L’illusion populiste
P-A. Taguieff, Paris, éd. Berg international, 2002.
Le peuple instrumentaliséChronique de « l’illusion populiste » [1]de Pierre-André Taguieff [2] Le « peuple » relève d’une grande diversité de sens selon les contextes historique, politique et géographique ainsi qu’en fonction de l’identité de ceux qui l’emploient. En fait, d’un point de vue étymologique, le mot « peuple » vient du latin populus et aujourd’hui, est généralement utilisé pour désigner trois cas de figure : un ensemble d’hommes et de femmes composant un pays ou une nation, la partie la moins favorisée d’une société mais également un ensemble de gens formant une foule ou la populace. Dès lors, d’une part, le peuple peut très bien nommer un ensemble de citoyens organisés. Dans ce cas, le terme peuple (nation, entité spécifique) tend à souligner une « vertu collective ». Le peuple, selon le dictionnaire est ainsi composé d’un ensemble d’être humains vivant en société, habitant un territoire clairement défini et ayant en commun une culture, un certain nombre de coutumes et d’institutions. D’autre part, le peuple peut aussi, en fonction des situations, notamment lors de moments historiques conflictuels, pré-insurrectionnels, révolutionnaires ou de métamorphoses sociales (comme ces dernières années en Europe, le passage de la société industrielle à la société post-industrielle, la décomposition des Etats-nations et l’extension de la mondialisation néo-libérale), faire référence aux plus humbles et miséreux, c’est-à-dire à la plèbes voire aux gueux. Ici, le peuple apparaît dès lors comme pathogène, potentiellement violent, irrationnel et dangereux. Quoi qu’il en soit, dans ce contexte polysémique, au sein de la modernité où les notions d’individu et d’égalité sont devenues des valeurs nodales, que l’on considère le « peuple » dans sa dimension « totale » (populus) ou populaire (la plèbe), celui-ci est la cible privilégiée de tentatives d’instrumentalisations politiques démagogiques, mythologiques, voire racistes notamment lorsque le peuple est considéré comme un fait de nature immobile plutôt que l’expression de faits culturels en mouvement permanent. Or, c’est justement, pour faire face à des dynamiques mortifères et penser la complexité politique du peuple et son utilisation stratégique (appel ou rejet) que Pierre-André Taguieff nous invite dans son livre sur « l’illusion populiste » à définir politiquement - dans un langage acerbe, quelquefois méchant et blessant pour rompre volontairement avec le « politiquement correct » - ce que signifie actuellement les mobilisations « populistes » ou « national-populistes » au sein de la société d’information mais également dans un environnement politique particulier caractérisée par la poussée électorale des « partis anti-système » en Europe. Le peuple en questionEn fait, comme nous l’avons déjà suggéré dans l’introduction, au cours de l’histoire politique française, Taguieff souligne qu’« on observe une oscillation entre la diabolisation et l’angélisation » du peuple. D’un côté, des démagogues de droite et de gauche flattent le peuple considéré comme bon et victime des puissants et des riches mondialisés et cosmopolites. D’un autre côté, celui des puissants, des riches et une partie de l’élite intellectuel assimile le peuple au prolétariat, voire au sous-prolétariat et aux pauvres jugés incultes et imprévisibles ; le peuple incarne alors « sa figure négative, celle des classes jugées plus dangereuses que laborieuses [3] » qu’il s’agit de neutraliser. Nous savons malheureusement aujourd’hui ce que ces représentations dichotomiques du peuple ont produit comme horreurs et barbaries au vingtième siècle. Or de nos jours, même si au moins deux formes terrifiantes de populisme que furent le fascisme et le stalinisme sont dans la majeure partie des cas toujours dénoncées avec véhémence, le peuple héroïsé ou vilipendé est encore bien souvent la toile de fond d’une opposition politico-médiatique entre « les gens d’en bas », autrement dit la plèbe et « ceux d’en haut », c’est-à-dire les élites intellectuelles politico-administratives, économico-financières ainsi que les classes dirigeantes mettant ainsi à mal « la conception républicaine de l’indivisibilité normative de la France comme nation, fondée sur la commune référence à un corps de principes. [4] » Sortir du sens communAu-delà du cadre hexagonal, face à la montée en Europe ces dernières années du vote national-populiste ou plus exactement des « partis anti-partis » ou « anti-système [5] » (défense de l’identité nationale, xénophobie anti-immigrés, rejet de l’Europe et de la mondialisation souvent sur un mode antisémite) Pierre-André Taguieff en appelle à sortir d’une dénonciation morale, essentialiste et globalisante de ces phénomènes bien souvent renvoyés à des expressions repoussoirs déshistoricisés et utilisés pour faire peur comme « fascisme », « racisme » et « xénophobie ». En effet, « ces usages polémiques routinisés de catégories de l’analyse historique et politologique fabriquent des termes globalisants et démonisants qui obscurcissent plus qu’ils n’éclairent les événements actuellement observables ou les processus en cours auxquels ils sont appliqués. [6] » Des définitions multiplesPour Taguieff, le mot « populisme » est en fait récemment devenu populaire car il s’est transformé en « opérateur d’illégitimation ». Les élites libérales démonisent le « populisme » sans vraiment le définir. Il s’agit de la « hantise du populaire, de l’instinctuel, du pulsionnel, du tribal, de la puissance des masses et de la culture de masse « cathodique » : voilà ce qu’exprime la dénonciation consensuelle, par les élites politiques et médiatiques contemporaines, du « populisme », à la fois bestialisé, pathologisé et démonisé. » [7] « Les usages récents du mot « populisme » semblent avoir pris le même pli que ceux des mots « fascisme » et « nationalisme » dans le langage ordinaire : le suremploi polémique a fait de ce terme une étiquette disqualificatoire et un opérateur d’amalgame permettant de stigmatiser, en rassemblant abusivement, un certain nombre de phénomènes sociopolitiques ou de leaders jugés détestables ou redoutables par celui qui les dénonce. » [8] Cependant, il faut aller plus loin que les « illusions consolantes » faussement explicatives et rationnelles des phénomènes populistes caractérisés notamment par l’instrumentalisation du terme « peuple » idéalisé et dénoncé. Effectivement, en utilisant la thèse de la « résurgence du fascisme », « on réduit l’inconnu au bien connu faisant ainsi l’économie d’un grand effort intellectuel » [9] et pourtant nécessaire. Dans ce cadre, d’après Taguieff le réveil de l’antifascisme dénonçant cinq millions de fascistes ayant voté Le Pen peut ressembler à « un carnaval des « ringards » du « fascisme » ou du « néo-fascisme », dénoncés par des « antifascistes » d’outre-tombe, en version « anar » ou « caviar ». [10] « Le terrifiant devient risible »Pour Taguieff, « la « guignolisation » [11] de la vie politique française n’est pas étrangère à la montée des extrêmes, des jeunes en particulier, elle n’est donc pas étrangère à la montée des extrêmes du côté lepéniste comme du côté « trotskiste », ces deux formes concurrentes du populisme prolétarien, dont la vulgate « antimondialisation » constitue le moteur commun. » [12] Ainsi, la montée des extrémismes politiques est soit démonisée, soit tournée en dérision. La mode est au « mépris de tous par tous » et à l’esthétisation du cynisme et d’une certaine forme de nihilisme politique. Taguieff cite ainsi une formule de Carlyle qui paraît bien au goût du jour : « je vomis les classes dirigeantes et les classes dirigées me dégoûtent. » [13] Dès lors, pour Taguieff, « les postures sont prévisibles : face à un événement tel que la percée électorale de Le Pen à l’élection présidentielle en 2002, ceux-là ricanent, ceux-ci condamnent. Or, ce qui importe, c’est d’expliquer et, si possible de comprendre. » [14] Revenir à l’analyse politiqueComment donc interpréter la montée dans plusieurs pays d’Europe (Autiche, Italie, Belgique, Suisse, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Hongrie, Roumanie, Allemagne...) depuis les années quatre-vingt de « partis anti-partis » venant ainsi rompre les clivages traditionnels entre la gauche et la droite, les travaillistes et les conservateurs, les libéraux et les conservateurs, les sociaux démocrates et les libéraux, etc. ? Dans l’ensemble de l’Europe, ces formations politiques ont des points communs : « ces mouvements ou ces partis politiques, en conflit plus ou moins radical avec tous les autres, sont dirigés et incarnés ordinairement par des tribuns télégéniques, situés hors des catégories balisées du binarisme en cours dans le système politique. Figures de sauveurs autant que de vengeurs, qui se signalent et s’imposent par leur discours politiquement incorrect, lequel séduit par sa force provocatrice, tranchant sur le mélange de moralisme et de technocratisme dont est fait le langage des « élites communicantes ». [15] Au « ni droite ni gauche », ces démagogues développent de nombreuses idées souvent contradictoires : libéralisme économique et nationalisme ethnique ; libre échangisme et protectionnisme ; xénophobie anti-immigrés et défense de l’Etat-providence ; rejet des élites et peurs identitaires ; refus de la classe politique nationale classique et de la classe « expertocratique » transnationale ; anti-fiscalisme et inquiétudes sécuritaires. Quoi qu’il en soit et malgré le mélange d’archaïsme et d’exploitation médiatique de ces leaders, « dans tous ces mouvements ou ces formations l’on peut voire l ‘émergence d’une extrême droite modernisée, littéralement post-fasciste et non plus néo-fasciste. Les votes en faveur de ces partis hautement personnalisés sont des votes de rejet et de rupture, des votes anti-système. Des votes de protestation sans espoir, plutôt que des votes d’adhésion. » [16] Pour Taguieff, « ce qui menace le système politique des démocraties libérales/pluralistes, c’est la possible alliance des exclus, des déçus et des vaincus » [17] soit par le vote extrémiste, soit par l’abstention. Ainsi, il est salutaire de rappeler que les violences racistes et antisémites ne sont pas le fait seulement des milieux d’extrême droite en France. Beaucoup de violences anti-juives sont produites par des « jeunes issus de l’immigration » eux-mêmes très souvent victimes de discriminations ethniques . [18] Les votes « nationaux-populistes » sont également des votes « anti-mondialisation ». La mondialisation est en effet perçue comme un facteur d’insécurité majeur : Des faits reconnaissablesNéanmoins, le populisme se caractérise par un « noyau dur » : c’est l’appel démagogique au peuple faisant « appel à l’affectivo-imaginaire en l’homme, plutôt qu’aux facultés intellectuelles de l’animal doué du logos. » [20] La plupart des études savantes sur le populisme rapporte que l’un de ses aspects fondamentaux est « la mobilisation du « peuple » (foules, masse, publics, opinion) contre l’establishment politique et intellectuel. » [21] Par ailleurs, chaque forme de populisme est spécifiée par un cadre national et un moment historique précis. Ainsi, il existe actuellement le « télépopulisme », « phénomène socio-politique façonné par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. » [22] En définitive, le populisme est intimement lié à la notion de peuple idéalisé. Dès lors, Taguieff pose ces questions : « ne peut-on, plus largement, faire l’hypothèse que le populisme est quelque chose comme la démagogie propre à l’âge démocratique, qui, se confondant avec l’époque « moderne », suppose le sacre du « peuple » (people, narod, volk, pueblo, popolo, etc.), et/ou le respect inconditionnel du principe de la « souveraineté du peuple » ? Il s’ensuit que le populisme semble inconcevable sans référence à l’idée de souveraineté populaire et/ou nationale. » [23] « Mais si le populisme implique d’idéaliser ou d’absolutiser « le peuple », de quel peuple s’agit-il ? Du peuple-classe, du peuple-nation, du peuple-ethnie ? » [24] Dans tous les cas, pour Taguieff, « en tant que terme péjoratif, « populisme » constitue une catégorie polémique qui fait pont entre deux système distincts : d’une part, le nationalisme et la politique des identités ; d’autre part, la démagogie et la manipulation de l’opinion, de l’information, de la communication. L’appel au peuple constitue en effet le geste commun d’une mobilisation nationaliste et d’un actes ou d’une entreprise démagogique. » [25] Un style politiqueEn effet, le populisme peut aussi être défini comme un style politique. Il est ainsi intéressant de noter que « le populisme ne s’incarne ni dans un type défini de régime politique (une démocratie ou une dictature peuvent présenter une dimension ou une orientation populiste, avoir un style populiste), ni dans des contenus idéologiques déterminés (le « populisme » ne saurait être considéré comme une grande idéologie parmi d’autres : il peut s’ajouter à n’importe laquelle d’entre ces dernières, les colorer, les nuancer ou les durcir, leur conférer une cible ou une orientation). » [26] Dès lors, on peut mettre en évidence la continuité du populisme dans ses différentes figures politiques [27] (nationaliste, socialiste, islamiste) et agraire [28] . Dans toutes ces situations, le populisme d’une part contribue à dévaloriser les élites traditionnelles (syndicats, bureaucrates, fonctionnaires) qui sont les intermédiaires entre les masses et les dirigeants et d’autre part, s’affirme en tant que victime de puissances cosmopolites. Pour les populistes, il s’agit alors de réaffirmer une nouvelle classe d’intermédiaires mais cette fois légitimée par eux. Taguieff définit néanmoins deux formes « idéal-typique » de populisme contemporain : le pôle protestatire et le pôle identitaire. Le premier type populiste politique se reconnaît par la prédominance de la thématique antifiscale, la contestation de l’establishment, la posture anti-partis, la transfiguration du « citoyen de base », la mise en question de l’Etat-providence ou plutôt la revendication d’un « chauvinisme du bien être », la récusation de l’alternance politique régie par un système partisan bipolaire. Le second type populiste se fixe sur le national. Dans le populisme identitaire, l’anti-élitisme est subordonné à la xénophobie anti-immigrée. L’autodéfense identitaire est placée au premier plan. ConclusionDans un contexte de métamorphose socio-politique (affaiblissement des Etats-nations, mondialisation économique) les réactions populistes (de droite ou de gauche) autrement dit, l’appel au « peuple » sont pour Taguieff un manière anti-politique de faire de la politique. « Le temps du populisme est un temps mythique et l’action populiste relève de la magie politique » [29] donc de la démagogie. Face à cette tentation populiste Taguieff en appel donc à une « éthique de responsabilité » pour préserver la démocratie pluraliste. Cependant, le pluralisme politique ne se résorbe pas dans une « gouvernance consensuelle ». Idéalement, il faut dès lors que les débats politiques nécessairement conflictuels entre la droite et la gauche s’exercent véritablement et démocratiquement. En outre, face aux acteurs sociaux et politiques célébrant la démocratie participative Taguieff rétorque que la démocratie représentative (même imparfaite) n’a pas à être détruite pour qu’advienne une utopique démocratie post-représentative, tout simplement parce que la démocratie représentative peut s’améliorer elle-même. Le civisme démocratique est en effet autocorrectif. Finalement, Taguieff rejoint les croyances des fondateurs des mouvements d’éducation populaire : « pour que le peuple se gouverne lui-même sans dériver vers la tyrannie du plus grand nombre, il faut et il suffit qu’il devienne une communauté de citoyens éclairés. » [30] Pour combattre les populismes, préserver la démocratie menacée par l’emprise du marché et la tentation communautariste, il s’agit alors de réaffirmer des principes républicains et de favoriser une méthode de formation au « métier de citoyen. En définitive, même si l’on peut être en désaccord avec les propositions politiques « hyper-républicaines » et légitimistes de Taguieff pour faire face au populisme également analysé par Michel Wieviorka comme une réponse fusionnelle aux mutations sociales [31] , son analyse exigeante et pédagogique [32] a au moins le mérite de montrer que ce terme, désormais devenu repoussoir, ne doit pas masquer une co-responsabilité individuelle et collective vis-à-vis de l’expansion contemporaine d’un processus réellement inquiétant pour la démocratie et la liberté de chacun. Les populistes ne sont effectivement pas forcément les autres [33]. Enfin, nous devons aussi prendre garde aux idées élitistes et essentialistes qui, sous prétexte de dénoncer le populisme, dans la pratique, cache la crainte des dominants vis-à-vis du peuple considéré sous l’angle unique de la populace. En effet, alors qu’au XIXème siècle les classes dirigeantes cherchant à maintenir leur pouvoir exprimaient leur peur des « rouges » [34] ou des « races dégénérées » [35] en tentant de trouver des solutions de pacification, notamment par le traitement de la « question sociale », on peut se demander si au début XXIème siècle, la crainte du « choc des civilisations » et des peuples « barbarisés » (les habitants du tiers-monde, les populations de tradition musulmane, les habitants des banlieues périphériques ghettoïsées d’occident...) communiquée par les classes dominantes mondiales, ne dissimule pas en réalité leur forte appréhension devant la remise en cause de l’ordre établi par des acteurs populaires mobilisant une multiplicité de logiques subversives pour changer leur condition de « dominés ». Manuel BOUCHER [1] P-A. Taguieff, L’illusion populiste. De l’archaïque au médiatique, Paris, éd. Ber international, 2002. [2] Philosophe, politologue, historien des idées et spécialiste du racisme et de l’antisémitisme, P-A. Taguieff est directeur de recherche au CNRS (Cévipof) et enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris. [3] Ibid, p. 9. [4] Ibid., p. 10. [5] Par exemple, en France, le 21 avril 2002 le leader national-populiste Jean-Marie Le Pen fait 17,79% des suffrages au second tour de l’élection présidentielle. [6] P-A. Taguieff, op. cit., p. 12. [7] Ibid., p. 23. [8] Ibid., p. 39. [9] Ibid., p. 12. [10] Ibid., p. 13. [11] L’emploi de ce terme fait référence à une émission de télévision très célèbre en France diffusée sur la chaîne « CANAL + » où depuis quinze ans, les hommes politiques sont caricaturés en marionnettes. [12] P-A. Taguieff, op. cit., p. 13. [13] Ibid., p. 13. [14] Ibid. p. 14. [15] Ibid. p. 14. [16] Ibid., p. 14. [17] Ibid., p. 15. [18] Cf. P-A. Taguieff, Prêcheurs de haine, Paris, éd. Mille et une nuit, 2004. [19] P-A. Taguieff, 2002, op. cit., p. 15. [20] Ibid., p. 21. [21] Ibid., pp. 26-27. [22] Ibid., p. 29. [23] Ibid., p. 31. [24] Ibid., p. 31. [25] Ibid., p. 40. [26] Ibid., p. 80. [27] Le populisme politique est un ensemble d’attitudes, d’activités et de techniques fondé sur un appel au peuple. Ce type de populisme est lié à la mobilisation des masses. [28] Le populisme agraire est un ensemble de doctrines et de mouvements radicaux qui s’intéressent aux intérêts des paysans et des petits fermiers. Ce type de populisme, historiquement développé aux Etats-Unis et en Russie au XIXeme siècle, trouve sa source dans la modernisation économique. [29] P-A. Taguieff, 2002, op. cit., p. 175. [30] Ibid., p. 178. [31] Cf. M. Wieviorka, La démocratie à l’épreuve, Paris, éd. La Découverte, 1993, p. 160. [32] Cf. P-A. Taguieff (dir), Le retour du populisme. Un défi pour les démocraties européennes, Paris, éd. Universalis, 2004. [33] Aujourd’hui, on peut constater qu’en France, dans un contexte de mondialisation et d’augmentation du sentiment d’insécurité sociale, civile et culturelle, les arguments populistes sont mobilisés par une diversité d’acteurs se situant à différents niveaux politique et sociologique : [34] Cf. D. Lejeune, La peur du « rouge » en France, Paris, éd. Belin, 2003. [35] Cf. P-A. Taguieff, La couleur et le sang. Doctrines racistes à la française, Paris, éd. Mille et une nuits, 1998. |