou encore LTNO.
A moins que sa planche de salut soit ailleurs, au-delà de nos frontières, en Allemagne, en Suisse ou dans quelques pays scandinaves, bien souvent plus réceptif à une musique plus vigoureuse.
Quoi qu’il en soit, Kipling s’affiche déjà comme une belle surprise de cette fin de décennie, avec ce Lives and Walls à la fois puissant et envoutant !
Myspace
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Mike S.
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Belle du Berry et David Lewis – Quizz
2009 – 12 titres – 46’14
Style : Chanson Jazz
Label : TA-DAH MUSIC/l'Autre Distribution
Note : 7.5/10
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Question ! Main sur le buzzer ! Qui a créé il y a 15 ans le groupe Paris Combo, enregistré quatre albums studio et un live, entre 1997 et 2004, édité ses albums aux Etats-Unis depuis 1998, assuré plusieurs tournées aux Usa, en Australie, en Asie, en Allemagne et sorti en parallèle de leur groupe un album duo baptisé justement Quizz à la fin de l’année 2009, juste avant de retourner en studio avec le combo au complet en 2010 ? Alors, une idée ?
Belle Duberry et David Lewis? Bonne réponse !
Et comme les chiens ne font pas des chats, Belle Duberry et David Lewis poursuivent sur leur lancée rétro, en optant pour un univers jazzy doux et chaleureux, sur fond de piano et de trompette. La française et l’Australien unissent leur talent, vocal pour l’une, musical pour l’autre, pour apporter une dimension peut-être plus noble à la musique qui les réunissait déjà dans leur Paris Combo. Le duo y mêle aussi habillement la langue de Molière à celle de Shakespeare, ayant compris depuis belle lurette que la sauce ne pourra prendre outre Atlantique qu’en y a ajoutant, de façon équilibrée, ces deux ingrédients magiques à la recette antique de Tante Piaf.
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A l’instar de cet excellent Faux Amis, dans lequel nul n’est besoin d’être parfaitement bilingue pour comprendre le sens de la rhétorique, «You said, I like you, I said, I love you, you said oh dear, i said ohlala… un je ne sais quoi is gone away, now I understand all the words you say».
Vous l’aurez compris aussi, si l’univers jazz peut paraître sérieux et rebutant à la majorité d’entre vous, la patte d’humour du duo aura raison de vos a priori et devrait vous ouvrir les portes de ce territoire trop souvent réservé.
Et c’eut été dommage tant les atmosphères et les ambiances douces et apaisantes et les textes riches et travaillés. Un bel effort pour ce qui ne devait etre qu’un projet de vacances pour la Belle et l’Australien… Et cela se termine par Again and Again… un message ?
Myspace
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Mike S.
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Damny - Damny
2010 - 10 titres - 44’19
Style : Electro’Rock
Label : Because
Note : 8/10
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Cela commence par Again, et pourtant, c’est bien un début pour Damny Baluteau, le leader de La Phaze, qui se lance en solo, dans un projet électro rock des plus étonnant. Un album à la couverture noire, un climat sombre et inquiétant, tout juste adouci par les chœurs féminins groovy, guère plus sobres dans le propos (« somebody told me i’m a bitch… »).
Pour son premier effort solo, Damny frappe fort ! Il chuchote des textes descriptifs et paranoïaques sur un beat electro dub ambiant, un peu dans l’esprit Trip hop de Tricky ou même du français Bob X, auteur d’un unique album dans les années 90 ( Myspace). « Ton hobby favori, te tailler les veines, ton passé à devenir barge, coup de lames de rasoir dans le miroir aux larmes, les tags, c’est le carnage, laisse couler le fiel, laisse pisser l’encre noire… »
On est bien loin des déferlantes que nous assène habituellement La Phaze. On retrouve quelques rares titres plus rapides tels que HasteroïdesNos paradis perdus, mais Damny continue ses messes basses dopées aux stéroïdes. Mais dans la majorité de l’album, c’est la discrétion qui domine, sur un scénario de polar noir et angoissant. Il y a une forme d’oppression à écouter cet album, un peu comme pour ceux qui ont vu récemment le film La Route, cette ambiance lourde, carrément stressante…
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… Mais il y a aussi de l’émotion et de la passion dans ce nouvel album, et là encore, Damny nous étonne par sa capacité à mettre de côté les puissants riffs et les coups de gueules (quoi que…), présents encore en 2008 sur Miracle ! « Au-delà du silence, des aveux, des premières heures du jour… en dehors de tes lèvres qui m’ont souvent trahis… », Damny y glisse de la poésie à chaque vers, bien dissimulée dans la noirceur de la production ! C’est pas du Baudelaire ou du Ferré, mais cela s’en rapproche !
Pour ce premier album « solo », Damny s’est tout de même entouré de ses amis, Dominique Morisset à la guitare et le dernier mercato de La Phaze, Guillaume Rousé, parti de Superbus.
A chaque nouvelle année, de nouvelles surprises nous arrivent ! Pour ce début 2010, ce sera donc Damny qui nous fait l’honneur de la primeur !
Un album en clair obscur, à la fois beau et inquiétant !
Myspace
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Mike S.
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Frànçois and The Atlas Mountain – Plaine inondable
2009 – 10 titres – 41’
Style : folk onirique
Label : Talitres / Differ-ant
Note : 8,5/10
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La crise, le réchauffement climatique, le temps qui passe inexorablement…Tous les maux actuels ou éternels ne semblent avoir aucune prise sur Frànçois Marry. Cet originaire de Saintes (cela ne s’invente pas sachant qu’il fait une « sainte musique ») un temps exilé en terre britannique, fait une musique pour le moins personnelle, jouant aussi bien du piano, de la guitare que de la trompette. L’orthographe de son prénom se permet une petite coquetterie là où son un univers créatif, faisant pourtant feu de tout bois, garde la contenance et la réserve des grands sensibles. Marry fait de la musique mais pas que : l’homme est du genre pluridisciplinaire peignant des aquarelles et ayant même réalisé un court-métrage d’animation. La musique n’est pas toute sa vie et fait partie d’un grand tout que l’on pourrait appeler une vie d’artiste. Et cela se ressent à l’écoute de cet album apaisé et détaché du quotidien, album _ son deuxième _ qu’il a réalisé avec une troupe d’amis The Atlas Mountains. L’ambiance est calme mais riche de sons, de paysages graciles dessinés avec douceur ou vigueur (le noble Year if rain). L’album débute sur Friends, beau titre aux arrangements classieux qui renvoie à un Anthony and The Johnson débarrassé du surplus d’affect dont est friand l’’Américain. Le travail de Frànçois and The Atlas Mountains est épuré mais jamais aride : les arrangements, faisant la part belle aux instruments acoustiques, résonnent encore pendant longtemps même après que le morceau soit terminé. Un univers de bois et de métal avec des cordes (sensibles) qui vibrent et de cuivres qui jouent l’hallali dans un crépuscule mélancolique ( Moitiée) de voix chuchotées derrière des guitares qui font des frises ( Remind un titre scintillant qui donne envie de faire « rewind ». Ce monde a le clair obscur de Françoiz Breut (un rapprochement indéniable sur otages). Dieu que c’est beau dans ces moments là. Sur Be water et Do you do, Frànçois Marry et sa choriste chantent comme on fait des incantations hippies : l’eau va tomber c'est sûr et rendre la Plaine inondable. Un album fragile mais qui fait de cette fragilité une vraie déferlante. Myspace
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Denis Z.
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Anabel’s poppy day – Far from home
2009 – 38 titres – 71’30
Style : electro pop rock lofi
Label : Coco record
Note : 7,5/10
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On avait découvert Annabelle Tahar en adolescente folle de musique et limite foldingue, créant des morceaux chez elle comme d’autres écrivent des journaux intimes. Elle faisait sa musique toute seule, de manière totalement libre et débridée et enregistrait ses vignettes musicales sur un petit 8 pistes. Cette créativité aurait pu passer avec l’age, comme un caprice de jeune fille en fleur et bien non, l’adolescente est passée et la musicienne est restée. Entre temps, Anabel’s poppy day, son double artistique, a fait des rencontres, a monté un vrai groupe autour d’elle, s’est produit sur scène. Nouvelle étape de cette « professionnalisation » (même si le mot est réducteur), une signature chez Coco Record, label de ses amis Faiguson qui sort donc ce deuxième album. Pourtant, ce changement de division n’a guère changé le moi profond de la jeune femme et ce nouvel album faussement intitulé Far from home a bel et bien été enregistré sur un 8 pistes à la maison. Il y a là pas moins de 38 titres au compteur (sur le précédent, il y en avait 42), preuve qu’Annabelle est toujours aussi bouillonnante de créativité, tout en étant moins brouillonne que pour ses œuvres de jeunesse. La demoiselle semble plus à l’aise avec ses instruments (les indéboulonnables Farfisa et boîtes à rythme mais aussi de la guitare et une basse inventive)et dès lors, Annabelle a mieux construit ses morceaux. Pour la plupart d’ailleurs, ce sont de vrais morceaux, respectueux du format, juste courts dans leur durée. Il y a bien quelques improvisations où notre jeune effrontée s’excite sur son clavier, histoire de sentir libre de casser quelques jouets. Mais dans leur grande majorité, les titres écrits et joués d’une seule traite apparente sont plutôt bluffants. Annabelle utilise son minimalisme musical au mieux, trouvant la bonne idée avec peu : une ligne de basse maligne, un air qu’on retient. Il y a vraiment du Pixies en elle, ce qui peut paraître étonnant mais qui en fait ne l'est pas. Mais ainsi arrangées avec un Farfisa comme instrument central et surtout chantée d’une voix entre petite fille et timbre de cartoon, ces chansons se détachent aisément de cette lourde référence. Bien sûr il y a trop de titres sur cet album, la jeune femme ne faisant pas dans la demi-mesure. Mais dans cette envie boulimique de musique, dans ce côté « on se jette à l’eau et on sort sa musique sans censure » (musique automatique ?), eh bien il y a dans ce processus de création quelque chose de particulièrement attachant. Dans un monde où les clones d’artistes sont plus nombreux que les artistes eux-mêmes, on a toujours plaisir à en rencontrer une vraie de vraie et celle-là, on a presque envie de la chouchouter. Mes hommages, Mademoiselle ! Myspace
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Denis Z.
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Chapelier fou - Scandale EP
2009 - 7 titres– 21'32
Style : Electronica folk
Label : Ici d'Ailleurs / Discograph
Note : 7,5/10
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Chapelier Fou a tenu parole : il a dit qu'il sortirait un nouvel EP avant la fin de l'année et il l'a fait. En 2010, ce sera l'album et il y a prévoir qu'il ait encore des surprises. Et si Louis Warynski, son vrai nom, le remplit de nouvelles chansons, on pourra dire que Chapelier Fou est vraiment prolifique. Finalement, cela marche plutôt bien pour le musicien : un engouement certain de la critique et du public, une distribution dans certains pays d'Europe. On n'en attendait pas tant venant de quelqu'un affublé d'un pseudo improbable (tiré d'Alice aux pays des merveilles) faisant une musique instrumentale avec un violon entouré de machines. Et pourtant, le charme a parlé et ce deuxième EP vient entériner que Chapelier Fou à une place particulière entre classicisme et modernité. Tout le talent du Français vient toujours de cet équilibre entre instrument acoustique et machines, entre petits sons enfantins et programmations qui structurent l'espace (ou le dé-structurent en bon élève d'Autechre). Chaque chanson ...oh musique (lapsus révélateur) semble raconter une histoire. Pour cela, chapelier Fou utilise son violon en composant de vrais thèmes (dans un esprit presque slave sur Scandale)
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en y ajoutant des pizzicati mis en boucle, un piano et créant ainsi un univers apte à réveiller un imaginaire ( capitaine Fracasse, Doolings hands). Chapelier Fou a toujours ce coté brique à braque de Yann Tiersen profondément humain. L'électronique et la sampling participent à cette édification comme adjuvant essentiel. Parfois kitsch sur l'enlevé et Scandale (proche de l'esprit Boutique Chic de Concorde Music Club), mais le plus souvent mélancolique, la musique d'ailleurs n'a même pas besoin de violon et l'électronique se suffit à elle-même, à se demander si Chapelier Fou n'a pas encore progressé dans ce domaine. D'ailleurs, le meilleur morceau de cet EP, Animaux flexibles, ne joue que sur une ambiance électronica entre programmation torturée et sample cinématique. Le dernier Postlude joue sur une joie printanière mais met en avant un violon un peu trop sirupeux, comme si Chapelier Fou montrait par l'exemple le faux pas dans lequel l'artiste et son violon aurait pu tomber et qu'il a donc parfaitement évité sur maintenant deux EPs. Ce qui nous fait dire qu'il est vraiment fortiche, ce Louis. On attend 2010 totalement rassuré. site
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Denis Z.
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The Limes
2009 – 10 titres – 36’39
Style : pop folk lofi
Label : Sauvage records

Note : 8/10
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L’histoire de the Limes entérine deux hypothèses. 1- après La Fayette et la Statue de la Liberté, l’amitié franco-américaine n’est pas un vain mot (ça vous en Bush un coin, non ?). 2- Internet peut avoir le mérite de rapprocher des artistes qui se seraient ignorés sans cela. The Limes est donc né de la rencontre virtuelle entre les Français Orouni, Mina Tindle et David Simonetta (Toy Fight) et les américains Brent Ballantyne (alias Henry Sparrow) et John Hale. D’abord sur internet et finalement en chair et en os entre Paris et la Caroline du Nord, tout ce petit monde s’est rencontré donnant une véritable existence musicale à un projet un peu fou. Etant tous songwriter en chef de leur propre projet, tous les membres de The Limes semblent avoir vécu cette nouvelle expérience comme une cerise sur le gâteau, comme un bonus bienheureux à une vie musicale déjà bien remplie. D’ailleurs, ont été invités à la fête une douzaine d’amis musiciens, chacun venant pointer le bout de son instrument (de la trompette au violoncelle en passant par le saxophone, le clavier ou le violon) avec un plaisir. Et comme souvent, ces chansons composées dans le plaisir gratuit et partagé se révèlent juste remarquables. Les dix chansons proposées sont quelque part ambitieuses, orchestrées qu’elles sont, n’ayant pas peur même d’avoir du souffle ( São Francisco waters reprend des sifflements des westerns de Sergio Leone) mais le traitement est lofi et sans emphase. Comme souvent un glockenspiel ou un mélodica peut largement compenser un mur de clavier et the Limes en fait la perpétuelle démonstration ( Left hand circles atteint les sommets du genre). Dès lors, on entre plutôt dans le registre de la légèreté et du ludique, voire dans le désuet d’un enregistrement pop-folk des années 60. On ne serait pas étonné d’entendre The days of Charlie Spencer en fin d’album (ce qui n’arrive pas). Bref, il y a peu de moyen – l’album est garanti 100% home-made – mais ceci est largement compensé par le reste : la qualité des mélodies, l’inventivité des arrangements et la qualité d’interprétation ; l’essentiel en somme. L’album commence par son morceau le plus rock, The Snake, avant de retourner au bercail de la folk. Mais le coté pop – et donc mélodique – transpire à chaque moment dans des chansons charpentées avec goût et délicatesse. A l’instar de The Shins, The Limes vous donne le sourire et c’est un bien inestimable. Le groupe touche en fait à beaucoup de registre et n’a pas peur de proposer avec succès une obsédante ballade synthétique ( City lights). Ou une virée pleine de charme dans un cirque à l’ancienne (la valse Big top head). A ce moment, on est loin de l’ambiance western de São Francisco waters ou du remarquable – et par encore cité - Dead Furniture. Avec The Limes, le plaisir est garanti. Myspace
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Denis Z.
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Fairguson – Tales from the 47 willows
2009 – 11 titres – 58’22
Style : Indie pop/folk
Label : Coco Record
Note : 9,5/10
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Nous sommes en 2009 et pour un groupe, il est dur voire impossible de pouvoir dire que sa musique ne s’inscrit pas dans une tradition, qu’elle ne s’inspire pas de grands anciens, qu’elle a été composée « ex-nihilo ». C’est évident mais il est bon de le rappeler parfois. A partir de là, les artistes peuvent adopter différentes attitudes. Soit suivre stricto sensu les codes d’un genre donné, soit vouloir tout chambouler comme un rebelle face à l’ordre établi, soit devenir en quelque sorte post-moderniste et mêler avec plus ou moins de bonheur des genres qui semblaient inconciliables. Il existe pourtant une autre voie qui est peut être la plus passionnante : se lover dans un genre, en adopter toutes les postures et tous les arrangements mais en sous-marin, apporter des idées nouvelles, différentes, des choses qu’on attendrait dans cette musique cousue de fil blanc. Fairguson est l’exemple flagrant de ce que peut apporter un groupe talentueux de nouveau et de personnel à une musique archi entendue. La révolution se fait en subtilité et de ce léger décalage né le bonheur. Car on en est là, heureux à chacun de 11 titres que nous proposent les Parisiens. Fairguson est donc folk tendance country, un son américain nourri de guitare acoustique, de steel guitare, de banjo, de piano droit et même d’autoharpe. Mais au delà de mélodies classiques parfaitement troussées, d’une voix parfaite pour l’exercice (proche dans le timbre de Syd Matters), l’intérêt et ce qui met Fairguson au dessus du lot réside dans la multitude d’idées intelligentes et brillantes qui régulièrement étonnent et charment. Rien ne tombe dans le bateau ou le convenu et à chaque moment, même beau en soi, Fairguson semble se poser la question : qu’est-ce que je peux apporter de plus ? Perpétuelle remise en question qui fait les grands albums. Il n’y a là que des choses simples : un gimmick léger digne des meilleurs Pixies qui envole Love again vers des sommets pop. Un synthé que l’on n’attendait pas au milieu d’un tableau bucolique et qui trouve une place de choix (notamment 47 willows mais en fait sur tout l’album). Une lente progression de la folk vers un rock râpeux sans que cela paraisse artificiel ( Wide open spaces qui fait la nique à Weezer et à Pixies). Un étonnant rapport de force sonore entre une infra-basse et une mandoline au son naturellement cristallin ( Let go, merveille d’impertinence et aux bouffées psychédéliques). Quelques exemples parmi tellement d’autres qui n’ont en soi rien de spectaculaire mais dont l’accumulation met toujours l’auditeur en émoi. Fairguson n’a pas son pareil pour passer de l’acoustique à l’électrique en une fraction de seconde qui se révèle le moment parfait pour cette mutation. Chaque morceau dure entre 5 et 6’, un temps utilisé à bon escient sans que la musique ne paraisse redondante et qui a du permettre à chaque membre de ce sextet d’apporter dans sa besace son lot d’idées pour faire de chaque morceau un voyage unique. Comme je l’ai dit, Fairguson n’est ni un groupe révolutionnaire ni expérimental (même si en filigrane certaines idées sont recherchées) mais à l’instar d’un Midlake ou de Wilco par exemple, la musique que le groupe nous offre (car c’est bel et un bien un cadeau) a quelque chose de géniale. Merci messieurs. Myspace
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Denis Z.
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Frigo – world is science fiction
2009 – 11 titres – 54’22
Style : Noise wave
Label : Big Trip
Note : 7,5/10
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4 ans d’écart entre deux albums d’Indochine : trop court. 3 ans d’écart entre deux albums de Frigo : outrageusement trop long ; une absence presque intolérable quand on connaît le talent du trio breton. Mais le monde de la musique est ainsi fait et le chemin de l’indé est passablement plus long que celui des majors. Frigo a peut-être raté le coche avec son premier album Funambul. Repéré par deux EPs et encensé par la presse, Frigo aurait du parachever sa victoire avec son premier format long produit par Mario Thaler (Notwist, Lali Puna) avec comme Scott Mc Loud, Troy Von Balthazar et Tepr en invité. Funanbul est passé un peu inaperçus et on espère que ce ne sera pas le cas pour World is Science Fiction. Car la grande force des indéboulonnables Frigo est de revenir – pour l’instant – sans distribution mais avec un album produit à San Francisco par Scott Greiner (The Melvins, AC DC mais aussi Animal Collective). A croire qu’à l’étranger, on croit plus en Frigo que dans leur propre pays : comme une rengaine connue d’une France ingrate avec ses artistes. Pourtant, la position de Frigo est originale de ce côté de l’Atlantique : une influence indie rock US (accentuée ici par le travail de Greiner) mais une présence omniprésente des machines. A ce titre, on pourrait noter dire que Frigo a un côté New wave (y compris parfois dans la ligne de chant comme sur le faiblard libertine assassine) mais en utilisant les synthés et les programmations de manière moderne – à l’image de l’écurie allemande de Morr music – le trio ne fait pas dans le copier-coller des années 80 ( Scénario Catastrophe). Frigo, c’est surtout une force brute avec un groupe qui peut envoyer le bois ( On off en est l’exemple criant…au sens propre et figuré) et une extrême sophistication avec même une tendance au maniérisme : Temps zéro représentant bel et bien cette dualité. Les niveaux de lecture se mêlent et créent un écheveau complexe apte à créer des climats précieux (sans que le groupe perde sa force de frappe). Peut-être Frigo perd-il en efficacité et ne propose pas « le single qui tue » (ce qui était le cas avec Dressed to succeed sur l’EP Téléportation) ? A moins que, seconde hypothèse plus probable, les grosses radios ne soient trop frileuses pour craquer sur le barré Scénario catastrophe (entre série B potache et grand classique) ou pour apprécier à sa juste valeur la combustion froide de Your Obsession, meilleur titre de l’album placé en ouverture. Au premier abord, Frigo semble avoir fait une concession au « music business » en chantant quelques titres en Français mais à l’écoute, on est tout de suite rassuré quant à l’intégrité intacte du trio : cette façon de parler chanter proche de Bashung se fond parfaitement dans l’univers du groupe et lui donne un détachement distingué somme toute assez classe. Bref, Frigo mérite votre confiance. Myspace
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Denis Z.
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Clarika - Moi en mieux
2009 - 13 titres - 47’
Style : Chanson
Label : ULM/Universal
Note : 10/10
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C’est incroyable le nombre d’artistes, tous styles confondus, qui existent depuis toujours dans notre horizon, et auquel on ne fait carrément pas attention, car on est plein d’a priori, et que a priori justement, cet artiste nous semble sans grand intérêt, ou fade, ou incipide, sans epaisseur, transparent donc !
Ce sont des gens comme Aldebert, Joseph d’Anvers, Jeanne Cheral, Pierre Bondu, Florent Marchet, Renaud Papillon, Albin de la Simone, Alexis HK, Frank Monnet, Bazbaz, Berteth…
Et puis allez savoir pourquoi, on le voit par hasard dans un festival, une premiere partie de Zazie ou Delerm, un ami qui vous prete une cassette (ah oui, un mp3, on dit maintenant, mais comme c’est interdit de se passer des mp3, je vais continuer à dire une K7, c’est moins stigmatisé, tout le monde s‘en fout…), ou une radio - trop - curieuse passe un titre, vous tomber sur un CD gravé sans nom (ah, encore pas bien !), ou comme moi, vous avez la chance de les recevoir, et cette fois, vous êtes d’une humeur aventureuse, voire carrément téméraire !
Et là, vous écoutez plus attentivement un disque qu’un artiste a passé deux ans à écrire, enregistrer, arranger, juste pour que vous puissiez passer un bon moment à l’écouter.
Où je veux en venir, c’est précisément, sur Clarika, qui répond parfaitement à cette définition, ayant vu J’attendrai pas cent ans dans les années 90 dans un carton d’invendus d’un grand magasin, vaguement vu une affiche dans la rue de La fille tu sais en 2001, ou sur une compilation avec Michel Delpech ou à l’affiche de l’Olympia en 2006 (eh, oui, quand même), passer sur un podium d’été 2009 sur France 3... A chaque fois, une vision furtive, qui reste gravé on se sait pourquoi, mais qui pour autant ne vous a pas conduit ensuite à écouter sa musique.
Et voilà, quelques jours avant la fin de la décennie, presque 20 ans apres ses débuts, tout de même, voici que le nouvel album de Clarika, Moi en mieux, fait mouche !
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Le voilà qui me trotte dans la tête après seulement quelques écoutes, me donne la banane en écoutant Les bavards, Moi en mieux, Je ne serai pas…, Dans les cabines d’essayage, L’ennui. Le voici aussi, qu’il m’interpelle à l’écoute des textes graves de Bien mérité, sur fond d’identité nationale, de droit du sol et d’inégalité des chances, mettant un écho particulier sur ses origines de fille de réfugié politique hongrois, mais sans en mettre des tonnes et en jouant la carte de la chanson pop sans prétention…
Sur Rien de tel ou Escape Lane, je me souviens que Clarika m’avait toujours fait pensé à La Grande Sophie, sans aller plus loin, car une ça suffit… (message personnel à Eiffel… ;-). Pourtant, cette fois, rien de tel, justement, Clarika pique au vif, et son p’tit air nous revient en mémoire passé la nuit, on l’écoute, elle nous entête, comme un hymne à la vie, un air chique et tellement convivial… Et que dire aussi de C’est l’hiver ou Lâche-moi, des titres certainement autobiographiques, pleins d’émotion, de douceur, qui indique enfin, qu’en 20 ans, Clarika n’a pas attendu que tout le monde s’intéresse à elle, a continué à construire sa vie personnelle et professionnelle, les mêlant habillement à plus d’un titre.
Et s’il n’y avait qu’un seul titre à retenir sur cet album, ce serait peut-être, De fille à femme, un titre plein de poésie, qui vous ballade sur des airs de carioca, à travers les étapes de l’éclosion de la vie d’une jeune fille en fleur.
20 ans donc pour découvrir un artiste, y a de quoi inquiéter les maisons de disques et leurs plans marketing. Peut-être aussi l’occasion de remettre leur belles méthodes en question…
Quoi qu’il en soit, Moi en mieux est bel et bien dans les bacs, et avant de passer dans un carton d’invendu plein de poussières, n’hésitez pas à demander au vendeur, à vous le mettre en écoute, et consacrer quelques minutes au travail d’une vie. Vous ne le regretterez peut-être pas !
Me reste maintenant à rattraper, et le temps, et ces 20 ans de discographie clarikienne… Et j’ai le sentiment que ça en vaudra la peine.
Moi en mieux, un album plein de finesse, d’humour et d’émotion. L’album parfait de la chanson française 2009 !
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Mike S.
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Starboard silent side - because our friendship was meant to sail
2009 – 11 titres – 50'
Style : Folk/ pop
Label : YY / Discograph
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Il n'y a jamais eu autant de groupes de folk : à croire que tout le monde est devenu "folkophile". Envie de nature, d'instrument en bois et d'authentique ? Autant dire que dans tous ses groupes, il y a à boire et à manger. Avec Starboard silent side, on est d'emblée dans le haut du panier. Véritable groupe européen avec Mij, un chanteur Suédois et Bruni, belge et par ailleurs violoniste de DAAU, le quintet basé à Paris séduit dès les premières notes de Alabaster : on se love dans une mélodie belle et chaleureuse et on trouve en Mij, le genre de vocaliste que l'on suivrait les yeux fermés.
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Le groupe s'est donné les moyens de ses ambitions ou plutôt a voulu être totalement raccord avec l'univers qu'il voulait créer : bref, SSS est parti enregistrer son album dans le Vermont chez Bruno Green (Santa Cruz, John Parish, John Convertino, Thomas Belhom). Mais la grande force du groupe réside dans l'équilibre harmonieux de son album. Celui-ci est à la fois folk et pop, introspective et festif, rustique et raffiné, terrien et aérien, l'aride Arizona et la verdoyante Nouvelle-Angleterre. SSS peut devenir le chaînon manquant entre Thomas Dybdal, Waterboys (avec le violon bucolique de Bruni) et même de Simon and Garfunkel. Une belle découverte. Myspace
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Denis Z.
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Antrabata - Dark & bright
2009 - 11 titres– 44'
Style : Trip hop
Label : Prikosnovénie / Anticraft
Note : 6,5/10
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Le trip hop aurait-il dépassé depuis longtemps sa date de péremption ? A l'heure où les deux Portishead sont passés à autre chose, certains groupes veulent nous le faire croire et arrivent à entretenir l'illusion. Parmi eux, les Parisiens de Antrabata épousent avec suavité les contours sensuels du genre et suivent les traces de feu : mélancolie diffuse, voix féminine diaphane (Femke Lavrijssen parfaite dans le rôle), douceur languide nourrit de différentes couches de miel et de quelques touches acides dedans. Antrabata n'est pas révolutionnaire et prend ce trip hop canal historique par la voie orientaliste de Talvin Sigh avec des tablas et une flute de charmeur de serpent apportant un niveau d'élévation supplémentaire aux instruments électriques (guitare, Fender Rhodes et consort),
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aux samples de cordes et aux programmations électroniques. Par tous ces niveaux de lecture entremêlée, dark & bright peut arriver à envouter, enrobage chatoyant et enivrant à des chansons que l'on pourrait trouver par ailleurs un peu trop classique voire même un peu soupe. D'ailleurs, quand Antrabata se débarrasse de ses oripeaux sur le dernier homesick, le charme qui émane du reste de l'album se rompt aussitôt. Tout n'est ici qu'illusion et joli décor et il ne faut pas en sortir. Le trip intérieur proposé peut manquer un peu de tripes. Mais pendant 40', Antrabata a pu nous faire croire que le trip hop de Portishead ou encore de Morcheeba pouvait encore exister en 2009. Pas si mal... myspace
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Denis Z.
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Mano Solo - Rentrer au port
2009 – 13 titres – 45’26
Style : Chanson
Label : La Marmaille Nue / Wagram
Note : 9/10
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Fini l’Autoproduction tentée avec In The Garden, le précédent album de Mano Solo !
Pour autant, l’artiste ne renoue pas avec une major, passant sous licence Wagram. Et à la discographie déjà conséquente, s’ajoute donc cette année un dixième opus (7e sans compter les lives).
De fait, Rentrer au port est à la fois un retour aux sources et un nouveau départ. Mano Solo ne reste jamais en place. Sa musique n’a cessé de vivre, de grandir, de mûrir, de passer par toutes les phases de son auteur, dans les plus sombres comme dans les plus joyeuses.
C’est ainsi que l’on retrouve, ici, l’accordéon et la voix trainante d’un auteur qui nous a fait plus pleurer que rire ces 15 dernières années. Et si quelques éclaircies nous ont permis de voir Mano Solo reprendre des couleurs, le temps d’un album tel que Dehors, où l’artiste nous criait sa soif de la vie, c’est toujours dans ses phases dépressives qu’on l’on a toujours retrouvé l’artiste sous son meilleur jour. Ce nouvel album ressemble à la fois à un bilan de vie, une sorte d’introspection (Partir ailleurs, Rentrer au port, Tu m’as vu, Ca scintille) avec ses joies, ses peines, ses forces, ses faiblesses, sur un fonds musical digne des Années sombres, de La marmaille nue ou encore de Je sais pas trop, son plus bel album à ce jour. |
Et en même temps, Mano Solo essaie à nouveau d’ouvrir son horizon, d’avancer vers demain et de conjuguer quelques verbes au futur, ce qui relève de l’exploit grammatical chez lui… ( J’avance, Chaque matin).
« Hier n’est plus rien, hier est un trou, une ombre pour un fou », c’est avec ses mots les plus forts, sa poésie la plus touchante que Mano Solo revient donc cette année. Argument de poids si nécessaire , sur ce titre éponyme de l’album : « je navigue sur les braises au fond des gorges et des falaises, mon gouvernail est parti dans les flammes et depuis j’ai cessé d’espérer, rentrer au port sans tout qui crame, et que lui-même n’ait pas cessé d’exister… ». Et c’est ainsi de la première à la dernière phrase.
Un album à découvrir, des textes à lire et à relire… un artiste à redécouvrir. Mano Solo renoue avec le sublime.
Myspace / Site officiel
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Mike S.
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Renan Luce – Le clan des Miros
2009 – 12 titres – 42’26
Style : Chanson Pop
Label : Barclay/Universal
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Note :7/10 |
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Je n’aurais pas voulu être à la place de Renan Luce, quand ce dernier a dû se lancer dans l’écriture et l’enregistrement de son second album ! A l’instar de quelques Louise Attaque, Vincent Delerm ou de Matmatah, pour ne citer qu’eux, qui avaient eu un succès inattendu et immédiat à la sortie de leur premier opus, Renan Luce était attendu au tournant autant par les fans que par la maison de disque. Difficile de retrouver un tel succès car si on en avait le secret, les maisons de disques ne seraient pas autant dans la panade avec leur cartons d’invendus…
Pour autant, à l’inverse de ceux suscités, Renan ne semble pas avoir tremblé un instant. En tout cas, c’est ce qui ressort en écoutant ce disque qui, sans reprendre très exactement les ingrédients du premier CD, parvient à nous rejouer le coup du titre touchant, efficace, consensuel… La Fille de la bande, et son clip plein de malice (et de Mélanie Bernier, ce qui ne gâche rien), en quelques instants tourne dans votre tête et devient un titre à part entière du répertoire de Renan, voir même déjà un titre intemporel. Et en parlant de malice, et fort de son succès, Renan Luce s’est vu confié la musique d’un tenant du Box Office du cinéma français de cette année, à savoir Le petit Nicolas, et là encore, le magicien a joué de ses mots et de ses notes pour concocter encore une petite ballade efficace et drôle.
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On n’est pas à une bêtise près se retrouve dans la seconde partie de l’album.
Pour autant, le chanteur nous offre encore quelques douceurs, pleine de sensibilité, et de bons mots à la manière du Repenti ou de Monsieur Marcel dans son précédent opus, dont Nantes, Rue de l’oiseau lyre ou encore Grand-Père II, qui a d’ailleurs un version I, qu’il interprète en compagnie d’Alexis HK, (qui l’avait invité sur son dernier album, Thanks for the add et qui l’avait accompagné en tournée) et Benoit Dorémus, autre support de la dernière tournée de Renan, et aussi de Renaud… Tiens donc ;-)
A même pas 30 ans, Renan Luce est devenu en un rien de temps incontournable dans le paysage musical français. Et à entendre ce nouvel album, il est fort à parier qu’il n’est pas près de sortir de cet état de grâce !
Un album réussi - plus conventionnel - qui fait toujours vibrer la corde sensible ! Emotion garantie.
Site de la maison de disque / Myspace
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Mike S.
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Aqme - En l'honneur de Jupiter
2009 – 12 titres – 47’26
Style : Metal
Label : Athome/Wagram
Note : 6/10
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Ne cherchez pas de lien entre En l'honneur de Jupiter et Les enfants de Jupiter de Luke, il n’y en a vraiment aucun ! Aqme, qui annonce un renouvellement total de son style nous livre un nouvel album, sans conteste très éloigné de Sombres Efforts qui les avait propulsé sur le devant de la scène avec leur morceau de bravoure, « Si » n’existe pas. Mais après dix ans d’existence, il est logique que les choses aient pu mûrir.
N’attendez pas pour autant une véritable révolution depuis Hérésie sorti il y a un an. Tout juste l’arrivée d’un nouveau guitariste, transfuge de Lazy, qui apporte peut-être un peu plus de rage dans les compositions du groupe. Julien Hecking remplace donc Benjamin Rubin, parti vers d’autres projets (Die on Monday).
On aurait pu croire que le groupe se serait envolé vers la Finlande pour accoucher d’un album aussi brutal, avec une voix aussi rauque, guttural comme jamais, mais c’est finalement en Suède, dans le pays d’In Flame ou Dissection (tout de même…), que le groupe s’est posé pour élaborer des titres noirs, sombres et violents, tel que Guillotine, Noel Noir, Macabre moderne ou encore Le Chaos.
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Alors qu’il aurait pu s’engouffrer dans la brèche, entrouverte par « Si » n’existe pas et multiplier les tubes nirvaniens jusqu’à plus soif, Aqme a préféré s’en remettre au Dieu romain du Ciel et de la Foudre pour déchainer les éléments, et abattre toute sa puissance dans vos oreilles de jeunes angelots. En l'honneur de Jupiter est un hymne à la toute puissance sonore !
Prudence par contre, quand vous aborderez cet album pour la première fois, car le groupe, en bon plaisantin, s’offre à plus d’un tour des entrées en matière, calmes et posées, avant de déclencher une fusion sans limite, déversée titre après titre, de cyclones en lames de fond...
En l'honneur de Jupiter est un véritable tremblement de terre qui dépasse largement le 9 sur l’échelle de Richter… Un scénario catastrophe digne du 2012 de Roland Emmerich... une fois de plus, Aqme ne laissera personne indifférent !!
Mais attention, cet album n’est pas à mettre entre toutes les oreilles !
Myspace / Site officiel
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Mike S.
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Emilie Simon - The Big Machine
2009 – 12 titres – 47’26
Style : Electro Pop
Label : Barclay/Universal
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Note :6.5/10 |
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Plus le temps passe, et plus Emilie Simon se laisse pousser des ailes. Pour sa nouvelle production, elle nous expédie au pays des rêves (Dreamland), ou plus précisément, le pays de SES rêves, un pays, situé entre la fin des années 70 et le milieu des années 80, un pays où elle pourrait se déguiser en Kate Bush ou en Cindy Lauper, sans que personne ne trouve à y redire. Que dire d’ailleurs de ces ballades sublimées par des orchestrations magiques et une voix enchanteresse… Que dire de ces excursions à travers Chinatown, ces virées en haut d’un arc en ciel, ce voyage spatial sur la lune ?
Délire de l’imagination féconde d’une enfant des années 90, qui explore sans cesse notre patrimoine musical, Emilie Simon laisse tomber un instant le 100% electro dont elle s’était fait une marque de fabrique, pour s’approprier un instant cet esprit pop des 80’s. C’est de la plus belle maniere qu’elle rend alors un vibrant hommage à une des plus étonnantes chanteuses de cette période, la trop rare . Difficile en effet de ne pas entendre dans ces 12 ballades, la patte omniprésente, flagrantes, criante de l'auteur de The Dreaming...
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Elle ne s’arrête pourtant pas là, et au fur et à mesure que déroulent les titres de l’album, Emilie Simon décline toute une nouvelle dimension de sa musique, plus organique, pop folk, pop lyrique, pop baroque, pop paillette, pop mandarine…
Bien qu’un peu déstabilisante au premier abord, ce nouvel album se révèle avec le temps. Ce mimétisme bushien disparaît alors pour redevenir du Emilie Simon, 100% pur jus, celui de l’ingénieuse compositrice d’un phénoménal premier album en 2003, à mille lieu des autres productions par trop conventionnelles. Et comme pour faire un lien avec ses autres productions, Emilie place en fin d’album, ce This is your world, qui renoue avec le jonglage des mots et des sons, additionné d’un chorus, digne de Broadway. Sans doute un clin d’œil à la Grosse Pomme, dans laquelle elle a enregistré cette Big Machine de tous les diables ! Sans oublier le Sensual World de celle qui l'a inspiré tout au long de cet album.
Un album désarmant, surprenant mais magique ! Site de la maison de disque / Myspace
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Mike S.
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This Immortal Coil – The dark age of love
2009 – 12 titres – 59’01
Style : Indie pop/folk
Label : Ici D’ailleurs / Differ-ant
Note : 8,5/10
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Si l’on voulait résumer le projet This Immortal Coil, on pourrait dire : une bande d’artistes font un tribute au groupe Coil à la manière de This Mortal Coil. L’objet de vénération s’appelle donc Coil, groupe de musique industrielle emmené par John Balance et Peter Christopherson La manière ensuite : un contre-pied total par rapport aux atmosphères sourdes et urbaines de l’original, rappelant ainsi This Mortal Coil, collectif regroupant sous la férule de John Fryer, tous les ténors du label 4AD : trois albums faits de reprises avec au casting des membres de Cocteau Twins, Dead can Dance, Wolfgang Press, Colourbox, Dif Juz…This Immortal Coil regroupe, de la même manière, une distribution hétéroclite mais de talent débordant du seul label Ici d’ailleurs : Matt Elliott, Christine Ott, Chapelier fou mais aussi Yael Naïm, Sylvain Chauveau, Yann Tiersen, Bonnie Prince Billy, DAAU…on appelle ça une dream team ! Comme pour This Mortal Coil, This Immortal Coil met l’accent sur des instruments acoustiques (piano, accordéon, clarinette, marimba…) mais pas seulement, la version épurée faite aux titres initiaux de Coil ne faisant pas l’impasse sur des côtés plus expérimentaux et des recherches sonores telles que pouvaient en faire John Balance et ses hommes. Dark age of Love commence de manière classique par un folk jazzy chanté par l’envoutante Yael Naïm, mais le morceau possède déjà les germes de toute l’inventivité formelle dont fera preuve tout l’album. La suite va devenir carrément passionnante et particulièrement originale. Chaque fois ou presque, nous allons retrouver en premier plan des chanteurs au timbre profond (Bonnie Prince Billy sur Oastia, Matt Elliott, Sylvain Chauveau) remplissant l’espace de leur voix suave et presque sépulcrale. Derrière ce premier rideau de fumée qui capte l’attention et vous guide tel un Leonard Cohen, la musique en secret s’agite. Certains titres vont carrément être hantés par des sons tordus, des variations et des modulations instrumentales : Christine Ott aux Ondes Martenots, Chapelier Fou et son attirail électronique s’en donnent à cœur joie. Tout comme Matt Elliott pouvant faire confiance à ses effets de guitares pour troubler l’ambiance ( Red Queen en parfaite osmose avec Yann Tiersen). Les bruissements, les grincements sont là, tout comme des sons qui dérivent en roue libre. Certains intervenants semblent avoir emmené avec eux leurs obsessions propres. Comme Matt Elliott et sa fascination de l’Est sur Teenage Lightning. Sur deux instrumentaux, DAAU et Christine Ott semblent aussi regarder vers l’Est, lorgnant du côté de Balanescu Quartet tout en mélangeant ces saveurs slaves et tziganes d’une touche orientaliste Debussy-ienne. La grande force de ce disque réside dans le contraste mis entre ces voix de velours et toute l’effervescence miniature qu’il y a derrière. On se rend surtout compte de la beauté naturelle des compositions de Coil, à se demander même si Peter Christopherson n’est pas l’égal de Martin Gore ( Amber rain chanté par Sylvain Chauveau aurait pu trouver sa place sur le disque que l’artiste a consacré à Depeche Mode). Chapeau bas pour un plaisir sans doute immortel Myspace
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Denis Z.
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| Haut |
Eiffel – A tout moment
2009 – 12 titres – 52’35
Style : Rock français
Label : Pias
Note : 3/10
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Interviewé pour son nouveau projet Nixon, Olivier Delacroix affirmait son dégoût pour Eiffel et on peut comprendre son animosité à l’endroit du groupe de Romain Humeau : Black Maria, son groupe à la fin des années 80, avait été traîné dans la boue sous prétexte qu’il plagiait Noir Désir. A 10 ans d’intervalles, Eiffel ne subit pas le même courroux, ce qui injuste à posteriori et donne une indication sur l’évolution de l’esprit critique et de la critique justement et du public. Noir Désir et Eiffel, deux groupes et deux carrières qui se suivent en parallèle à quelques années d’intervalle, la différence entre un modèle et un suiveur. On pourra s’amuser à chercher les similitudes : comme Te revoir, single le plus populaire d’Eiffel, renié par la suite, leur Aux sombres héros à eux ; comme toute l’attitude de Romain Humeau et sa voix de chanteur rebelle toujours prompt ouvrir sa gueule dans un grand geste poétique, version adolescente de Bertrand Cantat ; comme la volonté récurrente de Eiffel de rendre hommage aux grands anciens. Et de constater qu’Eiffel n’est que la version abâtardie de Noir Désir, une mauvaise copie carbone. Cantat en tout cas ne leur veut pas venant faire les chœurs sur un titre : il doit voir moins Eiffel comme un concurrent qu’un simple disciple. On pourra considérer A tout moment comme leur Des visages, des figures à eux : leur album le plus commercial à ce jour, fait pour séduire le plus grand nombre. Sans en avoir la qualité bien sûr et la prise de risque qu’il pouvait y avoir avec L’Europe. Non, tout ici calibré, pesé et sans réelle surprise – si ce n’est le retour de Nicolas Courret à la batterie, lui que l’on a connu en meilleure compagnie avec Bed, Headphones ou EC (ici). Emmené par un single au discours démago vite agaçant ( A tout moment la rue et ses sifflements boy scouts), l’album se veut moins rock, parfois plus folk dans les arrangements ( Minouche, Sous ton aile, mort j’appelle), souvent plus élaboré dans son instrumentation avec ça et là violon, alto, hautbois, clarinette basse. Mais malheureusement, Humeau s’obstine à partir dans ses envolées qui prennent tout l’espace et tue dans l’œuf toute volonté de finesse. Techniquement, Humeau assure mais il ne le sait que trop, en faisant des tonnes dans le rocailleux à fleur de peau. A ce niveau, cela ne sent même plus le plagiat vis à vis de Cantat mais la pure caricature. Le souffle devient soufflé et celui-là retombe bien vite. Quelques honnêtes morceaux permettent de faire passer la pilule ( Sous ton aile), plus fréquemment l’ensemble paraît un peu téléphoné, bourré de clichés que ce soit au niveau des textes que de la musique. Nous sommes du hasard ressemble fortement à du Weezer ( The swettest song) mais on n’est plus à ça prêt. En étant pompeux comme Monsieur Humeau, citons Shakespeare : « beaucoup de bruit pour rien ». Myspace
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Denis Z.
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The Lost Communists - The 12 last night of a pastor jugged guilty
2009 - 13 titres -
Style : Electro Rock
Label : Some Produkt/Allboardsfamily/I.L.Lrecords
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Note :7.5/10 |
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S’ils sont originaires de Limoges dans la vrai vie, ils ont définitivement quitté la planète Terre dans leur plus grand délire. The Lost Communists ont imaginé une musique et un style intemporel, emprunt de rock garage sixties et d’imagerie soviétique.
Et si le son des Lost Communists est volontairement emprunté au passé, de par les guitares électriques surexcitées, le rythme et les ambiances vintage, façon Dirtbombs, le groupe s’offre aussi de grand moments de dépression, dont il semble puiser l’inspiration dans la musique sombre de Nick Cave ou l’univers barré de Jon Spencer Blues Explosion… Et d’explosion, il en question tout au long de ce premier album de ce groupe atypique. A chaque instant, le groupe surprend par ses compositions étonnantes, ses changements de rythmes et d’atmosphère, à l’image de ce Trails of Blood, ou de cette Who murdered the call girl? , twin guitare grave au possible, orgue Hammond, qu’on croirait sorti de quelques séances d’enregistrements des Murder Ballads, ou à l’opposé, ce Tell me who is, livraison express, d’une session libre digne de Chuck Berry. A d’autres moments encore, Time never wait for me, par exemple,
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les Lost Communists déversent leur trop plein d’energie, à 100 à l’heure, dans un flot de notes électriques, dans un son brut, presque brutal, sans arrangement, à la manière la plus moderne de Jon Spencer.
Vous l’aurez donc compris, les Lost Communists ne tiennent pas en place, vous les attendez quelque part, ils sont déjà parti ailleurs, vous les voulez Rock, il sont Blues, vous les attendez Soul, ils débarquent au beau milieu d'un délire Rock n’Roll.
Pas le temps de s’ennuyer sur cet étonnant album au titre imagé, The 12 last night of a pastor jugged guilty.
Si vous ajoutez à cela, un style vestimentaire original sur scene, vous devriez avoir affaire au groupe le plus étonnant de la scène française depuis bien longtemps. Et ça, ça fait un bien fou !
Avec un son définitivement vintage, les Lost Communists sont parvenu< à créer un style terriblement neuf et rafraichissant !
Site officiel / Myspace
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Mike S.
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Oai Star – Manifesta
2009 – 14 titres – 51’16
Style : Electro Rock
Label : Roker Promocion/Wagram
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Note : 8/10 |
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En marge du Massilia Sound System, les Rois de la pagaille, aka Oaï Star continuent leur chemin, sortant cette année ce nouveau Manifesta ! Ce nouvel album bénéficie d’ailleurs de la collaboration de ces mêmes MSS (La vie qu’on mène et Canadèr’Love) ainsi que des cousins du Fabulous Troubadors (Chéri(e)).
De quoi organiser la plus grande teuf de l’histoire du Oia Star. Et effectivement, le 5e opus du groupe fout l’dawa près d’une heure durant, et ça commence tranquillement par une petite ballade champêtre mais nécessaire à la préparation de la Fiesta : Sème ton chanvre paysan !
C’est ensuite que la joute vocale commence vraiment, avec de savoureux morceaux, remplis d’humour, de joie de vivre (Feignant et gourmand, Are you from mars ?, Chéri(e)), mais aussi, tel que le nom de l’album l’indique, quelques pavés bien envoyés dans la marre : Je veux faire brûler la mer, grand manifeste social, Baleti Atomico, sorte de version moderne du Salut à toi des Béru, ou encore Fire, bombe incendiaire electro rock qui n’est pas sans rappeler le Qu’est qu’on attend… de NTM… Et c’est comme ça sur tout l’album !
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Donc, vous l’aurez compris, le Oai Star n’est pas là pour beurrer les toasts ou couper les citrons ! Leur Manifesta rentre dans la bataille et offre l’album le plus électronique de sa carrière, mais peut-être aussi le plus puissant, que ce soit dans le rythme ou dans le verbe. Et le tout dans une ambiance toujours bonne enfant, à l’image du manifeste manifestant Antifestif, histoire de faire passer le message sans crisper les esprits !
Un album "manifestement" chargé de tension et d’émotion qui n’en oublie pas la bonne humeur légendaire du Oai Star !
Un tres bon cru ! A consommer sans modération !
Site officiel / Myspace
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Mike S.
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Pony pony run run – You need Pony pony run run
2009 – 11 titres – 36’20
Style : Electro Pop
Label : 3e bureau/Wagram
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Note : 8/10 |
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L’electro français a, de nouveau, le vent en poupe, à en croire la tornade de ferveur populaire qui s’abat subitement et successivement sur quelques groupes hexagonaux tels que Sporto Kantes, Housse de Rackette ou ce trio nantais Pony Pony Run Run !
C’est sans doute <Daft Punk qui a mis le feu aux poudres il y a 10 ans, apres avoir laissé Jean-Michel Jarre, seul, aux commandes pendant plus de deux décennies. Depuis, Rinôcerôse, The Film, Justice, les groupes se suivent, ne se ressemblent pas, et apportent chacun leur petite piece à l’édifice electro rock qui est en train de se batir devant nos yeux incrédules ! Qui auraient misé 1 euros sur ces groupes-là il y a 20 ans ???
Ce qu’il y a de plus interessant encore, c’est que ces petits frenchies côtoient maintenant sans complexe d’autres nouveaux venus internationaux, qui participent à la construction de ce nouveau genre, sorte de grande Open Source de la Musique (Audiobullys, MGMT, Radio 4, Simian Mobil Disco).
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Concernant Pony Pony Run Run et son premier album, nous y découvrons une musique inventive, riche, variée, réuni sur cet album, autour d’un point commun, son aspect 'dansant'. Apres cela, le groupe propose des rythmes aussi bien modernes que tres anciens, plongeant volontiers ses racines dans la pop des années 80’s à l’image de Love Veritable ou Show Me Show Me, titres que l’on pourrait croire empruntés à l’époque des premiers Depeche Mode, New Order et autres Duran Duran !
Hey You, le désormais tube du groupe trône en 3e place sur l’album et propose un rythme simple, un son presqu’acoustique. Seule la voix se veut plus groovy, à peine appuyée par ces petite notes électro répétitives et entêtantes. Une jolie leçon de chose !
Et, à l’écoute des premiers titres de l’album, on imagine bien que le groupe ne va pas s’arrêter là, Walking on a line, First Date Mullet ou encore 1997 devraient prendre le relais de Hey You et offrir au groupes quelques autres n°1 dans les différents Charts !
Affaire à suivre.
Un album electro moderne qui recèle quelques bons souvenirs vintage !
Facebook / Myspace
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Mike S.
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Benjamin Biolay - La Superbe
2009 – Double CD – 22 titres – 47’12 + 47’10
Style : Chanson Pop
Label : Naïve
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Note : 8.5/10 |
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Prolifique ! C’’est sans doute le terme qui colle le mieux à la peau de Benjamin Biolay qui se fend cette année d’un double album, composé de 22 titres pop romantique, comme il sait tant les écrire depuis une dizaine d’année maintenant.
Acteur à ses heures, c’est surtout dans la réalisation et l’écriture que Benjamin Biolay est le plus actif. Keren An, Coralie Clément, Julien Clerc, Stephane Eicher… Ce n’est pas moins d’une trentaine d’albums auxquels il a participé de près ou de loin. Ce travail de besogneux cache pourtant un personnage plus complexe, en proie à quelques tentations, à une vie d’errance et d’égarement. La Superbe marquerait ainsi une sorte de thérapie et aussi une sortie de tunnel… (Padam, La toxicomanie, Night shop, Tout ça me tourmente ou encore Prenons le large).
Deux ans après Trash Yéyé, son dernier album, le voici donc avec un cinquième album studio. Le temps pour lui de refermer aussi la parenthèse Virgin (EMI) pour se retrouver chez Naïve.
Comme à son accoutumé, le chanteur apporte dans ce nouvel album, baptisé La Superbe, une importance particulière à l’orchestration et aux arrangements.
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Ainsi, les cordes, et plus encore les cuivres apportent une couleur chaude aux compositions tout au long de cet album. Cette chaleur couvre habillement la nostalgie et la mélancolie des paroles qui font depuis longtemps la force et le tempérament de Benjamin. La mélancolie, il lui consacre d’ailleurs une chanson sur le second CD, pleine de nostalgie…
Bien sûr, un tel album ne s’approprie d’une simple écoute. Il faut du temps pour découvrir toute la poésie de ses mots, toute la douceur et la tristesse de ses mélodies. Mais très vite, des titres comme La Superbe, Prenons le large, Reviens mon amour apparaissent comme d’évidentes prouesses du répertoire de celui qui est déjà comparé aux plus grands de la chanson française. Ensuite ce sont Miss Catastrophe ou Tout ça me tourmente.
Malgré sa densité, La Superbe apparaît tres vite comme un album majeur de Benjamin Biolay et peut-être aussi un des très bons albums français de l’année.
Site officiel / Myspace
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Mike S.
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JP Nataf - Clair
2009 – 12 titres – 51'21
Style : Pop Folk
Label : Tôt ou Tard / Warner
Note : 8/10
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Depuis la fin des Innocents, JP Nataf semble libéré du poids de devoir plaire à tout prix. Un bon premier album était sorti dans un esprit proche de ce qu'il faisait avec son groupe. Après, Nataf est devenu comme le grand frère de la pop version francophone, tendance ligne claire avec des participations tout azimut à des albums, notamment le projet Imbécile d'Olivier Libaux et le concept barré de The Wantones. Nataf semble n'en faire qu'à sa tête à l'image de sa barbe de plus en plus fournie et atteignant un taille déraisonnable. Voilà donc que sort aujourd'hui Clair deuxième album solo de celui qu'on pourrait voir comme le Jeremiah Johnson de la pop folk française : un gars solitaire, presque écologiste dans sa vision naturelle de la musique. D'ailleurs, l'album a été enregistré à la campagne. Autre petit détail, JP Nataf joue un peu de tout sur cet album, accompagné de Jean-Christophe Urbain tout de même et de quelques invités prestigieux venant ça et là jouer du violon, du piano (Bertrand Belin, Albin de la Simone) ou chanter avec JP (Belin encore et l'artiste qui monte Mina Tindle). JP Nataf joue même de la batterie sur 8 titres sur 12, et à l'image d'un album non tapageur, il en joue en douceur. C'est vrai qu'à la première écoute, fusse-t-elle à fortiori distraite, Clair apparaît un peu insipide. Pas de tube imparable, pas de morceau bélier qui force toutes les portes du succès et de l'évidence mélodique.
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Clair est plutôt un album clair-obscur qui demande une écoute plus attentive et surtout d'en augmenter le volume. L'homme est subtil derrière son physique d'homme des bois un peu bourru. Un vrai travail d'orfèvre que celui là où chaque touche trouve sa place dans une harmonie bucolique touchante. Un vrai tour de prestidigitation qui fait sembler court un morceau de près de 10' bâti sur une seule frise de guitare : mais seulement voilà sur Seul alone, JP Nataf trouve le ton juste, le son idoine, le sample - modeste - qui enrichit (Merci Kim Fahy), la note de piano qui emporte le morceau. On peut noter ça et là des particularités entendues chez d'autres : Après toi a un coté Yves Simon, Viens me le dire évoque une ligne de chant de Matthieu Boogaerts. Pour le reste, Nataf s'inscrit dans une famille folk avec des morceaux parfaitement ourlés, taillées dans les meilleures étoffes avec les coupes les plus élégantes. C'est intimiste, chaleureux mais en même temps, cela ne devient jamais cliché (genre folk au coin du feu), le travail de Nataf est d'apparence simple mais au final ultra raffiné. Et puis, il est amusant de constater - par souci de liberté personnelle, peut-être - que le Français apporte ponctuellement des touches d'exotisme : une teinte sud-américaine sur Myosotis, une kalimba et un steel drum tout caraïbe sur Viens me le dire, les choeurs de Mina Tindle donnent un vent tahitien sur Après toi. De telles idées se fondent parfaitement dans le petit monde mélodique de Nataf et vous éloignent nettement de la banalité. Clairment un grand album. Myspace
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Denis Z.
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Playground - Nightology
2009 – 11 titres – 36’57
Style : Electro Rock Groovy
Label : Zadig et voltaire music
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Note : 7/10 |
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Nous avions
découvert Playground en 2004,
alors le groupe avait sorti un premier EP baptisé 1994,
un son entremêlant Rock n’Roll et Groove.
Un son plutot neuf, atypique à l’époque. Aujourd’hui,
des groupe tels que Housse de Racket ou Pony Pony
Run Run ont
pris d’assaut
les charts français, et Playground a maintenant certainemen plus
de chance de se retrouver en phase avec la mode…
Pour augmenter ses chances, le groupe fait appel à Eric Chedeville (Daft punk, Sebastien Tellier) pour la production, et propose alors un album
beaucoup plus electro et plus groovy que le premier. Apres une
introduction digne d’un album de Jean-Michel au début des
années 80, le groupe branche la boite à rythme et commence à monter
dans les tours.
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Les titres
s’enchaînent alors – Glambam,
Out Dancing – véritables tubes taillés pour le
dance floor à l’instar de ce Living on a Week-end,
que l’on
devine destiné à un avenir international, au moins égal
au D.A.N.C.E de Justice ! Quelques autres titres, plus calme, vous feront
découvrir d'autres facettes de ce groupe pleins d'idées (Rescue
me, Cosmic Touchdown)..
Amateur de nouvelles tendances electro rock bien groovy, ce nouvel album de Playground
est pour vous !
Un joli travail de studio pour la plus grande joie de vos pieds !
\ Site
du Label /
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Mike S.
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Da Silva – La tendresse des fous
2009 – 11 titres – 35’15
Style : Chanson
Label : Tot ou Tard / Warner
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Note : 5.510 |
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Guitare acoustique,
quelques notes de piano, des cordes de violons qui s’envolent au loin,
voici le décor préféré de Da Silva, un décor
qu’il replante en ce drôle de mois d’octobre pour une
nouvelle représentation…
On y retrouve ainsi quelques belles mélodies
(La Route, Les plus belles lettres…) et autant de beaux textes
prêts à vous
fendre le cœur !
Mais bon voilà, avec le temps, on a tendance à devenir plus
exigent… L’effet de surprise du premier album ne suffit plus à vous
emporter. On attendait donc un peu plus, des arrangements plus
riches ou plus sobres, des refrains plus entêtant encore, des invités
de prestige, ou je ne sais quoi d’autre, qui pourrait par la suite
nous distinguer La Tendresse des fous du reste de la discographie
de Da
Silva. C’est d’ailleurs bien dommage, puisque Emmanuel
Da Silva est, comme on le sait, aujourd’hui sur tous les fronts à écrire,
produire, arranger le travail des autres, connu, reconnu, apprécié !
Pour autant, en écoutant un peu plus cette nouvelle livraison, c’est
bien dans ce sens qu’il semblait vouloir partir, s’entourant
de musiciens, professionnalisant la production Ainsi on retrouve Un endroit,
un titre coloré par quelques cuivres mexicains
ou encore La Chambre, Le Carnaval ou Les Plaines, qui mettent
les violons plus en
avant que jamais.
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Mais rien
y fait ! L’étincelle
que l’on avait vu dans les yeux d’Emmanuel le temps de deux
albums, dans sa voix grave, ses mots doux, semble aujourd’hui s’amenuiser.
Manquerait plus qu’on le voit à la prochaine tournée
des enfoirées avec Renan Luce, et on aura compris qu’il est
perdu pour toujours… ;-). Pas évident de rester en haut de
l’affiche tout en restant à la
fois intègre et ingénieux…
La tendresse des fous comporte donc, outre les arrangements classieux,
de bien
belles chansons, qui se mêleront sans problème au répertoire
de Da Silva… Mais elles risquent de ne pas briller autant que Les Fêtes
foraines ou L’indécision, qui nous avaient touché profondément…
Allez ! Une petite faiblesse, rien de grave !
Myspace / Site du label
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Mike S.
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Laudanum - decades
2009 - 9 titres– 39'
Style : Electronica Rock / Cold wave
Label : Monopsone / Differ-ant
Note : 9/10
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Laudanum alias Matthieu Malon aurait –il mangé du lion ? A moins que son remix fait pour N.I.N lui ait donné envie de durcir (parfois) le ton ? Quoiqu’il en soit après l’expérience de Your place and time will be mine et sa pop électronique exemptée de guitares, Decades marque le retour de la six cordes dans l’univers de l’électronicien Orléanais – sans doute un retour vers l’identité propre de l’artiste. Matthieu Malon se recentre sur lui-même, abandonnant les collaborations (légions sur l’album précédent) excepté Poney Club responsable de tous les cuivres de l’album – et donnant parfois du souffle à la musique. Aidé par PE, metteur en son de toujours, Laudanum n’a jamais donné une telle profondeur de champs à sa musique et tout decades est fait de textures et de couches donnant un relief de paysages insondables à une musique déjà passionnante.
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Certains éléments vous font plonger dans une noirceur abyssale, d’autres vous élèvent d’une poussée vertigineuse et cela dans un même morceau (le final Birth school work of death, à vous dresser les poils et tout le reste). Dopamin aurait trouvé une juste place sur The Fragile de NIN, Bada bing s’embrase de manière aussi forte que Painfull de Sin. Pourtant, Laudanum n’a pas gommé les côtés pop/new wave de sa musique avec quelques gimmicks légers et une voix parfois vocodée. Il y ajoute même quelques accents mélancoliques de dandy désabusé ( we are not an open book aidé de quelques notes de piano). Alternant morceaux vifs ( losing focus) à d’autres à combustion lente, Laudanum prouve surtout – aux derniers rétifs - qu’une musique avec machines peut être incandescente. Ne passez pas à côté ! site
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Denis Z.
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Ladylike Dragons – Heart Burst
2009 – 13 titres – 38’48
Style : French Brit Rock
Label : Discograph
Note : 6/10
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l’Angleterre s’est toujours targué de lancer une nouvelle bombe rock à peu près chaque semaine relayée à grand renfort d’adjectifs flatteurs par le NME ou le Melody maker. Aujourd’hui, la France peut commencer à se vanter de la même façon. Preuve que le niveau hexagonal a augmenté et que la donne a changé. Voici donc Ladylike Dragons, un trio déjà encensé par la Presse, et qui est porteur des mêmes qualités et défauts que ses confrères britanniques. Soyons positifs, dans une formule ramassée, Ladylike Dragons balance des morceaux juteux sur des mélodies bien troussées. |
L’énergie est là dès Slavery (meilleur morceau du disque), le son compact et accrocheur aussi. Seulement voilà, il n’y a là aucune originalité particulière, aucune appropriation d’un genre à des visées personnelles ou décalage ou relecture. Heart burst égrène différentes manières de faire du rock à la sauce anglaise : les brûlots rock à la Libertines se transforment vite en train-train Pretenders ( Fuck off (a beautiful day)) ou en ron-ron Smiths-ien ( Not a love song). Comme si le poids de la tradition était trop fort pour que Ladylike Dragons tire son épingle du jeu. Bref, on part conquérant et rageur et on tombe dans une certaine banalité. Damn it ! myspace
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Denis Z.
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Loren Lopez - blue candy
2009 – 4 titres – 14'26
Style : Pop jazzy
Label : Universal Music Publishing
Note : 7,5/10
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On a pu dire ici tout le bien que l'on pensait de David Grumel, auteur avec Beaurivage d'un album d'une pop hors des modes et classieuse, à l'esprit proche de Bang Gang (qui en est d'ailleurs le producteur...comme quoi les grands esprits se rencontrent parfois). On est donc tout content de retrouver Grumel pour un autre projet musical où pourtant, il n'est pas sur le devant de la scène. Pour Loren Lopez, il est quand même claviériste, co-réalisateur et même co-auteur de Cache-pleurs. Dans Blue Candy, le casting est donc alléchant avec notamment Jerémy Rassat, autre mélodiste de talent, Fred Jimenez (bassiste d'AS Dragon), Sébastien Rambaud (batteur pour Jean-Louis Murat) et Stéphane "Alf" Briat au mixage. Mais la star de Loren Lopez, c'est Loren Lopez elle même, la chanteuse du projet. Une présence vocale à l'ancienne pour une jeune femme arrivée à la pop par le jazz. Et cela s'entend, il y a du Sarah Vaughan ou de Rosin Murphy, chanteuse de Moloko chez elle, sauf que Loren Lopez est bel et bien Française. Si le premier titre du EP est pour le moins anecdotique, British Attraction reprenant de manière volontaire toutes les figures imposées de la pop anglaise, les trois autres titres de cet EP placent Loren Lopez dans la case "pop jazzy" dans son acception la plus élégante et la plus recommandable.
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Les arrangements sont pour le moins chiadés, un vrai travail d'orfèvre sans idée ostentatoire que l'on pourrait qualifier de "trip hop charnel garantie sans électronique". Loren Lopez préfère le mellotron et le wurlitzer au MPC, ce qui n'est pas une qualité en soi mais qui traduit un certain état d'esprit. Avec cet EP, le groupe dépasse en tout cas le niveau "bel ouvrage" ou "jolie musique décorative" par une vision plus décadente et une certaine mise en danger. La romance est encore un peu sage (comme un Everything but the Girl années 80), les deux titres suivants voient la musique doucement dérivés vers un univers moins facilement cernable, plus ambigu, moins "bien comme il faut". Le plus doux des sofas en velours peut cacher quelques oursins derrière ses coussins. Il émane un fort sentiment de nostalgie sur Blue Candy (référence à Blue Velvet ?) mais celui s'exprime de manière aigre-douce, avec quelques sons Morriconien qui laissent poindre les prémisses de la tragédie. Sur Cache pleurs, la quiétude initiale s'est transformée en une tempête dans un boudoir pour un titre passionné où Loren Lopez lâche les furies. A ce moment là, nous sommes au niveau de Portishead, rien que ça ! On ressort donc de cet EP troublé là où on aurait pensé n'être que charmé. Un album est prévu en 2010. Tout comme un nouveau David Grumel. Vivement 2010. Myspace
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Denis Z.
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Kumisolo - my love for you is a cheap pop song
2009 – 14 titres – 43'
Style : synthé pop
Label : Active Suspension/ Abeille musique
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Note : 6,5/10
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On l'aime bien Kumi : pour l'avoir apprécié comme vocaliste invitée de .Nolderise, pour ses collaborations avec Domotic ou O.Lamm et pour surtout être 1/3 du trio Konki Duet, apportant les touches "fraîcheur" et "synthétique" à cet indispensable trio. Aujourd'hui, la Japonaise résidente parisienne sort un album solo qui lui ressemble. On pouvait s'y attendre, les aspects plus rock et musique de chambre présents chez Konki Duet et amené par les deux autres membres du groupe (Tamara, la Russe et Zoé, la Française) sont totalement absents du disque. My love for you is cheap pop song est un ode à la pop synthétique et aux mélodies acidulées. Un disque vraiment japonais (J-pop), ingénue et guilleret, aux mélodies sixties pour ne pas dire yé-yé,
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comme une tournée des karaokés et de discothèque pour enfants ( Dance music, house de cour d'école). On peut aimer les arrangements qui, comme le nom de l'album l'indique, sont cheap et pop (pour ne pas dire "poppy") et qui renvoie aux sonorités années 80 version Casio. On peut aussi y être réfractaire. Mais il faut reconnaître que le charme de ces chansonnettes né souvent de l'association de musiques gentillettes avec un chant d'amoureux solitaires un peu mélancoliques. Comme les états d'âme des adolescentes nippones (ou d'ailleurs). D'autant plus que l'univers de Kumi est moins lisse ou "jetable" que prévue. On peut parfois sortir avec la gueule de bois de ces sorties nocturnes ( Vodka) et puis une guitare peut tarauder le positivisme ambiant ( I know what boys like). Sacrée Kumi ! Site
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Denis Z.
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Boulbar – Requiem pour un champion…
2009 – 13 titres – 40’26
Style : Un disque noir
Label : Roy Musique/EMI
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Note : 9/10 |
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Bertrand
Boulbard,
pour son premier album, opte pour un album « concept », sorte
de scénario d’un film noir, plongé dans les méandres
de la vie d’un ancien boxeur de haut niveau… Boulbar nous plante
le décor dans un vieux snack bar d’autoroute, autour d’une
rencontre hasardeuse avec une star du ring tombée aussi vite qu’elle était
monté, désireux de se confier et raconter sa triste vie.
Parfois racontés, parfois chantés, les textes nous conduisent
dans une Mustang 67 de Jack Ramieri, tombé sous le charme de Lisa,
une belle starlette hollywoodienne, et filant à toute allure vers
sa perte.
La musique de ce Requiem pour un champion est le plus souvent un
piano qui suit la voix sombre et inquiétante de Boulbar. Elle s’additionne
de sonorité blue jazz, free jazz, emprunté aux années
60 ou 70, rock, chanson. Pas de frontiere pour Boulbar, juste des prétextes
pour exprimer un climat à chaque moment propice de l’histoire. Dans ses
moments les plus narratifs, on pense successivement à Mendelson (dont les musiciens ont été invité parmi d’autres à l’enregistrement),
Jean-François Coen, Christophe Miossec, Serge Gainsbourg…
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Bien que
conceptuel, l’album est d’une lisibilité rare, très
facile d’accès, se permettant même quelques singles en bon
et dues formes, Iron Jack, Cavale,..). On est littéralement collé aux
lèvres du narrateur pour connaître la fin de ce terrible destin.
Le storyboard de cet album a déjà fait l’objet d’une
adaptation BD par le même Boulbard et le dessinateur Vincent Gravé,
histoire de vous proposer l’album et la BD dans un même package,
si cela vous tente. Personnellement, j’attends le film maintenant…
Sur les traces de l’auteur d’un Requiem Pour un con, Bertrand Boulbar
nous un album en clair obscur rempli d’émotion. Un roadmovie captivant.
Site officiel / Myspace |
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Mike S.
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La Blanche - Imbécile heureux
2009 – 10 titres – 34’34
Style : Chanson
Label : L'Autre Distribution
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Note : 8.5/10 |
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Apres nous
avoir délecté deux années durant de sa prose au rythme
de ses newsletters drôles , ironiques et incisives, Eric La Blanche
est de retour avec Imbécile heureux, un nouvel album,
rempli d'oursins dans sa voix de velours.
Avec des titres que Je suis content, Effondrement ou Imbécile
heureux,
Eric semble décidé à rentrer dans le rang, et à voir
la vie du bon côté, coûte que coûte, proposant ainsi de jolie
balades, douces, bucoliques… La positive attitude de Jennifer en
quelque sorte ! Mais très vite, ses vieux démons ressurgissent,
et
Je renvoie, Un monsieur sans histoires ou Le forcené replace
La Blanche dans un contexte plus réaliste, fini le monde de Oui
Oui, on retrouve
des thèmes économiques et sociaux en phase avec notre temps,
sur fond de crise éco, de licenciement, de dépression nerveuse
et d ’égoïsme
galopant.
La Blanche,
tout en gardant, au long de cet album, une couleur chaude, à grands
renforts de cuivres et de cordes, risque ce décalage, ces petits
dérapages, ici et là, entre la musique et les mots !
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Et
jusqu’aux deux derniers titres : Je veux te revoir, qui entremêle
très justement Amour et Haine ; et Mon ennemi, plus sombre,
plus noir, guitare blues et banjo, sur fond de vengeance, de
représailles
mais aussi d'auto-analyse sur ce même thème "Amour v/s Haine",
deux sentiments qui vous font passer de l’Homme à l’Animal,
en un instant...
Ceux qui avaient déjà été sensibles à
l’humour décalé de La Blanche sur ses précédentes
productions (Michel Rocard, Disque d’or), vont découvrir avec Imbécile
Heureux, un artiste en perpétuelle évolution, que ce soit dans
l’approche musicale ou bien dans le traitement des thèmes. Une véritable
maturité. Ils découvriront aussi un album dont le vision se fera à double
foyer, tantot doux et joyeux, tantot amer et mélancolique.
Bien qu’ayant personnllement adoré le précédent album,
il me semble ce
nouvel
opus se place, encore, un cran au dessus !
Un album enregistré sous l’emprise de stimulants thymo-analeptiques
qui ne nous devrait pas laisser insensible ! Un tres bon cru !
Myspace
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Mike S.
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Les Tambours du Bronx – MMIX
2009 – 19 titres – 52’56
Style : Musique industrielle
Label : Athome
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Note : 7/10 |
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Quoi de plus
logique pour des métalleux du caisson que de fusionner avec l'Athome
? C’est en effet ce qui arrive aux Tambours
du Bronx, groupe mythique
de l’ère industrielle et leur milliers de bidons de fer martyrisés
depuis plus de deux décennies ! Il faut dire qu’avec la force
des musiciens, les dits-bidons ne tiennent pas plus d’un concert par
face. Et pour les amateurs d’art, ils sont peints par les musiciens
eux-mêmes et donnés aux spectateurs à l’issue
des spectacles. Ca pourrait faire son petit effet dans votre
salon, non ?…
Difficile aussi d’échapper à la notoriété de
ce groupe, qui s’immisce chaque soir dans votre boite à image
vers 20h sur Canal + (Générique des Guignols de l’info).
MMIX, signé chez Athome donc, maison de Mass Hysteria
, Lofofra et Aqme est une nouvelle expérimentation
sonore en 19 chapitres, et un nouveau voyage à travers les rythmes,
les tendances et les arts. Quoi que restant le son principal que
l’on
peut identifier, le « tambour » n’en est pas moins supplenté par
des ambiances, des atmosphères, discrètes mais insidieuses.
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Ces mêmes
atmosphères orientent de facto les esprits des auditeurs dans les
errements qui en résultent forcément. Aidé par leurs
titres évocateurs, Delirium, Extrême, Fever, Tempête,
No control, Cargo nous conduisent là où le groupe
souhaite nous amener. MMIX, c’est la toute puissance
des rythmes et des climats. Une expérience
qui n’a pas son égale dans l’ensemble de la création
artistique mondiale ! Même les Neubauten, adepte du style industriel,
recourent à la voix pour exprimer une sentiment ou une sensation.
Rien de cela, encore et toujours, pour les Tambours du Bronx. Et c’est
une production française !
Le nouveau spectacle, haut en couleurs, devrait suivre la sortie de l’album.
A ne pas manquer, si vous ne les avez jamais vu !
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Mike S.
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Bikini Machine - The Full album
2009 – 13 titres – 40'
Style : Garage 60 revisited
Label : Platinum records / Discograph
Note : 7/10
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Tiens, un nouvel album de Bikini Machine, la certitude de passer un bon moment. Avec ces vivifiants Rennais, on connaît la musique et on a déjà eu le grand frisson dans leurs musiques tourbillonnantes qui fait le lien spatio-temporel entre les Kinks, Nino Ferrer et Fat Boy Slim. Après Ian Caple producteur de Daily music cooking, c'est au tour notamment de Jon Spencer de se retrouver aux manettes ainsi que Jesper Reginal (Powersolo). Il faut dire que la notoriété de Bikini Machine va grandissante (le groupe a fait le tournée des grands festivals ces dernières années) et ce quatrième album ne manquera pas de leur faire franchir un nouveau palier.
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Plus rock' n roll que jamais, désormais plus américain que britannique dans les influences, Le groupe marquera des points avec le titre en forme de question existentielle Où vont les cons ? au psychédélisme emprunté à Pierre Henri, avec le garage électrique Boxbull of Pranks qui avance pied au plancher ou encore avec Strange Day qui, entre soul et rock, évoquera un certain tube d' Edwin Collins. Trois titres isolés ici parmi 13 qui forment au final un cocktail explosif. Myspace
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Denis Z.
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Kracooqas - Couleurs et visions décalées
2009 – 10 titres – 41’56
Style : Metal Fusion
Label : Mosaic Music
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Note : 5/10 |
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Ce groupe est originaire de la froide et grise région ardennaise… C’est très certainement pour ces raisons que le combo a décidé voilà 8 ans de se former et de se lancer dans une production musicale puissante, musclée et pleine de couleurs… Kracooqas est en effet l’antithèse complète de la tristesse, de la grisaille et ses rythmes développent une énergie, qui, canalisée, pourrait éclairer et chauffer pendant plusieurs mois les villes de Sedan et Charleville-Mézières… A réfléchir pour le prochain Grenelle de l’Environnement !
Couleurs et visions décalées débute sur une fusion mêlant habillement Hip et Métal, qui propose changement de rythme sur changement de rythme et même de style en fin de titre à la limite de l’indus et du grunge. Et comme son nom l’indique, l’album n’hésite pas à faire le grand écart, en passant du rock plus conventionnel (Scuzy), en début de titre, avant de s’aventurer sur des terres chères à Lofofora… Here we go…
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Couleurs, titre semi-éponyme de l’album, nous oriente vers un univers plus funky, plus groovy aussi. Peut-être moins passionnant, apportant malgré tout une variation sur la palette des couleurs du groupe. De quoi mettre encore un peu plus d’éclectisme dans leur musique et dans leurs spectacles… Et ce ne sont pas les autres titres, de Vision décalée à La toileIt's a joke qui contrediront l’impression de départ.
Vous l’aurez compris, Kracooqas ne s’enferme pas dans un style, ne s’accroche une étiquette dans le dos, ne fixe pas le métronome définitivement sur le même niveau. Au contraire, il se place tout azimut, pour ne jamais s’ennuyer et ne jamais ennuyer personne !
Si l’album semble ne pas donner au final une véritable âme au groupe et manque encore ici et là de maturité et de professionnalisme, il n’en demeure pas moins d’une grande efficacité !
Myspace
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Mike S.
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Kim - Mary Lee Doo
2009 – 10 titres – 37'
Style : Pop
Label : Vicious Circle / Discogpraph
Note : 7,5/10
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18 albums ! Qui dit mieux ! D'autant plus que Kim, l'auteur de ce quasi record, n'a que 31 ans. Le Bordelais ne fait pas de la musique pour la gloire mais par un amour irrépressible de la musique qui le pousse à produire et produire sans cesse. Mais la gloire ou en tout cas une certaine notoriété - soyons modeste - pourrait bien le rattraper avec Mary Lee doo, suite attendue de Don Lee Doo. Interviewé il y a quelques années à l'époque d'un facétieux Married on, Kim m'avait avoué son grand intérêt pour la musique de Phoenix. Eh bien, cher Kim, vous n'avez désormais rien à envier au groupe branché de Versailles, votre production utilise au mieux les moyens du bord et compense l'absence de Zdar, producteur de Phoenix, par une richesse musicale décuplée. Le single de My family est à ce titre réprésentatif de l'esprit général du Kim 2009 : des synthés conquérants et des cocottes de guitare plaquée or qui donnent tout de suite le ton et le niveau de cette nouvelle livraison marquée par les années 80 : un tube qui ne choisit pas entre new wave et funk blanc et que l'on écoute non sans une certain ravissement.Kim sort un album aguicheur mais parfaitement cintré :
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une subtile alliance qui joue avec le feu - et avec le mauvais goût - comme l'avait fait par exemple Zoot Woman. Mais Kim assume et y va à fond. Comme à chanter d'une voix de fausset et devenir une bête de sexe chantant ; comme à jouer les guitare héros sur un solo haut en couleur d'un autre age ; comme à ressortir quelques sons de synthés associés au Top 50. Le pire, c'est ça le fait et grave en plus. Fort de cette philosophie hédoniste et décomplexée, Kim propose une série de dix titres cohérents dans leur hétérogénéité. Il y a là du folk iconoclaste et guilleret faussement cheap sur le délicieux Solid Rock, une bulle psychélique sur No one is there, du hip hop old school sur Never come back 2u, de la pop californienne sur Solenn, du jazz swing sur Weblog miracle, de l'electro-funk sur Can you hear me this way ou Move on pour celui qui pourrait devenir le petit Prince de Bordeaux ...De toute façon, tout ça passe par la moulinette de la Kim touch, un procédé qui voit la pop en écran large et qui ne fait pas de distinction entre une ouverture grand public et une musicalité de chaque instinct. Kim a des doigts de fée et sa musique n'a jamais été aussi sensuelle. Avec lui, il n'y a pas de mal à se faire du bien. Myspace
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Denis Z.
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Mass Hystéria – Failles
2009 – 12 titres – 42’46
Style : Metal
Label : Athome
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Note : 3/10 |
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Le monde est
en feu. Et c’est sur ses cendres que Mass Hystéria semble planter
son nouvel album. World on Fire introduit donc le nouvel album d’un
groupe qui a bien failli passer l’arme à gauche il y a 3 ans
et c’est avec Une somme de détails que le groupe est revenu
en 2007, certainement le meilleur album du groupe depuis ses débuts.
Apres la résurrection, le groupe se devait de relancer la machine,
rependre des automatismes, réapprendre à marcher...
Si musicalement le groupe n’a rien perdu de sa fougue retrouvée,
c’est sur au niveau des lyrics qu'il semble à nouveau
se retrouver au point mort.
Alors si on fait abstraction des mots,
des rimes, et surtout des idées, on peut passer un relatif bon moment à l’écoute
de ce nouvel album surpuissant sans conteste !. Par contre, si
l’on
espère
trouver une relève à Babylone, Killing The Hype ou
encore au monumental Briller pour toi, on risque fort bien d’en être
pour ses frais. La rime est pauvre, les idées futiles au mieux, pro
capitaliste au pire ("Ne laissez pas la haine du système
s’exprimer…"). |
Assez difficile à digérer.
Les auteurs de Furia auraient ils perdu le Nord, préférant
pratiquer la tendance plutôt que de relancer l’assaut anticonformiste
? Perdus dans l’Archipel de leurs pensées ?
Alors, on balaie encore et encore les titres de l’album, on fait un
tour, deux tours, trois tours, dans l’infime espoir d’y trouver
une lueur, une étincelle, mais rien n’y fait, Le magnétisme
des sentiments, Respirer, Comme on danse, nous entraînent peu à peu
au 4e sous-sols ! Ah, si, tout de même, un titre échappe à la
critique, Get High, rageur, et un brin atypique. Et pour cause,
c’est
l’unique
titre en anglais de cet album…
Alors Sautez, hurlez, dansez tant
que vous voulez… mais voyez comme on s’ennuie !!
Apres l’impressionnant Une Somme de Détails en 2007, Failles paraît bien fade ! On peut juste espérer que le groupe parviendra à défendre
au mieux ses nouveaux titres sur scène…
Site
officiel
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Mike S.
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Didier Super - La merde des autres
2009 – 17 titres – 31’07
Style : Louffoquerie
Label : Label Maison / Pias
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Note : entre 1 et 10... |
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Didier Super
n’a rien d’un artiste conventionnel. et encore moins commercial
! Et son nouvel album confirme, si nécessaire, qu’il n’a
pas de pareil dans l’univers
musical français.
Véritable One Man Show sur scène (même s’il est
accompagné de musiciens), Didier Super amuse la galerie avec ses
chansons drôles et incisives, utilisant l’actualité comme
terrain de jeux des plus fertiles.
Pour sa nouvelle production, élégamment appelé « La
merde des autres », Didier Super s’offre le loisir de
reprendre
Très Très librement les chansons des autres. Le répertoire
choisi va de Léonard Cohen à Claude François, des Beatles à Julien
Clair… Didier n’a pas peur du ridicule, vu que c’est carrément
son fond de commerce. Du coup, il peut reprendre Nuit de Folie, Lemon
incest ou T’en
vas pas, sans s’inquiéter du qu’en dira t’on.
Il espère d’ailleurs qu’on en dira quelque chose…
Pour mettre son show en scène, Didier Super se transforme en clown
introduisant chaque titre avec une blague ou un indice sur la chanson
suivant. Les reprises en question ne sont en fait que des prétextes.
Car Didier Super s’offre
des adaptations des plus libre, des versions punk, raggae, fusion,
parfois folk, mais jamais jamais sérieux !
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Difficile
d’écouter l’album dans son intégralité.
Plutôt indigeste. Par contre, prise indépendamment, chaque
chanson est un Grand moment d’hilarité et de loufoquerie
! A l’instar de cette Nuit de Folie, sur des rythmes de RATM… Totalement
D.E.L.I.R.A.N.T ! Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises,
tout au long de cet album, qui n’en manque pas.
On notera par contre deux reprises de Johnny Hallyday, Que je
t’aime ou J’ai oublié de vivre, pour lesquelles,
Didier
Super, sans redevenir
académique, n’en reste pas moins respectueux, ne les égratiniant
qu'à peine.
Aurait-on
surpris
un fan refoulé de celui que certains appellent encore l’idole des
jeunes ? ;-)
Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’en ces moments de crises économiques
et de cataclysmes écologiques et humanitaires planétaires, Didier
Super
nous
offre
une
bouffée
d’oxygène
inespérée ! Merci, c'est Super !
www.didiersuper.com
(à noter que Didier offre son précédent album, Ben quoi,
en téléchargement libre, sur son site...)
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Mike S.
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Jean-Louis Murat – Le cours ordinaire des choses
2009 – 11 titres - 49’18
Style : Chanson
Label : V2/Universal
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Note : 8.5/10 |
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On voit passer les albums de Murat comme on voit les saisons changer. Avec la régularité d’un métronome, Murat nous convie à découvrir ses nouvelles chansons, ses nouvelles humeurs. Juste que Murat n’a qu’une seule saison, l’automne, encore et encore, à quelques exception près. Et ce n’est pas Le cours ordinaire des choses qui va tout bouleverser. Ce ne serait plus Murat d’ailleurs !
Le cours ordinaire des choses débute pourtant sur des rythmes depuis longtemps oubliés de Murat, avec Comme un incendie, titre au refrain entêtant et aux guitares dévergondées. Vraiment pas mal. M Maudit nous entraîne une fois encore dans des rythmes pleins d’entrain, quoi que moins passionnant. Cela fera peut-être un bon single, avec ses quelques solo de guitare en sus. Il en sera peut-être de même avec 16h00 Qu'est que tu fais ?.
Mais sur cet album, Murat retrouve surtout ses vieux réflexes avec une ballade au refrain en anglais et aux chœurs « cohenniens »… (Falling in Love Again). Et c’est bien dans ces ballades, que Murat reste le plus convainquant, et avec les titres à suivre, Chanter est ma façon d’aimer, Lady Orcival, Ginette Ramade ou Taïga, Murat nous conquièrent une fois de plus.
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On écoute sans retenue, on se surprend aussi à aller lire, puis chanter les paroles du livret. Voilà un bon cru 2009 pour Jean-Louis Murat !
En fin d’album, Murastango se rappelle à notre bon souvenir et nous offre une ballade country (Comme un cowboy) à l’âme fresh.
Si Murat ne s’inquiète jamais de savoir s’il risque de passionner ou d’ennuyer son auditoire – étant sans doute déjà parti écrire la suite du Cours ordinaire des choses, il n’empêche qu’il parvient ici encore à nous offrir un album à la fois riche, subtile et divertissant. Ce doit être cela qu’on appelle le talent. En contrepied totale avec ses rares apparitions télévisées ;-)
Murat signe ici un des ses albums les plus accessibles.
Daily Motion / Site officiel
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Mike S.
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Les Malpolis - This machine kills fingers
2009 – 13 titres – 55’21
Style : Chanson contestataire
Label : Willing Productions
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Note : 7/10
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Un peu d’humour dans un monde en crise ? Méfiez-vous, les malpolis ne sont pas que des drôlatres prêt à tout pour faire un jeu de mot. Leur humour est plutôt aiguisé, grinçant, piquant, et leurs petites histoires sont autant d’occasion de pointer du doigt des injustices, des manœuvres politiques, des abus de pouvoir… Crier, résister, se révolter, faire de vrai coups de gueule, tout, mais pas se taire, tel est leur crédo.
C’est en live que le groupe propose ce nouvel enregistrement, avec de vrais applaudissements et de vrais éclats de rire. On n’est pas dans une Site Com ici !
Le groupe nous plonge dans des petites tranches de vie, comme celle d’Honoré, atteint de la maladie d’Alzheimer, dans des zones de non droit, comme celles de Banquiers… Le groupe passe en revue les grands maux de la société de la crise du lait à l’altermondialisme, de la hausse des prix à la baisse du pouvoir d’achat.
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On apprend à ce sujet qu’il ne faut plus dire « hausse de salaire » mais « heure supplémentaire »…
Pour mettre en musique ses textes grinçants, les Malpolis, à la maniere des fatals picards, parodient quelques grands noms de la chanson, de Grand Corps Malade à Zebda.
Dans la veine des Wriggles, de Didier Super, de Presque Oui, Les Malpolis se sont fait une place de choix sur la scène des Troubadours qui arpentent les scènes de France, avec leurs 4 albums, dont le dernier produit par Theo Hakola…
Cette version live marque une étape dans le groupe. This machine kills fingers est un VRAI bon moment de détente !
Site officiel / Site officiel
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Mike S.
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Soma - Soma EP
2009 – 5 titres – 18’08
Style : Rock n Roll
Label : Jive Epic / Sony music
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Note : 9/10 |
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Depuis 20 ou 30 ans, les français s’essaient à une musique internationale qui dépasserait les étroites frontières de l’Hexagone. Sur le champ de la Pop, on a eu quelques succès avec Air et Tahiti 80. Sur le plan de l’electro, c’est déjà pari gagné avec Daft Punk ou Justice. Sur la scene Rock, le resultat reste assez mitigé. Phoenix, The Film ou Hushpuppies s’offrent quelques premiers succès d’estime, mais le vrai son anglais, façon Supergrass, Bloc Party, Placebo n’avait pas encore été tout à fait domestiqué, un accent trop marqué ici, un son trop poussif là, un grain de folie en moins ici, une guitare trop flegmatique là.
Avec ce premier essai de Soma, un simple petit EP de 5 titres, et on entre aussitôt dans la cour des grands. Aucun défaut à lister. Les refrains et des mélodies sont riches et efficaces.
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La production est vraiment à la hauteur (signé par Dave Sardy, producteur d’Oasis, RATM, Ting Tings, Hot Hot Heat, Cold War Kids…). J’en connais qui ont cassé leur tirelire ! La voix a quelque chose aussi de très anglo-saxonne, à la Franz Ferdinand ou Razorlight. Soma c’est aussi un bon son de guitare, un peu vintage et une belle vitalité dans les rythmes.
Soma parle déjà d’un album qui devrait suivre, et déjà, on se met à croire qu’enfin un groupe français va pouvoir assurer les têtes d’affiche de Glastonbury ou de Reading, au coté de Blur, de Babyshambles et autre White Stripes ! On n’en est pas là bien sûr, mais pourtant, avec ce premier EP, on a avec Soma de bons atouts !
Un EP tres prometteur ! On attend l’album maintenant pour mettre un 10/10 ! ;-)
Myspace / Site officiel
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Mike S.
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Chicros - radio transmission
2009 – 19 titres – 36'23
Style : Radio Chicros
Label : Chicrodelic / Discogpraph
Note : 7/10
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Los Chicros a perdu son article mais pas son envie de brouiller les pistes et de miser sur tous les tableaux. Groupe élitiste (participation sur la BO -et en chair en os dans le film ! - de "la Question humaine"), international (des titres entendues dans Grey's anatomy), populaire (avec des tubes en bétons armés), on ne se sait plus très bien. Tout comme la bannière musicale derrière on peut les mettre : rock-hippie-psyché-électro-pop ? Qui sait ? Après un premier opus brillant, nos barbus reviennent avec un concept amusant, témoignant de leur ouverture d'esprit : Chicros est désormais une radio à lui tout seul. Radio transmission s'écoute comme une tranche de programmes radios avec même des jingles disséminés tout au long de l'album. Comme au bon vieux temps des radios américaines des années 50 à 70 qui ont permis de faire découvrir les nouveaux talents. Chicros serait-il nostalgique (d'une époque que ni eux, ni moi n'avons connu) ?
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Peut-être mais plutôt que s'appesantir, les Français préfèrent s'amuser et sortir un album débridé et décomplexé. Le groupe propose une musique plus variée que jamais : on a donc droit aux genres initiaux mais aussi à du Doo wap ( Why ?), le krautrock ( If you leave me, leave me running), du rock chrétien, du hip hop ( Big daddy pimp jr, influencé par les Beastie Boys)...Et dans tous ces genres, Chicros est crédible. Le groupe joue les zappeurs avec pas moins de 19 morceaux en 36' certains ne durant que quelques secondes. Une petite friandise qui accouche en plus de bons morceaux : le pop californien What's new on TV ?, la reprise des Dead Kennedys, Straight A's, où les guitares ont été remplacées par des Bontempi ; Without you, délicieux titre pop sauce motown en duo avec Brisa Roché. Radiotransmission s'écoute avec beaucoup de plaisir le sourire aux lèvres -ce qui est précieux - mais on ne s'attache pas vraiment à cette exercice de style en forme de compilation. Le concept est à la fois le point fort et le point faible du disque. Myspace
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Denis Z.
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Reza - Moonless
2009 – 10 titres – 35’17
Style : folk / pop
Label : French Toast / Anticraft
Note : 7/10
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Un peu paradoxalement, Reza Hatami est un musicien né en Orient (en Iran) mais qui ne rêve que des grands espaces de l'Ouest. Avec des musiciens parfaitement choisis (Boris Kohlmayer alias Lauter à la guitare ; Pierre-Jean Grappin, ex Holden, à la batterie et Gonzague Octaville à la contrebasse), il sort un deuxième album qui sent la poussière , le désert et les cactus. Reza est donc désormais un vrai groupe de pop-folk qui n'a rien à envier à ses homologues d'Outre-Atlantique. Moonless est plus homogène que son prédécesseur Broken Kite. Deux titres plus pop, l’enlevé The Letter et le mélodique Grey Window rappellent que Reza Hatami est fan des Go-Betweens et des Smiths. Pour le reste, tout ce tient et s’apparente à une balade nocturne dans des grands espaces des Etats-Unis. Il n’est pas surprenant qu’il ait trouvé sur sa route H-Burns, un autre amoureux de folk américain, pour un duo pur jus ( Desertland). Bien fait et bien écrit, parfaitement mis en son par Stéphane Garry alias Pokett, Moonless souffre peut-être d’être un peu trop sage. Reza ne nous trompe pas sur la marchandise et d’ailleurs, Comme son nom l'indique, son album est à écouter par une nuit sans lune. Myspace
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REZA en itw et session acoustique dans NEXT
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Denis Z.
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Tapetto traci - Neurula
2009 – 6 titres + 1– 49’27
Style : Nu Jazz / rock
Label : A tant rêver du Roi
Note : 6,5 /10
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Voilà un groupe qui se présente simplement : « Tapetto traci joue : de la guitare, de la basse, de la batterie, du saxophone ténor et alto ». Les individualités s’effacent derrière les instruments, qui eux mêmes deviennent matière. La particularité de ce groupe de Pau réside bel et bien dans ses deux saxos. Sans eux, Tapetto Traci serait un groupe math rock ou post-hardcore. Avec eux, tout change. Le trio guitare-basse-batterie continue de bloquer son auditoire dans un tortueux labyrinthe mais avec les deux instruments, parfois ensemble, parfois séparés, chaque morceau prend une coloration jazz voire ethnique. Tapetto Traci dé-sature d’un cran la musique (il n’y a qu’une seule guitare et elle a un son plutôt clair) et prend une orientation moins cernable. Dans ce mélange étonnant des genres, les Français se rapprochent de The Ex ou de l’esprit Crammed disc. Ce n’est pas encore Taraf de Haidouk mais il y a là une même effervescence qui peut-être un peu fatigante à la longue. Paradoxalement, c’est sur son morceau le plus long que Tapetto Traci convainc : Magbarat alzoar utilise ses 14’ pour faire varier les plaisirs et les atmosphères et nous faire passer de Primus à de la musique orientaliste, d’une attente presque sereine à un sentiment de panique. Plus planant, le ghost track en bonus offre une orientation différente et moins systématique à laquelle Tapetto Traci pourrait s’inspirer pour la suite. Neurula est en tout cas un album qui ne peut laisser personne indifférent. Site
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Denis Z.
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Coming soon - Ghost train tragedy
2009 - 15 titres– 55'
Style : rock/folk
Label : Kitchen music / EMI
Note : 8/10
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Petit aveu. Quand j'avais reçu, il y a de ça quelques années, le premier 45Tours de Coming Soon (The Escort EP), regardant trop rapidement l'objet, je croyais avoir affaire à un groupe américain. Continuant sur ma lancée, écoutant la musique, ma première réflexion fut "ah ! Les baby rockers made in USA, c'est quand même autre chose que nos petits c... made in Paris". Une erreur géographique certes mais qui en dit long sur ces Coming Soon, vrais gars d'Annecy, pur talent, qui au blind test ralliaient tous les suffrages. Le succès et la notoriété plus tard (avec quand même une collaboration avec Kimya Dawson sur la BO de "Juno"), le groupe revient avec Ghost train tragedy, un album d'où l'on n'a que faire du jeune âge des membres du groupe et de sa provenance et où seule la musique a droit de citer.
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Ghost train tragedy est donc un album de vieux briscards du genre connaissant leurs abécédaires de la bonne chanson maîtrisée par coeur mais ajoutant sans cesse une malice derrière et un vrai talent de conteur. Rock, bluesy, folk, western, Coming Soon réussit tout ce qu'il touche dans un pourtant long - et donc casse-gueule - album. Pas de sentiment de trop plein au contraire mais des moments délicieux. Comme un Manners & education racontant une histoire virile les pieds dans la terre mais avec magie Burton-ienne. Ou un Steel wire à la guitare solitaire Pixies. Ou encore la jolie sérénade country Weather changes. Pas la peine d'égrainer les 15 titres de Ghost train tragedy, tout force le respect. Avec son 2e album, Coming Soon est d'ores et déjà arrivé dans la cour des grands. myspace
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Denis Z.
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Silvain Vanot – Bethesda
2009 – 11 titres – 44’54
Style : Pop Rock
Label : Megaphone/Cooperative Music
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Note : 8.5/10
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Silvain Vanot est un petit peu l’éternel outsider, dans l’ombre de Jean-Louis Murat, de Miossec ou même d’Alain Souchon, dont il partage un peu le même timbre de voix et des textes poétiques un peu cynique parfois. Compositeur, il avait mis sa carriere discographique de côté, pour mettre en musique des films de Jean-Marc Moutout (La Fabrique de sentiments ) ou Henri François Imbert ( Le Temps des amoureux ). On se souvient pourtant de grands moments de Vanot, d’ Egérie en 1997 - enregistré à Nashville par Robb Earls (Lambchop) – ou Sur des arbres en 1994 et la participation de Dominique A (un autre rameur à contre courant…).
N’attendez pas de révolution avec ce retour inespéré de Silvain aux affaires… Bethesda livre un album de la même sensibilité et la même fébrilité que ses prédécesseurs. On découvre donc simplement 11 nouvelles chansons aux couleurs mélancoliques. O mon tour confirme, si nécessaire, cette impression d’outsider qui cherche en vain d’arriver en haut de l’affiche… Pourtant Silvain ne démérite pas. Les Cloches de l’amour, par exemple, livre une page de poésie digne de Ronsard. |
Le mouton à trois têtes sort même les guitares et les distorsions, comme à la grande époque de Sur des arbres. On (re-)sent alors les influences anglosaxonnes qui l’ont guidé depuis longtemps (de Guy Chadwick à Sonic Youth). Et toujours cette patte Vanot, ce sens de l’orchestration, d’un panel d’instruments impressionnants (Sitar, metalophone, clarinette basse, contralto, harmonium). Autre petite marque de fabrique, comme il l’avait fait avec Belly (Judas My Heart), Silvain Vanot se lance dans l’adaptation d’un titre écrit par Eden Ahbez dans les années 40 et interprété originellement par Nat King Cole : Nature Boy rebaptisé Etrange garçon, en milieu d’album, se révèle être une pièce maitresse de l’album, deux petites minutes pleines de « charme et de mystère ». En fin d’album, aussi, Vanot montre qu’il est capable de légèreté, multipliant les mots d’humour sur un tango langoureux (Implacable).
Pour les amateurs, le livret, d’une belle sobriété, reprend les textes dans leur intégralité.
La traduction littérale du titre (en Hebreux, ‘Maison de la grâce’) traduit sans ambigüité la douceur et la beauté des chansons que Silvain Vanot vient d’enregistrer pour ce nouvel album. Espérons maintenant qu’il atteindra ici cet état de grâce tant attendu.
Site officiel / Myspace
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Mike S.
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Nao – Picture This if you will…
2009 – 11 titres – 60’39
Style : Ambiant
Label : 7lakes
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Note : 7/10 |
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Electronica,
le mot est lâché pour définir la musique de Nao,
auteur d’un premier long format.
Baptisé Picture This if you will… ,
ce disque propose une douzaine de compositions eletro ambiant inspirées
par quelques écoutes prolongée de Zenzile, Ezekiel et autres
Aphex Twin.
La musique de Nao a quelque chose de
terriblement envoûtant, voir
carrément hypnotique. Principalement instrumentale, elle n’est
sûrement pas faite pour être écoutée d’une
oreille distraite, ou alors juste en musique de fond dans une soirée
cool entre amis. Mais la musique de Nao mérite plus, elle se doit
d’être
appréciée dans les meilleures conditions, un bon bouquin de
Masterton ou de Philip K Dick dans une main, un Château Margaux dans
l’autre. De quoi frissonner par tous les sens… (J’ai d’ailleurs
beaucoup pensé à l’atmosphère de Blade Runner en écouter ce disque.)
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On note
deux guests sur cet: la flûte de Marine Thibault alias Cat’s
Eye, flûtiste de Wax Tailor à ses heures et la
chanteuse du groupe Somadaya, Anouk, sur le titre Century's
Knight (leur
nouvel
album My Lady of Pain, sortant parallèlement). Si la seconde
dénature
quelque peu le travail d’ensemble de l’album, la flûte
sur Uusi par exemple donne un résultat impeccable, totalement
dans la ligne générale ouatée de cet
album, qui s’offre d’ailleurs parfois quelques débordements,
petits sursaut au milieu du rêve que nous compte ce musicien des
temps modernes. A noter d’ailleurs qu’à l’exception
des guests sus-cités, Nao, alias Pierre André Perrin, a
composé, enregistré et mixé seul les 11 titres que
comporte cet album.
Une prouesse technique d'autant plus que remarquable que le résultat
est sans faille !
Un album sombre et fascinant !
Myspace
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Mike S.
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Spraggy - Sunshine Country
2009 – 9 titres - 32’26
Style : Reggae & Dub
Label : Believe
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Note : 8/10 |
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Pas le temps de se retourner, le soleil est déjà loin à l’horizon, ou même totalement disparu. Il est donc temps de revenir à des méthodes plus artificielles qui devraient malgré tout vous apporter votre dose de mélamine et avoir un bon effet anti-dépresseur… Pour cela, je vous prescris l’écoute de Sunshine Country, un album sous le signe du reggaeet du Trip Hop. A l’image de ce troublant Bingui Man a come.
Spraggy, originaire de la Dominique, petite île des Antilles françaises, ne s’enferme pas définitivement dans un registre ou dans un autre. Il ouvre, titre après titre, Living in the city, par exemple, nous offre un titre hybride, sans véritable étiquette, une sorte de Dub sombre slamé chanté.
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Au-delà de l’aspect musical de cet album, Sunshine Country livre quelques textes engagés ou orientés (Forward to Africa, Them fighting war, Wanna be free…).
Quoique véritablement influencé par Peter Tosh et Bob Marley, Spraggy nous démontre que le reggae n’est pas un genre en soi, et qu’il peut se mêler à d’autres rythmes, d’autres essences et élargir les frontieres de ses aficionados.
Du soleil dans vos oreilles pour tout l’hiver.
My Space / Site de Believe
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Mike S.
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La Corda – Progress No Progress
2009 – 12 titres – 48’57
Style : Cold Rock…
Label : T-Rec
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Note : 9/10 |
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Progress No Progress est le premier effort d’un groupe issu d’une scène rennaise toujours aussi avancée sur son temps ! La Corda nous offre en effet une musique sculptée à même la matière brute qui se transforme progressivement en un velours des plus soyeux. Mélange d’influences sombres de Mazzy Star à Sigur Ros, de Cocteau Twins à Mark Hollis, La Corda élabore son propre style en multipliant les silences, en allongeant les mélodies, en ajoutant sans cesse de la tension aux climats apaisés de sa musique. Guitares et cordes à la fois discrètes et cinglantes, rythmes progressifs, La Corda ne s’interdit pas non plus des passages remarqués dans des territoires Post-Rock de quelques Mogwaii ou autres Labradford. C’est dans les voix que le groupe apporte sa plus grande part d’émotion.
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A la manière des Sigur Ros, les textes n’ont que peu d’importance, c’est l’interprétation qui, par sa douceur et sa discrétion, apporte une sensibilité et une atmosphère fabuleuse à un album digne des plus belles productions internationales sorties ces dernières années sur la planète indé. On avait pu entendre la voix de leur chanteuse, Kate, sur un titre de Chapi Chapo en début d’année, Early Brid.
Progress No Progress est un album qui semble peut-être difficile à apprivoiser. Il demande en effet de nombreuses écoutes et réécoutes pour en extraire tout le nectar de son fruit. Mais c’est au final, « In Progress », qu’il faut lire le titre de cet album qui vous demandera un effort plus important pour n’en apprécier que mieux l’ensemble de ses couleurs, de ses nuances.
My Space
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Mike S.
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Tue Loup + Rom Liteau + Thomas Belhom - Le Gout du Bonbon
2009 – 11 titres – 51’25
Style : Folk…
Label : T-Rec
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Note : 8/10 |
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Des cordes électriques dissonantes, des balais qui effleurent une batterie, une guitare rythmique et une voix froide qui prennent le relais, voici planté le décor du nouvel album d’un combo attendu de longue date. Xavier Plumas et ses Tue Loup invitent le temps d’un projet hors norme – et juste après un projet solo – de nouveaux convives à leur table. Si Rom Liteau – slamer – est peu connu sur la scene rock, il n’en est pas moins un habitué de la meute. Par contre, on ne compte plus les projets de Thomas Belhom, sur tous les fronts, que ce soit de l’autre coté de l’atlantique avec la bande de Tucson ou de ce coté avec Tindersticks, Nestor is Bianca, Red, David Grubbs…
Tout en gardant la couleur habituelle des productions de Xavier Plumas, Le Gout du Bonbon propose un univers plus froid, plus incisif, avec des textes déversés sur le pavé, sans ménagement, pour deux voix qui échangent et s’entremêlent, le tout soutenu par deux batteries qui alternent douceur et tempête.
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Le résultat est assez proche des débuts regrettés de Tanger, que ce soit par cette atmosphère asphyxiante, ou la richesse générale de l’orchestration, en passant par la poésie des mots.
Avec ce nouvel album, Tue Loup relance sa discographie quelque peu maussade ces derniers temps, et pourtant déjà bien secouée par l’étonnant album solo de Xavier Plumas.
Le Gout du Bonbonnous redonne surtout le gout de belles chansons de Tue-Loup, agréments de nouveaux climats plus denses. Une belle démonstration de ce que la chanson française peut encore apporter comme surprise.
My Space / Label
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Mike S.
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Emmanuel Tugny - So
2009 – 14 titres – 41'
Style : chanson-pop
Label : Laurelipop / Socadisc
Note : 7/10
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La bio d'Emmanuel Tugny ne ressemble pas vraiment à la plupart de ses confrères chanteurs. Peut-être car Tugny vit au Brésil, peut-être car il y est diplomate, peut-être car il est aussi écrivain et a publié une vingtaine d'ouvrages. Le Tugny qui nous intéresse est surtout chanteur musicien pour d'autres et pour son groupe Molypop et pour lui-même. A se demander si pour lui les journées ne font pas plus que 24 h ! Cette double casquette (écrivain - auteur compositeur) le rapprochera tout naturellement de Yves Simon et au final pas seulement pour cette double activité parallèle : Tugny a cette même manière de chanter à la limite de la parole mais avec des accents très doux, comme le faisait justement Yves Simon. Par ailleurs, il est bel et bien positionné entre une culture musicale française et des racines anglo-saxonnes. Comme Gainsbourg dans le temps, comme , Benjamin Biolay, Svensson ou My Concubine aujourd'hui. Avec ce dernier, So a le point commun d'associer souvent une voix féminine en jolie contrepoint de Tugny (comme Gainsbourg et ses dames, d'ailleurs).
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Dans So, il y a trois reprises : I want you de Bob Dylan, Il est trop tard de Georges Moustaki et Save the last dance for me, classique notamment interprété par Jerry Lee Lewis...et cela ne pose aucun problème. Tugny a un univers hybride et en même temps personnel avec des titres en français et en anglais. Tugny peut passer allègrement de Crève, rock sombre et nihiliste (limite ambiance Béruriers Noirs), à un titre de nature musicale bucolique Il est trop tard (avec un texte mélancolique quand même). Chaque chanson en soi révèle une profondeur de champs où des éléments en filigrane démontrent la richesse d'écriture musicale. Cela va d'un fond psyché (avec oud et sitar sur les quatre jeudi et sur Slippin n' slidin) à une rythmique à la guitare électrique chipée sur A Forest de Cure sur l'excellent Poupée dont, pop tendance ligne claire. Les arrangements sont chiadés comme le prouve le nonchalant So avec violoncelle, trompette, chorale impressionniste donnant une petite touche jazz au morceau. Ou encore I feel you et sa trame musique de chambre sur laquelle des guitares menaçantes font des circonvolutions au dessus de nos têtes. Bon album assurément. Myspace
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Denis Z.
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Cheap Star - speaking like an elephant
2009 – 10 titres – 34'
Style : power pop
Label : Z&Zoé records
Note : 7,5/10
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Les Parisiens de Cheap Star ont le mérite d'annoncer la couleur avec leur nom. Contraction de Cheap Trick et de Big Star, Cheap Star se rapproche en fait plus du second que du premier - les Français n'étant pas adeptes de la guitare 18 cordes comme ces fêlés de Cheap trick ! Dès les premières notes de For saving grace, on a compris de quoi il en retourne, nous sommes bel et bien dans un album power pop dans la plus pure tradition américaine. Efficace, filant droit avec des mélodies accrocheuses, des choeurs "sunshine" et des guitares Byrds-iennes. Cette non-originalité dessert un peu le propos (de Big Star à Teenage Fan Club en passant par nos Tahiti 80). En tout cas en début d'écoute, car Cheap Star marque des points petit à petit, chaque morceau dessinant les contours d'un vrai bon groupe. A la possible berceuse sugar & candy (plage 3), on se dit que c'est quand même bien ; à Speaking like a elephant (plage 6) et sa distorsion frondeuse, on se dit que c'est même très bien et quand on referme le disque sur l'irresistible Louder,
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on a totalement adopté Cheap Star ...et on s'empresse de réécouter le disque. Eh oui, ça se passe comme ça avec Cheap Star, un groupe qui vous cueille et supplante toute réflexion intellectuelle que l'on pourrait avoir à leur endroit. Après tout, toute la crédibilité de The La's tient encore 15 ans après sur un seul There she goes, alors qu'ici il y a bel et bien onze titres d'une qualité équivalente voire supérieure (petit bémol pour les gros sabots de Make you cry). Jon Auer et Ken Stringfellow (The Posies quand même !) ne s'y sont pas trompés, produisant l'album des petits Français et jouant ça et là de claviers, mellotron, guitare ou choeurs. En d'autres temps et en d'autres lieux, Speaking like en elephant aurait trusté les charts. Aujourd'hui, l'album sort sur un petit label de Auch (qui a du flair) et qui n'a pas encore de distribution nationale. Sale temps pour la bonne musique... Myspace
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Denis Z.
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Heartbreak Hotel - Snake eyes
2009 – 11 titres – 27'
Style : Country folk western
Label : BTR / Discograph
Note : 6,5/10
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Derrière ce projet et ce nom en hommage à un standard d'Elvis Prestley, se trouvent Yarol Poupaud (FFF, Mud) et Nikola Ancin (Hellboys). Le duo veut ici renouer avec les racines américaines du rock, c'est-à-dire une country folk western, quelque part ce qui s’est justement passé avant l’avènement de Prestley et du Rock’n Roll. Il n’est absolument pas étonnant que ce disque ait inspiré des réalisateurs de clip - ce qui nous vaut au passage un DVD bonus ! Snake eyes fait naitre des images à son écoute, ce qui est un peu normal quand on s'attaque à une certaine vision d'une Amérique mythique d'espaces arides, de musiciens itinérants et de bouges malfamées. The day the rain came down, plus rock'n roll, serait la BO idéale pour une virée nocturne dans un film de Lynch. Pour le reste, on n'est plutôt dans une imagerie noir et Blanc de la Grande Dépression ou dans une vision d’un sud cajun tendance « Délivrance ». Dans son ensemble, Heartbreak Hotel se réclame de Hank Williams et de Woody Guthrie et emboite le pas de ces géants avec beaucoup d'humilité et de respect.
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Folk, country, western, blues et aucunement de mise à jour du genre ou de "modernisation" de l'esprit initial : les arrangements sont pris dans leur jus avec de l'harmonica et du lapsteel (en étant pointilleux, Yarol s'octroie quand même l'emploi d'un wurlitzer). Par rapport aux années 30-40, ce qui change c'est justement le regard et le poids de l'Histoire qui nous fait forcément appréhender différemment cette musique : nous ne sommes plus dans la réalité mais dans la légende de l’Ouest américain et dans notre époque faîte de concessions commerciales et de strates d'influences compilées les unes sur les autres, une telle démarche puriste force le respect. Yarol et Nikola se font plaisir avant tout et cela s'entend. Peut-être aurions nous espéré de leur part un petit peu plus de risques - même si les Français choisissent de s'exprimer par deux fois en Français, une adaptation de cet esprit pionnier réussie. Mais ces chansons roots tiennent en soi la route. Alors ne boudons pas notre plaisir et take the road !
Myspace
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Denis Z.
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Yeti Lane - Yeti Lane
2009 – 10 titres – 41’13
Style : Folk Rock
Label : Clapping Music
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Note : 8/10 |
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Sous ses faux airs flegmatiques, la musique de Yeti Lane révèle vite son vrai visage, plus agité. C’est d’autant plus surprenant quand on sait que Yeti Lane a été construit sur les cendres encore chaude de Cyann & Ben, un groupe plus propice à la méditation qu’à l’animation d’un meeting sportif.
Quoi que conservant une base identique, claviers vintage et guitares électriques, Yeti Lane propose dix pop songs sous tension, élaborées de concert par le trio, laissant à Ben (ex…) le soin d’y ajouter ses mots, dans un anglais soutenu, imagé, poétique même (From my veins to your heart, I’m close to the edge but nothing is changing), évoquant des thèmes aussi variés que la vie, l’amour, la religion, la solitude…
La musique est parfois douce, parfois tendue, elle s’illumine dans la pénombre le temps de quelques trompettes, d’un rythme plus cadencée.
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Mais à chaque fois, le groupe se fait un point d’honneur à créer une mélodie originale, un climat singulier, dans une harmonie générale que le groupe emprunte à des Velvet Underground, Flaming Lips ou encore plus récemment à Syd Matters.
On notera au hasard de nos flâneries sur cet album, la douceur de First-Rate Pretender ou de Lucky Bag, ou la tension mélodieuse de Twice ou de Black Soul !
Apres l’expérience « pink floydienne » que nous avait proposé Cyann & Ben, déjà tres apprécié par une partie de l’équipe de la Magicbox, Yeti Lane joue les prolongations et durcit – sans forcer – le ton, livrant un premier album éponyme d’une beauté simple, dans une atmosphère de fin d’été, à la fois délicate et électrique.
My Space / Site du groupe
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Mike S.
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Object - a place to hide
2009 – 10 titres – 37'
Style : cold wave / post-punk
Label : str8line records
Note : 7,5/10
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Voilà bel et bien le genre de groupe qui ne lache rien. Comme on dirait d'un jour de tennis en fond de court qui encore et encore renvoie toujours une balle lourde et perçante. On avait découvert Object le temps d'un bon petit EP sous influence Joy Division/ gang of Four et on les retrouve un cran au dessus, plus fort, plus racé et donc plus fréquentable. La faute à Amaury Cambuzat (Ulan Bator) l'homme parfait pour graver sur disque ce genre d'ambiances sombres de roc(k) au dessus du précipice. A l'instar de son producteur, Object ne fait une totale fixette sur la musique du début des années 80 et n'est pas contre donner une touche noise à ses guitares tranchantes (the fire line ou reach the end, miss the point ont un côté Sonic Youth ou Slint). Derrière, la basse, mise en avant comme il se doit, turbine et la batterie martèle et nous pousse dans un étau de feu.
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L'album d'Object est radical, autant que pouvait l' être Pornography. Pas de répit veritablement et surement pas un morceau tiède pour adoucir le propos et faire de la lèche à l'auditeur. Pourtant, de ce bloc compact mais jamais étriqué, de cette mitraille qui envoie ( Friend of mine, white dress), surgit pourtant ce qu'il convient d'appeler un "tube". Broken window a une mélodie conquérante et ce "radio" lancé à la face de l'auditeur fait écho au Transmission de Joy Division. L'autre force de ce disque se révèle être aussi le chant de Stephane Pigneul (par ailleurs, seulement guitariste pour Heligoland et Ulan Bator), la voix ne manque jamais de classe et de distinction et élève le débat avec élégance (le morceau-titre A place to hide). Un grain à la Dave Gahan sur High, un chant en français maîtrisé sur l'haletant Lamer...Object va au charbon mais en costume 3 pièces. Un bien bel object (y compris dans son joli digipack) Myspace
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Denis Z.
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Lemoine - Alligators
2009 – 10 titres – 38'
Style : Folk-rock
Label : Travelling music
Note : 7,5/10
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La musique du Toulousain a évolué depuis son premier album, normal l'artiste solitaire est désormais entouré de deux autres musiciens pour ce qu'il convient d'appeler un vrai trio. L'album s'appelle Alligators en référence avoué à Hubert-Felix Thiéfaine, mais par un hasard bienheureux, ce nom renvoie à un autre titre d'album, celui des essentiels The National. Dès lors, grande est la tentation de voir en ce Lemoine new look le possible chaînon manquant entre l'artiste français et le groupe américain. Alligators est d'ailleurs bilingue, comme pour mieux accentuer cette volonté de grand écart (qui au final n'est pas si grand). L'album est à voir comme un trip un peu obsessionnel où tous les titres ont tendance à se confondre comme un voyage dans les marais où perdu, on s'empêtre et on tourne en rond. Un des titres s'appelle d'ailleurs Eoliennes (terme qui revient sur d'autres chansons), comme si la rotation était bel et bien le mouvement emblématique de l'album. Sur cette base, le trio nourrit sans cesse sa musique, amène une légèreté de feu follet à une folk cagneuse (Colca canyon),
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propose des digressions Doors ( Ride) ou fait dans la rythmique ternaire jazz. Cela donne au final quelques morceaux enivrants, là où l'on s'attendait à ne tomber que sur un album entre folk campagnard et rock campagnard. On sera parfois un peu agacé par le chant rustique très mis en avant, l' accent du sud ouest donnant une touche "José Bové chantant" à l'ensemble. Peut-être n'a-t'on pas l'habitude d'entendre du français sur de telles ambiances américaines (exception faîte de Xavier Plumas et de ses Tue-Loup) ? Ceci expliquant en partie cela (il convient donc de s'habituer). On préfèrera neanmoins les titres en anglais, cette langue donnant un soupçon de lyrisme ( Accident) là où le français rend plus terre à terre le propos. L'album reste en tout cas toujours de bonne facture de bout en bout (avec donc de grands et beaux moments) sauf sur 2 hommes heureux ravivant le fantôme de ...Francis Cabrel. Allez, on oublie et on se replonge dans ce marais infesté d'alligators avec un plaisir un peu pervers. Myspace
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Denis Z.
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Louisville - a silent effort in the night
2009 – 7 titres – 31'
Style : post-rock
Label : De Bruit et de Silence
Note : 8,5 /10
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Derrière Louisville, se cachent Olivier Cavaillé et Felicia Atkinson, deux musiciens (artiste plasticienne pour Félicia Atkinson) qui gravitent dans la sphère musique contemporaine/post-rock hexagonale et Nikolu, membre du duo électro-punk Genau. Autour d'eux, interviennent l'indispensable Sylvain Chauveau, le batteur Jean-Michel Pires (Bed, Headphone, Married Monk) , Pierre Fruchard guitariste d'A moi et Innocent X. Voilà pour le casting. Avec Louisville, la formule biblique, " Au commencement était le verbe", prend littéralement tout son sens car le disque débute effectivement avec LouisEville par une liste de mots citée méthodiquement qui tease tous les ingrédients qui seront dans le disque et qui en creux qui dessine la Carte du Tendre de Louisville. Dans cette liste de références, les noms de groupes (Bonnie Prince Billie, Slint, Tortoise, David Pajo, Smog...) se confondent avec les lieux (Louisville mais aussi, des champs, de l''eau Chicago) et les époques qui les ont vus naître (le début des années 80 et 90). Louisville recrée un nouvel espace imaginaire qui n'est plus celui stricto sensu de la ville du Kentucky mais un lieu de mémoire et de création, celui qui leur est propre. Et dans ce E rajouté, il y a bel et bien la personnification d'un espace. Deleuze aurait peut-être pu créer pour eux les notions de Musique-Mouvement et Musique-Temps. Qui sait ? Ce dispositif mis en place, la musique peut enfin démarrer, ce qu'un linguiste nommerait le passage du "mot"et du "signifiant" au "référent" (en l'occurrence la musique) et ce que n'importe qui appellerait "la preuve par la musique". Il est amusant de voir que ce processus, de la parole à la musique, intervient plusieurs fois dans le disque. La première fois, donc sur LouisEville : sur un texte informatif (la fameuse liste), la musique qui née des paroles devient un classique folk pur jus (avec banjo bringuebalant et violon suave). |
Pour Silent effort sur un texte poétique, concis et précis, la musique franchement post-rock n'est pas sans rappeler Rien et encore plus Arca (soit Joan Cambon et Sylvain Chauveau...tiens, tiens), deux autres groupes qui utilisent la parole comme vecteur de sens et d'émotion. Enfin, Forest, reprenant de manière non fortuite le nom d'un titre fameux de Cure, marque la disparition des signes (en langage de sémioticien) pour arriver à une épure musicale et un blanc-gris planant où seule la voix se dégage du fond. Louisville explore ces trois directions, soit celle de la tradition (avec en fin Johnny and June une ballade crépusculaire où plane l'ombre de Red House Painters) ; soit celle de la modernité rock, c'est-à-dire un post-rock qui dramatise le propos et retourne les sangs ; soit enfin celle de l'expérimentation pour une musique qui peut autant s'écouter en concert que dans une installation d'art contemporain. Pour le reste, les deux intermèdes Matin et soir jouent sur l'éloignement de la musique dans le champs auditif avec des instruments dans le lointain, un piano bastringue sur le premier et un violon très musique Française pour le Second : ce "less is more" spatial qui n'efface pas l'émotion mais au contraire la restitue de manière plus intime. Et The only thing to come now is the sea reforme toutes les forces vives pour un titre rock plus franc du collier qui montre que Louisville a encore des joies plus animales. Le titre semble répondre au delà des mers à Windsor for the derby et son Now I know the sea. Ce disque donne des envies de réfléchir et de philosopher mais aussi - pour reprendre une formule un peu clichée mais idéale ici - de rêvasser dans un voyage vagabond dans les méandres d'un groupe hors-normes et passionnant. Godard ou Kiarostami aimeraient ce disque mais aussi tous mélomanes sensibles qui aiment être surpris et bousculés. Car au delà du discours et de l'intellectuel, il s'agit avant tout de musique et de la bonne qui plus est ! Myspace
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Denis Z.
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Psycho Lemon - Squeeze an orange
2009 – 10 titr1es – 32’04
Style : Spleen Rock
Label : Elp! Records
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Note : 8.5/10 |
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L’album trainait dans les cartons de la Magic Box depuis, euh, depuis... Tout le monde s’était sans doute dit que
l’un ou l’autre irait ouvrir ce boitier cartonné élégamment illustré d’un enfant assis sur un fils, le visage
caché par un drôle de poisson chimérique… Et puis le temps est passé, la poussiere a même commencé à se déposer
sur le carton brillant d’étoiles.
Et heureusement, l’été étant souvent l'occasion de faire un bilan, ranger les étageres, trier ce qu'on garde, ce qu'on donne,
et aussi replonger la tête dans les arrivages laissés en suspens et redécouvrir, peut-être quelques perles oubliées
au fond du lagon, heu, du carton…
C’eut été pourtant bien dommage, car nous avions déjà écouté d’une oreille trop distraite la précédente livraison,
A Mouse And John, de ce petit génie de la pop !
Alors, tres clairement, Psycho Lemon, c’est Rem Austin, qui s’adjoint l’aide de quelques musiciens
pour enregistrer sa musique aux accents anglo-saxons évidents, définitivement tournée vers le passé, quelque part dans
au alentour de Liverpool... Quoi que, car la musique de Psycho Lemon a aussi un petit coté chaloupé,
de surf music…
En tout cas, vous l'aurez compris, Psycho Lemon aime les belles mélodies, les ambiances cool, un peu sucrées, ouatées,
et même carrément décontractées.
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Quoi qu’enregistré du côté de Toulouse, l’album n’a rien de ce qui se fait par ces contrées,
si ce n’est, je crois, le travail de S, tout aussi inspiré par Yellow Submarine et autres musiques
aquatiques.
C’est donc logiquement dans la langue de John Lennon que le projet est enregistré. Le son est
sans âge, intemporel. Les notes de clavier ou de mélotron, tout comme les envolées planantes, lui donnent
un esprit vintage, mais il pourrait tout aussi bien avoir participé à des sessions d’enregistrements du XXe
siecle, en compagnie de Tahiti 80 ou de Ben Symphonic Orchestra, avec qui il partage nombre de point commun.
Les thèmes des chansons de ce Squeeze an orange sont très orientés autour des étoiles, de la voie lactée,
de quoi vous faire voyager un peu en ces temps de relâche bien mérités ! Et du coup, je me dis que j’ai bien fait d’attendre
un peu pour écouter cet album terriblement estival !
Une Pop mélancolique qui devrait vous accompagner tout l’été !
Site du groupe / Site du label
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Mike S.
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The Delano Orchestra - Will Anyone Else Leave Me
2009 – 13 titres – 50’26
Style : Spleen Rock
Label : Kütu Folk / discograph
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Note : 8/10 |
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L’album s’ouvre sur une petite pièce musicale qui introduit Something Is Gone, première chanson de
ce second album de The Delano Orchestra. L’occasion de présenter à la fois les instruments, dominés
par des guitares et un violon, ainsi que l’ambiance veloutée qui va régner tout au long de cette nouvelle
production d’un groupe jusqu’alors très discret.
Ce nouvel album, baptisé Will Anyone Else Leave Me, nous invite dans le salon des Delano Orchestra,
canapés en velours épais, moquette profonde et musique d’ambiance, douce, parfois tendues, qui n’est
pas sans rappeler quelques grandes heures de Giant Sand ou des Calexico. Les cuivres ne sont, en effet,
jamais très éloignés des cordes, à l’exemple de ce long titre de 8 minutes, The Escape, qui entremêle
l’électricité post-rock des guitares, une voix chuchotée et d’improbables mariachis, perdus dans la tempête
qui couve. Mais comme dans toute chose, il y a son contraire, la musique feutrée de Delano Orchestra peut aussi
s’embraser et briller de mille feu.
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C’est ainsi que Everything Is Done délivre toute l’énergie contenue,
réprimée jusque là (si ce n’est sur les premiers coups de tonnerre de Endless Night, un peu à la manière
de The National. Et puis, c’est le retour au calme, les éléments ont fini de se déchainer, The Delano Orchestra
rime de nouveau avec modération et délicatesse, Sunday 2am , Now She's Gone, As Anyone Will Do s’enchainent
les uns aux autres pour ne former qu’un, autour de la voix débonnaire et charismatique de A Delano, le chanteur
qui nous murmure ses mots plus qu’ils ne les chante. Et c’est un enchantement de chaque seconde ! Avec des
notes juste ce qu’il faut, une orchestration riche mais pudique pour laisser aussi respirer les silences.
La musique de Delano Orchestra allie aussi bien ambiance et mélodie, pour un plaisir de sens sans réserve.
Site du groupe / Site du label
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ps : Le groupe sera présent à la Route Du Rock 2009 ! |
Mike S.
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Omasphère – Prélude
2009 – 12 titres – 53’38
Style : Rock 70's
Label : Prikosnovénie
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Note : 6/10 |
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Le projet est porté
à bout de bras par Brice Amo, un réunionnais d’origine, que l’on a déjà pu entendre sur d’autres disques,
à commencer par ceux de Rajna (Holy Record). Baptisé Omasphère, le projet propose une ambiance atmosphérique
relaxante et méditative.
L’utilisation d’instruments multi-ethniques tels que le Santour et la voix de basse de Brice rappelle très vite,
comme le précise d’ailleurs la bio du chanteur, les travaux enregistrés par Dead Can Dance dans les années
80-90, et la voix de contralto de Lisa Gerrard.
Les compositions d’Omasphère n’ont pas énormément de relief, conservant une certaine linéarité, avec
des notes longues. La voix est plus utilisée comme instrument de musique que pour faire passer des idées, des mots ou
des sentiments. Le langage m’est d’ailleurs inconnu, et ressemble à une succession de syllabes aux propriétés
phoniques choisies.
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Au Santour perse, s’ajoutent d’autres instruments tout aussi hypnotiques, des percussions traditionnelles
(derbouk et bendir africain, cymbale tibetaine, udu du Niger, Crotales égyptiennes…) et des claviers tout ce
qu’il y a de plus moderne. A noter, d’ailleurs sur le titre Yguan, la présence du groupe Rajna,
ayant participé aux arrangements envoûtant< de ce morceau, qui rappelle plus que jamais quelques productions similaires
de Lisa Gerrard.
en conclusion, quoi que très influencé par l’expérience musicale de Brendan Perry et Lisa Gerrard, et donc trop peu singulières, les compositions d’Omasphère génèrent pourtant, au même titre, un vrai bien-être pendant tout le temps de sa diffusion, et même au-delà !
Musique profane, aux limites de la musique sacrée, ce Prélude d’Omasphère propose une
petite heure de transe hypnotique très profitable et un talent vocal remarqué ! A écouter religieusement !
Site
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Mike S.
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Izia - Eponyme
2009 – 12 titres – 45’26
Style : Rock 70's
Label : AZ / Universal
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Note : 7/10 |
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C’est déjà le second
album pour cette jeune femme d’à peine 18 ans. Il faut dire que les portes s’ouvrent parfois plus facilement
quand papa est déjà dans la partie. Mais quand on sait les difficultés qu’a rencontrées Jacques Higelin au cours
de ces dernières années, on se dit qu’il doit bien y avoir un peu de talent caché sous la longue tignasse
d’Izia !
Et en effet, à l’écoute de cet album, on découvre un univers musical emprunté au Rock & Roll des années 70’s,
à mi-chemin entre Led Zeppelin et Janis Joplin. Et on apprécie par la même occasion une voix
d’exception, claire, puissante et juste. Cette puissance vocale n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de
Lisa Kekaula, chanteuse impressionnante des BellRays, qui, comme Izia, ajoute une couleur Soul à ce
Rock n’Roll déjà plein d’énergie !
Découvrez des titres comme Back in Town ou Lola, et vous vous sentirez immédiatement transporté
dans une autre époque. Nul doute, vous êtes revenus en 1970, les guitares sont rugissantes et les solos pléthoriques.
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Le rythme y
est rapide, le ton incisif ! Sur des titres comme Let me alone ou Burning, on repense aussi
à l’époque, plus récente de Skunk Anansie. La recette est assez proche à vrai dire. Presque Pop.
Et puis déjà, Izia est repartie dans un autre registre, moins rapide, plus folk, mais tout aussi déjanté (Blind, Life is going down).
Notons d’ailleurs que la seconde partie de l’album se veut moins agressif, peut-être un peu plus dans le registre du
Rock Prog (Take me back), bien que les titres ne dépassent jamais les 3 ou 4 minutes. Sugar Cane,
en bout de course, se fait carrément discret, nous faisant ainsi découvrir un dernier visage à ce petit bout de
femme qui n’a pas fini de nous surprendre et même nous séduire.
Loin d’être original et moderne, cet album éponyme d’Izia met en lumière un talent vocal indéniable et
des compositions pleines de vibrations.
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Mike S.
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A moi – seduction is dead
2009 – 5 titres – 24'
Style : (post)-rock
Label : De Bruit et de Silence
Note : 7,5 /10
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Innocent X était un groupe à part : un trio, deux guitares-batterie, que l’on aurait mis avec certitude dans la case (forcément réductrice) Post-rock si Innocent X n’avait décidé d’inviter des vocalistes (France Cartigny et Anne-James Chatton) à venir poser sur la musique des textes poétiques en français. Innocent X imposait un amour des mots et de la langue des mots aussi fort que l’accumulation de strates de guitare. A moi, formé des deux guitaristes Pierre Frichard et Cedric Leboeuf, poursuit le même chemin atypique. Qu’il est réjouissant de tomber sur un disque de rock français qui n’essaye pas de trouver sa place entre un axe Noir Désir / Louise Attaque et qui affirme une personnalité dissonante sans emboiter le pas des plus select Diabologum. Seduction is dead est donc un disque tortueux, sinueux, bâtard même dans son format (long EP, mini LP), une sorte de voyage qui n’essaye pas à tout crin de séduire son auditoire. Il faut entendre le chanteur répéter un délétère « tout est à pourrir » sur L’ange, le morceau le plus rythmé de l’album mais tournant en boucle sur des guitares barbelées. |
Il faut l’entendre affirmer : « rien de ce que les gens disent ne m’intéressent » sur le rêche Si j’étais honnête, un titre qui vous cherche des noises tout en étant noise. Sorte de prolongement du travail le plus retors de Bashung, A moi (le morceau), révèle un groupe schizophrène semblant balloter entre une fascination pour la mort et la décrépitude et un instinct pour aller vers la vie. Vous l’avez compris, l’écoute de ce disque se mérite ; il n’en est que plus fascinant. Ainsi, A moi ne se donne pas comme ça. Le groupe avait d’ailleurs commencé son album sur un titre totalement arythmique En somme, une incursion presque Musique Contemporaine (on pense à Arvo Part) où le silence devient bruissement, où la mélodie minimaliste semble courir sur l’épiderme. Avec J’aurais voulu t’avoir, sur un texte de Pierre Louys, la musique devient aride, une sorte de champs de cactus aux corbeaux qui devrait séduire Xavier Plumas de Tue-Loup. Avec Mendelson et Mobiil, A moi devient une alternative francophone à la facilité ambiante. Myspace
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Denis Z.
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Charlie – Eponyme
2009 – 12 titres – 44’36
Style : Chanson
Label : Athome
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Note : 6/10 |
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Une pincée
Rock n’Roll empruntée à Babet, un brin poppy
de Paradis,
un soupçon
de folie de Chat, une once de naïveté d’Olivier
Ruiz… Et
voici Charlie qui débarque comme une fleur, pour se faire
une petite place dans l’autobus d’une Chanson Française déjà passée
aux heures de pointe. Mais qu’importe, tout cela crée l’émulation
! D’autant que Charlie, comme nombre de ses contemporaines, donne
beaucoup d’elle dans ses chansons, apportant un aspect autobiographique
(et donc tres personnel) à ses textes écrits à la
1ere personne.
Pour ce premier album, on découvre avec Charlie un univers ouaté,
coloré parfois par un piano, parfois par quelques cuivres, donnant à sa
chanson un aspect jazzy ici, pop là, folk à d’autres
moments. Intimes, ses textes sont souvent à cœur ouvert, attachants
(Angel, Le sapin, Ecoute moi rire…).
L’album est porté par deux singles, Le sapin, sobre
et élgant et Je
recherche,
un titre un peu poussif interprété avec Mauss, obscur
chanteur à minette,
viré de chez Universal, et prochainement interprète indé d’un
album produit par Emmanuel Da Silva, décidément très
prolifique.
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Autre single
potentiel, Ema propose un titre moins personnel, mais terriblement
plus efficace, avec ses petites notes de xylophones, doublées par
un piano chaleureux et un refrain entêtant ! Une belle réussite
qui pourrait faire décoller la carrière de la demoiselle.
Les grandes frasques de l’amour, les meilleurs et les pires,
depuis
la
quête
de l’autre, la vie à deux, jusqu’au grand naufrage sont les
thèmes favoris de ce premier album, autant de situations qui font échos à tous
et qui devraient plaire aux fans des personnalités citées en début
de mon articles, auxquelles je pourrais ajouter La Grande Sophie, auteur d’un
récent album plus intime qu’à l’accoutumé et
de fait plus proche de l’univers de Charlie.
Un album simple et touchant à mettre en toute les oreilles !
label-athome
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Mike S.
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Chamots - avale
2009 – 12 titres – 50'
Style : Electro rock punk clash indus
Label : Hydrophonics / Anticraft
Note : 5 /10
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Le duo de filles électro punk / electro rock est presque un genre en soi et voit régulièrement différentes façons de se confronter à l’exercice. On citera donc les Allemandes de Cobra Killer, les Américaines de Telepathe ou les Anglaises de Robots in Disguise. Dans ce qui semble devenir petit à petit une Coupe de Monde du genre, voilà donc la paire française qui voulant faire de son mieux, accumule les directions et les influences dans un album un peu trop gourmand. L’objet s’appelle d’ailleurs Avale, preuve d’une boulimie que l’on aimerait faire partager. Les sœurs Chamot (Audrey et Stéphanie) restituent l’agressivité de Suicide et de NIN avec des guitares éraillées sur des programmations qui alternent le chaud et le froid. Mais, elles succombent souvent à la tentation d’arrondir les angles : certaines parties évoqueront donc les plus policés Depeche Mode (D’ici haut), des virages vers plus de mélodie plus ou moins justifiées que la paire se plait à prendre. Cela pourrait donner une musique équilibrée mais les soeurs Chamot alourdissent un peu plus la barque dans |
leur soif d’ornementations et d’arabesques comme du Cocteau Twins décadent et orientaliste. A tout cela, comme si cela ne suffisait pas, Chamot arrive avec son esprit et sa culture française, ce qui un peu normal, mais qui semble parfois presque exagéré comme pour afficher sa différence et se détacher de toutes les références anglo-saxonnes de la musique. Chamots affirme sa francité sans finesse adoptant souvent une voix très française entre les tics diva destroy de Catherine Ringer, notamment sur la râleuse et les intonations graves d'une Juliette Greco. Dans le genre (machines, voix française), Claire Dit Terzi avait mieux réussi à faire monter la sauce et la comparaison sur cette seule direction se fait au détriment de Chamots. Il y a ça et là – et pour tout dire sur chaque morceau – des choses positives à prendre mais ce qui devrait s’imposer à nous doit aller se chercher et doit demander de la part de l’auditeur d’en écarter les scories. Avale est un album peu indigeste. Myspace
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Denis Z.
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Fedaden - broader
2009 – 13 titres – 69'
Style : Electronica / IDM
Label : Nacopajazz / Discograph
Note : 9 /10
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Je sais bien que chaque artiste décide précisément quel doit être le track listing de son album mais avec Broader signé Fedaden, il y a différentes portes d’entrées possibles que ce Verdad ( au demeurant excellent) placé en tête de liste. On pourra donc choisir Music Box rouleau compresseur dancefloor qui donne une preuve éclatante que la mention IDM (Intelligent Dance Music) est parfois une juste acception. Le titre excelle à mêler des boucles de boites à musique avec des sons plus profonds, plus denses et plus marqués. On pourra aussi choisir Mélodie, l’exact opposé du précédent, comme un piano de Satie mélancolique qui spleen sur des petits sons métalliques de musique traditionnelle japonaise ou sortant de l’univers jouet de Comelade. On pourra aussi choisir de commencer par le seul morceau chanté de l’album, Danseur inutile magnifié par Dominique A. et qui pourrait être le prolongement vers un peu plus d’électronique de la musique/la matière : une voix à fleur de peau sur un morceau qui avance au rythme du hautbois-canard de « Pierre et le Loup » et qui accumule les strates |
entre sons durs, sons cristallins et sons fuyants. On pourra donc choisir mais choisir pourquoi car en fait, chaque morceau de Broader possède un peu de tous ces mêmes ingrédients qui font la richesse d’un album exemplaire. Même Music Box possède en substrat toutes ses couches musicales, touchantes et intimistes qui démontre qu’un album dit « électronique » n’est souvent que l’aboutissement d’une expérience personnelle. A l’instar de Principles of Geometry, Fedaden aime aussi les gimmicks synthétiques 80’s , une touche presque bubblegum au milieu de climat urbain et sons plus agressifs. Comme la rencontre de Solvent avec Aphex Twin. Il excelle aussi à donner le sentiment que le sol se dérobe sous vos pieds dans les des beat lofi breakés. Oui, Fedaden a écouté Aphex twin, Boards of Canada, Four Tet, Fennesz, comme beaucoup d’autres ; il a aussi adoré Debussy ou Satie et sans doute bien d’autres choses encore pour en arriver là et sortir avec Broader son formidable quatrième album, ciselé avec un précision chirurgicale. Au fait, Fedaden est Toulousain et il s’appelle Denis Fedabeille. Derrière les machines, il y a bel et bien un homme et celui là est bourré de talent. Myspace
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Denis Z.
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Amélie – dina dinah
2009 – 10 titres – 29'
Style : indie pop folk
Label : Boxson / Anticraft
Note : 8 /10
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Petit à petit, Amélie est en train de se faire un nom. Un joli paradoxe pour celle qui s’est choisie un prénom comme nom d’artiste. Après un premier EP produit par Thomas Sinier et un premier album sous la houlette de Thomas Méry, cette Lilloise d’adoption semble s’être émancipée de tout mentor pour son nouvel album. Dina dinah a certes été enregistré par Miguel Constantino (Audiopixel) mais le petit blonde, comme une grande, a choisit d’affirmer ici une direction. Poussant un peu plus loin certains aspects de sa musique (une voix de petite –et drôle de – créature, une orchestration lofi intimiste et ludique), elle donne une patine à ces petites chansons aux formes imparfaites mais touchantes et personnelles. Les instruments sont ici le balafon, le ukulélé, l’autoharpe, plus généralement des cordes frottés avec douceur et volupté. |
Il est amusant de voir qu’un titre comme Kids adoptent une mélodie proche de Weezer mais ainsi traité, sonne totalement différent que chez la bande à Rivers Cuomo. L’album sera intentionnellement moins direct, moins percutant mais hautement plus poétique avec son orchestration intimiste et ses chœurs angéliques. Qu’on ne s’y trompe pas , Amélie n’a pas une personnalité lisse et toujours bienveillante : elle montre les dents sur Torero Speech et son sourire est carnassier. Dans l’ensemble, on pourra reprocher à la française de se rapprocher encore un peu plus de Joanna Newsom (et de s’éloigner de Kristin Hersh) mais derrière la joliesse de ces 10 titres, on lâche vite les armes ( The bright sound of crystal bones au sommet). La vie rêvée de l’ange-démon Amélie a ce petit quelque chose d’irrésistible. Myspace
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Denis Z.
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La Pompe Moderne – Greatest hits
2009 – 12 titres - 65'
Style : Brassens revisiting
Label : Les Disque Bien
Note : 6 /10
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C’était peut –être le match de 2008 : La Chanson du dimanche vs La Pompe Moderne. Le premier a sans doute gagné par rapport au second, le second ayant hypothéqué rapidement ses chances de victoire en ayant du changer de nom. C’est vrai que « The Brassens », c’était vraiment un nom génial qui avait le mérite d’expliciter parfaitement en un seul mot, la démarche de ce drôle de trio. Mais les ayant-droits de feu George Brassens étant intervenus (notons que The Verlaines, The Jean Paul Sartre experience et d’autres n’ont eu aucun problème de ce genre…preuve que du côté de Sète, on n’a pas beaucoup d’humour…passons), le groupe est devenu la Pompe Moderne. Le principe est pourtant toujours le même : revisiter des titres du "patrimoine" (tendance quand même "variété ringarde") à la manière de George Brassens ; soit le télescopage des deux univers précédemment inconciliables. Remarquez quand Nouvelle Vague reprend Killing Joke en version bossa, il obéit ni plus ni moins à la même pulsion aventuro-décalée. C’est sûr reprendre Boule de Flipper de Corynne Charbit (donc le seul aspect remarquable aura été d’avoir un « y » dans son prénom) ou Libertine, c’est forcément plus marrant (et peut-être moins essentiel car un titre de Mylène Farmer mis a n’importe quelle sauce reste un titre de Mylène Farmer, c’est à dire pas grand chose). La Pompe Moderne assume donc son concept qui tournera un jour en rond, qui lassera même les plus irréductibles tôt ou tard mais en attendant, prête à sourire. | Ajoutons qu’un groupe qui réussit l’exploit de sortir à la fois un Greatest Hits et un live pour son premier album, ce n’est pas banal. L’ensemble vaut surtout pour l’attente presque fiévreuse (j’exagère quand même un peu là) de découvrir à quoi Le bal masqué ou Je danse le Mia va pouvoir bien ressembler. Et de cette phrase qui sera largement prononcée à la fin d’un diner bien arrosé : " tiens, je vais te faire écouter un truc marrant ". On pourrait s’arrêter là et on aurait dit l’essentiel. Sauf que La Pompe Moderne donne deux autres raisons de se réjouir. D’abord, peut-être sans le vouloir, LPM rend Je kiffe la Vibe à César, c’est à dire non pas à Diams mais bel et bien à Pablo Beltren Ruiz et son Quien sera, le mambo des années 50 généreusement pillé par la Française. LPM rend justice à la vérité en se rapprochant de la version originelle avec des instruments à vent (par ailleurs, plutôt bien utilisés sur tout le disque...autre point positif mettre au crédit de LPM). Ensuite en tentant l’impossible dans une reprise de Harder, better, Stronger, faster, le trio fait la preuve évidente de sa créativité. Remplacez l’électronique samplé et déstructuré de Daft Punk semblait inimaginable et pourtant LPM relève le défi avec un mélodica, une clarinette et une batterie. ET ça le fait grave, même que l’on se voit carrément danser dessus (ce qui peut prolonger agréablement le diner bien arrosé susnommé). Avec ce titre, La Pompe Moderne aurait mérité de largement de remporter son match à distance d’avec la Chanson du Dimanche (socialement amusant, musicalement limité). Dommage…encore que la fin du duel n’est peut-être pas encore écrite. Myspace du label
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Denis Z.
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Gablé - I'm Ok
2009 – 13 titres – 20’04
Style : Experimental Rock
Label : Loaf
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Note : 8/10 |
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Le groupe
est originaire de Caen et propose une musique créative, sans véritable étiquette.
Le format des compositions est court, de quelques secondes jusqu’à à peine
2 minutes. Le groupe utilise volontiers des instruments de musique
classique (flute, xylophone, glockenspiel…) que des objets faisant
office de (aspirateur, perceuse…). Quoi que plutot expérimental
dans son écriture et son orchestration, la musique de Gablé n’en
est pas moins accessible pour le grand public. Gablé utilise ce
panel d’instrument pour casser les conventions, créer un
son nouveau, frais et riche. Mais conserve à chaque instant un
esprit tantot folk, tantot rock, sans jamais passer véritablement
dans la case musique « contemporaine » ou « expérimentale ».
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Ainsi,
les atmosphères sont travaillées au cordeau, et si ce n’est
quelques délires (And, Mon côté féminin..),
on retrouve à chaque fois une trame mélodique, quelques
couplets ou refrains intrigants si ce n’est entêtants (Queen
Me, I’m Ok…).
Dans la lignée de quelques Gomm, Gatechien, I love UFO ou Norscq, le groupe
Gablé nous montre combien la scène française se veut créative
et moderne.
I’m Ok est un album terriblement expéditif mais qui pose les bases
d’une musique inédite, up to date et d’une grande richesse
inventive.
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Mike S.
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Norscq - Gelatinosa Substancia
2009 – 10 titres – 45’26
Style : Ambiant Rock
Label : Optical Sound/Season of Mist
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Note : 7/10 |
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Je dois
bien avouer avoir effectué un petit mouvement de recul et d’aversion à la
lecture des titres qui compose cet album de Norscq. Imprimés
dans une spirale infernale, des titres interminables dans un
style littéraire
extrêmement pompeux avaient tout du second degré : il est
vrai que Les douces amertumes de la nostalgie lui étaient complètement étrangères ou Il
est étrange de voir à quel point les gens sont disposés à se
laisser abuser par les apparences magiques de l’art… avaient
de quoi me laisser circonspet quant à l'humeur générale que pourrait
revêtir cet album.
Et puis, en mettant le CD dans le lecteur, surprise, Norscq, à savoir Jean-Louis
Morgère, qui s'accompagne ici de Nicolas Lelièvre
(aux Percussions) - et Olivier Hüe (aux Cordes)
proposent un drôle de mélange de musique contemporaine, influencée
par divers courant Rock, Jazz ou World. Rappelant de fait les travaux
du Kronos Quartet, des Neubauten ou de Die Anarchistische
Abendunterhaltung !
10 titres durant, Jean-Louis Morgère s’essaie à différentes
expériences
sonores, différentes vignettes impressionnistes, aux couleurs diverses
et variées. |
Les percussions
ont cette force de donner par leurs sonorités et leurs rythmes
de multiples variations sensorielles, sur lesquelles jouent bien évidemment Norscq.
La musique a ici un aspect tribal. Elle participe à la création
d’images
dans la tête tout au long de sa diffusion et confirme l’idée
première qu’elle pourrait parfaitement accompagner quelques
films d’illustres illuminés du 7e art.
L'étonnant
secret que nous révèle d'ailleurs l'argumentaire qui accompagne
ce disque est que ce CD semble être une étrange bande-son d'un film
tout aussi obscur que le projet Norscq serait
parvenu à toiletter. Mais
allez savoir avec cette bande de joyeux drilles, ce qui est vrai
de ce qui est pure fantasme...
Passez donc sur les titres loufoques donnés à ces 10 compositions
! A l’instar d’autres français, Gâtechien, le groupe
Norscq se moque un peu de la forme et du Marketing. Et laissez vous porter par
la musique extravagante de Gelatinosa Substancia !
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Mike S.
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Christine Ott – solitude nomade
2009 – 10 titres – 41’24
Style : Contemporain
Label : Mon Slip / Warner
Note : 7 /10
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Christine Ott est bel et bien le genre de musicienne dont le nom apparaît au détour d’un livret sans que son nom marque les esprits (excepté de quelques maniaques du décryptage exhaustif des crédits) On la retrouve en effet dans les disques de Yann Tiersen, Dominique A., Radiohead, Stuart Staples, Syd Matters…Il faut dire que Christine Ott est pour le moins précieuse puisqu’elle est une des dernières ondistes du monde, c’est-à-dire qu’elle joue des ondes Martenots, instrument électro-acoustique inventé en 1918 par l’ingénieur Martenot et ancêtre du synthétiseur. Aujourd’hui, Christine Ott sort de l’ombre et sort surtout son propre disque. Il ne faudra pas voir en Solitude nomade un simple album entièrement dédié aux Ondes Martenot, comme une déclaration d’amour doublé d’une démonstration didactique des possibilités de l’instrument. D’ailleurs Ott choisit parfois le piano notamment pour L’autre rive, un titre en soliste qui n’est pas sans rappeler le nocturne Sylvain Chauveau. Sur Pensées sauvages c’est le violon qui prend le pouvoir, un violon tenu par Yann Tiersen. Car Solitude nomade est aussi un album « à invités » : des musiciens classiques (violoncelle, contrebasse, vibraphone, percussions) mais aussi de la pop ou du rock avec Marc Sens, trublion de la guitare électrique ou Yann Tiersen. Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que si Ott, interprète de Messian, Varese, ou Landowki, a influencé les artistes qu’elle a accompagnés en faisant entrer un peu de musique contemporaine dans l’univers de la pop, la réciproque est aussi un peu vraie. On peut imaginer en effet que son expérience dans la musique « rock » aura donné à Ott l’envie de ne pas faire un album par trop hermétique mais plutôt accessible et ouvert sur d’autres cultures et univers. Christine Ott invite donc Tiersen et Sens mais aime aussi emprunter un chemin de traverse pour l’Orient dans un voyage délaissant l’esprit pour le corps ( Chemin vert) A ce titre, le morceau solitude nomade est un instrumental étonnant – et réussi ! - qui évoquera aussi bien Summertime, Debussy et la musique orientale sans pour autant devenir indigeste comme un loukoum. Certes, Solitude nomade est et demeure un album de musique contemporaine mais au final, on se laisse facilement séduire par ces dix instrumentaux touchants (exception faîte de l’ardu Déchirures). Par nature, l’album est original grâce aux Ondes Martenot dont les sons étranges peuvent provoquer le trouble ou la rêverie ( Tropismes ). Rappelons que cet instrument, en son temps, avait fait les beaux jours des films de SF. Ce son cristallin et pur pourra même donner, malgré lui, une touche japonisante pour un morceau en forme d’origami ( Luciole) ou bien se confondre avec des voix de sirènes sur l’enchanteur Lullaby. Au final, Solitude nomade est un album charmeur et charmant. Site
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Denis Z.
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Pamela Hute - Turtle tales from overseas
2009 – 13 titres – 41’14
Style : Indie Rock
Label : Mange disque productions /Anticraft
Note : 8 /10
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On ne va pas y aller par quatre chemins : Pamela Hute, trio parisien emmené par une chanteuse-guitariste charismatique, vient de sortir un album diablement efficace doublé d'une petite perle d'indie pop sensible. Les choses ne sont pas si simples effectivement et le trio débute d'ailleurs son entreprise de séduction par un titre mid tempo fuyant et insaisissable du plus bel effet. Quelle pourrait être la particularité de Pamela Hute ? D'avoir remplacé une basse par des claviers analogiques ? De maîtriser toutes les figures imposées qui font les bonnes pop songs ? De sortir un album dont on pourrait rêver même au Canada ? Un peu tout ça et plus sans doute. Turtles tales from overseas recèlent de tubes catchy et effrontés qui ne mettent pas l'intelligence mélodique et l'émotion au vestiaire. Il y a comme un triple effet kiss cool là dessous : d'abord on est scotché par l'impact et l'énergie qui ressort du disque , ensuite on est marqué par la qualité des compositions et par cette mécanique implacable parfaitement huilée que rien ne semble pouvoir arrêtée. Enfin, on est séduit justement que cette machine de guerre reste humaine et distille toujours une dose d'émotions (l'apogée étant atteint par The story ends et le ténébreux Pink safari). Bref, les pieds, le cerveau et le coeur succombent ensemble à la bombe Pamela Hute. La collection de tubes potentiels est impressionnante ( Tie, Umbrella, don't help me, you made me a lady, hysterical, taste it, my dear), à l'instar des anciens Pretenders ou des nouveaux Metric. Pamela, la chanteuse, ne porte pas de jupes courtes comme Emily Haines mais arbore des lunettes à grosse monture noire, un accessoire à la mode par les temps qui courent. Puissent ces lunettes leur porter bonheur. Site
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Denis Z.
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Downtown Cuckoo - Eponyme
2009 – 10 titres – 37’49
Style : Rock
Label : Limbo Record
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Note : 6.5/10 |
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Les références
se bousculent à l’écoute de ce premier album des Downtown
Cuckoo. En effet, à ce son brut, racé, rythmé,
un brin psychédélique,
nous renvoient les travaux récents et variés de Art Brut,
The Rakes, Franz Ferdinand ou encore Battles. C’est pourtant de
références plus anciennes que se revendique le groupe rennais.
Clash, Clinic ou Dead Kennedys sont en effet plus facilement
cités
sur leur Myspace.
Ce qui est sûr, c’est que le groupe s’oriente autour d’un
rock vif, des mélodies éloquantes, un chant souvent naratif
et une batterie omniprésente. Si le groupe était originaire
de Manchester ou de Londres, je pense que le NME crirait rapidement à la
révélation du mois, à la nouvelle sensation. Il se
trouve qu’ils ne sont que bretons, alors ils vont galérer un
peu avant de faire la couv’ des Inrocks !
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Qu’importe,
Limbo Record nous permet de découvrir ces Downtown Cuckoo, en avant
premiere, et quelque temps après la sortie sur ce même label
du nouveau CD des 13th Hole, qui passent alors pour des vétérents,
ou plus polis, pour des grands freres (et sœur ;-)) ! Ainsi, les
groupes devraient faire le tour des scènes françaises et
forcer le buzz d’ici l’été !
Si l’ensemble des titres sont d’un même niveau, on distinguera
pourtant Brittany Calling, référence obligée à un
London Calling, vieux de 30 ans ou Rachel, véritable tube, qui n’est
pas sans rappeler le Emily Kane d’Art Brut.
Pas très original donc, mais terriblement efficace !
www.myspace.com/downtowncuckoo
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Mike S.
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My Name Is Nobody & The Desert Foxes - The Mentor
2009 – 12 titres – 46’53
Style : Folk
Label : Effervescence / Differ-ant
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Note : 8/10 |
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Découvert
pour ma part lors d’une Route du Rock totalement improvisée,
My Name is Nobody a tout de suite suscité ma curiosité.
Déjà par son nom, emprunté au meilleur western spaghetti
des années 70’s, et ensuite par sa musique atypique, tout droit
sortie du même décor que le film, ses grands espaces américains,
une guitare folk en bandoulière, un harmonica dans la poche révolver.
Pour son nouvel album, le lonesome cowboy, Vincent Dupas, s’adjoint
les services des Desert Foxes. Entendez par là, Faustine
Seilman, Erwan Fauchard et Franzl O’Gautreau. On connaît d’ailleurs
déjà Faustine Seilman, dont un album (Silent Valley) est sorti
sur le même label.
Avec un tel renfort, la musique de My Name is Nobody ne pouvait
que prendre de l’ampleur. Et malgré le recours à quelques
ballades encore bien calmes et posées (Down In The City, The Sea
Sprays), le combo s’offre de grands moments d’anthologie, à commencer
par ce titre introductif à l’intensité progressive,
Doom. Mais dès 7 am Train, le ton est donné : gros
son de guitare électrisée,
voix plaintive, ambiance tendue, que l’on retrouve tout au long de
cet album (Changing Life, Miklos …)
! |
Sur Strange,
le groupe s’ouvre même à la musique arizonienne d’Howe
Gelb,
folk électrique
et mariachis sont au rendez-vous. Un des titres les plus réussis
et les plus riches de l’album, Andrea, y ajoute aussi un grain de
folie, un coté plus expérimental.
Je pourrais vous décortiquer encore titre après titre (je l’ai
d’ailleurs fait en partie), ce nouvel album de My Name is Nobody.
Mais
je vous laisse le soin de l’explorer par vous-même. La surprise n’en
sera que meilleure.
L’important, c’est que je vous ai prévenu : le nouvel album
de My Name is Nobody est arrivé ! Il s'intitule The
Mentor. Et il est excellent,
mêlant
habillement
le modernisme des guitares électriques et le classicisme des instruments
nobles et chaleureux. Notez aussi et surtout l’addition omniprésente
de quelques claviers vintage, et vous voilà tout à fait prévenu
de ce qui vous attend !
Myspace.com/mninmusic
Myspace.com/faustineseilman |
My Name is nobody en itw dans NEXT |
Mike S.
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Tante Hortense - Plus cher
2009 – 12 titres – 41’36
Style : Bossa Nova
Label : Les disques Bien/Abeille Musique
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Note : 5.5/10
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Ah ! L’été !
Le soleil, la plage, les cocktails sous un parasol… et Tante Hortense
!
Plus cher, le nouvel album de Tante Hortense nous invite en effet à se
mettre les pieds dans l’eau et à se laisser bercer au rythme
de la bossa nova et de ses mots.
Ces mots, parlons-en ! Jamais tres sérieux, les chansons de Stéphane
Massy se conjuguent bien souvent à la première personne du singulier,
leur donnant un côté Journal ou tranche de vie, un brin intimiste.
J’entendais l’autre fois un autre groupe s’amuser autour
des radios thématiques américaine, et en particulier, d’une
radio pour les dépressifs. Oui, ça existe ! Et bien, Tante
Hortense, si on n’y fait pas gaffe, conduirait facilement un dépressif à l’oisiveté totale.
Enfin, si on en reste au 1er degré du sens des mots (Cas de peu,
Ma vie me dégoutte…). D’ailleurs, cet univers désinvolte
de Tante Hortense n’est pas sans rappeler les premières armes
de Katerine ou d’Ignatus.
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Mais, même
s’il prétexte la recherche de l’exigence, Tante
Hortense,
c’est tout sauf sérieux, et pour s’amuser un peu plus,
le groupe fait appel à quelques poteaux (Neman Herman Düne,
Frank Monnet…) pour interpréter, jouer, faire les chœurs
sur cette nouvelle production ! C’est peut-être pour cela
que ça s’appelle Plus cher ?
Ce nouvel album de Tante Hortense joue une fois encore la carte de l’humour
et de la désinvolture, histoire de faire un contre-pied à l’ambiance
générale qui règne depuis quelques temps par ici. Pari audacieux,
Nouvelle Vague y est parvenu ces derniers temps. Mais combien d’élus
pour la masse qui aurait tenté l’aventure… O tempo vai, O
tempo vem...
www.myspace.com/tantehortense
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Mike S.
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Sex & Dollars – Eponyme
2009 – 10 titres – 40’00
Style : Rock n'Roll
Label : Un je ne sais quoi
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Note : 6.5/10 |
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Vous pensiez
que la mode était passée ? Vous pensiez que le Rock n’Roll
n’était revenu que pour un temps taquiner vos petites oreilles
angéliques ?
Eh, bien, il semble que le deuxième effet Revival soit en train de
gronder, un petit peu partout sur la planète Rock !
Et c’est du côté de Tours, que nous découvrons
les Sex & Dollars, pour un album
100% Rock n’Roll, au rythme urgent
et aux guitares rugissantes !
D’un bout à l’autre de l’album, le quatuor tourangeau
se jette corps et âmes dans la bataille des décibels ! Avec
un son résolument vintage, le groupe nous met sous perfusion d’adrénaline.
Cela commence avec ce You had a gun, agressif mais terriblement
entêtant,
et cela n’arrête pas avant les dernieres notes. Il y a quelque
chose de sauvage dans la musique de Sex & dollars, à l’image
du bien nommé Something Wild, que l’on aurait pu créditer à quelque Blood Brothers… si
le groupe ne proposait justement derriere un titre plus chaloupé The Shame.
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Mais ne
vous y fiez pas, ces moments d’accalmie sont rares sur ces album éponyme
des Sex & Dollars. Il faut d’ailleurs attendre les deux
derniers titres pour entendre une petite ballade (As The World Turns) – histoire
de laisser les amplis se poser un peu ! Le dernier titre, lui aussi, Punk
in Dirt, lâche un peu la bride, avec un air d’harmonica
au milieu des guitares. Malgré tout, le son reste rêche !
Et les dites-guitares conservent de grands espaces pour se laisser aller à quelques
solos !
Vous l’aurez compris, Sex & Dollars ne fait pas vraiment dans
la dentelle ! Oreilles sensibles s’abstenir ! Pour les autres, ce ne sera
que du bonheur ! Sex, Drug & Rock n’Roll garantis pour les nostalgiques
du potentiomètre dans le rouge et des vieux ampli Brooklyn à lampes
!
Un album au son brut qui conserve un sens étonnant de la mélodie
!
www.myspace.com/sexndollars
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Mike S.
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LPB Club – Sous les jupes des filles
2009 – 13 titres – 41’02
Style : Rock français
Label : Adone / Discograph
Note : 4,5 /10
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LPB Club s’appelait à l’origine Les Petites Bourrettes, un changement de nom qui va de pair avec un changement d’orientation du groupe de la chanson bricolo-musette type VRP vers un versant plus marqué pop rock. Le groupe a abandonné sa contrebasse-poubelle pour une vraie basse, ce qui est un signe qui ne trompe pas. Le groupe est français bien sûr, il est surtout francophone et franchouillard ; un esprit qui ne se quitte pas comme ça (d’ailleurs, on ne leur demande pas ça) et qui cohabite avec leurs nouvelles aspirations vers plus de nervosité et d’énergie. D’ailleurs si c’est François Chevalier (Arcade Fire) qui a commencé à la production, c’est bel et bien Camille Bajon (Java, Rwan) qui l’a terminé. Preuve que LPB Club essaye de trouver sa place entre les deux tendances, avec l’accordéon en plus petit commun diviseur. Mais à vouloir ménager la chèvre et le chou et en diluant son univers original (que celui fût musicalement intéressant ou pas, c’était au moins leur univers) dans un rock banalisé ventre mou, LPB Club devient un groupe mainstream de plus dans le petit monde du rock français. Il ne nous épargne aucun cliché du genre dont la voix rocailleuse trop mise en avant ou le côté « festif ténébreux » fond de commerce de Louise Attaque. Pas forcément de quoi fouetter un chat et vivre le grand frisson. C’est sur son morceau le plus rock’n roll, sans chichis et fioriture que le groupe marque le plus de point ( Alors et son petit côté Téléphone ). Plus en tout cas que le poussif single Steven Gerrard qui coiffe les même dreadlocks que Tryo. Le Club du nom trouve sa justification sur un vitaminé Sous les jupes des fleurs dont l’énergie positive rappellera franchement Jean Leloup et son 1990, ce qui démontre que le groupe a plus un potentiel commercial qu’artistique. Les textes peuvent être grinçants ou bien vus, le spectacle sur scène rodé, la musique bas de plafond plombe d’office toute tentative d’élever le débat. Bref, on s’ennuie ferme. Site
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Denis Z.
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Exsonvaldes - Near the edge of something beautiful
2009 - 11 titres– 45'
Style : Indie rock
Label : Volvox music
Note : 8,5/10
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5 ans. On a vraiment failli attendre pour enfin avoir la joie de découvrir le deuxième album d'Exsonvaldes. Et à l'écoute de Near the edge of something beautiful, on se rend compte à quel point la musique des Parisiens, forte et sensible, nous a manqué. A se demander presque comment on a réussi à vivre sans elle ! Les qualités du groupe étaient déjà connus : le truc pour sortir des singles efficaces, séduisant plus par leur charme que par leur puissance (précédemment someday if I want to ou going away) ; un esprit large débordant du cadre stricto sensu du rock pour aller chercher ailleurs un supplément d'âme (et se rappeler pour mémoire un titre au nom emblématique Postlowrock). Mais ici, avec un co-producteur de la trempe d'Alex Firla (connu pour son travail sur United de Phoenix), le groupe a pris de la bouteille. C'est Exsonvaldes puissance 2 qui se présente devant nous : Lali mélodiquement imparable et Everything I see, rentre-dedans avec finesse, remplissent la case "single" de fort belles manières.
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Ces deux titres permettront à beaucoup d'ouvrir la porte d'un album plus surprenant qu'il n'y parait. Car pour le reste, ces amoureux de Chokebore n'hésitent pas, par exemple, à user d'une boîte à rythme donnant une dose electronica à leur indie rock. Old and weak évolue dans ce sens et se mue en dans un univers hybride proche de Death cab for Cutie ou Lali Puna. De l'autre côté de l'échiquier, 84 replonge le groupe dans une atmosphère coldwave mais sans sonner comme un ersatz des groupes de l'époque. A moins que le talent d'Exsonvaldes ne transforme des arrangements inscrits dans une époque en monument élevé à la gloire des paysages brumeux. Exsonvaldes touche vraiment au coeur et il faudrait être bien insensible pour ne pas être remué par I know dont le coeur bat fort et qui, dans un revirement de ton, remue les sangs. Espérons ne pas attendre encore 5 ans pour découvrir la suite mais en attendant profitons, profitons, ce groupe là est précieux. my space
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EXSONVALDES en itw et session acoustique dans NEXT
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Denis Z.
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Stolen sweethearts - art wishes
2009 - 13 titres– 53'
Style : Rock anglophile
Label : Etoa label
Note : 7/10
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Vous voulez vous écouter un petit résumé de ce que le rock anglais a pu offrir d'énergique, d'efficace et de mélodique depuis 40 ans...eh bien, cet album de Stolen Sweethearts est fait pour vous. La surprise, c'est que ce concentré de bonnes ondes britanniques vient d'un quatuor originaire de la Tour du Pin dans l'Isère, signé sur Etoa Label, un petit label de Chambery. C'est sûr c'est moins glamour que Liverpool ou Manchester mais au blind test, il y a de quoi se tromper. Preuve que la provenance géographique n'a vraiment rien à voir avec l'essence de la musique et que les groupes français ont désormais et un bon accent et un sens inné de la mélodie rock.
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Dans ce cocktail au final assez large qui va des Beatles à Radiohead (plutôt période The Bends) en passant par The Verve ou Blur, Stolen Sweethearts ne se perd pas et arrive à proposer un bon album avec quelques morceaux de série, certes, mais aussi quelques titres qui font mouche. Stolen Sweethearts a surtout cette faculté de passer d'une humeur à l'autre avec fluidité : l'ambiance légère de The Joker s'électrise pour notre bonheur. Le temps devient lourd sur le puissant work at night alors que le début laissait présager une ballade nonchalante. Le groupe surprend aussi en début d'album avec Aircrash, titre au souffle épique à l'esprit proche de The Mission. Un groupe à suivre... myspace
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Denis Z.
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Eddy La Gooyatsh - Chaud
2008 - 15 titres - 39'15
Style : Chanson
Label : Modjo Music/Wagram
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Note : 8/10 |
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| Dispersant
gaillardement une pop intimiste, Mister Eddy raconte ses petites
historiettes aux rythmes entraînant, sans trop se compliquer ni la vie ! En effet La Gooyatsh (oui je sais quel drôle de nom... Mais il y
a pire, je vous jure !) fait dans la simplicité légère, comme "Emilie fleur bleue" qui
voit comme dans la chanson la vie en rose bonbon.
Léger, frais, remplis de "La la la" ou de "ouh ouh ouh" bien sentis, là où il faut, ces chansons là volent bien bien haut.
Irrésistiblement dansant avec le tubesque "Le vélo", caustique avec "Machin Iglésias", subtilement drôle ou coquin et naïf en
diable. Epaulé tout du long par une instrumentation riche, car ce collectionneur d'instruments hétéroclites convie percussions
latines, ukulélé et autres bizarreries dans ces chansons piquantes venues d'une autre époque, sortant le tout de sa boîte à
secret, pourtant au départ bien cachée sous son lit. Tout est mis en place
pour donner une ambiance intime et envie de se trémousser
plus avant. Le personnage qui, sous des allures dilettantes et de chantre de l'incompréhensible, fabrique ses textes de façon
atypique et enchevêtre ses mots sortis un peu comme ils viennent, les rimes
refusant parfois toute logique avec l'accompagnement
musical ! |
Du
moins en apparence, car le paquet forme un ensemble qui, une
fois dépassé l'effet de surprise, s'avère plus qu'assez
ultra intéressant et nous change des productions sur-entendues par ici où ailleurs ! Entre 2 albums, cet Eddy à mène une intense
activité de producteur pour ses congénères lorrains notamment qui en redemandent
! Comme on les comprends !
Lien |
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Erik B.
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Tournée Générale - Tournée Générale
2009 - 14 titres - 37'20
Style : Chanson
Label : Art disto / Wagram
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Note : 7/10 |
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Ces 3 fous
furieux venus de la scène vosgienne (eh oui ca existe ! ) ajoutent aux sujets
qu'ils abordent et aux portraits
quelquefois feroces qu'ils dressent, une bonne dose d'humour et d'auto-dérision
farfelue.
Héritiers des chanteurs réalistes
et anarchistes du debut de siècle, c'est fièrement armés qu' ils battent le pavé :
une guitare, une basse et un
accordéon.
Les textes allant de la brève de comptoir contant la vie des aventuriers
des bistrots aux sentiments les plus
profonds et printanniers tels mes graines d'amour ou les filles les
fleurs car
ce sont avant tout, n'en doutons pas, de
grands romantiques !!
La poésie, justement, ne flotte jamais très loin et se
mêle a la colère sous le doux son du tonique
accordéon de Max. |
Car régulièrement
s'ajoute là dessus une rasade de contestation
révolutionnaire bienvenue et tout finit sur la balance de la vraie vie entre
guinche
et festoyades.
Un
peu les fils spirituels de feux -les Garcons Bouchers, faut juste
qu'au fil des ans, JP ne prenne pas autant de poids que
Francois Hadji-Lazaro mais pour le talent, pas de problème,
ils l'ont !
Myspace |
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Erik B.
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Padam - Bonheur Bordel
2008 – 11 titres – 35’38
Style : World
Label : L’autre distribution
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Note : 8/10 |
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Avec
pratiquement un train de retard, La magic box revient sur
l’album
Bonheur Brodel, sorti en 2008 par Padam !
Ce quatrième album enregistré par la bande à Nader (elle est facile) nous invite au voyage et à la danse. Entremêlant
aussi bien les rythmes orientaux et l’atmosphère chaude de
l’ancienne poudrière des Balkans, la musique de Padam multiplient
les couleurs et les humeurs. Un seul objectif : maintenir le cap sur la
Route du Bonheur ! C’est d’ailleurs un des titres forts de cet
album, d’une grande douceur, sur lequel Nader répète
inlassablement Regarde la route, évite les arbres en déroute,
chérie ! et nous entête avec ses notes d’accordéon.
Contre-pied garanti derriere, avec Non mon amour, une danse tzigane, faisant
apparaître dans la tête les images du Temps des gitans ou d’Underground et l’atmosphère riche d’Emir
Kusturica et de son No smoking
Orchestra !
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Mais Padam aime toujours autant la diversité et ses racines parisiennes. On
retrouve ainsi sur ce nouvel album, d’autres ambiances, d’autres
couleurs, plus familières, plus proches du nom même du groupe,
emprunté au
répertoire d’Edith Piaf. Les violons entrent en scène,
et Le bal peut commencer pour Yolanda !
Une fois encore, la voix grave et écorchée de Nader opère à merveille
sur ces musiques aux images multicolores et aux odeurs épicées.
Alors, si vous êtes un peu juste pour vous offrir un voyage All inclusives
en Bosnie ou au Maroc, Padam vous offre pres de 40 minutes de dépaysement
garanti, sans aucune limite dans le temps !
Mieux, un nouvel album devrait sortir dans les tout prochain jours ! Que demander
de plus ?!
www.padam.fr |
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Mike S.
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Alexis HK - Les Affranchis
2009 – 12 titres – 43’11
Style : Chanson
Label : La Familia/L’Autre Distribution
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Note : 7/10 |
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En 2008,
Alexis HK a effectué la première
partie de la tournée
de Renan Luce. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il
a été particulièrement marqué par l’univers
du Breton. En effet, sur le nouvel album, il nous entraine, en
début
d’album, dans de drôle d’histoires de mafiosos et de
fossoyeur… une étrange impression de déjà entendu… Et
puis, il y a Thanks For The Add, qui clos cette impression par
un duo en compagnie de… Renan Luce. Une ballade amusante qui surfe
(…)
sur la mode des sites communautaires.
Alexis, après cette première partie de l’album, passe à la
vitesse supérieure, avec un titre très bien écrit et
plein de vie et d’humour, La Maison Ronchonchon. Et on enchaine
sur d’autres
titres, plus touchants, Zou, C’est le printemps…, des titres,
qui se rapprochent de la bande à Jojo.
J’appréciais
déjà Alexis HK, parce qu’il avait ce talent de planter
un décor en quelques lignes et nous plongeait dans des tranches de
vie étonnantes. Un peu à la manière de Chet… Avec
Les Affranchis, Alexis continue son bonhomme de chemin, en élargissant
le spectre de ses compositions. |
Alexis
veut sans doute aussi inscrire son nom parmi ceux des grands Noms de
la Chanson française, de
Brel à Ferrat, histoire de laisser quelque chose à la postérité,
qui sait ! A l’exemple du dernier titre de l’album, Pardon
vieux camarade, plus que jamais, il s’en rapproche.
Notons que pour parvenir à ses fins, il invite ses amis musiciens à apporter
les couleurs, les ambiances de son univers : le piano de Joseph Racaille,
le
tuba de Jérôme Bensoussan (Ignatus), l’accordéon
et
les choeurs de Liz Cherhal (Sœur de Jeanne), l’orgue de Mathieu
Ballet(musicien de Miossec entre autres) et la guitare de Renan
Luce… Pas étonnant
que le label qui sort son nouvel album soit baptisé La Familia…
Si vous ne connaissiez pas encore l’univers poétique de Alexis
HK,
vous êtes affranchis ! Rendez-vous maintenant au rayon Chanson Française
de votre disquaire !
www.alexishk.com
Myspace
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Mike S.
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Julien Baer - Le LA
2009 – 11 titres – 30’52
Style : Chanson
Label : Universal Jazz
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Note : 8.5/10 |
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Aujourd’hui,
chacun cherche sa planque pour échapper à la mondialisation
et à la robotisation de la société. On connaît
Antoine, qui s’est trouvé un job pépère à voyager
d’île en île, rapportant ses images de temps à autres
en France, pour nous faire rêver (ou déprimer en fait) un
peu ; un autre Antoine (de Maximy) s’invite chez l’habitant
tout autour du monde, sa caméra rivée sur ses épaules
et nous découvrir d'autres modes de vie, d'autres façon de pensées.
Dans la chanson, avec Julien Baer, on a cette même impression. Chanteur
atypique, Julien Baer apparaît et disparaît aussi vite dans
la nature, à peine
nous a-t-il fait entendre les ballades qui compose son nouvel album.
Son rythme de production n’est pas intensif, c’est le moins
qu’on
puisse dire, un album tous les 4, 5 ou 6 ans. Il ne risque pas
le surmenage !
Et à chaque nouveau rendez-vous, on tombe sous le charme de ses voyages
imaginaires.
Enregistré entre Paris et Bamako, ce nouvel opus, baptisé Le
LA, respire une fois de plus la sobriété et la simplicité.
Quelques cœurs, quelques cordes de guitares ou de piano isolés,
et une voix qui se laisse trainer paresseusement sur la mélodie.
On retrouve sur cet album la douceur et la mélancolie du tout premier
album éponyme
de Julien Baer en 1997. Pas de samples, par exemple, comme sur
le précédent.
Peu de grandes envolées si ce n’est sur le titre Ulysse, qui
utilise synthé vintage et refrains entêtants.
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Non, Julien
Baer maintient le cap, les yeux rivés sur son bonne étoile,
celle des grands voyageurs. Des ambiances africaines sur Cité,
Un bandonéon
sur Sept heures et demi, un harmonica sur Pends le haut, pends
le court, chaque titre est un prétexte à l’évasion,
au-delà même
des paroles, pas toujours très enjouées (L’immobilier,
Concert Amer…). C’est d’ailleurs, avec le recul,
la remarque que l’on peut se faire sur la musique de Julien Baer.
C’est
que les textes, quoi que très touchants, sont parfois peu importants
pour créer l’atmosphère de
l’album ; la mélodie des mots, les orchestrations et les
arrangements de Burgalat, participent plus largement à l’impression
générale plus que le sens même des mots. Et c’est
peut-être
qu’après,
avec le temps et les écoutes répétées que
l’on découvre l’album dans son entièreté,
faisant passer la poésie de Baer de l’impressionnisme au
réalisme d’une actualité sociale lourde, d’une
vie quotidienne difficile...
Sans y paraître donc, Julien Baer peint la société qui l’entoure,
en lui donnant une couleur monochrome, sépia, de façon, peut-être à la
rendre moins noire qu’elle ne l’est en réalité. Un
vœu pieu, un effort peut-être vain, mais un bien bel exercice de style.
Un album intime et terriblement attachant.
Label /
Myspace / Facebook
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Mike S.
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Chapelier fou - darling, darling, darling EP
2009 - 6 titres– 26'
Style : Electronica folk
Label : Ici d'Ailleurs / Discograph
Note : 7,5/10
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On appelle ça un sacré coup de pouce : Dominique A. clamant haut et fort tout l'intérêt à Chapelier Fou. On avait découvert le Messin comme invité sur l'album de Zéro Degré, ce premier EP est l'occasion de connaître plus à fond l'univers particulier de Chapelier Fou. Tirant son nom d'Alice au pays des Merveilles, Chapelier Fou est un musicien de formation classique (violon surtout mais aussi clavecin) ayant trouvé sa voie grâce à l'ordinateur. Cela peut sembler paradoxal et c'est justement ce qui fait toute la particularité d'un musicien qui se sert de l'oversampling pour accumuler les différents strates qui feront sa musique. Il est amusant de voir qu'en 6 titres, Chapelier Fou tourne sans cesse le curseur vers plus ou moins de d'électronique, de sons distordus et d'ambiances déstructurées. En ouverture, Darling, darling, darling commence donc sur un violon qui se met en boucle et trouve rapidement des machines comme alliés. C'est un peu Yann Tiersen chez Wax Taylor, le premier donnant un supplément de chair au second, le second donnant une mélancolie moderne au premier. Après entre un intermède mandoline-violon presque Vivaldien, Chapelier fou propose ensuite deux titres à l'atmosphère de friches industrielles ;
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une electronica minimaliste que l'on n’aurait pas imaginer de la part d'un violoniste. Une liberté de ton, une mise en danger, une volonté d'explorer des terrains moins familiers, c’est un peu les trois ensemble de la part d'un artiste qui détonne, intrigue et refuse de se carrer dans une place bien précise. Avec Trèfle, la musique retrouve son équilibre hybride : sur des programmations, jouent à cache-cache un thème poppy et gentillet joué au clavier, un violon en pizzicato battant la chamade et un autre violon à l’âme slave. Sur le dernier Gmbh, Chapelier Fou fait à nouveau le grand écart : on ne sait plus si on n’est dans la toy music, la synthé pop pour enfants ou dans une version toute particulière de la musique dance pour Playmobil. Un peu comme du Pascal Comelade chez Montag, deux noms que l’on n’aurait pas mis ensemble et que Chapelier Fou réunit pour notre plus grand bonheur. L’album à venir sera, paraît-il, totalement différent de cet EP, lui-même assez hétérogène. Ça promet. site
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Denis Z.
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ARCHIVES DES CHRONIQUES 2009
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Mike S.
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