|
|
 |
Chroniques CD / Etranger
|
| Brittain Ashford – there, but for you, go I |
| Refree - Els invertebrats |
| The Strugglers - the latest rights |
| Lonely Drifter Karen - Grass is singing |
| Scott Matthew |
| Jeremy Jay - A place where we could go |
| Temposhark - The invisible line |
| Essie Jain - We made this ourselves |
| UFO goes UFA – Pop garage symphonie N°9 |
| The Breeders - Mountain Battles |
| The BellRays - Hard Sweet & Sticky |
| Thrice - Alchemy Index, Vol. 3 & 4 |
| Hayseed Dixie - No covers |
| Bettina Schelker - The Honeymoon is over |
| Alec Empire - The Golden Foretaste of Heaven |
| Kelly de Martino - Honest |
| Barzin |
| Emily Jane White - dark undercoat |
| Laurence Revey |
| Trouble over Tokyo - Pyramides |
| REM – Accelerate |
| Duffy – Rockferry |
| Paramount styles – Failure american style |
| Zita Swoon – Big blueville |
| The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One |
| Malcolm Holcombe - Not Forgotten |
| The Presidents of USA - These are the good times people |
| Tangtype - Flake out |
| Jack or Jive - Kakugo |
| Phoebe Killdeer and the short straws - weather 's coming... |
| My little Cheap Dictaphone - Small town boy |
| Murcof - Cosmos |
| White rabbits – Fort Nightly |
| Caprice – Kywitt ! Kywitt ! |
| Nick Cave & The Bad Seeds - Dig Lazarus Dig ! |
| Rona Hartner - Nationalité Vagabonde |
| The Cold Shoulder – Milk it |
| Idaho – The forbidden EP & Alas : Special edition |
| June Madrona – The Winged life |
| Christopher Willits + Ryuichi Sakamato - ocean fire |
| Girls in Hawaii – Plan your escape |
| And Also The trees – (listen for) the Rag and bone man |
| American Music Club – The Golden Age |
| The Dancing Naked Ladies – Pink Lycanthropes |
| Jordan O’ Jordan –not style nor season nor hard-handed lesson |
| Kazumasa Hashimoto - Euphoriam |
| Katamine – Forest of bobos |
| Kill The Young - Proud Sponsors of Boredom |
| Nada Surf – Lucky |
| Chapter – two (the biographer) |
| Jaymay – Autumn fallin’ |
| Fauve & Raphelson - An Evening at Montreux Jazz Festival 2007 |
| Attica - the bitter lessons of... |
| Tuxedomoon - Vapour trail |
| ARCHIVES 2006 - 2007 |
| ARCHIVES 2003 - 2005 |
| ARCHIVES 2000 - 2002 |
|
| Haut |
Brittain Ashford – there, but for you, go I
2008 – 9 titres – 24’20
Style : folk
Label : Waterhouse record / Abeille musique
|
Note : 7,5/10
|
|
« Le femme est l’avenir de l’homme » chantait Jean Ferrat. Le moustachu chantant ne croyait pas si bien dire quand on voit l’armée de songwriteuses qui, depuis quelques années, marchent sur le monde d’un pas désordonné. C’est vrai dans le rock, ça l’est encore plus dans le folk. Les femmes amènent chaque fois dans la musique avec elle leur propre univers ; elles insufflent leur propre intériorité à un genre musical déjà fortement normé. Brittain Ashford aurait pu venir de l’écurie K record à cause du son lo-fi home made de son album.
|
Joanna Newsom a sa harpe et son clavecin, Brittain Ashord a son dulcimer et son autoharpe, deux vieux instruments américains un peu oubliés aujourd’hui mais qui retrouvent ici une deuxième jeunesse. Avec sa voix à la Joan Baez, Ashford n’aurait pu être qu’une folkeuse de plus. Mais de part le traitement et l’instrumentation, sa musique de poche semble directement sortir d’une chambre et d’un corps. Le médium devient à la fois signifiant (ce son métallique qui résonne brinquebalant n’est pas banal) et transparent car il ne sert qu’à soutenir une voix, belle et sensible. Une belle âme. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Refree – Els inverterbrats
2008 – 11 titres – 40’40
Style : folk jazz
Label : Acuarela / Abeille musique
|
Note : 8,5/10
|
|
Ne faisons pas dans la chronique comparative ! Et pourtant, quand on voit le crédit donné au dernier album de Zita Swoon, on a envie de dire « stop ! Ecoutez plutôt Refree ». Entre un restau route de moules-frites et un 3 étoiles Michelin, le choix devrait être évident. Mais rien n’est simple : Refree est espagnol, chante en catalan et en castillan et il est sur signé sur Acuarela, un label essentiel et culte mais encore (trop) confidentiel. Bref, il faut avoir la carte du club et le défi du chroniqueur devient dès lors de convertir des non-convaincus. Refree est donc le groupe de Raul Fernandez. A la différence de Zita Swoon, le Catalan préfère le jazz au blues, un genre de musique plus élégant, plus raffiné mais qui peut avoir le défaut d’être plus difficile d’accès. Sauf qu’ici, Fernandez rend abordable et pop un vrai trio de jazz (piano, contrebasse, batterie), pur et dur et n’ayant pas peur de quelques heurts et quelques accès dissonants (Un oficio Antigio)..
|
Mais le miracle est bel et bien là, Fernandez plaque des vraies mélodies pop,sans se soucier d’avoir un trio du niveau de Prism derrière lui. Fernandez est un vrai chanteur folk-pop avec un cœur gros comme ça et une joie de musicien communicative. Sa voix coule de source et rend doux les accents arides du catalan. Oubliez dès lors la technique des musiciens et le côté mélomane pour musiciens stricto sensu et excluant les autres. Reste le plaisir simple de la musique et de la mélodie. Refree fait une musique technique, lettrée mais évidente à l’oreille, comme la bonne musique californienne ( La mestressa) ou la bossa nova ( El sant sopar). Même quand Refree s’essaye à l’accordéon, on ne tombe pas à la Fête à Neu-Neu mais bel et bien dans les salons de la classe attitude. Une découverte pour certains, une belle confirmation pour d’autres Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
The Strugglers - the latest rights
2008 – 9 titres – 39'26
Style : pop-folk
Label : Acuarela / Abeille musique
|
Note : 8/10
|
|
2018 : The Strugglers, après 6 albums ayant connu un succès croissant, signe en grand pompe un contrat avec Warner. Le groupe s'apprête donc à devenir le grand groupe populaire Américano-américain des années 2020. Ce genre de fiction était possible en 1988 pour R.E.M. Aujourd'hui, l'avenir de The Strugglers est bien moins certainement radieux. Pourtant avec son 5e album, le troisième pour les Espagnols d'Acuarela, le groupe américain apparaît comme un incontournable du rock-folk US. Brice Randall Bickford est un chanteur intuitif au grain proche d'un Eddie Vedder adouci.
|
Derrière, le groupe joue les grands classiques d'une musique américaine, belle et chaleureuse, et ce, avec beaucoup de feeling, sans jamais tomber dans le facile, l'attendu et la grosse cavalerie. Des mélodies imparables, des arrangements rustiques mais raffinées qui invitent facilement un violon, une trompette ou un trombone à participer à cette belle communion musicale. Encore moins sombre que son prédécesseur, The lastest rights rapproche dans une même oeuvre REM, Fleetwood Mac et Red House Painters. Le genre de disque que l'on pourrait écouter en large, en long et en travers, pendant 10 ans sans se lasser. Car une bonne chanson reste toujours une bonne chanson. Strugglers for life ! Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Lonely Drifter Karen - Grass is singing
2008 – 13 titres – 45'02
Style : Désuet et charmant
Label : Crammed
|
Note : 8/10
|
|
Les albums se suivent et se ressemblent...Enfin pas tous heureusement et Lonely Drifter Karen est une nouvelle pierre apportée à l'édifice de la diversité. Autrichienne d'abord émigrée en Suède puis à Barcelone, ayant trouvé dans la cité catalane deux soupirants (un espagnol et un italien) pour faire de la musique ensemble, Tanja Frinta n'a pas le pedigree de mademoiselle Tout le Monde. Et forte de ces expériences géographico-musicales, la jeune femme est emplie d'un bonheur sans pareille qu'elle s'efforce de partager généreusement. Grass is singing est donc une bouffée d'air pur, une pleine brassée de coquelicots jetés à la face du monde. Même dans ses moments plus mélancoliques, on se prend à rêver et nullement à déprimer. Car avec LDK, rien n'est grave.
|
Comme Judy Garland dans "Le Magicien d'Oz", on sait que la petite fille perdue arrivera à bon port. Tout ceci n'est que spectacle, factice, fiction et plaisir. Cet album doit autant à la Comédie Musicale, au cabaret, à la pop, au jazz, à la musique des années 40 ainsi que quelques cartes postales envoyées des Tropiques. Une voix de petit elfe à la Lisa Ekdhal et une présence à la Utte Lemper. La jeune femme se rêverait peut-être en Ingrid Bergman de Casablanca mais elle ne partirait pas avec Victor Lazlo à la fin, préférant la passion avec Bogart à la raison. Depuis, Tanja chante sur son vélo la tête en l'air, évitant les pots de fleur qui tombent et contournant les piétons stressés (au risque de sa vie donc) et sort sans l'air d'y toucher un album enchanteur. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Scott Matthew
2008 – 11 titres – 35'14
Style : pop
Label : Glitterhouse / Differ-ant
|
Note : 7/10
|
|
Barbe hirsute, regard rêveur, Scott Matthew a un physique qui véhicule un sentiment ambivalent. A l'image de sa musique, l'Australien ressemble à un gars à la fois simple et raffiné. Exilé à New York, le songwriter est passé par la case cinéma pour se faire connaître : des titres composées pour le film "Shortbus", d'autres pour le manga "Ghost in the shell". Des BO donc mais par pour n'importe qui. Matthew ne peut être visiblement que sélectif et sa musique sensible ne saurait avoir subi des compromissions. Matthew est à prendre tel quel, tout d'un bloc et ce, même dans ses moments affectés un peu douceâtres (Habit).
|
Matthew n'a pas peur de s'épancher et se donne les moyens de ses prétentions émotives (violoncelle, piano, violon, cor). En même temps, il reste accessible et direct comme un gentleman habillé certes de taffetas et de velours mais se mouvant avec aisance au milieu de la campagne avec banjo et ukulélé. Scott Matthew semble venir d'une autre époque et même d'une autre planète à l'instar de l'alien Bowie des années 70. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Jeremy Jay - A place where we could go
2008 – 11 titres – 28'59
Style : Rock
Label : K record / Differ-ant
|
Note : 8/10
|
|
On ne statuera pas encore sur la grandeur musicale de Jeremy Jay car son premier album est tout simplement de courte durée (28'). Un peu court justement pour se faire une idée mais assez pour être séduit. Et pas qu'un peu. Jeremy Jay est peut-être de la trempe d'Adam Green. Avec son physique de jeune romantique échevelé, le jeune Californien arrive à apparaître à la fois comme chanteur de charme et jeune rebelle. Un Beautiful rebel comme le dit d'ailleurs la chanson. Ce double positionnement était possible à la fin des années 60 et au début de la décennie suivante. N'est-ce pas Jonathan Richman ? Jay appartient naturellement à cette époque par bien des aspects bénite. Entre la douceur d'un paino et l'électricité d'une guitare, Jay ne tranche pas et joue invariablement des deux instruments.
|
Il est d'ailleurs amusant de constater qu'avec ses moyens voulus modestes la famille K record - auquel appartient Jay - ne donne pas tant un écrin lo-fi aux chansons directes et franches du collier de Jay mais bel et bien une patine vintage : la prise de son dans le jus fait de A Place where we could go un rescapé du rock patte def. Ce qui est nouveau chez K record. Pourtant l'album évite tout sentiment de pastiche par la qualité même des compositions de Jay. Car dans un format bouclé-serré de 2'30 par chanson, Jay file à l'essentiel tout en ne gardant que le meilleur. Bref, un nom à retenir. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Temposhark - the invisible line
2008 – 12 titres – 46'20
Style : Electro-pop
Label : Groove attack / Nocturne
|
Note : 5,5/10
|
|
Le duo anglais Temposhark sait tromper son monde. On les savait électro-pop et on les découvre en ouverture d’album sans aucune machine derrière eux. Pire – ou mieux c’est selon – sans électricité aucune avec un Don’t mess with me orchestré comme un Depeche Mode version cordes avec un Robert Diament au chant tenant tous les musiciens à la baguette. Un départ en fanfare ou plutôt en orchestre qui va induire en erreur sur la suite et mettre la barre un peu trop haute d’entrée. La suite va ressembler à ce que le nom des producteurs peut laisser supposer. Avec Sean Mc Gee producteur de Frou Frou (vous savez les auteurs de let go sur « garden State ») et Guy Sigsworth membre lui-même du duo mais aussi collaborateur sur le premier Emiliana Torrini et même pour Madonna, on sait à quoi s’attendre.
|
Grosse mélodie, gros son mi-machine mi organique, les titres sont malheureusement souvent un peu trop grandoliquents et sur ce piédestal trop clinquant, Diament chante parfois comme s’il participait à l’Eurovision. Tout est ici est question de dosage – et comme chez Frou Frou – certains titres moins tonitruants se révèlent plus touchants ( It’s better to have loved). Diament, dès lors, touche à la tempérance vocale de Martin Gore. Et ce n’est plus mal. Avec Knock me out, on n’est pas loin de I am X. Avec Not that big, on n’est pas très loin de Madonna. Preuve que Temposhark est au final (trop ?) grand public. Un peu plus de finesse n’aurait pas fait de mal. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Essie Jain - We made this ourselves
2008 – 10 titres – 37’10
Style : Folk
Label : Leaf / Differ-ant
|
Note : 8,5/10
|
|
Télérama, l’hebdomadaire qui peut faire la pluie et le beau temps sur la musique (et fait vendre pragmatiquement sur son seul avis quelques milliers de CD), a récemment honoré de 4 F l’album d’Essie Jain. S’il ne faut pas prendre pour argent comptant les avis des facilement méchants journalistes du magazine, force est de constater que ces plumes bien-pensantes ne prennent que rarement la peine de parler d’une jeune artiste inconnue sortant son album sur un label indé. Courageux mais pas téméraire, le Télérama. Juste pour vous dire qu’il se passe peut-être quelque chose avec cette Essie Jain, une artiste désarmante de talent. Comme Joanna Newsom, la jeune Américaine semble préserver du temps et de l’époque et faire de la musique dans son coin en dehors des modes et du chahut. Comme si sa musique intemporelle sortait tout en douceur d’un boudoir pour jeune fille bien élevée. We made this ourselves est le fruit musical des alcôves de la féminité.
|
La voix pure d’Essie, différente pour la peine du timbre de cartoon de Newsom, est un véhicule parfait pour vivre la passion de la musique. Essie a un certain pour goût pour la scénarisation, apparaissant d’abord presque nue ( Glory en ouverture) pour se parer ensuite de différents instruments (cordes, chœurs, piano, harmonica…) comme autant d’étoffes différentes pour un joli buste. Son éducation a dû être classique : Ravel, Fauré mais aussi Kate Bush…Une jeune femme bien éduquée, cultivée sans doute ayant passé son enfance et adolescence en Angleterre. C’est vrai qu’on l’imaginerait bien en Virginia Wolfe, exprimant une sensibilité exacerbée avec beaucoup de grâce. Ou comme héroïne d’un livre de James Joyce donnant chaleur et ferveur à une veillée autour d’un piano ( Disgrace). Avec simplicité et évidence, We made this ourselves est un petit enchantement. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
UFO goes UFA – Pop garage symphonie N°9
2008 – 10 titres – 27’
Style : Garage
Label : Freaks ville record
|
Note : 5/10
|
|
Intrigué par le nom de l’artiste et par le nom de l’album (collé à la fois pop, garage et symphonie dans la même formule, cela a de quoi titiller), je me précipite écouter ce premier album d’un nouveau groupe belge. Et bien ?…eh bien… ? Le premier Hong Kong Slasher, blues rock sur des guitares saturées, ressemble ni plus ni moins à du Stooges. Un inédit de Iggy ? Non, la voix n’a rien d’iguane. Non c’est bel et bien UFO goes UFA derrière le morceau, même sur le suivant Twilight salope qui évoque carrément I wanna be your dog ! On oublie vite le titre intriguant qui sert surtout à expliquer que nous sommes face à un album-concept dont le concept nous échappe un peu.
|
Les quelques claviers spatiaux nous mettent sur la voie du cosmos et de quelques extra-terrestres en goguette. Renseignement pris, UFO goes UFA est produit Kramer, ingé son pour Jon Spencer entre autres, ce qui explique grandement ce son crade qui unifie l’album. Une batterie minimaliste pour ne pas dire militaire, un violon électrique comme John Cale…Les Belges aiment aussi beaucoup le Velvet. Le morceau de bravoure de l’album, Starsign Vodoo killer (près de 8’ sur un album qui en compte 27), larvé et insaissable se détache plus des références ultra marquées du trio. Bref, c’est un peu court, messieurs et mademoiselle (car à la batterie, c’est bien une fille comme Moe Tucker). Site
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
The Breeders – Mountain Battles
2008 – 13 titres – 36’43
Style : Rock
Label : 4AD / Naïve
|
Note : 7,5/10
|
|
Initialement créé comme projet récréatif pour Kim Deal des Pixies et Tanya Donnelly des Throwing Muses, The Breeders a vu son avenir lui échapper. Non pas car Donnely est partie créer Belly - et s’enfermer ensuite dans une carrière solo médiocre soit-dit en passant - mais bel et bien à cause d’un seul titre. Mais quel titre ! Cannonball est bel et bien un des morceaux les plus importants des années 90 et même au delà. On en a presque oublié le reste de l’album (Last Splash avec pourtant des petites perles singulières comme No aloha, divine hammer, invisible man). Cela a en tout cas failli enterrer aussi sec The Breeders. Un retour discret en 2002 (Title UK) puis plus rien jusqu’à ce Mountain Battles au titre prémonitoire puisque de Kim Deal et sa sœur jumelle se battent contre une montagne – le fameux Cannonball - qu’elles ont elle-même dressée. Pas de tube intergalactique sur ce nouvel opus (la faiblesse de l’album) mais un Mountain Battles affirmant une solide personnalité.
|
Sur le papier, The Breeders c’est un peu le chaînon manquant entre Pixies ( Walk it off ou la sérénade regalame esta noche) et Throwing Muses ( German Studies). On le conçoit aisément au vu du passé de Kim Deal et du socle même de The Breeders : cette association de deux filles guitaristes-chanteuses qui en rappellera une autre, deux vraies sœurs ennemies capables de se chercher des poux dans la tête. Le reste du groupe (basse et batterie) est donc interchangeable et ne sert que de fondation solide aux élucubrations sonores de nos deux frangines. Certains titres sont donc 100% Breeders, c’est-à-dire des classiques du rock tordus et refondus pour devenir des prototypes sortant d’usines sans avoir reçu la validation de tous les pilotes d’essai. L’album commence d’ailleurs très fort avec overglazed et ses delays à foison et ses guitares avant-arrière rendant psyché ce qui n’était au départ qu’un simple titre rock. Que dire d’ Istanbul sorte de blues moite habité par des chœurs hip hop ! Les sœurs Deal ne sont pas domestiquées et savent encore envoyer le bois sur le Stoogien No way ou sur It’s the love, reprise Weezer-ien et survitaminé d’un titre The tasties, un obscur groupe sixties. Comme quoi, même en matière de reprise, The Breeders ne fait rien comme les autres ! Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
The BellRays - Hard Sweet & Sticky
2008 – 11 titres – 39’33
Style : Rock n’Soul
Label : Vicious Circle
|
Note : 8.5/10 |
|
Découvert pour ma part en 2002 avec le bien nommé Meet the BellRays, les BellRays complètent leur discographie déjà bien remplie par ce nouveau 11 titres baptisé Hard, Sweet & Sticky.
Malgré le départ du guitariste qui était aussi le compositeur et le producteur du groupe, je vous fiche mon billet de voir une quelconque variation de tendance, de style ou même de qualité dans la nouvelle production du groupe.
L’album respire toujours ce mélange audacieux de Rock et de Soul music. Sa chanteuse, Lisa Kekaula nous offre toujours aussi généreusement sa voix pleine de chaleur et de force, les musiciens bataillent toujours aussi ardemment à coup de 6 cordes et de futs résonnants. Le groupe va jusqu’à se faire plaisir entre deux titres véritablement heavy à offrir le plus beau et le plus poétique titre soul des 20 dernières années (Blue Against The Sky). |
Mais en Psychotic Hate Men, le groupe enchaine sur un nouveau titre digne des Stooges, qui auraient emprunté Patti Smith à son band. Sur la fin d’album, Lisa nous fait presque du Portishead avec ce tres feutré Wedding Bells, long de 6 bonnes minutes, pendant que le reste de l’album tourne régulièrement autour des standard 2 minutes 30 par titre. C’est d’ailleurs sur ce format que le groupe termine sa livraison 2008 avec un Pinball City, aux accents plus que jamais 60’s, des claviers fou de Jerry Lee Lewis à la voix cuivrée et merveilleuse d’Aretha Franklin.
De quoi convaincre les plus sceptiques à se rallier au plus grand groupe de rock & soul en activité !
Hard, Sweet & Sticky, un album à la fois dur et doux qui vous colle au cœur et au corps !
www.thebellrays.com/
Myspace.com/thebellrays
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Thrice - Alchemy Index, Vol. 3 & 4
Air - 2008 – 6 titres – 20’58
Earth - 2008 – 6 titres – 20’58
Style : Post-Rock / Emocore
Label : Vagrant
|
Note : 8.5/10 |
|
3e et 4e volet de cette fresque musicale, Alchemy Index, débutée en 2007 autour des 4 éléments (Feu, Eau, Air et Terre).
Petit rappel : le groupe Thrice est originaire de Californie (Irvine). Depuis 1997, il œuvrait dans le milieu Hardcore. Jusqu’en 2005, date à laquelle, le groupe décide de mettre un peu de nuance dans ses compositions.
Avec ces 3e et 4e volets de l’Alchemy Index, le groupe continue à nous bluffer avec ses alternances de tempo, ces va-et-vient de chaud et froid dans les oreilles, cette violence et cette douceur unis pour le meilleur uniquement.
De fait, par son format, Alchemy Index s’affiche déjà comme le plus impressionnant travail composite des 10 dernières années, dans la lignée de l’étonnant et toujours retantissant Meloncolie des Smashing Pumpkins (pour son format et son travail de composition). Mais au-delà de l’aspect tableau à plusieurs facettes, le groupe nous livre une interprétation mélodique, rythmique et vocale totalement personnelle des 2 derniers éléments, à qui ils donnent véritablement vie et parole.
|
On notera de grands moments de tempête (Daedalus, The Sky Is Falling) sur le premier volet, alors qu’on retiendra des titres plus acoustiques d’une simplicité et d’une douceur rare (Moving Mountains, The Lion and the Wolf) sur le second.
Alchemy Index, Vol. 3 & 4 est aussi l’occasion de replonger dans les deux premiers éléments, l’eau et le feu, qui avaient là encore de quoi apporter des représentations soniques des plus imagées, entre vagues tempétueuses, calme plat, et déluge de feu incandescent !
Loin des premières tendances alternatives, Alchemy Index, Vol. 3 & 4 complètent magnifiquement les deux premiers joyaux et apportent à Thrice une nouvelle vie, et une nouvelle étiquette entre post-rock et post-hardcore, se rapprochant même de l’émocore et leur ouvrent ainsi de nouvelles portes sur le monde ! On peut parfaitement les imaginer cet été sur les festivals, en compagnie de Tool ou de Deftones. Cela ferait une p…. de belle affiche !
Alchemy Index, Vol. 3 & 4 est un double album impressionnant aux vertus séductrices évidentes !
www.thrice.net
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Hayseed Dixie - No covers
2008 – 14 titres – 50’52
Style : Country Rock
Label : Pinnacle
|
Note : 6.5/10 |
|
Dans les Appalaches, le trou du cul de l’Amérique, on s’ennuie. On s’ennuie vraiment beaucoup. Du coup, on cherche à s’occuper. La musique. Elle arrive avec 20 ans de retard et les racines country sont fortement ancrées !
C’est ainsi que l’on pourrait romancer la genèse de ce groupe hors du commun, né dans ces drôles de montagnes américaines. Hayseed Dixie (prononcez à l’américaine ACDC…) a enregistré son premier album, après nombres de prestations scéniques dans leur région, au répertoire australien tres prononcé (A Hillbilly Tribute To AC/DC) mais aux sonorités profondément américaines.
De festivals en festivals, leur dégaine d’anti-gentleman farmers a fini par attirer l’attention d’un public de plus en plus grand, dépassant alors les frontières de l’Amérique !
|
No covers est un tournant dans la carrière du groupe, puisque cette fois, comme le titre de l’album l’indique clairement, ils ont choisi d’enregistrer des chansons originales, inspirées, malgré tout par l’ensemble des groupes qu’ils ont pu croisé sur leur route. Le résultat est là : 14 ballades folk, rock, country, rockgrass, rock n’roll. Pas de ligne précise à tenir. Juste du plaisir et de la sueur ! Un banjo ici, un violon là, une guitare électrique pour moderniser l’ensemble, et voici Hayseed Dixie qui réinvente le rock et son histoire, sans même avoir fait exprès…
Si vous souhaitez vous offrir une tranche de dépaysement, un brin chaleureux, un tantinet country rock, un soupçon folk irlandais, passez par ce No covers. Vous ne serez pas déçu !
No covers est un album plein de surprises qui vous rendra votre bonne humeur !
www.hayseed-dixie.com
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Bettina Schelker - The Honeymoon is over
2008 – 14 titres – 44’02
Style : Folk
Label : Found a Girl
|
Note : 7/10 |
|
Apres un album Willkommen découvert à Paris, lors d’une tournée européenne en support de Chumbawamba, Bettina Schelker est de retour avec The Honeymoon is over.
Celle qui nous avait réconciliés avec la langue de Goethe avec sa folk pop germanique oriente ses efforts dorénavant vers une folk majoritairement anglophone. Le résultat se traduit par un arrondissement des angles bien évident, à l’exemple du « mielleux » The Honey Moon is over, nouvelle ballade que tous les adolescents découvrant la guitare devrait apprendre très vite par cœur et livrer à leur premier public sur les plages de Palavas les flots ce prochain été ! Oh no Oh no The Honey moon is over….
De quoi faire sérieusement de l’ombre à Sheryl Crow ou Heather Nova ! Elles n’avaient pas besoin de ça
Malgré tout, sans plaisanter, Bettina continue à écrire de jolies ballades, enclin à la popularité, mais toujours pleine de nostalgie et de morosité. Elle laisse d’ailleurs encore une bonne part à sa langue natale avec des titres plus sombres, plus dépressifs ou plus introspectifs tels que Wegbereiter, Eissturm, ou même Ritter, qui offre des rythmes acoustiques hypnotiques !
|
L’album se termine en accord mineur, sur la plus triste ballade de l’album, Solo Trek (téléchargeable gratuitement sur son site : 3 titres dont celui-ci), qui convaincra les plus sceptiques d’écouter la folk à travers une autre culture que celle de Bob Dylan et Joan Baez !
A 35 ans, la chanteuse suisse livre ici son 4e album, et très certainement le plus ouvert de sa carrière ! Porté par un single éponyme au potentiel énorme, The Honeymoon is over, l’album conserve l’esprit mélancolique que Bettina Schelker est parvenu à délivrer jusqu’ici dans chacune de ses productions.
Une ouverture plutôt réussi de l’intimiste (et confidentielle) folk vers une pop libre et démocratique !
www.bettinaschelker.ch
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Alec Empire - The Golden Foretaste of Heaven
2008 – 10 titres – 41’51
Style : Electro-Rock
Label : Eat Your Heart Out
|
Note : 5.5/10 |
|
Je m’attendais à vous chroniquer ici un album d’une puissance rare, d’une énergie agressive avec des guitares incisives, des machines rugissantes…
Et puis voici ce Golden Foretaste of Heaven, le tout nouveau Alec Empire, dans sa version 2008, à peine deux ans après Futurist, toujours aussi electro mais tellement moins indus… ou tout du moins bien moins punk que son prédécesseur !
Le bien nommé New Man qui introduit cet album nous conduit sur des rives empruntés par la scène rock, pop et électro de la fin des années 90. L’énergie est bien présente, mais l’ambiance serait presque fun…
La suite surenchérit de sons programmés, trafiqués, triturés, le rythme s’essouffle puis reprend son souffle sur un Down Satan Down (Dub) au dub étonnant et inattendu ! Le second bon moment de cet album assez déstabilisant au premier abord.
|
Bizarrement, à ce moment, je pense à ce que Billy Idol avait essayé de nous vendre il y a 15 ans de cela déjà, avec son Cyber punk qui n’avait de punk que sa chevelure New wave sur le retour et de cyber, quelques sons sortis de vieux jeux video Amstrad.
Or, si vous montez le volume de ce The Golden Foretaste of Heaven parmi quelques titres bien choisis de l’album, vous devriez enfin comprendre ce à quoi pourrait vraiment ressembler le Cyber punk du XXIe siecle. Un concurrent sérieux à notre Jad Wio national.
Mais vraiment, cet album est déroutant !
www.alec-empire.com
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Kelly de Martino - Honest
2008 – 10 titres – 38’38
Style : Folk hanté
Label : Village vert / Wagram
|
Note : 8,5/10
|
|
Honest. Quel beau titre d’album ! Un aveu, un credo, un vœu pieu. L’Américaine, entre Paris et Los Angeles, a enregistré un album qui lui ressemble. L’atmosphère est au cocooning, les images semblent au ralenti. Sur la longueur, avec d’autres, on pourrait craindre l’endormissement. Avec d’autres, c’est ce qui arriverait à un album en apparence monochrome. Mais dans ses amoncellements de guitares aux effets diaphanes (Honest, Just like you), dans ses rêveries pour piano somnambule (All this breaking, the last time), dans son folk abstrait (Long long long, reprise de George Harrison), dans ses envies plus
|
directes (le Velvet-ien Delilah), dans ses réminiscences Shoegazing ( King of december), dans sa pop orchestrale paradoxalement intime( Scared), dans tout ça, Kelly Martino maintient toujours le fil magique qui l’a relie à l’auditeur. De sa voix résonnante, elle rend captif celui qui aurait dû bailler. La diversité dans une même continuité, un même sentiment de quiétude mélancolique délicate d’une musique qui semble sortir d’un papier de soie (de « soi » ?). Mazzy Star avait déjà réussi pareil défi. Kelly Martino réitère le miracle. Le silence qui suit Kelly Martino est encore empli de la présence angélique de la belle. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Barzin
2003 réédité en 2008 – 8 titres – 42’11
Style : Pop
Label : Monotreme / Differ-ant
|
Note : 8 /10
|
|
Il n’est pas toujours facile de se plonger à posteriori dans le premier album d’un artiste – le mot souvent galvaudé est ici le bon – que l’on avait adoré avec son deuxième. On peut trouver l’album immature, différent, décevant…Sauf qu’avec Barzin, pas de problème : dès les premières notes, on retrouve ce qui nous avait tant charmé sur My life in rooms. Ce qui prouve que Barzin n’avait pas eu la chance de pondre juste un chef d’œuvre. Le Canadien vous impose tout de suite son rythme, lent, et ses ambiances, cotonneuses. Les ingrédients musicaux sont les mêmes, pour celui que l’on avait mis sur la même étagère que Low, Mazzy Star ou Spain.
|
Des atmosphères délicatement dessinées sans aucun tapage où chaque instrument se fond dans un même camaïeu pour servir d’écrin à la voix de Barzin. Cet album est aussi un formidable hymne à la guitare ou plus précisément au son de guitare. Réverbérée, en slide, en arpège délayée, l’instrument avance à pas feutré, avec une délicatesse sans pareille. Avec Sleep, l’album se clôt sur des guitares qui poussent plus loin les effets : la musique devient rendant presque abstrait et le son comme une matière impalpable. La musique de Barzin dérive dès lors vers les atmosphères éthérées de Labradford. Un résumé in situ d’une évolution normale de la forme musicale. Déjà top ! My space
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Emily Jane White - dark undercoat
2008 – 10 titres – 40'
Style : Folk crépusculaire
Label : Talitres / Differ-ant
|
Note : 7/10
|
|
Emily Jane White est une nouvelle songwriteuse folk, à la voix légèrement rauque. Une de plus, oui mais pas une de trop car dark undercoat vous apporte bien malgré vous sur les terres d'une mélancolie blanche très noire. Une guitare, un violoncelle parcimonieux, une basse/batterie fantomatique et la voix de la jeune femme, le traitement est simple mais beau. Emily Jane White reste néanmoins électrique, à l'instar de Cat Power ou de Shannon Wright auxquelles elle fera immanquablement penser.
|
Il y a cette même violence rentrée, cette folie latente et ce gros grain qui fait les artistes de chair et de sang. Quelques éclairs plus sereins ( Time on your side, pour la peine acoustique) et quelques perles noires où l'on retient son souffle ( The Demon pour la peine au piano). Chan Marshall a délaissé ce genre de paysage, Emily Jane White la remplace sérieusement jusqu'à parfois devenir son clone. Rien de nouveau sous le soleil couchant de l'Ouest américain, sinon la routine d'une nouvelle artiste inspirée made in USA.
Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Laurence Revey
2008 – 14 titres – 55'
Style : Electro-pop/ Pop onirique
Label : Muve recordings / Naïve
|
Note : 6/10
|
|
Laurence Revey a le CV long comme le bras ; elle qui a eu la chance de collaborer avec des artistes comme Bugge Wesseltoft, Hector Zazou, Nils Petter Molvaer, Gus Gus ou Transglobal Underground. Tous ont été intéressé le grain de voix de la Suissesse. Ce qui ne l'empêchera pas de passer, pour nous Français, comme la petite soeur de Diterzi. Comme un défaut hexagonal de toujours ramener la couverture à soi. En fait, Laurence Revey a surtout une bonne partie des mêmes influences de Claire Diterzi - en même temps, on le remarque car le chemin est moins largement emprunté et donc plus spécifique. Les deux femmes ont cette même facilité d'intégrer dans la pop des éléments world et d'utiliser avec naturel des machines. Et ce n'est pas avec Arto Lindsay (David Byrne, Laurie Anderson) et Bardi Johannsson (Bang Gang), entre autres producteur de l'album, que ces deux points vont changer. A voir la pochette "girlie", on déchante un peu. Et le début variétoche de Jour/nuit ne laissait présager rien de bon. Pourtant, ce titre placé en début d'album résume à lui seul une oeuvre mélangeant le très haut et le très bas. Preuve que ce genre de musique, fortement ornementée et féminisante à l'extrême, est vraiment casse-gueule. Le jour et le nuit, à l'instar du titre lui même qui, s'il commence mal, finit bien dans une pop trip hop (on pense à Archive) qui, sur la longueur, a la pouvoir d'un filtre d'amour. Pour le reste de l'album, on peut séparer dans deux colonnes ce qui fonctionne bien et ce qui se plante en beauté.
|
Commençons par les points qui fâchent : un texte et une mélodie aussi simpliste que Zazie plombe un morceau par ailleurs arrangé de cordes dans l'esprit d'un Ravel Orientaliste ( L'eau) ; un ave maria embourbé dans la guimauve et qui pousse même le vice à sortir un son de flute à la niaiserie proche de Titanic. Et je ne parle même du bonus track God save the peace, reprise de l'hymne américain qui vous donne des caries illico presto). Qu'il est dur de ne pas tomber quand votre musique d'équilibriste essaye de toucher à la pureté en passant sur un océan de pathos, de décorum, de sensiblerie. Pourtant comme Claire Diterzi, peut-être plus aguerrie à l'exercice, Laurence Revey touche au but sur une bonne partie de son album. La jeune femme fait sienne la pop hallucinogène de Crustation ( Your soul), l'électro-pop worldisante de Bel Canto ( Valts'in, stay, le maundo), des sonorités plus rock mais tout aussi sensuelles ( I know...au jeu des références, on pense à Omr). Comme Liz Frazer, elle utilise les langues étrangères comme autant de sonorités différentes possibles. Dans ces moments, on est prêt à succomber à ces appels vers l'onirisme. Dommage que d'autres fassent aussitôt retomber le soufflet...
Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Trouble over Tokyo - Pyramides
2008 – 10 titres – 39’58
Style : Electro-populaire
Label : Klein / Nocturne
|
Note : 6/10
|
|
Lu sur un blog « Trouble over Tokyo, c’est la rencontre de Justin Timberlake et Thom Yorke ». Sincèrement, je n’y avais pensé mais le raccourci – forcément réducteur - est assez juste. Plus proche du premier quand le chant et la musique sont rythmiquement décomplexés (The Liar presque R’n B). Plus proche du second quand une émotion rentrée parcoure la musique (le touchant – et meilleur morceau de l’album - Start making noise). Trouble over Tokyo est l’œuvre d’un seul homme, Toph qui associe machines et instruments acoustiques. Un travail hybride entre laborantin électronique, arrangement pour cordes et chanteur à paillettes qui rappellera quelques souvenirs aux anciens fans de Ben Christopher. Mais, Trouble over Tokyo est autrement plus solaire :
|
cet excellent « ambianceur « n’en demeure pas moins un artiste des plus populaires dans ses compositions. Les programmations ont beau faire résonner un cœur électronica, devant la mélodie est ouvertement radiophonique ( 4.228 chanté avec Millie Blue). L’Anglais n’est pas contre faire un saut dans les années 80 où les claviers rutilants sur un funk blanc étaient roi ( Washing out the Dirt). Le fameux côté Timberlake… Le gars est doué c’est clair mais un peu trop d’emphase et de pathos nuit à une musique qui ne fait pas émotionnellement dans la dentelle. En tout cas, une chose est sûre : signé sur une major, Trouble Over Tokyo serait un carton mondial. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
REM – Accelerate
2008 – 11 titres – 34’52
Style : Rock
Label : WEA
|
Note : 8/10 |
|
Plus que la carte postale dans sa version 2008 en provenance d’Athens (USA), REM a remis du Crunch dans son petit déjeuner avant d’entrer en studio et enregistrer ce tout nouveau, et bien nommé, Accelerate…
Rien de surprenant, le groupe a toujours travaillé ainsi, choisissant d’alterner calme et tempête, d’un album à l’autre. On se souvient du calme Green, suivi du tempétueux et successfully Out Of Time, aussitôt suivi du discret mais tout aussi successfully Automatic For The People, avant de revenir à la grande machine avec Monster. C’est peut-etre le secret de longévité du groupe apres pres de 30 ans de carriere…
La tournée, tres dynamique, nous avait, de tout façon, préparés à un tel événement. Et même, I’m gonna DJ, inédit alors, qui avait quasi clôturé la plupart des concerts (juste avant Man on the moon, se retrouve ici, en fin d’album. De quoi donner à l’auditeur l’impression de déjà connaître l’album, et d’offrir ainsi, sur un album tout neuf, un premier tube. En ouverture, Living Well Is The Best Revenge, met immédiatement dans l’ambiance. Pas d’intro. Rien. Que du son, du rythme, de l’électricité et une ritournelle évocatrice « bien vivre est la meilleure revanche… ».
|
Man-Sized Wreath, sur un rythme, à peine plus lent, nous électrise tout autant. Un tube en puissance. Tout comme Supernatural Superserious, proche des ballades habituelles du groupe, et déjà un tube sur toutes les radios… La suite, c’est du REM, c’est du Rock et ce sont des tubes, des tubes et encore des tubes !
REM est très certainement un OVNI dans l’univers musical mondial : sans doute, le seul groupe, à parvenir à concilier notoriété et indépendance, succès et talent, vente et qualité. Je cherche mais n’en trouve pas d’autre. Radiohead peut-être aussi. Mais le nombre de tubes est encore bien en deça… cherchez de votre côté, et prevenez moi ;-)
Quoi qu’il en soit, si vous aimez le rock et que vous aimez , vous allez adorer ce nouvel album.
Accelerate devrait maintenir REM au sommet. Tout en haut !
http://remhq.com
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Duffy – Rockferry
2008 – 10 titres – 37’49
Style : Soul
Label : Rough Trade
|
Note : 7.5/10 |
|
La Soul music a un côté magique. Une forme de perfection dans l’interprétation : la voix de ses interprètes est toujours limpide, juste et pleine de chaleur. Un vrai bonheur pour le mélomane comme pour n’importe quel auditeur.
Duffy n’échappe pas à cette règle sacrosainte, et nous révèle une voix profonde, puissant et pleine de charme. A peine 23 ans, originaire du Pays de Galles, elle s’est fait entourer des mentors du label Rough Trade et d’un dieu de la Pop, Mr Bernard Butler, dont on avait découvert un travail assez proche, il y a quelques années, avec un certain McAlmond. Sans parler de la pop organique de Suede et The Tears.
Rockferry, son premier album, est une merveille. Outre la voix d’exception mise en avant avec brio, l’album révèle des chansons aux mélodies subtiles et aux arrangements classiques. Le son, quant à lui, est terriblement moderne, d’une grande pureté. C’est tout juste si le single Mercy ne passe pas pour un OVNI dans cette production, par son esprit Aretha Franklin bien trop marqué. Peut-être une façon de s’accaparer le public d’Amy Winehouse, précédente icône du genre en 2007…
|
Rockferry, le premier single éponyme de l'album, avait déjà cet esprit 60’s, mais lorgnant plus sur la Motown américaine ou des icones telles que Gladys Night, modernisé par James Bond à la fin des années 80. Serious, plus chaud, plus R’n’B, ou plutot Rythm & Blues, a un air de déjà entendu lui aussi, et devrait certainement faire l’objet d’un 3e single de l’album. De quoi permettre à la nouvelle diva de la soul de se faire connaître sur toutes les radios d’Europe.
A vous maintenant de découvrir sur disque cette chanteuse d’exception et cet album tout aussi exceptionnel.
Rockferry devrait vite devenir un incontournable du genre et vous vampiriser….
Une nouvelle étoile brille dans le Nord du pays de Galles. Elle s’appelle Duffy !
www.iamduffy.com
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Paramount styles – Failure american style
2008 – 11 titres – 41’51
Style : Rock
Label : Cycle / Differ-ant
|
Note : 8,5/10
|
|
Scott Mc Loud ne s’est jamais reposé sur ses lauriers : avec Girls against Boys, son groupe, il aurait pu dérouler des Superfire à la chaîne. Cela aurait fait plaisir aux fans du groupe New Yorkais et cela aurait pu lui garantir quelques succès radiophoniques. Mais non, l’Américain n’est pas statique, comme l’avaient déjà montré ses side-project, New Wet Kojak et Operator, duo formé avec l’électronicien Teha Teardo. Paradoxalement, McCloud a repris le goût de la guitare acoustique avec ce projet électro-rock, un goût qui s’affirme aujourd’hui avec un album largement acoustique. Failure american style est donc un vrai premier album solo où McCloud avance masqué avec son pseudo mais au meilleur de sa forme de mélodiste.
|
Le traitement plus léger laisse plus respirer les morceaux comparativement à l’étau instrumental mis en place dans le dispositif par GvsB (avec les deux fameuses basses). Ce qui n’exclut pas quelques pointes d’électricité dissonantes, les chats ne font pas des chiens. Et puis, on retrouve Alexis Flexig à la batterie, comme afficher une filiation naturelle avec GvsB. La musique reste donc abrasive et la voix a toujours cette pointe de cynisme qui fait toute la personnalité de McCloud et qui l’élève en maître du jeu de sa propre musique. Mais certains éléments ne manqueront pas de surprendre comme l’usage inédit d’un violoncelle. Ultime pied de nez, one last surprise est un doux instrumental qui évoque l’amour courtois d’un piano et d’une guitare acoustique. Une dernière surprise pour un album étonnant… de constance créative et de qualité musicale. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Zita Swoon – Big blueville
2008 – 10 titres – 36’49
Style : soupe fade
Label : Chirakee / Discograph
|
Note : 4,5/10
|
|
Stef Kamil Carlens a toujours voulu être un artiste « grand public ». La raison de son départ des bouillonnants dEUS venait sans doute de là : trop de bruit aux oreilles chastes du Belge. Jusque-là, Zita Swoon avait réussi son pari, celui d’être un groupe populaire tout en restant personnel voire facétieux (life = a sanctuary). Avec A song about a girls, le groupe avait un peu plus calmé le jeu mais avait proposé un album original (acoustique et marqué par la musique cubaine). Stef Kamil Carlens aime être sur le fil : pour preuve sa collaboration avec Axelle Red laissait présager le pire mais sauvait les meubles. Ouf ! On pouvait –et on peut - toujours compter sur Zita Swoon sur scène, vrai moment de magie et de prise de risque. Mais Big blueville, séquelle de Blueville inédit chez nous (pour cause de rachat de V2) enrichi de nouveaux morceaux et de relectures d’anciens, marque sans doute un tournant.
|
Et pas pour le meilleur. Pour l’heure, Zita Swoon ressemble désormais à un groupe de café-concert, maniant le jazzy (comme version édulcorée du jazz), le bluesy (idem), les percussions cubaines, les chœurs féminins de black, les mélodies californiennes (Chris Rea revient) avec le savoir-faire du bon musicien et la fadeur d’une vision musicale et créative réduite. Prêt à tout pour faire bouger son audience (qui risque la léthargie), Zita Swoon refait un ersatz de LA Woman et s’essaye même au ska. Stef Kamil Carlens s’exprime en français sur quelques titres co-écrits avec Miossec avec la figure Arno en ligne de mire (qui n’est pas déjà la plus indispensable des références) dans une transcription non avinée et pour tout dire inintéressante. Un ou deux titres sympathiques (le fin Quand même content proche de Moustaki ou de Lavilliers ; l’enlevé People Can't Stand the Truth ) mais pas non plus l’extase. Passez votre chemin, il n’y à rien à entendre. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
The Sleeping Years - We're Becoming Islands One By One
2008 – 10 titres –
Style : Folk
Label : Talitres
|
Note : 9/10 |
|
Dale Grundle a mis près de 10 ans à préparer son retour. Et pour parfaire la surprise, il a orienté sa musique vers des horizons, proches de ses racines, et bien loin de ses premières amours. Tout du moins à première vue.
Sans rentrer dans le détail d’une histoire du Rock qui a déjà fait couler beaucoup d’ancre, et bien plus encore de groupes, plus géniaux les uns que les autres, nous diront simplement que Dale Grundle, dans les années 90, c’était Les Catchers, et que les Catchers, pendant quelques années, ont surfé sur la même vague que les Belle and Sebastian, et autres groupes pop folk de talents. Et puis, en à peine un EP et deux albums, le groupe a tourné le dos à son avenir, laissant continuer seuls leur route à des Divine Comedy, des Pulp ou même des Freres Gallagher, en mal d’inspiration mais toujours actifs.
10 ans après cela donc, Dale Grundle a digéré son passé et son passif et reprend son œuvre, à quelque pas de là où il l’avait abandonné.
Exit la folk pop des années 90’s. The Sleeping Years, le bien nommé, nouveau groupe identifié sous la forme d’un trio se veut plus influencé par l’histoire d’une Irlande du Nord, dont Dale est originaire que par les Beatles…
|
La musique de The Sleeping Years est posée, délicate. La voix est discrète et harmonieuse. Les mélodies conservent les derniers souvenirs de l’esprit pop qui a jadis habité l’esprit de Dale. L’orchestration est à la fois discrète et riche, usant des classiques guitare, basse, batterie avec modération, et y ajoutant sans grand frais, un violoncelle et quelques pianos acoustiques ou amplifiés.
Le résultat est dans la totale modération, s’ouvrant sur une folk classique, portée par une voix soliste. Au troisième titre,You And Me Against The World rappellera aux fans de la première heure, les plus belles heures des Catchers. Mais sitôt l’hommage rendu, The Shape Of Things To Come retrouve la tension d’une musique à fleur de peau. Un Human Blues en fin de parcours, nous scotche défintivement en offrant un concentré d’émotion, comme rarement entendu (on se rappelle un certain Laughing stock de parfois.). Et Dressed for Rain et son violoncelle aussi discret que la voix de Dale confirment encore les premières impressions en fin d’album.
Avec The Sleeping Years, Dale Grundle sort de son coma et du silence, pour nous plonger dans un murmure.
Un retour discret mais somptueux ! Myspace.com/thesleepingyears /
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Malcolm Holcombe - Not Forgotten
2008 – 12 titres –
Style : Blues Folk Country
Label : Munich Rec. / Nocturne
|
Note : 8/10 |
|
Chanteur Folk américain des hautes plaines de la Caroline du Nord, Malcolm Holcombe n’est pas né de la derniere averse. Un premier album en 1985 marque le début d’une carrière difficile à amorcer. La concurrence est forte dans ce registre dans ces lointaines contrées. Qu’importe, à force de persévérance, Malcolm transforme l’essai en 1994 avec un second album. Et tout s’enchaine alors, toujours dans la lointaine Amérique, de salle de concert en repère de biker, de studio en articles élogieux dans Rolling Stone Magazine.
C’est finalement en 2008, que l’Amérique nous affranchit de l’existence de ce digne héritier de Johnny Cash. Il nous livre alors ce Not Forgotten, un album blues acoustique rempli d’émotion sorti en 2006, outre Atlantique, mais qui conserve toute sa sueur chaude de routard.
Les 12 titres de cet album entre blues et country, nous font découvrir une voix étonnante, ténébreuse, des mélodies simples, orchestrée d’un harmonica, d’une guitare acoustique et de quelques tapotements sur la caisse de résonance. C’est à se demander parfois à quoi peuvent bien servir ordinateurs, synthé et autres studios 32 pistes, quand on voit ce qui peut être fait avec si peu de choses…
|
En vous plongeant dans le site du chanteur, vous y découvrirez aussi les textes de ses merveilleuses ballades, à l’image de ce Goin’ Home, empli de nostalgie, d’orages matinaux et de souvenirs de voyage. Pour entretenir le mythe country, Malcolm Holcombe s’amuse aussi dans des créations aux refrains usés baby doll oh baby doll standin’ in the rain…
Et si je vous ai convaincu de découvrir Malcolm Holcombe, son site internet vous fera découvrir les 6 ou 7 autres albums qui forment déjà sa longue discographie et, histoire de prendre un peu d’avance, la toute nouvelle livraison du chanteur, Gamblin’ House sorti en janvier aux USA, et qui ne devrait pas nous parvenir avant deux bonnes années…
Not Forgotten, dans la veine d’Eddie Vedder et sa BOF récente de Into The Wild , marque le renouveau d’un style trop longtemps laissé aux anciens. Un retour aux racines de la musique mais une musique plus que jamais vivante et vivace ! Frissonnant !!! www.malcolmholcombe.com /
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
The Presidents of United States of America - These are the good times people
2008 – 14 titres – 39’11
Style : Surf Rock
Label : Fugitive Recordings/EMI
|
Note : 7/10 |
|
Si la carrière des PUSA est quelque part, derrière eux, entre 1993 et 1998, au beau milieu des tubesques Lump, Peaches et autres Video Killed Radio Stars, le groupe n’a cessé depuis de faire des tentatives de retour, plus ou moins remarquées, par des reformations officielles et des albums sortis presque dans l’anonymat en 2000 et 2004. Le single Some Postman, resté pourtant dans la veine des premiers tubes avait atteint péniblement la 31e place des Charts outre-Atlantique.
4 ans se sont encore écoulés depuis, et les PUSA affrontent une nouvelle tentative de retour avec un nouvel album These are the good times people. Emmené par un single ravageur, Mixed Up S.O.B, aux rythmes rock californiens, le groupe espère bien cette fois renouer avec le succès.
Pour ce faire, le groupe propose sur ce nouvel album 14 titres tres variés, aux rythmes changeant, qui devraient passionner les anciens fans comme ceux qui pourraient les découvrir à cette occasion. Le style, reconnaissable entre 1000, reste ici une évidence. Chris Ballew et ses compères ont, il faut le reconnaître, conservé le talent de la composition, comme ce fut longtemps le cas pour leurs contemporains Offspring ou Nadasurf. Et ce petit secret qui sépare un tube d’une chanson.
|
Et ce n’est pas le départ du bassiste Dave Dederer – remplacé par Andrew McKeag – qui y changera quelque chose. Les titres Franch Girl, So Lo So Hi ou Rot in the Sun sont encore autant d’arguments pour permettre aux PUSA de se remettre en selle. Reste à savoir maintenant la place que les médias voudront bien accorder à cette musique un peu vintage, bien loin des nouvelles sensations qui ont rempli les charts sans les attendre depuis 10 ans. Personnellement, je ne parierais pas un centime d’euros sur leurs têtes. Mais ma fibre nostalgique, vibrant depuis quelques écoutes répétées, vous encourage à jeter une oreille distraite sur cet album. Un album rafraîchissant qui sent le sable et le soleil californien. www.presidentsrock.com/
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Tangtype - Flake out
2008 – 9 titres – 48'00
Style : Folk vs Experimental
Label : Humpty Dumpty / Rue Stendhal
|
Note : 8,5 /10
|
|
Le principe est simple et intéressant. Prenez des chansons folks, pures et chantées d'une voix douce et passez-les par le filtre d'un ordinateur maître en concassages, brisures et rayures en tout genre. Comme un morceau de soie que l'on froisse avec fermeté dans l'espoir de révéler encore plus sa richesse chromatique. La mélodie survit-elle à ce traitement de choc ? Au contraire gagne-t-on en intensité, en émotion et en vérité ? A ces deux questions fondamentales, on répond deux fois "oui" et des deux mains encore. Par cette victoire de l'humain sur la machine, la musique de Tangtype révèle sa beauté nue, sa fragilité touchante, tout en affirmant ses particularismes. La voix émerge comme une aurore ; la guitare acoustique raisonne dans l'espace et derrière le ciel se zèbre de nuages et s'électrise d'éclairs (Don't feed blue).
|
Avec ses cliquetis, Lulled by a rubbery sweed rend tangible le travail d'horloger du duo. Avec Unwinking transmission, la guitare flamenco se fond dans un maelstrom sonore à la dérive. Le traitement expérimental nous libère du poids de l'attraction et de nos repères habituels. On s'accroche plus que jamais à cette voix, possiblement doublée et décalée -histoire de nous perdre un peu plus - comme un guide dans cette atmosphère work in progress. On ne tombe pas toujours sur un album marquant au niveau de sa forme - avec un soin extrême apporté aux textures et aux matières - que de son fond. Mazzy Star rencontre Aphex Twin, Anja Garbarek pousse un peu plus ses expérimentations. Corrigeons donc : le principe n'est pas si simple et il est séduisant. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Jack or Jive - Kakugo
2008 – 12 titres – 56'28
Style : Heavenly voices
Label : Prikosnovenie / Anticraft
|
Note : 7 /10
|
|
Kakugo est un concept ancien issu du Bushido. Il y est question de voie du samouraï, de mort, de credo de vie où l'honneur est au centre de tout. Je vous la fais courte mais on peut imaginer que toute une partie de Kakugo échappera à notre compréhension d'occidentaux matérialistes. Jack or Jive, avec ses 22 disques au compteur, fait figure de vétérans dans le genre "heavenly voices" ; comprendre pour le béotien, voix diaphanes et volutes musicales aptes à la rêverie. Dans ces émotions de paradis artificiels, il est facile de tomber dans un toc un peu affecté et un peu souffreteux. C'est d'ailleurs ce qui arrive en début d'album avec war scapes plus proche de Mylène Farmer que Cocteau Twins. Mais est-ce qu'avec Jack or Jive la séduction opère à l'usure,
|
est-ce que les Japonais trouvent par la suite le bon équilibre entre mysticisme et décorum, toujours est-il que le duo fait mouche par la suite. Pas toujours certes - les vieux démons ont la vie dure - mais des titres comme Principles of positive and negative, Shot arrow, It can't be reset ou le monastique Bodhisattva témoignent de cette idée de persistance de la vie dans la mort et de certitude de la mort dans la vie ; cette philosophie qui donne son nom à Dead Can dance. Le duo Perry/Gerrard est une référence évidente, surtout dans la période pré-worldisante des Australiens. D'ailleurs cet album aurait pu s'appeler Spleen and ideal...Car si le concept ne parle vraiment qu'aux japonais, la musique peut donner des émotions sans frontières. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Phoebe Killdeer and the Short Straws - weather's coming
2008 – 12 titres – 47’46
Style : Passéiste
Label : The perfect kiss / Pias
|
Note : 6 /10
|
|
Mine de rien Amy Winehouse relance la mode des chanteuses à voix chaude et des formidables performeuses, tenant la scène avec beaucoup de charisme et présence sexy devant un orchestre impeccablement bien mis. La vision est surannée (Noir et Blanc de obligatoire), la musique l'est tout autant. On est là dans les codes des années 30 à 60, sans recul, sans deuxième degrés, sans sentiment de modernité. Le reproche peut être fait à Amy Winehouse (comme aux insipides Adele ou Duffy), il l'est dans une moindre mesure à faire à Phoebe Killdeer. Pour simplifier, Amy Winehouse est au Rythm'n blues, ce que l'Australienne est au rock. Encore qu'après big five, on imagine Phoebe chanter un Fever brulant ; après he's gone, on l'imagine sortir d'un gâteau en plein coeur du Cotton Club et après Somebody, on s'attend à la voir reprendre Summertime. La preuve que Phoebe Killdeer se réclame d'une époque où les racines noires étaient encore bel et bien là, inévitables et évidentes. On n'attendait pas forcément un tel traditionalisme béat de la part d'une des chanteuses de Nouvelle vague, un passé seulement présent sur l'acoustique et jazzy Licorice skies (qui ressemble à la reprise de Requiem sur le premier Nouvel vague).
|
Marc Collin est pourtant là à la production mais le Français semble avoir laissé la direction musicale à sa petite protégée (elle-même ingénieur du son). Il manque à cet album une certaine folie, et on aurait aimé que Weather 's coming n'adopte pas la panoplie complète de la chanteuse en lamé or ; que Killdeer ne soit pas une copie, tour à tour, de Julie Cruise, Billie Holliday ou Dusty Springfield ( jack). On le dit d'autant plus volontiers que l'Australienne est une formidable chanteuse et qu'un titre comme I get nervous se révèle totalement imprévisible (comme une comédie musicale de fin de soirée en permanence menacée de sombrer dans une violence PJ Harvey-esque). Le lunaire He's late dans cette accumulation de poncifs par son orchestration poétique (voix-kalimba-theremin avant d'être soutenue par une guitare et trompette) se révèle séduisant et impalpable. On attend mieux pour la suite. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
My Little Cheap Dictaphone - Small town boy
2008 – 14 titres – 48'15
Style : Pop/rock
Label : Kitchen / Pias
|
Note : 8 /10
|
|
On désespère parfois de tomber sur un mauvais disque belge (si, si il y en a plein mais devant l'accumulation des bons, on les oublie facilement) et My Little Cheap Dictaphone ne va pas nous donner ce petit plaisir pervers de français vaniteux. La place de MLCD est un peu floue, ni ténor du barreau (Girls in Hawaii, Deus, Venus...), ni nouveau venu. Le groupe existe depuis 2000. Mais Redboy, le chanteur- guitariste, avait délaissé un temps ce premier groupe pour former les efficaces Hollywood Porn Stars. Ce qui explique aussi le laps de temps important pour sortir ce deuxième album. Mais l'attente en valait la chandelle. Small town boy est un album varié, maîtrisé et haut en couleurs. Si les choses commencent sur un sulfureux Devil à la rythmique lourde, la suite voit l'apparition d'un banjo, le sourire d'un violon et l'éclosion d'une trompette.
|
Les Belges sont indie pop rock mais affichent facilement la même rusticité élégante que Bright eyes, la touche midwest de Sparklehorse ( last night country saved my life). Put a smile upon your face ne peut avoir été composé que par des Gentlemen farmers et Travel nous transporte avec entrain comme une fanfare mais sans le bordel, le festif forcé et les fausses notes. Le 70's Cha Cha (presque Red Hot) vous colle aux basques comme un hit entêtant. let the children rend psyché une ballade campagnarde et at the other end love apparaît comme un petit chef d'oeuvre indie pop, à la fois angélique et buriné. On trouvera Upside down, un peu convenu (est-ce le single ?) pour trouver quelques noises à tout prix à nos amis belges. Pas little, pas cheap, mieux que Hollywood Porn Stars et franchement bon. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Murcof - Cosmos
2008 – 6 titres – 45’00
Style : Contemporain / ambiant cosmique
Label : Leaf / Differ-ant
|
Note : 7,5 /10
|
|
Le compositeur Murcauf s'attaque au cosmos, carrément ! Si l'on se remémore les classiques du genre (Les planètes de Holst, les différentes musiques liées à "2001 l'odyssée de l'espace"...), le travail du Mexicain est ô combien plus minimaliste : Cuerpo celeste et cosmos 1 ne seraient alors que les premières mesures étirées dans le temps de la musique symphonique de Holst ou d'Ainsi parla Zarathoustra de Strauss. On pouvait s'en rendre compte dès l'image de la pochette, plus proche d'une esthétique Tarkovskienne que d'un space opera. En même temps, Murcof reste Murcof, un compositeur classique d'aujourd'hui qui utilise pleinement tous les outils actuels - et donc l'électronique - pour créer des musiques dégraissées de tous les ornements superflus.Cometa, ses programmations berçantes et ses voix féminines émergeantes, dénote un début de sentimentalité qui rendra Murcauf plus séduisant aux auditeurs en quêtes d'émotions humaines.
|
Paradoxalement appelé Cielo, le titre le plus électronica de Cosmos, nous fait accoster sur une planète au relief plus tortueux. Pour le reste, Murcauf arrive à donner une certaine ampleur symphonique à sa musique pourtant épurée (avec Oort, carrément une oeuvre contemporaine, qui ressemble à une montée de soleil grinçante dans le ciel d'une planète désertique). Il se dégage même de ces ambiances en suspens un certain mysticisme qui renvoie à Ligeti (lui-même auteur de Lux Aeterna sur la BO de 2001 - tout se recoupe !) et au film de Tarkovski "Solaris". Cosmos aurait pu être la BO posthume du chef doeuvre du Russe. Dommage que les deux artistes n'aient pas eu la chance de se rencontrer.. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
White rabbits – Fort Nightly
2008 – 13 titres – 47’46
Style : Rock coloré
Label : Fierce Panda / Nocturne
|
Note : 7,5/10
|
|
Voilà bel et bien un album qui donne la banane tout en réservant quelques surprises savamment distillées. Les White Rabbits sont New Yorkais, ville de tendance, de toutes les tendances qui garantissent d’heureux métissages. D’où ce kid on my shoulders ouverture tropicaliste en diable mais bigrement rock aussi. Les Américains n’ont pas peur de nous faire danser, on le sait depuis Radio 4 et c’est le cas de ces 6 gaillards qui emploient pour la peine quelques vieux ingrédients comme un piano de saloon ou des cuivres de vieux rades de Harlem (Dinner Party). Cravate et chapeaux sur la tête, ils ne leur manquent que des lunettes noires pour jouer aux Blue brothers
|
( Collision blues). Le groupe, fort d’une batterie martiale et de quelques guitares appuyées, reste cependant bel et bien indie avec le même panache que Clap your hand say yeah et un même sens du tube direct dans les dents ( The Plot). Mais ils semblent avoir écouté quelques cousins anglais bien choisis comme les indispensables Specials et même pourquoi pas Kid Creole and the Coconuts ( I used to complain, now I do). Le cocktail se révèle fruité, désaltérant et au goût corsé. On en redemande se disant que cette musique est foutrement bonne pour la santé. Myspace
|
|
Denis Z.
|
|
| Haut |
Caprice – Kywitt ! Kywitt !
2008 - 12 titres
Style : Heavenly voices
Label : Prikosnovenie
|
Note : 7.5/10 |
|
Pour oublier
des événements politiques sans grandes conséquences
sur le changement des mentalités de la « classe politique » française,
je vous invite à découvrir comment font les russes dans des
situations assez similaires. Caprice est un des rares groupes russes à expatrier
sa musique. Ils en profitent certainement pour exporter, en toute clandestinité,
leurs esprits dans les mondes imaginaires
qu’ils
explorent depuis 7 albums maintenant.
Connus pour leur trilogie inspirée par le monde elfique de J.R.R.
Tolkien,
Caprice rencontre maintenant des cousins germains, des elfes
imaginés
par Jacob et Wihlelm Grimm, quelques décennies auparavant. Peut-être
une façon de rendre aux frères Grimm ce qui leur appartient… ;-)
Mais c’est surtout un nouveau prétexte pour retrouver ce monde
devenu familier et tellement plus chaleureux que celui dans lequel le groupe
vit.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Caprice, Kywitt ! Kywitt
! est
un mélange de voix féeriques (celle de Inna Brejestovskaya ) et de musiques oniriques (composées par Anton
Brejestovski). D’influences
traditionnelles celtiques parfois même classiques, les compositions
n’en sont pas moins modernes et portées par une instrumentations
riche et variée. |
Pour ceux qui connaissent
déjà, ils seront, quant à eux, surpris par ce modernisme,
qui invitent guitares électriques, samplers et autres voix métamorphosées à leurs
clavecins, cordes et flûtes enchantées. Ils seront surpris
aussi par l’introduction de la langue allemande à plusieurs
reprises. Une langue peu propice au rêve et à l’envoûtement.
Et pourtant, Caprice parvient là encore à enjoliver la
langue de Goethe.
Kywitt ! Kywitt ! est l’album qui prolonge la discographie
de Caprice, en la faisant évoluer tout en douceur. Une nouvelle
occasion de découvrir un groupe hors norme et partir dans ces
mondes imaginaires qui vous feront oublier un moment encore notre monde
grisâtre, et
vous donneront un peu de tonus pour relever vos manches, et participer
au sauvetage de notre planète, jadis bleue, blanche et verte et
rendre ainsi un peu de sa magie d'antan…
Un album créateur d’imagination !
www.prikosnovenie.com
http://caprice-music.com |
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Nick Cave & The Bad Seeds - Dig !!! Lazarus Dig !!!
2008 – 11 titres – 53’52
Style : Rock
Label : Labels / Virgin
|
Note : 8/10 |
|
Lucky Luke
du Rock australien, Nick Cave enregistre plus vite que son ombre, et nous
livre chaque année un album supplémentaire, qui vient se
classer chaque fois dans le meilleur de sa longue discographie. Apres une
escapade dans un projet parallèle, aux frontieres tres proches,
Grinderman, en 2007, Nick retrouve ses mauvaises graines.
Du haut de ses 50 ans – et oui, on vieillit tous – Nick
Cave n’a pas l’intention de lever le pied ou de diminuer
le métronome.
Bien au contraire, Dig !!! Lazarus Dig !!! est très
certainement le plus rock de ses albums depuis 10 ans. Certainement, Grinderman aura
eu cet intérêt de lui redonner l’envie de faire du rock,
lui, qui s’était plu à nous sortir mille et une complaintes,
sur des doubles albums parfois.
Ici, on a rendez vous avec du rock, parfois même survitaminé :
un Dig !!! Lazarus Dig !!! naratif et gospel 100% Nick (Dig Yourself,
Oh Dig yourself !), un Albert
Goes West et ses
shalala 100% Cave… Le groupe n’en oublie pas ses petites perles
semi-indus et inquétantes, telles que Night Of The Lotus Eaters,
qui nous ferait dire que Blexa Bargel, même absent, a gardé une
emprise sur le groupe et son inspiration créatrice. |
Avec ce nouvel album,
Nick Cave risque encore en 2008 d’en prendre plus d’un à contre-pied.
Mais c’est ce qui fait la magie des Bads Seeds depuis 20 ans maintenant.
D’être là où on ne les attend pas.
On a tellement l’habitude d’avoir rendez-vous chaque année
avec une nouvelle surprise et un nouvel album, qu’on risque d’être
bien désappointé quand, justement, la source se tarira, un jour,
sans prévenir, comme ont pu le faire Morrissey ou Patti Smith pendant
des années.
Alors profitez du temps présent, de cette voix inimitable, de ces atmosphères
irremplaçables, de ces musiciens hors normes.
Dig !!! Lazarus Dig !!! est un album 100% Bad Seeds ! Ne changez rien !
www.nickcaveandthebadseeds.com
|
|
Mike S.
|
|
| Haut |
Rona Hartner - Nationalité Vagabonde
2008 – 11 titres – 45’09
Style : World Tzigane
Label : Follow Me Records
|
Note : 6/10 |
|
|
Ceux qui connaissent You're More Th | | | |