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tchequie.net
un magazine, des conseils et des services
Un jour, je trouve
dans ma boîte de réception
une histoire pas comme les autres, un
souvenir de la République tchèque
tout à fait émouvant.
Plus tard, je découvre son acteur
principal, Monsieur Paul Lecocq, un
personnage original - Papy Paul - qui,
âgé de 85 ans !!!, passe
ses journées à se promener
à vélo au Bois de Boulogne
et ses soirées à surfer
sur Internet (entre autre bien sûr).
Faites connaissance - il nous a envoyé
une photo qu'il a réalisée
lui même avec sa web cam...
Kristyna Bruet
Vous aussi, envoyez nous vos histoires!
redaction@tchequie.net
| Prisonnier
de guerre en 1940 |
Reportage |
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Avec une douzaine
de soldats belges, j'ai été
prisonnier des
Allemands qui nous avaient envoyés
à Teplitz où nous
logions dans une caserne tchèque.
Je me souviens bien de cette jolie
petite ville que nous traversions
tous les jours sous la conduite
d'un vieux soldat allemand (qui
avait fait la guerre de 14-18)
pour nous rendre dans la campagne
où nous devions faire des
balles de paille pour le compte
de l'armée allemande.
Les rares civils tchèques
avec lesquels nous avons pu nous
"entretenir" ignoraient
la Belgique, aussi nous prenaient-ils
pour des français. Une
maman nous a montré son
fils en uniforme tchèque
et en uniforme allemand lorsqu'il
a été enrôlé
de force. Tout le monde était
très gentil avec nous et
une jeune fille nous apportait
quelque fois un verre de cette
excellente Pilsen qui était
un véritable cadeau !
Tous les matins, en partant au
travail, on croisait un allemand
qui, pour se moquer de nous, sifflait
l'air français de la Marseillaise
" le jour de gloire est arrivé
", ce qui nous faisait rire
et on lui criait : " On s'en
fout, nous on est belge! ".
La presse à paille était
mue par un vieux tracteur de foire
sur lequel on avait branché
une poulie sur laquelle une courroie
transmettait le mouvement à
la presse. Nous avions remarqué
que si on mettait trop de paille
à la fois le moteur peinait
et la courroie sautait. Le temps
de remettre tout en ordre par
le conducteur, nous nous plélassions
dans la paille.
Les rations de nourriture étaient
très petites et le travail
assez dur, aussi nous avons demandé
qu'on augmente les rations, ce
qui fut refusé. Nous avons
alors décidé d'arrêter
le travail si les rations n'étaient
pas augmentées. Le vieux
gefreiter qui nous gardait s'arrachait
les cheveux et finalement un officier
vint nous voir et nous a menacé
de prison. Un des nôtre
qui baraguinait un peu d'allemand
lui fit comprendre qu'en prison
nous accepterions les rations
actuelles. Enfin, après
des palabres agitées, l'officier
nous promit de meilleures rations
et il tint parole.
J'aurais bien voulu après
la guerre retouner à Teplitz,
mais il y avait le rideau de fer
et les déplacements ont
été impossible pendant
bien longtemps et maintenant je
suis trop vieux pour un si grand
voyage.
J'envoie mes très cordiales
amitiés à tous les
habitants de Teplitz.
Paul Lecocq
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