Turbulence, contrôle et régulation sociale
Les logiques des acteurs sociaux dans les quartiers populaires
Manuel Boucher, L’Harmattan, avril 2003, 618p, [50 €]

Face aux "peurs de la jeunesse" et aux turbulences sociales au sein des quartiers défavorisés, dans un contexte de décentralisation, de politique de la ville et de lutte contre le sentiment d’insécurité, l’espace de la régulation sociale est en recomposition. Nous assistons à la multiplication des acteurs de la "socialisation du risque" (intervenants sociaux, élus, médiateurs, policiers, acteurs associatifs, laics et confessionnels...) devant répondre efficacement à l’exclusion de masse, aux incivilités et à la violence urbaine.

L’hypothèse centrale de ce livre est que, face à la "nouvelle question sociale", nous n’assistons pas à la décomposition de l’intervention sociale et au désengagement de l’état dans les quartiers d’habitat social, mais bien plutôt à la diversification des modes d’intervention et des logiques s’action d’une multitude d’acteurs favorisant la recomposition de la régulation sociale, voire un processus de contrôle social renouvelé.

Ainsi, grâce à une étude de terrain poussé au coeur des deux sites de l’agglomération rouennaise (Cantelau et les Hauts-de-Rouen) désignés comme prioritaires par les pouvoirs publics, cet ouvrage identifie qui sont les intervenants sociaux agissant dans les quartiers populaires et compare finement leur logique d’action dans toute leur complexité (solidarités, concurrences, conflits...). Par ailleurs, ce livre révèle qu’au delà des différences statutaires, des contextes historiques de leur apparition, les acteurs canoniques et émergents de la régulation sociale sont des promoteurs du contrôle social, mais certains d’entre eux sont aussi des acteurs de l’émancipation individuelle et collective favorisant la construction du sujet."