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Chroniques CD / Etranger

Ed Laurie - small boat big sea
On Fillmore - extended vacation
Dan Black – Un
Githead - Landing
Cobra Killer - Uppers & downers
Le Loup - Family
Scary Mansion - Make me cry
Starless & bible black - shape of the shape
Brian Harnetty & Bonnie "Prince" Billy - silent city
The Poison Arrows - First class, and forever
Moi Caprice - We had faces then
Mimes of Wine – Apocalypse sets in
Shannon Wright – Honeybee girls
Throw me the statue - creaturesque
Eamon Mc Grath - 13 songs of whiskey and light
The Eden House – Smoke and Mirrors (VF)
Prince - Lotus Flow3r
Craig Walker - Siamese
Almost Charlie - The Plural of Yes
Water Lily - Turn On - Tune In - Drop Out
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Be My Weapon - March/2009
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Scary Mansion - Every Joke is Half The Truth
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Fredo Viola - The Turn
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Ed Laurie - small boat big sea
2009 – 12 titres – 40'00

Style : Folk ouverte
Label : Tôt ou Tard / Warner

Note : 8/10

Qui dit force tranquille ne veut pas forcément "musique tiède". Ed Laurie a la chance d'avoir des origines métissées (mère russe et brésilienne, père écossais), il a eu l'intelligence d'attendre d'avoir atteint sa pleine maturité pour sortir enfin un album. Autant dire que Laurie sait ce qu'il veut et il n'a pas peur de le crier, de le revendiquer : il affirme juste son moi profond à travers une musique apaisée mais infiniment riche. Rares sont les albums qui dès les premières notes vous font entrer dans un univers et c'est avec Ed Laurie le cas, avec sa voix parfaite comme portier et guide pour vous en ouvrir les portes.
La musique est comme un iceberg : une surface émergée simple et folk comme un Leonard Cohen d'aujourd'hui. En soi, on est déjà séduit. Sauf que derrière tout le background multiple de Laurie est à aller chercher plus en profondeur, des couleurs latines ou pays de l'Est viennent sans cesse nourrir la musique sans tapage avec une fluidité déconcertante. De même, derrière la guitare, il y a une section rythmique du tonnerre, délicate comme dans le jazz. Il y a aussi des cordes qui prennent leur magnificence sur Never same day twice, 40e rugissants d'un album qui coule sur une mer d'huile. Au final, on voyage émotionnellement autant que dans un album de Jack The Ripper, Caetano Veloso ou Calexico mais sans avoir l'air d'y toucher. Ce petit bateau ira loin c'est sûr...
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Denis Z.


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On Fillmore - extended vacation
2009 – 7 titres – 45'

Style : Ambiant trouble
Label : Dead Oceans/ Differ-ant

Note : 7/10

On peut appeler ça de la "musique d'ascenseur", un peu péjorativement bien sûr mais totalement faussement aussi car cela fait longtemps que les ascenseurs sont soit totalement silencieux (exception faîte des grincements de la machinerie) soit pauvrement R'n'B. Or, On Fillmore, formé de Glenn Kotcher batteur de Wilco et du bassiste Darin Grey, n'évoquera aucune des deux tendances. Pour revenir à ce qu'on appelle - et donc avec erreur -"musique d'ascenseur", Fillmore pourra être considéré comme tel car la musique y est calme et instrumentale ; car il y a une contrebasse donnant une coloration jazz à celle-ci et aussi, car l'instrument en tête de pont est ici le vibraphone dont la douce resonnance rappellera les grandes heures des interludes de l'ORTF. Donc l'heure est à la quiétude et à un sentiment d'abandon. Les bruits d' oiseaux viennent se faire entendre sur la ballade ouatée Daydreaming vacation,
sauf que c'est bel et bien une chouette effraie qui se fait le plus entendre puis des animaux inconnus aux cris que le sont tout autant ; preuve que sous les abords de la sérénité, un sentiment de peur vient peu à peut s'immiscer. C'est trop calme pour être honnête et des attaques de contrebasse un peu sèches viennent donner quelques coups de griffes à cette charmante photo. Un étrange Thérémin (attention pléonasme) vient aussi s'en mêler donnant une touche encore plus étrange à la musique (master moon). Et puis il y a en soi ce vibraphone : au début gentillet et désuet mais à force de tourner et tourner encore et de dessiner un monde tout en rondeur, il finit par semer le trouble. On Fillmore a l'intelligence de terminer son album par le meilleur morceau : Clearing out, court dans son déploiement, est emmené par un piano majestueux. On se rapproche là d'Ennio Morricone et de Pascal Comelade, ce qui démontre que le duo Américain est tout sauf aseptisé.
Site
Denis Z.


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Dan Black – Un
2009 – 12 titres – 45’54

Style :
Pop Rock
Label :
The Hours - Polydor AZ


Note : 7/10

En 2007. apres dix ans de carrière et un quatrième et dernier album annonciateur (How to Destroy a Relationship), The Servant ont rendu leurs tabliers et mis la clé sous la porte.
Deux années plus tard, Dan Black, homme à tout faire au sein du groupe, reprend du service et se lance, à son compte dans une carrière solo. Son premier effort s’intitule Un.
Sa voix enfantine, un brin modifiée par les dieux de l’électronique, et de fait identifiable entre toute, se rappelle à notre bon souvenir. D’autant que pour ouvrir le bal, Dan Black choisit le titre Symphonies, premier single de sa carrière solo, qui apporte aussi une suite mimétiste au célèbre Orchestra qui a fait la notoriété de son défunt groupe ! Il y intégre d’ailleurs une dimension orchesrtrale avec quelques cordes, que l’on retrouvera de façon plus ou moins présentes tout au long de l’album (Symphonies, U+Me=, Life Slash Dreams, …). A commencer par ce U + Me =, un titre vif, habillement rythmé par un violoncelle, qui donne tout ce qu’il faut d’un nouveau tube à cet héritier de la Brit Pop.

Le rythme est d’ailleurs un second élément rassembleur de ces douze titres de ce nouvel album. Arrangeur et producteur au sein de The Servant, Dan Black poursuit sur sa lancée en apportant un gros son, composé de multiples pistes, mêlant ainsi l’électrique et l’électronique. Une grand richesse dans la rythmique, à l’instar de Pump my pumps, et dans les arrangements - I love life. De quoi permettre à Dan Black une entrée solo par la grande porte. Pas toujours évident, si on pense à Richard Ashcroft qui vient de rappeler ses Verve, à Frank Black, si seul sans ses Pixies, Brett Anderson, oublié de tous, Jarvis Cocker en recherche d’inspiration…
On souhaite donc beaucoup plus de chance à Dan Black, qui nous avaient fait forte impression dès le premier mini Mathematics en 1999… Et qui, on le voit avec ce Un a encore pas mal de chose à dire pour révolutionner encore et encore le monde du Rock et de la Pop, made in England.
Un album riche et flamboyant aux mélodies évidentes !

Site officel / Myspace

Mike S.


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Githead - Landing
2009 – 11 titres – 46'

Style : Shoegazing / pop sonique
Label : swim / Differ-ant

Note : 8,5/10

C'est vrai qu'on a l'habitude d'employer le terme de "super groupe" dans le domaine de hard rock ou de la musique progressive (par exemple Audioslave ou Asia) mais on serait tenté d'employer cette formule avec Githead et pour cause : Colin Newman (ex Wire) au chant et à la guitare, Malka Spigel et Max Franken (ex Minimal Compact) respectivement à la basse et à la batterie, vous avouerez que cela impose le respect. Robin Rimbaud, au CV moins réputé, vient compléter Githead de sa guitare mêlée d'électronique, densifiant un peu plus le son du groupe. Après Faster, un premier instrumental avec une basse mise en avant, Githead nous pousse dans l'arène de sa musique à la fois tendu, nerveux et douceâtre. Le terreau musical est ici Shoegaze, ce qui est presque une surprise puisque Minimal Compact et Wire appartiennent à une génération antérieure à Ride, Pale Saints et consorts.
Landing est ainsi fait de strates successifs de guitares reverbérées dont l'accumulation et la persistance sonore finissent presque par donner le vertige (la fin de l'album Transmission tower est un trip en soi qu'on se plait à vivre et à revivre). La basse est en boucle et donne une rythmique mécanique à la musique, accentuant cet effet "trip". Dans pareille tension, le chant reste toujours distant, ne venant se poser qu'avec parcimonie et laissant donc vivre la frise musicale. Cet aspect donne toute sa mélancolie à une musique par ailleurs lancée à vive allure. Malk Spigel vient pousser aussi la chansonnette épisodiquement jouant le rôle de Meriel Barham dans feu Pale Saints, contrepoint féminin et mélodique à des guitares hallucinogènes (Landing). On en redemande !
Site
Denis Z.


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Cobra Killer - uppers and downers
2009 – 11 titres – 41'21

Style : Electro-punk
Label : Monika enterprise

Note : 7,5/10

10 ans d'existence, 5 albums, le duo allemand Gina V D'Orio et Annika Line Trost est désormais bien installé dans le paysage musical allemand et même européen. Ce qui n'était pas gagné d'avance, les deux Allemandes n'adoptant pas l'attitude la plus évidente pour plaire, à moins que leur idée de la séduction englobe sexualité explicite, happening scandaleux et violence destructrice. Dans le genre, les Allemandes vont encore plus loin que Peaches. Cobra Killer avait fait la première partie de Jon Spencer et de Sonic Youth, les deux groupes ont été suffisamment impressionnés pour aujourd'hui participer à Uppers and downers (Sonic Youth en la personne du grand Thurston Moore), consécration suprême auquel s'ajoutent la participation de Jay Mascis et l'enregistrement de l'album dans le studio de Einstürzende Neubauten. Uppers & Downers est à la fois l'album le plus accessible de Cobra Killer mais aussi le plus symptomatique de l'esprit du duo.
Tout commence sur deux titres proches de la pop sucrée années 60, seulement épicés de claviers plus agressifs : c'est the Pipettes perverti par Suicide (Hello celebrity ; Vitamine). On se laisse donc presque aller à une certaine sensualité, un peu tordue quand même, avant de subir une attaque en règle sur Hang up the pin up, où Thurston Moore, Jay Mascis se mettent ensemble pour faire du concassage bruitiste d'une mélodie pop. Chez Cobra Killer, la destruction est toujours à l'affut pour reprendre ses droits. Comme un glissement progressif du plaisir vers des contrées moins engageantes : des sons de guitares biscornues, des sons de claviers saillants ; autant de montées de erses qui viennent un peu jeter le chaos sur des mélodies pop chantées par des voix ingénues. Entre minimalisme primal et électro-pop fourré de samples... et d'épines.
Site
Denis Z.


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Le Loup : Family
2009 – 11 titres - 46’48
Style :
Folk Rock
Label : Talitres/Differ-ant




Note : 7.5/10

Nous avions déjà découvert Le Loup au travers d’un premier album au titre interminable (The Throne Of The Third Heaven Of The Nations Millenium general assembly) mais aux mélodies déjà ensorcelantes ! Avec Family, second opus, le groupe poursuit son chemin, privilégiant toujours son travail sur la mélodicité des compositions, tout en y intégrant des thématiques plus variées. Le travail d’harmonie vocale est toujours aussi présent, et même plus encore. Sur bien des points, on a d’ailleurs l’impression que le lien bestiaire qui existait avec Grizzly Bear est de plus en plus marqué, renforçant le tenace idée de scène new-yorkaise ingénieuse et florissante.
La petite bio nous explique que Sam Simkoff, leader incontesté du groupe a fait appel aux 6 autres membres pour faire évoluer la musique, unifiant du même coup, un groupe qui ne se reconnaissait alors que sur scène !

La beauté des compositions de Le Loup est parfois simplement due au décalage qui se fait entre la luxuriance des chœurs et l’effeuillage renforcé de certaines compositions (Saddle Mountain, Morning Song, Go East), ne laissant à peine un banjo soutenir la partition ! Sur d’autres titres, les orchestrations reprennent de leur vigueur, mais toujours avec une certaine discrétion vis-à-vis des vocaux qui tiennent le pavé (Forgive Me).
Les amoureux de Polyphonic Spree, de Clap Your Hand Say Yeah ou encore de Pure Reason Revolution devraient trouver un nouveau dada, et remplacer un moment Veckatimest, l’album usé jusqu’à la corne, des Grizzly Bear !
Un joli travail de recherche sensorielle à placer juste entre ceux de Sigur Ros et Bjork (tout style et proportion gardés bien sûr !)
De la belle ouvrage !

Myspace

/ Site du label / Site officiel

Mike S.


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Scary Mansion - Make me cry
2009 – 9 titres – 32’38
Style :
Folk Rock
Label : Talitres




Note : 8/10

Every Joke Is Half The Truth, le précédent album était chroniqué en mars de cette année dans notre webzine (sorti chez Talitres en février 2009). Make Me Cry, second album de Scary Manson sort donc dans la même année que son prédécesseur. Leah Hayes, originaire du Massachussetts, et résidant aujourd’hui New York, Brooklyn est l’âme du groupe même si elle fait désormais appel à deux compagnons de route, Bradleys Banks à la basse et Ben Shapiro à la batterie (aussi membre du groupe Asobi Seksu…).
Alors que son premier album avait des sonorités antifolk évidentes, Make Me Cry propose un album beaucoup plus élaboré, par un choix d’instruments plus large et une mélodicité plus recherchée. Ce sont par exemple des claviers proches de ceux des regrettés Granddady qui ouvrent le bal avec le titre No Law. L’esprit pop de Pulp, des Throwing Muses ou d’Echobelly n’est jamais non plus tres loin, que ce soit dans les sonorité dissonnantes, les claviers fous, ou la voix écorchée de Leah. A noter que les fans de TV On The Radio pourraient bien reconnaître ce petit brin de voix (interprète sur le titre Snakes & Martyrs).

L’impression d’ensemble de ce nouvel album est aussi bien plus rock que le précédent, les titres se suivent sur des rythmes soutenus, sur des durées de 2 à 3 minutes, même On My Mind - 6 minutes au compteur - en fin d’album décèle en réalité un long silence avant de passer sur le titre bonus, Look Through Your Eyes, étrange pièce sombre du puzzle Make Me Cry.
Au final, si l’album peut sembler, au premier abord, plus lumineux que son prédécesseur, il n’en demeure pas moins investi d’une âme foncièrement mélancolique, inspiré des plus belles heures, à la fois, de la Cold Wave des années 80 et de la Pop anglaise des années 90’s.
Un album enivrant !

Myspace

/ Site du label

Mike S.


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Starless & bible black - shape of the shape
2009 – 8 titres – 42'14

Style : dream folk nocturne
Label : Stattic caravan / Differ-ant

Note : 8,5/10

Starless & Bible Black ne va pas manquer de surprendre, la cerise sur le gâteau arrivant en cinquième position sur la tracklist avec Les furies. Le titre long est long en bouche, il est surtout chanté en français, comme l'avait fait jadis the Stranglers. La comparaison s'arrête là, les Furies s'apparente à un odyssée psychédélique et enchanteur dans un trou noir (avec un vaisseau Lush piloté par Cocteau Twins). Grand morceau, s'il en est. Mais ces diables d'Anglais nous avaient surpris dès les premières notes de shape of the shape et Say donny say et son esprit si américain. L'ambiance est folk et pastorale mai en même temps, nocturne et mélancolique, pour ce qui est pourtant le morceau le plus pop de l'album.
On pense à Trespassers Williams, plus tard à Mazzy Star, la voix de Helène Gautier véhiculant une sensation de pureté aussi fort que celle d'Hope Sandoval. Starless & bible back nuance sans cesse sa musique, injectant plus ou moins de claviers spatiaux dans son indie folk. Fortement ambivalent, shape of the shape pourra à la fois être perçu comme un album magique et rêveur et une oeuvre noire comme de l'encre. Au final, on est surpris car de ce groupe inconnu dont on attendait rien de spécial, il ressort un des meilleurs disques de l'année. Le New York Times est de cet avis, moi aussi.
Site
Denis Z.


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Brian Harnetty & Bonnie "Prince" Billy - silent city
2009 – 12 titres – 41'14

Style : abstract folk
Label : Ruminance / Pias

Note : 8,5/10

On peut se demander quand Will Oldham trouve le temps de dormir : entre un album sous son nom, un nouveau Bonnie "Prince Billy" et une collaboration au projet This Immortal Coil, l'Américain barbu trouve le temps de collaborer avec Brian Harnetty. Cet originaire de l'Ohio fait de la musique en intégrant des éléments sonores trouvés (des archives) ou pris sur le vif (par exemple dans un rade perdu dans le midwest) et pour Silent night, c'est une nouvelle fois le cas. drôle de disque en effet mais qui a le pouvoir d'évacuer de votre discothèque tonne de disques superflus. Pour résumer, la vision musicale de Harnetty permet d'épurer la musique initialement produite par Bonnie "Prince" Billy. Tout l'esprit de la folk se résume à l'essentiel à travers une musique devenue abstraite, lente à souhait voire presque arythmique. Le piano résonne, la guitare acoustique a tendance à se raréfier,
le banjo résiste encore et revient parfois mettre de la vie à l'ambiance nocturne de cette fameuse ville silencieuse. La folk se dilue dans un jazz vaporeux ou dans une électronica impressionniste, ce qui nous donne des instrumentaux superbes de délicatesse (it's different now). Le traitement est ainsi minéral, influencé par Steve Reich ou Keith Jarreth, avec une économie de chant mais qui apparaît, suivant le désormais connu principe du Less is more, plus touchante que jamais (Sleeping in the driveway ; and under the winesap tree ; Some glad day). Les voix sont pourtant là, les fameuses prises de sons de Harnetty : des voix de vieux américains dont on imagine les gueules, les barbes fournies et les rides creusées rien qu'au son de leur voix, des voix de redneck chantantes des airs traditionnels la voix chevrotante. A se demander si ces voix indigènes ne représentent pas l'esprit du folk aussi sûrement que la musique elle-même. Un album à part mais qui laisse sans voix.
Site
Denis Z.


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The Poison Arrows - First class, and forever
2009 – 10 titres – 51'30'

Style : Indie rock
Label : File 13 / Cargo

Note : 8,5/10

En écoutant The Poison Arrows, comment ne pas penser à Girls against Boys ? La filiation est évidente à plus d'un titre : la voix de Justin Sinkovitch a un timbre proche de voix de celui de Scott Mc Loud, cet chant rythmique viril balancé avec un dédain élégant. Il y a ces mêmes guitares oppressantes qui semblent monter perpétuellement sur un ring, une basse lourde qui bataille ferme. Il y a l'ajout de claviers aux sons vintages qui viennent troubler encore un peu plus l'atmosphère et mettre un recul cold wave à l'ensemble. Dès Future wine, le ton est donné : le titre teigneux bouscule et heurte l'auditeur. Mais à l'écoute, The Poison Arrows va surprendre et aller sur des terrains qu'on ne leur soupçonnait pas pouvoir fouler.
Le groupe Chicagoan n'est pas qu'une machine de guerre post-hardcore, Twenty Percent brighter, plus aéré (à 20 % ?) révèle un groupe qui range les armes et sait être touchant sans artifices. Né au début des années 2000, The Poison Arrows a été influencé d'une manière ou d'une autre par le post-rock, il en adopte les sons d'harmoniques de guitares et d'arpèges qui prennent tout l'espace, il fait sienne aussi les structures qui étirent les morceaux et rendent plus abstraits les mélodies. Le luminescent An exploded dream en est la plus parfaite incarnation avec ses guitares qui se répondent en échos successifs et ses claviers à la dérive. On est dès lors plus proche de Bedhead par exemple et ce n'est pas un mince compliment. Bref une nouvelle claque made in USA.
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Denis Z.


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Moi Caprice - We had faces then
2009 – 11 titres – 46’46
Style :
Pop Rock
Label : Glorious Records




Note : 8/10

Quelque peu délaissée ces dernières années outre-manche, la Brit Pop a été récupérée et continue à faire des émules, tel un écho, bien des années plus tard, dans le monde où elle a longtemps rayonnée. Apres les suisses de Water Lily, ce sont les danois de Moi Caprice qui leur emboitent le pas.
Quoi que l’esprit pop et l’aspect hautement mélodique rapproche les deux groupes, le second, Moi Caprice conserve une forme traditionnelle par son orchestration. Ce sont les guitares qui gardent en effet la part belle dans l’élaboration de ces pop songs. Le groupe s’amuse d’ailleurs à mettre en avant des sons de guitare vintage et des cuivres, au beau milieu de ces compositions d’influence 90’s.
Bien que là encore, la patte Eskobar - groupe suédois - semble assez marquée, des travaux de groupes originaires du Royaume d’Angleterre peuvent tout de même être cités au titre des influences majeures de ce groupe, de New Order à Puressence.
Introduit par des guitares claires façon Shadows, le premier titre de l’album, Rising and Falling Points of dust, livre tous les ingrédients qui font la marque de fabrique de Moi Caprice : une voix fluide et délicate, un brin précieuse, à la manière de The Veils, quelques chœurs pour entretenir ce son vintage, et un sens de la mélodie, qui vous reste toute la journée dans la tête.

Love at last sight, sans doute un single, poursuit sur cette lancée, un peu d’harmonica discret en sus, et toujours, la mélodie, la mélodie et encore la mélodie.
Si on y prend pas garde, on devient vite accros aux refrains entêtant de ce We had faces then, qui fait d’ailleurs suite à un précédent album qui nous avait déjà fait dire que les Raveonettes avaient bien ouvert la voie aux groupes danois, un peu trop discret jusqu’alors sur la scène internationale !
Avec Moi Caprice, la pop anglaise n’a qu’à bien se tenir ! A la manière des célèbres songwriters scandinaves des années 80 et 90’s, ces derniers pourraient bien vite imposer leur loi sur la scène pop européenne !
Moi Caprice, avec ce nouvel album, nous montre que l’on peut associer accessibilité et qualité, pour un résultat propre et agréable.

Site officiel

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Mike S.


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Mimes of Wine – Apocalypse sets in
2009 – 10 titres + 1 – 53’27’

Style : Folk de chambre
Label : Midfinger / Audioglobe

Note : 9/10

Cela tient parfois à peu de choses. Un ami qui griffonne un dessin et vous donne envie d’écrire une musique autour et de prendre le nom du dessin : Mimes of wine. Laura décide donc de franchir le pas par une froide nuit d’hiver de 2004. En écoutant cet album qui arrive aujourd’hui, on imaginait plutôt son auteure étreinte par une envie de composer de la musique depuis le plus jeune age, tant ce disque paraît être l’œuvre d’une passionnée. Laura Loriga est pianiste dès son plus jeune age et tout son bagage classique est bel et bien présent dans cet album à l’esthétique « musique de chambre » d’un sombre assumé. Un piano omniprésent mais aussi une trompette, un violon, un violoncelle, une contrebasse et aussi une voix et quelle voix qui fait de Laura, l’équivalent féminin de Jeff Buckley. La comparaison avec le chanteur américain disparue ne s’arrête pas là, l’esprit est somme toute assez proche, Apocalypse sets in touché par la grâce. Mais voilà, l’univers de Laura Loriga est bel et bien essentiellement acoustique, ce qui la différencie quelque peu de Buckley. Il y a certes Oberkampf où une guitare électrique résonnante joue à cache-cache avec le piano. Il y a aussi le troublant Long lifting road où des arpèges viennent tisser un filtre dramatique sur une musique abyssale. L’album n’est pas toujours facile d’accès, Julius en ouverture s’apparente presque à de la musique contemporaine.
Si Mimes of Wine arrive à trouver un thème au piano qui vous transcende et une ligne de chant qui vous touche en plein cœur, le déroulement du morceau n’est pas toujours aisé et prend des détours un peu difficiles ( K ). Seul, Moth, plus lyrique et plus pathos, propose un plaisir sensuel immédiat. Chez Mimes of Wine, pas d’ornementations racoleuses, pas de mondes oniriques mais une vraie émotion à fleur de peau qui vous touche de manière épidermique. Il ne faudra pas se tromper et essayer de rapprocher Laura Loriga de ses consoeurs pianistes comme Kate Bush, Tori Amos ou Regina Spektor. Ou de My Brightest Diamond, à moins que ce n’en soit là la quintessence. Mimes of Wine touche à la même vérité nue de Buckley ou de PJ Harvey, mais comme vous l’avez compris dans une instrumentation totalement différente. C’est d’ailleurs le paradoxe et le miracle de cet album, d’affleurer les rives du jazz (surtout par cette trompette nocturne et cette voix jazz vocal), ceux affectés du cabaret, sans pourtant donner l’image d’un décorum, d’une musique factice faîte de faux semblants. Laura ne joue pas les poétesses crépusculaires mais nous donnent l’illusion persistante de l’être vraiment, en profondeur. Tout ceci n’est que de la musique c’est sûr et une fois le disque terminé, on relativise. Mais au moment de l’écoute de Apocalypse sets in, votre vie entière semble dépendre de Mimes of Wine. Immense disque.
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Denis Z.


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Shannon Wright – Honeybee girls
2009 – 10 titres – 30’02

Style : Indie Pop Folk
Label : Vicious Circle / Discograph

Note : 9/10

Parmi la pléthore d’artistes féminines talentueuses, Shannon Wright occupe une place un peu spéciale. Celle-là, on l’aime beaucoup et même plus et elle nous le rend bien, francophile qu’elle est. Avec Honeybee girls, Shannon Wright sort son album le plus chatoyant, une œuvre douce-amère qui se révèle très personnelle et très classieuse. D’ailleurs, en fin d’album, elle reprend probablement un des titres les plus doux des Smiths, lAsleep. Il y a quelques années, cela peut-être aurait été Handsome devil qui aurait eu les grâces de la belle. N’allez pas croire que Shannon Wright a mis de l’eau dans son vin : certains titres gardent le caractère tempétueux de son auteur, celle que l’on avait comparée à PJ Harvey ou Cat power (Embers in Your eyes). Mais certains morceaux coulent de source avec beauté, magnifiés qu’ils sont par une production à la profondeur inédite et des arrangements recherchés (Tall countryside, Black Rain).
Le caractère vrai de Shannon la préserve de trop de maniérisme et rien ne semble gratuit ou chichiteux : Shannon Wright n’est pas Tori Amos, même si Strings of an epileptic revival. Avec Wright, Il y a souvent un caractère sombre et un peu funèbre dans un piano, un orgue ou un violoncelle nocturne qui contrebalance la rêverie engendrée par la musique (Sympathy on Challen Avenue et Honeybee girls et leur penchant Victorien). On est sans cesse ballôter entre le céleste et funeste. Le clavier (piano, orgue mais aussi Wurlitzer), encore plus que la guitare, est l’instrument–clef du disque. Ce qui donne nécessairement un esprit différent d’une Chan Marshall par exemple. Mais avec Honeybee girls, Shannon l’aventurière explore d’autres terrains : avec Father, elle confronte sa musique à des textures électroniques. Derrière les bips et autres parasitages, le spectre du Père viendra vous hanter longtemps. Décidemment, cet album est impeccable.
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Denis Z.


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Throw me the statue - creaturesque
2009 – 12 titres – 45’05

Style : Indie pop rock
Label : Secretly Canadian / Differ-ant

Note : 8/10

A quoi reconnaît un bon album de pop ? A ses mélodies bien troussées, à ses idées d’arrangements fourmillantes, à sa faculté de mettre de la mélancolie dans des morceaux enjoués et réciproquement, une légèreté dans des moments plus tristes. Throw me the statue et son Creaturesque répond parfaitement à un cahier des charges auquel on pourrait ajouter la voix en demi-teinte de son chanteur Scott Reitherman et encore la modernité de certains partis pris (comme le son électronica de Snowhoes). Parfaitement mitonné par Phil Ek (producteur pour The shins, Band of Horses, Fleet Foxes),
Creaturesque pourra réconcilier les anciens et les modernes dans un florilège d’idées brillantes qui revitalisent sans cesse un morceau déjà attirant (les trompettes sur waving at the shore). C’est simple, évident de mélodie, presque cheap (y compris dans ses synthés et en même temps fin, inventif et classe. Quelque part entre Grandaddy, Pavement, Eels et Midlake, le groupe de Seattle vient faire sa petite place dans le best of de l’année. Tiens, je vais aller acheter Moonbeans, le premier album de Throw me the statue…
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Denis Z.


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Eamon Mc Grath - 13 songs of whiskey and light
2009 – 13 titres – 53'

Style : rock/folk/blues
Label : White whale / Cargo

Note : 7/10

Toute la musique est peuplée de ce genre de gars, forte tête et grosse personnalité, voix bière-clopes, qui transporte sa dégaine, de bars pourris en salles de concert qui ne le sont pas moins et fait de la musique comme si sa vie en dépendait. Le genre de songwriter qui brule la vie, trop vite sans doute, excessivement assurément et qui transforme tous ses tourments dans une énergie positive : Mc Grath compose sans cesse, enregistre frénétiquement et tourne, seul ou en groupe, là où il peut sortir sa guitare et brancher son ampli. Eamon Mc Grath appartient bel et bien à une légende américaine qui, de Robert Johnson à Tom Waits, continue à perdurer. On n'avait pas vu une telle frénésie depuis the Mountain Goats ! Cet originaire d'Edmonton a donc écrit 100 chansons pour n'en garder que 13 pour son premier album.
L'heure du choix a dû être ardue. Blues, rock, folk, les chansons de Mc Grath sont classiquement écrites comme l'auraient fait Bruce Springsteen, Tom Waits ou même Ryan Adams. Mais traitées sur un mode "roots", parfois déglinguées par un son aussi éraillé que sa voix (File under fire, cadillac Rosetown), elles sortent de toute ornière commerciale, elles perdent leur côté policé pour sentir la sueur et le tabac froid. Eamon Mc Grath est trop extrême dans ses manières frustes pour finir sur la bande FM. Certains titres sont authentiquement beaux (Darby crash and burn guitare, Caves), d'autres évoqueront les Afghan Whigs de Gred Dulli (Desparation Alberta), mais tous ont une étonnante expressivité et une force de conviction sans pareille. Au fait, Eamon Mc Grath a 20 ans et on espère l'avenir devant lui.
Myspace
Denis Z.


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The Eden House – Smoke and Mirrors
2009 – 10 titres – 54’35
Style : Trip-rock atmosphérique

Label : Jungle Records


Note : 10/10

Un album peut-il être parfait? C’est la question que j’ai tournée et retournée dans ma tête bien des fois. La réponse est probablement un «Non», haut et fort. Nous réagissons tellement différemment à la musique, tout est tellement subjectif. Mais que puis-je y faire, je ne suis pas vraiment en contrôle de la situation. Je donne un 10 au premier album de The Eden House sans un brin de regret. Voici le meilleur album, tous genres confondus, qu’il m’ait été donné d’écouter récemment. Il s’est emparé de moi dès la première écoute et ne m’a plus lâchée. La musique est écrite de belle manière, les paroles sont chantées de façon somptueuse et l’interprétation musicale est à se pâmer. The Eden House, c’est tout d’abord le duo formé de Tony Pettitt (Fields of the Nephilim, NFD) et Stephen Carey (This Burning Effigy, NFD, Adoration). Des ex-membres de FOTN, Nefilim et NFD sont invités à participer, ainsi que des musiciens ayant joué avec, entre autres, Bob Geldof, Penguin Café Orchestra et Van Morrison. Le tout masterisé par Andy Jackson, qui a travaillé (entre autres) avec FOTN et Pink Floyd.
Mais l’album ne serait pas ce qu’il est sans les quatre chanteuses qui, tour à tour, prêtent leurs voix aux morceaux: les vétérantes Monica Richards (Faith and the Muse) et Julianne Regan (All About Eve) se retrouvent aux côtés des plus fraîchement arrivées Evi Vine et Amandine Ferrari. Ensemble, les somptueuses mélodies et les voix riches des chanteuses tissent un voile sonique de pure émotion.

Pas de formules appliquées, juste un labyrinthe complexe de mélodies et de rythmes qui surprennent sans cesse et empêchent toute catégorisation.
All My Love, Reach Out et Iron in the Soul possèdent cette qualité de son sombrement électronique attribuée au trip-hop qui se mêle aux envolées du violon, à la basse et aux guitares atmosphériques ainsi qu’à la batterie parfaitement contrôlée. Même si l’atmosphère langoureuse et enfumée de Fire for You nous hypnotise, il ne nous prépare pas à l’assaut des deux derniers morceaux, dominés par de puissantes guitares: The Dark Half est épique et apocalyptique, alors que Sin (presque sept minutes montre en main!) est un hommage à cette tendance qu’a l’humanité à constamment rechercher le plaisir et le pêcher…
Smoke and Mirrors … un nom parfait pour cet album: en anglais, cette métaphore est utilisée pour décrire quelque chose qui n’est qu’une illusion, qui n’est pas ce qu’elle semble être; mais elle est également utilisée pour décrire la virtuosité d’un illusionniste pour son art …
The Eden House nous enchante et nous montre un monde de faux-semblants, de lumières et d’ombres qui pourrait bien se révéler finalement être le nôtre …

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Fabienne T.


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Prince - Lotus Flow3r
2009 - 9 titres - 47'59
Style :
Pop Rock
Label : Because




Note : 8/10

A 50 ans, il n’est peut-être plus le Kid de Minéapolis, mais Prince est définitivement un artiste à part sur la scène musicale. Et il le prouve à chaque sortie d’album, qu’il transforme en véritable révolution de l’industrie musicale. The Revolution n’était-il d’ailleurs pas le nom d’un de ses groupes à ses débuts ?
Apres avoir proposé la vente de son disque en même qu’une place de concert ou d’un magazine anglais à grand tirage (posant alors un problème du comptage officiel des ventes de disque…), pour cette nouvelle révolution, Prince propose l’abonnement annuel sur internet permettant l’accès aux nouvelles productions et aux enregistrements de ses concerts… (Rendez-vous sur son Site officiel)
Et, des nouvelles productions, Prince en propose ! C’est sous la forme d’un triple album que l’artiste livre ses nouveaux enregistrements. Si MplSound et Elixer (interprété par Bria Valente) ne nous ont pas été présenté à ce jour, <Lotus Flow3r a, quand à lui, déjà eu le temps de tourner en boucle sur nos platines et de nous faire une idée de l’état créatif de l’ex-« Love Symbol » !

Dans un format classique, 9 titres pour ¾ d’heure, Lotus Flow3r délivre des titres qui alternent entre Pop, Funk et Rn’B, variant les rythmes, les sons, les couleurs, proposant sans le dire, une rétrospective de la grande carrière d’un autre King of Pop. On pourra ainsi au fil de l’album se délecter de langoureux U gonna C me et Better with time, danser sur Chocolate Box, Another Like Me ou Dance 4 me ou encore s’offrir plus 7 minutes du meilleur funk dilatant de Old Skool Company.
En conclusion, voici que nous arrive un album riche et divertissant qui ravira les fans de la première heure, sans aucun doute, aucun. Et il devrait même permettre à Prince de trouver un nouvel auditoire, si la grosse machine commerciale ne lui met pas trop de bâtons dans les roues de sa révolution en marche !
Lotus Flow3r est vraiment convainquant !

Site officiel

Mike S.


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Craig Walker – Siamese
2009 – 11 titres – 42’19
Style :
Pop Rock Folk
Label : Discograph


Note : 8/10

Quand un irlandais rencontre un islandais...
Les fans de Brit Pop ont toujours dans leur discothèque un disque de Power Of Dreams. Les mêmes fans avaient sans doute flashé sur You All Look the Same to Me, un album Ovni d’Archive, qui avait fait trembler les fondations du Rock en 2002 ! Le point commun, vous le savez peut-être, c’est Craig Walker, voix des deux formations.
Mais cette année, le chanteur irlandais a choisi de faire bande à part et de sortir – enfin – son premier album solo.
Siamese est un album surprenant par la diversité de ses compositions et le niveau élevé de la production. Craig Walker donne l’impression d’explorer les diverses étapes de sa carrière musicale en allant chercher ici et là, des sons, des rythmes, des atmosphères, à la poursuite de son premier tube, à lui tout seul !
Entre Pop, Rock et Folk, Craig Walker semble ainsi refuser de s’arrêter à un genre. Déstabilisant au début, par son aspect trop lisse, trop propre, l’album finit par tourner, et tourner encore sur la platine, les mélodies de Summertime, de Photograph ou de Bride light exerçant rapidement leur travail d’accoutumance. Un son terriblement juvénile pour ce quarantenaire qui a pourtant déjà des milliers d’heures de studio derrière lui.

D’ailleurs, si ce n’est sur Tired Heart ou Greedy Pig, la voix de Craig Walker telle qu’on la connaît, est quasi méconnaissable, douce, sobre, presque discrete parfois. De même, le format pop à 3’ par titre est largement privilégié sur ce disque, même si, éduqué aux titres interminable d’Archive, Craig Walker s’essaie aussi sur le titre éponyme de l’album en fin de disque à ce style progressif des années 70’s, et à cette multiplication des nappes sonores. L’élève a presque dépassé le maitre…
Et puis, en fin toute fin d’album, un bonus sous la forme d’une reprise de Lou Reed, Perfect day, reprise à la perfection, toute en douceur, agrémentée de cordes. L’album est produit et co-ecrit par l’islandais Bardi Johansson (Bang Gang, Lady & Bird).
Voilà donc ce dont est capable Craig Walker quand il ne prête pas sa voix aux autres ! S’il pouvait avoir quelques craintes ou quelques doutes, les voici estompés. Craig vient de faire le grand saut !
Une caresse pour les oreilles et des tubes à la pelle !

Myspace

 

Mike S.


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Almost Charlie - The Plural of Yes 2009 – 13 titres – 44’35
Style :
Folk
Label : Words on music




Note : 7/10

Dirk Homuth et Charlie Mason sont des enfants du « World Wild Web ». L’un est compositeur et l’autre est auteur, et sans s’être jamais rencontrés, ils vont commencer à collaborer ensemble pour écrire quelques pop songs aux mélodies évidentes. Logiquement, un premier album (Loving Counterclockwise) va paraître et ne sera disponible que sur le net. ( phonector.com )
Très vite remarqué, Dirk Homuth va se retrouver, seul, en Allemagne et en France (en première partie de Louise Attaque…), puis va signer chez Word on music, aux USA. De cette collaboration, et additionné de quelques musiciens, nait ce second album, The Plural of Yes.
Avec ce nouvel album, nous découvrons enfin leur musique en France ; une musique discrète, une pop de poche, aux mélodies riches, qui n’est pas sans rappeler I am Kloot, Belle and Sebastian, ou carrément les Beatles, dont le duo – dans l’écriture - essaie de suivre les traces et les recettes presque à la lettre. Le plus étonnant, c’est que le passage remarqué de Dirk en Allemagne, s’est fait au célèbre Cavern Club

Ainsi, au hasard, Leaving is easy, The monster and Frankenstein, The World is full of Supermen livrent petit à petit un univers romanesque et surtout les secrets d’une musique à la fois élégante et surprenante de simplicité. Quelques cordes, toujours discrêtes (arrangées par Berth Hoffmann) accompagnent une voix, souvent dédoublées, qui maintient l’impression que l’on a affaire un duo, et non à un groupe qui séquestre son auteur dans les profondeurs de la campagne américaine.
Passé l’originalité du processus créatif, Almost Charlie apporte une vrai fraicheur dans la musique folk américaine.

My Space / Site officiel

Mike S.


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Water Lily - Turn On - Tune In - Drop Out
2009 – 12 titres – 36’58
Style :
Pop Rock
Label : Label Verte




Note : 6/10

Déjà prophète en son pays, la Suisse, ainsi que dans les pays germanophones environnants, Water Lily tente aujourd’hui d’étendre son aura sur le reste de l’Europe.
Apres deux albums remarqués, dont le deuxième, produit par Teo Miller (Placebo entre autres), le groupe livre en 2009 un troisieme opus, baptisé Turn On - Tune In - Drop Out. Mélangeant habillement les guitares électrique et les sons électroniques, leur travail n’est pas sans rappeler d’autres productions plus anciennes, telles que Eskobar, Kent, Whitlams et autres Placebo. La voix claire de son chanteur et les compositions mélodieux rappellent là aussi et sans conteste le travail de Daniel Bellqvist, chanteur d’Eskobar. Le groupe joue par contre, beaucoup plus sur les rythmes électroniques et les ambiances modernes.

Quoi que déjà septette, le groupe compte parmi ses rangs un 8eme homme, ou plutôt une femme, qui coécrit certains titres de ce nouvel album ; Aurélie Emery - un lien avec Ultra Orange ? - vient aussi doubler la voix du chanteur de Water Lily sur 3 titres de cet album, dont très certainenement le single en puissance, Cold Winds - Little Fairy . Toute ressemblance avec le travail d’Emma Daumas sur You Got Me ne serait pas que pur divagation de votre part (ou de la mienne)…
Vous l’avez compris, à travers ces quelques lignes, le nouvel album des Suisses de Water Lily n’a rien d’une révolution planétaire et ne devrait pas faire trembler les fondations du Rock, pourtant déjà bien fragile. Mais les lignes mélodieuses de chacune des 11 chansons qui composent cet album pourraient vous offrir quelques frissons en ce début d’automne…
Water Lily est un album 100 % pop sans accros qui devraient séduire les programmateurs, même des radios les moins courageuses.

My Space / Site officiel

Mike S.


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Dial M for Murder - fiction of her dreams
2009 – 10 titres – 28'

Style : Post-punk / cold wave
Label : Tapete records / Differ-ant

Note : 8/10

Prenons Dial M for Murder au pied de la lettre. En choisissant comme patronyme un titre de film d'Hitchcock tourné à l'époque en relief ("Le crime était presque parfait" en VF), le duo Suédois, David Ortenlöf and Andy Lantto, propose-t-il une musique à suspense, qui tient en haleine... et qui a du relief ? Après 28' d'écoute, on se dit que ces concis Scandinaves réussissent le pari d'un album implacable qui vous enferme dans une musique sous haute tension mais avec des mélodies qui vous restent en mémoire. Dial M For Murder pourrait être perçu comme le digne rejeton d'une double tendance du début des années 80, un côté post-punk ultra efficace, pénétrant et batailleur et un côté cold wave, plus mélancolique avec des jolies mélodies en mode mineur.
Et de cette double filiation nait donc le fameux relief recherché. Guitare et basse coupantes, boite à rythme froide, claviers émotifs et chant sépulcral font ici bon ménage et se mettent au service de 10 bonnes chansons pop un peu perverses. Dial M For Murder a beaucoup écouté Joy Division ou the Chameleons. A l'instar d'Interpol pourrait-on dire mais au jeu de la comparaison, Dial M For Murder dans un cahier des charges plus restreint et des ambitions plus modestes, réussissent mieux leur coup que le groupe New Yorkais. Dans le genre, l'album était presque parfait.

Myspace
Denis Z.


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Grizzly Bear – Veckatimest
2009 – 12 titres – 52’25
Style : Pop Psychédélique

Label : Warp/Discograph


Note : 6.5/10

Veckatimest, le nouvel album des Grizzly Bear, véritable événement pour beaucoup, est sorti avant les vacances (26 mai). En ce qui nous concerne, le temps d’appropriation a été plus long, il nous aura fallu quelques heures d’écoute sur des plages de sable fin de Marie Galante et un concert des américains à l’autre Bout de cette fameuse Route du Rhum, sur la scene du Fort de Saint Pere, pour être convaincu par Veckatimest.
Convaincu est d’ailleurs un grand mot, puisque le concert de la Route du Rock n’a pas emporté tous les suffrages de notre équipe, venue pourtant en masse voir ce concert.
Pour autant, il faut reconnaître au groupe un talent de musicien indéniable et une créativité musicale évidente. Un lieu plus confiné et un auditoire assis, dans un silence religieux, aurait mieux servi le concert et les compositions aériennes..
Qu’importe, il reste la musique, et en particulier, ce nouvel album qui met en lumière un jeu musical aux multiples harmonies et une voix magnifique, agrémenté de choeurs. Car Veckatimest est en fait une sorte de projet scientifique, dans lequel le groupe y expérimente une multitude de variations sonores infimes, créant cette impression de douceur intense de tous les instants.

Et puis, cet album, c’est aussi une mine d’or en matière de mélodicité, porté par un single Two Weeks, terriblement entêtant. Les envolées se multiplient sur des titres comme Southern Point ou All We Ask, allongeant les titres, comme sait le faire Mercury Rev, par exemple, et dont les liens musicaux sont peut-être plus évidents encore que ceux créés pour des besoins marketing autour d’une soit-disant scene new-yorkaise un brin intello à la pointe de la modernité musicale, Animal Collective étant pris comme tête de proue. Pour le coup, Grizzly Bear, c'est ça, mai un peu plus encore.
Vous l’aurez compris, les auteurs de Yellow House (en 2006) ne font toujours pas dans le tapageur, ni dans le super efficace. Si Two Weeks est parti pour être un tube planétaire, le reste de l’album, à l’instar de Cheerleader, devrait enthousiasmer les amateurs de musique (faussement) low-fi atmosphérique.
Un album à découvrir et apprécier avec le temps.

Site / Myspace

Mike S.


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Jeepster - What if all the rebels died ?
2009 – 10 titres – 29’55
Style :
Rock Pop
Label : Distile Records


Note : 7.5/10

... & The Golden Children Of Rock N Roll... comme ils se baptisent eux-mêmes, ces enfants de la Calofornie de Scharzeneger !
Drôle de mélange que nous propose Jeepster dans son tout premier album, baptise What if all the rebels died ? C’est d’ailleurs sur un air de rébellion que le groupe a vu le jour, puisque celui-ci est formé par deux membres discret (batteur et bassiste) de O!The Joy, Justin et Kyle. S’y ajoute Jonah, évadé du Nevada, pour les vocaux.
Comme les Walkmen, que Jeepster site volontiers en référence, le groupe sait allier le Rock électrique, le Folk envoutant et l’esprit pop. C’est en fait dans le Rock de T-Rex et des Led Zeppelin que Jeepster a puisé ce mélange détonnant qui donne à leur musique ce côté à la fois énergique et brillant. Sans faire revivre la grande époque du mouvement Glam rock, Jeepster nous en redonne une nouvelle lecture, plus sérieuse, peut-etre, mais surtout, plus moderne, tout en restant tres accrocheuse.

Les mélodies sont travaillées. Les arrangements bien choisis. Les voix nuancées à plaisir. A la liste des influences invoquées, j’y ajouterai volontiers The Afghan Whigs. Les fans de Greg Dulli sauront en effet trouver en Jeepster une nouvelle source de satisfaction.
A day in the dark, Don’t go Too Far, Write the end first, You can’t stop, tour à tour, vous prouveront la qualité d’écriture autant que celle d’interprétation d’un groupe en création, aux contours déjà bien définis.
Sans être une seule seconde racoleur, et relativement court (moins de 30 minutes), l’album s’apprivoise très rapidement et devient tres invite incontournable…
Un album donc inmanquable, vous l’aurez compris !
Myspace

Mike S.


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Early Day Miners - The treatment
2009 – 8 titres – 42'

Style : indie rock
Label : Secretly Canadian / Differ-ant

Note : 8,5/10

Après avoir été attiré par les sirènes du post-rock avec un Offshore co-produit par John Mc Entire, Early Day Miners revient à un indie rock plus classique, avec des morceaux qui se développent quand même sur 6-8'. Mais la chant retrouve toute sa place ici, ce qui nous permet de se rappeler que Dan Burton a un timbre proche de celui de Peter Gabriel. Toujours ouvert à faire entrer des collaborateurs dans son univers, le groupe de l'Indiana utilise une fois de plus, la voix féminine d'Amber Webber en écho mélodique de Burton, donnant parfois une touche pop à la Prefab Sprout. Certains titres de The Treatment tiennent du miracle. Des petites merveilles qui se déploient sur une trame volontairement répétitive avec une rythmique qui va battre la mesure de manière métronomique. Mais à partir de là, fort d'une basse qui en quelques accords marquent un joli territoire, Early day miners, ajoute sans cesse des instruments impressionnistes,
beaux par leur sonorité, beaux par leur placement. En une simple inflexion de guitare, un simple son de clavier, le groupe arrive à vous faire défaillir. A ce titre, The Surface of things et son piano et Becloud et son moog sont des petits chefs d'oeuvre de finesse. Burton chante sur du velours avec des guitares touchantes au possible. Rien n'est tapageur, tout est parfaitement senti. Même quand le groupe fait avec How to fall un remake de Sympathy for the devil, la rythmique vaudou n'est plus mise en avant et devient juste un fond turbulent à une mélodie séduisante. Le groupe modernise avec brio un esprit sadcore, voire coldwave (The Zip à rapprocher de Windsor for the Derby ou de Piano Magic). De ce fait, The Treatment est un album qu'on écoute en boucle. Encore et encore.

Myspace
Denis Z.


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Action Dead Mouse – Revenge of doormats and coasters
2009 – 11 titres – 62’

Style : Post-rock
Label : Greed recordings / Anticraft

Note : 9/10

Il y a des fois où l’on aimerait faire une chronique courte et ne pas se sentir obliger de décortiquer encore et encore un album. Avec Revenge of doormats and coasters, on aimerait juste écrire : « fais moi confiance : ce deuxième album d’Action Dead Mouse est top de chez top, va l’acheter sur le champs où tout est fini entre nous ». C’est sûr, si on était face à face cela serait plus simple d’être persuasif et ce, avec une idoine intonation de voix avec force tremolo et une lumière dans les yeux qui donneraient plus de poids à cette affirmation à l'émporte-pièce. Mais par écrit…D’autant plus que vous n’avez aucune raison de me faire confiance et de suivre mes directives à la lettre et c’est tant mieux comme ça. Je m’adresse après tout à un public averti qui aime le rock et qui peut comprendre. Donc poursuivons, sans non plus tout expliciter en détail car Revenge of doormats and coasters est bien le genre d’album qui s’écoute d’une traite, comme une œuvre insécable où chaque morceau peut être singularisé certes mais qui prend sa vraie valeur dans sa globalité. Largement instrumentale, la musique est à classer dans la case "post-rock" avec des morceaux labyrinthiques où il fait bon se perdre et où les changements d'humeur font le sel de la musique. Il y a du Cure dans les sonorités, du Tortoise dans les aspirations, du Rien dans le rendu, du Slint dans les moments plus rocailleux.
Avec Action Dead Mouse, le rythme est souvent soutenu et certains morceaux partent sur les chapeaux de roue comme l'aurait fait un bon groupe émo. Comme si nos Italiens, par ailleurs cérébraux et élitistes, avaient gardé quelque part un coeur d'adolescent et se laissent facilement submerger par leurs sentiments. Ultra technique (certaines structures sont math rock), Action Dead Mouse fait surtout une musique émotive avec des passages d'une beauté fulgurante : dans ces moments là, comme si l'intensité trop forte conduisait à exprimer ses sentiments, un chant tour à tour plaintif ou puissant surgit enfin, nécessaire (avec une voix qui n'est pas sans rappeler Robert Smith). Une trompette, élevant le débat illico presto, intervient à des moments clefs suivant la même évidence. Cette trompette utilisée à bon escient donne une touche très personnelle - et classieuse - à la musique (un peu comme le fait les Américains de The Drift). Mais plus encore, l'instrument lead - avec les sacro-saintes guitares- est bel et bien un violon qui donne un ton particulier à Action Dead Mouse. Pensez à John Cale du Velvet Underground pour ces plongées en abîme, pensez même à Louise Attaque pour cette touche rustique et fruste qui rend plus presque charnelle encore les turpitudes de la guitare. Voilà que je décortique. Action Dead Mouse, en parler c'est bien ; l'écouter c'est nettement mieux !
My space
Greed recordings


En tournée française au mois de novembre 2009 : 24/11 St Etienne , 25/11 Lille , 26/11 Rennes , 27/11 Amiens , 28/11 Paris
Denis Z.


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Elephant Leaf – the taste of salt
2009 – 12 titres – 39’

Style : folk pop vs expérimental
Label : Tutuguri / COD&S

Note : 9/10

On avait découvert la paire Elephant Leaf (Lucie Dehli/Stephan Ink) à l’occasion d’un insaisissable Emotion power à la folk diluée dans une électronique éthérée. Le duo est devenu un quatuor, ce qui rend naturellement The taste of salt plus mordant et plus ancré dans la réalité. Mais attention, derrière des titres faussement électro-pop, trip hop pourrait-on dire pour simplifier, on trouve en arrière le fameux goût de sel annoncé par le titre et même un peu de poivre. Sans faire de mauvais jeux de mots, on est plus près ici du tripes hop que du trip hop. Et pourtant, il y a bel et bien des programmations et une voix féminine gentiment mélancolique. Ce qui nous donne d’ailleurs des moments préservés d’une beauté incontestable (The taste of sugar, is it time for us, Back in this world). Mais derrière, les sons peuvent être saillants et métalliques, une petite touche indus (Like roses in the fall), noise (get out of my way ou plus subtilement sur l’envoutant Don Q) ou mystico-bruitiste sur Elbow room.
On sent que Elephant Leaf est un groupe plus libre que jamais, avec une ouverture d’esprit qui les conduits sur les traces du jazz, de la musique contemporaine et d’un groupe comme Tuxedomoon (l’emploi du saxo sur Harold’s blow). Mais le groupe a surtout quelques idées atypiques voire bizarres (n’a-t’-il pas été découvert par le mythique label Some Bizarre ?). Par exemple, Anything you want pourrait faire de Lucie une diva du jazz mais le morceau famélique nous échappe à chaque fois qu’on croit le saisir. Parallel lines nous envoute par sa mélodie mais emprunte des chemins tordus pour nous semer. Comme si Elephant Leaf refusait la facilité, le consensus et la banalité. Comme s’il voulait mettre un peu de recherches, d’expérimentations dans chaque morceau, tirant la musique un peu plus vers l’abstraction (Seven year may be eight). Ils ont bel et bien leur propre personnalité même si on pourra les rapprocher de Lamb (autre duo mixte d’ailleurs), champion pour brouiller les cartes et donner une baffe là où on croyait recevoir une caresse. A rapprocher aussi du dernier Hanne Hukkelberg (encensé ici même). Absolument indispensable.
My space
Denis Z.


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Late night venture - illuminations
2009 – 4 titres– 24'

Style : rock moderne
Label : Quatermain records / Planets of sound

Note : 8/10

Un jour, il faudra se poser la question et surtout réfléchir à la réponse. Comment font les groupes de rock Scandinaves pour faire une musique en totale adéquation avec leur époque, puisant juste ce qu'il faut dans les plus avant-gardistes genres que sont le post-rock ou l'électronica et pour en tirer une musique belle et accessible ? C'est presque la quète du Graal et si certains groupes français parviennent à remplir ce beau cahier des charges (Exsonvaldes pour n'en citer qu'un), les groupes Scandinaves réussissent souvent ce tour de force avec une facilité déconcertante. Récemment, il y a eu les Suédois d'Audrey et de Jeniferver. Voilà les Danois de Late Night Venture, originaires de Copenhague, qui sortent un EP arrogant de classe. Produit par Magnus Lindberg (Cult of Luna), Illuminations est séduisant dans ses détails (des sonorités magnifiques de guitares réverbérées, de glockenspiel ou d'un piano bien placé) mais aussi dans sa globalité avec des morceaux longs en bouche, complexes dans leurs structures et leurs changements d'ambiance.
Les morceaux font chacun prêt de 6' et pourtant, ce groupe pourrait avoir le succès de Radiohead ou de Coldplay. A croire qu'il pourrait même servir de première marche à certains plus grand public pour après écouter du post-rock et des choses moins narratives ou plus difficiles d'accès. En effet, Late Night Venture a parfaitement assimilé l'héritage d'un Explosions in the Sky ou de Mogwai d'un côté et l'électronica allemande d'Ulrich Schnauss et Lali Puna de l'autre (avec des programmations en texture d'appoint). Cela se sent dans sa musique, tout comme le fait que plus jeunes, ils ont faire leur premières armes au son de Cure et du mouvement Shoegazing. Avec tout ça, LNV arrive à être lyrique sans tomber dans le pathos (Sidekicktrip to Mars), il peut aussi envoyer le bois comme un groupe de Hardcore le temps d'une tempête dramatique et ce, juste une magnifique intro aérienne - ce qui démontre que LNV navigue aisément au milieu de courants contraires - (Acorns Fall). "I see fire" chante Jens Back. Nous, nous sommes déjà illuminés par Illuminations.
myspace
Denis Z.


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Tara Jane O'Neil - a ways away
2009 – 10 titres– 37'

Style : folk
Label : K records / Differ-ant

Note : 8/10

Tara Jane O'Neil est une artiste à part et sur l'ensemble de sa discographie, on retrouve toujours chez la jeune femme cette volonté de prendre un matériel connu et archi rabattu et de le tirer un peu du côté de l'expérimental, de l'évanescent. Juste un peu mais suffisamment pour brouiller les pistes et trouver une personnalité propre. A ways away, sixième album, noie la folk pop originelle dans une atmosphère cotonneuse fait de doublement de voix, de lignes de guitares qui se mélangent et se confondent, de violons qui surnagent, de percussions qui viennent se poser et donner un rythme particulier à la musique...Autre particularité, en ces temps d'embouteillages de groupes acoustiques, la musique de Tara Jane est bel et bien électrique et doit autant à Joni Mitchell qu'à un Velvet Underground apaisé. L'album se clôt d'ailleurs sur un instrumental The Drowning electric où Tara Jane, telle une Ophélie des temps modernes, se noie béate dans une vase électrique. Sur d'autres titres, même quand la guitare acoustique est plus à l'honneur (in tall grass, drowning),
il y a toujours son pendant électrique ou des textures en lévitation, propres à plus nous donner le sentiment que nous avançons bel et bien sur des sables (é)mouvants. Dans son album, la chanteuse aura donné plusieurs couleurs à sa musique. Verte sur la balade irlandaise Howl, blues sur Pearl into sand, jaune comme les blés sur le bucolique In tall grass, blanc comme la neige sur le pur Vertiginous one. Mais chaque tendance se fond dans une même douceur contemplative. Comme quand on regarde le soleil en face et que toutes les formes et couleurs s'habillent d'une même luminosité qui uniformise tout dans une belle radiation. A New binding sera perçu comme la réponse positiviste à la noirceur de Red House Painters, preuve ultime qu'on sort de A ways away emplit d'un sentiment de sérénité, sans pouvoir vraiment expliquer le pourquoi et le comment. Sur Beast, go along (proche de Dead Can Dance sans en prendre tout le décorum), la chanteuse éloigne le monstre de la Lande avec une grâce infinie. A se demander si Tara Jane O'Neil n'aurait pas des pouvoirs magiques ?
myspace
Denis Z.


Haut

Misophone - I sit at open windows
2009 – 12 titres – 34’

Style : La grande parade du Folk
Label : Another record / Anticraft

Note : 7,5/10

N’espérez pas voir Misophone en concert. Ils n’en font jamais, le truc de ce duo de Bristol, c’est de jouer de leurs instruments (un nombre pléthorique) et puis l’écriture, la composition et l’enregistrement d’albums, 14 à ce jour. Qui dit mieux ? Le dernier sort donc chez les Français d’Another record dont le côté doux dingue rêveur n’a jamais fait peur, bien au contraire. Misophone, c’est un peu Day One ou The Bees venus d’un autre âge. En effet, I sit at open windows ressemble aux films du temps du muet avec un Noir et Blanc couleur sépia, le scintillement des images, le rythme qui semble un peu chevroter et les gros plans sur des visages qui grimacent. L’écoute du disque se transforme vite en visite d’un cirque ambulant de la Grande Dépression ou de l’Angleterre de
Dickens, au son notamment d’un orgue de barbarie tenu par un lointain aïeul de « Sans Famille » (avec chiens errants et macaque domestiqué), de cuivres déguenillés et d’un piano bastringue dégingandé. A ma droite, découvrez la joyeuse parade des Freaks (A Ghost of right america), à ma gauche, la marche macabre des squelettes (Lost march of the dead). Arrêt obligatoire devant l’orchestre de musique juive qui vous tirera les larmes (Rest asleep), devant l’albinos de « Délivrance » et son banjo (Days of regret) et plus loin, devant la sensuelle danseuses des sept voiles (Bull horn instrumentale). Un conseil, à la fin de la visite échappez-vous de la foule, sortez de ces fortes odeurs de gras et de bêtes, oubliez les femmes à barbes et les costauds des Batignoles. Prenez de la hauteur en montant sur la colline et regardez les étoiles (Run, run, run). C’est beau un cirque qui s’endort et qui rêve.
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Denis Z.


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Color Cassette - Forever Sparrow
2009 – 11 titres – 40'

Style : Folktronica
Label : Autres directions / La Baleine

Note : 9/10

On a tendance à appeler ce genre de musique du Folktronica, un mot-valise qui essaye de résumer deux tendances présentes chez un artiste comme Colour cassette (un esprit traditionnel et un matériel technique) mais qui, au final, oublie l'essentiel. Jason Corder, Américain pure souche du Kentucky, à l'origine de Colour Cassette, est bel et bien un songwriter, écrivant des chansons personnelles sur une vieille guitare comme l'aurait fait Nick Drake il y a 40 ans. Ses mélodies ne sont pas sans évoquer la mélancolie un peu obsédante et les compositions délicates du slowcore d'Idaho. Mais Corder vit dans les années 2000 et la technique actuelle - l'électronique, les programmations, le home-studio - lui permet d'enrichir de substances (illicites ?) son univers initial. L'Américain s'aide aussi d'amis musiciens venus apporter leurs pierres à cet édifice fragile et touchant. Au final, Forever Sparrow est donc un album hybride qui met au défi chaque auditeur de reconnaître ce qui est de l'ordre de l'électronique, de l'électrique (avec des guitares qui entrent en résonnance) ou de l'acoustique (violon, xylophone).
Chaque instrument se fond à un autre dans une lente collision silencieuse et chaque son semble plus éclore qu'arriver dans cette musique contemplative. Les bruits de la nature semblent venir se mêler à cette douce communion avec l'aurore naissante (Angels in ashes). Le bonheur de l'écoute rappelle des sensations qui rendent le quotidien magique : comme s'étirer après une languide torpeur, comme ressentir un soleil du matin sur son visage ou une légère brise dans ses cheveux. Le résultat de cette musique toujours sur le fil évoquera les premiers albums de Hood et encore plus le projet bis de certains de leurs membres, les impressionnistes Remote Viewer.Il rappellera aussi à notre bon souvenir le Spirit of Eden de Talk Talk. Avec Color Cassette, Le temps s'étire et plus rien n'a plus d'importance sauf ce doux sentiment d'abandon. Magnifique.

Myspace
Denis Z.


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Morose - La vedova d'un uomo vivo
2009 – 9 titres – 56'

Style : Mélancolique
Label : Ribess record / Travelling music /Musicast

Note : 8/10

Au jeu de l'explication de texte, on s'attardera d'abord sur celui du titre de l'album : "la veuve d'un homme vivant" une belle image antinomique (tirée d'une citation de Stringberg) qui rappellera celui des célèbres Dead Can dance ("les morts peuvent danser", comme un invitation à trouver de la mort dans la vie et vice versa). Ce n'est peut-être pas un hasard , musicalement et dans l'esprit, le groupe Italien rappelle les cultes Australiens 4AD, soustraction faîte de tout ingrédients world : en cela Morose est plus Brendan Perry que Lisa Gerrard ; d'ailleurs la voix est ici masculine, celle de Davide Landini, grave et pénétrante entre Piero Pelu de Litfiba (celui de 17 re) et Neil Halstead (slowdive, Mojave 3). Le rythme est i invariablement lent nmais véhicule une certaine majesté : on avance au rythme d'une marche funèbre mais avec élégance, raffinement et émotion (Elena dalle candide braccia). Morose compose ses morceaux comme les araignées tissent leur toile : avec patience et méticulosité.In fine, le dessin est menaçant mais éclatant de beauté. L'humeur est pour le moins sombre avec des ambiances Baudelairiennes. Morose est un groupe classique dans son instrumentation, préférant le piano, le violoncelle, la clarinette ou le cor à n'importe quel clavier.
C'est en soi plus une musique de boudoir ou de manoir que de clubs de musique. Les guitares électriques ne sont là que pour accentuer le vaporeux de l'atmosphère. La violence n'est pas loin et semble provenir de la nature hostile (Il campo ha occhi, la foresta orecchi), les sirènes maléfiques restent encore en dehors de l'enceinte (Tu m'hai detto, seule incursion vers un terrain Gerrard-ien). Il y a du And Also The trees dans cette préciosité et ce dandysme un peu macabre, ses arrangements hors du temps et cette faculté d'épancher ses idées noires. Il y a aussi du Slowdive sur Ancora una parola. Mais si le groupe évoque le spleen, le brouillard, il ne tombe pas non plus dans la caricature et réussit à vous emporter sans vous plomber. Le nom du groupe est donc "Morose" et pas "ténèbres" ou "désespoir". Comme un sentiment plus en demi-teinte qui ne vous quitte pas, qui vous obsède et qui finit par devenir presque agréable. Ces Italiens francophiles vous offrent sur un plateau d'argent une jolie parenthèse désenchantée.
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Denis Z.


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Mintzkov - 360°
2009 – 11 titres – 49’15
Style :
Pop Rock
Label : Volvox


Note : 8/10

Voilà bien longtemps que la Belgique ne nous avait pas donné de bonnes nouvelles en provenance de sa scène rock pourtant habituellement prolifique ! En effet, le filon dEus semble s’être terriblement appauvri depuis quelques années, donnant du coup un peu de place wallons (Ghinzu, Girls in Hawaii, Hollywood Porn Star…) Mais là encore les dernieres livraisons n’ont pas toujours été à la hauteur de la réputation que l’on voulait bien leur accorder.
Initialement appelé Mintzkov Luna, le groupe a écourté son nom, pour des raisons qui me sont inconnues, après un premier album baptisé M for Means and L for Love.
En 2009, l’album 360° révèle le groupe au-delà de ses frontieres et délivre un subtile mélange de pop et de rock, marqué par une exigence mélodique.
Ce qu’on pourrait reprocher au premier abord à ces Mintzkov, c’est tres certainement son manque d’originalité et son mimétisme avec ses collègues d’Anvers sus-cités. Mais que voulez-vous, c’est comme si on demandait aux groupes de rock français d’arrêter de faire du Noir Desir !
Et, une fois passée ce travers, on peut toutefois découvrir toute la richesse de composition de cet album. Et delà, l’énergie qui s’en dégage ! Des titres tels que One’s equals a lot, Return & Smile, Ruby Red ou Let’s Talk Things Over sont autant de tubes en puissance.

De même, Miles Ahead, moins tapageur, mi-tempo, fait une belle démonstration des talents charmeurs du groupe. C'est d’ailleurs sans doute ce qui a pu pousser le groupe à baptiser leur album 360 degrees, tant il semble être allé tout azimut pour établir toute la variété de leur album.
Aux manettes, le groupe s’est fait aidé par Mark Freegard, producteur écossais connu pour son travail avec des groupes aussi variés que The Breeders, Manic Street Preachers and The Cranes, et donc capable d’orienter son travail dans toutes les directions souhaitées par le groupe.
Gage de qualité peut-être, les dernières dates du groupe dans le Bénélux ont souvent été Sold Out ! Alors avant de passer pour un has been, en parlant encore du dernier album de Ghinzu, allez vite jeter une oreille sur ce 360° des Mintzkov, il se pourrait que vous soyez bien surpris ! Loin d’être un album novateur, 360° n’en demeure pas moins riche et passionnant.
Myspace du groupe / Site du groupe

Mike S.


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Sunset Rubdown - dragonslayer
2009 – 8 titres – 48'52

Style : Indie rock
Label : Jagjaguwar / Differ-ant

Note : 9/10

On ne va pas y aller par quatre chemins mais cet album est un des must de cette année en cours. A l'heure des bilans, pas sûr que Dragonslayer se retrouve dans les TOP 10 des magazines spécialisés ; la faute non pas à un manque de talent, le groupe Canadien en a pour dix, mais à la relative confidentialité de cette sortie (même si l'album sur le label réputé Jagjaguwar). Derrière, Sunset Rubdown nous retrouvons le songwriter Spencer Krug. L'ultra actif chanteur guitariste, non content d'être déjà membre de Wolf Parade et de Frog eyes, sort avec Dragonslayer le troisième album de Sunset Rubdown. A se demander quand est-ce qu'il dort car cette petite perle n'est pas du genre à être écrite en 5 minutes sur un bout de feuille ou dans l'émergence du boeuf studio. Pourtant, Dragonslayer se voulait être, selon son auteur, un album accrocheur et pop - plus en tout cas que les alambiqués albums précédents. Peine perdue, l'esprit quelque peu alambiqué de Krug auront vite fait de muter Dragonslayer en oeuvre d'une richesse étonnante. Ces 8 chansons ont la faculté de se réinventer sans cesse, de s'auto-alimenter en permanence, quitte parfois faire volte-face à un système mise en place trente secondes plus tôt. Ce sont bel et bien là des pop songs efficaces mais qui étendent leur emprise sur 6 minutes et non pas trois (et même 10 sur le final de haut vol Dragon's lair)
. Le miracle, c'est que chaque titre reste accrocheur. Comme si le bouillonnant Krug, à la différence de Frog eyes qui n'essayent pas d'agencer ses éléments hétérogènes et qui déboulent comme un grand "ça", Dragonslayer est un album parfaitement ciselé où chaque instruments et idées d'arrangements est pensé pour ne pas brouiller l'impact continu du morceau. Disons qu'un titre comme Idiot heart déroule dans une énergie presque euphorisante tout en nuançant sans cesse son propos par l'arrivée d'un clavecin qui galope, d'un choeur féminin (Camilla Wynne) qui "popise", d'une nappe de synthé qui supporte etc, etc...Même les guitares régénèrent sans cesse leur orientation, passant d'un riff gratouilleux à une fluidité dans le jeu, de l'agressivité au lyrisme en un battement de cils. Les morceaux nous mènent toujours sur des chemins que l'on ne s'attendait pas à arpenter et rien que pour cela, quel plaisir ! Ce groupe est vraiment étonnant et par exemple, apporte un soin tout particulier à l'usage des percussions. Sunset Rubdown n'est pas la copie conforme d'un autre groupe ou ne suit pas même une famille musicale de l'Indie rock mais un tel album pourra trouver écho chez un fan de Bowie, de Talking Heads, de Pixies ou de Pinback. Comme ultime preuve que le talent peut toucher tout le monde (ou presque)
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Denis Z.


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Yarn:moor - So, i'll take your hand and...
2009 – 8 titres – 35'32’

Style : Electronica / Electro aquatique
Label : Noble Label / A musik

Note : 7/10

S'il y a bel et bien un élément qui pourrait représenter Yarn:Moor, c'est bel et bien l'Eau. L'ancien duo, le producteur Moss et Neuma aux programmations, devenu trio avec l'arrivée de la chanteuse Tao se sent comme un poisson dans l'eau dans l'élément liquide. Cet album représente bel et bien une descente dans un monde, non pas sans lumière, non pas du silence, mais dont l'élément fluidifie les mélodies et filtre les ambiances. le ton est donné avec Warm, sweet and freeze, doux ambiant aqueux dont seuls quelques bruits de radars et bruissement métallique viennent parasiter la plénitude. Chez Yarn:Moor, les profondeurs ne sont pas une matière et une couleur infinie, un milieu uniforme et des éléments vont sans cesse venir troubler cette balade sous-marine, transformant souvent la plongée en exploration de vieilles épaves ou autres carcasses échouées par des centaines de mètre de fond.
Les sons resteront donc fluides et même poétiques (Pool in the sun est un titre onirique) mais certaines matières et textures seront jugés plus agressives avec l'utilisation de petits programmations minimales et resserrés (comme chez Warp), apparaissant et filant aussi vite qu'un ban de poissons. Avec l'arrivée de Tao au chant, c'est bel et bien une présence humaine qui se jette à l'eau faisant naître des mélodies sous les textures. L'instrumental Ephemera et son piano à la Keith Jarret vous laisse un petit goût mélancolique derrière un traitement à la Aphex Twin. So I'll take your hand and... est une jolie invitation au voyage qui vous prend la main pour vous amener loin de la foule déchaînée mais pas totalement hors du monde.
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Denis Z.


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Moby - Wait For Me
2009 – 16 titres – 52’03
Style : Ambiant Soul

Label : Because


Note : 8/10

C’est en 1999 que j’ai commence à m’intéresser à la musique de Moby. A l’époque, Moby faisait du Rock survitaminé. Qui n’a écouté que les albums 18, Hotel ou Play aurait même du mal à le croire…
Pourtant, à cette époque, déjà, il y a 10 ans précisément, Moby avait déjà proposé sur le même album, un second CD qui comportait des titres instrumentaux, très aériens, aux sonorités électroniques évidentes.
Ce fut sans doute le déclic ! Depuis, Moby s’est lancé dans l’exploration de la stratosphère en nous livrant chaque année ou presque une nouvelle vision de son paradis.
Wait For Me, le nouvel album n’échappe pas à la règle et devient le 4e album à suivre, en recherche de grands espaces propices à étaler une musique légère, à la fois sobre et mélodique. Certains comme moi regretteront encore la grande époque d’Animal Rights même si l'on doit reconnaître un réel talent de compositeur et d’arrangeur à cet artisan terriblement perfectionniste. Sur ce nouvel album, comme toujours, Moby est seul capitaine à bord, tel Achab sur le Pequod... Compositeur, il y assure les arrangements, la production et l’orchestration dans son intégralité. Seuls les voix sont partagées entre divers artistes peu ou pas connus en Europe, tels que Amelia Ziria Brown, Starr Blacksheer, Leela James (son second album Let's Do It Again est sorti cette année)… Moby faisant juste une apparition vocale sur Mistake, titre qui constitue d’ors et déjà le second single de l’album apres le trippant Pale Horses.

Trippant, c’est d’ailleurs, peut-etre dans cette direction que semble se diriger de plus en plus Moby, sur les traces encore fraiches de Massive Attack. Pale Horses, quoi que reprenant les recettes déjà utilisée par des titres anciens tels que Natural Blues, n’en est pas moins orienté Trip Hop, de par son rythme lascif. A l’inverse, Mistake nous offre une petite variante sur cet album, en créant une atmosphère plus vintage, qui rappelle un peu le Space Oddity de David Bowie. Mais là encore, on reste sur une impression d’espace infini, de fuite du monde moderne. A noter d’ailleurs, que la majorité des titres ne sont pas chantés, Moby ayant sans doute préféré faire passer des impressions plus que des messages. Seuls quelques textes comme Study War -… No More - ne laissent pas insensible et continuent de coller à l’actualité américaine.
Entre Soul, Pop et Trip Hop, Moby poursuit sa recherche de la perfect song et peut-etre même du Perfect Album. L’album donne une impression étrange, un univers asceptisé parfois (tel The Universal de Blur), comme quand on s’introduit dans un hôpital tout blanc, immaculé, et en même temps, il procure une sensation de bien-être et de légèreté.

Au final, Wait For Me demandera une écoute attentive et répétée avant de dévoiler tous ses secrets. De quoi être agréablement surpris !

www.moby.com

Mike S.


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Bowerbirds - upper air
2009 – 10 titres – 39’

Style : Indie folk
Label : Dead oceans / Differ-ant

Note : 8/10

L'année dernière paraissait Hymn for a dark horse, l'occasion de se délectait d'un trio folk pas tout à fait comme les autres. L'attente n'a pas été trop longue avec un deuxième album enchanteur. Avec upper air, L'ambiance est peut-être plus apaisée et plus calme que sur le précédent opus. La voix de Phil Moore, sorte de Jeff Buckley des champs, est toujours parfaite ou presque. Derrière son côté bastringue, les chansons du groupe revêtent une beauté quasi mystique (Beneath the star, Chimes). Le groupe fait peut-être ici encore plus confiance à ses qualités naturelles et à des mélodies qui derrière leur apparente rusticité, se découvrent une profondeur insoupçonnée et des trésors d'émotion.
Sur leur premier album, Bowerbirds se distinguait par l'emploi d'un accordéon et se positionnait comme un Beirut intime ; ce qui est toujours le cas même si le recours à l'instrument parait moins systématique. Bowerbirds manie l'art de la tempérance à la perfection et semble utiliser une palette musicale large avec juste ce qu'il faut pour qu'un morceau vous transperce. Un deuxième Bowerbirds...Chouette nouvelle !
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Denis Z.


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Seeland – Tomorrow’s today
2009 – 12 titres – 43’

Style : Electro pop retro futuriste
Label : Loaf / La Baleine

Note : 7/10

Les deux membres de Seeland ne sont pas pour le moins des inconnus. Tim Felton a été membre de Broadway et Billy Bainbridge de Plone. Ensemble, ils ont formé ce duo qui a sorti ses deux premiers singles sur Duophonic, le label de Stereolab. Tiens, tiens…Les deux groupes ont en commun le même amour pour les sons de claviers vintage et pour une certaine idée du retro-futurisme. Car si Seeland aime utiliser des sons entendus aussi bien dans les années 60 –tendance psychédélique – que dans une synthé-pop années 80 (Turanround), ils redistribuent les cartes avec un regard d’aujourd’hui. A moins que la modernité de Seeland ne naisse dans leur envie de ne pas hiérarchiser entre des mélodies populaires (comme Human League ou les deux premiers albums de Depeche Mode) et
des recherches sonores qui en leur temps ont été avant-gardistes. Dans ce mélange, Seeland appartient à la même famille que Mellow, même si les Anglais ont des envies de plaisirs plus spontanés – et dès lors, peut-être plus éphémères. Le programme de cet album est plutôt réjouissant : captured file comme un Smiths électronique ; Colour dream vous propose de prendre un apéro sur une terrasse dans l’Espace ; Burning pages est un irrésistible single digne d’une électro-pop labellisé Morr music et Goodbye se déguste comme une gentille sucrerie plastique. Quant à Static object(meilleur titre de l’album), il trouve le parfait équilibre entre des guitares aguicheuses et des claviers conquérants.
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Denis Z.


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Foreign Born – Person to person
2009 – 10 titres – 39’

Style : Indie pop
Label : Secretly Canadian / Differ-ant

Note : 7,5/10

Ce qui marque le plus dès les premières notes de Person to Person, l’album de Foreign Born, c’est bel et bien la voix mi nasillarde mi lumineuse de Matt Popieluch, un timbre à rapprocher de Merz. De là, à faire un lien - un peu audacieux – entre la groupe Californien et l’artiste solo anglais, il n’y a qu’un pas… que nous franchissons allègrement. Les différences sont notoires certes, notamment dans l’instrumentation parfois marquée par le sampling et l’électronique chez Merz - à la différence de FB où tout est joué. Mais l’esprit foisonnant de liberté de ton est pour le moins similaire. Car si la base des chansons de Foreign Born est pour le moins rock, les idées d’arrangements, eux, n’ont plus rien à voir avec une vision guitare-batterie étriquée. Blood Oranges donne d’entrée le ton : des percussions – omniprésentes sur l’album - qui renverront autant aux envies d’exotisme de Talking Heads que de la pop débridée d’Arcade Fire (vacationing people). Les membres de Foreign Born pourraient arborer des chemises à fleur qu’ils continueraient à avoir la classe.
Et vous voilà embarqués dans une valse un peu nostalgique avec Early warnings, dans une new wave chaleureuse (hot wave ?) sur Can’t keep time. Le quatuor aime inviter sur ses titres des instruments à vent et à cordes pour donner un peu plus de force et de conviction à ses mélodies. Mais là encore, chaque cuivre ou caque violon semble avoir été l’objet d’un questionnement poussé sur la place millimétrée qui le verra intervenir dans le morceau. Il y a une énergie presque primitive qui sous-tend chaque titre (Winter games en est l’exemple le plus parlant) et une spontanéité qui contraste largement avec le travail qui a été sans doute nécessaire pour en arriver là. Il y a une sophistication pop, avec cet air de ne pas y toucher, autant aussi forte que chez Midlake (It grew on you, see us home). Comme une mécanique bien huilée dont on oublierait la technique pour seulement jouir du voyage.
My space
Denis Z.


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Maximo Park - Quicken the heart
2009 – 12 titres – 37’37
Style : Rock

Label : Warp / Discograph


Note : 8.5/10

Maximo Park nous met la tête dans les étoiles. C’est avec un quatrième album, intitulé Quicken the heart, illustré d'une carte des étoiles, que revient Maximo Park en 2009. La voix et l’enthousiasme de Paul Smith, son chanteur charismatique sont toujours au rendez-vous de cette nouvelle production. Mais c’est surtout avec l’énergie d’une supernova que ce nouvel album dégaine ses 12 nouveaux titres aux lignes racées. Le son est Rock d’apparence, avec ses riffs puissants, sa batterie énergique. Mais l’esprit demeure pop, comme à la grande époque de Marion, Menswear et autres Morrissey. Quoiqu’officiellement cantonnée aux années 90’s, la Brit Pop n’en finit pas de créer des émules.
Les yeux rivés dans le ciel, le groupe choisit une carte stellaire pour illustrer son album. Pour marquer définitivement son style, c’est sur la ligne de basse que le groupe s’appuie. Si vous ajoutez cela aux mélodies de plus en plus évidentes et à la voix envoutante de Paul Smith, vous obtenez un des albums les plus impressionnants de la d éjà belle carriere de Maximo Park !

Des titres tels que The kids are sick again, I another world ou encore Overland, west of Suez ont tous les ingrédients pour hypnotiser les grands fans du Rock anglosaxons, les aficionado de Franz Ferdinand, les inconditionnels du Moz
Maximo Park, déjà profète en son pays, devrait marquer de son emprunte le reste du continent avec ce Quicken The Heart. J’entends déjà les riffs de Wraithlike résonner sur les plus grandes places d’Europe et bien au-delà certainement !
Vraiment rien à jeter sur ce nouvel album d’une efficacité rare. A découvrir de toute urgence !
Quicken the heart est, comme on dit en pareille occasion, l’album de la consécration du groupe !

Mike S.


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Sleepy sun - Embrace
2009 – 8 titres – 50’20

Style : Psyché Rock
Label : ATPR / La Baleine

Note : 7,5/10

Entre autres tendances lourdes du moment, le retour au psychédélisme n'est pas la moindre. Voici donc Sleepy sun formé à Santa Cruz, basé désormais à San Francisco qui aime les morceaux de bravoure où tous vos sens sont mis à mal dans une dérive de la perception New age, Sleepy son). Le sextet n'écrit pas à proprement parler que des titres psychés. Mais même ceux qui apparaîtront comme inoffensifs (le Lennon-ien Lord) sont tirés du côté des vapeurs d'amphétamines. Comme un brouillage voulu des codes par un prisme déformant. Tout l'album baigne donc dans cette atmosphère de paradis artificiel d'où émergent volontiers un solo de guitare incendiaire, une rythmique en forme de spirale infernale. Même l'inoffensif et Lennon-ien Lord brouille rapidement les pistes ...pour notre plus grand plaisir.
Le son renvoie à ces années 68-72 mais Sleepy sun puise autant chez les babas Jefferson Aiplane que chez Black Sabbath. En effet, White dove sort la grosse artillerie du placard. On pourra trouver Espers plus émouvant, The gris Gris plus aventureux et plus barré mais Sleepy sun sort avec Embrace un album déjà passionnant.
My space
Denis Z.


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Extra life - Secular works
2009 – 7 titres – 50’20

Style : Expérimental
Label : Loaf / La Baleine

Note : 5/10

Entre autres défis inutiles que l'on peut s'amuser à relever, tenter d'aller au bout de Blackmail blues, premier titre de Secular works d'Extra Life, en est véritablement un. A sa décharge le morceau avoisine les 9' mais la durée n'est pas la seule épreuve à endurer : imaginez un math rock hardcore en fond, avec dessus en forme de cerise avariée sur un gâteau mastoc, un violon et une voix orientalisante et vous comprendrez quel effort de haute lutte est nécessaire pour arriver au bout. Le trop est souvent l'enemi du bien et Extra Life tombe dans ce travers ou plutôt s'y plonge, s'y vautre, s'y complet. Derrière le groupe, nous trouvons Charlie Looker dont les hauts faits d'armes sont d'avoir travaillé avec Glenn Branca et John Zorn. On comprend les intentions bruitistes d'Extra Life, on déplore les tentatives d'y ajouter des frises ornementales. I don't see it that way adopte des accents presque gothic dans un hardcore déstructuré limite paresseux. Là aussi, la voix de Looker prend un contre-point total : un chant médiéval anonné de manière mystique. On reste un peu à la porte et on s'y trouve un peu agacé.
La suite voit un virement totale d'ambiance. I'll burn est aussi d'influence médiévale mais cette calme mélopée, après le brouhaha précédent, fait figure de refuge. La volonté d'Extra Life serait-elle de trouver tous les chemins possibles vers un trip musical ? Comme peut le prouver l'intermède suivant : The refrain apte à faire danser une tarentelle par un derviche tourneur. Mais le meilleur est à venir et ce que l'on croyait impossible en début de disque arrive : This time envoûte, trouble et fait converger toutes les forces mystiques dans un morceau calme et profond qui aurait plu au Velvet Underground. La fin, sans atteindre ce sommet reste dans cette veine et Secular life se termine sur un chant presque a cappella qui n'est pas évoquer un Lisa Gerrard au masculin. Secular works est vraiment un album sans nul autre pareil mais Dieu qu'il a fallu lutter pour en tirer le meilleur. A bon entendeur !
My space
Denis Z.


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The Eight - Last moon
2008 - 09 titres - 32'12
Style : Electro

Label : GSI Musique


Note : 8/10

Résolument tourné du côté du IDM = mouvement de musique ambiante et rythmée à la fois , Last moon fonctionne comme la trame sonore du film que vous voulez bien imaginer à l'intérieur de votre tête.
Situé musicalement dans les sillons subliminaux des artistes du mythique label britannique électronique Warp, The Eight mélange habilement sons analogiques et numériques + sons d'ambiances / bruitages triturés divers & variés. D'ailleurs, la harpe qui se retrouve sur la pochette a servi plus souvent qu'à son tour pour faire les lignes de.... basse à ce qu'il paraît ! De même, c'est de manière plutôt artisanale que les séquences rythmiques ont été conçues, pulsion par pulsion, un moment après l'autre, l'envergure donnée à un son déterminant la teneur de celui qui suivra.

Dernier volet d'une trilogie entamée en 2002, Last moon flirte donc avec toutes ces textures minimalistes qui font tant de bien au corps et à l'esprit, ce "groupe" mis en place par Nico Lelièvre, maître d'oeuvre du Studio 8 de Montréal lui sert apparemment d'exutoire entre 2 productions/enregistrements, ce gars ne devant sans doute jamais dormir !
Tant mieux pour nous tant c'est bien !

Myspace

Erik B.


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Sharko - Dance on the beast
2009 – 11 titres – 38’24
Style : Rock

Label : Peermusic / Pias


Note : 8/10

Déjà le 5e album pour ce trio belge. Sharko, dans la masse importante de groupe que la Belgique nous déverse chaque année, tient une place à part. Jamais véritablement encensé par la critique, jamais vraiment submergé par les fans. Pourtant, Sharko construit album apres album, un style personnel, un mélange de pop mélancolique et de rock débridé.
Pour ce nouvel album, subtilement baptisé Dance on the beast, Sharko évite la surenchère, mais s’essaie un peu tout de même aux mélodies entêtantes et aux arrangements efficaces. Il refait d’ailleurs appel à Dimitri Tikovoi qui avait déjà bossé sur leur précédent opus mais qui est aussi connu pour ses arrangements sur le dernier Ghinzu, autre représentant belge ainsi que Placebo, The horrors ou encore Trash Palace.
Quoi que volontairement plus dansant, ce nouvel album conserve une couleur un brin mélancolique, presque plaintif. Beaucoup de tension en fait dans ces chansons. Je ne suis pas allé jusqu’à examiner les lyrics, je vous laisse un peu de boulot, d’autant que l’album contient les paroles, ce qui est de plus en plus rare, on ne sait pourquoi, sur les albums de nos jours.

Je vous parlais d’efficacité ? Allez écouter Yo heart, Head, Cinema tech, Since you called… vous comprendrez vite ce que je veux dire. Une fois en tête, difficile de faire sortir ces mélodies, qui, en plus d’être bien écrites, sont superbement orchestrées ! un petit côté vintage que je ne me souvenais pas avoir décelé sur les précédents albums, qu’on pourrait croire emprunté à Beck ou Granddady. D’ailleurs, je me souvenais pas non plus à quel point, Sharko avait des ressemblances avec le groupe Police. Ca parait étonnant dit comme ça, mais les rythmes cinglants, ce petit côté 70’s et la voix de David Bartolomé ont tous les ingrédients qui faisaient la popularité de Police il y a près de 30 ans … Il suffira d’aller écouter Cinema tech pour vous en convaincre vous aussi.
On peut souhaiter à Sharko le même succès avec ce 5eme opus, qui par sa production et son écriture, mérite plus que jamais d’apporter la notoriété qui manque encore à ce groupe ! Peut-être, qui sait, avec cet autre single au titre évocateur Mouse/Animal/Facebook/Danger?
Un album plein de ressource et terriblement efficace !
Myspace.com/sharkobelgium

Mike S.


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Daniel Boucher - Le soleil est sorti
2008 - 13 titres - 38'40
Style : Chanson

Label : GSI Musique


Note : 6/10

Album résolument acoustique ce coup-ci, afin de pouvoir retrouver ses "sources" originelles & inspiratrices, la richesse des textes se matérialisant toujours par un savant mélange de Français, de joual et d'Anglais. Un album de Daniel Boucher devant permettre d'en connaître plus sur la langue québécoise qu'un trimestre de cours d'histoire à l'université de Montréal. Cette facette le rapprocherai par exemple d'un Hubert Félix Thiéfaine de par chez nous. A écouter sa musique, nous pouvons sentir ces effluves d'alcool, de cannabis et autres herbes médicinales... Mais surtout, nous ressentons une certaine nonchalance et un mal de vivre qui transpirent dans l'ensemble de ses chansons. La voix mise à nu, le ton folk rock à dominante 60's & 70's, un road trip singulier, témoin le très beau "la vie comme une vue". En dix ans, cet auteur compositeur interprète a eu l'occasion de présenter plusieurs facettes de sa personnalité multiple. Après s'être révélé par une approche favorisant l'usage intensif de la langue québécoise, il explorait des formes musicales inédites sur son deuxième album avant d'effectuer une tournée dans le plus pur style "Chansonnier" n'allant ainsi jamais là où on l'attend et entretenant bien volontiers une identité distincte.

A l'automne 2008, c'est presque donc un tout jeune philosophe qui aborde la vie avec un peu moins de désinvolture, mais toujours cette même lucidité, qui constate que "Le soleil est sorti" aussi, malgré tout. Cette conscience d'une nouvelle dimension de l'existence est d'ailleurs présente dans plusieurs de ses nouveaux textes, que ce soit pour nous proposer une jolie promenade au "Parc Laurier" ou le constat d'actualité "Je veux me reproduire". Ces derniers temps consacrés à sa vie de père l'ont aussi amené à reconsidérer ce monde bizarre qui l'entoure et qui le surprend toujours. Il nous le raconte ici et c'est tant mieux. P.S. : très belle pochette digipack cartonnée orangée / noire qui plus est !

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Erik B.


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Luigi Rubino - A theme for the moon
2009 – 12 titres - 42’44
Style : petite musique de nuit

Label : Prikosnovenie


Note : 9.5/10

Musicien du groupe Ashram, Luigi Rubino s’essaie en solo, le temps d’un thème en plusieurs tableaux consacré à notre satellite naturel, la Lune.
Sur cet album, Luigi Rubino aidé de son piano nous emporte en toute simplicité vers des monts vierges, des paysages désertiques et froids. Au piano, s’ajoute des violons et des violoncelles plus chaleureux, qui renforcent l’impression d’envoutement.
Cet album nous donne vraiment une impression de calme et de sérénité dans toute sa longueur. Ses titres orientent notre imaginaire, nous conduisant ici dans une dernière danse ou dans un passé nostalgique, là dans un Portugal triste et mélancolique ou par delà les nuages, les larmes n’étant jamais bien loin, dans notre regard. Luigi joue avec nos émotions et notre affectivité ! Et malgré cette relative impression de tranquillité, A theme for the moon fait bouillonner notre cortex, nous approchant d’une activité digne d’un sommeil paradoxal. C’est d’ailleurs là tout le paradoxe de cet album infernal !
Comble de beauté, en fin d’album, D'inverno nous livre un chœur à la fois sobre et majestueux, déjà initié sur Les larmes, avant de se refermer sur un long et énigmatique monologue, He is her .

Loin de l’œuvre de Ligeti associée au même astre céleste, Luigi Rubino nous présente un travail de toute beauté, que l’on rapprochera sans exagération à d’autres œuvres signées Erik Satie.
Vous êtes stressé au bureau, dans les embouteillages, dans le métro. Je vous suggère alors 40 minutes de ce Theme for the moon, à chaque crise, et sans aucune limite dans le temps. Aucun effet secondaire, si ce n’est peut-être l’envie de partir loin des villes des hommes, pour rejoindre une ile déserte. Mais si cela se produit, c’est que ce mal couvait depuis longtemps en silence au fond de votre pensée !
La musique de Luigi Robino a touché au sublime, sans doute aucun !

Myspace / Label

 

Mike S.


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Be My Weapon - March/2009
2009 – 10 titres – 39’00
Style : Folk

Label : Talitres/Differ-Ant


Note : 8/10

Un pseudo, un titre calendaire, un couv’ des plus opaque, David Freel fait beaucoup d’efforts pour passer inaperçu ! Timidité, humilité, recherche d’anonymat, ou simplement l’envie de pousser à la curiosité ?
Ce qui est certain, c’est que la musique de Be My Weapon conserve les contours habituels des précédents albums de Swell. Daid Freel, son chanteur et unique pilote à bord, fait, comme chaque fois, appel à d’autres musiciens pour coucher sur disque ses mélodies imaginées en solo.
Pour ce March/2009, il fait appel à un batteur Ron Burns et y ajoute sa guitare sèche, pour la plupart des prises. Sa voix, folk, douce, timide termine de créer cette atmosphère si particulière aux albums de Swell, cette ambiance délicate, chaleureuse.
Malgré son titre printanier, la musique de Be My Weapon se veut pourtant parfois orageuse, Bad Bad Bad, par exemple, débute sur une ballade folk des plus conventionnelle, portée par un ou deux accords de guitare, mais, crescendo, la musique s’emballe, la batterie entre en action, la voix de David sort de sa réserve, tel Craig Walker sur un titre de bravour d’Archive, et la guitare électrique s’en mêle, lourde, menaçante…

All were after ou Focus Please, quoi que plus apaisées, donnent encore quelques riffs de guitares retenues mais tendues, qui participent là encore à cette atmosphère électrique d ’un orage d’été sud californien. C’est d’ailleurs, dans ces contrés que David Freel aime revenir pour terminer d’enregistrer ses albums, écrits cette fois quelque part au fin fond de la chaine montagneuse des Cascades en Oregon… David Freel, dans une humeur aux apparences dépressives – mais ce ne serait plus Swell sinon… - abordent des sujets toujours remplis de contradiction et d’opposition ancestrale (la vie et la mort, l’amour et la haine…), des problèmes insolubles, qui ne risquent pas encore de nous mettre Monsieur Freel dans de meilleures dispositions pour les 10 prochains albums…
Be my Weapon, quoi que dissimulé et distingué de Sweel, nous livre une fois de plus le meilleur de David Freel ! Un album simple et touchant comme on les aime ! Quel talent !

Mike S.


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John Lee Sanders - Bucket Full of Blues
2008 – 12 titres – 61’41
Style : Blues

Label : Pao Records


Note : 8/10

New Orleans Deep Fried Funk est annoté sur l’aile de la Berline américaine des années 50’s qui trône sur la couverture de l’album de ce World Blue Band ! Le décor est donc planté ! John Lee… Sanders nous présente un album de Blues, qui sent la sueur et la chaleur moite d’un Club de la Nouvelle Orléans ! Il n’en faut pas plus pour être transporté dans le berceau du Blues US !
Cet enfant du Mississipi a baigné toute sa jeunesse dans les atmosphères Jazz, Blues et Gospel. Et bien qu’ayant fait une partie de ses études en Europe (Italie), et malgré quelques incursions dans le répertoire classique (Mozart Rythm & Romance), il n’en est pas moins resté influencé par ses racines profondes, celles du Delta !
Le voici donc avec un nouvel album, en compagnie de son Band, avec qui il tourne depuis 10 ans maintenant. La couleur de Bucket Full of Blues est marquée par les sons d’un orgue Hammond, qui donne cette patine particulière, cet aspect désuet, authentique, que l’on croirait d’époque (Off the Hook, World As I know it…), de l’epoque de cette grosse Buick (?) sur la pochette. Pour autant, l’harmonica, omniprésent aussi, et ce son de guitare si particulier lui aussi, rempli de résonnance , nous rappellent les plus grandes heures du Blues, celui de BB King et de Steve Ray Vaughan.

Le profane que je suis en la matière, ajoutera un autre amateur de Blues dans la liste de ce que me rappelle cet album de John Lee Sanders, à savoir, Bruce Willis et son album le plus abouti à ce jour, If It Don't Kill You, It Just Makes You Stronger, sorti sur la Motown en 1989. L’excellent Midnight in New Orleans, et ses chœurs un brin Gospel, en est la preuve. Notez l’entrée magique de son saxo sur ce titre. Les Fans seront sous le charme !
Bucket Full of Blues est le recueil de quelques unes de ses meilleures compositions, dixit son auteur. La richesse à la fois des compo et de l’orchestration vient confirmer cette affirmation, de toute évidence.
Plongez vous aussi dans le Delta et découvre ce New Orléans Deep Fried Funk de tous les diables !

johnleesanders.com / Myspace

Mike S.


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The Cesarians
2009 – 11 titres – 41’

Style : Rock années 30
Label : Imprint / Cargo

Note : 8,5/10

La musique de The Cesarians sonne comme si le rock n’était pas né dans l’Amérique rurale des années 30 mais dans l’ Europe urbaine de cette même décade. Jolie formule – héritée d’une bio clairvoyante – qui sied à merveille au groupe Anglais. Le rock de The Cesarians est donc fait d’un trombone, d’un cor, d’une clarinette, d’un piano droit, d’une batterie roots. Le groupe propose une musique de bas fonds, de ruelles sombres, de cabarets sordides, de foire aux monstres. Charlie Finke, chanteur expressionniste tout droit sorti de l’ « Opéra de quatre sous », joue les bateleurs et titube volontiers vers le prochain bar à whisky.
Il y a une vie incroyable dans cet album produit par le vétéran Craig Leon (Blondie, Suicide) et on ressent derrière chaque vibrante chanson, l’énergie du désespoir. On n’est un peu dans la musique Klezmer, un peu chez Gershwin, un peu chez Kurt Weil mais ainsi joué dans un esprit (cabaret) rock, on affleure un rivage inédit d’une Histoire revisitée. Derrière le climat brut et fort en goût, une élégance de ton pointe le bout de son nez (Dethstar) et même une émotion à fleur de peau (Marlène). Derrière le costume râpé, la barbe mal rasée et l’haleine avinée, The Cesarians a une sacrée gueule.
My space
Denis Z.


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Graham Coxon – The Spinning Top
2009 – 15 titres – 68’33
Style : Folk

Label : Transgressive Record


Note : 9/10

Alors reviendra ? Reviendra pas ? Les rumeurs continuent de courir sur le retour de Graham Coxon au sein de Blur, groupe qu’il a fondé avec ses compères en 1989 ! L’année 2009, étape charnière, marquera les 20 ans du groupe et les 40 de Graham ! Et Graham ne devrait pas manquer l’occasion…
En attendant, il continue son activité en solo, et après avoir participé au dernier album de Pete Doherty, il s’est concentré sur l’enregistrement de son 7e album solo, The Spinning Top.
Plus que jamais, ce nouvel album nous montre combien Graham Coxon n’était pas à son affaire au sein de Blur. Son gout pour les ballades Low-Fi, bien loin de la pop légère de Blur, même si justement, son influence a souvent orienté le groupe vers des sentiers moins balisés. Trois années apres Love Travels At Illegal Speeds, Graham continue donc son exploration de la folk et de ses possibilités. Des titres comme This House ou Home, laissent la voix de Graham hanter mélancoliquement la mélodie, tout juste construite autour de quelques accords de guitares acoustiques, deux ou trois notes de piano… Low-Fi jusqu’au bout des ongles.

Un autre titre, à peine plus élaboré, mais plus long, In the morning, propose une ambiance dépaysante, qu’il prend à contre-pied en imaginant une folk plus datée rappelant quelques airs de Simon & Garfunkel ou de Bob Dylan… A la fois amusant et surprenant. Sur un titre comme If you want me, Caspian Sea ou Dead Bees, les guitares électriques reviennent, et avec elles, les effets et le son de Blur, c’est imparable, et assez bluffant !
Graham Coxon se plait toujours à se donner des limites et à tenter de les repousser sans cesse. A l’instar du titre qui clôture l’album, November, le chanteur nous montre tout son talent de compositeur et d’arrangeur à créer des atmosphères sombres et brumeuses autour de sobres ballades.
Avant un retour éventuel et tapageur au sein des Blur, Graham Coxon nous livre un travail délicat, pudique, plein de retenue. Profitons-en donc encore un peu !
www.grahamcoxon.co.uk

Mike S.


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Piers Faccini - Two grains of sand
2009 – 12 titres – 45’27
Style : Folk

Label : Tot ou Tard


Note : 9/10

L’album débute sur le titre éponyme de l’album Two Grains Of Sand, et déjà, on est envoûté par la douceur de sa musique et sa voix. The Wind That Blows, enrichi par des violons et une chorale, nous montre que Piers Faccini n’est pas qu’un songwriter tourmenté. Et quand on entend juste après, Your Name No More, un titre folk, au rythme plus rapide, et aux sonorités arabo-andalous, on se demande comment Piers Faccini a pu passer inaperçu pendant aussi longtemps…
Car ce chanteur anglais, d’origine italienne et débarqué en France depuis son enfance, n’en est pas à son premier essai. En groupe ou en solo, il a déjà trois albums à son actif. Two grains of sand est donc le 4e essai, produit pour la seconde fois par le producteur d’un autre folksinger, nettement plus médiatisé, Ben Harper
Ce qui semble certain en écoutant, et en réécoutant ce nouvel album, c’est que ce quatrieme album a toutes les chances de lui ouvrir les portes de la reconnaissance.
De bout en bout, la musique de Piers nous étonne, nous émeut, nous agite, nous trouble. En continuant notre ballade, A Home Away From Home et A Storm Is Going To Come, nous conduisent vers de plus grands espaces, entre country et musique africaine.

On sent que Piers ne tient pas en place, qu’il se plait à puiser dans la musique du monde son inspiration de chaque instant. Tout en conservant un son folk, il s’amuse à utiliser des instruments et des ambiances puisées ici et là dans l’héritage culturel collectif. Sur ce point, Piers Faccini rappelle le travail de Peter Gabriel. Il rappelle aussi celui plus country d’Eddy Vedder (auteur de la BO de Into The Wild). Il devrait d’ailleurs ravir, comme moi, les fans de ces deux monuments de la musique.
Plus on avance dans l’album, par contre, plus Piers s’enfonce dans le Delta sud-états-unien, jusqu’aux racines du Blues, terminant ainsi l’album sur deux complaintes sombres et tristes, Strangers et My Burden Is Light.
Tel un voyage initiatique, Piers Faccini nous livre un album riche en émotion, aux sonorités variées. Seuls stigmates présents tout au long de l’album, une voix envoûtante et une délicate mélancolie !
Un album au charme sans précédent !
Site officiel / Myspace

Mike S.


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Mono – Hymn to the immortal wind
2009 – 7 titres – 67’

Style : Post-rock
Label : Conspiracy record / differ-ant

Note : 4/10

Cela tient à peu de choses la réussite d’un disque et avec son sixième album, Mono rate le coche là où le groupe japonais voulait justement réaliser sa grande œuvre. On peut appeler ça le complexe d’Icare et se dire qu’ à vouloir toucher le soleil, Mono s’est brulé les ailes. Ou sans emphase, histoire de ne pas tomber dans la figure de style préférée de l’album - se dire que le groupe a pété plus haut que son c… Mono a donc mis les plats dans les grands, voulant faire un album pseudo concept, convoquant surtout un grand orchestre de 30 musiciens. Mono fait donc dans le post-rock symphonique, tout en gardant Steve Albini aux manettes. Ce choix peut sembler antinomique, le producteur Chicagoan étant plutôt dans son élément naturel dans un son brut de décoffrages et non chichiteux. Erreur de casting, erreur d’orientation surtout qui fait dès lors appréhender Mono avec un œil nouveau. Fini, le groupe de Post-rock, élève nippon de Godspeed You Black Emperor. Bonjour, le groupe pompeux, prétentieux et involontairement kitsch. Comme groupe de rock, Mono tient la route, comme groupe de musique contemporaine, cela le fait moins. Oh, cela tient à peu de choses et Mono, fort de sa nouvelle ambition,
joue la surenchère et passe la ligne jaune de l’épanchement outrageusement dramatique (Burial at the sea, comme un final Morriconien de duel entre samurais). Certains moments de Hymn the the immortal wind (rien que ce nom…) auraient pu néanmoins se retrouver sur les albums précédents. Par exemple, The Battle to heaven ou Everlasting night mais rendus interminables par le groupe et avec quand même quelques scories de grandiloquence, ces morceaux deviennent pénibles sur la longueur. Il y a même quelques bons trucs ça et là où Mono arrive à trouver la vague sonique et à surfer dessus en bon équilibre. Mais pour le reste, c’est quand même une déception. Mono touche le fond avec Follow the Map qui semble durer des heures (en fait 3’46) et qui, vérolé par la niaiserie, ferait passer Joe Hishashi pour John Cage. L’album s’arrête par une envolée de cordes qui s’arrêtent brutalement comme dans un concerto ou une symphonie. On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer.
My space
Denis Z.


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Slon -Antenne
2009 – 7 titres – 32’

Style : Post-rock
Label : Valeot records / De bruit et de Silence

Note : 7/10

Avec Slon, on connaît la musique ou plus précisément le post-rock. Le groupe Autrichien reprend à son compte les figures du genre pour distiller une musique de bonne facture inspirée dans un premier lieu par le hardcore et la noise. C’est un peu Fugazi ou Helmet qui étirant ses morceaux et retirant le chant serait devenu post-rock à la manière d’Explosion in the Sky ou de Mogwai. Antenne est donc un bon album tendu et efficace, parfois violent,
parfois calme avec de jolies montées en puissance et de beaux arpèges…comme il se doit. On est presque étonné de retrouver le groupe sur Valeot records que l’on avait connu nettement plus expérimental avec Tupolev. A moins que le post-rock guitare-basse-batterie (il y a de l’électronique mais on l’entend guère il faut bien l’avouer) soit avec le temps devenu presque mainstream. Sinon, il n’y a rien d’autres à ajouter, si ce n’est que la mousseuse pochette est jolie.
My space
Denis Z.


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The miserable rich – 12 ways to count
2009 – 10 titres – 52’

Style : Pop de chambre
Label : Hazelwood vinyl plastics / Anticraft

Note : 8,5/10

Allez aujourd’hui, on débranche tout et fuyant les villes du Nord de l’Angleterre synonyme souvent d’agitation et de crise, on va dans le sud à brighton. Oh, ce n’est pas encore le soleil mais là, se cache un trésor secret et préservé. L’air marin et la quiétude ambiante auraient-ils des vertus insoupçonnées ? Dès l'ouverture et le beau Early mourning, on est happé par The Miserable rich. Une pop ciselée par de beaux arrangements de cordes. Attention, le morceau ne vaut pas que par son habillage de chambre mais aussi par la qualité d'écriture. En un titre, The Miserable Rich renvoie FM à ses chères études. La suite garde ce niveau de qualité et affiche de jolies trouvailles qui permettent de redécouvrir en permanence le son du quintette :
léger comme une plume, Pisshead avance au cahot de son bringuebalant. Boat song fait souffler une brise de nostalgie sans tomber dans la nostalgique. Avec The Miserable rich, tout coule de source, même si les ingrédients sont au final forts en goûts et rustiques. Les sons vibrent, sont longs en bouche, tissent une toile autour de vous et la voix de James de Malpaquet est le liant parfait pour cette savoureuse mixture. Pas de batterie mais un album qui respire même sur le terrien et bluesy Monkey. Dans un format pop traditionnel, on aurait eu droit à de belles chansons (entre XTC et The Zombies) mais ainsi troussées, elles nous poussent au milieu d'une parenthèse enchantée de 50'(Muswell).
My space
Denis Z.


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Jarvis Cocker - Further Complications
2009 – 11 titres – 49’22
Style : Pop
Label : Because


Note : 8.5/10

La carriere de Jarvis Cocker semble bien chaotique depuis que celui-ci a décidé de mettre fin à plus de 20 années d’existence de son groupe Pulp.
Apres le grand écart de Relaxed Muscle et Bizzar' Sisters, après un premier album solo, apres des apparitions multiples (Air, Monsieur Gainsbourg revisited…), des réalisations de clips (Aphex Twin…), la présentation d’émissions télé… le voici de retour en grâce et concentré sur un projet qui tiend enfin à nouveau la route ! Son second album solo.
Further Complications va faire trembler la fibre nostalgique de plus d’un fan de Pulp ! En effet, le titre introductif et éponyme de l’album se veut un retour aux sources des plus explicites. C’est du Pulp 100% jus Extra frais. La voix, l’extravagance, la mélodie… On se croirait revenu 15 ans en arriere, à la grande époque de Different Class ! Leftovers, I never said I was Deep ou You’re in my eyes en font tout autant ! Les anciens fans - comme moi - jubilent !
Jarvis Cocker, pour autant, ne nous réécrit pas une nouvelle page de l’histoire déjà tres longue de Pulp. Il s'efforce encore à forger son style "solo" , et s’appuye sur un single, terriblement 60’s, Angela, des guitares électriques vintages, des chœurs, un rythme binaire. Tout y est pour vous déporter de quelques décennies dans le temps.

Si vous ajoutez quelques perles inclassables telles que ces Fuckingsong ou Caucasian Blues totalement débridés, vous arrivez à un album d’apparence éclectique et dispersé. Mais cette impression disparait après quelques écoutes, c’est ce qui fait la force de ce nouvel album, sa variété, son aspect composite, accidenté, bariolé, qui nous le fait aimer, comme on a pu aimer, il y a bien longtemps des albums - et faux albums - tels que Intro , Freaks ou Separations.
Les plus récalcitrants iront directement à la plage 11 pour y découvrir l’excellent Slush, à la fois lent et terriblement envoutant.
Further Complications est tres certainement le travail le plus abouti de Jarvis Cocker depuis… This is Hardcore en 1998 ! Alors, vous pensez bien qu’on ne l’attendait plus ! Reste donc à Jarvis à relancer son indéniable talent scénique lors d’une grande tournée pour nous réconcilier définitivement avec sa musique !

Myspace

Mike S.


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Vuneny – Whatever Singularity
2009 – 11 titres – 55’55
Style : Electro
Label : Jarring Effect/Discograph


Note : 7/10

Vuneny rime avec OVNI et ce n’est peut-être pas un hasard. En effet, ce duo originaire d’un pays qui s’est longtemps déchiré, et aujourd’hui encore instable, à nos yeux d’européens (Bosnie-Herzégovine), nous montre qu’il y a pourtant de la vie dans ces contrés, pourtant pas si éloignée de nous. Et quoi de plus symbolique d’un pays qui revit, que de voir la création revenir, et passer les frontieres.
Dans ce pays de l’ex-Yougoslavie, Vuneny a déjà 5 ans d’existence et deux albums au compteur, il a travaillé sur l’écriture de bandes originales et joué dans plus de 400 salles de concert à travers l’Europe.
La musique de Vuneny, incomparable, semble d’ailleurs produire plus d’images que de sons, tant l’imaginaire travaille à l’écoute de ces atmosphères sombres, de ces rythmes électroniques, et de ces rares interventions vocales, telles de longs monologues psychés (Get Me a Horse, Hold that Tought).
Le rythme est d’ailleurs assez omniprésent dans la musique de Vuneny, participant ainsi à la création d’une ambiance oppressante, presque asphyxiante.

Aidé parfois par quelques accordéons et violons, hors du propos général. Singulier !
C’est d’ailleurs l’impression qu’on nous donne ce Whatever Singularity, un disque d’une grande singularité, atypique. C’est ce qui le rend de faite captivant, et quelque part assez hypnotisant. Ce qu’on se demande, en fait, c’est comment le groupe parvient à tenir son public en haleine durant ses concerts, tant sa musique séduit par son caractère intimiste. L’apport du visuel doit y être essentiel.
A voir donc pour se faire une idée, et à écouter, isolé dans sa chambre ou sur son lecteur mp3, pour s’imprégnier des ambiances d’une Whatever Singularity…

Myspace / Jarring Effects

Mike S.


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Bellini - The precious prize of gravity
2009 –10 titres – 34'

Style : Noise rock
Label : Temporary residence / Differ-ant

Note : 7,5/10

Le seul nom d'Alexis Fleisig, batteur de Girls against Boys, donnera envie à certain d'aller jeter une oreille à Bellini. A moins que ce ne soit Steve Albini, le producteur que l'on sait, qui travaille avec Bellini depuis déjà quelques années. Le groupe italo-américain n'a pourtant pas besoin de titre honorifique pour briller. Fougueux, torturé, sauvage, Bellini l'est assurément, fort d'une osmose entre la chanteuse Giovanna Cacciola et le guitariste Agostino Tilotta, couple à la scène et à la ville depuis 25 ans. Derrière Fleisig et Matthew Taylor, la bassiste, tient la baraque, tout en apportant la touche de folie et de chaos appropriée à ces ambiances tordues.
Si les influences sont pour le moins archi-connues (Fugazi, Shellac, Jon Spencer en tête), la manière toute italienne - et donc passionnée - dont la voix aborde le genre, donne toute sa personnalité aux titres incendiaires de Bellini. Comme une Courtney Love avec accent. En cela, le groupe ressemblera plus à nos 13th Hole et sa chanteuse italienne, qu'à toute autre groupe de Washington DC. A la ligne droite, Bellini préfère la marche en crabe, avec des titres sinueux qui tiennent en haleine : c'est dans les titres où la violence latente se découvre petit à petit que Bellini est le plus troublant (Susie, Tiger milk). Et donc le plus séduisant.
myspace
Denis Z.


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K-Branding - Facial
2009 –10 titres – 42'

Style : No Wave/Bruitiste/ Noise
Label : Humpty Dumpty / COD&S

Note : 6,5/10

Petite explication interne : le "rock critic" que je suis (les guillemets sont là pour dire que je ne me prends pas pour Manoeuvre) reçoit une multitude de disques de provenance multiple. La force de l'habitude fait qu'avant même d'avoir écouté un artiste inconnu, on peut imaginer à quoi cela va ressembler suivant qui est l'envoyeur. Avec 5ives Roses press, boîte de promo basée en Italie et pourvoyeur en (souvent excellentes) musiques de traverse, on peut toujours s'attendre à tomber sur un OVNI et là c'est vraiment le cas. Avec K-Branding, on pousse somme toute assez loin (et c'est une litote) le genre. Initialement sextet de musique improvisée, le groupe belge est désormais formé de Gregory Duby à la guitare, Vincent Stefanutti au saxophone et aux percussions et Sébastien Schmit à la batterie. Tous ont déjà participé ou participent encore à des projets underground et radicaux (Blutch, the Invisible Frog, Jeses is my son, Quiet)
. et K-Branding a déjà joué avec An Albatross, Georges Leningrad, Pelican, l'Enfance Rouge..., des groupes tous différents preuve que la musique inclassable de K-Branding peut s'accommoder avec différentes artistes, la condition sinequanone étant qu'ils soient un peu barrés. K-Branding navigue donc entre no-wave, rock bruitiste, noise, à grand coups de percussions tribales, de saxo débridé, d'infra-bass destructeur. Une vraie cage aux fauves à vous donner le grand frisson. Quelques moments d'accalmie au milieu (reazione a catena avec un piano hanté), histoire de reprendre des forces et un reptilien Curse of Small faces , un titre chanté plus accessible car moins bouillonnant mais toujours aussi fort. Facial est une vraie expérience musicale parfois douloureuse mais intéressante pour les intrépides. Et pour reprendre le titre, une vraie éjaculation faciale musicale. Violent, chaud et poisseux.
Site
Denis Z.


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Hanne Hukkelberg - blood from a stone
2009 –10 titres – 45'

Style : Country folk débridé
Label : Nettwerk

Note : 9/10

Le bonheur c'est simple comme un disque que vous recevez chez vous. Comme celui d'Hanne Hukkelberg, Norvégienne de son état et nouvelle preuve de la vitalité de la scène scandinave ; une artiste indispensable qui se détache aisément de la concurrence. La jeune femme, déjà auteur de deux albums, a un univers bien à elle. Onirique, enchanteur mais cerné de fils barbelés et peuplés de gros pièges à loups. Hukkelberg a été branchée gothic dans sa jeunesse et cela s'entend en filigranne ; se détachant des mauvais tics du genre, elle en a gardé une noirceur certaine et une profonde envie de ne pas caresser dans le sens dans le poil. Le son sera donc volontiers métallique, avec des programmations tranchantes et cassantes. A la différence de notre Laetitia Sheriff (à la sensibilité parfois proche), Hanne n'a pas eu besoin de s'acoquiner avec les gars de Mobiil pour trouver ce son là, légèrement dissonant, franchement urbain. Avec la voix féline de la Norvégienne, le contraste est troublant
. Hukkelberg ralentit souvent le rythme de ses lignes de chant, forçant l'auditeur à suivre chacune de ses intonations et autres inflexions de sa voix. Blood from a stone est aussi un disque de conteuse nocturne (midnight sun dream en référence à Midnight summer dream des Stranglers). On est donc naturellement enivré mais quelque peu chahuté, plus en tout cas que chez My brightest Diamond, compagnonne toute trouvée pour des ballades sous la lune. La lecture des crédits permet de prendre conscience d'une liste d'instruments conséquentes mais on ne le ressent pas ainsi à l'écoute, chaque son semblant pesé, pensé, ce qui fait qu'en un modeste changement, on bascule tout de suite dans une nouvelle dimension (Seventeen). On prend tout de suite ses tickets et en aller simple, s'il vous plait. Une étoile (noire) est née !
Site
Denis Z.


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Elbow - The Seldom seen kid
2009 – 12 titres – 57’04
Style : Folk Pop
Label :
Because


Note : 9/10

Depuis plusieurs années, les mancuniens d’Elbow – Bury pour être plus précis - nous baignent dans une douce lumière musicale aux effets relaxants.
Le nouvel album, The Seldom seen kid, ne déroge pas d’un jota à la règle. Plus que jamais, le groupe génère une musique substile élaborée à partir de claviers envoutants et du classique trio guitare-basse-batterie. Il y ajoute des cordes, un piano, des cuivres et des chœurs, beaucoup de chœurs !
Fort de ses 10 années d’expérience, le quintette nous livre en fait le fruit d’une lente maturité. Car The Seldom seen kid est très certainement l’album le plus mature d’un groupe en continuelle évolution. La voix de Guy Garvey souvent comparée à celle de Peter Gabriel continue ses ravages sur ce nouvel album bourrés d’émotion.
Sorti il y a un an en Angleterre, l’album a déjà remporté quelques lauriets (Mercury Prize, Brit Award du meilleur groupe…). Et pour une fois, il faut le reconnaître, derrière ces récompenses, il y a un petit chef d’œuvre, qui débute sur le majestueux Starlings, longue introduction, trompette d’apparat, une prose riche et abondante, sous le signe de l’amour ("The violets exploded inside me when I meet your eyes" en Français, on verrait tout juste Aznavour ou Adamo nous sortir un truc pareil, mais en anglais… c’est tout simplement superbe).

S’ensuivent The Bones of You et Morrorball, deux singles au potentiel évident, l’un rempli de chœurs, de cordes enivrantes, l’autre, plus subtile, plus retenu, mais terriblement hypnotique.
Avec Grounds of Divorce, les guitares se font alors entendre, plus graves, plus ronronnantes aussi. L’âme de Peter Gabriel est ici plus que jamais présente ! Confondant ! Je vous laisse découvrir la suite de l’album, qui, à aucun moment, ne cesse de surprendre et de fasciner, à l’instar de Some Riot, petit boléro moderne, à grand renfort de cordes nobles, nous conduit pendant pres de 7 minutes, dans les errements d’une âme en peine, répétant inlassablement, "it’s breaking my heart to pour like the rain, brothers of mine, don’t run with those fuckers, when will my friend start singing again".
Pour ce 4e album, Elbow met les petits plats dans les grands, et nous invite, en tête à tête, au plus beau diner aux chandelles sa carrière.
Un album limpide et lumineux, à déguster sans aucune modération.
www.elbow.co.uk

Mike S.


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The Fatales – Great surround
2009 – 10 titres – 39’

Style : La classe sombre
Label : Monopsone/ Differ-ant

Note : 8,5/10

Les années 80 ont parfois mauvaise réputation, jugés trop formelles et donc trop datés. Ce serait oublier l’essentiel et l’émoi suscité par The Cure, And Also The Trees et la cohorte des groupes 4AD qui ont œuvré pour rendre encore plus arty le rock – et là je ne cite que les artistes britanniques. Avec The Fatales, on revit ce même romantisme noir, cette mélancolie assumée, ce soupçon de dandysme bienfaiteur et ce, avec d’autant plus de plaisir que le groupe américain, débarrassé de certains tics de l’époque, tire le genre du coté du classieux et de l’élégance intemporelle. Peu de groupes peuvent s’enorgueillir de ça (Piano Magic mais après ?).
Emmené par Wayne Switzer, un chanteur vertigineux d’émotions, The Fatales propose une musique sophistiquée alliant guitares reverbérées, piano, violon et subtiles programmations. On vibre sur les impeccables Evergreen et Darkened country, on se laisse aller à une langueur délicieuse sur Statdpark (majestueuse digression sur un thème proche de « Twin Peaks »). On se dit même que Vanishing art pourrait devenir un tube, à l’instar d’une chanson de Coldplay (sans que le groupe ne revoit à la baisse ses ambitions). Et par je ne sais quel mystère chimique, The Great surround nous laisse ivre d'émotions et de senteurs. The Fatales nous aime mais a choisi les ténèbres. On les suit les yeux fermés et le sourire béat.
My space
Denis Z.


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Archive - Controlling Crowds
2009 – 13 titres – 78’07
Style : Rock Prog'
Label :
Warner


Note : 5/10

Depuis 13 ans maintenant, le duo Archive s’inscrit dans une démarche de renouvellement perpétuel. Chaque album se voulant différent, avec des musiciens, des styles, des arrangements différents. Mais, avec le temps, chacun sait qu’il est difficile de maintenir un tel niveau d’exigence.
Et Controlling Crowds, en 2009, semble afficher un panneau sur le capot de leur superproduction "En panne" !
Pour la premiere fois, Darius Keeler et Danny Griffiths semblent dans une impasse, ou dans la redite tout du moins.. Bien sûr, le travail reste ample, dense, les compositions riches, les refrains entêtants. En un mot, Controlling Crowds demeure EFFICACE !
Pourtant, même sans la présence de Craig Walker et le retour de Rosko John, Controlling Crowds reprend tous les ingrédients de You All Look the Same to Me, l’album le plus abouti du groupe, sorti en 2002. Un peu décevant donc ! D’autant que Lights - malgré son titre - n’avait pas non plus brillé par son originalité en 2006.
De plus, Pollard Berrier, remplaçant forcé de Craig Walker, malgré toute sa bonne volonté, tous les efforts de mimétisme, ne parvient pas à recréer la magie instauré par Craig sur des titres denses comme Again en 2002.

Un album raté donc ? Non, n’allons pas jusque là, l’entêtant Bullets devrait encore envoûter quelques fans, tout autant que l’aérien Collapse collide. Le talent de studio de la paire Darius Keeler et Danny Griffithset celui, plus vocal, de Maria Q n’ayant pas totalement disparu, loin de là. Collapse collide permet d’ailleurs de relier la période Take My head au travail plus récent du groupe, les vocaux féminins étant écrits dans un esprit assez proche.
Chacun se fera donc sa petite idée en allant écouter l’album sur une borne d’un de ses magasins préférés avant de décider si oui ou non, il mérite les 20 euros que lui coûtera l’emplacement de Controlling Crowds dans sa discothèque. Au risque de lui laisser prendre la poussiere, au profit de l’infatigable You All Look the Same to Me. Sachez enfin, que l'enregistrement étant tellement long, que le groupe s'est réservé la possibilité de sortir un second volet en 2010, quatrième partie de cette album en vérité... La sortie d'un double aurait peut-être sauver l'honneur. Mais, là, peut-être dans le but de faire payer l'addition deux fois, la maison de disque mérite un carton jaune...

Myspace / Site officiel

Mike S.


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PJ Harvey and John Parish - A Woman A Man Walked By
2009 – 10 titres – 38’07
Style : Rock
Label :
Island


Note : 9.5/10

Dès les premières notes de Black Hearted Love, titre introductif de l’album, A Woman A Man Walked By, on comprend que Pollie Jean est de retour en grâce, avec tous les ingrédients qui ont fait d’elle une reine du Rock, à l’époque de Dry, Ride of Me et To Bring You my love. La maison de disque ne s’y est pas trompé, et sort le titre en single.
Il faut le reconnaître, depuis, elle ne nous avait pas toujours véritablement impressionné. A tel point, que la Magic Box n’a jamais plus chroniqué d’album.
Pour son neuvieme album studio, PJ semble pourtant poursuivre son chemin comme si de rien n’était, avec les mêmes comparses et les mêmes instruments. C’est juste un moment de génie, qui passe et repasse par elle, de temps à autre…
Et là, le bon génie a décidé de camper pour un moment ! Car, les titres se suivent dans la même veine, Sixteen,Fifteen,Fourteen, Leving California, The Soldiers ont chacun leur style, leur ambiance, leur rythme, mais à chaque fois le charme opère invariablement.

Que Polly Jean se pose (April) ou qu’elle sorte de sa réserve (Pig Will Not), inévitablement, elle nous ensorcelle de sa voix inimitable, de ses mélodies évidentes et de ses orchestrations à la fois familières et renouvelées.
Allez si j’osais, je mettrais un nouveau 10/10 à cet album…
Avec A Woman A Man Walked By, le duo Harvey/Parish parvient à nous toucher, droit au cœur. Ce qui paraissait à chaque fois un peu trop expérimental, ou bien au contraire bien trop conventionnel sur les précédentes collaborations, n’est plus. Aujourd’hui, la magie a opéré. Le duo ne fait plus qu’un ! Et A Woman A Man Walked By envoute de la premiere à la derniere note ! Brillant !!

Myspace / Site officiel

Mike S.


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Depeche Mode - Sounds Of The Universe
2009 – 13 titres – 56’16
Style : Rock Pop Electro...
Label :
Mute


Note : 4.5/10

J’entendais à la radio, Dave Gahan se gargariser de la réussite du nouvel album de Depeche Mode, qui selon lui serait une prouesse sur tous les points, permettant de faire une fois encore progresser le groupe.
Il est vrai que le groupe a su muter à plusieurs reprises en quelques trente années de carrière.
Pourtant, j’avoue ne pas être vraiment d’accord avec ses propos ! Wrong, le nouveau single, sorti en éclaireur il y a quelques semaines avait pourtant de quoi nous en mettre plein la vue : sombre, puissant, efficace, une ambiance digne des DM du 21e siècle, Martin Gore en renfort vocal, et ce je ne sais quoi, qu’on pouvait retrouver sur Personnal Jesus, I feel You ou It’s no good, autres singles marquants - et annonciateurs - des albums de la précédente décennie.
Mais, là, où ça ne colle plus du tout, c’est que le reste de l’album se veut terriblement pop, totalement en opposition avec Wrong ! Et même, ils nous donnent parfois l'impression de retrouver les sons des 3 premiers albums du groupe, à l’instar des notes de synthé de Fragile Tension, In Sympathy, Peace ou encore Spacewalker qui sentent tous à plein nez le début des années 80.

Le son Depeche Mode donc ! Oui, mais aussi celui de Tears For Fears ou Pet Shop Boys
Alors, il y a bien sûr quelques petites perles telles que Little Soul ou Come Back. Et il y a aussi quelques tubes (Miles Away / The Truth Is, Hole To Feed) qui devrait entretenir la notoriété et la nostalgie du groupe jusqu’au début de la prochaine décennie… Mais à quoi bon sortir des albums, dans ces conditions ! Autant sortir des singles, ça suffira bien…
Sans être un mauvais cru, et malgré quelques belles surprises, Sounds Of The Universe ne va pas encore détroner Violator, Songs Of Faith & Devotion, Music For The Masses dans mon Top 3 des meilleurs albums de Depeche Mode ! Et peut-etre même pas dans mon Top 5… Mais vous alors, fan ou pas fan, qu’en pensez-vous ?

Un album dont l'ambition s'est quelque peu attardé sur le premier single ! Wrong !

Myspace / Site officiel

Mike S.


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Jeniferever – Spring tides
2009 – 10 titres – 64'

Style : Post-cold wave
Label : Monotreme records / Differ-ant

Note : 7,5/10

La Suède a encore frappé fort. Jeniferever n’est pas à proprement parlé un nouveau groupe, déjà 4 albums au compteur mais le dernier Spring tides bénéficie enfin d’une distribution française. Ce groupe de garçon pourra être perçu un peu comme la version masculine des filles d’Audrey. La musique prend ici sa source dans les lentes digressions Curistes (Nangijala à s’y méprendre), les plages alternées de contemplation et de révolte du Post-rock ou les atmosphères plus cotonneuses du shoegazing (Sparrow hills).
De bons ingrédients qui donnent de bons morceaux accumulant les strates et fondant les instruments dans un spleen enivrant. Jeniferever se complait dans une mélancolie profonde qui n’est jamais larmoyante ou niaiseuse. Les titres sont sombres, longs à révéler leurs trésors cachés et gardent toujours une grande dignité. Belle découverte donc dont on risque de reparler : Great meadow island a été single of the week du NME. Le début d’une reconnaissance ?
Myspace
Denis Z.


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The Blue Seeds
2009 – 11 titres – 44'

Style : Country rock nocturne
Label : L-abe / Anticraft

Note : 6,5/10

Au blind test, on jurerait que les Canadiens de The Blue Seeds viennent de la partie anglophone du pays. Raté, ils sont bel et bien Québécois. Emmené par la bien-nommée chanteuse Emilie Laflamme, le sextette aime les ambiances nocturnes qui conduisent l’auditeur sous les néons d’un cabaret ou d’un motel perdu. Les guitares sont vénéneuses, la voix envoutante, toute la musique semble sortir du halo chaleureux d’un orgue. On se croirait dans un film de David Lynch (un titre s’appelle d’ailleurs Lost highways) à l’instar de Julee Cruise, Calexico ou de Portishead ou dans un film noir où la sensualité est toujours synonyme de danger (Barcelona). The Blue Seeds choisit de traiter la country folk américaine sous un mode classieux.
Ce qui nous vaut de belles ambiances. Dommage que certains titres soient un peu convenus : avec le rustaud My fair weather friend, on croirait entendre une reprise ; le refrain un peu trop évident de that night in Amsterdam (proche de Texas) fait retomber le soufflet monté par des couplets catchy. A dire juste, l’album souffre un peu de la comparaison avec le dernier album d’Elysian Fields qui amenait dans cet univers de cuir et de velours une bienvenue et troublante touche jazz. Heureusement, la fin, véritable plongée abyssale de Words from a fairytale termine l’album sur une note palpitante. Après, il ne reste que I dream a little dream pour partir au pays de songes. Ce soir, les rêves seront bardés d’aiguilles…
Myspace
Denis Z.


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Anna Ternheim – leaving on a mayday
2009 – 10 titres – 42'

Style : pop mainstream
Label : Universal jazz

Note : 6,5/10

Il va falloir se rendre à l’évidence : Anna Ternheim va devenir une vedette européenne, voire planétaire. Après la Suède qui a fait un succès aux deux précédents albums de la jeune femme (aussi bien le public que la critique), le reste du monde va succomber. L’emploi un peu plus haut du mot « vedette » a été fait à dessein, un terme un peu suranné qui sied à merveille pour ce troisième opus. Le premier album Somebody outside était très folk et très nature, le second Separation road, plus artificiel et parfois trop produit, Leaving on a mayday propose un habillage différent aux jolies mélodies d’Anna Ternheim, une voie orchestrale et pourtant captée avec simplicité. Essentiellement acoustiques (avec guitare, cordes et grand piano), ces 10 chansons ont donc été enregistrées live, à l’ancienne donc comme dans un studio de la BBC dans les années 60. Exemple de ce petit revirement de vue, l’utilisation de percussions venant remplacer ce qui précédemment aurait été joué par un clavier. Autre exemple, certains titres ont un certain côté Nina Simone (what I have done, let it rain).
L’album n’adopte pas non plus tous les tics d’une production années 60 et se garde bien de jouer la carte « à la manière de… ». L’approche est plus sensible qu’intellectuelle. A l’instar de sa rivale Islandaise, Emiliana Torrini. Cela donne de belles choses : Let it train et son piano qui rythme la passion, My heart still beats for you, le genre de morceau qui aurait pu devenir une petite sucrerie mais qui dans sa production sur le fil, laisse bouche bée. Leaving on a mayday comportent deux ballades folk, loin de roots dans leur accord où la voix cristalline d’Anna Ternheim provoque un léger vertige (Summer rain, off the road). « Léger » car si l’album ne manque pas de charme, il lui manque parfois un petit grain de folie pour devenir indispensable. Bjorn Yttling de Peter, Bjorn and John, producteur de l’album, a voulu que la Suédoise retrouve l’essence même de sa musique : des arrangements classiques au service d’une voix et des mélodies qui respirent. Parfois, celles-ci sont un peu gentillettes, il faut s’y résoudre mais Anna Ternheim est une artiste grand public. Aimons-là comme elle est.
Myspace
Denis Z.


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Coeur de Pirate – Eponyme
2009 – 12 titres – 30’55
Style : Chanson
Label :
Barclay - Universal


Note : 7/10

Sous ce pseudo juvénile se cache une chanteuse à peine sortie de l’adolescence. En recevant le CD, et en voyant sa gueule d’ange, ressemblant étrangement à France Gall (version 60’s), et surtout en voyant qu’elle côtoyait Julien Doré le temps d’un titre, je m’étais déjà fait une idée pleine d’a priori ! Et puis en écoutant aussi pour la première fois : une voix enfantine, des paroles simplistes, des mélodies dignes des pires moments de la chanson française. Cela avait de quoi rebuter le rocker qui vit en moi depuis bientôt 4 décennies !
Mais voilà ! En réentendant son single à la radio, je me suis finalement repenché sur le Cas Cœur de Pirate et sur cette voix d’enfant à l’accent québécois prononcé ! Et là, je n’ai pas vu le danger venir ! Sournoisement ! Sans crier gare ! Le long du large, Comme des enfants et toutes les autres se sont mises à danser dans ma tête. Les paroles s’imprimaient dans mon cerveau d’une encre à la fois sympathique et indélébile. Les mélodies tournoyaient jour et nuit, sans pouvoir m’en passer !
Au secours ! Je deviens accro de chanson française ! Pire, Julien Doré m’apparaît presque sympa, et Pour un infidèle, une chanson super sympa aussi, malgré des - faux ? - violons dégoulinant sur la mélodie en fin de titre.
Que m’arrive-t-il ? En fait, je crois être atteint d’un mal qui s’est déjà répandu dans la Belle Province, une addiction à cette nouvelle drogue élaborée par une jeune fille, Béatrice Martin, dans la pénombre de sa chambre (Fondu au noir), pour oublier un autre mal, un chagrin profond, qui ne s’estompe qu’avec le temps.
Ce premier essai de Cœur de Pirate est une véritable bombe à retardement. Ses chansons semblent anodines, mais à peine vous les avez entendues une fois que déjà leur substance dévastatrice se propage dans vos veines pour atteindre les organes vitaux ! Je vous aurai prévenu ! Cet album est D.A.N.G.E.R.E.U.X ! Il est capable de percer les carapaces les plus épaisses ! Je vous en conjure ! Ne l’écoutez pas !
Myspace / Site officiel

Mike S.


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The Race - In My Head It Works
2009 – 12 titres – 37’43
Style : Rock
Label :
Shifty Disco - Volvox


Note : 9/10

Les bons groupes en provenance de l’Angleterre se font rares ces derniers temps, vous ne trouvez pas ? C’est pourquoi, quand on en tient un, on en fait grand bruit !
The Race est de ces groupes qui ont suscité un buzz autour d’eux outre manche, alors même que leur premier album (Be your Alibi) n’était pas encore enregistré. A peine deux années plus tard, et les esprits apaisés, le groupe débarque avec un second album, In My Head It Works, à la hauteur de leur réputation.
Le groupe maintient le cap, en proposant un album au spectre large, multi-facettes, aux rythmes variant. C’est sur le titre Summer, que mon attention s’est longtemps posée pendant les premières écoutes. Que ce soit dans la voix ou dans les guitares, ce titre nous oriente vers les influences qui vous ont peut-être marquées dans les années 90’s (Dinosaur Jr, Afghan Whigs…). Le groupe a d’ailleurs le même talent dans la composition des mélodies ou dans la richesse des sonorités. Et il sait alterner les rythmes et les ambiances, pour ne pas faire de In My Head It Works, un album fade ou indigeste.
Racing Car Game ou Give Me Your Bible ont aussi tourné pas mal sur la platine, avec ces guitares noisy tournoyantes façon My Bloody Valentine et encore cette voix de folie tourbillonnante. Vraiment impressionnant tout ça !
Donc, vous l’avez compris, s’il y a un disque vraiment un album rock à écouter en ce moment, c’est celui de The Race, In My Head It Works !
En ce qui me concerne, j’ai du mal à m’en défaire depuis quelques jours. C’est une véritable obsession ! Ca travaille dans ma tête aussi apparemment !
Sans doute la plus belle surprise dans ce registre depuis le premier album de Bloc party. Myspace / Site officiel

Mike S.


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Forest Fire – Survival
2009 – 9 titres – 26’36
Style : Rock
Label :
Talitres/Differ-ant


Note : 8/10

Expéditif, Forest Fire nous balance 9 titres en moins de 30 minutes sur ce premier album Survival ! Pas besoin d’en faire des tonnes en quelque sorte pour être efficace ! Ce premier album se veut donc efficient, on ne garde que le meilleur, on ne charge pas trop les pistes, on y préfère l’émotion d’une voix à celle de cent violons.
Pour la petite histoire, le quatuor est américain, partagé entre la côte Ouest et la côte Est. De quoi compliquer n’importe quel enregistrement d’album. Mais aujourd’hui, quelle importance. On enregistre la guitare ici, la batterie (discrête) là, la voix vient se coller et puis quelques amis viennent ajouter leur partitions de cordes ou de cuivres dans le mix final. Et le tour est joué. La technologie au service de la Tradition !
Ce qui compte, et c’est le cas ici, c’est de bonnes compo, dans le style complainte folk moderne, sorte de Radiohead acoustique, ou de Clap Your Hands assagi !

Et une voix à l’accent prononcé, façon Bob Dylan ! Le résultat est à la fois sobre et envoûtant. Un peu ce qu’il manquait aux exubérants Polyphonics Spree, il y a quelques années, pour être excellents.
Difficile de vous parler d'un titre ou d'un autre, tant chaque titre a une part de vie et un traitement particulier sur cet album. Le groupe s’est employé à jouer la diversité dans un registre pourtant très étroit. C’est peut-être là que réside la prouesse ! Le final, tout de même, Slow motion, mérite d’y être cité, déjà parce que c’est le plus long de l’album, mais aussi parce qu’il nous propose un crescendo lancinant des plus original, agrémenté de cordes subtilement désaccordées.
Sans crier au génie ou parler déjà d’album de l’année, il faut bien avouer que Survival fait son petit effet, au fur et à mesure de ses diffusions !
Un album sobre et dépouillé qui recèle mille et une surprises !
www.myspace.com/fuckforestfire

Mike S.


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Ethan Rose - Oaks
2009 – 8 titres – 38'26

Style : Ambiant / Electronique
Label : Baskaru kuru / Chica Chic

Note : 7/10

Jamais sans mon Wurlitzer. Cela pourrait être le credo de Ethan Rose. Dans son troisième album, l'Américain explique que tous les sons de Oaks sont issues d'un Orgue Wurlitzer de théâtre de 1926, ceux-ci sont ensuite altérées par des ordinateurs pour créer ses pièces musicales. Ou comment faire de l'actuel avec du vieux matériel, pionnier de la musique électronique. Dans une volonté de transparence didactique, Rose dresse même la liste des sons, instruments et effets sonores issues du Wurlitzer utilisées pour le disque. Un déroulant d'une trentaine de mots (des "cloches d'orchestre" à "hautbois" en passant par "cordes célestes" et "marimba") qui rappellera la liste des instruments acoustiques de Spirit of Eden de Talk Talk, un album d'où ressortait cette même impression de temps arrêtée.
A la différence du groupe de Mark Hollis, toute la musique de Rose est synthétique et trouvant en son wurlitzer son unique médium, elle n'est qu'un théâtre des ombres et du simulacre : des simili instruments acoustiques jouées sur un mode impressionniste pour un résultat poétique. Rose privilégie souvent les nappes traînantes et les sons qui tintent - comme un concert de verre de cristal et de clochettes pour une ambiance renvoyant immanquablement à l'enfance. Originaire de Portland comme Gus Van Sant, Ethan Rose a participé à la musique de "Paranoid Park". Oaks est à l'image des adolescents du film : un éternel regard contemplatif et lunaire, un unique rempart contre la violence du monde. Un refuge en lévitation qui ne dure que le temps de l'écoute. Un disque à la dérive séduisant et d'une beauté éphémère.
Myspace
Denis Z.


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Scary Mansion - Every Joke is Half The Truth
2009 - 12 titres – 38'50

Style : Indie rock folk
Label : Talitres / Differ-ant

Note : 8/10

Programmée cette année au toujours recommandable festival "Les Femmes s'emmêlent", Leah Hayes - alias Scary Mansion - ne va pas manquer de faire parler d'elle. Cette fille du Massassuchetts, francophile pour avoir participé avec David-Ivar Herman Dune (pour le projet Satan 's Finger), déjà remarquée aux côtés de TV on The Radio, est une nouvelle preuve de la vitalité de la scène féminine américaine. Fille naturelle de Cat Power et de Scout Niblett, elle n'a pas totalement usurpé le "Scary" (effrayant en français) de son pseudo, son album étant un poil flippant dans ses détails, quand on se plonge Captain donne le ton d'une artiste écorchée aux mélodies rugueuses. En même temps, ce titre placé en ouverture nous induit presque en erreur car Every joke... n'est pas toujours fait de cette même énergie tordue qui rue dans les brancards. Les moments suivants sont plus calmes, parfois presque arythmiques. Mais de petits éléments viennent toujours tirés les morceaux du côté du malaise :
derrière cette folk music traditionnelle jouée parfois par un vieil instrument originaire des Appalaches, il y a toujours quelque chose qui cloche, une légère translation vers un regard biaisé et une folie latente : la voix chaotique (très proche de celle de Chan Marshall) y est pour beaucoup mais aussi quelques instruments grinçants, d'autres qui résonnent, une batterie syncopée, un orgue qui dresse un écran de fumée sous nos pieds, un piano déglinguée et une prise de son qui semble avoir été capté sur le vif. Les morceaux ne semblent vouloir avancer qu'au bon vouloir de son interprète, volontiers paresseuse, largement lunatique. Ce qui nous vaut de beaux moments (Shame, sharkish idea) et même une visite dans un chanteau hanté au temps du muet ( Yer mom. A fleur de peau, Scary Mansion touche parfois à la grâce mais celle-ci semble avoir été quelques peu salie par la boue. Il s'agit peut-être là la face sombre de l'immaculée Alela Diane. Leah nous dit Go to hell, on y va volontiers avec elle
Denis Z.


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Here we go magic
2009 – 9 titres – 38'30

Style : Songwriting libéré
Label : Western vinyl / Differ-ant

Note : 7,5/10

En changeant d'identité, Luke Temple s'est acheté une liberté. Et ce nouvel album, hétérogène dans ses résultats et homogène dans sa perpétuelle originalité est la preuve irréfutable que Temple n'est pas un Elliott Smith de plus. On aimait déjà l'Américain avec ses deux précédents albums où une touche toute personnelle était apportée à une indie folk parfaitement troussée. Sur Snowbeast, il ajoutait de l'électronique à ses instruments acoustiques. Il pousse plus avant l'expérience, programmant aujourd'hui sur de vieux synthés qui semblaient avoir été mis au rebut depuis la fin des années 70 (ceux-là même qui avaient fait les beaux jours synthétiques de Brian Eno ou du Krautrock). Ce qu'il en fait est pour le moins original : une rythmique froide comme la mort qui se met dans une boucle afro-beat (Only pieces chanté d'une voix sucrée à la Paul Simon ; I just want to see you underwater sorte de complainte abstraite de griot africain).
Sur Ahab, Temple tricote un paysage africain de funk blanc, comme l'avait fait jadis David Byrne. Fangela, songwriting pop minimal, accumule petit à petit les strates Fisher Prices pour acquérir une classe inédite. Tunnelvision aurait pu être un vrai tube de dancefloor accrocheur mais pour notre plus grand bonheur, Temple saborde son impact potentiel en choisissant une grosse caisse cotonneuse et en mettant ces guitares dans une obsessionnelle boucle irradiante (pour un résultat qui joue sur la persistance auditive). Invendable aux DJs mais totalement estimable. L'Américain n'a aucune velléité commerciale et s'autorise quelques intermèdes mi-ambiant mi bruitistes totalement mystiques qui montrent tout le chemin parcouru depuis Hold a match for a Gasoline World qui en faisait alors un compagnon de route d'Andrew Bird. Ce n'est pas ce qu'on préfère de lui quand même. L'album se termine sur Everything's big une ballade plus classiquement folk mais de belle tenue. Comme quoi, Temple n'a pas oublié aussi ses fondamentaux. Que fera-t-il pour le prochain ? Avec lui, tout devient possible.
Myspace
Denis Z.


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Great Lake Swimmers - lost channels
2009 – 12 titres – 40'01

Style : Pop / Folk
Label : Nettwerk

Note : 8/10

Album après album, Great Lake Swimmers est un petit miracle. Un groupe qui arrive à être grand public dans ses mélodies, exigeants dans ses compositions. Un groupe qui arrive à donner une classe Californienne à des ingrédients plus spécifiquement indie folk (violon, banjo). Un groupe qui arrive à être hors des modes tout en étant totalement dans l'air du temps. Un groupa comme ça, cela se ménage et cela se partage. Une bonne chanson reste une bonne chanson et Tony Dekker a la talent nécessaire pour en écrire à la pelle. Avec lui, les mélodies coulent avec clarté, sans montrer toutes les finesses harmoniques qu'il y a derrière pour obtenir un résultat totalement évident à nos oreilles.
La nouvelle moisson s'appelle donc Lost Channels et contient entre autres pépites Palmistry, tube aussi parfait qu'un hit du multiplatiné Rumours de Fleetwood Mac ou du non-moins prestigieux Out of mind de R.E.M., Everything is moving so fast tout en retenue, she comes to me in dreams et sa touche Smiths, The Chorus in the underground ballade guillerette à dos d'âne, le recueilli New light où le temps semble suspendu. On pourrait quasiment les honorer tous - Stealing tomorrow et River'edge sont quand même un peu téléphonés. Avec GLS, on visite une maison familière mais on retrouve là un foyer accueillant et vivifiant.
Myspace
Denis Z.


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The Bishops - For now
2009 – 14 titres – 37'

Style : Pop/rock
Label : W2 / Boxson / Anticraft

Note : 5,5/10

Il faut voir The Bishops sur scène, trio tiré à quatre épingles, tenant parfaitement la scène et réchauffant l'ambiance comme à Londres en 1965. Comme peu de personnes encore vaillantes peuvent encore dire "j'y étais" (à Londres en 65), cela vaut donc le détour. Emmenés par ses deux jumeaux (Peter et Mike), le groupe Anglais se sont lovés dans cet esprit brit-pop vintage sur leur premier album. Avec ce deuxième opus, ils le clament haut et fort, leur musique est For now ! D'où, un sensible repositionnement vers moins d'esprit 60's et plus d'ingrédients moins facilement assimilés à un espace-temps donné. The Bishops sort donc de son triangle basse-guitare-batterie pour enrichir la sauce de trompette, de piano, d'harmonica. Oubliant un peu la Perfide Albion, ils regardent parfois du côté des USA :
pour preuve la reprise He was a friend of mine, un titre chanté par Bob Dylan ou The Byrds, Rain dance et son petit côté Rawhide et Train won't stop entre Giant Sands et Nancy Sinatra. La production est surtout moins garage et plus claire, plus proche de Housemartins ou de Squeeze que des Kinks ou des Who. Le problème est parfois qu'à vouloir fédérer à tout prix, certains titres sonnent tout simplement un peu fadasses (Wandering, hold on) avec quelques mélodies un peu soupes (if you leave today). Déjà que les Bishops ne brillaient pas par leur originalité, ils perdent là un peu de leur énergie salvatrice. Ce qui fait un album en demi-teinte. Dommage car avec le percutant City lights (leur meilleur titre à ce jour), The Bishops tenait là quelque chose.
Site
Denis Z.


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Barzin – Notes to an absent lover
2009 - 9 titres – 36'19

Style : Folk
Label : Monotreme rds / Differ-ant

Note : 8,5/10

Plus dans l’ombre que dans la lumière, Barzin ne soucie pas ni modes ni du monde alentour. Canadien comme Leonard Cohen, il écrit d’une jolie plume désenchantée mais propose avec Notes to an absent lover, son troisième album, une musique plus sereine qu’à l’accoutumée. Barzin sort de l’hiver pour entrer…dans l’automne. Le printemps viendra plus tard et est déjà annoncée par le presque gai Look what love has turned into.
En attendant, l’auditeur a tout naturellement l’impression d’avancer en douceur sur un tapis de feuilles mortes, au son d’une musique boisée. Le spleen distillé est ici chaleureux et accueillant, on a envie de s’y lover. Le genre de sentiment de pureté que l’on n’avait pas ressenti depuis Mazzy Star. La force tranquille de la folk s’appelle Barzin. A découvrir d’urgence.
My space
Denis Z.


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Izabo – Super light
2009 - 12 titres – 54’20

Style : Pop-rock
Label : Roy Music / EMI

Note : 7/10

Avec Izabo, le rock a des vertus festives. On avait découvert le groupe israélien avec le bien nommé Fun maker, on les retrouve intacts propageant généreusement leur énergie positive avec un Super Light encore un cran au-dessus. Disco, psyché, glam et surtout outrageusement talentueux, Izabo n’a pas son pareil pour mettre le feu aux dancefloors (l’euphorisant Slow disco). Pas le temps de s’ennuyer avec des guitares
conquérantes, des synthés rutilants, un chanteur de charme et surtout un rythme d’enfer. En plus, le groupe n’oublie jamais ses origines et met une originale touche moyen-orientale dans sa machine à tubes. Maniant l’art du gimmick avec une facilité déconcertante, Izabo est à ranger aux côtés de CSS, de Scissor Sisters et de Blur. Notez le bien « à côté », pas « en dessous ». Mazel tov !
Denis Z.


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Corde Oblique - The Stones of Naples
2009 – 12 titres – 52’38
Style : Folk méditerranéen
Label :
Prikosnovenie


Note : 7.5/10

Avec le printemps, le label nantais Prikosnovenie nous gratifie de sorties d’albums construit autour d’un thématique tout azimut … 4 albums, 4 lieux, 4 styles aussi sous l’hospice de 4 vents. Corde Oblique, dans la distribution des cartes, a hérité de la Tornade de Vulcain.
Restait alors au compositeur italien Riccardo Prencipe à capter cette force de la nature et à l’insuffler dans ce The Stones of Naples, son cinquième album.
The Stones of Naples nous invite en réaliter à sentir sur notre visage quelque vent grec, entremêlé de Sirocco aux moments les plus tourmentés de l’album. Ce qui est sûr, c’est que Corde Oblique apporte la chaleur et la douceur de son pays, l’Italie. Plus qu’un album, The Stones of Naples est un concept et une grande maison sans porte qui invitent à sa table milles voix féminines et mille musiciens, issus de la baie napolitaine. On y croise d’ailleurs une vieille connaissance, Mediavolo, qui nous ensorcelle régulièrement de ses violons magique.

Au-delà de l’aspect conceptuel, The Stones of Naples est un album riche, aux mélodies subtiles et entêtantes. Les voix évoquent tantôt le traditionalisme du Sud (Corse, Sardaigne, Italie du Sud), tantôt l’envoutement de contrées lointaines et imaginaires arpentées par des Frodon Sacquet ou Lyra Belacqua
Vous l’aurez compris, Corde Oblique nous invite une fois de plus, au voyage et au dépaysement, le temps d’un nouvel album, et d’une nouvelle prouesse musicale.

Laissez vous transporter !

www.cordeoblique.com

Mike S.


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De Kift - Hoofdkaas
2009 – 14 titres – 46’21
Style : Fanfare Folk... délire
Label :
Range ta chambre


Note : 7/10

Apres plus de 20 années de résistance à la langue anglaise, De Kift semble avoir réussi son combat, puisque malgré son choix pour la langue néerlandaise, il parvient à faire des visites de plus en plus régulières hors de ses frontières et en particulier dans notre Hexagone.
Hoofdkaas, leur 9e album, ne déroge pas à la règle et maintient le cap. A la manière des Têtes Raides chez nous, De Kift perpétue une tradition culturelle à travers cette folk musique personnelle, élaborée avec des instruments traditionnels, acoustiques, dominés par des cuivres, qui apportent cette couleur particulière, cet esprit populaire des fanfares. Que l'on croise aussi chez Emir Kusturica.
Sur ce nouvel album, la petite entreprise communautaire multiplie les compositions mélodieuses, entre folk et country-folk (Heisa-ho) dont elle a le secret mais s’aventure aussi dans quelques titres naratifs (Record, Toen), à la manière des ménestrels du temps jadis.

 

 

Il est fort à parier d’ailleurs que De Kift apprécierait bien cette comparaison à ces bardes du moyen-âge, tant leur travail conserve ce côté artisanal et itinérant.
En fin d’album, Hoofdkaas, le titre éponyme, débute sur des chants d’oiseaux avant de nous emporter une derniere fois dans un récit obscur – bon, ok, je ne comprends pas bien le néerlandais – suivi d’une grande chorale, tel un final d'opéra... populaire toujours. Là encore, la proximité avec nos Têtes Raides nationales est assez flagrante. Mais qui sait, la comparaison n’est peut-être pas anodine, vu qu’en néerlandais, Hoofdkaas signifie « Fromage de tête »…

Un bien bel album en provenance de l’autre pays… de la musique !
Myspace / Site officiel

Mike S.


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Jeremy Jay - slow dance
2009 – 10 titres – 32'37

Style : Rock
Label : K record / Differ-ant

Note : 7/10

A place where we could nous avait fait connaître Jeremy Jay un jeune artiste marqué par la fin des années 60 et le début des années 70. Avec sa deuxième livraison, le Californien semble remonter le temps pour parvenir petit à petit jusqu'à nous. Avec Slow dance, nous sommes bel et bien entre 1978 et 1982. Après tout, beaucoup d'artistes actuels se réclament de cette période charnière entre punk et new wave. Sauf qu'avec Jay, le mimétisme va loin, c'est le moins que l'on puisse dire. Look slim, pochette à s'y méprendre (on l'imagine en vinyle), même la police de caractère est vintage et que dire des arrangements et du son de l'album. 32' pas plus (le précédent en faisait 29) pour dix morceaux secs aux guitares aussi serrées que le cuir du jeune homme. Une production sans chichis ni froufrous mais qui va à l'essentiel.
Pourtant, la nouveauté de cet album, par rapport au précédent, est bel et bien l'utilisation de synthés venant adoucir le côté brut des chansons. Le son reste vintage, on aurait pu s'en douter ! Jeremy Jay a aussi son côté charmeur et ses titres ont le sens de la mélodie tendue comme un string. Quelque part entre Jonathan Richman, Television, Patti Smith, le Cure de Three imaginary boys. De bons ingrédients qui font un bon disque.
Myspace
Denis Z.


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M.Ward – Hold time
2009 – 13 titres – 45’20

Style : Americana
Label : 4AD / Beggars Banquet

Note : 7/10

C’est marrant. A la réception de ce nouvel album de Matt Ward, je me voyais déjà écrire ma chronique en faisant sonner les trompettes du songwriter de génie injustement méconnu, du guitariste de talent ayant travaillé pour les plus grands (Cat power, Beth Orton, Bright eyes) sortant parallèlement des albums fameux devenus cultes. Ça c’était le début de l’argumentaire prévu début février. Entre temps, Matt Ward a fait la couverture de Magic, a eu un article élogieux dans le select (en nombre de pages restreints plus encore qu’en qualité musicale) Télérama, dans les faiseurs de mode Inrocks…En titillant un peu, on peut trouver cette nouvelle livraison un petit cran en dessous du précédent Post-war. Une petite ironie du destin au final assez commune… regardez Cat power. Mais passons… Mais Hold Time son septième album, l’Américain de Portland est en passe de connaître la renommée qu’il mérite dans la planète indie pop folk américaine. Une nouvelle réjouissante pour le mélomane, contrariante pour le critique obligé de changer en milieu du gué son fusil d’épaule. Dont acte. Si M.Ward a bel et bien une qualité, c’est la constance et son amour pour la musique Américaine des années 50 à 70 semble une fois de plus intacte. Plus que jamais, l’écoute de Hold Time devient vite une partie de plaisir devant un vieux juke box rutilant. On change les disques avec appétence, on passe d’un style à l’autre avec un plaisir similaire, on redécouvre de vieux standards oubliés. M.Ward, c’est à la fois un chanteur de charme de rock’n roll, un folk singer de feu de camps, un artiste de country plus vraie que nature et un pop singer amateur de mélodie ciselée. Tout cela en un seul album hétérogène mais totalement cohérent. Cet ancrage presque figée dans une musique au mieux vieille de 30 ans aurait pu être un boulet pour apprécier aujourd’hui la musique de Ward.
Fait à sa manière, cela devient plutôt une arme de légèreté et son atout majeur. En premier lieu car Ward fait de la musique avec une humilité déconcertante, reprenant toujours des titres d’autres sur ses albums avec un plaisir égal à ses propres compositions. L’Américain ne triche pas, ne tourne pas autour du pot et affiche clairement qui sont ces modèles. On découvre donc sa discographie idéale – et ô combien éclectique - album après album : le vieux chanteur de country Don Gibson, Les Beach boys, David Bowie, The Velvet Underground, Daniel Johnston. Sur Hold Time – qui aurait pu s’appeler Old time, signe encore plus certain que Ward essaye de retrouver les racines de sa musique, il reprend Buddy Holly, Franck Sinatra et le vieux chanteur de country Don Gibson. En vieillissant, Ward deviendrait-il encore plus nostalgique ? On peut se poser la question à fortiori après Post-War qui traitait – comme son nom l’indique – du traumatisme de la guerre en Irak. Transmission radio, cinquième album du bonhomme, était sous-titré « memories of utopian radio power », une citation encore valable ici où Ward se renferme dans cette Amérique mythifiée par sa musique et diffusée alors à la radio. Pourtant, on veut bien en reprendre une tranche : Ward a la voix parfaite pour ces climats un peu désuets, un souffle coulant sans accroc aucun jusqu’à vos tympans. Et puis, on ne peut pas dire que le gars ne sait pas écrire une (bonne) chanson. For beginners, en ouverture, prouve d’entrée la qualité de son compositeur. Et ces mélodies parfaitement concoctées rendent forcément universel le contenu musical. A chaque époque, on a toujours besoin d’un songwriter comme Matt Ward. Et ce n’est pas maintenant que cela va changer. Mais ça vous le saviez déjà, non ?
Denis Z.


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Fucked Up - The Chemistry of Common Life
2008 – 11 titres – 52’25

Style : Punk
Label :
Matador/Beggars Group


Note : 7/10

L’album est sorti en octobre dernier, mais il n’est jamais trop tard pour en parler. D’autant qu’il y a pas mal à dire sur ce groupe Canadien. Originaire de Toronto, et donc anglophone, le groupe se rapproche logiquement de la scène punk américaine et anglaise la plus radicale, celle qui compte des groupes comme les Blood Brothers ou les Test Icicles.
Radical, je disais, leur musique s’apparente à un train à grande vitesse venant percuter le mur du son ! Punk, rock, Hardcore, on pourrait aussi comparer leur musique à celle de Beatie Boys, dans ses moments les plus undergrounds ! Que ce soit dans les mots, les idées, le phrasé, toutes les compositions des Fucked Up ne font pas dans la dentelle. Ah, si, en introduction de l’album, le groupe nous prépare le terrain et les oreilles, en nous glissant une jolie musique, à la flûte traversière ! Mais passé 1’30, pensez à rabaisser le volume, sinon, vos voisins vont appeler la police !
A la manière des Blood Brothers, deux voix échangent des propos pas toujours compréhensibles au premier abord, il faudra donc y revenir, ou se diriger sur le petit livret du disque. Mais là encore, ça vaut le détour ! PAr exemple, Son The Father, ce titre qui s’introduit donc à la flûte, vous balance des textes dérangés et dérangeant sur la fierté des peuples et leur aveuglement religieux.



Et ce n’est que le point de départ de cet album, qui ose la puissance, mais qui sait aussi se poser dans des compositions electro, histoire de laisser retomber l’adrénaline, avant de jeter à nouveau vos oreilles en pâture aux lions rugissants, non, pardon, aux guitares électriques ! Et vous verrez que tout au long de l’album, Dieu y est omniprésent, sans pour autant y tenir le meilleur rôle, bien entendu !
La couverture de l’album est aussi tout un symbole, une rue entourée de buldings, des passants anonymes et un soleil couchant, comme pour marquer la fin de quelque chose. Ce qui est sûr, c’est que ce second album des Fucked Up n’est surement pas le dernier !
Si vous avez envie de vous décrasser un peu les oreilles, pariez sur la nouvelle alchimie concoctée par ces canadiens travaillant juste entre le marteau et l’éclume ! Attention ça fait mal !

www.matadorrecords.com

Blog Officiel du groupe

Mike S.


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Krystle Warren & The Faculty - Circles
2009 – 13 titres – 50’21

Style : Soul
Label :
Because


Note : 7.5/10

Krystle Warren est une américaine qui a grandi à Kansas City, avant de se déplacer vers le poumon de l’Amérique, le centre névralgique de la culture, New York ! Imprégnée par tout un ensemble de courants musicaux, qui vont du Rock à la Country, Krystle Warren crée dans son premier album, Circles, son propre univers, savant mélange de ses influences, de Joni Mitchell à Nina Simone.
Avec Krystle Warren, on note un regain incontestable vers les racines de la musique noire, portée par des personnes aussi diverses que Amy Winehouse ou Duffy. Pourtant, Krystle Warren préfère au tapage médiatique de ses contemporaines, digne des plus grands groupes de Rock , se concentrer sur la douceur de la soul de cabaret, la chaleur d’une voix de velours et la poésie des mots.

D’un bout à l’autre de l’album, Circles nous couvre près d’une heure durant, d’un voile de délicatesse, rappelant ici l’esprit de Tanita Tikaram ou même de Tracy Chapman, la grâce en plus.
En fin d’album, l’éditeur a la bonne idée de rajouter, My Third Love, le titre qui avait fait découvrir l’artiste, avant même d’être signée, et qui déjà nous apportait l’ensemble des ingrédients, qui font aujourd’hui de Circles, un album à part, et de Krystle Warren, additionné de son band, The Faculty, une artiste au charme indéniable.
Assez linéaire au premier abord, Circles se révèle rapidement attachant. Attention à l’addiction !
www.myspace.com/krystlewarren

Mike S.


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Bell X1 – Blue Lights on The Runway
2009 – 10 titres – 54’46
Style : Pop
Label :


Note : 7/10

Ne vous fiez pas à son nom digne d’un projet techno-gôa... La couv’ de l’album ne vous aidera d'ailleurs pas plus !
Bell X1 fait pourtant de la Pop, à 100%, teinté d’une note mélancolique. C’est donc dans le registre de Travis, Coldplay… que Bell X1 a depuis longtemps fait son nid, préférant jusqu’alors se forger une réputation dans les pays anglosaxons, de son Irlande natale jusqu’aux USA.
Pour son quatrième album, le groupe entend maintenant agrandir son cercle d'amis, en s’attaquant au continent européen. Pour la petite histoire, il vous a déjà atteint, si vous êtes adeptes à certains séries américaines qui en sont grandes consommatrices (Greys Anatomy, Les Freres Scott…) ! De même, leur précédent chanteur (au temps du groupe Juniper), Damien Rice, vous a peut-etre déjà hypnotisé à travers son premier album O , ou sur le générique du film The Closer… Vous voyez, vous les connaissez déjà !

Blue Lights on The Runway donne donc d’abord l’occasion de découvrir le groupe dans son entièreté, le temps d’un grand album, près d’une heure de ballades – pas trop irlandaises – mais terriblement populaires.
Et puis, titre après titre, l’album nous livre tout un univers, pop, brillant, stylé, rempli d’émotion à fleur de peau. Et on comprend que les ex-Juniper n’étaient pas regroupés pour rien dans les années 90’s… Il y a beaucoup de points communs entre les deux univers, même si la musique de Bell X1 est plus prompte à remplir des stades que la musique plus intimiste de Damien Rice !
Une écoute valant mieux qu’un grand discours, je vous invite à aller découvrir les lumières bleues étoilées de Bell X1 sur leur sites internet, avant de franchir le pas (de porte) de votre meilleur revendeur de galettes…
Un album lumineux.
www.bellx1.com
www.myspace.com/bellx1

Mike S.


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The Secret Machines
2009 – 11 titres – 63’11

Style : Rock prog
Label : Cooperative / V2

Note : 4,5/10

A la base, The Secret Machines avait comme leader deux frères, Brandon et Benjamin Curtis. Benjamin parti, le groupe continue néanmoins sur sa lancée, droit dans ses bottes, égal à lui-même. Le groupe américain navigue à contre-courant, citant volontiers des groupes de rock progressif dans ses influences. Et cet album, le troisième, ressuscite carrément Floyd. Ou, en tout cas, en a le secret objectif. C'est surtout la période Gilmour qui semble avoir impressionné The Secret machines. Pas forcément la meilleure, hélas. Pourtant, mis à part quelques restes un peu datés (le clavier sur underneath the concrete ; le voile sur la voix de I never thought to ask), les Américains sont dans le son bel et bien un groupe des années 2000. Les machines du nom martèlent (l'indus est passé par là), les guitares sont puissantes voire adeptes du riff baveux (last believer, drop dead). Etonnamment, tout cet aspect tonitruant, "bigger than life" pourrait on dire, joue plutôt en défaveur du groupe : le côté déjà naturellement héroïque ou emphatique des compositions se voit décuplé ainsi traité et cela devient un peu too much et presque un peu toc.
En étant méchant, on pourrait dire que ce côté couillu fait ressortir, par opposition, la niaiserie profonde de certaines mélodies : les guitares ont beau être rock et crissées à l'envi sur now you're gone, la mélodie est gnan gnan et évoquera plus Chris de Burgh que de Pink Floyd. Sur The walls are starting to crack, une période de flottement presque bruitiste aboutit à finalement un solo de guitar heros pénible et ringard. Tout ça pour ça. D'autant plus qu'avec tout ça, ces recherches sonores gâchées (le groupe avoue un faible pour My Bloody Valentine), cet esprit "extra large" mal dégrossi, The secret machines apparaît comme un groupe prétentieux, et ça, ce n'est jamais bon signe. Les morceaux étant longs, on peut toujours trouver des bons moments dans chacun mais aucun dans sa totalité n'obtient une totale adhésion. Have I run it peut-être, un titre que l'on aurait pu trouver sur The Fragile de N.I.N.. Ou dreaming of dreaming, longue variation sur une même impulsion rythmique. C'est un peu court quand même.
My space
Denis Z.


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Dick Annegarn - Soleil du Soir
2008 – 11 titres – 41’45
Style : Chanson
Label :
Tôt ou Tard / Warner


Note : 7/10

56 ans, 35 ans de carrière, 19 albums, dont six sortis sur le label Tôt ou Tard, dernière île au trésor de la chanson française. Ca tombe bien, Dick est un secret bien gardé, sans doute le dernier poète d’une vieille école, qui a vu mourir Jacques Brel. Ne confondez pas non plus avec l’autre Dick, sa baie des anges se trouve sur la côte Nord, du côté d’Amsterdam, même s’il se plait à vivre sur les quais de scène.
Tout cela pour vous dire que Monsieur Annegarn nous livre, non pas un énième album, mais le résultat d’une nouvelle plongée dans les profondeurs de sa pensée, de son passé. Il y rencontre justement le grand Jacques, à qui il livre un fervent hommage, 30 ans après sa mort, il y croise le Rock de Rotterdam au milieu d’une dépression du Blues de Londres. Une drôle de chanson, Quelle poule pond tant ?, vous amusera, sur des airs de violons, à la manière de Théo Hakola. De Théo d’ailleurs, il en question dans une chanson du même nom, dans laquelle Dick Annegarn semble repeindre avec ses mots "L’Enfant à l’Orange" de Vincent Van Gogh.

Si Dick Annegarn reste difficile à découvrir au premier abord, de par son accent du Nord, de par sa musique intime, ses mots tourmentés, au sens propre comme au figuré, il n’en devient passionnant une fois ces frontières abattues.
Parmi les invités du poète sur ce Soleil du Soir, Yael Naïm, autre signature de Tôt ou Tard ou Joseph Racaille, ancien compère du récemment disparu Hector Zazou (Orchestre de chambre à coucher…).
Le Soleil du Soir est à découvrir à tout heure de la journée, mais avec une oreille attentive, les mots étant plus importants que le reste dans ce travail, bien que les accords de blues et les mélodies discrètes finissent par vous trotter, à force de concentration sur le verbe.
Allez ! N’hésitez plus et décadez avec Dick, dégénérez avec Annegarn, subtile décadence !
http://annegarn.free.fr/

Mike S.


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Megaphone ou la mort - Camarade Coma
2009 – 12 titres – 44’23
Style : Rcok
Label :
Pias


Note : 7/10

Si le patronyme de ce groupe vous parait bien intrigant, sachez que leur musique ne l’est pas moins !
Derrière ce nom, un groupe originaire des 4 coins du monde et basé en Espagne, à Valence, pour être plus précis. Deux argentins, un espagnol et un francais réunis par une passion commune, la musique, un peu de britpop, un peu de rock, et pas mal de chanson française.
De ces influences si différentes, le groupe vient d’enregistrer et de commettre Camarade Coma, un premier album, long format, qui mêle pop et rock, textes français et anglais.
Pour tout vous dire, à la premiere écoute, j’ai eu l’impression d’assister au come back de Marc Seberg, un groupe déjà largemet inspiré par des groupe anglais tels que New Order... Et puis en explorant ici et là, en découvrant leurs influences, rien à ce sujet, c’est plutot Daniel Darc, Dominique A ou Michel Houellebecq qui revenaient de façon plus incistante sur la toile !
Tout ceci n’étant pas faux, il faut bien reconnaître que Megaphone ou la mort, de façon volontaire ou non,

vient de recréer un style né et mort dans les années 80’s, un rock inspiré de Lautréamont, Sade et Lénine à la fois, un rock à la fois noir et brillant – non, pas métallisé, loin de là ;-) – pour lequel, les textes sont aussi importants que les notes, si ce n’est plus. D’ailleurs, l’album commence sur La poésie du travail et finit sur Lutter. Allez découvrir les chansons en question, vous comprendrez vite, où vous avez mis les oreille !
Ce qu’il faut retenir de ce premier essai de Megaphone ou la mort, c’est surtout cette envie de ne pas faire comme les autres, de se lancer dans un rock poétique, parfois revendicatif, et d’y glisser quelques belles mélodies et des rythmes racés, histoire de détourner l’attention…
Une bien belle tentative en tout cas, qui mérite une écoute attentive et répétée pour en tirer la substentielle moelle !
Myspace.com/megaphoneoulamort
A découvrir et télécharger sur Jamendo

Mike S.


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Juno Reactor - Gods and Monsters
2009 – 9 titres – 57’09

Style : Trip Hop World
Label :
Metropolis


Note : 7/10

Pas véritablement un groupe, June Reactor est un projet collectif.
Pas vraiment un album, Gods and Monsters est avant tout un spectacle musical.
Une fois éclaircis ces quelques points, nous pouvons passer au cœur de notre sujet, la musique de l’un est de l’autre. Entre Transe et Trip Hop, Gods and Monsters livre une œuvre complexe, une œuvre de studio, s’il en est, qui allie un travail de producteurs surdoués à des voix d’exception.
Derrière les manettes, empruntant les routes ballisées de Massive Attack ou Portishead, Ben Watkins, l’instigateur du projet. Derrière les micros, une voix masculine, celle de Ghetto Priest (Asian Dub Foundation) et une féminine, Taz Alexander, aux capacités vocales invraissemblables et au timbre envoûtant. Si vous ajoutez à cela, les talents de guitariste de Steve Stevens (Billy Idol, Joni Mitchell…), ceux de percussionnistes de Greg Ellis et de la troupe Amampondo.

En dehors de tout aspect visuel (que nous n’avons pas vu), il faut bien avouer que Gods and Monsters est déjà bien impressionnant, carrément efficace, sur le plan sonore ! Il suffit de monter un peu le son et les basses pour s’en rendre compte ! Les 9 titres qui le composent ont d’ailleurs leur propre vie, leur propre ambiance et leur propre émotion, de la transe Inca Steppa au trippant Tokyo Dub, de l’ambiant Las Vegas Future Past au futuriste City of the Sinful, en passant par ce World métissage de Tanta Pena. Il y en a pour tout le monde et pour tous les goûts dans cet album concept qui, en plus, parvient à conserver une belle unité ! Le travail de magicien de Ben Watkins n’y est sans doute pas pour rien !
Alors si vous avez envie de dépaysement ? ou que vous êtes en manque d’atmosphères Trip Hop ? ou simplement en recherche de puissance et d’efficacité ? Essayez donc ce Gods & Monsters !

Mike S.


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Declan de Barra - A Fire To Scare The Sun
2009 – 10 titres – 28’43
Style : World Folk
Label :
Further Music / Harmonia Mundi


Note : 7/10

Auteur d’un premier album (Song of a thousand birds), le chanteur irlandais basé à Dublin, Declan de Barra lui donne une suite cette année, baptisée A Fire To Scare The Sun. En dix petits titres, d’une durée inférieure à 30 minutes, Declan de Barra plante un décor métissé par ses voyages en Indes et en Europe. Le chanteur se fait accompagner par des musiciens professionnels, au violon, violoncelle et batterie.
En dehors de l’atmosphère chaude et épicée, ce qui marque le plus l’auditeur, c’est très certainement la voix étonnante de Declan, qui a quelque chose entre Jeff Buckley et Joseph Arthur. De ces deux artistes, il a, de plus, en commun, une certaine vision de la musique, refusant complaisance et facilité, et préférant ainsi inventer, surprendre, plutôt que de refaire ce qui a déjà été entendu mille fois !
C’est avec Brightest Star, que Declan frappe un grand coup, avec cette voix plaintive réchauffée par des rythmes orientaux.

S’ensuivent ensuite quelques complaintes folk, aux textes imaginés, propices au voyage et à l’imagination… avant de revenir à 57 Years, un titre tout en progression, tel un boléro. Ajoutez à cela le travail artistique réalisé sur la couverture de l’album, aux couleurs proches du premier album, qui n’est pas sans rappeler quelques fables… Là, votre imagination tourne à plein régime, et la musique de Declan devrait pouvoir vous bercer un bon moment.
Si vous êtes fan de chanteurs folk un peu dépressif, cet album est très certainement pour vous ! Pour les autres, vu la morosité ambiante et la tension palpable, la musique de Declan de Barra devrait apparaître d’une grande douceur et source de relaxation des plus appréciable.
Vous l’aurez compris, ici, on est tombé sous le charme de ce A Fire To Scare The Sun.
Un album simplement beau !

www.declandebarra.com

Mike S.


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Blue Roses – Eponyme
2009 – 5 titres – 22’07

Style : Folk
Label :
XL/Salvia


Note : 6/10

Parmi les sorties du mois d’avril, un nom et une voix ont attiré mon attention plus particulierement ces derniers jours. Blue Roses !
Derniere ce patronyme fleuri, une chanteuse, Laura Groves, orginaire de Bradford, dans le West Yorkshire. Elle joue de sa voix, mais utilise aussi un piano, une guitare et quelques autres instruments pour illuminer ses compositions.
Pop aérienne, sa musique est terriblement marquée par l’emprunte indélébile de Kate Bush ! Sur Myspace, où l’on retrouve 2 titres en écoute, Laura Groves y indique justement un liste d’influences majeures, et Kate Bush arrive en tête, sans surprise. Joni Mitchell, Stevie Nicks en sont aussi. On pourrait allonger la liste avec Tori Amos, dont le jeu de piano se retrouve dans les compositions de Blue Rose, ou Rickie Lee Jones, pour sa voix enfantine. Mais c’est bel et bien Mme Bush, qui a touché Blue Roses, aussi bien pour la voix claire, capable de naviguer avec facilité dans les octaves, que pour les orchestrations et les atmosphères angéliques.


 

Pour cette introduction discographique, ce sont malheureusement que 5 titres qui sont ici livrés. Pas de quoi se faire une idée définitive sur l’inspiration générale de l’artiste. Mais retenons malgré tout de riches compositions, de beaux arrangements, des textes tres personnels basés sur des thèmes récurrents tels que l’amour, le doute, la fuite…
Alors, sans rendre de verdict sévère et immédiat, on retiendra d’abord cette voix magnifique et ces compositions avenantes. Et ensuite, on se gardera d’apporter des commentaires supplémentaires tant qu’on aura pas entendu un bouquet complet de Blue Roses !
musicofblueroses.com
Deux titres en ecoute sur Myspace

Mike S.


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JJ Cale - Roll On
2009 – 12 titres – 40’36

Style : Blues
Label :
Because


Note : 7/10

Outre Atlantique, JJ Cale est une véritable légende vivante. C’est sur le tard, en 1972 que cet artiste a débuté sa carriere discographique (Naturally). Pas étonnant qu’à 70 ans, il soit encore sur le pont à vouloir rattraper le temps !
Né au beau milieu des USA, dans l’Oklahoma, J J Cale a été découvert grace à une chanson qu’il avait composée, et qui fut reprise par Eric Clapton en 1970. (After Midnight). Pas étonnant que le loup sollitaire qu’il semble avoir toujours été dans son travail de studio n’ait pour invité que le même Eric Clapton, sur le titre éponyme de l’album.
Et à part ça, c’est bien beau d’être une légende, d’être encore en vie, de composer, enregistrer et sortir un nouvel album, encore faut il que le dit album ait un quelconque intérêt ? Et bien c’est le cas ! En une douzaine de ballades, JJ Cale continue, sans révolution, à explorer les univers Blues, Folk, Country, en essayer d’y apporter des mélodies impeccables, des rythmes agréables et des textes personnels.

Essai transformé, puisqu’effectivement, chaque titre de cet album, nous entraine, nous fait taper du pied, dodeliner de la tête, voire même chantonner sur Where The Sun don’t Shine, Down To Memphis, Oh Mary ou encore Roll On… Dans la foulée, JJ Cale pince une petite corde nostalgique le temps d’un Old Friend mélancolique à souhait.
N’était qu’un simple amateur du genre, je ne sais pas comment les puristes vont accueillir ce disque, mais les fans de Clapton, Knopfler, Cashou encore BB King devraient s’y retrouver, plutôt deux fois qu’une !
Si cet album devait être le dernier de JJ Cale, il en sera une tres belle conclusion, et si ce n’était pas le cas, il présagerait d’un avenir encore riche, pour ce haut représentant de la musique populaire américaine.
Son jeu de guitare n’a pas pris une ride, sa voix est intact, son inspiration encore bien aiguisée. Un bon cru 2009 à déguster seul ou entre amis !

Mike S.


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Redjetson - Other Arms
2009 – 10 titres – 59’58

Style : Rock
Label :
Gizeh Record


Note : 9.5/10

Lors de la découverte du premier album de Redjetson en 2006, j’étais enthousiaste et plein d’espoir pour l’avenir du groupe. Les six orginaires de l’Essex avaient en effet su créer un son, magique, brillant, une pop scintillante, comme avaient pu le faire une poignée de groupe, à peine, avant eux !
Trois années plus tard, la magie n’a pas eu lieu, le papillon est resté terré dans sa chrysalide ! Pourtant, avec ses dernieres forces, il tente à nouveau de percer l’enveloppe qui le sépare encore de la popularité et de la reconnaissance !
Other Arms
, leur nouvel album, s’éloigne de cet esprit Post Rock, que le groupe avait alors, pour se concentrer totalement sur l’aspect mélodique de leurs compositions. La voix du chanteur est mise plus que jamais sur le devant de la bande, un peu à la manière d’un autre éternel second, Puressence, dont les albums continuent à nous parvenir dans une totale indifférence !
Le gros défaut de Redjetson, c’est de vivre encore dans les années 70’s et de préférer des formats de 6 ou 7 minutes aux traditionnels 3’30 qu’imposent les radios du monde entier ! Mais c’est pour notre plus grand bonheur, car le groupe ne s’économise pas sur les introductions et les conclusions, qui, ainsi, créent une nappe atmosphérique, remplie de puissance et de majesté !

Et ce n’est pas le style vocal de son chanteur qui risque de raccourcir la durée des titres ! Mais, du coup, chaque titre est un véritable monument, alliant puissance et émotion. Et quand vous additionnez dix titres de la même classe, vous obtenez une fois de plus une des meilleurs albums de l’année.
Si vous avez aimé le premier album, vous pouvez y aller les yeux fermés ! C’est grandiose ! Si vous avez manqué ça, vous avez une seconde chance de découvrir un des tout prochains meilleurs groupes du monde, avant même son éclosion !
Mais peut-etre est-ce là le talent de cette chenille, à fabriquer cette soie musicale, et ne pas vouloir trop vite se transformer, au risque de perdre la fraicheur premiere de sa musique ! Dans ce cas, ne changez rien, et livrez nous encore nombre de ces merveilles !
Un album romantique, une émotion à fleur de peau, à chaque seconde, malgré des guitares, qui ne s’en laissent pas compter !

Mike S.


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Reigns – The house on the causeway
2009 – 11 titres – 43’

Style : Abstract pop/folktronica
Label : Monotreme / Differ-ant

Note : 9,5/10

Il y a quelque chose d’effrayant dans la musique que Reigns. Oh ici pas d’effet grand guignolesque, pas de tapages abusifs, mais plutôt une ambiance larvée qui s’installe avec froideur et détachement pour finalement marquer les esprits sensibles. A l’instar de « La Maison du Diable » auquel la pochette peut faire penser avec cette voiture qui nous y conduit tout droit, tout semble ici suggéré plus qu’annoncé. Et pourtant quelle richesse musicale avec un piano dramatique volatile, des guitares en patte de mouches, un chant plus parlé que chanté qui hante les murs et une électronique qui n’arrondit pas les angles mais les rend plus aigus encore.
Tout est un peu en retrait mais chaque pièce du puzzle trouve une place essentielle dans un tableau qui se dessine avec goût. Le groupe des frères Farthing a su adopter les textures torturées de Why ? et l’écriture moderne de Hood. Derrière tout ça, se découvrent des moments d’une beauté transfigurée où l’émerveillement se dispute à la peur (mad crease) . In fine, la violence va se matérialiser en un impressionnant The Black cramp à la tension graduée et aussi profond que des marais, noirs à ne en voir le fond. Grosse claque.
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Denis Z.


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Kashiwa Daisuke - 5 dec
2009 – 10 titres – 62'26

Style : Electronique vs Classique
Label : Noble / A musik

Note : 4/10

On ne devrait jamais faire de prédiction : à l'époque de son précédent album Program music and I, j'imaginais que son compositeur, Kashiwa Daisuke, allait finir par faire des BO de films. Raté, c'est son copain de label, Kazumasa Hashimoto qui s'y colle pour le cinéaste Ryuichi Kurosawa. Ce qui n'empêche pas Daisuke de sortir un nouvel album, évolution normale du précédent, un album qui alterne le pire et le meilleur. Toujours entièrement instrumental, 5 dec navigue toujours entre électronique et classique. Mais plus que jamais, le Japonais, découvert par Sakamoto, rate le coche dès qu'il joue sur le trop plein dans sa musique. Franchement lourdingue sur Requiem qui concasse un choeur de Requiem dans une techno bruitiste tendance Thunderdome. On envisageait l'emphase, on n'imaginait pas d'avoir envie de vomir. Sur Taurus prélude, le Japonais s'attaque à Bach, rien que ça, et à un air de clavier qui, sous les coups de boutoirs électroniques, n'est plus si tempéré. Pénible et re-pénible. On se dit que Daisuke réussit à mêler ensemble les clichés les plus préjudiciables du néo-classicisme pompier et d'une certaine électronique un peu stériles. Mais ce n'est pas tout. Sans doute pour signifier que s'ouvre dans la musique les portes de l'enfer, une guitare hard rock vient rugir de manière récurrente sur l'album.
On comprend le pourquoi, on en déplore le comment. Trop, too much, re-too much. Peut-être que Daisuke croit que l'originalité de sa musique arrivera de ce gloubi-boulga musical. C'est vrai qu'un titre comme Red Moon doit tout à Keith Jarrett (même si le résultat ressemble davantage à Eric Serra). Tout le début de l'album est donc raté. Mais la deuxième partie redresse la barre. Peut-être qu'une partie de l'ego de Daisuke est tombé malade à ce moment, ce qui nous fait des vacances. Quoiqu'il en soit, avec un piano modeste ne jouant que sur la résonnance des touches volant sur de fines programmations minimales, le Japonais laisse entrer un peu d'air dans sa musique et ainsi une sensibilité jusqu'alors absente. Bien sur Silver moon, très bien sur Broken device, plus minimaliste encore avec un piano de plus absent et une électronique impressionniste. Le Japonais ré-introduit plus d'éléments ensuite dans une troisième partie où le bon équilibre est peut-être enfin trouvé : un violon, une harpe, un piano digne de Rachmaninov mais qui trouve sa place, une rythmique jungle (Aqua regia), Daisuke trouve peut-être son style. Un peu tard pour 5 dec, mais cela laisse de l'espoir pour le prochain.
My space
Denis Z.


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Zal Idrissa Sissokho - Silaba
2008 – 10 titres – 41’12
Style : Musique du monde
Label :
Disques Nuits d'Afrique/Archambault Music


Note : 8/10

Planté derrière sa Kora l'instrument traditionnel de ses ancêtres (les griots africains), 21 cordes faite maison et toute une floppée de clefs bizarres pour régler les harmoniques), ce Sénégalo-Canadien (eh oui ca existe !) construit patiemment sa passerelle entre l'Afrique et le monde.
Colporteur d'histoires et de l'Histoire, issu de la tribu mandingue, ici épaulé par le "magic" groupe Buntelo, Mister ZAL nous emmène en voyage sur sa grande route (traduisez : silaba ). Le chant, tantôt en malinké, tantôt en wolof, allié à la Kora, se prête au jeu des tonalités contemporaines : reggae, rumba, salsa, blues, afro pop...
Le tout pour des évocations de sujets vitaux comme l'environnement, l'immigration des boat people, la faim dans le monde et des hommages appuyés à la famille et ses ancêtres, afin de préserver et donner une nouvelle identité à ces compositions d'accords plusieurs fois centenaires.
C'est le manque de temps qui fait de Silaba , le 1er album solo pour celui qui, de nombreuses années durant, a accompagné sur scène ou sur disque : Les Frères Diouf, Monica Freire, Alpha Yaya Diallo, Corneille... Tout ça, entre 2 saisons du Cirque du Soleil à Las Végas, excusez du peu.
Traversez avec lui le grand continent mondial !
Myspace

Erik B.


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Monster - s/t
2009 – 10 titres – 44'

Style : Indie rock
Label : Le Jardin collectif / Anticraft

Note : 8/10

Depuis le retrait de Cat Power des affaires rock, émergent des USA de nouvelles chanteuses, avides de musique écorchée et de lyrisme adolescent. Après Alina Simone, voici Alexandra Johnstone qui, comme Chan Marshall s'adjoint la complicité d'un batteur et trouve un pseudo, Monster. Pas de musique effrayante à l'horizon mais des ambiances un peu chaotiques, avec des structures libres, des arrêts sur des aires d'autoroute et des départs sur les chapeaux de roue sur des routes mélodiques. A la clé, des bouffées d'émotion affichée avec détermination. Multi-instrumentiste, la jeune Californienne, loin des clichés ensoleillés de sa région natale, la Californie, exprime ses tourments avec sensibilité et musicalité.
Il y a du blues en filigrane dans ses chansons de jeune blanche élevé au rock (sincere blues). Les arrangements se révèlent moins rêches que prévus et font venir sur le devant de la scène une trompette, un trombone et un violon sur le nonchalant Pink sky. Ce premier album contient de vraies bonnes chansons (Alice Dupont, shoes of a slave, magnifié par la voix fragile de Alexandra. Comme Chan Marshall ou Kristin Hersh - ce premier essai ressemble parfois au premier disque des Throwing Muses, on pense que la jeune chanteuse va sortir des clous, déraper et s'érailler. Mais sur le fil, Johanna reste juste et ce numéro d'équilibriste la rend encore plus touchante et totalement sincère. Bon premier disque, artiste à suivre de près.
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Denis Z.


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Stinking Lizaveta – Sacrifice and bliss
2009 – 10 titres – 51'20

Style : Free hard rock boursouflé
Label : Monotreme records / Differ-ant

Note : 2/10

Le plus dur avec ce disque est d’aller jusqu’au bout. Stinking Lizaveta, trio instrumental originaire de Philadelphie, ne nous aide pas à tenir le pari et écouter jusqu’à son terme leur sixième album se révèle impossible (en tout cas pour moi). Stinking Lizaveta est fondamentalement hard rock, aimant les gros riffs, les guitares démonstratives, les batteries lourdes mais avouant aussi un péché mignon pour des soli jouées au clair de Lune (Help ! Scorpions revient). Pas dans la dentelle et encore moins quand on sait que le trio se réclame du compositeur russe Scriabine, du free jazz, de l’inclassable Franck Zappa.
Rien que ça ! Le résultat a la volonté d’étaler les démonstrations techniques et de clamer haut et fort « nous sommes des esprits libres et lettrés ». Le résultat sent surtout la prétention et se révèle indigeste, chiant et franchement ringard. Les structures alambiquées n’y changeront rien. Avec When I love, titre inoffensif mais agréable et léger, on croit tenir enfin quelque chose mais Stinking Lizaveta pollue le titre d’un solo Scorpion-esque dont il a malheureusement le secret. Comme dit une amie : « le chien retourne à son vomi ». Une question reste toutefois en suspend : mais que fait ce groupe sur le pourtant excellent label Monotreme records (Barzin, Reigns, Thee More shallows). Mystère et boule de gomme.
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Denis Z.


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Agaskodo Teliverek – psycho goulash
2009 – 13 titres – 51'20

Style : Rock Garage punk destroy
Label : Midfinger records / Audioglobe

Note : 7/10

Le disque commence sur un interminable taping dans les aigus avec un son pourri puis sur une batterie destroy…On se dit vite que Agaskodo Teliverek a une musique aussi bizarre que son nom. Formés de deux guitaristes Hongrois et d’une chanteuse japonaise, jouant volontiers les Keytar heroes si on lui demande gentiment, le trio auquel s’ajoute un batteur occasionnel a déjà fait les nuits sauvages de Tracks sur Arte. C’est vrai que l’on imagine la joyeuse bande foutant le feu à un café enfumé le tout dans un énorme bordel. Le précipité est à manier avec précaution car le musique de Agaskodo Teliverek ne demande qu’à vous péter à la gueule. Le son est heavy et speed, les sautes d’humeur aussi fréquentes que chaotiques.
Le keytar de Hiroe apporte une touche presque kitsch à une musique par ailleurs sauvage. Le trio joue d’ailleurs sur des contrastes, du jazz musique d’ascenseur (mais joué rock) pris en sandwich par deux déflagrations speed ? Avec eux c’est possible. De la musique folklorique hongroise jouée à 100 à l’heure par des guitaristes hystériques. Tout comme la voix de Hiroe, capable de hurler dans un micro ou de jouer les petites filles. Il y a du Sonic Youth juvénile, du punk pré pubère, du Cramps alien dans cette musique en forme de court-circuit. Et le pire c’est que c’est bien, le groupe maîtrisant son sujet pourtant en apparence incontrôlable. Rock un jour, rock toujours !
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Denis Z.


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Fredo Viola - The Turn
2009 – 12 titres– 45’24 + DVD

Style : Folk
Label :
Because


Note : 9/10

La caresse du matin est signée Fredo Viola. Globe trotter malgré lui, Fredo Viola a voyagé entre l’Angleterre, son pays de naissance, l’Italie, New York, la Californie… Interprête soprano pendant son enfance, étudiant en art plastique ensuite, il a gardé de tout cela, une créativité et une élégance dans sa création musicale.
Influencé aussi bien par la musique classique et lithurgique que par ses contemporains, Fredo Viola nous livre une premiere œuvre des plus originales, d’une pureté absolue. The Turn, titre donné à cet album, se compose d’une douzaine de pieces, à la fois musicale et vocale, la voix de Fredo Viola étant véritablement omniprésente, incontournable, et même démultipliée. En effet, l’artiste utilise un proécédé d’écriture, qui mêle des jeux vocaux, entre Doo-wop et Canon grégorien, sa voix se faisant écho à elle-même ou s'accompagnant simplement. Le résultat est à la fois mélodique et élégant. Du grand art au delà de l'aspect technique. Du coup difficile de classer ce nouveau venu dans un genre ou un style particulier. Vraiment, Fredo Viola tient quelque chose de différent, de rafraichissant, et sans faire dans la surcharge émotionnelle, ni même dans la surrenchere d’instrumentation. L’orchestration est d’ailleurs plutot riche, avec des flutes, des trompettes, des harpes, judicieusement placées dans la partitions, mais sans jamais alourdir le travail final. La musique de Fredo Viola, c’est plutot le contraire, légère et douce comme une plume. La caresse du matin, comme je vous le disait au début .

Pour vous en convaincre, il y a ce titre introductif, éponyme de l’album, qui utilise les procédé sus-sité, et se termine comme un final d’opéra, prolongé d’un bestiaire aérien. Et puis, le magnifique canon, intitulé The Sad Song, qui a quelque chose de religieux, tout comme pouvait l’être l’interpretation de Jeff Buckley, sur Hallelluja. Ce titre a par ailleurs, fait l’objet d’un clip, réalisé par son auteur, qui propose sur une version limitée un DVD avec ses différents travaux videos, qui appuie pertinemment son travail musical (notez sa verison de Silent Night inédite sur le DVD).
Si nécessaire, The Original Man finira de vous convaincre, par son rythme et sa voix pleine d’enthousiasme !

The Turn, de toute évidence, est la surprise de l’année, et devrait nous emmerveiller, écoute apres écoute, faisant apparaître, de nouvelles subtilités dans l’enregistrement. Un de ces albums qui se bonnifient en vieillissant, vous voyez ? Et ça, cà fait un bien fou, dans un monde toujours trop formaté.
A découvrir absolument ! Vous allez tomber sous le charme ! J’en prends le pari !

Myspace.com/fredoviola

 

Mike S.


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aMute - infernal heights for a drama
2009 – 8 titres – 51'20

Style : Post-rock / Folktronica
Label : Stilll records / MDM / Pias

Note : 9/10

Dans le nom aMute, le "a" est privatif. Autant dire que le groupe de Jérôme Deuson est tout sauf muet - mute en anglais, même si le Belge aurait pu se retrouver sur le label Mute. Il fait au contraire le plein de sons, d'ambiances, des textures nourri qu'il est de plein de genres musicaux qui se marient ensemble avec bonheur. "Impressionnant" pourrait être l'adjectif qui vous saute aux yeux. "Impressionnant" quand on voit la liste des intervenants : Robert Toher (Apse), Joseph Dessler Costa (L'Altra), Bryce Kushnier (Vitaminsforyou, Do make say think)... la crème d'un certain post-folk des plus brillants s’est donné rendez-vous. "Impressionnant" musicalement aussi par la densité de chaque morceau qui vous ouvre chacun en grand la porte vers un monde différent. Il y a du Peter Gabriel (Spread, no other man) ou du N.I.N (période The Fragile) dans ses strates de niveaux de lecture, cette profondeur de champs et ses plongées abyssales. "Impressionnant" par la puissance du son qui vous scie parfois en deux. Le morceau en ouverture Break est à ce titre monumental. Un piano classique rendu contemporain par sa musique en boucle, une voix hantée et soutenue par des instruments à vents en mode mineur
utilisés de manière très modernes et puis des programmations électroniques qui s’immiscent à travers les stries et tout à coup, une musique qui gronde et emporte tout sur son passage. Coup de théâtre, choc émotionnel violent dont aMute ne sera jamais avare. Tout est ici digéré comme souvent dans le post-rock : jazz, musique contemporaine (l’indépassable Steve Reich), electronica, spleen Curiste et bien sûr rock (le diptyque Enclosed movements / inner you sorte de Deep Purple version post-rock est monumental). A tout cela, aMute ajoute sa touche indus (May faint). Parfois, ça tonne, parfois ça respire mais la musique révèle toujours des trésors de subtilités. Le plus classique post-folk Begone est un véritable éloge de la nuance et de la retenue. Et pourtant, il y a sur le morceau des cordes, des cuivres, une rythmique slowcore, des machines qui irradient mais tout cet appareil reste en creux pour provoquer une émotion maximale. Rien que pour ce titre, infernal heights for a drama est un chef-d’œuvre. Et en plus, il y a 7 autres titres qui valent le détour, chacun à sa manière. Outre les titres déjà cités, parlons encore de When things are not going back qui montre à quel point le folk acoquiné à l’electronica peut avoir un visage humain. En tout point un must absolu.
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Denis Z.


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Elvis Perkins – Elvis Perkins in Dearland
2009 – 10 titres – 44’36
Style : Folk
Label :
XL/Beggars Group


Note : 9/10

Resté sous le charme d’Ash Wednesday, le premier album d’Elvis Perkins, sorti il y a 2 ans, c’est avec impatience que je me suis jeté sur la nouvelle galette, version promo, totalement déshabillé, et donc, absolument pas influencé d’une quelconque façon sur la couleur, la patine du nouvel album.
Les synthé vintage du premier titre, Shampoo, également nouveau single, et la voix d’Elvis, dévoile, sans surprise, le maintien du cap vers cette folk-country, façon lonesome cowboy, qui nous avait arraché les tripes sur le tristement bien nommé Ash Wesdnesday. De couleurs, il en est largement question sur ce titre, des couleurs extrêmes, et toujours des couleurs sombres ("black is the color of my true love's arrow, that's the color of human blood").
Si on peut espérer que la santé émotionnelle d’Elvis Perkins s’est améliorée avec le temps, il est certain qu’elle n’a en rien détérioré son inspiration. On retrouve en effet le chanteur dans de nouvelles ballades, parfois calmes, parfois soutenues, conservant toujours, la mélancolie qui nous avait alors marqués, comme peu d’album ces dernieres années.
En milieu d’album, trone une piece majeure, I’ll be arriving, un titre blues, sombre s’il en est, aux couleurs d’une marche funèbre de la Nouvelle Orléans, cuivré par quelques trombones mélodramatiques !

Et encore cette voix plaintive, déguisée, revenue d’un voyage dans les années 60’s…
La magie de cet album, c’est justement la façon qu’à Elvis Perkins à nous faire voyager dans le temps et dans l’espace à chaque, titre, Chains, Chains, Chains, nous reconduisant à la grande époque des Righteous Brothers, un brin crooner, un peu à la façon de Morrissey aussi.
Apres l’évocateur Ash Wednesday, c’est à un Doomsday que nous invite encore Elvis Perkins, dans une danse enivrante, où s’entremêlent joyeusement tous les instruments qui ont servi à l’album.
L’album se referme sur un dernier titre, rempli de nostalgie, How’s forever been baby et soutenu par un joli son d’harmonica.
Une fois encore, le début de l’année 2009 nous a terriblement gâtés ! Elvis Perkins in Dearland est un album qui en impose, de par sa richesse musicale et l’interprétation fantastique de son auteur, qui voit sa chance enfin tourner !
Il a avait un nom depuis longtemps, c'est son prénom que l'on retiendra aujourd'hui !
www.myspace.com/elvisperkins
www.elvisperkinsindearland.com

Mike S.


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Bob & Lisa - Rosethorns
2009 – 10 titres – 33’20

Style : soul/pop/blues acoustique
Label : Vicious circle / Discograph

Note : 7/10

Ce Bob et cette Lisa ne sont pas ce qu'il s'appelle des inconnus puisqu'il s'agit de Bob Vennum et Lisa Kekaula, respectivement guitariste et chanteuse des Bellrays. Le coup de l'escapade solo (ici en duo) avec des morceaux pour une fois joués en acoustique, on connaissait déjà. Plaisir de faire de la musique différemment, de se ressourcer. Chez Bob & Lisa, cette joie simple de faire des chansons est patent : le duo aurait pu, comme trop souvent, nous sortir une liste de reprises ou proposer une relecture d'anciens morceaux du groupe, ce qui - à une exception près - n'est pas le cas. On peut regretter dans un premier temps que ce qui fait le sel et l'originalité des Bellrays disparaissent ici : pas de furie rock soul qui fait du groupe américain - et bien avant The Gossip - un groupe OVNI des plus recommandables.
En même temps, cet album a pour lui de jouer sur les qualités naturelles de leur auteur : la voix exceptionnelle de Lisa respire à fond et Bob peut démontrer tout son talent d'écriture. Comme d'habitude avec eux, la musique navigue entre soul, pop et blues mais ce traitement naturaliste rend le duo plus roots que jamais (Wishing moon ressemble à un blues du sud enregistré en 78 tours). Certains titres font déjà figure de standard, Every single day et sa mélodie sixties en tête. La prise de son avec une majorité de titres captés live est à l’image de la musique, simple et directe, garantie 100% naturelle. Et ce n’est pas une instrumentation plus poussée, un clic sur I Think of you (beau titre soul avec un cœur gros comme ça), qui dénaturera un bel esprit. Une jolie petite parenthèse.
Myspace
Denis Z.


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Alela Diane – to be still
2009 – 11 titres – 47’20

Style : Folk
Label : Fargo records / Discograph

Note : 8,5/10

Succès surprise chez nous avec pas moins de 50.000 ventes, The Pirate s’ gospel a propulsé son auteur, Alela Diane, sur le devant de la scène. Juste retour des choses de la part d’une artiste du Nevada pour le moins authentique. Bref, pour une fois qu’on peut se réjouir, on va pas se priver ! Autant dire que ce deuxième album fait déjà figure d’événement dans le petit monde de l’Indé et même au-delà et la parenthèse Headless heroes n’a fait qu’aiguiser cette attente. On pouvait craindre le pire avec un album enregistré par en kit, Diane profitant de courtes pauses dans sa tournée pour composer et enregistrer de la musique. Or, c’est tout le contraire qui arrive. La grâce de la jeune Américaine est intacte dans un album pourtant différent dans sa continuité. Différent car To be still fait figure d’œuvre étoffée par rapport à son dépouillé prédécesseur. Du lapsteel, de la mandoline, du violon omniprésent donnant parfois une touche presque irlandaise à la musique, pour certains
c’est peu mais pour l’écriture pure d’Alela Diane, c’est déjà beaucoup. Pourtant, tous ses instruments se fondent dans un mélange aéré et aérien, parfait écrin pour la voix de la jeune femme. On ne mettra aucun titre en particulier en avant, car To be steel s’écoute d’une traite, en entier, en retenant son souffle, dans un silence de vie. Le talent d’Alela Diane est ici préservé et le secret de cette persistance tient peut-être dans le fait que la chanteuse n’est entourée que d’amis qu’elle connaît depuis longtemps : il y a notamment Rondi Soule qui lui donnait des leçons de violon quand elle avait 5 ans ou Pete Grant, un ami de son père, et qui a appris à jerry Garcia de jouer du pedal steel. Et si le secret de Alela Diane résidait dans le fait qu’elle fait de la musique en pleine confiance, dans un cocon douillet de vieilles connaissances ? Le résultat est là et en deux albums, Alela Diane devient une icône quasi religieuse de la musique, à l’instar de Joan Baez, 40 ans plus tôt. Avec elle, le pourtant profane folk devient une musique sacrée.
Myspace
Denis Z.


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Lorna - Writing Down Things To say
2009 – 9 titres – 36’36
Style : Pop Folk
Label :
Words on music


Note : 7.5/10

Dans la ligne directe des Low, Cranes, Mark Hollis et autres Elysian Fields, le quatuor anglais originaire de Nottingham poursuit sa recherche de sérénité. Mark Rolfe et Sharon Cohen Rolfe, réunis à la ville, unissent à nouveau leurs voix le temps d’une poignée de chansons. A peine plus de 30 minutes de bonheur.
Le résultat est terriblement calme, harmonieux, telle cette pop de poche dont on parlait il y a peu concernant le soliste français, F.M ou le groupe Revolver. Le groupe allie d’ailleurs des instruments rock (guitare, batterie, claviers) et des instruments plus classiques (flutes, violon, violoncelle, trompette) ou plus folk (harmonica). Cet ensemble conduit à créer une ambiance ouatée pour des atmosphères riches et variées. Parmi les 9 titres, notons au passage, ce Think (Let Tomorrow Bee) qui n’est autre qu’une reprise de Sebadoh, dont les paroles semblent avoir été écrites pour le répertoire du groupe (Too close to breathe, but too far to fall, All I ever wanted was to feel you closer to me), le tout réinterprêté dans un tempo low-fi propre à l’univers du groupe.
Lorna signe ce nouvel album sur le label Words on Music qui nous a déjà agréablement surpris avec des groupes tels que For Against ou Coastal. Seul bémol, la difficulté, aujourd’hui encore, à se procurer les précieuses galettes, si ce n’est par la VPC . Le bon côté de l’affaire, ce sont les prix imbattables, en dollar…
A découvrir donc, si vous ne les connaissez pas encore ! Ce Writing Down Things To say a un ton un peu dépressif, qui a le mérite de se fondre parfaitement à l’ambiance générale de ce début d’année. A ne pas mettre entre toute les oreilles tout de même ;-)

Words on Music


Myspace

Mike S.


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Ruby Throat - The Ventriloquist
2008 – 12 titres – 57’38
Style : Post Rock
Label :
Words on music


Note : 9/10

Derriere ce nom bucolique se cache en fait le plus sombre des oiseaux rares de la scène indus anglaise, Katie Jane Garside, plus connue au sein de ses précédentes formations, Daisy Chainsaw et Queen Adreena (de Love your money à Pretty Like Drug).
La petite sœur et guitariste de Queen Adreena, Melanie, étant bien occupée par Maple Bee, cela a dû donner l’occasion à Katie Jane, de se lancer dans d’autres projets musicaux. Apres un premier travail avec le défunt Hector Zazou, Corps Electriques, terriblement moderne, aux orchestrations riches et lumineuses, la voici reparti, dans un nouvel univers, plus sombre, accompagné d’un seul musicien, Chris Whittingham, guitariste.
Les chiens ne font pas des chats, et Ruby Throat s’oriente très logiquement dans dans des atmosphères ténébreuses, parfois mélancoliques. Musicalement, Ruby Throat est très certainement la musique la plus calme et la plus épurée jamais envisagées par Katie Jane. Cela peut paraître destabilisant, quand on sait combien les amplis et les musiciens ont pu subir, ces dernieres années, au sein des précédentes formations !
Pourtant, la tension et le trouble qui planent tout au long de The Ventriloquist, peuvent paraître plus éprouvant que les rythmes les plus agressifs et la voix la plus rageuse employées auparavant. On n’appuie pas aux mêmes endroits. Le mal (ou le bien) est donc différent.
Du côté des textes, Katie Jane va toujours piocher de drôles d’histoires dans ses mondes mystérieux et imaginaires, pour en faire surgir de sombres sentiments et d’intenses émotions.
Au hasard de l’album, on trouve cette douce Dear Daniel, cette lumineuse House of Thieves ou encore l’interminable crescendo de John 3.16, aux guitares torturées et aux vocalises agonisantes. L’album se termine sur un titre bonus, toujours tres épuré, à l’esprit plus Rock n’Roll, Consuela's neut. The Ventriloquist relève du sado-maso, n’en doutons pas un instant ! Il allie douceur et violence, d’un bout à l’autre ! Mais n’en demeure pas moins terriblement attachant !
Du grand Katie Jane Garside ! A ne manquer sous aucun prétexte !

www.rubythroat.org


Myspace

Mike S.


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Kazumasa Hashimoto - Tokyo Sonata (Original Soundtrack)
2009 – 22 titres – 46'20

Style : BO / Contemporain
Label : Noble / A musik

Note : 6,5/10

Découvert sur l'indispensable Euphoriam, la musique essentiellement instrumentale de Kazumasa Hashimoto avait tout pour intéresser un cinéaste. C'est chose faîte aujourd'hui puisque de Kiyoshi Kurosawa a fait appel au Japonais pour composer la musique de Tokyo Sonata, film sélectionné et primé dans la rubrique "Un certain regard" lors de Cannes 2008. Une belle histoire d'une famille qui se désunit car chacun entretient un secret plus ou moins avouable. Un de ses secrets est que le fils de la famille apprend à jouer du piano. Ce qui place d'emblée la BO dans une orientation plus classique et moins électronique que le précédent opus. La musique est donc généralement acoustique avec souvent une clarinette en instrument lead. Ce n'est pas pour rien que se retrouve sur la BO, Clair de Lune célèbre pièce - de piano pour le coup - de Debussy que Hashimoto se réapproprie et rend encore plus impressionniste. D'impressionnisme, il en est justement question sur toute la BO, la musique avançant par touches sur des pièces courtes.
Les morceaux ont parfois des compositions proches entre elles mais Hashimoto, non content de jouer sur la répétition d'un motif (en fan de Steve Reich ou Philip Glass) apporte toujours de subtiles nuances. C’est léger et aérien avec des clochettes, de la harpe, du cymbalum notamment. C'est vrai que ce genre de BO, ne jouant jamais sur l'emphase ou sur la grandiloquence (le contraire de John Williams par exemple), n’est composé que pour être un support subtil des images du film. Il est donc presque dommage de n'écouter cette BO sans voir le film de Kurosawa, les deux étant intimement liés. Plus tard, après avoir vu « Tokyo Sonata », avoir été ému par ces histoires chorales d’une même famille, ces musiques se chargeront d’une dose supplémentaire d’émotions. En attendant, on reste parfois un peu sur sa faim. Mais en soi, des titres comme Echo, echo, vibrant et minéral comme un titre de Keith Jarreth, ou Okina Jyruyoku, grave et pénétrant, ou encore le main Thème A ou B, porteur d’une nostalgie touchante démontrent que cette BO peut se suffire à elle-même. C'est peu et c'est beaucoup. La formule « less is more » trouve une nouvelle preuve musicale ici.
My space
Denis Z.


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Elysian Fields - The Afterlife
2009 – 10 titres – 43’51
Style : Dark Folk
Label :
Vicious Circle/Discograph


Note : 8.5/10

Elysian Fields, à pas de velours, revient en toute discrétion dans les bacs en ce mois de février 2009, avec un nouvel album, le 6e malgré tout. En une dizaine de pièces, The Afterlife dévoile une œuvre noire, à écouter le soir dans la pénombre.
Le groupe originaire de New-York s’appuie une fois encore sur la voix envoutante et sensuelle de sa chanteuse, Jennifer Charles, qui apporte une patte jazzy au rock mélancolique imaginé par Oren Bloedow et le reste du groupe. On se croirait alors dans un album de trip hop acoustique, sur des rythmes plus ralentis que jamais, à l’instar de ce Only For Tonight, voix subtile, batterie inopinée, chœur mystérieux.
Plus de 10 années passées depuis Bleed your cedar le premier album sorti en 1996, mais toujours cette volonté de se distinguer et de produire une musique et des textes au combien décalés, intrigants, extravagants.

C’est avec Climbing My Dark Hair que le groupe va faire connaître ce nouvel album, un titre à l’image du reste de l’album, sombre et inquiétant, additionné d’un violon lancinant
. The Afterlife, comme tout autre album d’Elysian Fields, nécessite une appropriation, avant de parvenir à profiter pleinement des bienfaits de son contenu. Je vous encourage donc vivement, à (re)découvrir ce Nick Cave, version féminine, à travers cette livraison 2009, plus que jamais emprunte de mélancolie et de clair-obscur.
Un album digne de la réputation du groupe.

www.elysianmusic.com


Myspace

Mike S.


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Peter Von Poehl - May Day
2009 – 14 titres – 41’49
Style : Pop Folk
Label :
Tot ou Tard


Note : 8.5/10

Découvert pour son travail de producteur (Vincent Delerm) et de musicien (Houellebecq), Peter von Poehl s’est essayé ces dernières années à l’écriture et à l’enregistrement de ses propres textes. Une première livraison en 2006 (Going to where the tea trees are), nous avait permis de découvrir des qualités de compositions et d’arregement indéniables.
May Day, son nouvel album à sortir en ce début d’année 2009, confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui, avec des pop songs aux mélodies marquantes, aux textes fluides, aux arrangements soignés. A l’image de ce titre introductif et nouveau single Parliamant ou de ce Moonshot Falls, que l’on croirait emprunté au répertoire d’un autre grand de la perfect pop song, je veux parler de The Divine Comedy. Peter von Poehl se plait aussi à créer des sonorités démodées à sa musique, dans un esprit 80’s, emprunté à Peter Gabriel ou Phil Collins. Ce traitement plaque une couleur sépia, un peu jaunie, sur ces arrangements habillement réalisés.
Sur ce nouvel album, enregistré en Suede, le pays où il a grandi, les compositions restent totalement de la main de Peter, par contre, il laisse la moitié des textes à la main de Marie Modiano, auteur du récent album Outland. Christoffer Lundquist assiste pour la seconde fois Peter dans l’orchestration et les arrangements de l’album, qui reçoit un traitement extrêmement varié (saxo, violon, flute, vibraphone, trombone, etc…), de quoi donner un joli mélange des genres et créer un style à part entière à la musique de Peter von Poehl.
May Day est sans nul doute l’album de l’aboutissement pour un artiste qui avait passé son temps à aider les autres.
Un album fluide et mélodieux, un brin vintage.

www.petervonpoehl.com


Myspace

Mike S.


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Mardi Gras BB - My private Hadron
2009 – 15 titres – 39'

Style : Rythm'n blues fanfare
Label : Hazelwood / Indigo / Anticraft

Note : 7/10

Il y a quelques années, au détour d'un documentaire qui leur était consacré, Rammstein expliquait que la martialité de leur musique était dû à leur origine germanique et leur tradition musicale n'était pas la soul mais la marche militaire. Certains ont (encore) manqué une occasion de se taire. Boney M ne sont-ils pas allemands ? Et Lou Bega ? Et Patrice ? A cette liste - où il n'y a pas que du bon, c'est le moins que l'on puisse dire - pourrait s'ajouter Mardi Gras BB qui depuis de nombreux albums, démontre que le rythm'n blues et la soul peuvent venir d'Allemagne sans appauvrir le genre. En écoutant, le nouvel opus My Private hadron, on a souvent l'impression de tomber sur un album de l'époque dorée de la Tamla Motown jouée par une fanfare dans un esprit rock. Le raccourci est forcément réducteur mais le groupe de Mainheim, comme une fusée à plusieurs étages, fait une musique qui découle de la découverte du punk, de l'apport plus tardif des cuivres et in fine, de la découverte que la Black music américaine était pour eux la culture essentielle pour toucher les coeurs. Les cuivres ne sont plus seulement là pour donner du coffre aux mélodies mais se retrouvent au centre de la composition, sans que pourtant le bordel soit de mise (message pour toutes les tenants de l'esprit fanfare rock français : "prenez en de la graine").
Aussi efficaces que les ritournelles rythm' n blues pop de la Tamla Motown, aussi touchant que la soul de Stax (Otis Redding), les Allemands réconcilient les deux labels. Ils s'essayent avec d'autres bonheur nous invitant à suivre la cortège d'un enterrement black de la Nouvelle-Orléans (The Hunchback ). Mardi Gras BB est aussi un groupe Specials aussi, intégrant facilement - et c'est là une nouveauté dans la musique des Allemands - dans une touche reggae/Ska comme le groupe de Terry Hall en son temps (Cold Messiah). Quand à The Bleeder, il rend encore plus bluesy un titre californien à la Randy Newman. Sur tout son album qu'elle que soit l'humeur distillée, Mardi Grass BB ajoute toujours une autre touche personnelle de bateleurs un peu anars qui en fera un groupe aussi OVNI que dEUS. D'ailleurs comme pour mieux nous prouver qu'ils ont quelques soucoupes volantes dans la tête, ils utilisent avec plaisir ce que l'on croirait être des claviers ectoplasmiques et un theremin qui fait des "yous yous SF" derrière les cuivres ; renseignement pris, ces sons bizarres sont bel et bien joués par des instruments à vents preuve ultime que ces Teutons là sont aussi inventifs qu'amateurs de plaisirs naturels. My private Hadron est sans doute moins abouti que le précédent The exile itch mais mérite déjà qu'on s'y attarde. Histoire de faire mentir ces baudruches de Rammstein.
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Denis Z.


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The Audience - dancers and architects
2009 – 12 titres – 37'41

Style : Post-punk / wave
Label : Hazelwood vinyl Plastics / Anticraft

Note : 8/10

Signe des temps, le dernier fleuron d'un post-punk machine à tubes n'est pas anglais ou américain mais...allemand. Et pourtant le groupe de Hersbruck, déjà connu pour Celluloid et programmé à Belfort, fait sien tous les ingrédients malins du rock anglo-saxon. Un orgue tout droit sorti des années Madchester joué la mèche devant les yeux (Remember The Charlatans), une basse agressive mise en avant et qui vous enserre dans un étau, des guitares rythmique millimétrées qui vous prennent aux tripes, un côté dansant et sexy qui vous pousse irrémédiablement à bouger les pieds et même le reste.
En Allemagne, on connaissait déjà les efficaces Robocop Kraus mais The Audience est un cran au dessus. D'autant plus que ce groupe de super héros qui aurait pu composer le thème de Spiderman (The Shy runner) fait preuve d'une étonnante sensibilité musicale (The fusty lines). A.M vaut à lui seul le détour : avec ce titre, The Audience y va à fond installant une mélodie qui double les voix et ajoute des nuances harmoniques. Un titre où Les Allemands se délectent à faire monter la sauce pour mieux le rendre imparable. Danseurs, architectes (des constructions) mais aussi diaboliquement efficaces.
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Denis Z.


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The Christians - Soul From Liverpool
2009 – 15 titres – 71’43
Style : Folk
Label :
Archambault Musique


Note : 7/10

Pour certains, The Christians n’évoque rien du tout. Au mieux, une secte qui a mal tournée. Pour d’autres, The Christians, c’est un Monument musical de la fin des années 80, un quatuor originaire de Liverpool, qui a fait frissonner les foules avec leur mélange pop soul brillante et leurs tubes interplanétaires.
En 2009, de ces Christians et de leur immense notoriété, il faut bien avouer, qu’il n’en reste rien. D’abord, du groupe originel, seul Garry Christian a su s’accrocher aux branches, les autres frangins sont passés à autre chose.
Par contre, leur musique, intemporelle, nous revient sous une forme acoustique tres posée, tres propre, plutot agréable au demeurant. On regrettera sans doute ces versions soul, un peu Gospel, à l’instar ce Forgotten Town qui n’a pas vraiment gagné dans sa version écologique. Mais que ne ferait on pas aujourd’hui pour le développement durable… Et puis, il y a l’éternelle, immuable, inaltérable, impérissable Words, qui, sous toutes ses formes, sous toutes ses couleurs, ses orchestrations, continue à nous hypnotiser, par le simple envoutement de la chaude voix de Garry Christian. Une guitare acoustique, quelques percu en fond, mais c’est toujours la perfect song ! Elles se comptent sur les doigts d’une main ces chansons-là !
Parmi les 15 titres, 5 inédits, comme il se doit, avec son lot de nouveautés et son cortège de reprises. Une version ralentie de I shall be released de Bob Dylan vous montrera, une fois de plus, combien Garry Christian sait faire sien le répertoire des autres.

Words nous l’avait depuis longtemps prouvé et et Here comes The Sun, de George Harrison, venant illuminer ce set acoustique, le confirme…
Parmi les petites nouvelles, il y a aussi Overwhelmed, un tout nouveau titre dans le répertoire du groupe, et un single, une ballade, qui va crecendo, un peu à la maniere de Words, avant de retomber dans le silence. Sobre, joli mais pas percutant. Par contre, A flame permet de ressortir cet accordéon, discret, qui finalement, donne, sans y paraître, une signature au groupe, au même titre que la voix de Garry. Et son refrain, ‘Cause there is nothing… a quelque chose d’entêtant, qui en fait un single potentiel et une pièce maitresse de l’album. Au même titre que Remedy, autre inédit de l’album, qui retrouve les couleurs Gospel d’antan du groupe, ainsi que les ampli des guitares électriques, dans un solo terriblement 70’s, à la manière de Santana.
Ce Soul From Liverpool nous donne un petit – mais intéressant - début de suite au sous-estimé Prodigal Sons – grand absent de ce live acoustique d’ailleurs - d’il y a 5 ans, laissant présager encore, d’un retour au meilleur de Garry Christian, et à la belle époque de Born Again, Ideal World ou de l’indémodable Words !
Soul From Liverpool s’apprécie comme un apéritif, doux, moelleux et ambré. On attend maintenant un plat de résistance plus copieux et plus épicé !
www.thechristianslive.com

Mike S.


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Ben Kweller - Changing horses
2009 – 11 titres – 35'42

Style : Country folk/Americana
Label : Ato / Naïve

Note : 7,5/10

Ben Kweller fait tout plus jeune que les autres : leader du groupe Radish à 13 ans - avec une tournée mondiale en cadeau bonus ; auteur majeur de l'indé rock à 20 avec Sha Sha et aujourd'hui à 28 ans, vieux briscard de la country / americana. Kweller fait un retour aux sources dix ans plus tôt que Franck Black. Et le pire c'est que Kweller s'avère particulièrement à l'aise dans ce terreau traditionnel. Peut-être qu' après l'indépassable Sha Sha, mieux que Weezer !, Kweller se devait d'évoluer. On my way, le deuxième album de Kweller marquait déjà un entre-deux. Peut-être que Kweller veut avoir une carrière à la Byrds et explorer toutes les facettes de la musique américaine. Quoiqu'il en soit, l'ancien Petit Prince du rock et nouveau Petit Prince de la Country y va à fond dans son nouveau style.
Changing horses a le goût de la Budweiser, de la barbe longue, de la chemise à carreaux, du dobro et du lapsteel. La voix traînante de Kweller fait merveille, on se demande même si on ne suivrait pas le chanteur même s'il récitait le bottin ! Du bel ouvrage et quelques titres marquants comme Hurtin' you, sawdust man et Ballad on Wendy Barker, petites perles mélodiques appelées à durer. Kweller sait écrire de grandes pop songs, c'est évident. Eagles et Bruce Springsteen ont trouvé un jeune et talentueux conccurrent.
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Denis Z.


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Andrew Bird – Noble Beast
2009 – 14 titres - 54’16
Style : Folk
Label :
Fat Possum Rec/Bella Union


Note : 9/10

Du haut de ses 35 printemps, Andrew Bird profite d’avoir toujours le vent – et les médias – en poupe, pour sortir un nouvel album, Noble Beast, le second sorti sur le label Fat Possum Record, mais le 5e de sa carrière solo.
Pour cette nouvelle production, Andrew Bird ne prend pas au dépourvu. Bien au contraire, il ressert les mêmes ingrédients, en proposant 14 ballades folk, low-fi, sur lesquelles l’artiste a passé 5 mois, entre Nashville, Chicago et Minéapolis, à travailler les mélodies, les orchestrations, les arrangements, pour qu’une fois encore – cela devient presque lassant -) – on puisse dire à nouveau combien Andrew bird nous fascine.
Et effectivement, il nous fascine, tant sa musique semble facile. Mais est-ce bien le mot Facile ? Efficace et ensorcelant seraient plus appropriés en réalité. Car, d’une grande sobriété, la musique de Noble Beast, n’en est pas moins riche dans son orchestration, additionnant des violons, des guitares et des claviers. Qui plus est, la voix d’Andrew Bird reste la pièce maitresse de cet album, hantant chaque titre, comme pouvait le faire en son temps Jeff Buckley, et faisant de chaque titre, un moment d’exception, poussant au respect et au silence absolu.

Difficile de distinguer quelques titres, sans prendre le risque de faire une ombre injustifiée aux autre titres, mais pour vous aider à vous approprier une œuvre qui pourrait bien devenir majeur, dans la discographie d’Andrew Bird, et peut-etre même de l’année 2009, distinguons ce Masterswarm, et son dialogue entêtant entre une voix chaleureuse et un violon émancipé, une guitare discrete et un sifflotement familier. Notons aussi la présence de cette énigmatique Not a Robot, But a Ghost, qui répète frénétiquement, « I crack the codes, I crack the codes that end the war ».
Si vous n’êtes jamais allé voir Andrew Bird en concert, réparez vite cette erreur, ce ne sera que plus facile pour apprécier ce nouvel album, tant le bonhomme hypnotise son auditoire, partout où il passe.
Un ange passe, l’oiseau rare est de retour ! En Noble compagnie.

www.andrewbird.net

www.myspace.com/andrewbird

Mike S.


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Cirkus - Medicine
2009 – 11 titres – 48’46
Style : Trip Hop
Label :
Wagram


Note : 7/10

Le premier album de Cirkus en 2006, Laylow, avait fait un petit bruit dans le milieu indé. D’abord parce qu’il y avait longtemps qu’on n’avait pas entendu de Trip Hop sorti des forges musicales, et du bon de surcroit. Ensuite, parce qu’il s’agissait de Cameron McVey, au commande, connu pour son travail avec Massive Attack et Portishead. Enfin parce que Cirkus rassemblait toute la famille McVey, dont la femme de Cameron, Nenneh Cherry, leur Fille Tyson, répondant au pseudo Lolita Moon et le petit ami de la miss Lolita, le DJ et producteur Karmil.
Sur ce second album, Medecine, l’effet de surprise est passé. Les présentations sont déjà faites ! Ne reste donc que la musique pour convaincre un public encore modeste !
Autant vous le dire de suite, la musique est à la hauteur des pointures qui composent ce combo suèdois. La 3e génération des Cherry, Lolita, hante l’album de bout en bout, avec sa voix soul et envoutante, digne héritière de Nicolette, sur un titre tel que Bells, single imparable de ce nouvel album.
Difficile avec un tel album de sortir évidemment des comparaisons avec Massive Attack, et de sa grande période et chef d’oeuvre, Protection. Pourtant, la voix de Nenneh Cherry, toujours présente sur cet album, nous apporte quelques variations appréciables.




Seul bémol, le travail de production quii dessert parfois la voix de la rappeuse reconvertie des années 80 (Unnatended Bag). A l’inverse, sur Johnny iCon, par exemple, les guitares électrisent l’ambiance ouatée de Medicine.
Vous l’aurez compris, Cirkus poursuit sa route, creuse son sillage, toujours plus profond, tentant de fuir – en vain - les sentiers battus par la scène de Bristol. Qu’importe, la majorité des 11 titres qui composent cet album est de trs bonne facture. Lolita Moon se révèle une chanteuse de talent. Nenneh Cherry, trop discrète, nous nargue une fois encore de son timbre d’exception.
Medicine devrait permettre à Cirkus de sortir définitivement de la confidentialité, et rejoindre Tricky, Massive et Portishead dans le carré tres select des grandes pointures du Trip Hop.

www.myspace.com/cirkus

Mike S.


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Gullivan – éponyme
2009 – 12 titres – 46’23
Style : Chanson Folk
Label : Pias


Note : 7/10

4 ans après avoir quitté le groupe Mes Souliers sont rouges, François Boros refait parler de lui avec son nouveau groupe Gullivan. Le groupe se compose de Gwenola Maheux (accordéon), Jacques Jourdan (contrebasse) et de François qui compose, chante et joue de la guitare et de la mandoline.
Mes Souliers sont rouges était un peu l’équivalent québécois des Têtes Raides, tête de pont d’une scène Chanson Rock, avec un brin d’humour en plus.
Aujourd’hui, avec Gullivan, François Boros reprend la route avec sa nouvelle équipe, et s’atèle à reconquérir sa belle province avec un premier album éponyme. Sa tournée passe d’ailleurs au-delà du Québec, puisque des dates sont déjà prévues en France.
Les 12 titres qui composent cet album ont été construits autour d’instruments populaires. Les textes ressemblent à des contines pour grands et petits.



Les mélodies ont aussi ces airs enfantins, parfois d’un autre âge, comme peut l’être le titre introductif (Le clou et la lune) ou son suivant (Nuit Humide). Ceci n’est pas sans rappeler le travail de Gabriel Yacoub, ici en France, et de son groupe mythique Malicorne.
A vous de découvrir maintenant cet univers acoustique, intemporel, aux couleurs sépia, d’un groupe qui n’hésite pas parfois pourtant à bousculer les frontières (Taquiner le doudou). Pour les technicien, sachez que l'album a été enregistré à Laval ( Québec ?), et réalisé par Romuald Gablin (Mr Roux, La Casa...). Parmi les quelques invités de l'album, Yann Moroux des Ministere Magouille et Willy Abaro des Trévidy.
Une drôle de surprise.

www.gullivan.net
www.myspace.com/gullivan

Mike S.


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Okie Rosette - leap second
2009 – 11 titres – 36'24

Style : Country folk/rock
Label : Monotreme record / Differ-ant

Note : 7,5/10

Felix Costanza était le leader de Granfaloon Bus, sympathique groupe américain qui a sorti pas moins de huit albums ; le voilà de retour sous une nouvelle appellation qui sent bon le terroir. Le premier Grand Opening donne le ton : violon, carillon, voix d'un gars qui doit aimer la bonne chaire - et la boisson ! - et cette certitude, l'Irlande des Pogues est très proche dans son esprit du Nebraska de Costanza. Ce morceau est le plus enjoué d'un album qui se découvre plus mélancolique ensuite (Just passing through th spokes, my mathematician, Rental pond). Mais les arrangements rustiques (il y a aussi des cuivres, un accordéon, un lapsteel, un banjo...) rapprochent les gens dans un joyeux festin musical.
A la différence de nos tristes fanfares, l'instrumentation joyeusement déglingée ne se fait pas au mépris des compositions mais au contraire d'un joli éclat. Dur de résister à Candy Lane sorte de tube des Pixies à la campagne. D'ailleurs, Carrie Bradley des Breeders chante sur le beau My Mathematician et son clavier mordoré. Dee Kessler des indispensables Thee more shallows participe aussi à la fête, preuve que la musique d'Okie Rosette est plus profonde encore que ce qu'elle paraît et que l'écriture traditionnelle de Costanza n'exclut pas une recherche formelle. Un bon album; solide et attachant.
Myspace
Denis Z.


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Persephone’s Bees – Notes From the Underworld
2009 – 11 titres – 44’50
Style : Pop
Label :
kuskusmusc/columbia


Note : 8.5/10

Angelina Moysov a grandi en Russie avant de s’expatrier aux USA avec son frère. Depuis elle chante dans le groupe Persephone’s Bees et apres un premier album autoproduit (City of Love - 2006), les voici signés sur un label, distribué dans le monde entier. L’occasion, pour le groupe de se faire remarquer par leur musique intemporelle, emprunt de divers courants, 60’s et 70’s. Nice day, le nouveau single de cet album, accompagne déjà une marque dans une pub télévisée. Tout va tres vite pour Persephone’Bees
Ce nouvel album s’intitule Notes From the Underworld. Il réunit onze chansons, terriblement vivantes, lumineuses, marquées par un esprit pop. Mais cela ne s’arrête pas là. Le groupe y adjoint des lignes de guitares lourdes, graves, qui rappellent le rock prog des années 70’s de Queen, d’autres plus country, histoire de marier l’esprit folk moscovite de son enfance et le traditionalisme américain, son pays d’adoption. Muzika Dlya Fil’ma propose d’ailleurs un titre dans la langue maternelle d’Angelina Moysov.
Ce titre, à lui seul, montre ce mélange ingénieux de différentes cultures, toutes réunies au service de la musique, et de la pop en particulier.

Coté textes, Angelina apporte des éléments intimes (Mother on the phone… Asking her little girl to come back and stay), sa vision de l’Amérique (Strange city of love...) et d’autres pensées plus futiles (show me the way to your heart, make the money, have the friends of my own but never fall in love). N’en doutons pas, Persephone’s Bees est surtout là pour mettre le feu au dancefloor, en balançant quelques bonnes ballades décoiffantes, à la manière des feux Belly, Salad, Throwing Muses, Veruca Salt et autres Echobelly… De qoi faire revivre la belle époque, quoi !
Notes From the Underworld a tous les ingrédients pour gravir tres vite les marches de la gloire ! Bientôt sur les scenes française ? on l’espere en tout cas !
Un album rempli de nostalgie et de bonne humeur !
www.myspace.com/persephonesbees
www.persephonesbees.com

Mike S.


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Those Dancing Days - In our space Hero Suits
2009 – 12 titres – 39’51
Style : Brit Pop
Label :
Wichita/V2/Coop


Note : 8/10

La Brit Pop serait-elle en train de marquer son grand retour ? A moins qu’il ne s’agisse d’une grosse vague nostalgique, initiée par ceux qui ont vécu la grande époque en simple spectateurs, hors des frontieres anglaises.
En tout cas, apres des Telepathe lorgnant sur Lush, des Persephone’s Bees se souvenant d’Echobelly, voici que Those Dancing Days nous livre, dans le même mois, un album totalement imprégné par le rock et la pop des années 90’s, sous haute influence de Cocteau Twins et de Siouxsie & The Banshies, avec un brin de vintage, dans le son, histoire de se démarquer un peu. Veruca Salt, Echobelly, Elastica…une époque plutot insignifiante, me direz vous... Et voici que l’on découvre qu’elles auraient pu influencer une nouvelle scène ? Si tel est le cas, cela devrait remettre les pendules à l’heure, et voir apparaître quelques best of des Salad, L7 et autres Belly, totalement passés aux oubliettes jusqu’alors !
Ce qui est certain, c’est que Those Dancing Days est une véritable régénération du groupe de rock féminin, puisque le groupe est composé de 5 suédoises, de quoi faire à nouveau fantasmer quelques gars, aux premiers rangs des concerts, après leur plus grande désillusion canadienne (The Organ).
In our space Hero Suits, leur premier album, sorti l’an passé en Angleterre, nous arrive enfin en France, et nous livre 11 pièces d’artillerie, taillées dans la fonte, terriblement nerveuses.

Le groupe opte pour une batterie énergique, des synthé nerveux – qui ne sont pas sans rappeler ceux de Separations de Pulp – et une voix terriblement hypnotisante. Les compositions, pas toujours tres mélodiques, ne sont pas moins entêtantes, à force d’écoute, tant la voix de Linnea Jönsson marque votre cortex, à la façon de The Organ, il y a quelques années, tout comme les doigts de Lisa Pyk virvoltant sur son orgue Hammond… Pour la petite histoire, le groupe emprunte son nom à une chanson de Led Zeppelin – Dancing Days – et a été comparé à ses débuts à Blondie. Autant de références qui ne font pas de Those Dancing Days la grande nouveauté du XXIe siècle, mais qui pourrait malgré tout mettre un coup de pied dans la fourmilière endormie, avec ses ballades endiablées, qui font un bien fou au cœur et au corps (comme disait Laurent V..)! A l’instar ce ce single Home Sweet Home, à la fois fébrile et efficace.
Une véritable cure de jouvence !
Myspace

Mike S.


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Black Cargoes - Glass
2009 – 12 titres – 49’10

Style : rock new wave/ indus
Label : Saiko / Pias

Note : 6/10

Cet album de Black Cargoes ne va pas manquer de mettre mal à l’aise certains. Ce n’est pas la qualité musicale qui est ici en cause, ni la production hyper pro de l’album. Juste le fait que le groupe suisse où l’on retrouve Mario Weiss, bassiste de Tasteless, sonne souvent comme Depeche Mode. Et quand je dis sonne, cela va même plus que là. De la voix du chanteur, copie conforme de celle de Dave Gahan, aux compositions qui sont parfois à s’y méprendre (Darkened floor, Here, lover c’mon), aux sonorités de claviers choisies, on a parfois l’impression d’être tombé sur un album oublié de Depeche Mode et non sur une œuvre personnelle de Black Cargoes. Dans un genre plus classique comme un songwriting folk ou un rock binaire à guitares, cela aurait posé moins de problèmes mais pour une musique aussi spécifique que celle-ci, c’est plus limite. Sinon, avec un morceau comme Three four,
Three four, Black cargoes adopte un son plus indus, les coups assénés pourraient être de NIN mais là encore le groupe de Trent Reznor – en tout cas à son début – n’était-il le prolongement naturel de la musique synthétique de DM ? Bon, on arrête là de chercher des poux à ces pauvres Black Cargoes qui ne demandent après tout qu’à faire leur musique. D’autant plus que certains titres se détachent de leur pesant modèle. streets et here sont des morceaux mid tempo jouant sur des atmosphères clair obscurs, des paysages complexes où derrière la froide désolation apparente, le lyrisme du chant laisse entrevoir un espoir. Promis on ne fera pas la même équation et le même raccourci que NIN- DM pour Three four avec Rerun, rerun où les sons concassés et agressifs rappelleront Aphex Twin mais dans une relecture et un format pop (cohabitation intéressante. Black Cargoes n’a pas encore tué le père mais il est peut-être en passe de le faire.
Myspace
Denis Z.


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Sunken Foal - Fallen arches
2008 – 12 titres – 61'

Style : Electro organique
Label : Planet Mu / La Baleine

Note : 8,5/10

Petite proposition de réflexion : et si les albums électroniques les plus intéressants étaient ceux qui mêlaient justement aux ordinateurs et claviers, des instruments acoustiques ? Un avis un peu trop définitif (et Aphex Twin ? ) mais qui trouve une nouvelle justification avec Fallen Arches de Sunken Foal. L'artiste irlandais - Duncan Murphy dans le civil - est à ranger dans la case fourre-tout "électronique" et pourtant son album commence avec Dutch Elm sur un piano et une guitare que n'auraient pas renié le sombre Red House Painters (à priori à des années-lumières de l'univers de Sunken Foal). L'électronique va arriver avec ses textures insaisissables, ses choeurs retravaillés et d'autres détails mais l'esprit est bel et bien là : organique et crépusculaire. Dans Fallen arches, il y a là de vraies compositions avec des accords jazz au piano, une guitare acoustique rythmique folk, une harpe irlandaise, une mandoline (Cash poor). Certains passages sont tout simplement post-rock avec des atmosphères un peu tournoyantes (The Rotunda) et rendraient fous de jalousie Mogwaï (Pumpy McGee).
Le chant est présent, rare mais touchant, et il n’est pas toujours vocodé (Hindsight is 20.20). C'est déjà très beau comme ça mais la production vient rendre plus impressionniste encore ces morceaux flottants. Sunken Foal ouvre des fausses pistes, rend plus abstrait ce qui pourrait couler de sources, joue sur des à peu près. Influencés dès lors par Fennesz, les sons et programmations peuvent venir même secouer cette mélancolie et créer un certain malaise. Ces moments rythmés, urbains et presque agressifs et qui ne donnent pas le réconfort d’être dansant (a bear in the hermitage, Rikkic). On l’a dit Duncan Murphy est irlandais et ce sang qui bat fort dans ses veines influence certainement la musique. Celle-ci semble parfois naître d’un esprit païen ancestral, d’une campagne sauvage. Ce qui crée un intéressant paradoxe avec la modernité induite des machines. Dès lors, on oublie la beauté de Dutch Elm, Cash poor, Pumpy Mc Gee, Hindsightune, une bête venue du fond des temps mais ayant repris vigueur à l’ère numérique débarque.
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Denis Z.


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Telepathe - Dancemother
2009 – 8 titres – 41'

Style : Synth-pop
Label : Cooperative /V2

Note : 6/10

Après avoir produit Scarlett Johansson, David Sitek a vraiment décidé de devenir un mentor pour jeunes filles vaporeuses. Preuve que le leader de TV on the Radio est un gars très ouvert, les disques produits par celui-ci sont totalement différents de ceux de son groupe. Avec Melissa Livaudais et Busy Gangnes, nous nageons en plein monde synthétique. Les deux Américaines ont été reines des nuits décadentes New Yorkaises et ont sorti leur premier maxi sur le même label que Klaxons. Aujourd'hui, elles se repositionnent sous la férule de Sitek dans un format pop mais tout en gardant leur son minimaliste. Et si So Fine affiche une vraie mélodie dans sa musique sur un son emprunté à Fade To Grey de Visage, les autres titres ont souvent tendance à mettre en avant les deux voix juvéniles entremélées - parfois même dans un spoken word désincarné - sur de simples programmations synthétiques percussives.
Drôle d'album en vérité qui ressemble à du Robots in Disguise réduit à une froide expression ou qui recycle franchement des motifs anciens que l'on croyait mort et enterré d'avoir été trop associés à une époque. Avec ses arpèges de guitares réverbérées, In your line rappellera le son du premier album de Lush produit par à l'époque Robin Guthrie des Cocteau Twins. Et Can't stand line évoquera les succubes gothiques de Xmal Deustchland. Bref, ça nous rajeunit pas. On le sait la mode est cyclique et ce qui était devenu ringard, redevient un jour branché. Ce qui n'enlève en rien ni les qualités ni les défauts de cet album. Chez Telepathe, on appréciera ce contraste entre la naïveté des voix et la froideur du boom tchak des machines et de ces nappes qui dérivent. On peut trouver l'album un peu lassant à la longue quand même.
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Denis Z.


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The Young Gods - Knock on Wood
2009 – 11 titres – 55'46
Style : Folk
Label : Pias


Note : 9/10

Surprenant, ces « jeunes » Dieux suisses. Après plus 20 ans de carrière, à imaginer la musique du XXIe à grand renfort de machines étonnantes, de textes décalés et de rythmes déflagrants, les Young Gods nous proposent un contre-pied totalement inattendu.
Ils reviennent avec un album totalement acoustique, baptisé Knock on Wood. Avec ce nouvel exercice de style, c’est l’occasion de redécouvrir le répertoire des fribourgeois d’une part, et d’autre part, remarquer la qualité d’écriture de ces compositions, qui réagissent très bien une fois retirés les artifices électroniques. On entend alors d’une toute autre oreille ce Skinflowers, ce Gasoline Man ou encore Longue Route, qui résonne sans doute, pour beaucoup – moi le premier - comme des monuments de la musique indus des années 90. Cela donne carrément envie de replonger dans la disco du groupe. L’Eau Rouge ou TV Sky n’ont pas pris une ride 15 ou 20 ans après.
Si ce n’est le fait de dépouiller totalement les compositions originelles, cela pourrait passer pour quelque chose d’assez ordinaire. Ils sont nombreux à l’avoir fait pour relancer leur carriere, ou commencer un passage à vide. On ne peut d’ailleurs pas dire que la carriere des Gods soit florissante, mais ceci est principalement dû à des choix – des non choix – de Franz Treichler, le leader du groupe (et seul rescapé de la formation originelle), dans les moments les plus cruciaux de la vie du groupe. La liberté artistique doit parfois en passer par là.


Et donc, là où je veux en venir, c’est que ce Knock on Wood n’est pas un simple exercice de style, une flemmardise passagère, un gros vide existentiel… Enfin, je ne crois pas… !
C’est en fait une totale réécriture des compositions et des arrangements, permettant d’apporter des instruments totalement inattendus pour le groupe (mandoline, accordéons, instruments berbères…) et des rythmes blues (Gasoline Man, She Rains), orientaux (Skinflowers), andalous (I'm the Drug, Freedom), musette (Charlotte) ou carrément cold wave (Our House qui rappelle le travail de baryton de Brendan Perry)…
Cerise sur le gateau, le groupe conserve tout au long de cet album son esprit psychédélique qui l’a longtemps caractérisé. C’est d’ailleurs avec un Ghost Rider de 12 minutes - totalement acoustique ? - que les Young Gods nous séduisent définitivement dans leur nouvelle démarche, 100% écolo.
Knock on Wood, au-delà de la figure de style, est une nouvelle façon d’appréhender le répertoire des Gods.
Un travail remarquable et terriblement séduisant. A ne manquer sous aucun prétexte.

Myspace / Video 1 / Video 2

www.younggods.com

 

Mike S.


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Asobi Seksu - Hush
2009 – 12 titres – 43’35
Style : Pop
Label : One Little Indian


Note : 7.5/10

Le groupe japonais revient avec son nouvel album Hush, en ce début d’année 2009. Les voix des chanteuses marquent définitivement le style du groupe, qui rappellent sans cesse les Cocteau Twins, sans jamais pourtant chercher à prendre l’ascendant sur le groupe mythique des années 90.
Si sur le 1er titre de l’album, Layers, la ressemblance est troublante, le ton se veut sur le reste de la production plus lumineux, plus ouvert, plus réjoui.
Les mélodies sont pleines de volume, le rythme est rapide, l’orchestration assez musclée, électrique. On est donc loin de la Cold wave des Cocteau……
Asobi Seksu continue en fait dans son registre Pop de ses débuts, à l’instar du bien nommé Familiar Light qui entame véritablement la production 2009 des japonaises expatriées à New York.
Mieux, Me & Mary, le nouveau single, relégué, on ne sait pourquoi en fin d’album, se veut tres incisif, dans un esprit presque rock, à la manière de The Organ, et tranchant véritablement avec le dernier titre, en bout de course, Blind Little Rain, calme, vaporeux, aérien, on croirait presque entendre Kate Bush, à cet instant !

Ils sont vraiment surprenant ces Asobi Seksu, construisant une pop, sans frontiere et intemporelle.
Et le plus incroyable, c’est leur façon de parvenir à une musique presque populaire, sans jamais tomber dans le populo. C’est peut-être ce que j’apprécie le plus dans ce nouvel album.
Hush œuvre et milite une fois encore pour la démocratisation d’une musique riche et sensible !
Au grand dame des majors qui voudraient formater le monde !

www.asobiseksu.com

Myspace

Mike S.


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Guernica - Who are your songs for
2008 – 6 titres – 30'00

Style : Indie rock
Label : Greed recordings / COD&S

Note : 8/10

Avec Guernica, on a du mal à croire que les gamins qui posent sur le livret singeant leurs idoles sont les mêmes qui font ce rock mature qui force le respect. La jeunesse n'a jamais empêché le talent, ni le côté bande de potes qui ne se prend pas la tête d'ailleurs. Guernica a été biberonné à Sebadoh, Dinosaur Jr, Pavement, Fugazi modèles faussement je-m'en-foutistes d'un indie rock made usa, aux mélodies instables et à l'énergie sous tension.
On craque donc pour ces titres vifs et électriques avec des rythmiques qui débordent du cadre, des larsens qui ne demandent pas mieux qu'à éclabousser et surtout des gimmicks de guitares qui, avec légèreté, soutiennent mélodiquement tout un morceau. Et de fort belles manières. Le beau titre d'ouverture proclame I wish i was american, mais non, jeunes hommes, vous pouvez être fiers d'être belges.
Site
Denis Z.


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Headless heroes – The silence of love
2008 – 10 titres – 33’40

Style : pop
Label : Fargo / Discograph

Note : 8/10

Quand on trouve une belle voix, on ne rate pas le coche. C’est ce qu’on dut se dire Eddie Bezalel et Hugo Nicholson en découvrant Alela Diane. Les deux producteurs avaient dans l’idée depuis longtemps d’initier une série d’albums de reprises de chansons n’ayant pas eu le succès mérité à l’époque de leur sortie. Vœu pieu de la part de 2 fous de musique qui aiment travailler à l’ancienne. Bezalel et Nicholson aidés par le DJ David Holmes ont choisi les titres, les musiciens et après en sont restés à leur rôle de producteur. Ils ne jouent pas sur le disque, comme dans les années 60 où certains producteurs étaient plus fameux que les artistes qu’ils produisaient (pensons aux productions Phil Spector, Lee Hazelwood…). Les arrangements mais aussi les instruments rappellent les années 60 où l’on préfère user d’un orgue, d’un piano, d’une trompette que d’un clavier.
Cette patte musicale permet de faire de reprises hétéroclites un album homogène. Alela Diane apparaît comme la digne héritière de ces égéries des années 60, une Nancy Sinatra nouvelle génération. La track list parlons-en, faîte de choix évidentes (Here before de Vashti Bunyan, voire Nobody’s baby now issu de la période crooner de Nick cave), de vraies découvertes (la palme revenant à Linda Perhacs et son magnifique Hey, who really cares ; mais il y aussi le blues de Juicy Lucy qui dévient aussi hypnotique que le chant des sirènes) et des surprises. On n’attendait pas forcément là entendre le folk dépressif du culte Daniel Johnston se lover dans un écrin luxueux. Ni retrouver un titre des rockeurs Jesus and Mary Chain, Headless heroes montrant que derrière les guitares dégoulinantes et les larsens, il y a bien un cœur pop qui bat. Le cahier des charges est donc respecté et même plus que ça, The silence of love pourra enchanter quelques moments de votre vie.
site Fargo
Denis Z.


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Dark Captain light captain - miracle kicker
2009 – 10 titres – 43’43

Style : Folk moderne
Label : LOAF / La Baleine

Note : 10/10

Découvert sur le tard - c'est-à-dire en 2009 - , le premier album de Dark Captain Light Captain pourrait être l'album de 2008. La musique étant ce qu'elle est - pérenne dans le cas des grands disques, il n'est jamais trop tard pour succomber à la folk enchanteresse et mélancolique de ce groupe anglais. Emmené par Dan Carney, ce projet musical s'est petit à petit étoffé pour devenir aujourd'hui un sextet. Un peu à l'image de leur musique qui, sur une trame répétitive, n'en finit de rajouter des petits éléments. DCLC appartient à la culture laptop et chaque titre ou presque garde toujours dans le fond une musicalité persistante, comme une frise musicale qui court sur tout le morceau, qui se renforce par l'ajout par touches impressionnistes de nouveaux sons, de nouveaux instruments. Dès le début et au final, le morceau devient hypnotique. Le groupe use d'ailleurs de la guitare ebow signe qu'il aime un son continu et modulable. DCLC comprend Chin Keeler (ex batteur de Quickspace), Laura Copsey (instrument à vent), Gilles Littleford (guitariste fou de picking), Michael Granny (basse et chant) et Neil Kleiner (effets et chant) ; un passage en revue des troupes qui en dit plus sur le groupe.
3 chanteurs, chacun tout en retenue, qui se mettent ensemble pour créer une osmose de mélancolie et de douceur. De la clarinette, du hautbois, preuve que cette musique a du corps, pour ne pas dire une âme. Car, le danger, en lisant ces quelques lignes, serait de croire à un album tapageur, fort en tête. Or, c'est tout le contraire, miracle kicker est tout en nuances, en clair-obscurs, avec un son pas plus haut que l'autre, l'ensemble étant en soi brillant et chatoyant. Gageons que Nick Drake en 2008 aurait pu faire un album comme celui-ci, utilisant les moyens d'aujourd'hui mais veillant à garder contre lui sa chère guitare acoustique (assortie de quelques touches de piano) et à toujours écrire de profondes mélodies. Ce qui est le cas ici. Beta Band - autre référence possible - avait sorti avec Squares un titre qui provoquait inévitablement des possibilités de lévitation. Le morceau avait d'ailleurs servi de musique pour la pub des produits laitiers où des baigneurs semblaient marcher sur les vagues et des adolescents dériver dans l'espace. Eh bien, ce sentiment d'apesanteur, miracle kicker vous le procure sur un album entier. Cela tient du vrai miracle. Ne passez pas à côté du bonheur !
Myspace
Denis Z.


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Locksley – Don’t make me wait
2009 – 15 titres – 39’40

Style : rock 60’s
Label : Minimum music / Differ-ant

Note : 6/10

L’Histoire du rock est peuplé d’une pléthore de seconds couteaux à la vitalité débordante, aux mélodies entraînantes qui au final participent à la création d'une mythologie. Cela commence avec les années cinquante / soixante dans des petits clubs et des caves avec des groupes bien peignés et bien mis finissant néanmoins en nage à la fin de leur set. Le Dieu rock mérite que l’on se donne à fond pour lui. Locksley appartient à cette lignée, un groupe de Brooklyn qui auraient pu sortir de The Cavern à Liverpool ou au CBGB à New York mais qui époque oblige sont soutenus par MTV et Tom Hanks (!).
Kind of lover a même figuré sur la BO du film « Cloverfield » preuve que le groupe est à la mode. Au programme de cet album au savoir-faire indéniable, des bombes d’énergie et mélodies carrées avec une voix de velours (genre Paul Mc Cartney) et des chœurs impeccables (All over again meilleur titre de l’album). Une simplicité de ton et d’objectif qui rend profondément sympathique Locksley. Mais on pourra accuser les Américains de jouer un peu trop sur la fibre nostalgique et surtout de manquer un peu de personnalité. Allez, je m’en vais écouter ma collection de vinyles.
Myspace
Denis Z.


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Teamforest - Leave
2008 – 10 titres – 33’40

Style : folktronica
Label : Eglantine / COD&S

Note : 8/10

Philipp Bückle alias Teamforest aime jouer à cache-cache : un coup chez Morr music pour un bon single, Home, un coup pour une Tribute à Slowdive (l’allemand y reprenait Alison), un coup remixant FBW de Laudanum ou Take me tonight de Margo. Aujourd’hui, l’Allemand francophile sort un long format chez la petite structure française Eglantine records. Bückle fait une carrière en pointillé, disparaissant, réapparaissant, ne se donnant pas totalement. Un peu à l’image de sa musique tout en fausse simplicité, jouer avec une timidité de solitaire qui fait les disques personnels et attendrissant. Si les machines jouent un grand rôle dans la musique de Teamforest, tout part d’une voix et d’une guitare.
Les boucles, les sons parasites, les programmations, les glissements de terrain, savant assemblage miniature, viennent après coup, comme un plasticien partant du trait pour y ajouter ensuite couleur et matière. Proche de Hood, Teamforest arrive à garder ce caractère naturaliste en dépit de la technologie. Il semble parfois perdre pied pour mieux revenir en surface (Leave the north, head southwards). C’est du vrai songwriting influencé par le Cure des débuts que par la folk la plus pure, ce qui garantit une dose d’émotions avec le paradoxe offert par l’habillage electronica de rendre presque guillerette – car rythmée – cette écriture mélancolique. On danserait presque sur Leave your personnal role model, c’est dire. Touchant et sensible, Leave mérite de rentrer totalement dans la lumière.
Myspace
Denis Z.


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Penelope sulla luna – my little empire
2008 – 9 + 1 titres – 53’

Style : rock instrumental
Label : Nagual rds / Nomadism groupe / Audioglobe

Note : 5,5/10

Petite info au passage mais qui pourrait devenir signifiante : Penelope sulla luna est signé sur la nouvelle division « indie rock » de Nomadism group, maison de disque transalpine spécialisée à la base dans le métal et le gothic. La musique de ce groupe formé en 2005 à Ferrara est instrumentale, est-elle pour autant « post-rock » ? Tout a tendance à être ranger dans la case « post-rock » à partir du moment où c’est rock, instrumental et hors-format. Les Italiens respectent ces trois paramètres, ménageant mêmes des moments de rêverie atmosphériques (Butterfly drama #1 et 2) au milieu de ces titres rocailleux. Il y a aussi dans cet album des intentions formelles – timides mais présentes - qui fait que Penelope sulla Luna ne fonce pas tête baissée dans une énergie rock purement binaire.
Pourtant, en écoutant les titres majeurs de ce disque (Back to the teenage, third brain drain), on a tendance à reconnaître le même genre de plans que l’on aurait pu écouter chez Deep Purple, The Mission ou Type O Negative : il y a là un fond hard rock/metal et un fond gothic un peu gênants, ce qui explique sans doute la présence de Penelope sulla Luna chez Nomadisms group (CQFD). Donc on est plus proche de 65 days of static que de Godspeed You Black emperor. Même si Penelope veut porter son costume avec élégance, la coupe de celui-ci fait que les Italiens apparaissent un peu lourdauds aux entournures. Cela ne se voit pas sur l’allure générale mais sur quelques détails qui ne trompent pas. Cela rend le groupe un peu prétentieux dans sa volonté de vouloir apparaître plus branché qu’il n’est. Donc c’est pas mal, assez banal quand même mais surtout surestimé, y compris du groupe lui-même !
Myspace
Denis Z.


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The Stills - Oceans Will Rise
2009 – 12 titres – 48’21
Style Brit Pop ?
Label :
Arts & Crafts


Note : 7/10

Formés en 2000 à Montréal, The Stills ont sorti un premier album en 2004 (Logic Will Break Your Heart) et un second en 2006 (Without Feathers), les voici de retour avec un troisième opus, Oceans Will Rise.
Ce nouvel album est, à travers de ses 12 titres, le résultat d’un travail d’observation – contemplation ? – du monde, que le groupe a pu découvrir, grâce à ses différentes tournées, des USA jusqu’en Europe. Ceci, c’est côté textes. Coté musique, The Stills confirment leur angouement pour la Brit Pop, dont les errements se propagent volontiers dans le travail de The Verve,Travis, Manic Street Preachers ou des plus récents The Music, pour leur côté hypnotique bien prononcé. Snakecharming the Masses ou Rooibos/Palm Wine Drinkard, deux belles pierres angulaires de cet album, vous expliqueront ce que je veux dire… Mélodies enivrantes, refrains ensorcemlants !



Quoi qu’il en soit, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, et si vous êtes amateurs de pop anglaises, vous devriez rapidement adopter ces petits québécois, qui ne demandent qu’à continuer à grandir et à venir jouer près de chez vous.
D’ailleurs, leurs prochaines dates vont se faire en compagnies des King of Leon, que l’on ne présente plus. Mais ce sera du coté de l’Australie et de la Nouvelle-Zelande. Alors, on reste calme, et on attend son tour !
Par contre, restez vigilents, car, je ne pense pas que le groupe va rester longtemps confidentiel. Avec Oceans Will Rise, il est amené à exploser, et à remplir rapidement les plus grands stades de la planète. A bon entendeur…
A découvrir donc, Oceans Will Rise, un album sobre, moderne et enjoué. Attention, la couv’ – quoi que magnifique – peut porter à confusion.
www.thestills.net
www.arts-crafts.ca/thestills

Mike S.


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Louisa John-Krol – Djinn, Le Mystère des chats
2008 – 15 titres – 57’36
Style : Folk
Label :
Prikosnovenie/Anticraft


Note : 7.5/10

La fin de l’année 2008 a vu la sortie d’un nouvel album de Louisa John Krol. C’est le 6e album pour l’Australienne d’origine galloise, et cette fois, la chanteuse explore l’univers trouble et mystique des félins, objets de curiosité, de peur, de convoitise…
Pour sûr, Louisa John-Krol ne voit dans cet animal, que la magie de ses 9 vies, la majesté du jaguar ou le mystère du Sphinx. 15 chansons dans cet album, et autant d’occasions d’explorer les mythes et légendes planétaires autour ces félidés solitaires.
Pour faire ronronner ses contes et légendes, Louisa John Krol nous livre une fois encore sa voix la plus cristalline et ses plus belles mélodies, servies par son violon, sa mandoline, sa flute… et quelques instruments d’ambiance (gongs, carillons, baton de pluie…).

Ainsi, la musique est douce, pleine de chaleur, apaisante, et nous transporte dans des rêveries peuplées de félins, plus beaux et plus mystérieux les uns que les autres.
L’album se termine sur Colours of Angels, un véritable bijou multicolore dans son écrin de satin, qui n’est pas sans rappeler le travail d’Enya, à laquelle on ne compare que trop rarement Louisa John-Krol, et qui, pourtant, a plus d’un point commun.
Sans bousculer les frontières déjà dressées par ses 5 premiers albums, Louisa John-Krol affirme toujours plus fort son style, sur ce Djinn, Le Mystère des chats. A écouter toujours sans modération, et plus encore. Un album riche, dense et terriblement envoutant.
www.louisajohnkrol.com

Mike S.


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White Hinterland – Luniculaire
2008 – 5 titres – 23’

Style : folk-jazz francophile
Label : Dead Oceans / Differ-ant

Note : 7,5/10

« Cet EP est notre lettre d’amour à la France, la musique et la langue française ». Sans être particulièrement cocardier, on boit du petit lait, d’autant plus que ce mot vient de Casey Dienel, auteur sous le nom de White Hinterland, d’un des plus jolis albums de 2008, Phylactery factory entre folk et jazz. Pour cet EP, l’Américaine entourée comme à l’accoutumée de Matt Meyer et Shawn Creeden a choisi de reprendre des chansons françaises. Par n’importe lesquelles car si Casey a du goût, elle a aussi de la culture et de la personnalité. Pas de surprise à voir figurer ici J’ai 26 ans un titre de Brigitte Fontaine. White Hinterland se réapproprie Requiem pour un con, rendant le standard déjà obsédant de Gainsbourg irascible et grinçant (il y a du Velvet Underground là dedans).
Pour le dépouillé Mon ami la rose, la quiétude est retrouvée et on prend place avec délectation dans un confortable cabaret jazzy d’avant-guerre. Pour compléter l’EP, deux nouvelles compositions de Casey, dans la mouvance de Phylactery factory mais écrits en français. Chant du grillon est un titre insaisissable qui enchante autant qu’il effraie. Lunirascible, malgré son titre (contraction de Lunatique et irascible ?) termine le disque sur une note bleutée. Seul bémol de l’EP, l’accent épouvantable de Casey Dienel mais comme la jeune femme s’en excuse par avance auprès de tous les auditeurs, on lui pardonne.
Myspace
Denis Z.


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Parts & Labor – Receivers
2008 – 8 titres – 42’

Style : rock
Label : Jagjaguwar / Differ-ant

Note : 7/10

Comme les épouses des Présidents, les guitaristes féminines de l’ombre exerceraient-elles quelques pouvoirs occultes sur les groupes de mecs ? Questionnement essentiel que nous abandonnons tout de suite pour revenir à Parts & Labor, groupe New Yorkais fan d’Husker Dü (je l’apprends par la bio car j’avoue ne pas avoir entendu parler de ce groupe avant Receivers) qui aujourd’hui propose un album power pop des plus énergisants. Les Américains ont accueilli en leur sein une nouvelle guitariste – Sarah Lipstate – ce qui m’a fait me poser ma question initiale. Peu importe et profitons du résultat avec un bouillonnant Satellites en ouverture : 7’ d’un rock où les guitares supersoniques remplissent tout l’espace.
On croirait parfois entendre King Crimson ! Mais ce morceau épique parfaitement maîtrisé marque les esprits. Par la suite, Parts & Labors va garder en mémoire cette puissance sonore de tête de bélier, ces envies de souffle, que ce soit pour un single à la mélodie fédératrice (Nowheres high) comme pour des compositions carrément traditionnelles : le fond de Mount misery pourrait être une ballade irlandaise avec un Theremin pour faire le vent et idem pour Little ones qui fait chanter les cornemuses. Mais le traitement change tout et P&L ne ressemble en rien au Wings de Mull of Kyntire. Les larsens du passé viennent sans cesse jouer les mouches du coche. Autre paradoxe d’un groupe qui essaye de faire cohabiter des énergies contraires. Et qui y réussit plutôt bien.
Myspace
Denis Z.


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The Seven Mile Journey – The metamorphosis project
2008 – 6 titres – 57’

Style : Post-rock
Label : Fonogram Agency / Import

Note : 8,5/10

Dans la famille de plus en plus étendue – et de plus en plus internationalisée - du Post-rock, voici les Danois de The Seven Mile Journey. Dans le genre, le quatuor (Nikolai, Jakob, Henrik et Morten) sont un peu les anti Mono. Autant le groupe japonais aime les cassures, les déflagrations brisant la quiétude ambiante, autant les Danois passent maîtres dans les atmosphères fluides, les évolutions lentes et mesurées. Pas d’explosions sonores ou si peu (la fin de January 4th – the hypothesis hours). Il y a là six morceaux (dont deux de près de 15’), il ne pourrait y en avoir qu’un tant chaque épisode de cette aventure musicale se fond dans les autres. On pourrait parler de symphonie ou tout au moins de grande Œuvre mais ici, pas d’emphase, pas de superflu juste l’essentiel. TSMJ prend son temps et dans l’absolu les deux premiers titres de son album installant un climat ne sont là que pour mettre en orbite un Identity Journals qui prend définitivement aux tripes à 10’ de son début.
Idem pour le dernier Purification – the journey transcriptions (notons au passage et félicitons nous que cet album soit instrumental, les titres des morceaux auraient laissé présager un verbiage abscons). Mais la qualité est là et la sobriété élégante fait que ces moments de round d’observation sont porteurs d’une vraie beauté froide. Avec des claviers et en d’autres temps, on aurait parlé d’ambiant mais les Danois restent fidèles à la sacrosainte trinité guitare-basse-batterie (avec des interventions bien senties de piano), utilisant les effets qui étirent le son et les arpèges beaux dans leur nudité à bon escient. On pourrait ajouter : comme les bons groupes du genre auxquels ils peuvent faire penser (Godspeed you Black Emperor, Explosions in the Sky). Belle découverte que l’amateur de pos-rock – et de musique en général, TSMJ étant au final très accessible – se doit d’acquérir.
Site
Denis Z.


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Midori Hirano – Klo:yuri
2008 – 10 titres – 40’08

Style : pop de chambre / Néo-classique
Label : Noble label

Note : 8/10

Deux ans après la magnifique LushRush, la charme est toujours là. Klo:yuri vogue sur les traces de son prédécesseur, la surprise en moins. Midori Hirano a toujours cette personnalité à part (que l’on pourra retrouver dans une version plus pop chez Konki Duet) d’une musique à la croisée des chemins. Musique classique d’aujourd’hui (la formation initiale de la Japonaise), musique onirique digne d’un dessin animée de Miyasaki (et son compositeur Joe Hisaishi), pop enfantine dès que la voix paraît (faceless angel, out), jazz par moment (Transition entre Keith Jarrett et Bugge Wesseltoft) Klo:yuri trouve une place fragile et précise entre rigueur occidentale et poésie japonaise ;
entre classicisme, tradition et esprit contemporain (l’électronique venant apporter sans cesse textures au piano, aux cordes, aux percussions). Une musique lettrée imaginée par une femme ayant gardé une âme d’enfant. Un petit goût de paradis perdu. Une finesse que l’on veut préserver coûte que coûte. Un refuge face à la brutalité et à la trivialité du temps. En plus, nulle niaiserie à l’horizon, une forte personnalité mettant en avant ce qu’elle a de plus cher : un vrai monde intérieur qui ne demande pas mieux que de se partager et nourrir le votre. Le Japon n’a jamais autant paru proche de nous.
Site
Denis Z.


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