Championnat d’Europe de Judo des moins de 20 ans
Charline Van
Snick du judo Club de Saive était parmi les favorites sur papier. La
Liégeoise arrivait pourtant en Arménie avec un gros handicap : pas un seul combat préparatoire depuis
6 semaines. En effet, suite à une blessure (clavicule fêlée et entorse de
l’épaule) elle a du faire une réadaptation à la fois rapide, prudente et
douloureuse qui l’a privée des sensations du tapis de judo.La volonté et le mental sont restés intacts.
Elle sait qu’il s’agit ici d’un tournoi majeur où elle doit réussir
l’objectif de sa saison ; les regards sont sur elle et son équipe.
Grâce à un programme tout à fait spécifique, la puissance était revenue
au niveau d’avant blessure. La veille, on a pu faire un entrainement efficace ;
les impressions étaient bonnes.
Aujourd’hui, jour J, le stress est grand ! La
salle de compétition est tout simplement énorme et somptueusement aménagée.
Premier combat contre Giammattei Angela. Ça va vite, Charline impose un rythme
soutenu ; elle veut en finir très rapidement. Une projection de hanche
suivie d’un contrôle au sol et le sort de la championne italienne est
clôturé
Très bon début et remise en confiance : c’est ce qu’il lui fallait.
Deuxième combat, les choses se corsent avec la Polonaise Pienkowska Karolina qui est
une vraie pointure. On l’a vue éliminer facilement la numéro 1 de Géorgie. La
Belge a désormais écarté toutes ses appréhensions, elle marche vers son
adversaire, on sent sa détermination et la Polonaise ne peut que subir les attaques.
Le scénario se répète avec quelques variantes : fauchage de jambe, liaison
dans le combat au sol et étranglement avec abandon de Pienkowska !

En demi-finale, Charline doit affronter la Roumaine Matei Ioana. Elles se sont
déjà rencontrées. Il y a beaucoup de respect mutuel entre ces deux guerrières.
Ça a toujours été très difficile et elle la redoute. D’emblée, la Roumaine,
très vive, tente sa chance avec un redoutable uchi mata (fauchage de jambe). Le
temps s’arrête une fraction de seconde, notre compatriote bascule, se rétablit
de justesse, mais Matei a pris l’avantage au marquoir. Charline déclenche alors
une véritable tempête ; elle est partout à la fois ne laissant plus la Roumaine
relever la tête jusqu'à temps de la plaquer dos au sol reprenant un avantage
qui sera décisif.
En finale, c’est le combat attendu et redouté contre
la Turque Cibir Derya qui l’avait
battue au championnat d’Europe l’année passée et qui est aussi vice championne
du monde.
Elle est très puissante. Elle a un judo rugueux fait de contre attaques.
De bons mouvements à gauche, quelques techniques à droite également et des
balayages puissants. Elle vient d’éliminer la championne française Raynaud Louise
(pourtant elle aussi favorite) avec beaucoup d’aisance.
De nouveau, on assiste à une ouverture de combat impressionnante. Les
deux protagonistes vont droit l’une sur l’autre, toutes les deux bien décidées
à en finir. Charline veut sa revanche depuis un an, elle veut lui en faire
baver. Elle met ses mains, première à la garde, balade et secoue la Turque. Ce
n’est plus une tempête c’est un vrai cyclone. Cibir reçoit une pénalité.
Charline sait qu’elle doit rester prudente et que son adversaire va essayer de reprendre
le dessus. Effectivement voici la contre attaque. Notre championne l’a sentie
arriver une fraction de seconde avant et était prête. La punition est sans
appel : quand la Turque lance son balayage Charline n’est déjà plus là, elle
cloue sa rivale au sol : le sens de l’opportunité, le sens du
déséquilibre, minimum de force et maximum d’efficacité, l’essence même du judo.
Sur le tapis l’une rie de joie, l’autre est consternée.
Bonheur dans le clan belge.
Le public aussi est ravi de cette superbe action. De nombreux coachs et
athlètes viennent féliciter la Championne
qui décroche sa 8ième médaille d’or de l’année avec 40
victoires et 6 défaites !
L’heure est à la fête, mais déjà se profile le
rendez-vous des championnats du monde
du 22 octobre où un défi encore plus grand l’attend …
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