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I) HISTORIQUE L’utilisation
du terme "guerre des mines" fait référence à
une guerre de positions et/ou de siège. Les premières traces
remontent à l’antiquité où cette technique
était utilisée pour faire exploser les murailles des places
fortes afin de pouvoir les occuper après un assaut de l’infanterie.
Cependant la guerre des mines obtient vraiment son nom avec l’utilisation
pour la 1ère fois de la poudre en 1503 lors du siège de
Naples contre les Français. II) TECHNIQUES DE LA GUERRE DES MINES La guerre
des mines peut-être qualifiée de science à part entière.
A partir de la fin du 19ème siècle, elle est codifiée
par le "Manuel pour les dispositifs de mines" de 1880 en passant
par les manuels d’Ecole de sape en 1896 et d’Ecole des mines
de 1908 et 1914. Pour placer le fourneau de mine qui contient la charge explosive, les sapeurs creusent une demie-galerie à partir de leur 1ère ligne, ou un peu en retrait, puis, arrivés à quelques mètres de la tranchée ennemie, la prolongent par un rameau de combat plus petit où seule une progression accroupie ou couchée est possible. (Rameau russe non boisé : 1.2*0.8m, hollandais : 0.65*0.8m, français : 0.65*0.8m, allemand : 1.2*0.8m). Suivant le type de terrain, les galeries et autres rameaux sont étançonnés par une armature en bois plus ou moins importante. Les traditionnelles pelles, pioches et barres à mines sont utilisées pour les opérations de creusement et la terre est extraite assez loin de la sortie à dos d’hommes, en brouette ou par chariot sur rails pour des réseaux de galeries plus complexes. Les galeries ne dépassent généralement pas 40-45 mètres à causes des problèmes de ventilation. Cependant dans certains cas, les galeries pouvaient s’étirer jusqu'à 150 mètres et nécessitaient l’emploi d’une ventilation artificielle. Les Français utilisaient des appareils de ventilation bruyants parfois actionnés par des hommes alors que les Allemands possédaient déjà des appareils électriques ou à vapeur beaucoup plus silencieux. Les Allemands étaient d’ailleurs très en avance sur le matériel utilisé. Ils employaient notamment des lampes électriques et parfois aussi des appareils de forage électrique alors que côté français l’utilisation de la lampe à acétylène restait souveraine. Tous ces
travaux de terrassement rendent les galeries aisément repérables
par l’ennemi qui engage aussitôt une contre mine ou plus simplement
un camouflet suivant le temps disponible. Le camouflet est destiné
à écraser la galerie adverse et agit très près
de celle-ci. Il peut lui-même faire l’objet d’une galerie
mais plus couramment d’un simple forage à la barre à
mine. Sa charge explosive était dans un premier temps de la poudre
noire, poudre qui fut par la suite remplacée par de faibles quantités
d’explosifs brisants (150 kg dans certains cas). L’explosion
de cette charge faisait, sauf accident, s’effondrer la galerie de
l’ennemi qui devait alors recommencer son travail de sape.
Située
près de Varennes en Argonne, à 35 Km à l’ouest
de Verdun, la butte de Vauquois, dominant la voie sacrée ainsi
que l’unique voie de chemin de fer ravitaillant la cité militaire
a, dès le début de la guerre, suscité un intérêt
stratégique important pour chacun des belligérants. Dès
leur arrivée dans le secteur fin septembre 1914, les Allemands
en prendront possession après avoir chassé les Français
et la transformeront en observatoire d’artillerie afin de mieux
bombarder les positions adverses. A compter de mars 1915, les lignes sont tellement proches (< 3 mètres) que l’artillerie est totalement inutilisable et tout combat se déroule directement au corps à corps. Dès lors le général Durail préconise une progression vers l’ouest du village mais à la sape ce qui est selon lui, « la négation du progrès ». Fin mars début avril, la progression est impossible, le Génie ne parvient plus à enlever les obstacles La guerre des mines va commencer avec une profondeur et une puissance croissante jusque fin 1917. Il ne va maintenant être question que de surenchère entre les 2 ennemis. Plus loin, plus profond, plus puissant. Une mine répond à une mine, une technique à une autre, toujours plus destructrice. Une nouvelle arme va faire son apparition durant cette période, l’ancêtre du lance-flammes, en fait l’inflammation d’un nuage d’hydrocarbure, que les Allemands utiliseront mais sans grand succès. Les Français auront recours à une unité spécialisée des Sapeurs Pompiers de Paris qui utiliseront une technique similaire mais le vent ayant rabattu le nuage vers les lignes françaises, la majeure partie des victimes sera dans le camp français. On compte entre 519 et 538 explosions de mines sur la butte de Vauquois qui perdra 18 m de haut durant cette période. Ces explosions étaient censées entamer le dispositif ennemi, le ralentir et abaisser son moral. Le 3 mars 1916, les allemands font sauter une mine de 4.7 tonnes d’explosifs qui crée un entonnoir de 20 m de diamètre. En riposte, le Génie français fait sauter le 23 mars une mine de 12 tonnes qui cause un entonnoir de 45 m !.L’escalade de la violence continue, avec l’explosion d’une mine allemande comprise entre 60 et 80 tonnes le 14 mai avec pour résultat un cratère de 70m de diamètre et de 25m de profondeur. Du fait de
la nature du terrain (Gaize (1)), les belligérants utilisent des
rameaux de combats non boisés dit « russes ». Le 24 septembre 1918, la 35ème ID US engage l’offensive Meuse-Argonne qui comprend le nettoyage de la butte de Vauquois, ce qu’elle va faire après un pilonnage intensif en un temps très court. Cette unité, composée de soldats inexpérimentés, subira de nombreuses pertes au cours de cette offensive. Plus de 10 000 combattants laissèrent leur vie en ce lieu. IV) CONCLUSION En 4 ans de guerre, les mines n’ont pas prouvé leur utilité dans les guerres modernes, d’un côté comme de l’autre. Dangereuses à manipuler, nécessitant de grandes quantités de matériaux et n’occasionnant que peu de gains de terrain pour beaucoup de dégâts de surface et humains, cette technique de combat est abandonnée à la fin de la 1ère guerre mondiale. |