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Chroniques CD / Etranger
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| Stereolab – Chemical chords |
| Mugison – Mugiboogie |
| Late of the Pier - Fantasy Black Channel |
| Volcano ! - paperwork |
| Ra Ra Riot - The Rhumb line |
| Melpo Mene – bring out the lions |
| For Against - Shade Side Sunny Side |
| El Perro del Mar - From the Valley to the Stars |
| Keziah Jones - Nigerian Wood |
| Okkervill river – The stand ins |
| Metronomy - Nights out |
| Polite sleeper - Seens |
| Brendan Canning – something for all of us |
| Pete Greenwood - Sirens |
| Nine Inch Nails - Ghost I-IV |
| Hot Club de Paris - Live at the Dead Lake |
| James - Hey Ma |
| Our Broken Garden - When your blackenings shows |
| Mud Flow - Ryunosuke |
| Absynthe minded - introducing |
| Seu Jorge – America Brasil O Disco |
| Buenretiro - Escargot |
| Soy un caballo - les heures de raison |
| Bodies of water - A certain feeling |
| Cloé du Trèfle - Microclimat |
| Atlas sound – Let the blind those who can see but cannot feel |
| The Hold Steady - stay positive |
| His name is alive – Firefly dragonfly EP |
| Plus / Minus – You are here (extended) |
| The Marigold - Erotomania |
| Bowerbirds – Hymn for a dark horse |
| Port-Royal -Afraid to dance |
| Moi Caprice – The Art of Kissing properly |
| Seelenluft – Birds and plants and rocks and things |
| Alina Simone - placelessness |
| Tupolev – Memories of Björn Bolssen |
| Quitzow – art college |
| The Night Marchers - See You in Magic |
| Setting Sun – children of the wild |
| The Pineapple Thief - Tightly Unwound |
| Tony Joe White – Deep Cuts |
| Yasushi Yoshida - little grace |
| Islands - arm's way |
| ARCHIVES 2006 - 2008 |
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| ARCHIVES 2000 - 2002 |
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Stereolab – Chemical chords
2008 – 14 titres – 48’14
Style : Pop
Label : Duophonic / 4AD / Beggars Banquet
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Note : 8/10
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A quoi reconnaît-on d’emblée Stereolab ? A la voix élégante et à part de Laetitia Sadier ? Aux sons de claviers vintage qui ont fait la marque de fabrique du groupe ? A ce sentiment de faire un saut dans des années 60 psyché habillés en Rabannes tout en ayant l’impression de faire un bond dans un futur chromé de SF ? A cette affirmation que la pop peut se teinter d’électronique, de jazz et toujours resté profondément pop ? A tout ça et plus encore. Chemical Chords a un nom bien choisi, montrant toute la dualité du groupe entre artificialité de moyen et une nature fraîchement pop avec des cordes concoctées par Sean O’Hagan, le leader des High Llamas, un autre maître es pop devant l’éternel.
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Ce neuvième album studio est un très bon cru. Des chansons arrangées avec une finesse d’horloger qui s’enroulent autour de vous avec classe. Dur de résister à ces toiles magnifiques qui vous ensorcèlent l’esprit tout en vous caressant le cœur (le morceau-titre est un must lounge à déguster dans un sofa). Laetitia Sadier chante de plus en plus en français et avec cette langue de Molière, Stereolab montre plus que jamais l’influence que Gainsbourg a pu avoir sur leur musique ( One finger symphony serait-il leur Initials BB à eux). Une nouvelle victoire de la finesse. Site
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Denis Z.
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Mugison – Mugiboogie
2008 – 12 titres – 49’02
Style : Rock hybride
Label : Accidental Records
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Note : 10/10 |
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Isolé du
reste du Monde, l’Islande est un véritable
creusot pour toutes les formes d’études scientifiques autour
du genre humain… Parmi les études potentielles, il en est
encore une particulière à réaliser. Le sujet en serait
l’isolement
du gêne de l’ingéniosité musicale caractéristique à sa
population.
En effet, depuis 20 ans maintenant, cette petite île
ne cesse de nous surprendre en nous faisant découvrir un nouveau
groupe chaque matin, plus original et passionnant que celui de la veille
!
Apres Sugar Cubes, Bjork, Gus Gus, Bang Gang, Sigur Ros...
Ce matin, c’est Mugison qui a débarqué sur ma platine.
Sous ce pseudo, se cache Örn Elías Gu mundsson, que l’on
remercie déjà pour avoir choisi un nom d’emprunt plus
facile à retenir...
Mugison a mis 5 ou 6 ans à forger son Mugiboogie. Tout a commencé pour
Mugison, aussi isolé que son île, avec un ordinateur, dans
une maison, au fond de la campagne islandaise, au milieu des Fjords. Mais
tres vite, l’attraction londonnienne a poussé le savant fou
vers le sud... Et puis petit à petit, les albums ont surgi sous
des formes variées, plus ou moins abordables, plus ou moins électroniques,
plus ou moins pop... Autant d’éprouvettes dans lesquelles
Mugison expérimentait les sons et les styles, dosait les ingrédients,
recherchant la bonne alchimie, la formule magique.
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Mugiboogie, son nouvel
album, nous conduit dans un univers totalement hybride, un Rock’n
Roll psychédélique nonchalant, un peu comme si Marilyn
Manson avait pris des antidépresseurs, comme si les Beatles et
Nick Cave avaient abusé ensemble un peu trop des champignons hallucinogènes… L’album
refuse de s’engouffrer dans une voie ou dans une autre, chaque
titre vis sa vie, Rock, Blues, Psyché, Indus… sans jamais
oublier un certain esprit pop, véritablement ouvert, terriblement
abordable, à l’opposé donc de ses précédentes
productions.
L’Islande nous offre aujourd'hui un nouveau virtuose
du Rock en la personne de Mugison !
Un album hybride au combien surprenant. Mugiboogie reçoit haut la main
le prix Magic Box de l’album le plus original de l’année !
www.mugison.com |
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Mike S.
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Late of the Pier - Fantasy Black Channel
2008 – 12 titres – 42’45
Style : Sensation Rock
Label : Because
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Note : 9/10 |
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Le
Rock anglais s’était quelque peu reposé ces derniers
mois apres l’euphorie des années précédentes.
Mais il semblerait qu’il n’ait pas son dernier mot. Et pour
apporter déjà, et oui déjà, une relève, à Klaxons,
Bloc Party et consorts, ne voici pas qu’ils nous envoient Late
of the Pier. La nouvelle sensation Rock made in England !
Sur des rythmes névrotiques que l’on croirait sortis de la
fin des années 70 ou du tout début des 80, le quatuor anglais
nous invite dans son univers survitaminé, bariolé de mille
couleurs sonores. Chaque titre est calibré pour être singlelisé,
refrains entêtant, beat entrainant…
On retrouve dans la musique de Late Of Pier des sonorités
empruntées à Joy
Division (Space and the Woods) ou Talking Heads (The
Bears Are Coming)
dans les années 80, à Marion (Whitesnake) ou Pulp (VW)
dans les années 90, ou même encore à Bloc Party (Broken)
dans les années
2000…
Rien de bien neuf ou révolutionnaire donc, mais un album tellement
vif, des mélodies tellement riches qu’on en oublie les influences,
pour laisser bouger ses pieds à leur gré…
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Un vent de nostalgie
se lève du coté du Royaume Uni, le
groupe est en pleine tournée à domicile, il s’est
offert une couv’ dans le NME, on pourrait donc bien supposer qu’il
débarque de ce côté de la Manche dans les mois prochains,
et pourquoi pas aux Trans ou Festival des Inrocks, allez, une petite
surprise
de derniere minute, le buzz du mois de novembre…
D’ici là, vous avez encore un peu de temps pour découvrir à votre
tour, ce Fantasy Black Channel dont le single Heartbeat devrait tres vite envahir
votre quotidien !
Un album débordant de vitalité !
http://www.lateofthepier.com
http://www.myspace.com/lateofthepier |
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Mike S.
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Volcano ! - paperwork
2008 – 11 titres – 45’00
Style : Post-punk déglinguée / noise expérimentale
Label : Leaf / Differ-ant
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Note : 6/10
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Imaginez un album post-punk saccagé par une horde de barbares. A moins que ce ne soient que de sales gamins aimant casser leur jouet dans un joyeux autodafé. Voilà un peu l’impression que laisse ce deuxième album de Volcano ! avec au menu des rythmiques passées à la moulinette et des sons de guitares ou de claviers jouant les poils à gratter. Chicago a toujours ville d’expérimentations et de recherches noises et Volcano ! en est un nouvel exemple criant. Les bouillonnants américains ont néanmoins un peu le cul entre deux chaises et leur album pourra apparaître comme le plus accessible des albums expérimentaux ou le plus déglingué des albums rock. Fairy Tale est à ce titre parlant : un concassage de mélodie en bonne et due forme avec des sons de claviers crades, loin du psychédélisme extrême d’An Albatross mais pouvant rebuter l’amateur de post-punk (au final, un genre le plus souvent sagement formaté).
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Volcano ! trompe son monde, c’est clair, et fait même des rythmiques à la guitare et à la voix presque africaine ( Africa justs wants to have fun, slow jam) le tout jouer par des vrais rockeurs noise. C’est original et séduisant même dans ce je-m-en-fout-isme poussé presque au suicide commercial. Sauf que l’on a un peu plus de mal avec la voix du chanteur Aaron With qui vocalise autant que Matthew Bellamy de Muse. Avec une telle liberté de ton dans la musique, un chant plus neutre aurait été un peu bienvenue. On sort de l’album un peu fatigué, trouvant dans l’aéré Tension loop une salvatrice aire de repos. Too much. Site
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Denis Z.
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Ra Ra Riot – the rhumb line
2008 – 10 titres – 40’00
Style : Pop
Label : Cooperative / V2
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Note : 8,5/10
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A l’écoute de Rhumb Line, on n’imaginerait pas que Ra Ra Riot a perdu John Pyke, son batteur à la sortie de son premier EP. Ce premier album virevoltant exhale plutôt un sentiment d’hymne à la vie. Les Américains ont décidé de continuer malgré le deuil et ils y vont à fond : refrains imparables, arrangements chatoyants…Le « ghost » de Ghost under rocks fait sans doute référence au passé douloureux du groupe mais vite oublié ici. Difficile en effet de ne pas dodeliner de la tête ou de marquer le rythme avec le pied, le sourire aux lèvres. Cousins américains des Canadiens de Stars pour cette même vitalité pop, Ra Ra Riot pourrait même ressembler à du Postal Service où les machines auraient été remplacées par des cordes ;
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un petit côté classe doublé une petite touche de mélancolie qui rend la musique du groupe encore un peu plus profonde. A noter une reprise de Suspended in gaffa qui laisse la possibilité à Ra Ra Riot d'épancher leur penchant fantaisiste. Après une version de Hounds of love sur leur précédent EP, les Américains affirment encore un peu plus leur amour de Kate Bush. The Rhumb line est une belle découverte et une nouvelle preuve que la pop peut sauver celui qui la fait et celui qui l’écoute. Site
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Denis Z.
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Melpo Mene – bring out the lions
2008 – 12 titres – 46’11
Style : Pop
Label : Imperial recording / Differ-ant
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Note : 9/10
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Après El Perro del Mar et Loney Dear notamment, La Suède a encore frappé. Fort, très fort et pourtant tout en douceur avec Melpo Mene. Derrière ce nom référence à la mythologie grecque se cache Erik Matthiasson, homme-orchestre d’un projet où l’on boit du petit lait. D’une voix toute Scandinave, le jeune songwriter redessine une pop-folk à sa manière : orchestrée mais en demi-teinte, largement acoustique (piano ET guitare) mais ornementée de Wurlitzer ou d’Hammond, souvent rythmée mais cotonneuse. Une promenade au petit matin vers des contrées un peu désuets entre Bang gang et Kings of Convenience. Désuet car Melpo Mene préfère le vibraphone au clavier – c’est un exemple mais il est signifiant -
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et fait parfois voyager sa pop dans un Brésil années 60. On n’imaginait pas la Suède si chaleureuse et si le soleil est un peu voilé voire un peu hivernal, il est bel et bien présent (le presque bossa Babes and darling, le jazzy « tropicales » Hit the boy, The sun). I adore you pourra même conquérir au titre de la berceuse de l’année, une invitation à retourner dans les langes et faire des batailles de boules… de talc. Paru cet été, cet album sera le plus réconfortant des remontants pendant les longues soirées d’hiver. Retenez bien ce nom : Melpo Mene. Il ne fait pas de tapages, ne surfe sur aucune vague mais sort un vrai must. Site
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Denis Z.
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For Against - Shade Side Sunny Side
2008 – 9 titres – 49’45
Style : Noisy Wave
Label : Words on Music
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Note : 9/10 |
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Le
groupe For Against va bientôt feter ses 25 printemps. Originaire
du Nebraska, il n’a jamais eu énormément d’échos
en France, même s’il nous livre régulièrement,
par l’intermédiaire de son label Words on Music,
ses productions (depuis Coalesced en 2002).
Shade Side Sunny Side est de fait le 10e album du groupe. Il nous conduit
en 9 pièces, très allongées, dans un univers instable,
aux atmosphères troubles, orageuses, composées en nappes
musicales superposées, à mi-chemin entre la cold-wave et
le post rock. Le groupe a longtemps encensé le travail de Gang
of Four, à ses début, avant de découvrir post-mortel,
le travail de Joy Division. Aujourd’hui, il a digéré tout
cela, en y ajoutant un brin de Sonic Youth, une pincée de Ride,
laissant reposer tout cela, avant de produire sans reproduire, une musique
personnel, parfois intime, parfois nerveuse, et toujours remplie d’émotion.
En debut d’album, Underestimate et Aftertaste ont quelque chose du
single, à faire tournoyer sur toutes les bonnes radios… dans
un monde idéal, tout du moins…
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Mais qu’importe, tout comme moi, les fans de Noisy Pop, espérant
toujours du nouveau du coté de My Bloody ou de Ride devraient
passer un tres bon moment à l’écouter de ce nouvel
album, aux accents nostalgiques.
Alors bien sûr, cet album ne s’écoute pas d’une oreille
distraite ! on s’installe tranquillement, et on se laissent conduire par
la mélodie, par les montées tranquilles, et les descendes vertigineuses
de ce Shade Side Sunny Side ! Vous ne serez pas déçu de ce voyage
spatio-temporel au fond de votre fauteuil !
Un album noisy / wave surprenant qui s’appuie sur 25 ans d’histoire
d’un groupe trop discret !
www.myspace.com/foragainst
Words
on Music
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Mike S.
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El Perro del Mar - From the Valley to the Stars
2008 – 16 titres – 43’12
Style : Pop Folk
Label : Cooperative Music
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Note : 9/10 |
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Rares
sont les albums qui m’ont aussi longtemps hypnotisé que
l’album éponyme d’El Perro Del Mar, sorti en 2006… Et
voici qu’arrive son successeur,
From the Valley to the Stars !
S’il a dû etre difficile pour son auteur d’apporter une
suite à son chef d’œuvre, il va en être de meme
pour l’auditeur d’accorder une petite place, à côté du
dit chef d’œuvre, tellement peu enclin à sortir de l'état
d'hypnose dans lequel il a été plongé voici deux ans !.
Pourtant, la curiosité aidant, la recherche d’une drogue plus
forte se faisant sentir aussi, on entre progressivement dans cet album,
alternant d’abord avec l’ancien, et puis, de plus en plus,
s’éloignant de la vallée pour atteindre les étoiles,
on se fixe définitivement sur ce second album.
Les mélodies sont entêtantes, la voix de Sarah est enivrante.
L’instrumentation a plus que jamais été choisi pour
hypnotiser son auditeur, alliant flutes et synthé discrets. En milieu
d’album, presqu’au sortir d’un songe, Somebody's Baby remonte le niveau du métronome, mais sa ritournelle répétitive
nous maintient entre deux états, entre rêve et réalité,
avant que The Sun Is an Old Friend nous replonge dans ce songe si moelleux.
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A chaque écoute
d’El Perro d’El Marre, il n’y plus rien autour de vous,
Edvige, Ike, Nicolas, Gustav, Carla, Georges ne sont plus que des prénoms
insignifiants, il n’y a plus que des nuages blancs et des éléphants
roses.
Attention, loin d’être une thérapie à la morosité,
ce nouvel album, From the Valley to the Stars, produit des effets
d’amnésie
temporaire, un décrochage spatio-temporel momentané, un oubli passager.
L’atterrissage peut donc parfois être long et assez douloureux. Evitez
par
conséquence, avant tout écoute, d’avoir un journal, une radio,
une télé, internet, ou toute autre forme de média à proximité.
Le choc pourrait être brutal et les effets bénéfiques de
l’album pourraient disparaître d’un coup !!!
Soyez donc très prudent. Respectez les doses prescrites, les délais
entre chaque prises et les recommandations ci-dessus !
Un album fascinant !
Myspace
www.elperrodelmar.com
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Mike S.
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Keziah Jones - Nigerian Wood
2008 – 13 titres – 60’48
+ Bonus : Nigerian Funk – 10 titres – 39’53
Style : Afro Soul
Label : Because
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Note : 8.5/10 |
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5 années se sont écoulée depuis Black
Orpheus. Keziah
Jones a donc eu tout le temps de préparer son 5e album.
L’auteur de Rythm of Love a quitté la France pour New York
et s’est enfermé dans le Célèbre Studio Electric
Lady. Au sortir de cet antre du Rock et du Blues, un nouvel album, Nigerian
Wood.
Pour ce nouvel opus, Keziah s’éloigne (un peu) de son BluFunk
fétiche, pour explorer encore un peu plus ses profondes racines,
et du même coup leur apporter un air de jeunesse. Les rythmes Funky
des débuts prennent des couleurs d’Afro Beat, ici, sous les
doigts et les cordes vocales de Keziah Jones. Les musiques basiques s’offrent
des arrangements riches et brillants sous la houlette de Karriem Riggins,
producteur de Jazz et de Nu-Soul.
Le résultat est métisse et moderne, riche et varié,
porté par le single sensuel, My Kinda Girl, véritable appel à l’émeute
de la gente féminine !
Au travers de ce nouvel album, on y découvre aussi Lagos VS New-York,
résumé épique de la vie de son auteur,
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depuis ses racines
nigérianes jusqu'à son émigration américaine, Beautifulblackbutterfly,
qui semble revenir 10 ans en arriere, reprenant les accords du Rythm
of Love, ou encore en fin d’album (ou presque) My Brother,
un titre atypique, calme, plus blues que soul, illuminé de cordes
et de larmes.
Sur les traces des
Norwegian Woods’Fab Four, Keziah Jones renouvelle le genre, en
remuant une fois encore le terrain fertile, sur lequel le Rock avait
puisé ses racines, et en extrait cet Afro Soul Pop rafraichissant,
pleine de chaleur et d’humanité.
Ajouté à cela 10 titres acoustiques, écartés
du mix
final mais réunis, bien heureusement, sur un CD (Nigerian Funk) et ajoutés,
en
guise
de diamant brut, à l’écrin des premiers acquéreurs
de Nigerian Wood, et vous voici en possession d’un des beaux et des plus
riches disques de la rentrée !
Un album moderne plus que jamais imprégné par l’African Vibes
! |
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Mike S.
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Okkervill river – The stand ins
2008 – 11 titres – 40’11
Style : Folk /pop/Country
Label : Jagjaguwar / Differ-ant
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Note : 7,5/10
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Qui a dit que les grands créateurs devaient mettre des années à accoucher d’un bon disque ? Qui a dit que les grands créateurs devaient être des âmes torturées ? Avec son groupe Okkervill River, Will Sheff sort deux albums en l’espace de 10 mois et ce The Stands ins, comme les précédents, a des airs d’auberge espagnole où une quinzaine de musiciens sont tous venus pour jouer ensemble. Inventaire des petits plaisirs distillés par les Américains : ils chantent la-la-la avec un plaisir sans égal et ils font dans la rythmique canaille avec une joie communicative (Lost coastlines).
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Ils font un retour dans les années 50 et on serait porter à croire que cette musique country-folk est toujours aussi jouissive aujourd’hui ( Singer songwriter). Ils jouent les crooners sensibles (entre Morrissey et Chris Isaack sur Starry stars). Ils ruent dans les brancards dans un désir de défoulement d’énergie ( Pop lie). Il se retrouve seul au piano avant que tous ses amis (et leurs cordes, et leurs cuivres) viennent le porter haut ( On tour with Zykos qui pousse Coldplay au vestiaire). Ils font un résumé de tout ça sur un dernier Bruce wayne campbell interviewed on the roof of the Chelsea Hotel, 1979, titre à rallonge mais à la finesse rare. Rien que l’on ne savait déjà d’Okervill River. Mais chaque album, c’est comme retrouver une bande de pôtes et en faire un festin qui fait chaud au cœur. Site
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Denis Z.
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Metronomy -Nights out
2008 – 12 titres – 44’16
Style : Electro-new wave
Label : Because
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Note : 7,5/10
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Avec Metronomy, on est dans la hype, c’est sûr. Mais les Anglais, sûrs de leur fait, ne se donnent pas comme ça et s’amusent à brouiller leur image de « next big thing du moment ». A bon entendeur, le début de leur très attendu second album (aussi frais qu’un premier) commence sur un instrumental zarbi, sorte de corne de brume léthargique qui n’en finit pas de roupiller. Comme début, cela ressemble à un suicide commercial ! La suite sera catchy, dansante, énergisante mais gardera ce petit esprit retors et foutraque qui change d’habiles faiseurs en artistes personnels et créatifs. The end of you too, est bâti sur une boucle à ressort et coupe son élan dance-floor avec des ruptures qui ressemblent à des « game over » de jeux arcades. Le tube Radio Ladio préfère au mur du son Justice, le côté ludique de Tom Tom Club.
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Tout Nights out renvoie au son d’une électro-pop balbutiante du début des années 80, une époque où le minimalisme par défaut (avec boîtes à rythmes dinky toys et claviers caoutchouteux) se voulait joyeux et décomplexé. De la new wave (New Order entre autres références avec Blue Monday) ne se prenant pas au sérieux et ricanant sans cesse de ses trouvailles et de ses canulars. En plus, ça le fait, on participe allègrement aux festivités, on en est même à réapprécier un saxophone mis en rencard depuis Level 42. Les guitares, elles-mêmes , adoptent un son petit mais teigneux de roquet, comme au temps des premiers Cure ( On the dancefloor presque cold wave). Le tout avec une voix de funk blanc comme on en fait plus (ou trop peu). Ce retour en arrière a les vertus euphorisantes d’une cure de jouvence. myspace
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Denis Z.
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Polite sleeper - Seens
2008 – 11 titres – 37’10
Style : Lofi country punk
Label : Sabotage / Pias
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Note : 8/10
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Ce qui est bien avec le lofi, c’est, avec l’air de ne pas y toucher, la liberté que ce traitement permet d’offrir. On peut même parler d’état d’esprit, de cool attitude et d’inventivité tout azimut. Polite Sleeper en est une nouvelle preuve. Deux américains, Jason Orlovich et Timothy Wilson, anciens membres de The Yellow Press, obscur groupe punk de Californie ont choisi de se ressourcer sous la grisaille New-Yorkaise dans un album DIY, rafraichissant en diable. Seens est au final un disque sans étiquette défini, sorte de country-folk acoustique (avec guitare, piano, banjo, pedal steel, glockenspiel, Fender Rhodes) mis au centre de programmations pouvant jouer le rôle de simples pulsations ou faisant vibrer de gros sons (allright, allright).
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Comme la rencontre entre une Amérique rurale et une Allemagne urbaine dans un esprit « pop is beautiful ». De leur passé en short et chemise à carreaux, la paire a gardé le goût du morceau vif et alerte. Polite Sleeper est au final aussi fédérateur qu’un groupe pour adolescents boutonneux. Sauf que là, les morceaux vous embarquent sur des terrains moins balisés, sur des choix d’arrangements osés (la ballade sépulcrale names will stand for something ; la valse saturée Forever ), dans des mélodies moins bateaux et c’est donc nettement mieux. Alors polis Polite sleeper ? Non, plutôt polisson !
Myspace
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Denis Z.
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Brendan Canning – something for all of us
2008 – 11 titres – 48’10
Style : Indie pop/Rock(s)
Label : Arts and Craft / Differ-ant
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Note : 8,5/10
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Après Kevin Drew, c’est au tour de l’autre tête pensante de Broken Social Scene de sortir un album solo. Avec le Canadien, « solo » ne veut pas dire « solitaire » et à l’image de la pochette, something for all of us est un disque collégial. Pas de Feist à l’horizon mais Amy Millian et Elisabeth Powell (Stars) en invités vocales, James Shaw (Metric) à la trompette, le compère Eric Drew bel et bien là et avec eux, pas moins d’une quinzaine d’intervenants. On est bel et bien dans l’esprit de Broken Social Scene avec cette richesse de ton qui rend la palette variée. De l’inaugural Something for all of us aux guitares dégoulinantes et noisy à la pop orchestrale et
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boisée de Antique bull (chantés par les filles), du groovy et hypnotique ( Love is new et son côté Talking heads) à un been at it so long rappelant le shoegazing de Slowdive. Des morceaux efficaces et intelligents ( Hit the wall fait feu de tout bois, frappe fort et pourtant opte pour une ligne de chant mélancolique) et des titres plus expérimentaux comme le folk cinématique de Snowballs and icicles. Canning semble réussir tout ce qu’il touche et son album comporte aussi de vrais perles comme Chameleon pour un éveil pop irrésistible. Tout ça sur un même album avec pourtant la même patte derrière. Something for all us est un cadeau que l’on accepte volontiers.
Myspace
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Denis Z.
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Pete Greenwood - Sirens
2008 – 12 titres – 31’11
Style : Folk / Country
Label : Heavenly / Cooperative music
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Note : 6,5/10
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Pete Greenwood est connu comme membre de The Loose salute, le groupe formé par Ian Mc Cutcheon, le batteur de Slowdive puis de Mojave 3. Cette courte biographie arrive à point nommé pour rapprocher Greenwood de Neil Halstead, le talentueux songwriter des 2 groupes sus-nommés. Pour ces Anglais au teint pale, le soleil américain semble être devenu le nouvel Eden et la musique de Greenwood ressemblera à la version hardcore (comprendre encore plus roots) de Mojave 3. Greenwood fait donc une musique que seuls les Américains pur jus pourraient sembler produire. Guitare acoustique, slide, harmonium, dulcimer, violon en filigrane, rien de manque dans Sirens
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pour devenir un vrai album folk-country-blues. Avec calme et douceur, Greenwood avance à pattes de velours dans un album qui se découvre petit à petit et ne se donne pas tout de suite. Tout est bien ordonné, agencé, de bon goût, la voix de Greenwood –entre Halstead et Paul Simon – permettant de faire couler les mélodies. Manque seulement une certaine passion qui pourrait transcender les morceaux. Aux antipodes, le dépouillé Wine and rye et le fleuri – et plus pop - Penny dreadful retiennent plus que les autres titres l’attention. Mais cette ode à la tempérance n’est pas dénuée d’un certain charme naturel, garantie sans OGM. Site
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Denis Z.
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Nine Inch Nails - Ghost I-IV
2008 – 36 titres – 52’29 + 57’45
Style : Ambiant
Label :
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Note : 4/10 |
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En marge des précédentes productions percutantes, Trent Reznor et sa bande s’offrent une vacance, le temps d’un double album. Cette pause prend la forme d’un album entièrement instrumental composé de 4 grandes parties et 36 sous-parties. Baptisé Ghost I-IV, cet album est un bouillon de culture, dans lequel le groupe a versé les résultats de 15 ans de laboratoire nailsien, malaxé, mixé, superposé, pour produire nombre de climats lourds et inquiétants, d’atmosphères agressives et autres ambiances hypnotiques. Trent n’en oublie pas les sons industriels qui ont fait sa marque de fabrique, mais en évitant soigneusement les débordements soniques trop importants, et bien entendu sa voix, mise entre parenthese provisoirement.
A sa première écoute, l’album surprend, déçoit bien sûr un peu si l’on n’a pas été averti du contenu du projet. D’autant que le 1er volet, Ghost I est très certainement le plus long à démarrer, faisant attendre la 8e plage pour faire rugir les amplis et les synthés. Rappelant sans cesse les images de la filmographie de David Lynch, dont Trent |
Reznor a été parfois associé (Lost Highway), Nine Inch Nails conduit au terme du possible les travaux débutés avec The Fragile.
Faisant suite à la vague post rock mise en branle dans les années 90 par Labradford, Tortoise ou Mogwai, Nine Inch Nails installe les bases de ce qui pourrait à terme devenir le « Post indus » ! Il ne devrait d’ailleurs pas y avoir de remix à cet album, contrairement à l’immense majorité des autres albums.
En dehors de tout aspect musical, Ghost I-IV marque aussi un passage pour NIИ dans le monde des groupes sans maison de disque, laissant ses titres en téléchargement libre. Et il précède un nouvel album, plus conventionnel, The Slip, lui aussi en libre diffusion, mais qui devrait, comme Ghost I-IV, proposer divers formats, dans le commerce. La version luxe de Ghost I-IV contient deux plages 37 et 38, non instrumentales, en guise de bonus.
Que d’activité autour de NIИ !!!
Déstabilisant, cet album devrait ravir les plus sceptiques après quelques écoutes distraites dans votre lecteur sur la plage ! Telechargement légal et gratuit
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Mike S.
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Hot Club de Paris - Live at Dead lake
2008 – 14 titres – 45'00
Style : Pop énergisante
Label : Elel / Moshi Moshi / Cooperative music
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Note : 7,5 /10
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Le premier album du trio Liverpuldien n'avait pas laissé un souvenir impérissable : une oeuvre de seconde main pour un nouveau groupe, Hot Club de Paris n'avait d'original que son nom. Avec Live at Dead lake, s'il n'est pas encore question de jazz, le trio sort de sa case castratrice de sous Artic Monkeys pour se dévergonder sur des terrains autrement plus ouverts, ludiques et créatifs. A croire qu'avec son premier album, HCdP n'avait été que l'ombre de lui-même ou avait obéit au diktat de la hype du moment. Live at Dead lake est un album qui force le respect. En premier lieu, on ne peut qu'applaudir une rythmique balèze au niveau des syncopes et contre-temps du math-rock, avec des emprunts affirmés à des musiques caraïbes à l'instar de The Islands (call me demolition man).
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Cette technicité ne se fait pas au détriment des chansons mais au contraire sert de fondations solides à des titres parfaitement troussées : énergisante comme du punk, mélodique comme de la pop. Avec des ponts qui ouvrent de nouvelles mélodies, des retours en arrière, des mises en avant, des couplets qui se fondent en refrain et inversement. Bref, cela vit et cela bouge tout le temps comme un animal qui indomptable a décidé de plus vivre dans un enclos. Au delà même de cette efficacité brillante, on se dit que les Anglais ne sont pas avares en petits idées qui fonctionnent et qui viennent chaque fois pimenter un cocktail déjà rafraichissant : de cordes grattées qui lancent une rythme irrésistible, d'un taping qu'on attendait pas là, d'un accordéon qui vient se joindre à la fête, un chant qui devient rap. Et que dire du résultat : solaire et joyeux comme la pop anglaise peut l'être de XTC aux Wombats. Le monde leur appartient. Site
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Denis Z.
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James - Hey Ma (2008)
2008 – 11 titres – 46’19
Style : Brit Pop
Label : Fontana / Mercury / Universal
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Note : 8/10 |
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Il aura sans doute fallu une pause pendant 6 ans pour régénérer les batteries de la Machine à tubes des années 90. Promis à un grand avenir, et rapidement perdu dans les limbes, James nous avait émerveillé avec ses albums Gold Mother, Seven, Laid, et puis plus rien, ou presque. La machine avait des ratées, et même en changeant quelques pistons, rien n’y avait fait, James semblait en perte de vitesse, sans pour autant jeter l’éponge. Jusqu’en 2001 ! Date a laquelle Tim Booth avait fini par préférer sa carriere solo à celle du groupe. Et puis, finalement, en 2007, contre aucune attente particulière, le groupe se reforme, sans avoir été officiellement splitté, et enregistre ce nouvel opus, Hey Ma, le 10e de la carrière du groupe. Et apres 27 ans d’existence, le groupe reprend la route, fier de son petit dernier.
Et il a bien raison d’en être fier ! Hey Masemble avoir ramené le groupe quelques mois après la sortie de Laid, en 1993, reprenant simplement les ingrédients qui avaient fait leur succès : |
des cuivres joviales, une voix irrésistible et des envolées lyriques enthousiastes, des mélodies riches et entrainantes. Tout ce qui avait fait vibrer des milliers de fans sur Sit Down, Born of Frustration, Say Something… se retrouve ici dans de nouveaux titres tels que Whiteboy, le nouveau single, Waterfall, Bubbles ou encore Hey ma, excellent titre éponyme de l’album.
Reste maintenant à raviver la flamme qui brulait il y a plus de 10 ans maintenant, celle d’une Brit Pop emmenée par Oasis, Blur ou Suede et qui aujourd’hui marquent sérieusement le pas.
Ce qui est sûr, c’est que le groupe reprend du service avec un certain panache puisqu’il s’offre une grande tournée américaine après être passé par les plus grandes scènes anglaises au printemps.
Hey Ma, un album totalement inattendu et terriblement rajeunissant !!
Myspace de l’album
Myspace du groupe
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Mike S.
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Our Broken Garden - When your blackenings shows
2008 – 9 titres – 38'29
Style : Folk nocturne
Label : Bella Union / Cooperative music
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Note : 8/10
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Avec Our Broken Garden, on ne sait pas ce qui marque le plus entre une belle pochette entre Ophélia et Murder ballads ou la voix de Anna brønsted, aux accents si proches de Feist. La Danoise a cette même douceur enchanteresse avec ce petit grain éraillé qui lui confère un supplément de profondeur et de blessure. L'ambiance est belle et bien celle de ballades un peu meurtrières, de lentes progressions bâties autour de la voix de Anna où les instruments viennent servir de béquilles de luxe à la jeune femme. Si l'atmosphère est sombre, elle n'est pas non plus désespérée car When your blackening shows est
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un disque classieux avec un orgue chaleureux qui vient soutenir et des cordes graciles qui viennent porter ( Anchoring). Sans parler de la voix d'Anna, véritable ange déchue dans un univers nocturne, et de son jeu de pianiste sensible qui résiste encore dans un monde de brutes. Il y a même des moments de pure magie où un souffle rafraîchissant entre dans ce petit monde confiné ( The blinding). Our Broken Garden évoquera la musique cotonneuse de Kelly de Martino, l'émotion à fleur de peau de Beth Gibbons ou le spleen de Tindersticks. A savourer jusqu'au bout de la nuit. Myspace
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Denis Z.
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Mud Flow - Ryunosuke
2008 – 10 titres – 54’20
Style : Rock
Label : Viva Nova /Booster / Discograph
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Note : 8/10
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Après son bon précédent album, on n’attendait pas Mud Flow à ce niveau là. On les savait dans la lignée de Coldplay et de Radiohead voire de The National. Avec ce 4e album, ils s’en rapprochent outrageusement. Dès My fair Lady Audrey, tranchant comme le rasoir, racé comme un pur sang, Mud Flow vous attrape et ne vous lâche plus. Morceau après morceau, c’est le même mariage entre un souffle presque épique, des guitares qui tiennent en haleine et une mélancolie sourde qui fait que chaque morceau révèle un relief inattendu. Les refrains efficaces ne sont jamais au détriment de la richesse musicale. Un groupe de rock intelligent, qui n’a pas peur de complexifier sa musique, qui accumule les parties, fait sonner en arrière un piano décalé, une basse ronflante voire des cuivres en liberté totale (Trampoline),
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eh bien ce groupe là est précieux. Il ne prend pas le public pour plus limité qu’il n’est, vous imaginez la révolution ! Même dans des titres plus conventionnels ( Planes, in time, Moken doll), Mud Flow ne brade pas sa musique au profit du Dieu « efficacité à tout crin, formatage radio obligatoire ». Cela reste du bel ouvrage, en deça quand même des perles de l’album ( My fair lady Audrey, The number one play of the year ou The story was best left untold qui glisse comme une caresse sur du velours noir). Vincent Liben (chant / Guitare) domine son sujet de toute sa classe et sait trouver les intonations justes pour vous embarquer. Sur le morceau-titre, lentement mais surement, il nous fait aller sur une pente tragiquement belle. On les suivra jusqu’au crépuscule, s’il le faut. Myspace
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Denis Z.
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Absynthe minded - introducing
2008 – 13 titres – 54'13
Style : Pop-rock
Label : Abeille musique
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Note : 7/10
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Après les Pays-Bas et l’Allemagne, Les Belges Absynthe minded débarquent en France via un album-compilation regroupant quelques titres de leurs trois albums sortis à ce jour. La pratique est un peu frustrante (un album est une œuvre en soi), et ne peut évacuer la crainte de finir avec un disque hétérogène. On s’en contente quand même car le quatuor belge a de quoi séduire. Les membres d’Absynthe minded s’est rencontré dans une école de jazz, il en reste peu de traces (un solo de guitare acoustique sur It could be, le piano sur l’efficace New day ou le carrément swing Pretty horny flow) mais un goût certain pour le raffinement. Absynthe minded appartient un peu à la vieille école, proposant des mélodies chiadées et des arrangements
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riches : on ne sera donc pas étonné de trouver un petit air de The way it is (vous savez le classique de Bruce Hornsby) sur Acquired taste), ça et là une certaine élégance à la Cousteau ( I’ll be allright) et dans des moments plus fous, la petite touche dEUS inhérente à presque tous les groupes belges, celle qui fait parfois la différence. Nonobstant, les Belges n’en perdent pas leur force de pénétration : Plane song et Stuck in reverse ; sortis en leur temps sur Universal Belgique, à coups de guitares assassines et de rythmiques lourdes, tapent juste et fort. Néanmoins et cela fait partie de leur charme, Absynthe minded aime changer de climats et le cool Substitute pourrait les rebaptiser en Boys in Hawaii. Myspace
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Denis Z.
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Seu Jorge – America Brasil O Disco
2008 – 11 titres – 59’07’
Style : samba pop
Label : Javalivalente / Naïve
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Note : 6/10
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Tout le monde aime Seu Jorge. Même quand il joue les caïds des favelas (dans le film « La cité de Dieu »), surtout quand il reprend à la guitare quelques standards de Bowie (dans « La vie Aquatique »); son allure d’ado attardé le rend tout de suite sympathique. A l’instar de Lenine, Wagner Pa, Jorge œuvre ce même travail que Raul Paz fait pour la salsa : moderniser une musique traditionnelle, la rendre plus actuelle et plus catchy. Tout est dans le titre de l’album (son troisième) : America Brasil O Disco. Une samba-bossa boostée par tous les ingrédients actuels d’une musique américaine mondialisée dans le but de faire danser (je sais – que les lusophones me pardonnent – « disco » en brésilien veut dire « disque » et non « disco » mais vous avouerez que cette erreur de traduction tombe plutôt bien).
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Pour ce qui est pour faire danser, les Brésiliens n’ont pas leur pareil pour écrire de jolies mélodies solaires. On les retrouve tout naturellement dans l’album de Seu Jorge, bourré d’instruments acoustiques (avec force harmonica) et de percussions mais dans une production béton que ne renierait pas Justin Timberlake. Alerte, enlevé, brillant avec en prime un Seu Jorge à la guitare au niveau de Keziah Jones, cette pop mainstream et globalisée devient un peu lassante à la longue (avec un Seu Ohlar qui ressemble à un slow entre Michael Jackson et les Red Hot). Seu Jorge se fait plaisir joue les prolongations et nous lâche un peu en route. Dommage. Myspace
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Denis Z.
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Buenretiro - Escargot
2008 – 8 titres + 1 – 45’33
Style : Rock
Label : Deambula record / De bruit & de silence
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Note : 8/10
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De la biographie de Buenretiro, rien à signaler si ce n’est que le groupe est italien – de Pescara précisément. De cela, impossible de l’occulter, Maura Spada chante en italien d’une voix assurée et sûre de son fait. Il y a du U2 dans les compositions du quatuor. Non sans un certain panache avec des arpèges que n’auraient pas renié The Edge, le groupe allie force et lyrisme (Démodé). Mais les temps étant ce qu’ils sont – les idéalistes ont pris du plomb dans l’aile – les morceaux se veulent parfois plus durs avec des guitares susceptibles de vous prendre en étau (Paola). Le rythme peut aussi obséder comme une machine infernale mais si le groupe vous le martèle avec classe.
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Vivant avec son temps, sans doute à l’écoute du post-rock – même s’ils n’en sont pas – Buenretiro n’hésite pas à dérouler ses guitares et à leur donner un petit côté noise (versant calme Fragole ; versant agité Ombra et Non voglio piu). La durée des morceaux s’en ressent, Buenretiro s’exprimant avec délectation parfois sur plus de 6’. Escargot, le morceau-titre, est la quintessence de tout ça, avec une basse qui martèle et une guitare qui illumine. Et le final Non voglio più est dans le genre pas mal non plus. Associé à la voix de Spada, épée prête à vous fendre le cœur, cela donne une musique moins formatée, moins définie que prévue. Coldplay peut en prendre de la graine. Site
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Denis Z.
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Soy un caballo - les heures de raison
2008 – 12 titres – 42'32
Style : Indie folk
Label : Matamore / Abeille musique
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Note : 8,5/10
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Ecouter Soy un caballo, c'est un peu comme entrer dans un magasin de porcelaines. Sur la pointe des pieds, en ayant peur de casser quelque chose et rompre ainsi l'harmonie du décor. Plus tard, on comprendra ô combien que le magasin est étendu et propose à qui sait l’entendre toutes les formes du monde. On verra aussi que la musique du duo n'est pas si fragile, comme la célèbre métaphore du roseau qui plie mais ne romps pas. Mais c'est ce premier sentiment qui domine avec cette voix gracile et cette musique "à patte de velours". Soy un caballo, c'est la rencontre d’Aurélie Muller (chanteuse bassiste de Melon Galia) avec Thomas Van Cottom, le batteur de Venus. Pas vraiment des débutants mais à la fraîcheur pourtant intacte. A la croisée des chemins, la musique se veut poétique et réussit à l'être avec des mélodies qui vous tirent vers le haut (Volet),
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comme une version mythifiée d' « Un Homme et une Femme » ( Robin, Au ralenti) ou un sentiment général de paradis perdu. Les instruments acoustiques (guitare, clarinette, xylophone,banjo...) se marient pour le meilleur avec des vieux claviers vintage. On est à la fois dans des années 60 rêvées couleur pastel et dans une universalité mélodique toute en subtilité et délicatesse. On est dans une Belgique luxuriante et en même temps dans une Amérique aride. On est surtout dans un monde connu des seuls Soy un Caballo.. Un peu de Holden, un peu de Mùm, un slowcore à la Idaho parfois...et beaucoup de Soy un caballo. Avec cette particularité, généralement attribuée à la bossa nova, d'être brillant musicalement sans avoir l'air d'y toucher, avec nonchalance et la naïveté du bon élève qui cartonne sans forcer. Jesse Vernon de Morning Star se joint à l'aventure et même Will Oldham s'est laissé séduire, il vient chanter en français sur La chambre). Et le barbu a du goût, c’est connu.< Myspace
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Denis Z.
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Bodies of Water – a certain feeling
2008 –10 titres – 44’02
Style : psyché-baba-rock
Label : Secretly canadian / Differ’ant
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Note : 7,5/10
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La musique de Bodies of Water aurait pu ressembler à ça : des gens de bonne famille, sourire ultra bright, se retrouvant au coin du feu pour faire des vocalises devant le piano droit. David Metcalf avoue d'ailleurs être inspiré par le gospel des années 40-50, concession à la culture black (dans un monde WASP) mais pour l'amour de Dieu. Cela sent un peu le kitsch et la naphtaline avec un papier peint à grosses fleurs, cela ressemble surtout à une de ces images d'Epinal de la parfaite société américaine des années 60. Sauf qu’avec Bodies of Water, cela ne se passe pas du tout comme ça. Cette bande, plus groupe que chorale, transporte en son sein ses propres sujets de dérive et ce que les évangélistes appelleraient de "déchéance". Entre un qui prend une valise de pilules qui le laissent scotcher au psychadélisme comme un hibernatus baba,
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entre un autre qui croit vivre dans un western spaghetti, faisant sonner la cavalerie et s'affronter les pistoleros à tout bout de champs, le cadre explose et plus vite que ça. Bodies of water hésite tout le temps entre le costume et la coupe bien peignée, la toge flower power et la couronne de fleur et le cuir éliminé et le cheveu gras. Comme un résumé des différentes typologies des années 60. Hair chez Morricone avec du bon rock dans le poste ( Darling be here ou le plan stoogien de Even in a cave), des tentations jazz, des envies de fanfares, de tropique et des choeurs omniprésents. Avec eux, à l'instar des cousins Canadiens de Arcade Fire, tout est possible et c'est ça qui est bien. Site
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Denis Z.
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Cloé du Trèfle - Microclimat
2008 – 5 titres – 61'31
Style : home-made chanson folk
Label : Zebra booking / COD&S
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Note : 7,5/10
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On a failli passer à côté de ce disque. Il avait d’un patronyme fleuri et d’une pochette pimpante, pour qu’on mette hâtivement Cloé du Trèfle dans la case « Nouvelle scène Française » avec tous les tagada tsouin tsouin, les cuivres faux, les rythmes style « petit bonhomme en mousse » et plus généralement la musique renvoyée à la cave que la formule laisse malheureusement augurer. Erreur grave, Cloé du Trèfle n’est pas de ce même tonneau…Peut-être car la jeune femme est Belge, peut-être car chez elle la musique compte autant que le texte. Multi-instrumentiste maniant aussi bien les guitares et le piano que les samplers et les boîtes à rythme, Cloé du Trèfle aime la musique en solitaire (même si elle s’adjoint l’aide ponctuelle d’amis musiciens) et son travail est à rapprocher de celui de Diterzi (l’orientalisme en moins).
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Elle distille une douceur toute féminine mais sans évacuer une force volontaire et même quelques aspérités des femmes de caractère. La musique est donc hybride et personnelle comme on pourrait dire de Dominique A. (la fin de Viens, tout guitare dehors, rappellera évidemment le Français) ou la paire Mansfield.Tya. Une bonne élève de conservatoire mais qui sort volontiers des clous, privilège des vraies artistes –dans le sens presque plasticien du terme. Ajoutez à cela une sensualité que n’aurait pas renié Tori Amos et Kate Bush avant elle ( L’heure arrive) et vous obtenez une chanteuse atypique et recommandable. Myspace
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Denis Z.
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Atlas sound – Let the blind those who can see but cannot feel
2008 – 14 titres – 50’00
Style : Comme dans un rêve
Label : 4AD / Naïve
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Note : 9/10
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L’histoire de Atlas Sound ressemble un peu à celle de Okay, autre miraculé de la musique. Victime d’une maladie rare, Bradford Cox, alors adolescent, est contraint de passer du temps dans sa chambre. Il trouve en la musique le moyen de s’évader et un moyen d’expression tout personnel. Il se crée un nom : Atlas sound avant de former un vrai groupe. Deerhunter a eu son petit succès d’estime mais Cox revient aujourd’hui à un projet solo, reprenant son nom d’artiste d’origine. C’est dire si ce disque doit être important pour son auteur. Et si l’histoire de Cox est touchante, son album l’est encore plus. Let the blind… est un rêve tout éveillé où les machines, les instruments divers et variés (harpe, orgue, marimba...), les objets du quotidien se fondent dans une même énergie douce et contemplative. Cox semble cherchait la lumière à tout pris. |
D’ailleurs, on a parfois le sentiment de cligner en regardant le soleil en face ( small horror), un scintillement sonore qui va au-delà du shoegazing et de ses guitares qui frisent, au-delà de l’electronica germanique façon Tarwater ; au-delà même de la new wave désincarnée façon New Order et de ses basses appuyées. Quelques pas de danse esquissés mais avec un minimalisme de poète joliment fainéant (est-ce des verres qui dansent sur Guarantined, un cœur qui bat qui donne le rythme de Winter vacation ?) et tout un monde artificiel recomposant une nouvelle nature. Tout pourrait sonner durement, avec fracas même mais Atlas Sound déroule sa musique dans un demi-sommeil, un monde entre réalité et onirisme où tout devient cotonneux à l’instar de la voix évanescente de Bradford Cox. Est-ce un Brian Wilson post-adolescent ou post-apocalypse ? On hésite entre les deux mais de toutes les manières, on fond de plaisir. Myspace
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Denis Z.
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The Hold Steady - stay positive
2007 – 11 titres– 43'53
Style : Rock
Label : Rough Trade / Beggars Banquet
Note : 5,5/10
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Restons positif ! The Hold Steady, groupe basé à Minneapolis nous le propose et le groupe de Craig Finn rend bel et bien vivant ce credo. Bref, restons positif et soyons indulgent vis à vis d'un groupe qui aurait pu virer le H de son nom. The Hold Steady est en effet un groupe vieux dans sa tête. La voix de Finn ressemble à s'y méprendre à celle de Randy Newman et cela et on s'attend souvent à l'entendre s'écrier un "I Love LA" à chaque fin de phrase. La musique derrière à l'unisson, un orchestre à l'esprit E Street Band avec un pianiste aux mains baladeuses, des cuivres qui s'invitent et des guitares bavardes et proposant des soli en forme de logorrhée. The Hold Steady est certes plus couillu avec des guitares sonnant parfois comme chez Thin Lizzy saturées mais au son clair
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(une reprise de Boys are back in town pour le prochain ?). Dans un tel album, sympathique dans sa manière de partager le plaisir de la musique entre potes - qui plus est excellent musicien - mais sentant un peu la naphtaline, on se surprend à avoir quelques surprises que l'on n'aurait pas attendu dans pareille boeuf : un clavecin arty jaillissant au milieu des pacs de bières ( One for cutters) ou un synthé poppy et catchy rendant (presque) hype un rock roublard ( navy sheets). Pas mal mais le souvenir de Afghan Whigs, proposant une musique différente et autrement meilleure sur un terreau de départ pourtant similaire fait revoir l'appréciation de Stay positive à la baisse. Cincinnati plus fort que Minneapolis. myspace
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Denis Z.
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His name is alive – Firefly dragonfly EP
2008 – 4 titres – 30’29
Style : indie folk
Label : Acuarela / Abeille
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Note : 8/10
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Warren Defever est un mec qui essaye et ne refait jamais deux fois le même album. Emblématique du 4AD le plus expérimental et arty à l’aube des années 90, le groupe américain avait pris tout le monde à revers avec le soul Late night en 2002. Après une longue absence, cela a été le rugueux Detrola. Et aujourd’hui cet EP, batard dans sa durée (long EP ou mini-album), qui voit le groupe de Defever devenir naturaliste et simple dans sa manière d’enregistrer. Une session live captée dans une chambre entre amis et 4 titres au final qui respirent. Peu importe qui a écrit la chanson – le disque s’ouvre sur une reprise minérale de I can see a lot of light in you de Sufjan Stevens -, l’important,
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c’est l’atmosphère sereine qui se dégage de la musique. Avec sa chanteuse virginale Jessica Bailiff, HNIA propose une folk qui coule comme un source d’eau fraîche. La harpe est cristalline, la guitare chaleureuse. Mais à y écouter de plus près, le groupe américain apporte une touche personnelle à cette nature préservée. Un harmonium permanent vient apporter un tapis grinçant à la beauté de There’s someting between us ; une touche japonisante à la reprise de Stevens prend tout son sens sur Send me a dragonfly, un dernier instrumental qui à mêle à des instruments acoustiques, des sons issus tout droits de la nature. On se croirait dans la forêt trouée de soleil de Rashomon. On sort apaisé de ce joli EP. myspace
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Denis Z.
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Plus / Minus – You are here (extended)
2004 (sortie 2008) – 11 + 9 titres – 44’48 + 32’46
Style : Indie rock
Label : Teen beat / BB Island/ Differ-ant
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Note : 8,5/10
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Plus/Minus arrive chez nous avec retard et pour se faire pardonner, les Américains nous gratifient d’une version étendue de You are here (2004) avec en bonus leur EP Hold Patterns (2003) et de quelques autres joyeusetés. On se demande pourquoi ne pas avoir accueilli plus tôt le trio New Yorkais, d’autant plus que son guitariste n’est autre que James Baluyut de Versus. Ce désormais double –album est une petite merveille d’indie-pop américaine, épousant un spectre aussi large que Stars et trouvant son style dans un terreau pourtant ultra connu. Plus/Minus est très fort car partant d’un genre codifié - un indie rock dans la veine de Yo La Tengo mais avec un esprit parfois « college » à la Better Than Ezra ou Nada Surf- ils se libèrent de ses règles assez rapidement.
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Le trio soigne donc particulièrement ses batteries, au sens large du terme. Plus/Minus franchit la ligne de la boîte à rythme comme l’avait fait Postal Service, joue sur les syncopes du math rock ( Ventriloquist), sur des percussions de marimba ( Cutting out), sans abandonner ses guitares tendues. Plus/Minus aime aller là où on ne l’attend pas comme un Trapped under ice floes et son gimmick charmeur qui s’octroie un pause post-rock en son milieu, ou le sensible Surprise qui peut péter à tout moment. Le truc en plus qui emporte définitivement le morceau, les mélodies sont aussi imparables que chez les Anglais de Sprefab Sprout, voire chez les Smiths ( Walking up it too hard). Ce groupe là à tout compris. Il y a deux autres albums inédits et XS qui sort aux USA en Octobre. On les attend de pieds fermes. myspace
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Denis Z.
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The Marigold - Erotomania
2008 –10 titres – 44’02
Style : Pornography
Label : Deambula records / De bruit et de Silence
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Note : 6/10
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Un peu malgré lui, The Marigold est un groupe qui change le cours de l’histoire. Le début des années 80, Cure sort son album le plus emblématique et le plus nihiliste : Pornography. Le trio d’alors pousse sa musique à bout et après le départ de Simon Gallup, risque l’implosion en plein vol de corbeaux. Smith décide de tourner le dos à sa période noire et sort coup sur coup trois singles pop à l’extrême, histoire de compenser la noirceur d’antan. Toute cette digression pour se poser la question : que se serait-il passé si le groupe Anglais avait continuer dans sa voie la plus sombre ? Eh bien 25 ans plus tard, dans la pourtant lumineuse Italie (pays marqué néanmoins par la new wave – les premiers Litfiba , les excellents TV Lumière), The Marigold vous en donne la réponse. L’album est produit par Amaury Cambuzat qui lui même avec Ulan Bator son propre groupe, a fini petit à petit par délaisser l’abstraction post-rock pour revenir à l’essence de sa musique, la cold wave vous l’aurez compris. Le Français semble avoir trouvé dans le groupe Italien le parfait vecteur pour revivre son spleen destructeur adolescent. Un titre a beau s’appeler orgy, on ne pense ici qu’à Pornography. Ambiance lourde, son claustrophobique rythmé par une batterie martiale, guitare touffue, tout y est même la voix un peu apeurée de Robert Smith. Un autre s’intitule Voices
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mais on ne pense qu’à Other voices sur Faith l’album précédent des Anglais. Là, l’atmosphère est plus larvée et les guitares s’essayent à la reptitude. Marigold poursuit l’œuvre au noir de Cure et change la trilogie (en premier, il y avait Seventeen seconds) en tétralogie. C’est faire un petit procès d’intention à Marigold que d’analyser sa musique, titre par titre, par le prisme Curiste. On peut même pousser l’injustice jusqu’à comparer Erotomania, la chanson-titre explosant le format en une déambulation de près de 10’, avec Carnage visors, la BO instrumentale de Cure datant de 1981. Certes, les Italiens s’ouvrent sur autre chose, tout en restant dans la même famille. Un petit air Gothic à la Mission sur Mongolia ; un sentiment plus léger sur Dogma. Mais là encore le badinage apparent évoque plus un désordre psychologique que l' esprit de la pop. En étant un peu dur avec nos pauvres Marigold, on peut dire qu’il est difficile d’occulter le poids de l’influence Cure dans tout le disque - on n’est plus près du plagiat que du simple hommage – et cela gache un peu le plaisir. Mais il est possible aussi d’apprécier Erotomania, délesté de tout ce poids de référence, et de voir dans leur musique torturée, une œuvre forte et entière, à rebours de la mode actuelle. Bref, il y a de quoi perdre son latin, ce qui est sans doute normal pour un groupe Italien. Site
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Denis Z.
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Bowerbirds – Hymn for a dark horse
2008 –12 titres – 49’30
Style : Néo-folk
Label : Dead Oceans / Differ-ant
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Note : 8/10
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Après White Hinterland, Bowerbird, de Caroline du Nord, est un nouvel artiste marquant du label Dead Oceans. Dans le genre encombré du folk, fusse-t-il néo ou classique, le groupe emmené par Phil Moore se distingue de ses amis de genre musical. Acoustique comme beaucoup, Hymn for a dark horse se singularise peut-être par son instrumentation laissant une place de choix à l’accordéon faisant du quatuor un vrai groupe de saltimbanques. Il y a certes un piano droit Honky Tonk, un banjo, un violon, une guitare réglementaire, une contrebasse mais cet accordéon donne une touche encore plus bigarrée à un groupe qui ne demande pas mieux que colorer sa musique (in our talons et ses chœurs africains).
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Peut-être que cet album se distingue aussi des autres car il émane de sa chair une joie diffuse mais bel et bien réelle. La voix de Phil Moore y est pour beaucoup : il est une sorte de Jeff Buckey gai comme un pinson (même dans les moments mélancoliques), d’Andrew Bird qui ne siffle pas, de chanteur tombé du nid sortant d’une vieille comédie musicale rurale. Mais tout son joyeux groupe distille une simplicité de ton et de manière qui force la sympathie. Et comme certains titres force le respect avec des mélodies bluffantes et une émotion palpable ( Slow down). Alors, Beirut intime ? Hey Hey My My cool ? Cocoon rustique ? Moriarty de fin de soirée ? Un peu tout ça mais surtout Bowerbirds et on espère pour longtemps. Myspace
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Denis Z.
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A l'occasion de la sortie vinyl de Afraid to Dance chez valeot records / De Bruit & De silence, retour sur une chronique 2007
Port Royal – Afraid to Dance
2007 – 10 titres – 60’10
Style : Ambiant /Electronica/Post-Rock
Label : Resonant / La Baleine
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Note : 7,5/10
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L’Italie prend quelques couleurs. Je ne parle pas de foot mais de musique. Après des années de disette et de clandestinité, certains bons groupes arrivent jusqu’à nos oreilles grâce au travail de fourmis de quelques activistes français (l’alter mondialisme existe aussi en musique). Ce qui est le cas de Port Royal, supporté par Fugues / Merry Go Round. Ce groupe génois, tout comme les Action Dead Mouse de Bologne, est à classer dans le rubrique post-rock. Après la comparaison s’arrête là, l’essence de la musique se situant, et contrairement aux Américanophiles ADM, bel et bien en Europe. Faisant suite à l’excellent Flares, Afraid to dance masterisé par Murcauf, voît ses géniteurs épurer un peu plus leur musique vers un ambiant diffus hérité des années 70 (de Eno à Tangerine Dream) et modernisé par le Shoegazing (avec Pygmalion de Slowdive en référence ultime).
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Les synthés sont rois et se répandent avec lenteur comme une matière à reflets multiples. Le groupe n’en range pas pour autant ses guitares mais celles-ci, au minimum réverbérées, sont retravaillées et utilisées avec des effets qui en « électronisent » la sensation ( Leitmotiv / Glasnost, aurait pu trouver un place de choix chez Arca). L’essentiel pour le groupe est sans doute d’arriver à un résultat où chaque son ainsi aggloméré devient d’une fluidité sans pareille, seulement troublé par des parasitages électroniques ( Putin vs Valery). Mais armé d’une basse, Port Royal sait aussi se reformer en entité animale aux mouvements punchies ( Roliga Timmen). Le groupe le clame haut et fort : il a peur de danser ! Il n’empêche, le martial Deca-Dance (un peu Righeira au pays de Kraftwerk) et même Internet love, plus électronica, esquisse un pas de danse. Les Génois ont choisi un nom français (Station de métro ? Doctrine religieuse ?), faisons-leur l’accueil qu’ils méritent. My Space
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Denis Z.
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Moi Caprice – The Art of Kissing properly
2008 – 11 titres – 46’19
Style : Pop
Label : Glorious records / Rue Stendhal
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Note : 7 /10
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On va finir par croire que les Danois sont porteur d’une certaine légèreté quand il s’agit pour eux de faire de la pop. Superheroes, Oh No Ono et aujourd’hui les très francophiles (si l’on en juge à leur nom), Moi Caprice. Le quatuor emmené par son leader Michael Møller a réussi à se hisser dans le top album de son pays avec son premier opus autoproduit. Depuis, Moi Caprice a fait du chemin, sortant un troisième album auréolé de succès dans son pays. Le groupe a décidé de ne pas toujours danser du même pied, d’évoluer sans cesse. Pourtant, fidèle à son credo d’origine, Moi caprice a voulu toujours garder un plaisir épicurien à composer de jolies mélodies pop, bien ourlées et savamment composées. Les Danois ne font pas de différence entre les références estimables (Cure entre autres citations) et celles généralement reléguées au rang de mauvais goût. On se sera donc pas étonné de trouver un petit goût de Pet Shop Boys à The Town and the City.
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On en serait presque à ré-évaluer le duo britannique, tout en trouvant que les Danois avec leurs arrangements mi guitares mi claviers font mieux dans le genre. Moi Caprice est donc un groupe grand public qui enchaîne les tubes à l’image d’un Travis, d’un Coldplay, d’un Snow Patrol. Diablement efficace, parfois un peu trop gentil aux entournures mais un petit charme désuet (années 80) qui fait la différence – l’album est d’ailleurs produit par Gareth Jones, producteur entre autres des premiers Depeche Mode. En dehors de ces tubes annoncés, le groupe excelle dans ce que peut appeler ses « morceaux d’albums », moins grosse cavalérie mais plus de feeling, ceux qui ne passeront pas à la radio mais que l’on garde précieusement pour soi et pour longtemps. Wish you her ou A supplement to sunhine et cet harmonica qui emporte le morceau. Oui c’est ça, un supplément de soleil… Myspace
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Denis Z.
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Seelenluft – Birds and plants and rocks and things
2008 – 12 titres – 52’09
Style : Electro-pop
Label : International Deejay Gigolo / Nocturne
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Note : 8 /10
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A l’heure de MGMT, Vampire week end, des Klaxons ou de CSS, que veulent encore dire les étiquettes ? Dans le cas de Beat Soler alias Seelenluft, on parlerait volontiers d’électro, surtout que l’homme est connu pour un hit dancefloor Manila en 2002. Mais que dire de ce nouvel album qui commence d’ailleurs par une reprise du classique d’America, Horse with no name. Volonté de prendre le contre-pied du folk original ? Montrer qu’une bonne chanson sait s’accommoder à toutes les sauces ? Tout comme Alex Gopher, Soler revendique surtout un passé à écouter de la folk dans sa prime jeunesse et seulement boosté par des claviers plus rentre-dedans, l’esprit de l’orginal est bel et bien là. Cet album, son cinquième, épouse chaque fois le format pop. Un vocaliste, Florian Horwath est là pour incarner cette filiation mélodique.
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Certes, le son est dans sa majeure partie électronique mais avec des accents farfisa plus proches des mid eighties (remis au goût du jour actuellement) que de la techno pure et dure. Presque disco, juste new wave…Et que dire de la guitare New Order de Finally, de la flûte hédoniste de La concierge et de Speed, du bottle-neck qui fait la nique au du drum N' bass de The four lifes of bottleneck-bob, des deux voix (gutturale et diaphane) toutes droites échappés d’un album gothic ( Comme dans un rêve…en français). L’emballage est là pour faire danser et s’y emploie avec un groovy sensible et finaud mais derrière cette fête programmée, une mélancolie de corbeaux anglais bel et bien diffuse et assumée surnage. Dans un monde meilleur, Seelenluft pourrait cartonner autant que Royksopp. Affaire à suivre… Myspace
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Denis Z.
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Alina Simone - placelessness
2008 – 10 titres + 1 – 39’30
Style : Indie folk-rock
Label : Travelling / Musicast
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Note : 8,5/10
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A tous les inconsolables des premiers Cat Power - ayant abandonné depuis son folk dépressif blanc pour des rivages plus ensoleillé, ce premier album d’Alina Simone va apparaître comme une vraie bénédiction. « bénédiction » c’est vite dit car la musique de la Bostonienne, originaire d’Ukraine, affleure les terrains les plus sombres de l’indie rock. Déjà connue comme partie féminine d’Artificial Sea, dont la musique entre Cat power et Bjork avait interpellé ceux qui l’avaient découvert, Alina sort cette fois un album solo joué et chanté avec ses tripes. Enregistré en 1 semaine dans l’appartement de Steve Revitte, Placelessness est un concentré d’émotions brutes, violences latentes et de rêveries chaotiques.
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On est vraiment dans l’univers de catpower première époque, de cette musique de chambre de jeune fille mal dans sa peau dans des banlieues tristes à mourir, frappées par la crise. L’Amérique blanche des villes a un sacré blues et les âmes en peine s’évade en faisant de la musique d’écorché. Dans une formule classique guitare-basse-batterie ou dans une version plus roots et acoustique de vieux briscards (avec violoncelle et piano cassé sur Swing), l’album fait mouche par son authenticité et sa vérité crue. Même dans les moments les plus balisés et les plus efficaces ( Saw edged grass, pacifica appelés à devenir des classiques), l’esprit toujours un peu bancal et la voix libérée de tout carcan terrestre d’Alina rendent émotionnellement fort ces petites chansons taillées à la serpe. Alina Simone a des monstres dans la tête et le talent poétique pour les transcender. Myspace
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Denis Z.
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Tupolev – Memories of Björn Bolssen
2008 – 9 titres – 36’01
Style : Post-post rock / Contemporain
Label : Valeot records / De Bruit et de Silence
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Note : 7,5/10
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Au vu du nom référence à un ingénieur Soviétique, on s’attendrait à un album de musique industrielle. Mais il n’en est est rien. Les Autrichiens, originaires de Vienne et précédemment post-rock, rendent encore plus abstraite leur musique et touchent désormais les frontières de la musique contemporaine. Pierre Boulez n’aurait pas renié cet album, encore fallut- il que le vénérable compositeur s’ouvrit pleinement au jazz, aux textures électroniques (présentes mais presque invisibles) et même aux territoires rock. De ceux-ci, il ne reste plus qu’une terre brûlée certes mais qui atteste tout de même du passé musical du quatuor. L’esprit pourrait même être Tortoise-ien et les guitares résonnent encore dans la Lande (garlic, rnd2).
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Pourtant, l’instrument-roi est ici le piano ; un piano droit presque désaccordé aux sons flottants qui distillent une ambiance un peu inquiétante de film muet. La batterie très jazz, souvent syncopée et à contre-temps, accentue encore cette impression chaotique qui nous emmène dans un double un peu déformé (comme une réalité reflétée dans un miroir déformant). Avec le violoncelle et la clarinette, Tupolev met tout de même un peu de baume au cœur dans ce monde qui commence à basculer (dans quoi, jusqu’où…on ne sait pas et c’e | | | |